Réponse aux reviews anonymes :
Mani300 : Coucouuuu ! Héhé Désolée, je sais que c'est frustrant de les voir se séparer après autant de péripéties ! Mais comme promis, c'est pour mieux se retrouver ! Même si ce ne sera pas si simple ! lol Merci pour ta review ! Gros bisous j'espère que la suite te plaira !
Nenuphar : Merci pour ta review ! Ravie de savoir que tu es toujours ici :) J'espère que la suite te plaira !
Lolo : Merci pour ton petit mot ! Enfin le retour en Californie ! J'espère que la suite te plaira tout autant :)
California Dream
Partie II
Chapitre 6
Itachi :
C'est mieux pour tout le monde.
On en a déjà discuté.
11: 02
Sakura :
Mais arrête de me repousser !
Je t'aime à en mourir !
11 : 02
Sakura :
Je t'attendrai !
11 : 03
Itachi :
Toi et moi, c'est terminé.
Je ne veux pas que tu m'attendes.
Alors cesse de me contacter.
11 : 07
Sakura demeura inconsolable durant les semaines qui suivirent l'annonce de la sentence. Elle passa de nombreuses heures seule et enfermée dans le noir de sa chambre à se laisser mourir de chagrin. A apprendre à quel point l'espoir pouvait devenir meurtrier jusqu'à détruire cette joie qui faisait d'elle cette personne unique.
Témoin de sa détresse, Sasuke avait été dans l'obligation de se reprendre en main. D'essayer, au moins, parce qu'ils ne pouvaient pas sombrer tous les deux. Il fallait quelqu'un pour porter l'autre dans les difficultés et voir la déchéance de Sakura avait été son électrochoc. Parce qu'elle avait été son pilier, l'année passée, et qu'il serait probablement mort, si elle ne l'avait pas bousculé jour après jour durant des mois. Pour le forcer ne serait-ce qu'à manger un peu, ou simplement pour le sortir par la force de son lit.
Alors fort de cette nouvelle responsabilité, Sasuke avait décidé de lui rendre la pareille. De la soutenir, comme elle avait pu le faire pour lui. Il réalisa donc toutes les tâches liées à leur retour en Californie. Les demandes de visas, les démissions des différents jobs de Sakura, etc… N'oubliant évidement pas de s'accorder une petite récompense tout de même en fin de journée. Juste un petit verre (ou deux) pour décompresser de toute cette paperasse. Parce que cette fois-ci, leur départ serait plus organisé que la première fois.
Concernant l'alcool, Sasuke avait décidé qu'il cesserait dès qu'ils seraient en Californie. Que ce serait là, le bon moment d'arrêter. Parce qu'il serait dans des dispositions différentes et il avait assuré à Sakura qu'il cesserait toutes ses dépendances à ce moment-là. En retour, Sakura jura (probablement plus à elle-même qu'à Sasuke, d'ailleurs) de tarir l'inépuisable source de ses larmes à l'instant même où ses pieds fouleraient le sol américain.
Evidemment, aucun d'eux ne fut en mesure de tenir parole.
Sakura s'effondra à l'instant même où les bras de son père se refermèrent sur elle. Elle pleura longtemps, avachie à même le sol de l'aéroport de Los Angeles où ses parents avaient eu la gentillesse de venir les récupérer. Mal à l'aise, Sasuke n'avait pas su comment réagir, les bras ballants, le sourire fané de la voir si effondrée.
Pour lui, les choses furent différentes. Il résista plusieurs jours à l'envie irrépressible de boire un verre. Il fut même satisfait de constater qu'il était encore capable de ne pas craquer. De constater que, peut-être, son « problème » n'en était pas vraiment un. Sakura et lui restèrent ainsi chez la famille Haruno une semaine environ, laissant à la jeune femme le temps et le répit nécessaire pour se ressourcer. Pour tenter de reconstruire son âme dévastée par l'absence d'Itachi.
Le huitième jour, Sakura décida qu'il était temps pour elle de reprendre le cours de sa vie et Sasuke admira cette force qui sommeillait en elle. Après avoir dormi durant des semaines, sa force herculéenne se réveillait enfin et Sakura redevint Sakura. L'inépuisable force de la nature. Bien que toujours fragile, ce fut ce jour-là, qu'elle décida de revenir parmi les vivants.
Alors ils bouclèrent à nouveau leurs valises, profitant d'un dernier après-midi avant de reprendre les transports en direction de Santa Barbara où ils reprendraient enfin leur vie après plus d'un an d'absence. Et c'était là, que Sasuke espérait lui aussi, cesser d'avoir un pied coincé de chaque côté. L'un parmi les morts, l'autre parmi les vivants. Lui aussi, avait fait vœu de s'en sortir.
Ils étaient assis sur la terrasse des Haruno, lorsque Sakura se leva d'un bond.
- J'ai eu le propriétaire, la héla-t-il tandis qu'elle se glissait à travers la baie vitrée pour retourner à la préparation de ses bagages. La maison est toujours disponible, on peut la récupérer demain si on paye trois mois de loyers d'avance.
- Sérieusement ?
Elle sembla enjouée, bien que son sourire demeura fragile
- Ouais. Il n'a jamais réussi à louer la maison après… continua-t-il, lançant un regard incertain à monsieur Haruno qui écoutait leur conversation. Après ce qu'il s'est passé.
