Chapitre 3 : Et si…
Résumé : Thomas se pose de plus en plus de questions sur le Centre et sur le mystérieux ami de sa compagne. Mlle Parker, elle, se remémore sa première rencontre avec Jarod. Ce dernier, est perturbé, il ne comprends pas, il n'arrive pas à mettre des mots sur ce qu'il ressent. Il demande à la jeune femme de le rejoindre dans un parc de Blue Cove. Elle accepte.
Maison de Mlle Parker 431 Mountain Spring Drive, Blue Cove, Delaware, 01991
À l'aube naissant, la beauté du printemps se dévoilait en douceur. Le firmament, teinté d'un bleu tendre, accueillait les premiers rayons du soleil, perçant à travers les nuages duveteux. Les arbres, vêtus de leurs plus belles fleurs, projetaient des ombres fines qui dansaient avec grâce sur le parterre frisquet. Une brise légère transportait avec elle les parfums exquis des éclosions florales. Au cœur de cette sérénité matinale, Thomas, les manches retroussées, montrant fièrement ses bras musclés, préparait dans la cuisine, le petit-déjeuner. Un sourire se formait sur ses lèvres alors qu'il arrangeait des fruits dans une coupelle en cristal et disposait des croissants dorés et bien croustillants sur une assiette. À côté, une carafe remplie de jus d'orange pressé. Sans oublier le café qui venait d'être fraîchement moulu. Pendant ce temps-là, Mlle Parker se réveillait avec un bâillement, frottant ses yeux pour chasser le sommeil. Elle se redressa et avant même de poser ses pieds sur le plancher son amant entra, le plateau dans ses mains. Thomas, vêtu d'un tablier blanc, posait le repas sur le lit toujours défait. Aussitôt, le clink-clink d'une cuillère en argent remuant dans une tasse et l'odeur des viennoiseries attira les papilles de Mlle Parker. Néanmoins, elle resta bouche bée et fut momentanément sans voix. Il s'avança vers elle. « Bonjour, tu as bien dormi ? J'espère que ça va te mettre en appétit. » Émue par cette marque d'attention, Mlle Parker sentit son cœur fondre. Elle tapota sur le matelas, invitant Thomas à se joindre à elle. « Merci. Tommy. Je ne m'y attendais pas. » Entre conversations et éclats de rire, la jeune femme prit conscience de la chance qu'elle avait. Malgré le monde dans lequel elle vivait et les doutes qui l'assaillaient, elle avait enfin trouvé quelqu'un à aimer. Vraiment ? Mais alors pourquoi pensait-elle constamment à Jarod ? Qu'est-ce que cela signifiait ? Elle entama son premier croissant lorsque le carillon de son téléphone portable interrompit leur quiétude. Contrariée, elle y jeta un œil avant d'annoncer : « C'est le Centre. » Thomas, las de cette situation, soupira. Elle l'embrassa.
« Parker, tu ne vas pas t'en aller maintenant ?
- Oui. Malheureusement, je dois y aller. C'est mon travail ! elle avala son café d'une traite.
- Peux-tu me dire ce que tu fais exactement dans ce Centre ? C'est quoi au juste ton travail ? Et ne me raconte pas que tu es dans les assurances. Je n'y crois plus !
- Ça ne te concerne pas, répliqua-t-elle d'un ton sec.
- Oh, je vois. Parker, je n'en resterais pas là !
- Et que comptes-tu faire, hein, Thomas ? M'espionner, me suivre ?
- Non. Bien sûr que non. Excuse-moi.
- Je vais prendre ma douche, elle se leva du lit, il la retint.
- Tu me permets de t'accompagner ?
- Non, elle secoua la tête. Pas maintenant ! Je n'ai pas le temps. Je te promets que je me rattraperai ce soir. »
Déçu, il relâcha son emprise sur elle avant de la regarder se diriger vers la salle de bain. Les phalanges de la Miss se pressèrent sur la poignée. Elle se retourna vers Thomas, lui adressant un sourire. « Je suis désolée. » Elle entra dans la pièce, referma la porte derrière elle, mettant ainsi fin à leur querelle d'amoureux.
Le Centre Blue Cove Delaware
Elle marcha d'un pas lent vers son bureau, les talons de ses chaussures claquaient contre le sol. Avant même qu'elle n'ait eu le temps de s'asseoir, Broots, son collègue informaticien, arriva en hâte. Les yeux cernés, le teint terne et ses vêtements de la veille témoignaient de sa nuit blanche. Il lui remit un document.
