Chapitre 11 : Cambriolages (1) : Suspicion

Je reconnais avoir cru en gérant le problème de l'Epouvantard avec Albus être confronté à ma plus grande difficulté de l'année, alors qu'en y repensant le plus tranquille de l'année était passé et les véritables difficultés étaient devant nous.

Cela commença deux jours plus tard par le cambriolage du dortoir des garçons de quatrième année de Gryffondor. En rentrant de l'entraînement de leur équipe de Quidditch auquel ils avaient participé pour les deux d'entre eux et assisté pour les deux autres en compagnie de la majorité des élèves de leur Maison, les quatre garçons avaient retrouvé le contenu de leurs malles répandu partout dans le dortoir. Ils avaient immédiatement prévenu leur directeur de Maison et Lupin avait immédiatement envoyé son patronus de loup prévenir notre Directrice ainsi que les autres directeurs de Maison. C'est ainsi que nous nous étions retrouvés McGonagall, Flitwick, Chourave et moi-même devant le portrait vide de la Grosse Dame qui normalement contrôlait les entrées dans la salle commune des gryffondors. Les élèves avaient déjà confirmé à Lupin qu'ils avaient retrouvé la porte de leur Maison ouverte en arrivant.

Craignant que la Grosse Dame n'ait été victime d'une agression, Lupin avait déjà demandé au fantôme de Gryffondor, Sir Nicholas de Mimsy-Porpington, habituellement appelé Nick Quasi-Sans-Tête par les élèves, de partir à sa recherche dans tous les portraits. Sir Nicholas avait à son tour sollicité l'aide d'un autre fantôme, le Moine Gras, pour fouiller l'école. Le loup-garou avait à peine fini de nous donner ces informations que les deux fantômes réapparurent dans le couloir. Le fantôme de Gryffondor voleta jusqu'à nous pour murmurer :

« Nous l'avons retrouvée dans la Tour de l'Horloge. Nous allons vous emmener la voir, mais arrangez-vous pour ne pas être suivis par les élèves. Ce n'est pas un spectacle pour des enfants. »

Inquiet, Lupin ordonna donc à tous ses lions de rentrer dans leur salle commune et aux préfet de sa Maison d'interdire à quiconque d'en sortir. Après quoi nous suivîmes les deux fantômes jusqu'au portrait de Damara Dodderidge. Dans le portrait, Damara Dodderidge, la Grosse Dame, Circé et Mirabella Plunkett ronflaient affalées sur la table. Interpellée par notre Directrice, la Grosse Dame ouvrit un œil vaseux, pendant que Damara Dodderidge, elle aussi réveillée par les cris de McGonagall repoussait du pied plusieurs bouteilles vides pour essayer de les dissimuler sous un meuble.

« Mais pourquoi n'êtes-vous pas à votre poste ? » répéta McGonagall d'un ton sévère face à la Grosse Dame qui tardait à lui répondre.

« Si on ne peut plus s'accorder cinq minutes pour aller prendre le thé avec des amies maintenant. » se défendit la Grosse Dame la voix pâteuse.

« Prendre le thé ! Vous appelez ça prendre le thé ! » brailla McGonagall furieuse

« Ne criez pas si fort ! » se plaignit Circé en se redressant à son tour et en se plaquant les mains sur les oreilles

Mais notre Directrice n'était pas d'humeur à se laisser attendrir.

« Et pouvez-vous me dire depuis combien de temps vous « prenez le thé » en laissant la porte de la Maison Gryffondor ouverte à tous les vents ? » poursuivit-elle sans baisser d'un ton

« Une demi-heure, une heure. » prétendit la Grosse Dame en se retournant vers ses complices pour obtenir leur soutien

« Pas beaucoup plus longtemps en tout cas. » hoqueta Mirabella Plunkett qui émergeait à son tour

« Nous règlerons plus tard cette histoire de beuverie … » commença McGonagall

« Quelle beuverie ? » l'interrompit la Grosse Dame « A peine un doigt de sherry. J'ai bien le droit de me détendre un peu avec toutes les responsabilités que j'ai. C'est difficile à supporter toute cette pression ! »