Le triple homicide. La mort d'Obito, de Madara et celle accidentelle de Sasori. Monsieur Haruno connaissait évidemment la vérité. Tout le monde en Californie connaissait la vérité. L'affaire avait fait les gros titres durant des semaines, si bien que personne n'avait voulu louer la bicoque délabrée dans laquelle trois personnes avaient perdu la vie.
- Je vois, répondit Sakura, jetant également un coup d'œil à son père. Avec nos quelques économies, ça devrait suffire à payer les trois mois de loyers, non ?
- Ouais. On devrait s'en sortir, à condition de retrouver rapidement un job.
Elle hocha la tête.
- C'est une bonne nouvelle.
Assis dans son rockingchair, monsieur Haruno se racla la gorge pour attirer l'attention des deux autres.
- Est-ce bien une bonne idée de retourner là-bas ? Vous pourriez rester ici. Au moins le temps de vous retourner.
Sakura haussa une épaule, plantant son regard éteint dans celui de son père. L'émeraude de ses iris semblait s'être atténué à force de pleurer.
- C'est là-bas que j'aime vivre, papa. J'y ai construit toute ma vie. Et Sasuke aussi est attaché à cette ville.
Les yeux de monsieur Haruno s'arrêtèrent un instant sur Sasuke, faisant monter en lui une anxiété qu'il tentait de faire taire depuis leur arrivée en Californie. Parce que le concernant, il n'y avait plus grand-chose qui le reliait à Santa Barbara. Hormis quelques anciens collègues devenus des amis. Mais son angoisse avait un nom. Naruto. Naruto à qui il s'empêchait de penser depuis presque un an en noyant ses songes dans l'alcool. Naruto dont il n'avait plus aucune nouvelle depuis leur rupture des mois plus tôt. Naruto qui évoluait probablement de son côté, sans trop se soucier de ce qu'il pouvait bien devenir.
Une sueur froide dévala sa colonne vertébrale sous les yeux inquisiteurs de monsieur Haruno et l'envie de boire un verre se fit plus forte. Un tremblement éveilla ses doigts et il dut effectuer des gestes répétitifs avec ses mains pour tenter de le contrôler. Des gestes qui ressemblaient à des spasmes et qui n'échappèrent ni à Sakura, ni à son père.
- Je retourne à mes bagages, annonça Sakura, le regard réprobateur. On prend le bus de nuit, ok ?
Sasuke hocha la tête, concentré sur les tremblements qui secouaient ses mains. C'était l'alcool, le seul remède à ces foutus tremblements. Juste un petit verre pour calmer les symptômes de sevrage. Rien qu'un tout petit, minuscule, verre d'alcool.
Kizashi Haruno soupira, faisant à nouveau basculer son rockingchair. Les parents de Sakura étaient des gens modestes, qui avaient travaillé toute leur vie pour s'offrir une maison convenable dans un village près de Los Angeles. Des gens aimants, prêts à tous les sacrifices pour le bien de leur fille unique. Et durant cette semaine, Sasuke avait eu la chance de pouvoir imaginer ce à quoi aurait probablement ressemblé sa vie si ses parents étaient encore en vie.
Ils restèrent ainsi durant les minutes qui suivirent, chacun assis de part et d'autre de la terrasse, profitant du chant incessant des cigales sur le soleil couchant. Le ciel déchiré de couleurs rougeâtres emmena rapidement Sasuke loin dans ses pensées, à presque deux années en arrière lors de leur première arrivée en Californie. A quelques souvenirs successifs avec Itachi et Naruto, et d'autres moins agréables auprès de Sasori.
Il se perdit alors un instant dans ses pensées, à se demander ce que pourrait désormais devenir sa vie ici, en Californie. A se demander ce que devenait Naruto, et s'il accepterait de le voir revenir hanter les rues de Santa Barbara. A s'empêcher d'espérer quoique ce soit à son sujet, parce qu'il n'avait aucune foutue idée de quelle serait sa réaction en apprenant son retour.
Il ferma longuement les yeux, luttant intérieurement pour ignorer cette fichue voix qui lui disait de prendre un verre. De se laisser aller à l'effervescence de l'alcool qui libéreraient rapidement des hormones de plaisir dans son cerveau torturé. Non, Sasuke devait tenir bon. Pour tenir la promesse faite à Itachi. De prendre soin d'eux deux. De continuer à aller de l'avant, malgré son emprisonnement. Malgré la perte de 'entreprise et tout le reste.
- Tu sais mon garçon, l'interpella la grosse voix de monsieur Haruno. Sakura est ma fille unique. Et en tant que père, c'est mon devoir de la protéger.
Sasuke rouvrit les yeux, arraché de force de ses mauvais songes.
- Je sais que ton frère et toi avez eu une histoire difficile, continua sérieusement le patriarche. Mais c'est mon devoir de préserver ma fille des souffrances que les gens comme vous risquez de lui infliger.
Le plus jeune pinça les lèvres, écrasé par le regard sans appel de monsieur Haruno.
- Et je n'ai rien contre toi personnellement. Mais les choix de ton frère ont brisé le cœur de ma fille et c'est mon rôle de t'avertir que si je la retrouve une nouvelle fois dans cet état, je serai dans l'incapacité de rester en dehors de ça. Tu comprends ?
Hypnotisé par l'autorité de son regard, Sasuke hocha machinalement la tête. Evidemment, qu'il comprenait ce père démuni par le chagrin de sa fille. Par son impuissance devant l'ouragan qui avait balayé la joie de vivre de Sakura.
