Chapitre 5:
Majordome devin
Ce fut dés le lendemain de la livraison d'Entéfer, après une très torride nuit d'inauguration que Sheitan et Harry retournèrent chercher le clan. Ils s'installèrent dans la journée, prenant définitivement leurs quartiers au château. Le Lord écrivit à Gripseck pour lui signaler où il vivait désormais, sachant que les Gobelins le garderaient secret et il lui demanda de faire envoyer chez lui tout les livres présents dans ses coffres ainsi que d'autres choses qu'il voulait avoir parmi le conséquent héritage qu'il avait ramassé avec toutes les familles dont-il avait pris le contrôle. Ils dînèrent pour la première fois à Entéfer ce soir là, Harry acceptant de manger avec clan en entier pour fêter ça.
- Harry, avez vous finalement trouvé un majordome à votre goût? demanda Bael.
Le Lord soupira lourdement. Il cherchait un majordome depuis un moment pour sa demeure. Il ne voulait pas d'elfes de maisons. Ceux-ci n'avaient que trop de possibilités de nuire à leur maître à son goût, avaient plus d'accès que n'importe qui à la demeure qu'ils servaient et étaient bien trop dangereux à ses yeux. Sous leur apparente faiblesse, lorsque l'on y regardait bien, ils étaient une faille. Présents partout, entendant tout. Ils pouvaient être espions et même tuer facilement, infiltrer des gens... Après l'expérience avec Dobby, Harry était certain que si un jour il y en avait un qui osait ou un maître capable de voir le potentiel de ces créatures, avoir un elfe serait dangereux. Dobby avait déjà pu trahir sa famille et s'il avait osé, il aurait pu faire bien plus. Ils étaient bien trop sous-estimé à ses yeux. Et il n'aimait pas leur trop grande soumission. Il voulait pourtant avoir un domestique pour se charger de veiller à ce que les charmes d'entretien faisent leur travail dans le château, pour s'occuper des repas, de la vie quotidienne, pour l'aider à organiser ses futures réceptions... Il voulait quelqu'un pour se charger de tout ça, ne voulant pas avoir à s'en préoccuper même si la magie faisait la majeure partie du travail. Seulement trouver la bonne personne s'avérait très compliqué. D'abord parce qu'il fallait qu'elle soit capable de gérer seule l'immense domaine, Harry ne voulant pas plus de monde, parce qu'elle devait avoir une belle palette de capacités aussi pour répondre à ses exigences. Mais le véritable problème était tout autre. Le jeune Lord avait déjà rencontré, sous glamour et sans révéler son identité, plusieurs candidats dénichés par les démons ou les gobelins. Seulement, il n'arrivait pas à se convaincre lui même de laisser un inconnu entrer ainsi chez lui et dans sa vie privée, trop méfiant à cette idée. Les postulants avaient beau avoir rempli ses critères, il n'arrivait pas à leur donner ne serait-ce qu'une chance d'obtenir sa confiance et ce malgré qu'ils acceptent les lourds serments qu'il exigeait. Un majordome chez lui saurait tout de lui, il n'avait pas droit à l'erreur dans sa situation.
- Pas encore, répondit-il. Mais je dois rencontrer encore un candidat cette semaine, soupira-t-il.
- Prend ton temps Bellia, lui murmura Sheitan sur les genoux duquel il était installé même à table où ça ne choquait pas un démon. Et si tu ne trouves pas une personne qui te convient, on fera autrement ce n'est pas grave.
- On verra. Je vais en voir encore un et si ça ne convient pas, on réfléchira à autre chose. Je n'ai pas envie d'en voir encore d'autres après. Je ne verrais même pas celui-là si je ne m'étais pas engagé à le rencontrer, remarqua-t-il.
- Vous n'y êtes pas obligé si vous n'en n'avez pas envie, remarqua Amdusias.
- Je respecte toujours mes engagements, répondit-il. Et puis celui là m'intrigue, dit-il en prenant une fourchette de son assiette.
- En quoi? demanda Cimeries.
