Bonsoir à tous ! J'espère que vous allez bien :)

Milles excuses pour ce petit (bon, d'accord, GROS) retard de publication, j'ai pas eu une seule minute pour me poser devant l'ordi :'(

Promis, je me rattraperai en essayant de publier le prochain chapitre rapidement !

En tout cas, bonne lecture (je l'espère) ! ;)


11.

Théa était installée à une table dans la salle commune des Serdaigles. Elle était penchée sur un devoir de botanique qui lui donnait du fil à retordre. Mme Chourave n'avait pas été sympa, sur ce coup là.

Elle avait la chance d'avoir la pièce pour elle toute seule, ce qui n'était finalement pas si rare que cela, les Serdaigles préférant squatter la bibliothèque pour être sûrs de pouvoir travailler au calme. La sorcière était tellement concentrée sur sa tâche qu'elle sursauta violemment en entendant quelqu'un crier son nom.

- McArthur !

Elle se retourna vers la porte du couloir qui reliait la salle au reste du château et écarquilla les yeux. Si elle n'avait pas été assise, elle en serait tombée à la renverse. Qu'est-ce que foutait Regulus Black dans la salle commune des Serdaigles ? Avait-il des pulsions suicidaires ? Car si un de leur camarade le trouvait là, il était cuit.

- J'ai trouvé quelque chose !

- Regulus, qu'est-ce que tu fous ici ?! Et d'abord, comment es-tu entré ? s'exclama-t-elle en ignorant ce qu'il lui disait.

- J'ai résolu l'énigme de votre foutu heurtoir à tête d'aigle, voilà comment, répondit le brun comme si cela tombait sous le sens. Mais on s'en fiche, ce n'est pas le sujet. J'ai trouvé quelque chose .

- Non, on ne s'en fiche pas ! Tu n'as pas le droit d'être ici, si quelqu'un rentre et te vois là...

- Ah ! Que quelqu'un essaie de me toucher, j'aimerais bien voir ça !

- Moi je n'aimerais pas ! Bon sang Regulus, sors d'ici !

Elle s'était levée de sa chaise et avait abattu ses paumes de main sur la table, pour mieux souligner son ordre. Elle se mordit l'intérieur de la joue pour cacher le fait qu'elle s'était fait mal et tenter de rester crédible. Regulus s'était approché de l'autre côté de la table et, à son tour, y abattit les poings, faisant vibrer le bois. L'effet était beaucoup plus impressionnant avec lui qu'avec elle.

- Putain Théa ! perdit-il son calme. Tu n'as rien écouté de ce que je t'ai dit ! Tu crois que je me suis cassé le cul à venir jusqu'ici et résoudre une putain d'énigme juste pour visiter vos quartiers ? Ça, je m'en fou, j'ai la même chose en bas. Je suis venu parce que j'ai trouvé quelque chose.

- Tu critiques notre heurtoir mais toi aussi tu t'exprime en énigmes. De quoi tu parles, qu'est-ce que tu as trouvé ?

- Je m'ennuyais alors je suis allé faire un tour à la bibliothèque. J'ai continué à chercher quelque chose qui pourrait nous aider à trouver tes parents mais j'ai réalisé qu'on ne trouverait rien là-bas. Alors je suis allé dans la bibliothèque interdite...

- Regulus ! le coupa-t-elle. Si ça s'appelle bibliothèque interdite ce n'est pas pour rien...

- Ne me coupe pas la parole ! Et surtout pas pour me faire la morale. Sinon, je pars maintenant et tu ne sauras jamais ce que j'ai trouvé.

- Excuse-moi, bougonna-t-elle. Quand tu auras enfin fini ton petit suspense, tu pourras peut être partager.

- Ta mère.

- Quoi ?

Théa ne fut pas sûre d'avoir compris. Disait-il cela comme une sorte d'insulte parce qu'elle l'avait énervée ou avait-il réellement trouvé quelque chose sur sa mère biologique ? Cela faisait des semaines qu'ils cherchaient et ne trouvaient rien. Elle recommençait à désespérer, même à lâcher l'affaire.

- Enfin, j'ai trouvé ça.

Le Serpentard déposa sur la table un papier ressemblant à une photo et, posant deux doigts dessus, la fit glisser vers Théa.

- Comment tu sais que... fit-elle en se laissant tomber sur sa chaise.

- Regarde, tu comprendras.