- J'ai essayé de la préserver, se justifia-t-il, la voix éteinte par les remords de sa propre impuissance. Mais j'ai échoué.
Sa conscience savait, elle, qu'il n'avait pas suffisamment tenté, trop obnubilé par ses propres problèmes. Qu'il aurait dû la forcer davantage à quitter le Japon pour la protéger.
- Je suis désolé, monsieur Haruno. Mais j'ai à cœur de prendre soin d'elle.
Kizashi Haruno l'observa un moment, laissant naître le malaise au fond de Sasuke.
- Alors commence par régler ce problème-là, mon garçon, répondit l'homme en désignant ses mains trmblantes d'un coup de menton. Et après, tu pourras prétendre vouloir prendre soin des autres. D'ici là, c'est moi qui prendrais soin de ma fille. Toi, contente-toi de ne pas la noyer davantage avec tes propres problèmes.
Sasuke eut le réflexe de serrer les poings pour tenter de cacher ses tremblements, piqué comme s'il était noté « alcoolique » au feutre indélébile sur son front. Pourtant, il acquiesça silencieusement, ravalant sa fierté qui venait juste d'être piétinée. Promettant à ce père protecteur qu'il ferait en sorte de ne pas tirer sa fille de nouveau vers le fond.
Cependant, Sasuke ne céda pas à ce moment-là. Malgré la tentation et malgré son égo ratatiné, il n'alla pas prendre un verre en douce à la gare routière lorsque Sakura eut le dos tourné. Il tint bon, parce qu'il avait promis.
Sasuke ne craqua pas non plus lorsque le propriétaire les escroqua d'un quatrième mois de loyer « pour le dédommager de tous ces mois de perte à cause d'eux. » et il ne but pas plus lorsqu'il se rendit compte que tous les meubles durement acquis durant leur premier séjour en Californie avaient été vendus. (Toujours pour compenser la perte du propriétaire, évidemment.)
Le retour à zéro fit remonter des souvenirs de galère avec Itachi, devenus finalement de précieux moments qui, parfois, arrachaient un rictus nostalgique à Sasuke. Ainsi les premiers jours ne furent qu'une succession de boules au ventre et de sourires doux-amers qui le bloquèrent quelques temps pour avancer. Et lorsqu'il fut prêt à retrouver le monde réel, il se hâta à aller chercher un travail. Parce que leurs maigres économies s'étaient dissoutes dans les loyers, l'achat d'un matelas pour Sakura et grâce au ciel, ils avaient également pu s'offrir le luxe d'un sachet de riz et d'un paquet de café imbuvable. C'était royal.
La situation était urgente, ainsi Sasuke fut saisi lorsque Sakura rentra à la maison, un matin, une lueur depuis trop longtemps éteinte brillant à nouveau au fond de ses yeux verts.
- J'ai trouvé un job ! cria-t-elle en passant la porte de l'arrière-cour où Sasuke s'attelait à remettre les meubles délabrés du jardin en état – les seuls meubles laissés avec la maison. Je viens d'être embauchée au Beach Coffee, c'est pas génial !?
Sasuke releva la tête de la chaise qu'il frottait à l'eau -parce qu'ils n'avaient pas les moyens d'investir dans un bidon de javel, et sourit à la jeune femme, même si le nom du café lui raviva cette fichue boule au ventre. Ce café dans lequel il avait partagé dans de moments avec Naruto. Leur rituel du matin, après la séance de surf du patron. Leurs petits-déjeuners sous le soleil encore doux du matin. Les sourires échangés, leurs regards complices et même quelques fois, leurs pieds qui se cherchaient sous la table…
Sasuke secoua la tête pour se reprendre.
- C'est super, Sakura. Je suis fier de toi.
Elle lui retourna un sourire sincère qui réchauffa le cœur de Sasuke. Il était certain d'avoir fait le bon choix, même si le retour en Californie était compliqué. Sakura méritait de reprendre goût à la vie et il espérait qu'elle lui transmettrait un peu de sa force pour remonter la pente. Parce qu'il avait trop longtemps touché le fond du gouffre, et qu'il était grand temps de retrouver la surface.
Sakura posa ses maigres emplettes sur la table vieillissante et se saisit de la deuxième éponge dans le sceau pour s'atteler à nettoyer une autre chaise.
- Et toi ? demanda-t-elle, concentrée sur sa tâche. Est-ce que ça va, ce retour à Santa Barbara ?
Sasuke lui jeta un coup d'œil entre deux frottements intensifs. Sakura était pimpante dans sa robe à fleurs, le visage égayé par la bonne nouvelle de la journée.
- Ça va, ouais. Je comptais aussi faire le tour de la jetée pour trouver un job.
- J'ai vu qu'ils cherchaient un serveur dans le bar à côté du Beach Coffee. La taverne, je crois. Ou quelque-chose comme ça.
Sasuke aurait préféré éviter de travailler dans un bar et Sakura sembla se rendre compte que ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça, finalement.
- Mais avec tes diplômes tu pourrais peut-être… retrouver un boulot dans les achats, non ? Tu as essayé de contacter Naruto ?
A l'entente de son prénom, Sasuke cessa de frotter sa chaise pour retrouver le regard émeraude de Sakura. Jusqu'ici, elle semblait avoir mis un point d'honneur à ne pas aborder le sujet. Mais probablement estimait-elle qu'il était grand temps d'en parler.