- Celui là m'a écris directement. Ce n'est ni vous ni les gobelins qui me l'ont recommandé et il m'a trouvé tout seul. Il a simplement entendu dire que je cherchais un majordome et il se propose. Il m'a écris un genre de lettre de motivation très convaincante et il a un CV plutôt convaincant aussi. Il attise ma curiosité.
- Cela est suspect, posa Shax. Comment vous a-t-il trouvé et comment a-t-il su? Nous seuls et les gobelins savent que vous cherchez un majordome, les candidats éliminés ont été oublietté et les gobelins n'auraient rien dit.
- Il n'a pas expliqué ce point justement et je veux savoir. D'une part par curiosité et d'autre part parce que je veux savoir si c'est un danger ou non. Je vais le voir avec Sheitan de toute façon. On verra ce qu'il en est.
Et ce fut donc pour cela que quelques jours plus tard, le couple caché sous un puissant glamour leur donnant une apparence banale se rendit dans une chambre d'hôtel parfaitement moldu choisie pour l'occasion, bien plus discrète qu'une adresse sorcière. Le lieu exact n'avait été donné au candidat qu'au tout dernier moment par l'envoi d'un portoloin qui s'était activé dés qu'il l'avait touché et il était maintenant devant les deux âmes sœurs dans une ambiance tendue et froide, assis face à eux dans un salon confortable d'une suite. L'homme était assez grand, carré d'épaule et l'air solide malgré son grand âge apparent. Il avait de longs cheveux parfaitement lisses tombant sur ses omoplates coiffés si parfaitement que pas un ne dépassait. Sa barbe était tout aussi parfaite, habillant le bas de sa mâchoire, le tour de sa bouche et descendant en pointe pour effleurer le centre de sa poitrine en des lignes aussi précises que le tranchant d'une lame. Chevelure et barbe avaient une belle couleur poivre et sel. Il avait la peau pâle, les yeux bleus aciers perçant et l'expression aussi illisible qu'il était possible. Il était pourtant détendu et ne dégageait aucune impression de danger. Harry se surprit même à le trouver tolérable au contraire des autres qu'il avait rencontré.
- Marzhin Adhan si je me souviens bien c'est cela? demanda Harry froidement.
- En effet, acquiesça-t-il d'un ton plat mais bien plus engageant.
- Je n'ai pas vraiment envie de m'éterniser ou de tourner autour du pot alors j'irais droit au but, annonça Harry. Je pose les questions et vous répondez avec au préalable un serment magique promesse de vérité. Est-ce clair?
- Très Milord, approuva-t-il sans paraître gêné un instant.
Il sortit sa baguette sans faire de geste brusque, comme s'il avait senti qu'il était attentivement surveillé par ses deux interlocuteurs pourtant très maîtrisés. Il fit un serment de vérité strict pour les prochaines heures sans rechigner un instant, surprenant un peu le Lord qui n'en laissa pourtant rien paraître.
- Qui vous a dit que je recherchais un majordome? demanda d'abord Harry.
- La Magie, répondit-il en l'étonnant. J'ai un don de divination.
Ce fait titilla un peu plus la curiosité du jeune homme qui l'enjoignit d'un regard à poursuivre. Ce qu'il comprit et fit sur le champs:
- J'ai toujours eu des visions, des visions envoyées par la Magie comme pour tout les devins. Elles ont toujours eu la particularité de me guider dans la vie et les suivre m'a toujours réussi. Les visions ne sont pas toujours nettes et claires. J'en ai eu une où une voix disait qu'un Lord cherchait un majordome aux capacités disons variées et j'ai su que je devais me présenter. Comme je vous l'ai dis, j'ai toujours suivi les recommandations de la Magie dans mes visions alors je me suis proposé.
- Comment avez vous réussi à me faire parvenir votre lettre? Il n'était écrit que « à qui de droit » sur l'enveloppe que votre hibou m'a apporté.
