Bonjour, bonjour ! Je vous poste le chapitre 14 avec plus de retard que prévu, je m'en excuse !

En espérant qu'il vous plaira et que je serais pardonnée :p

Bonne lecture !


14.

Albus était arrivé le lendemain et les fêtes de Noël étaient passées à la vitesse de l'éclair. Les filles n'avaient pas eu une minute pour se poser : Helena les avait réquisitionné pour l'aider en cuisine –elle avait tenu à tout faire maison, refusant l'offre d'Isaac de l'aider avec un petit coup de baguette magique. Les Jacobs avaient été adorables avec Dumbledore, bien qu'Isaac soutenait que c'était étrange d'avoir à sa table le directeur de l'école et un aussi grand sorcier que lui. Il l'avait bien caché mais les filles avaient remarqué qu'il était impressionné. Le repas de Noël ressembla fort à un repas de famille, malgré le fait qu'ils n'étaient pas apparentés.

...

Les élèves furent de retour à Poudlard plus vite qu'il ne fallait de temps pour dire Supercalifragilisticexpialidosious (un mot très étrange que la mère d'Holly s'était amusée à leur apprendre pendant les vacances). Théa n'avait pas reparlé de son étrange rêve, bien qu'elle y pensa souvent. Elle avait beau se répéter que ce n'était qu'un simple cauchemar, elle avait du mal à s'en persuader. Elle redoutait plus que tout l'avertissement du serpent. Et puis, pourquoi, parmi autant d'animaux, un serpent ?

Alors qu'elle remontait le couloir pour rejoindre la tour des Serdaigles, une voix familière qu'elle n'avait pas entendu depuis un moment l'interpella :

- Hé McArthur !

- Hé Black !

Il s'approcha d'elle et voulut lui attraper le bras mais elle se déroba. Elle n'avait pas oublié la dernière fois qu'ils s'étaient parlé, dans le Poudlard Express.

- Attention, tu oublis que j'ai passé plusieurs jours chez les Moldus je suis certainement contaminée.

Il leva les yeux au ciel en soupirant un « N'importe quoi » et réussit à attraper son avant bras. Il la tira à sa suite jusque dans un couloir désert, un peu à l'écart.

- Hé ! protesta-t-elle. Je vois que tu n'as pas changé, toujours aussi délicat.

- Et tu n'as pas changé non plus, toujours aussi chiante !

- Si c'est pour me dire ça que tu m'as tiré ici, il ne fallait pas te donner tant de mal.

- Oh, j'ai passé de supers fêtes de fin d'année, merci. Et toi, c'était comment ?

- Très bien. (Puis, soupirant : ) Qu'est-ce que tu veux ?

- Je t'avais dit que je ferais quelques recherches. Pour ta mère, précisa-t-il.

Théa s'en voulut immédiatement d'avoir été désagréable avec lui alors qu'il avait pris le temps de chercher des renseignements sur sa mère –quand elle-même n'y avait même pas passé une seule minute ! De nouveau, son cauchemar lui revint. Peut être pourrait-elle en parler à Regulus. Et, si le garçon lui disait que c'était ridicule, alors elle le prendrait au mot et n'y repenserait plus. Malgré les sentiments contradictoires qu'elle avait à son égard, elle lui faisait tout de même confiance. Après tout, tout ce qu'elle avait découvert sur sa famille biologique jusqu'ici, c'était grâce à lui.

- J'ai mis un moment à trouver quelque chose parce que je cherchais à Mariann McArthur. Mais en fait, elle s'appelait Mariann Prescott.

- Qu'est-ce que tu as trouvé sur elle ? demanda impatiemment Théa.

- Sur ta mère en tant que personne, pas grand-chose. Ça devait être quelqu'un de discret. Elle a fait sa scolarité à Poudlard, à Serdaigle, ce qu'on savait déjà. Elle a eu son diplôme et après ça, on ne trouve plus rien. Comme disparue de la circulation.

- Parce qu'elle est très certainement morte.

- Certainement, oui. Désolé, fit-il avec une moue contrite. Par contre, j'ai trouvé des choses sur les Prescott. C'était une très grande famille de Sang Pur, Théa. Du genre comme une « famille fondatrice ». Ta mère était la seule héritière de Gina et Graham Prescott. Avec la disparition de Mariann, tout le monde pensait que la lignée s'était éteinte avec eux.