- Je préfère éviter de lui demander un service. Je pense que lui ne verra pas mon retour ici d'un très bon œil.
Elle acquiesça d'un air sceptique.
- Vous n'êtes pas fâchés pourtant, si ?
Sasuke soupira, forcé de repenser à toutes ces choses qu'il tentait de faire taire dans son esprit.
- J'en sais rien, franchement. Je l'ai quitté par message et il n'avait pas l'air d'en avoir grand-chose à faire. Je n'ai jamais réussi à comprendre ce qu'il pouvait bien avoir dans la tête, de toute façon.
- Justement s'il n'en avait rien à faire, ça vaut peut-être le coup d'essayer de retrouver ton poste, non ? Je ne te dis pas de refaire ami-ami avec lui, ou même de… retenter ta chance, si tu n'as plus de sentiments. Mais peut-être qu'il n'est pas en colère et que par égard pour la relation que vous avez eu, il sera d'accord pour te redonner ton boulot. Tu ne crois pas ?
Sasuke mesura ce que disait son amie.
- J'en sais rien.
Sakura sembla hésiter, mais finalement, se lança :
- Et… des sentiments pour lui, tu en as encore ?
Sa moue curieuse arracha un sourire à Sasuke qui retourna à lessiver sa chaise comme un forcené. Mais il ne répondit pas, faisant râler la jeune femme qui semblait mourir de ne pas savoir ce qui pouvait bien se cacher dans le cœur de son ami.
Alors Sasuke s'amusa à taquiner sa curiosité en se terrant dans un mutisme qui la rendit dingue. Sakura était en vie. Et c'était bon d'entendre le chant de son rire. Puis l'hilarité s'estompa naturellement, laissant place à un sentiment de tranquillité que Sasuke n'avait plus ressenti depuis des mois.
- Et toi ? Tu as des nouvelles d'Itachi ?
Le sourire de Sakura se fana et Sasuke se maudit immédiatement d'avoir posé la question.
- Il a dit que c'était terminé et que je ne devais plus le contacter. Il a bloqué mon numéro. Ça fait trois semaines.
Sasuke ne sut vraiment comment réagir, parce qu'il s'était douté de ce que ferait son frère suite au verdict de sa sentence. Mais le sourire forcé de Sakura lui serra le cœur.
- Je vois. Je suis désolé.
Elle lui rendit un rictus résigné.
- Il ne faut pas.
Bien que Sasuke puisse partager sa peine, il n'y avait rien à ajouter de plus. Sakura ne semblait pas vouloir partager ses émotions et il respecta son silence. Alors ils reprirent en silence le nettoyage de leur chaise respective.
Le ciel était couvert, le matin où Sasuke commença son petit boulot à La Taverne. Il avait fait le tour de la ville à la recherche d'un autre job que celui de serveur dans un bar – déjà parce qu'il estimait que ses diplômes pouvaient lui ouvrir davantage de portes et surtout parce que travailler dans un bar rendrait son sevrage d'alcool plus compliqué encore qu'il ne l'était déjà.
Pourtant il ne craqua ni lors de son premier jour, ni lors des jours qui suivirent. Le vendredi en revanche fut plus éreintant que les autres jours. Le ciel avait été gris toute la semaine jusqu'à aujourd'hui, où l'orage avait fini par éclater en fin de matinée. Un tonnerre si puissant et une pluie battant si fort que tous les habitants de Santa Barbara s'étaient réfugiés à l'intérieur des bars, boudant les terrasses habituellement bondées et remplissant les petits espaces conçus pour un nombre limité de clients.
Le patron de Sasuke -comme tous les autres patrons de la jetée- avait insisté pour servir tous les clients. Il fallait penser au chiffre et cette soirée de pluie diluvienne était pour lui une opportunité de remplir les caisses comme lors de la période estivale qui débuterait bientôt. Mais en attendant les touristes, il fallait satisfaire les habitués.
Alors même si ce job n'enchantait pas Sasuke, il fit le nécessaire pour le garder. Adaptabilité et dynamisme, parce qu'il fallait penser aux pourboires dont il avait cruellement besoin. Un sourire aguicheur aux filles qui le trouvaient mignon, un regard appuyé à quelques mecs intéressés ou un simple mot sympathique aux employés du coin qui venaient ici les soirs pour fêter la fin de leur journée. Comme il avait pu le faire par le passé avec Naruto et ses collègues du service achat. Dans ce même bar, à ces mêmes heures fatidiques. Pour boire un coup et se détendre après une épuisante journée.
Ainsi il ne fut qu'à moitié étonné lorsque la tête rousse de son ancien collègue et ami se présenta devant lui pour passer sa commande.
- Sasuke ! s'écria Gaara pour être entendu par-dessus la foule et la musique. Mais qu'est-ce que tu fais là !?
Son ami semblait vraiment surpris et Sasuke fut sincèrement heureux de revoir son visage après plus d'un an d'absence. Alors il contourna le comptoir rapidement et s'immisça parmi la foule pour échanger une rapide accolade.
- Je reviens habiter ici ! répondit-il en criant dans son oreille. Je suis arrivé la semaine dernière !