- Avec le temps, j'ai appris à trouver les gens de mes visions même sans savoir qui ils étaient. Pour que le hibou vous trouve, je n'ai qu'à lui transmettre l'impression ressentie sur vous dans la vision, si la Magie m'a permis d'avoir ce ressenti. C'est une magie particulière et ça fonctionne.
- Pourquoi vous proposer de la sorte sans rien savoir ou presque de ce que je pourrais attendre de vous? Uniquement parce que vous avez eu cette vision?
- J'ai foi en la Magie et la Magie m'a demandé de me mettre à votre service. Cela me suffit.
- Savez vous dans quoi vous vous engagez?
- Je pense le savoir, répondit-il. Un Lord donc potentiellement une grande demeure et une vie sociale très active avec bien entendu ses règles de manières et de coutumes strictes à ce monde là. Au vu des précautions que vous prenez rien que pour cet entretien, vous avez peut-être des ennemis à craindre, analysa-t-il. Donc danger probable.
- Et cela ne vous effraie pas? s'amusa Harry. Avec tout ce qu'il se passe dans ce pays en ce moment, je pourrais être n'importe qui, méchant ou gentil.
- Qui est méchant ou gentil? répondit l'homme en le surprenant agréablement. Je me fiche pas mal de ce que le monde peut penser de vous qui que vous soyez. Je me fiche de ce que vous pouvez faire ou avez fait. J'ai mon opinion bien évidemment mais je ne suis pas un grand idéaliste aux nobles idées loin de là alors je peux accepter beaucoup de choses.
- Que défendez vous, idéologiquement parlant?
- La Magie. Je suis pour la Magie ni plus ni moins. Elle est la seule chose que je défends. Je me fiche du reste. Elle me conduit vers vous et elle m'a toujours conduit vers ceux qui étaient bons pour elle. Je lui fais confiance et si c'est là ce qu'elle veut alors...
- Et vous que voulez vous monsieur Adhan? questionna le Lord.
Il mentirait s'il disait que l'homme ne l'intéressait pas. Ce genre de discours était une grande première. Lui, bon pour la Magie? Cela lui semblait incongru au vu de ses idées actuelles mais en y réfléchissant, c'était plausible et pas qu'un peu. Si c'était vrai et bien c'était une bonne nouvelle. Le serment de l'homme lui assurait la totale véracité de ses propos et il était très intrigué par tout ceci. Il sentait que Sheitan scrutait l'homme avec grande intensité, n'ayant pas dit un mot depuis le début, le laissant faire tout en se faisant son idée.
- Je souhaite entrer à votre service si la question porte sur le moment et si elle porte sur ma vie en général, je souhaite la préservation de la Magie parce qu'elle fut ce qui m'est arrivé de mieux dans la vie et c'est une amie fidèle, dit-il en le regardant droit dans les yeux.
- Et si j'étais le diable en personne? sourit froidement Harry pourtant sérieux.
- Cela dépend de ce qui définis le diable dont vous parlez. Pour moi, ce serait celui qui voudrait détruire la Magie. Et si elle m'a conduit vers vous, je sais que vous n'êtes pas mon diable. Celui des autres qui tue, trompe et torture ou autre ne l'est pas pour moi.
- Oh, rien contre ce genre de pratique? remarqua le Lord en relevant un sourcil.
- Non, je ne suis pas un gentil idéaliste, dit-il en faisant rire le jeune homme.
- C'est bien la première fois que j'entends quelqu'un assumer ainsi une telle chose, expliqua-t-il. Mais cela me plaît. Avez vous déjà été majordome?
- Ce n'était pas nommé ainsi, mais j'ai été assistant et conseiller d'un noble des années durant. J'ai été professeur de magie aussi même si cela ne sert pas à grand chose dans le cas présent. J'ai vécu et exercé dans un château, je connais toute les ficelles de la noblesse et de ses codes et je m'y connais aussi en créatures magiques. J'ai déjà eu a organiser de gigantesques réceptions et gérer des domaines tout aussi grands.
La discussion continua longuement sur les capacités de l'homme, Harry posant tout un tas de questions sur diverses situations, Marzhin parvenant finalement à le satisfaire par ses réponses.