« Mlle Parker, j'ai peut-être quelque chose.
- Quoi donc, Broots ? elle leva un sourcil, intriguée.
- Jarod. J'ai réussi à localiser sa piste. Il est en ce moment même à Blue Cove !
- Encore ? Broots, j'ai l'impression que c'est toujours la même histoire avec lui. C'est un petit plaisantin, et voyez-vous, je ne suis pas d'humeur à rire, elle était agacée.
- Je sais que courir après Jarod n'est pas votre activité préférée, mais Mlle Parker, il est à portée de main !
- Vous croyez qu'il est là-bas et qu'il va se laisser gentiment attraper ? Non, il n'est pas aussi bête.
- Que suggérez-vous ?
- Envoyez une équipe de nettoyeurs sur place. Aujourd'hui, je n'ai pas envie de chasser.
- Bien. Je m'en occupe tout de suite.
- Eh, n'allez pas imaginer que je ne m'amuse pas, Broots. Jarod est très distrayant, excitant. Seulement, j'ai d'autres chats à fouetter. »
Tandis qu'il tourna les talons, Mlle Parker fixa la fenêtre donnant sur le vaste complexe. « Qu'est-ce que Jarod est venu faire ici ? A-t-il prévu de voir son psychiatre ? Reviendrait-il de lui-même ? » Elle entendait déjà l'éternel reproche de son paternel pour avoir manqué une occasion de le capturer. Est-ce que ce jeu aux règles stupides l'intéressait encore ? Et en une fraction de seconde, elle se retrouva quelques années auparavant, là où tout avait commencé entre eux. C'était un 7 octobre 1969. Alors qu'elle n'avait pas tout à fait dix ans, son père, profitant de l'absence de sa mère, l'avait obligé à participer à une petite expérience appelée simulation, portant sur la sexualité. C'était un mardi, où elle avait fait la connaissance d'un adolescent, Jarod, un jeune caméléon. C'était à cet instant précis qu'un étrange sentiment avait pris naissance en elle, quelque chose d'indéfinissable et qui jusqu'ici restait encore inconnu pour elle. Face-à-face, séparés par une fine paroi de verre, lorsque pour la première fois, leurs doigts s'étaient effleurés mentalement à travers la vitre. Elle ne savait pas comment l'expliquer, c'était comme s'il avait sondé son esprit. La réalité de la situation semblait irréelle, dépassant toute fiction. C'était incompréhensible et pourtant, il avait réussi à toucher le fin fond de son être d'une manière que personne avant lui n'avait jamais atteint, et ce, à tous les niveaux imaginables.
Flashback
« Tu… Tu es une fille ?
- (hochement de tête)
- Je m'appelle Jarod et toi comment tu t'appelles ?
- Mlle Parker ! »
Puis peu à peu sa famille, les responsabilités, les dossiers et écrans d'ordinateur s'effacèrent alors que son imagination reprenait le dessus. Une tout autre vie se déployait devant ses yeux. Elle se voyait là dans une magnifique maison, avec un immense jardin luxuriant entouré de fleurs flamboyantes. À ses côtés, se trouvait un homme. Un homme dont elle ne distinguait pas le visage. Qui était-il ? Thomas ? Jarod ? Quoiqu'il en soit, elle et l'inconnu semblaient complices et le fardeau de son passé avait totalement disparu. Subitement, la vision de Thomas tenta de se frayer un chemin dans son esprit, mais s'effaça rapidement, évincée par celle de Jarod. Alors que le scénario se jouait devant elle, elle réalisa que cette vie n'était qu'une évasion, un rêve, une illusion. Une réalité alternée qui la comblait amplement.
Ces derniers temps, elle pensait beaucoup au caméléon. Et si les circonstances n'avaient pas été celles qu'elles étaient ? Où encore si leurs rôles s'étaient inversés, elle, la cible et lui le poursuivant ? Elle s'interrogea sur leur avenir si les cartes avaient été distribuées d'une autre façon. Était-ce juste une curiosité passagère ou quelque chose de plus profond ? Puis il y avait Thomas, le charpentier au sourire ravageur. Et si cette route-là ne s'était jamais présentée à elle ? Et si les émotions qu'il avait éveillées n'avaient jamais trouvé racine ? Et si le destin avait tracé pour elle des lignes différentes. Et si elle avait eue le choix ? « Peut-on réellement reconstruire un monde avec des si ? » Elle poussa un soupir. Le passé lui demeurer inchangé, mais le futur, lui, restait encore à écrire.