Gaara lui répondit par un sourire, lui épargnant la lourdeur des reproches pour ces derniers mois de silence. Son amitié avec le rouquin n'avait pas fait exception à l'isolement dans lequel il s'était enfermé, mais la tape sur l'épaule que lui asséna gentiment son ami lui indiqua qu'il ne demeurait aucun loup entre eux.
- Je suis super content ! continua le roux. On est installés là-bas avec l'équipe, si tu veux passer nous voir !
Gaara lui indiqua une table dans le fond de la salle, cachée derrière la marée humaine qui peinait à trouver des places assises. Sasuke hocha la tête, sentant l'anxiété monter.
- On se voit après ton service si tu veux ! Fais attention ici : ne discute pas trop avec les clients pendant ton travail. Le patron est un vrai con !
Sasuke écarquilla les yeux, surpris par la remarque. Au contraire, son boss semblait plutôt du genre à encourager ses serveurs à jouer les bons copains pour faire revenir les clients. Aussi décida-t-il de ne pas y prêter trop d'attention.
- Qu'est-ce que je te sers ?
Gaara passa la commande de la table avant de disparaître dans la foule. Derechef, Sasuke retourna derrière le comptoir pour servir les différents alcools, luttant comme à chaque verre qu'il servait depuis son arrivée à La taverne pour ne pas se laisser tenter. Et plus les jours passaient, plus la tâche lui semblait devenue aisée.
Il servit quelques pintes, ne sachant pas encore très bien se servir des pompes à bière, ralentissant le service et faisant râler les clients. Mais Sasuke avait la tête ailleurs, tandis qu'il honorait la commande de la table de Gaara. S'imaginant déjà tomber nez à nez avec Naruto. Créant mille et un scénarios dans sa tête sur sa réaction et sur ce qu'il pourrait bien essayer de lui dire. Visualisant déjà son regard d'une clarté absolue transpercer le sien et venir sonder son âme.
L'estomac de Sasuke se tordit à la simple idée de se retrouver face à lui. Même s'il savait qu'en revenant ici, il serait un jour forcé de le revoir (parce que les habitants de Santa Barbara n'étaient pas si nombreux, une fois débarrassés du fléau des touristes.) et qu'il s'était déjà imaginé la scène des centaines de fois depuis des semaines… Mais pourtant, si proche de ce moment, Sasuke ne se sentait pas prêt.
Pas prêt à le revoir. Pas prêt à assumer cette rupture ni à le voir continuer sa vie tandis que la sienne s'était arrêtée des mois durant. Aujourd'hui, Sasuke était incapable de dire ce qu'il ressentait encore pour Naruto. Cette relation lui semblait si lointaine, à présent. Si irréelle, parce qu'il s'était simplement déconnecté de la vie comme il aurait quitté la partie d'un jeu vidéo pour ne plus jamais y revenir.
Mais si Sasuke avançait sur le bon chemin depuis des semaines en étant revenu ici et en ayant cessé définitivement l'alcool, il n'en demeurait pas moins prêt à affronter certaines situations desquelles son cerveau avait tenté de le protéger. Pourtant, arrêter de boire avait eu de bonnes conséquences sur son esprit -entre autres symptômes de sevrage extrêmement désagréables. Notamment celle d'éclairer à nouveau le fil de ses pensées. De ne plus être dans la brume constamment et de pouvoir aller au bout de ses songes – même les moins agréables. De réussir à penser à nouveau à toutes ces choses réfutées par peur de ne pas savoir les affronter.
Comme c'était à l'instant le cas. Alors Sasuke traîna le pied pour servir le plateau destiné à la table de Gaara, angoissé à l'idée de croiser le chemin si soigneusement évité de Naruto.
- Accélère Sasuke, s'il-te-plaît !
Yahiko, son patron, servait des bières à tours de bras avec une dextérité sans pareille et Sasuke hocha la tête pour indiquer qu'il avait entendu.
- Et méfie-toi du gars à qui tu parlais tout à l'heure !
- Gaara ? répondit Sasuke en soulevant le plateau rempli. Pourquoi ?
- C'est un vrai con !
Yahiko détourna son attention de lui pour servir d'autres clients qui s'agglutinaient au comptoir et Sasuke fronça les sourcils lorsqu'il partit s'enfoncer dans la fosse aux lions. Mais il oublia bien vite cette remarque et il lui fallut jouer des coudes pour rejoindre le fond de la salle sans renverser son plateau. Et, petit de taille, l'affaire manqua à plusieurs reprises de rejoindre le sol sale et collant de La taverne.
Il arriva finalement à la table du fond, esquivant de peu le type bourré qui avait manqué de lui rentrer dedans et il posa in-extremis le plateau sur le bord du tonneau où il fut accueilli de plusieurs applaudissements. Alors Sasuke releva la tête, alpagué par toutes les acclamations de ses anciens collègues.
- Sasuke ! cria Ino en se levant d'un bond pour venir l'enserrer. Bon sang, Gaara n'avait pas menti !
Il lui rendit distraitement son accolade, ses yeux partant dans tous les sens à la recherche d'un seul regard. Ino, Anko, Gaara, Lee et la rouquine qu'il avait vu en photo -Corine, ou quelque-chose de ce genre- mais aucune trace de Naruto. Déstabilisé, Sasuke répondit maladroitement à toutes les sollicitations de ses anciens collègues, échangea même une embrassade avec Anko et une bonne poignée de mains avec Lee.
- Et elle c'est Karin, indiqua Gaara. C'est elle qui te remplace.
Sasuke lui serra distraitement la main.