- Savez vous vous défendre monsieur Adhan?
- Parfaitement, répondit-il sans une once d'hésitation et le regard si sérieux que l'on ne pouvait douter qu'il savait de quoi on parlait exactement.
Le jeune homme alla s'appuyer contre le dossier de son canapé, partagé. Cet homme lui plaisait et il devait avouer qu'il avait tout ce qu'il réclamait pour le poste. Il le trouvait très intéressant, le serment le soulageant du doute sur la véracité de ses réponses. Il était plus à l'aise avec lui qu'avec les précédents mais il ne pouvait s'empêcher d'être réticent, peu enclin à la confiance depuis Azkaban et encore plus méfiant lorsqu'il s'agissait de faire entrer quelqu'un chez lui ainsi. Il n'arrivait pas à se décider mais il avait encore des questions à poser pour tenter d'y parvenir:
- Au vu de la situation dangereuse de ce pays, je me dois de me protéger aussi, je n'irais pas par quatre chemins: êtes vous au service de Voldemort?
- Non, répondit-il fermement.
- Êtes vous au service de Albus Dumbledore?
- Non.
- Êtes vous au service du Ministre, du Ministère ou de tout membre du gouvernement ou des autorités?
- Non.
- Avez vous de la sympathie ou adhérez vous aux idées et projets de ces parties précédemment nommées?
- Pas du tout, non.
- Êtes vous influençable?
- Non.
- Êtes vous sous influence de qui ou quoi que ce soit?
- Non, si ce n'est de la Magie elle même.
- Servez vous qui que ce soit?
- Personne si ce n'est moi même, la Magie et vous bientôt je l'espère.
- Cette détermination à vouloir entrer à mon service m'intrigue vraiment. Ce n'est pas commun pour une personne que vous ne connaissez pas du tout. Si je vous engage, vous vivrez chez moi, vous passerez votre temps à mon service et vous serez lié à moi de telle sorte que vous ne serez plus totalement libre et vous ne ferez plus votre vie sans me prendre en compte en tête de liste. J'exige une loyauté totale et je ne suis pas tendre avec les traîtres. Je veux de l'efficacité à tout les niveaux. Je suis effet susceptible d'avoir quelques ennemis peu sympathiques sur le dos et donc sur le dos de mon entourage. Je ne ferais rien pour arranger ce fait, cela risque de durer. Je n'aime pas me répéter alors je ne le demanderais qu'une fois: êtes vous prêt à ça?
- Oui, acquiesça-t-il sans même réfléchir.
Harry tourna les yeux vers Sheitan, recherchant son avis. Son démon le regarda avec confiance avant de reporter son attention sur l'homme.
- Vous savez parfaitement qui je suis n'est-ce pas? dit-il en surprenant son jeune compagnon qui se retourna lui aussi vers lui.
- Je le sais, approuva-t-il calmement. Sheitan, roi des démons et donc de tout les peuples ténébreux.
- Comment le savez vous? questionna Harry plus agressif maintenant.
Sheitan posa une main douce et sereine sur sa cuisse, lui faisant comprendre que ce n'était pas un problème.
- Il le sait parce que c'est un demi démon, expliqua son âme sœur. Et tout les démons ou porteur de leur sang reconnaissent leurs semblables d'un coup d'œil quelque soit le déguisement. Ils reconnaissent aussi leur roi.
- Je vois, répondit le jeune homme en se détendant un peu. Un demi démon est-il aussi loyal au roi qu'un démon complet?
- Il est plus libre mais il ressent assurément un attachement pour les siens. Les démons ont un profond sens du clan, du peuple et c'est un trait qui se transmet avec la moindre goutte de notre sang dont on pourrait hériter. Mais il ne m'est pas naturellement soumis et loyal inconditionnellement. C'est un choix de sa part. Et si je comprend bien, c'est plutôt à lui que vous donnerez votre loyauté, dit-il avec un coup d'œil pour sa moitié.