Elle prit la photo d'une main tremblante et la regarda. Sept jeunes qui semblaient avoir entre treize et dix-sept ans se tenaient dessus, tout sourire, brandissant leur balais. Bien que l'image fut en noir et blanc, Théa reconnut le blason de sa maison. C'était une photo de l'équipe de Quidditch de Serdaigle, plusieurs années auparavant : vingt, peut-être un peu plus.

La jeune fille prit une grande inspiration avant de détailler les visages des joueurs. La photo était vieille et pas d'une très bonne qualité mais on pouvait tout de même distinguer le plus gros de leurs traits. Son regard s'arrêta immédiatement sur une jeune fille et elle hoqueta de stupeur. Cette fille sur la photo, c'était elle ! Ou plutôt, quelqu'un qui lui ressemblait tellement qu'elles auraient pu être sœurs. Ou alors, mère et fille.

- Tu lui ressemble comme deux gouttes d'eau, au départ, j'ai même cru que c'était toi ! Ça ne peut pas être une coïncidence.

- Non. C'est elle.

- Le problème, c'est qu'on n'a rien de plus pour l'identifier. Pas de nom, rien.

- Je sais exactement où avoir des réponses maintenant, lâcha Théa en serrant la photo et en se levant.

- Dumbledore ?

- Il ne pourra pas me mentir cette fois. Pas avec ça.

- S'il te demande où tu l'as eu...

- Tu n'as rien à voir là-dedans, ne t'inquiète pas.

La jeune fille avait le dos raide et des larmes aux yeux. Voir cette photo lui avait fait un choc, mais pas aussi violent que de réaliser que Dumbledore, l'homme qui l'avait élevée, son père, lui avait menti pendant tout ce temps en lui assurant ne pas connaître ses parents. Alors que sa mère avait été l'une de ses élèves. L'heure des explications avait sonné.

- Tu es sûre que ça va ?

- Parfaitement. Tu m'excuseras, il faut que j'aille voir mon père.

Théa sortit de la salle commune en empruntant le couloir et déboucha au pied d'un escalier. Elle le prit sans une hésitation. Avoir grandi ici avait ses avantages : elle ne s'était jamais perdue dans le château, elle en connaissait chaque recoin. Les escaliers enchantés, qui n'en faisaient qu'à leur tête et s'amusaient à désorienter les élèves n'avaient jamais réussi à la piéger –juste à lui faire perdre un peu de temps. Perdue dans ses pensées, elle mit plusieurs minutes à réaliser que Regulus la suivait. Elle pila et se tourna vers le Serpentard :

- Qu'est-ce que tu fais ?

- Je t'accompagne.

- Tu ne peux pas venir avec moi.

- Je sais, je t'accompagne simplement jusqu'à son bureau.

- Je suis une grande fille, je sais où se trouve le bureau de mon père, je n'ai pas besoin d'une nounou.

Sur ces mots, elle reprit son chemin. Elle n'avait pas fait trois pas qu'elle s'arrêta à nouveau, pivotant vers Regulus, qui était toujours là.

- Pourquoi est-ce que tu me suis encore ?

- Je t'ai dit que je t'accompagnais.

- Et je t'ai dit que ce n'était pas la peine.

- Et depuis quand je fais ce que tu me dis ?

- Peut importe, fais ce que tu veux, céda Théa –elle n'avait pas le temps de se battre avec lui maintenant.

- C'est bien ce que je comptais faire, répliqua Regulus.

Ils rejoignirent le bureau du directeur de l'école en cinq minutes, la jeune fille ayant un rythme de marche très soutenu. Une fois face à la gargouille gardant l'entrée du sanctuaire, Théa regarda Regulus :

- C'est ici qu'on se sépare.

- Tu sais, je suis peut être mal placé pour donner mon avis mais... ne lui en veut pas trop. Il avait sûrement ses raisons de ne rien te dire. Je sais reconnaître quand des parents aiment leur enfant et il fait parti de cette catégorie, c'est sûr.

Théa haussa les épaules et resta plantée devant la gargouille, à regarder s'éloigner Regulus. Quand elle pensait qu'il ne pourrait pas la surprendre d'avantage, il trouvait la phrase, le moyen de le faire. Elle prit une profonde inspiration puis se décida à monter.