- Naruto n'est pas là ?
Anko fit la moue.
- Il était en réunion quand on a quitté le bureau.
Sasuke hocha la tête. Il ne savait pas vraiment dire s'il se sentait soulagé ou… déçu ? Ou même peut-être les deux. La boule dans son ventre s'atténua néanmoins et il se détendit à nouveau. En revenant vivre ici, Sasuke n'avait pas imaginé que revoir des visages familiers serait susceptible de lui faire ressentir un souffle capable de raviver les braises.
Alors il profita d'être au fond de la salle, hors de vue de son patron, pour prendre quelques minutes à échanger avec ses anciens collègues.
- Tu reviens définitivement ? se hâta Anko qui, à voir ses joues rosies, semblait avoir déjà bu. Tu nous manques teeeellement au bureau ! Sans vouloir t'offenser, Karin !
Sasuke eut un sourire en coin qui amusa Anko et Ino le serra à nouveau dans ses bras, vraisemblablement très heureuse de le revoir dans les parages.
- Qu'est-ce que vous fêtez ? demanda Sasuke en vidant le plateau.
- La fin de la semaine ! s'écria Lee. On a atteint tous nos objectifs !
Ino hocha la tête et, avec son index, mit une pression sur la joue de Sasuke pour récupérer toute son attention.
- Et la promotion de Gaara ! Monsieur Uzumaki l'a promu au poste de responsable des achats !
Sasuke récupéra le regard de Gaara à l'autre bout de la table. Un regard calme qui suivait l'engouement autour de Sasuke avec une bienveillance habituelle. Ils avaient été bons amis avant le départ pour le Japon. Assez proches pour échanger quelques pensées intimes et quelques conseils amicaux. Suffisamment proches… pour que Sasuke se sente véritablement heureux de le retrouver.
- Félicitations, Gaara. Tu mérites ce poste.
L'autre hocha la tête pour le remercier.
- Merci.
L'échange de regards valait mille mots, mais Sasuke ne put s'attarder beaucoup plus longtemps au risque de se faire réprimander.
- On se voit plus tard ! cria Anko.
Sasuke lui fit un signe affirmatif avant de s'enfoncer à nouveau dans la foule. La soirée fut vraiment éreintante, entre le monde, le bruit et la chaleur abominable qui régnait dans le bar. Pourtant, il fit en sorte d'assurer. De voguer entre les tables, plateau en l'air, tentant de se frayer un chemin entre les corps mouillés et par la pluie, et par la sueur des clients et de continuer de sourire, malgré la fatigue. Malgré cette voix lancinante dans sa tête qui lui répétait encore combien il pouvait être dans l'échec.
Parce qu'il avait lutté dans l'entreprise de Naruto pour faire ses preuves en tant qu'acheteur, qu'il avait même été au sommet de sa gloire en reprenant les rênes de l'entreprise de son père ! Mais qu'il avait finalement explosé en plein vol pour retrouver le rang de serveur. Un job qui ne nécessitait pas spécifiquement de diplôme et que monsieur tout le monde pouvait faire sans trop se prendre la tête. Alors il se concentra, pour faire taire cette voix. La même qui lui répétait sans cesse qu'un petit verre pourrait l'aider à se sentir un peu moins pathétique.
- T'as servi la table 33 ? le héla Yahiko.
- J'y vais !
En retard, Sasuke se dépêcha de poser les verres remplis sur son plateau et de s'aventurer à nouveau au milieu de la foule, accélérant le pas et se contorsionnant pour passer entre les clients de plus en plus éméchés. Mais le monde, l'alcool et la pluie avaient fini par rendre le carrelage glissant et ce qui devait arriver, arriva. Sasuke glissa, les yeux écarquillés, incapable de contrôler sa chute tandis que son plateau s'envolait en faisant tinter les verres.
Ce fut à la fois long et très rapide. Le moment où ses pieds ne touchèrent plus du tout le sol ne sembla durer qu'une fraction de seconde, pourtant les verres remplis qui chutaient droit sur lui, eux, semblèrent prendre toute l'éternité pour lui retomber dessus. Et même s'il entendit quelques clients tenter de rattraper ses conneries, la honte s'abattit sur lui lorsque ses fesses heurtèrent le sol dans le fracas infernal du verre brisé.
Trempé de tous les alcools existants, Sasuke grimaça. Sa première pensée alla à son penchant pour l'alcool qui fut une nouvelle fois activé par les différentes odeurs mais la réalité le rattrapa bien vite en réalisant ce qu'il venait juste de se passer. Ce fut la main tendue d'une femme qui lui vint en aide et il la saisit sans trop réfléchir.
Dans le bar, un silence de mort s'était abattu, ne faisant qu'accroître sa honte. Puis bien vite, le mutisme fut remplacé par des applaudissements, entrecoupés de rires et de sifflements. Et à nouveau, les clients reprirent leur activité en le laissant retomber dans les abysses de l'oubli.
- Est-ce que ça va ?
Sasuke était persuadé d'avoir les joues rouges, l'estomac noué par l'embarras.
- Ouais… je… Ca va, merci.
La jeune femme lui sourit. Elle devait avoir une trentaine d'années à peine et un instant, Sasuke fut happé par l'intensité de ses yeux noisettes. C'était une jolie femme, pleine de charme, avec son teint pâle et ses cheveux violets. Elle ressemblait à une geisha avec son maquillage très prononcé et la forme très arrondie de son chignon.