- Oui, c'est vrai mais j'ai tout de même beaucoup d'affection pour mon peuple démoniaque bien que je n'ai jamais eu l'occasion de vivre parmi eux ou d'en connaître. J'ai énormément de respect pour vous majesté, dit-il avec un signe de tête respectueux pour lui. Seulement, la loyauté ira au Lord, ajouta-t-il en retournant son regard sur celui-ci.
- Cela me va, sourit Sheitan. Père ou mère démoniaque? questionna-t-il.
- Père.
- Qui?
- Je ne l'ai jamais connu, je ne sais pas qui il était. Je sais juste que ma mère était son âme sœur qu'il venait juste de se rencontrer. J'ai été conçu dans l'établissement de leur lien, dit-il sans gêne. Il fut tué par les sorciers peu après avec sa nature pour seul motif.
- Quel âge avez vous?
- Autour des huit cent ans. J'ai eu la chance d'hériter de l'immortalité de mon père. Ce qui n'est pas systématique dans un cas comme le mien.
- Vous êtes donc né après mon enfermement. Il ne restait alors que peu de démons en vie à l'époque. Votre mère était...?
- Enchanteresse.
- Une sorte de druide au féminin à l'époque, renseigna Sheitan pour son compagnon. Bien loin des sorciers d'aujourd'hui. Les enchanteresses comme les druides étaient des défenseurs de la Magie originelle. Ils n'étaient pas nombreux et ont été exterminés par les sorciers pour s'être opposé à eux.
- Cela explique certaines choses, remarqua Harry. Faisons un essai, approuva-t-il finalement. J'accepte de vous prendre à mon service, annonça-t-il en plantant un regard sérieux dans le sien. Mais à la moindre chose qui me déplaît dans votre comportement à mon égard ou au moindre doute de loyauté, je serais sans pitié et le meurtre ne me fait pas peur, dit-il froidement sans tergiverser. Vous êtes prévenu.
- Aucun problème, répondit-il sans paraître troublé.
- Dans ce cas présentez vous à Gringotts demain, neuf heure et demandez le gobelin Gripseck, ordonna-t-il. Je serais là. Nous nous occuperons de votre contrat et de vos serments et je vous expliquerez tout ensuite. Vous commencerez sur le champs.
- Bien Milord.
- Rendez vous demain alors.
L'homme comprit qu'il était congédié, se levant, les saluant respectueusement avant de s'en aller.
- Il me paraît bien, remarqua Sheitan après un moment de silence.
- Bizarrement, j'ai moins de réticence avec lui qu'avec les autres, répondit Harry toujours intrigué par ce fait.
- Parce que c'est un demi démon. En tant que mon compagnon, tu sais d'instinct que les démons te sont soumis. C'est pour ça que tu tolères bien la présence du clan malgré tes réticences à avoir de l'entourage. Ta magie sait qu'ils ne sont pas un danger pour toi et qu'ils te sont loyaux. Instinctivement, un demi démon représente aussi un ami naturel pour toi et malgré son statu et le fait que la magie ne l'oblige à rien envers moi ou les miens, il fait parti des nôtres tant qu'il n'aura rien fait pour se faire bannir du peuple. C'est pour ça que tu le tolères plus facilement.
- J'espère ne pas me tromper, soupira Harry en venant s'appuyer contre lui.
- Tu ne te trompes pas. Il était sincère. Je l'ai senti et il n'a pas de mauvaise intention envers toi. Mon instinct protecteur pour toi m'aurait averti à la moindre petite chose, dit-il en l'entourant d'un bras et en déposant un baiser sur sa tempe. Je crois qu'il sera parfait. Ne t'inquiète pas trop. Il nous aura tous sur le dos le temps de faire ses preuves et je ne tolérerais pas qu'il te cause le moindre préjudice Bellia alors détend toi, ça ira.
- Je suis devenu trop méfiant peut-être.
- Ce n'est pas une mauvaise chose. Continue de l'être et lorsque tu laisseras une chance à quelqu'un de tenter de gagner ta confiance, je veillerais à ce qu'il ne te cause aucun problème et je me chargerais de son cas s'il a l'audace de ne serait-ce qu'avoir l'idée de te trahir.