Elle trouva Dumbledore assis derrière son bureau, comme à son habitude. Il fut surpris de la voir, et l'accueilli d'un large sourire. Théa essaya de ne pas se laisser attendrir. Elle gardait en tête ce que Regulus lui avait dit mais pour le moment, elle avait besoin de réponses. Elle posa la photo sur le bureau.

- Pourquoi tu m'as menti ?

Le front d'Albus se plissa quand il attrapa la photo.

- Où as-tu trouvé ça ?

- On s'en fiche, ce n'est pas la question. C'était ton élève. Même si tu ne savais pas au départ, tu as forcément dû te rendre compte de la ressemblance à un moment donné. Pourquoi tu m'as dit que tu ne la connaissais pas ?

- Oh, Théa, soupira-t-il en se laissant aller contre le dossier de son fauteuil. Je voulais simplement te protéger. Je vois bien à quel point tu souffres du fait d'avoir été abandonnée. J'ai longtemps espéré te suffire, pouvoir combler à moi seul le vide laissé par deux parents. Alors, quand tu as commencé à me poser des questions sur tes parents biologiques, même si j'avais effectivement commencé à faire le lien avec cette élève, je ne t'ai rien dit. J'ai pensé que si tu mettais un visage et un nom sur ta mère biologique, elle n'en serait que plus réelle et que ça n'apaiserait pas ta souffrance, au contraire. Tu voudrais savoir qui elle était, pourquoi elle avait décidé de te laisser et ça, tu ne le sauras probablement jamais.

- Je … je sais, je suis désolée, fit-elle, des larmes roulant sur ses joues roses. Tu me suffis, je t'assure. Tu es le seul parents dont j'aurais jamais besoin, le seul qui m'ait élevé, le seul qui aura jamais mon amour inconditionnel. Je ne cherche pas des parents, juste... je ne sais pas, moi, des gênes ? J'ai besoin de savoir. Je ne suis même pas sûre de pouvoir t'expliquer pourquoi.

- Elle s'appelait Mariann. Je ne me souviens plus de son nom de famille. Je n'étais pas directeur à cette époque, mais professeur de défense contre les forces du mal. C'était il y a un peu plus de vingt-cinq ans, je ne me rappelle pas grand-chose, juste d'une élève sérieuse, une très bonne sorcière avec d'excellents résultats. Tu dois certainement tenir ça d'elle.

- Et mon père ? Tu sais qui il était ? S'il était lui aussi élève ici ?

- Je ne saurais pas te dire, Théa, je n'en sais pas plus. Je suis désolé.

- Ce n'est pas grave. C'est déjà plus que ce que je n'aurais jamais espérer trouver. Merci.

Théa alla étreindre son père. Elle avait voulu, en découvrant la photo, lui en vouloir mais elle ne pouvait pas. Il n'était pour rien là-dedans, après tout, ce n'était pas sa faute si sa mère l'avait abandonné. Il avait toujours tout fait pour qu'elle ne manque de rien et surtout pas d'amour. Elle resta encore un moment avec lui, boire une tisane et parler un peu. Elle rougit quand il lui demanda à propos de Regulus Black et elle essaya d'être évasive : elle n'était même pas sûre qu'elle put parler de lui comme d'un ami. Leur relation était tout sauf conventionnelle. La jeune fille réussit à faire dévier le sujet sur autre chose.

- Tu es toujours d'accord pour que j'aille passer les premiers jours des vacances de Noël avec Elliott et Holly chez Robbie, au fait ? Ses parents ont promis qu'ils nous emmèneraient au zoo –c'est un endroit où ils gardent des animaux enfermés dans des enclos apparemment.

- Tant qu'on passe Noël ensemble, je n'y vois toujours pas d'inconvénients.

- Génial ! Merci.

Elle déposa un baiser sur sa joue, avant de lui souhaiter une bonne nuit et de s'éclipser. Arrivée dans leur chambre, elle trouva Holly assise en tailleur sur le lit, qui lisait un exemplaire de la Gazette du Sorcier. Les temps n'allaient pas forts, dehors. C'était comme si une guerre se préparait, lentement mais sûrement, entre les Sangs Purs et les autres. Théa essayait de ne pas y penser car c'était effrayant. Elle rejoignit Holly et lui retira le journal des mains, lui arrachant une protestation.

- J'ai quelque chose à te raconter.

- Sur Regulus ?!

- En quelque sorte. Il a retrouvé ma mère.

Holly ouvrit de grands yeux et Théa lui raconta en détails tout ce qui c'était passé ces dernières heures.