- Ne t'inquiète pas, voulut-elle le rassurer. Moi je me suis retrouvée nue devant mon boss trois jours après avoir pris mon poste, alors, tu sais ! A côté, une petite glissade, c'est rien !
Encore un peu sonné, Sasuke la remercia d'un regard.
- Je m'appelle Konan, continua-t-elle en lui tendant la main. Et ne t'inquiète pas, Yahiko, c'est mon frère. C'est un type bien.
Sasuke se baissa pour ramasser les morceaux de verres et Konan en fit de même.
- Sasuke, répondit-il. Yahiko est ton frangin ?
- Exactement. S'il t'embête, dis-le-moi. J'en ferai une affaire personnelle.
Elle luit fit un clin d'œil et Sasuke la trouva assez sympathique. Avec le temps, il avait fini par oublier la chaleur que dégageait les habitants de Santa Barbara et son embarras s'estompa peu à peu. Ils ramassèrent le plus gros des débris qu'ils reposèrent sur le plateau et Sasuke la remercia à nouveau.
Puis il reprit le rythme de son service, oubliant rapidement cette jeune femme au détriment des autres clients. Yahiko s'amusa de sa chute et Sasuke tenta d'oublier l'odeur agressive de l'alcool qui imbibait à la fois ses cheveux et ses vêtements. Alors il pria pour qu'arrive rapidement la fin du service.
- Putain, je suis mort ! soupira Yahiko en jouant avec le piercing de sa lèvre inférieure. Quelle soirée !
Les derniers clients sortaient encore du bar tandis que Sasuke s'attelait à passer la lavette sur le sol. Ils étaient en sous-effectif et cela s'était durement senti sur une telle soirée. Mais la satisfaction d'aller enfin dormir après une telle soirée n'avait pas de prix et même s'il n'avait pas encore de matelas, l'Uchiwa tentait de garder le moral comme il le pouvait.
Gaara vint s'accouder au comptoir, réclamant un dernier verre.
- Tu vas payer le double, enfoiré, répondit Yahiko en lui servant l'un des meilleurs bourbons du bar. Ça devrait même être le triple pour les gens de ton espèce !
Le roux rit de bon cœur, intriguant Sasuke qui continuait de lessiver le fond de la salle. Puis il écarquilla les yeux en les voyant s'échanger une franche poignée de mains par-dessus le comptoir comme deux vieux copains.
- Vous vous connaissez ? demanda-t-il, intrigué.
Yahiko rit en continuant de compter la caisse.
- C'est mon meilleur pote !
- Le seul qui te supporte, tu veux dire, non ?
Les deux échangèrent un regard complice et Sasuke s'amusa en les entendant se chamailler comme deux frères. Ils avaient tous les deux essayé de lui faire une farce. Puis il continua son ménage dans l'arrière-salle, le cœur un peu plus léger que tout à l'heure.
Il se passa quelques minutes avant que la cloche de l'entrée du bar ne retentisse à nouveau.
- On est ferm… entendit-il dire. Oh, mon pote ! Quel bon vent t'amène ?
Sasuke ne se préoccupa pas du nouvel arrivant et il continua son ménage, pressé de rentrer chez lui. Alors il s'attela à faire les choses bien, parce qu'il devait garder ce job jusqu'à trouver quelque-chose de mieux. Pour le moment, s'il voulait manger, il devait bosser ici. Et ce n'était pas négociable.
Aussi, il ne revint dans la salle du bar qu'un bon moment après, balai en main et les vêtements collants à la fois de sueur et d'alcool. Mais alors qu'il allait annoncer la fin de son service, son cœur ne fit qu'un bond lorsqu'il le reconnut, juste là, accoudé au comptoir, son regard perçant fixé sur lui.
Naruto.
Sasuke sentit son corps fondre comme s'il ne serait plus jamais capable de se décoller du sol. Naruto le fixait avec une telle intensité qu'il se sentit un instant très loin de la réalité, rendu muet par le choc de le revoir ici.
- C'est lui, mon fameux patron.
Assise près de Naruto, Konan lui fit un clin d'œil complice. Sasuke ne l'avait même pas remarquée, obnubilé par la présence de son ancien boss. Il ne lui jeta qu'un simple coup d'œil, reportant à nouveau son regard sur celui du blond, la gorge asséchée par toutes les émotions qui se percutaient dans sa poitrine.
Il y eut un blanc parmi toutes les personnes présentes.
- Vous vous connaissez ? demanda Yahiko, un torchon sur l'épaule.
- Sasuke bossait pour moi, expliqua la voix naturellement froide de Naruto. Il est parti, il y a un peu plus d'un an.
- Ah ouais ? demanda Konan, enjouée. Pourquoi t'es parti, alors, Sasuke ? C'est Naruto, c'est ça ? Il peut vraiment être pédant parfois !
Le cerveau de Sasuke ne put s'empêcher de noter tout de suite qu'elle aussi, l'appelait Naruto, comme peu de salariés de l'entreprise étaient autorisés à le faire. Et qu'elle s'était retrouvée nue devant lui. Ces pensées-là, il fut incapable de les maîtriser. Comme il fut incapable de maîtriser cette douloureuse sensation comme si son cœur rétrécissait dans sa poitrine jusqu'à le faire presque disparaître.