- J'ai confiance en toi.
- Et tu pourras toujours Bellia. Me te préoccupe pas trop de ça. On va surveiller et tout ira bien. Si ça se trouve, tu t'es trouvé un majordome en or, sourit-il. Je crois qu'il y a de bonnes chances maintenant que je l'ai vu moi même.
- On sera vite fixé. Si on rentrait prendre un long bain maintenant? demanda-t-il plus légèrement.
- Avec grand plaisir Bellia.
Cette après-midi là, les créatures protectrices du lac et du lock arrivèrent au domaine sous la surveillance de Forneus. Leur installation se fit sans mal et Harry établit son lien avec eux et son domaine, la chose d'une étonnante facilité au vue de l'insoumission naturelle de ces créatures en temps normal. Elles ne rechignèrent pourtant pas devant lui et tous en furent surpris. Cela facilita néanmoins les choses. Le lendemain, ce fut caché sous de lourdes capes magiques que le couple se rendit à Gringotts, retrouvant Gripseck qui les accueillit aussi bien qu'à l'habitude. Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour que Marzhin se présente, pile à l'heure. Il salua d'abord Harry caché sous sa cape puis Sheitan qui l'avait retiré et qui arborait son apparence humaine et enfin le gobelin qui l'ignora presque, ne lui accordant qu'un coup d'œil. Il l'enjoignit plutôt à rejoindre le bureau, Harry observant assis dans un canapé. L'homme s'avança et lut son contrat extrêmement strict ainsi que le serment magique encore plus strict qui était exigé. Pas une fois il ne tiqua et ce fut sans hésiter qu'il sortit sa baguette pour faire serment avant de signer le contrat de son nom, de sa magie et son sang. Cela fait, il posa la plume magique et rangea sa baguette, reculant d'un pas en tournant le regard vers le Lord qui se leva pour s'avancer à son tour. Il vérifia les signatures, consultant Gripseck d'un regard, celui-ci acquiesçant à sa question muette. Il prit alors la plume pour signer à son tour de son nom, sa magie et son sang. Il apposa ensuite son sceau magique de sa lignée principale, les Potter, Marzhin ne manquant pas de le noter. Harry se tourna alors vers lui, abaissant sa capuche pour révéler son visage froid.
- Bienvenu à mon service monsieur Adhan, dit-il alors.
- C'est un honneur Lord Potter, dit-il sans paraître troublé par son identité.
- Vous n'êtes pas surpris, nota-t-il simplement.
- Non. La Magie ne m'a jamais poussé vers des gens ordinaires bien que vous soyez le premier au passé aussi houleux. Et je pense que votre avenir comportera encore bien des choses.
- Ne faîte pas l'erreur des autres, pria Harry avec froideur.
- De vous prendre pour l'image que les sorciers donnent de vous? demanda son nouveau majordome en recevant un signe de tête d'approbation. Je sais que rien n'est vrai et pour le peu qui le fut, ne l'est plus. Il n'y a qu'à vous regarder pour le comprendre et comprendre que personne dans votre entourage passé, proche ou de simple relation, ne vous a jamais vraiment connu. Et je ne suis pas du genre à me faire une idée sur les dires des autres.
- Il vaut mieux. Allons-y, dit-il ensuite. Gripseck, ce fut un plaisir comme toujours.
- Pour moi aussi Lord Potter. Passez une bonne journée, répondit-il.
Le couple s'en alla ensuite, suivi de leur nouveau majordome. Ne croisant nul autre que des gobelins, ils regagnèrent l'aire de tranplanage, quittant la banque pour réapparaître sur la place des invités à Entéfer.
- Bienvenu au domaine d'Entéfer, annonça alors Harry. Ma maison désormais et pour longtemps je l'espère. Venez.
Il s'avança sans attendre de réponse, Sheitan à ses côtés. Il fit apparaître le pont et ils s'y engagèrent, y avançant tranquillement.
- C'est un très beau domaine Milord, remarqua finalement l'homme à mi-chemin.