Minerva était franchement hors d'elle :

« Ne vous inquiétez pas, vous allez avoir beaucoup moins de pression à supporter. Je vais vous faire remplacer par quelqu'un de plus sérieux pour garder la porte de la salle commune des gryffondors. Mais en attendant, j'ai besoin de savoir combien de temps la porte de la salle commune est restée ouverte ! »

Après quelques minutes de questions serrées, la Grosse Dame et ses compagnes d'orgie finirent par avouer que leur petite fête avait commencé vers midi. Cela faisait donc plus de six heures que la salle commune des gryffondors était grande ouverte. N'importe qui aurait pu y entrer et pénétrer dans le dortoir des garçons de quatrième année pendant que les élèves de la Maison étaient en cours puis regardaient leur équipe de Quidditch s'entrainer.

Mais quand nous redescendîmes, la Maison Gryffondor était en pleine ébullition. Des exclamations s'échappaient par la porte entre-ouverte de la salle commune. Et il me sembla entendre qu'il était question de Serpentard.

« Mais qu'est-ce qui se passe ? » demanda Lupin en passant la tête par la porte

« Ce sont les serpentards qui ont fait le coup ! » répondit d'un ton surexcité le préfet des gryffondors en sortant de sa salle commune avant de faire demi-tour en m'apercevant

L'attrapant par le bras d'un geste prompt, je l'empêchais de mener à bien son repli.

« Si vous avez une quelconque preuve qu'un serpentard soit impliqué dans ce cambriolage, allez-y nous vous écoutons ! » lui ordonnai-je

A voir son air paniqué, on aurait pu croire que je lui faisais peur ! Ridicule !

Après quelques minutes, il ressortit des balbutiements embarrassés du préfet que Teddy Lupin s'était disputé la veille avec un quatrième année de serpentard venu lui reproché une mauvaise note que lui aurait donné son père à son dernier devoir de Défenses contre les Forces du Mal. S'il me fallait une seule bonne raison pour taire mon lien avec Albus et donc son frère James, ce serait bien celle-là. S'il fallait que tous les ignares qui peuplaient mes cours de potions, viennent s'en prendre à eux à chaque fois qu'ils recevaient de ma part une mauvaise note ou une remarque bien méritées, ce serait un défilé ininterrompu.

Je promis d'aller immédiatement mener l'enquête chez les serpentards, tout en recommandant aux uns et aux autres d'éviter de tirer des conclusions hâtives. J'espérais éviter que les ragots n'envahissent l'école. Je ne mis d'ailleurs que quelques minutes à vérifier que le serpentard de quatrième année en question n'était jamais resté seul de toute la journée et qu'il ne pouvait être coupable que si tous les serpentard de sa promotion étaient ses complices, ce qu'il n'était pas raisonnable de penser. Mais la rumeur n'a rien de raisonnable et elle se répandit comme une traînée de poudre dans toutes les Maisons de Poudlard. Poufsouffle, Serdaigle et Gryffondor tinrent pour acquis que les serpentards étaient des voleurs et le colportèrent à l'envie, alors même que Teddy Lupin et ses camarades admettaient que rien n'avait disparu dans leurs affaires.

Comme l'année précédente, les serpentards serrèrent les rangs pour défendre l'un des leurs, répondant parfois à la provocation par de la provocation, même si jamais je n'aurais admis cela publiquement. Après deux semaines à ce rythme, la situation s'était tellement envenimée que tous les bruits les plus absurdes couraient une fois de plus sur la Maison Serpentard. Tous sauf celui qui aurait pu avoir un sens cette année, à savoir d'accueillir en son sein l'enfant de Voldemort. C'est dire la stupidité de tels commérages qui, fort heureusement, tombaient presque toujours à côté.

Mais ces racontars prirent brusquement fin, lorsqu'un autre incident fâcheux survint à l'école, car cet incident concerna cette fois Serpentard et plus précisément Delphini Black.