Un peu avant midi, Thomas attendait au pied du Centre. Il avait décidé de proposer à Mlle Parker de déjeuner avec lui et ainsi de tenter à nouveau la discussion sur les sujets qu'elle refusait d'aborder avec lui. Il ne céderait pas ! À la vue des Nettoyeurs, qui le tenaient à l'œil, Thomas devenait de plus en plus mal à l'aise, tandis qu'il se posait la question de savoir si c'était Jarod ou quelqu'un d'autre qui occupait les pensées de la jeune femme. Lorsqu'elle émergea des portes, étonnée, elle se mua.
« Salut, je suis venu pour t'inviter dans ce petit restaurant qui vient d'ouvrir. Ça te dit ?
- Thomas, tu sais bien que tu n'as pas le droit d'être ici ! Qu'est-ce que tu veux ?
- Écoute, je m'excuse si je t'ai mise en colère, ce matin, mais j'ai besoin de savoir., il la prit dans ses bras.
- Je n'ai pas envie d'en parler maintenant. Tu ne devrais pas te mêler de ça.
- Je m'en mêle parce que je m'intéresse à toi, répondit-il avec honnêteté. Je veux en savoir plus sur toi, sur ton passé, ton travail, ton entourage. Je veux me sentir plus proche de toi. Il n'y a rien de mal à ça, il avait touché une corde sensible. Fais-moi confiance, Parker.
- Thomas, ça n'a rien avoir avec toi ou nous ou encore la confiance. Mon travail est très compliqué voire dangereux. Les gens qui m'entourent ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être.
- C'est pour ça que tu portes une arme ?
- Oui et c'est pourquoi quand nous sommes ensemble, je préfère garder une distance entre eux et moi.
- Eh bien, je suis prêt à prendre ce risque.
- Peut-être qu'un jour, je te dirai tout. Jusqu'à là, sois patient. Il faut que j'y aille. Tommy, je n'étais pas en colère ce matin, elle l'embrassa. On se voit ce soir à la maison ? »
Les doutes de la jeune femme s'effritaient légèrement, alors qu'elle s'éloignait pour rentrer dans le bâtiment. Thomas incrédule, résigné et le sourire forcé, avait l'impression de s'être fait avoir. Devait-il lui-même partir en quête de réponses ? Devait-il se montrer patient et attendre qu'elle veuille bien se confier à lui ? Soudain, une idée lui traversa l'esprit. « Si tu ne veux rien me dire, Parker, je trouverai moi-même les réponses. »
Parc de Blue Cove Delaware
En début d'après-midi, un homme se baladait dans l'un des plus beaux parcs de la ville, s'étendant près des rivages. Ce bel endroit était bordé de sentiers bruyants et de champs de verdure lui conférant une atmosphère tout à fait unique. Là-bas, au loin, on entendait les chants mélodieux des oiseaux. À travers les allées fleuries et aromatiques, de nombreux visiteurs et flâneurs jouissaient d'une ombre que leur procurait les arbres majestueux, vieux de plusieurs générations. Les branches bougeaient au rythme du vent. Sur l'un des bancs en bois patiné, un couple s'embrassait tandis que les éclats de rire et les cris de jeunes enfants résonnaient près du bassin, où les canards glissaient sur l'eau scintillante. Assis sous un chêne, Jarod laissa son regard errer sur le paysage. Rien n'avait plus de sens pour lui et peu à peu, il perdait ses repères. Pourquoi Mlle Parker occupait-elle autant ses pensées ? « Dois-je ressentir cela pour elle ? Qu'est-ce que tu m'as fais, Parker ? Pourquoi tu me fais ça ? » Elle ne représentait plus seulement sa chasseresse, ni même son amie ou son ennemie, non, c'était une émotion nouvelle et inconnue, qu'il avait du mal a decrire. Qu'est-ce qui avait changé entre eux ? Il se pencha vers l'avant, posant ses coudes sur ses genoux, son visage entre ses mains. Les souvenirs de leurs interactions, leurs échanges tendus et parfois ironiques, ressurgissaient avec une virulence à lui faire froid dans le dos. « Serait-il possible qu'elle exerce une espèce d'attraction physique sur moi au point de me rendre fou ? » Nierait-il l'évidence ? Finalement, il n'était peut-être pas aussi maître de ses sentiments qu'il le pensait. C'est alors qu'il faisait un retour en arrière, à son adolescence. Le 8 octobre 1969. Il était assis à sa table en train de feuilleter un livre, lorsqu'elle était apparue devant lui. C'était ce jour-là, où la petite Miss lui avait révélé son prénom. C'était ce jour-là, où il avait senti la chaleur de sa peau si douce. La paume de sa main contre la sienne. Son cœur n'avait pas cessé de faire des bonds, tant, le contact était intense. Elle l'avait envoûté dès leur première rencontre.