- Mouais, soupira Théa. Je les retrouve pour me rendre compte qu'ils sont tous morts... enfin, je m'y attendais un peu. (La jeune fille laissa passer un moment, les yeux perdus dans le vide, toujours à peser le pour et le contre quand à s'épancher sur son rêve. Maintenant qu'elle s'apprêtait à en parler à haute voix, elle se trouvait bien ridicule. Finalement, elle se lança tout de même : ) Euh, d'ailleurs Regulus, il y a quelque chose dont... enfin, un truc bizarre dont j'aurais aimé te parler.

- Qu'est-ce que c'est ?

La fin de sa phrase fut engloutie par une grimace de douleur. Théa put voir, même à travers sa robe de sorcier, que son bras droit s'était compulsivement contracté, comme si la douleur avait émané de là. Il se massa discrètement l'avant bras.

- Qu'est-ce que tu as ? demanda-t-elle précautionneusement.

- Je n'ai rien.

- Si tu n'as pas envie de me dire que tu as mal au bras, dis simplement « Je n'ai pas envie de te le dire » au lieu de mentir.

- Très bien. Je n'ai pas envie de te le dire.

- Comme tu voudras.

Théa soutint le regard bleus-gris du Serpentard avant de commencer à reculer pour rejoindre sa maison.

- Hé attends ! Qu'est-ce que tu voulais me raconter ?

- Hum, fit-elle en pinçant les lèvres, le visage contrit. Finalement, je n'ai pas envie de te le dire.

Elle se retourna puis commença à avancer. Elle entendit Regulus grogner derrière elle.

- Fais chier !

Il la rattrapa en deux foulés et s'empara de son bras, la forçant à se retourner pour lui faire face. Sa mâchoire était contractée, dans un effort visible de garder son calme.

- Pourquoi tu réagis comme ça ? interrogea le Serpentard.

- Oh mais je ne fais que réagir comme toi. Tu vois comme c'est frustrant.

- Tu es frustrée parce que je ne veux pas te dire pourquoi j'ai mal au bras alors tu refuses de me dire ce que tu as découvert. Pour te venger.

- C'est à peut près ça, oui.

- Tu es vraiment puérile. Et insupportable. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi chiant que...

Elle ne le laissa pas finir et lui donna une claque de sa main libre –l'autre étant encore prisonnière de la poigne de Black. Il ouvrit la bouche de stupeur, les narines frémissantes.

- Redis encore une fois que je suis chiante, le défia-t-elle.

- Ou alors quoi ? C'est la deuxième fois, il me semble, que tu me frappes. C'étaient deux fois de trop. Essaie de recommencer et ça ira très mal, menaça-t-il, la voix grondante.

- Et qu'est-ce que tu vas faire, hein ?

Il resserra sa prise autour de son poignet. La jeune fille fléchit légèrement avant de se reprendre et de serrer les dents. Il lui avait fait mal, mais elle ne voulait pas le lui laisser voir.

- Je pourrais te faire très mal, si je le voulais.

- Si tu le voulais. Mais tu ne le veux pas.

- Je suis sérieusement en train de revoir mes positions.

Théa essayait de garder son calme et de ne pas paniquer. Elle l'avait cherché, alors maintenant, elle ne pouvait pas se plaindre de l'avoir trouvé. Mais Regulus savait quand même être plutôt effrayant.

- Parce que, bon, c'est vrai que tu es vraiment ch...