Naruto était là, juste devant lui, après tous ces mois d'absence. Et il n'avait pas changé. Pourtant la distance dans son regard était bien réelle et Sasuke sembla être catapulté sur Terre avec une telle violence qu'il se sentit cloué au sol.
- Je ne savais pas que tu étais revenu.
La voix de Naruto demeurait tranchante et Sasuke eut le droit au visage inexpressif qui caractérisait si bien le blond. Pour mettre de la distance, comme il savait si bien le faire. Juste comme s'ils n'avaient jamais été ensemble. Il ne s'était pourtant pas attendu à des acclamations de joie, mais la réalité ressembla davantage à une immense claque qu'à la désinvolture à laquelle il s'était pourtant entraîné.
- Hep ! Hep ! Hep ! intervint Yahiko. Tu l'as eu mais t'as pas su le retenir, alors maintenant c'est le mien ! Pas touche !
Konan et Gaara rirent, bien loin d'imaginer à quel point Naruto avait pu le posséder par le passé. A quel point ils avaient été proches jusqu'à rendre Sasuke fou de désir et de jalousie. Jusqu'à ce qu'il se perde lui-même quelque-part dans les abîmes.
Naruto ne sourcilla pas, ni n'esquissa aucun signe de trouble.
- Et ton frère ? Il a accepté le marché du juge ?
Sa voix grave le fit frissonner. Sasuke ne s'était pas attendu à ce que tout son corps réagisse à la simple présence de son ex dans la pièce. A ce qu'il se sente aussi troublé que démuni. Alors il répondit, la bouche sèche et le souffle coupé par le détachement de Naruto.
- Oui. Je ne savais pas que tu étais au courant.
Personne n'intervint, car il y avait fort à parier que même Yahiko et Konan avaient entendu parler de cette histoire. Naruto termina la fin de son verre de bourbon, quittant un moment son regard.
- Je vois, continua-t-il en se levant. Yahiko, Gaara. On se voit plus tard.
Konan se leva à son tour, tordant à moitié l'estomac de Sasuke. Puis les yeux de Naruto se plantèrent à nouveau dans les siens avec autant d'impassibilité que précédemment.
- Bonne continuation, Sasuke.
La douche froide fut instantanée. Et sans plus de cérémonie, Naruto lui tourna le dos pour sortir du bar, Konan sur ses talons. Sasuke resta pantois, vidé de son énergie et le cœur en miettes. De tous les scénarios qu'il s'était imaginé, celui-ci prenait la palme du pire. Alors ses lèvres tremblèrent pitoyablement et il lui fallut puiser dans son peu de forces restantes pour contrôler les larmes qui menaçaient de monter.
Parce que Sasuke avait envisagé les cris, la colère ou les reproches. Parce qu'il s'était même pris à espérer quelque part au fond de lui que Naruto agirait de manière amicale avec lui, juste en l'honneur du bon vieux temps. Qu'il serait peut-être passé à autre chose, oui, mais que le temps aurait au moins conservé un tant soit peu de leur complicité.
Mais rien. Pas de trouble ni de surprise. Juste de l'indifférence comme s'il n'y avait jamais rien eu entre eux. Juste sa foutue impassibilité qu'il servait à longueur de temps à quiconque ne faisait pas partie de son cercle proche. Juste une profonde ignorance qui blessa terriblement Sasuke.
Tout était terminé entre eux. Définitivement. Et la claque fut plus dure à endurer que ce qu'il avait pensé pouvoir encaisser.
- Hum… tu veux boire un verre avec nous, Sasuke ?
Et cette gifle devait être visible sur son visage, à voir le regard incertain de Yahiko posé sur lui.
- Un whisky. Triple malt, s'il-te-plaît.
Gaara lui offrit un sourire de compassion en tirant le tabouret à côté de lui pour l'inviter à prendre siège.
- Allez viens, tu l'as bien mérité.
Alors Sasuke but, pour tenter d'oublier comme il l'avait fait durant un an. Le premier verre l'aida à laver la honte de sa chute, quand le second lui donna du baume au cœur pour oublier qu'il n'était redevenu qu'un pathétique serveur. Mais aucun des verres qui suivit ne lui permit de se défaire des yeux froids de Naruto posés sur lui.
Itachi :
Toc toc !
09 : 19
Sasuke :
Je suis pas d'humeur pour ça.
09 : 19
Itachi :
TOC TOC !
09 :21
Sasuke :
…Qui est là ?...
09 : 22
Itachi :
Bah pas moi, je suis en prison ! AHAHAH
09 : 22
Hello !
Tout d'abord un immense MERCI pour vos reviews et encouragements ! C'est un réel plaisir de constater que vous êtes toujours intéressées par cette histoire et je suis donc plus que ravie de pouvoir vous la partager :) silencieux, n'hésitez pas à sortir de l'ombre ahah C'est toujours un immense plaisir de pouvoir partager avec vous !
J'espère que ce chapitre de retour en Californie vous aura plu ! Sasuke est bien déterminé à reprendre sa vie en main (il était temps, je suis d'accord, il méritait quelques claques pour le remettre dans le droit chemin ahah) Je suis curieuse de connaître vos réactions sur l'attitude de Naruto qui, pour moi, est fidèle à son caractère dans cette histoire. Et pour celles qui se demandaient comment Itachi continuerait d'interagir dans l'histoire... bah voilà mdr
Je vous dis à très vite ! Prenez soin de vous !
Bises
Akanezora