Flashback
« J'ai l'impression que tu as peur de moi.
- Non.
- Tu as eu peur hier. Je l'ai compris !
- J'étais un peu nerveux… Ta peau est douce.
- Mais tu ne m'as jamais touché.
- Oh si. Là-dedans. Tends ta main comme moi... Tu sens ?
- …..
- Comment tu t'appelles ? Mais ton vrai nom s'il te plaît.
- (chuchotement à l'oreille). »
Il secoua la tête. Ressasser le passé n'y fera rien. Il sortit le téléphone de la poche de sa veste en cuir noir et composa un message. Une bonne heure plus tard, une voix cria son nom. L'air idiot, il se retourna.
« Oh, regardez qui voilà. Le fugitif en personne. Te manquait-il donc tant le grand air du parc, Jarod ? elle ôta ses lunettes.
- Parker, les détecteurs de fumée n'étaient pas disponibles, alors je me suis dit, pourquoi ne pas t'inviter à venir me rejoindre ici ? il s'éclata de rire. Merci d'être venu.
- Ah, toujours le roi des méthodes de communication traditionnelles. Pour répondre à ta question, je ne suis pas convaincue que les pigeons voyageurs seraient plus efficaces que ta tendance à disparaître, il regarda autour de lui. Rassure-toi, je suis seule. Tu me mets dans une fâcheuse posture, Jarod.
- Parker, avoue-le, ma présence pimente ta journée.
- Bien sûr, comment ai-je pu oublier la dose quotidienne d'adrénaline que tu apportes à ma triste existence ? Allons, pourquoi ne pas simplement appeler, comme n'importe quelle personne normale ? elle haussa les épaules.
- Mais où serait le plaisir dans la normalité, Parker ? En plus, je me suis dit que ce serait plus amusant de te voir en chair et en os.
- Tu me connais bien !
- Plaisanteries à part, il y a quelque chose que j'aimerais discuter avec toi, le ton qu'il employa devenait sérieux.
- Vraiment ? Et cela ne pouvait pas attendre que tu me transmettes un message cryptique via la télévision ?
- Il se trouve que j'aime les conversations physiques. C'est plus authentique. Parlons de Thomas, par exemple.
- Thomas ? Pourquoi ? s'inquiéta-t-elle.
- Oh, rien de particulier. Je veux dire, il paraît être un type génial. Stable, fiable, et je suis sûr qu'il est même très amoureux de toi... Tout ce que je ne suis pas.
- Attends, elle se plaça devant lui, mettant la main sur son torse. Tu es en train d'exprimer de la jalousie, Jarod ? Toi ? Le caméléon qui peut être n'importe qui, faire n'importe quoi ? Tu es jaloux de Thomas ! C'est nouveau ?
- Peut-être que, il chercha ses mots, je n'ai pas étudié le bon dossier, mais ça ne signifie pas que je ne ressens rien. Tout ce que je dis, c'est que Thomas semble te rendre heureuse.
- Jarod, tu sais, il y a bien longtemps que j'ai appris à mes dépens qu'on ne pouvait jamais avoir le bonheur, l'amour et la liberté, en même temps. Tu es libre, mais tu ne seras jamais heureux en amour.
- Pourtant Parker, toi, tu as trouvé le bonheur, l'amour et la liberté, il posa sa main sur la sienne, elle la retira aussitôt.
- Tu te trompes, je ne suis pas plus libre que toi. Ce que je vis avec Thomas, peut s'envoler du jour au lendemain. Ce bonheur-là est éphémère, Jarod.
- Ce que je ressens, je n'arrive pas à l'expliquer. Des choses que je veux dire et que je n'ai jamais su exprimer.
- Tu n'es pas le seul, Jarod. En ce moment, je me sens complètement perdue.
- Depuis quand ?
- Depuis que Thomas a emménagé, elle détourna son regard du sien.