Là, c'était clair, il la cherchait. Sans réfléchir plus avant, Théa releva sa main. Elle l'avait prévenu, il n'avait qu'à appliquer sa menace après, tant pis. En un battement de cil, Regulus l'avait arrêté en attrapant son bras levé. La jeune fille cligna des yeux en retenant son souffle. Elle tira sur ses bras pour essayer de se libérer de son emprise mais il la maintenait fermement. Ils étaient si près l'un de l'autre qu'elle pouvait voir la poitrine du Serpentard se soulever et s'abaisser à chacune de ses respirations. Aussi, elle ne pouvait sentir autre chose que son parfum comme s'il était partout autour d'elle, entêtant. Elle releva légèrement la tête il la fixait d'une telle façon qu'elle sentit ses joues la brûler. Il avait l'air d'être en plein débat intérieur. Il finit par fermer les yeux, contracta plusieurs fois la mâchoire puis la lâcha et s'éloigna de quelques pas. La brune s'appuya contre le mur, les jambes en coton. Elle avait été si près de lui qu'il lui aurait suffit d'avancer légèrement la tête pour l'embrasser. Théa se secoua en réalisant ce à quoi elle pensait. Embrasser Regulus Black, et puis quoi encore !

- Tu veux savoir ce que j'ai au bras ?

- Non, finalement, je ne veux pas.

- Tu te fiches de moi ?

- Tu veux me montrer juste pour que je te raconte mon truc en retour.

- Et alors ? Tout le monde est gagnant dans cette équation, il me semble.

- Bon. Mais ça a intérêt à être intéressant, sinon je me garde le droit de revenir sur ma partie de l'accord.

- D'une certaine façon, ça l'est.

Il souleva alors la manche de sa robe de sorcier. Sur la face intérieure de son avant-bras s'étalait une tâche noire, plutôt volumineuse.

- Ne me dis pas que tu t'es fait un tatouage ! s'exclama la sorcière en se rapprochant. En plus, c'est moche, ajouta-t-elle sans contrôler son élan d'honnêteté.

Sans même réfléchir à ce qu'elle faisait, elle s'empara de l'avant-bras du garçon pour l'examiner de plus près. Un crâne crachait par la bouche un serpent, qui formait un huit de son corps. En y regardant mieux, Théa crut voir le serpent onduler légèrement, arrachant un froncement de sourcil au garçon.

- Attends. Ce n'est pas un tatouage. C'est... une marque.

La jeune fille releva la tête vers le brun et planta son regard dans le sien. Si elle ne le connaissait pas, elle n'aurait pas pu dire qu'il paraissait légèrement gêné. Il hésita à lui expliquer mais se lança tout de même :

- Tu as entendu parler de ce sorcier, ce mage noir, qui monte en popularité parmi les Sangs Purs en ce moment.

- Comment n'en aurais-je pas entendu parler. Il a tué de nombreux sorciers. C'est sa marque, c'est ça ?

- Oui, soupira-t-il. Il l'impose à tous ses …

- Lèches-cul ? proposa-t-elle, la voix dure.

- Partisans. Écoute, ajouta-t-il alors qu'elle lâchait d'un coup son bras. Je n'ai pas vraiment eu le choix. Mes parents lui ont prêté allégeance. Je devais en faire de même.

- C'est un meurtrier.

- Ce n'est pas aussi simple que ça. Le monde n'est pas ou tout noir, ou tout blanc.

- Alors quoi, il vous promet de tuer tous les sorciers nés moldus et vous, vous lui sautez dans les bras.

- Je ne te demande pas d'approuver.

- Encore heureux.

- Tu m'en veux, remarqua-t-il. Aux dernières nouvelles, je suis libre de faire ce que je veux.

- Bien sûr que tu es libre ! Je pensais juste que... Laisse tomber.

Elle soupira et lui tourna le dos, prête à partir. Elle se ravisa au dernier moment, juste le temps d'ajouter :

- Au fait, je tiens quand même ma part du marché : j'ai fait ce rêve étrange qui continue de me hanter. Un serpent m'annonçait la mort de tous les Né Moldus de l'école. Alors tu comprendras que je ne sois pas à l'aise avec vos idéologies.

Puis elle partit, pour de bon cette fois. Elle ne s'arrêta qu'une fois qu'elle fut à l'abri derrière la porte de la tour Serdaigle. Pourquoi était-elle à ce point déçue ? C'était de Regulus Black qu'il s'agissait, elle n'aurait pas dû en attendre moins de sa part. Elle aurait simplement dû s'éloigner de lui dès le départ. Mais elle n'y arrivait pas. Elle avait peur de commencer à avoir des sentiments pour lui, chose qu'elle ne voulait pas. Elle pouvait s'en sortir avec l'attirance physique mais les sentiments, c'était une autre affaire...