Harry ne répondit pas, le menant plutôt au château. Dans la cour, le clan tout entier les attendait. Le jeune Lord prit place au centre avant de se retourner vers Marzhin pour lui faire face. Sheitan le rejoignit, glissant un bras autour de sa taille.
- Vous disiez n'avoir jamais eu l'occasion de rencontrer le peuple de votre père, remarqua le Lord. Voilà qui va être rectifié aujourd'hui.
Il commença alors à faire les présentations terminant par présenter le majordome.
- Avez vous compris? demanda-t-il finalement.
- Vous êtes l'âme sœur de sa majesté, répondit-il avec un coup d'œil pour Sheitan. Vous l'avez rencontré à Azkaban et vous l'avez fait sortir avec vous.
- J'apprécie de ne pas avoir à expliquer les choses, sourit Harry. C'est cela en effet. Le clan est désormais établi ici. Allons visiter.
Ce fut suivis du clan tout entier scrutant le nouveau venu qu'ils visitèrent le château, Harry en profitant pour donner ses consignes à son nouveau majordome, expliquant ce qu'il attendait de lui. Le seul lieu où il ne le fit pas entrer, comme il n'avait fait entrer personne d'autre que lui même et Sheitan, fut leur aile privée, insistant lourdement sur le caractère intime de cette endroit. Il termina en lui montrant ses quartiers puis il le laissa s'installer. Dans les jours qui suivirent, Marzhin glissa dans son rôle de manière très naturelle. Il ne vit pas beaucoup son maître qui passait plus de temps isolé dans son aile privée qu'autre part, ne sortant que pour rejoindre la bibliothèque ou la salle d'entraînement, souvent si discret que personne ne s'apercevait de son passage. Seul Sheitan passait plus que quelques minutes par jour avec lui. Il se savait pourtant surveillé par tout les démons et cela ne le dérangea visiblement pas. Il prit sa place sans problème apparent, gérant le château et la vie quotidienne avec brio. Il s'occupait de tout avec discrétion, calme et perfection. Il s'était chargé des courses que Harry détestait faire.
Deux jours après son arrivée, le Lord avait emmené son architecte en sa demeure du Chemin de Traverse afin qu'il puisse voir les lieux et se mettre au travail sur ce projet. Ce fut deux autres jours plus tard que Harry décida de faire une chose importante: se présenter à ses voisins. Son domaine était entouré de territoires Elfes Noirs, Vampires et Centaure. Il aurait été impoli de ne pas se présenter maintenant qu'il vivait là à temps plein et imprudent de ne pas être en bon terme avec eux bien que pas un ne l'effrayait. Les connaissances des démons avaient été plus que précieuses pour savoir comment s'y prendre dans cette démarche. Aussi, il savait qu'il ne fallait pas aller voir en personne les Centaures mais plutôt leur envoyer un simple message magique courtois. S'ils voulaient le voir, ils se manifesteraient d'eux mêmes. Mais pour les autres, une rencontre dans les formes s'imposait. Sur les conseils de Sheitan, il avait écris aux chefs des deux domaines pour les convier à une rencontre à trois. Les Elfes Noirs et les Vampires étaient deux peuples amis extrêmement proches, cela se faisait donc de les inviter ensemble surtout que pour eux, le procédé était le même pour les deux races. Il leur avait donc écris dans les formes pour les inviter à une rencontre qui aurait lieu à la jonction de leurs trois domaines.