- Tu veux dire que… ? Que dirais-tu de passer l'après-midi avec moi ? Je crois qu'on doit parler tous les deux.
- Pourquoi pas, Jarod. Pour une fois, je suis prête à laisser les pigeons voyageurs au repos. »
431 Mountain Spring Drive, Blue Cove, Delaware, 01991
Thomas, devant l'écran de son ordinateur, était censé consacrer son après-midi à la comptabilité de son entreprise. Il n'arrivait pas à se sortir de la tête sa conversation avec Mlle Parker. Il laissa donc de côté les chiffres et les calculs pour satisfaire sa curiosité. Ses doigts frôlèrent le clavier, il décida que le temps était venu pour lui de découvrir ce qu'elle cachait. Il se connecta à Internet et entama sa petite enquête. Après plus de quarante-cinq minutes de recherche infructueuses, il abandonna. Cela l'avait conduit nulle part. Il y avait peu d'informations concernant le Centre sur les pages web. En fait, il n'y avait rien ! Toutefois, il avait une autre idée pour obtenir ses renseignements. Il prit sa veste, ses clés et quitta la maison.
Parc de Blue Cove Delaware
Sous la chaleur du soleil, Jarod et Mlle Parker se promenaient côte à côte, près du grand étang. Les doigts du caméléon s'agitaient sous la nostalgie du moment. Tous les deux se remémoraient leur passé commun. Jarod s'arrêta soudainement, ses yeux plongeaient dans ceux de la demoiselle. Elle lui afficha son plus beau sourire. Il avait l'impression de retrouver enfin l'amie de son enfance.
« Tu es la personne que j'admire le plus, Parker. Une chasseuse extraordinaire, ils se souriaient mutuellement.
- Et toi, le caméléon le plus insaisissable, riposta-t-elle avec malice.
- Tu sais, malgré tout, notre passé au Centre, est l'une des seules choses qui m'a permis de ne pas sombrer. Et de notre rencontre, il en est ressorti une amitié sincère. De la méfiance initiale est née une curiosité insatiable, puis un respect mutuel, il se rapprocha d'elle, effaçant la distance entre eux.
- Où veux-tu en venir ? elle soutenait son regard, son cœur s'affolait en synchronicité avec celui de Jarod.
- Ce que je veux dire, c'est que notre histoire ne se résume pas uniquement au jeu du chat et de la souris, il la plaqua tout doucement contre un chêne. Laisse parler ton cœur, il s'insufflait de son souffle, chaud et nouveau.
- Il n'est pas toujours facile de choisir entre le cœur et la raison, entre le passé et le présent, elle passa ses bras autour de son cou.
- Je… Je n'ai jamais été très doué pour faire de grands discours, mais laisse-moi te montrer ce que je ressens, sans artifice, sans jeu, il se pencha au-dessus d'elle. Parker... il respira son parfum. Parker... ses doigts entrelaçaient délicatement les siens. Parker...
- Jarod… Je t'en prie… une de ses mains caressait les cheveux du caméléon.
- Pourquoi es-tu venue ? il voulait mordre ses lèvres qui paraissait si enivrante. Dis-moi... son cœur battait beaucoup trop fort. Parker...
- Chutt... Ne dis plus rien, elle serra les doigts de Jarod.
- Dis-moi, leurs bouches étaient sur le point de se toucher. Parker...
- Peut-être que moi aussi, j'avais besoin de savoir… elle s'arrêta un instant, elle n'entendait plus de bruit autour d'elle. Jarod, je... elle se colla davantage à lui, sans jamais rompre le contact visuel. Jarod... » Ses lèvres effleurèrent subtilement les siennes.
Centre des archives de Blues Cove, Delaware
Dans une pièce quasiment obscure, éclairée par une faible lumière, Thomas s'activait à fouiller des cartons éparpillés ici et là. Son attention se porta sur un dossier qu'il n'hésita pas à ouvrir. À l'intérieur, une photographie en noir et blanc d'un bâtiment sinistre, à lui donner la chair de poule, datant du siècle dernier le troubla. Ailleurs, Jarod et Mlle Parker se trouvaient dans les bras l'un de l'autre. Les paupières closes, elle espérait que. Jarod, oserait enfin franchir le pas. Tandis que la scène se figeait sur eux, le focus revint à Thomas. Son regard était rivé sur l'image qu'il tenait dans sa main. Il était sur le point de tout découvrir. Il allait enfin lever le voile !