C'était pour cela qu'il était à présent là, au croisement de leurs terres respectives. Habillé sombrement comme le Lord qu'il était, il s'était assis dans un siège qu'il avait fait apparaître, sur son territoire. S'il était seul d'apparence, Sheitan et le clan tout entier était caché dans les bois autour de lui. Il avait voulu se présenter seul dans un premier temps mais il était hors de question pour son démon de le laisser. Il était donc là avec le clan, parfaitement caché et indétectable. Il attendait patiemment installé dans son son luxueux fauteuil détonnant dans ces bois sombres. Ce fut à l'heure pile de l'invitation qu'il vit arriver les deux chefs de clans. D'un côté, l'Elfe Noir avec ses longs cheveux blancs immaculés, sa peau ébène et ses yeux dorés. Et de l'autre, le Vampire, diaboliquement beau, la peau pâle, les yeux rouges sangs et de courts cheveux acajous. Ils s'avancèrent, dardant un regard perçant et froid sur lui alors qu'il se levait, affichant une image tout aussi glaciale. S'ils apparaissaient seuls, Harry n'avait pas le moindre doute sur le fait que des gardes devaient être dissimulés non loin. Chacun s'arrêta à la limite de son territoire, les deux créatures fixant le sorcier sans laisser transparaître la moindre émotion. Le jeune Lord se laissa observer un moment avant de prendre la parole:
- Je vous remercie d'avoir répondu à cette invitation, dit-il tout d'abord.
- Ainsi ce n'était pas une blague, remarqua l'elfe, Harry Potter.
- Ou presque, corrigea le vampire. Tu ne ressembles que peu aux photos que j'ai vu de toi.
- Les gens changent, répondit-il. Et je ne pense pas vous avoir permis de me tutoyer, claqua-t-il. Vous connaissez mon nom, puis-je connaître les vôtres?
- Je ne pense pas devoir me présenter à un vulgaire sorcier, répondit l'elfe.
Un vent glacial agita les branches des arbres autour d'eux, l'ambiance s'alourdissant soudain, plus sombre. Les deux êtres magiques jetèrent un coup d'œil autour d'eux, sentant parfaitement que cela n'était pas naturel. Seulement, aucun ne pouvait se douter qu'à quelques mètres de là, un roi démon n'avait pas vraiment apprécié que l'on parle ainsi à son compagnon, comme tout son clan. Cela n'allant pas plus loin et ne pouvant détecter la magie ou les présences des démons, tout deux reportèrent leur attention sur le Lord.
- Et je pense qu'il est préférable que vous le fassiez, dit-il. Nous sommes désormais voisins, autant privilégier une bonne entente dans l'intérêt général.
- Une bonne entente? Avec un sorcier? renifla le vampire. Toi en plus? Non merci. Tu es un danger, un aimant à problème. Tu risques fort d'attirer des indésirables par ici. Cette région est nôtre, nous régnons. Peu importe que vous ayez décidé de prendre ce domaine et d'y vivre. Vous partirez comme les autres avant vous. Vous êtes cerné ici.
- C'est une menace? demanda Harry avec un sourire sadique et dérangeant. Mettons les choses au clair tout de suite. Je suis ici et j'y resterais autant qu'il me plaira. Ni vous, ni personne ne changera cela. Je vous ai invité aujourd'hui parce que j'estime que nous n'avons aucune raison d'être ennemi et je souhaitais me présenter convenablement. Maintenant, si vous ne coopérez pas ne venez pas vous plaindre plus tard. Je n'ai aucune intention de me montrer agressif envers vous et les vôtres au contraire mais si vous m'y forcez, je ne me ferais pas prier.
- Vous nous menacez? demanda à son tour l'elfe le ton moqueur. Nous pourrions nous débarrasser du problème ici et maintenant, dit-il en sortant sa baguette vite imité par le vampire. Survivant ou pas, ça n'a pas d'importance. Les sorciers sont tous les mêmes.
- Vous oseriez? releva Harry le ton glacial en sortant sa propre baguette.
Aucun ne l'avait levé mais la tension était palpable, l'elfe et le vampire scrutant Harry l'air menaçant. Le jeune Lord les fixa d'un regard si glacial et dangereux qu'il eut la satisfaction de les voir se tendre devant lui.
- Vous n'avez aucune envie de faire ça, susurra-t-il avec un faux sourire tendre. Donnez moi ne serait-ce qu'une occasion et vous le regretterez.
- Un petit sorcier dans ton genre ne nous effraie pas, grogna le vampire. Tu n'es qu'un sale gosse pour nous et un problème. Peu importe ce qui se dit sur toi. Tu vas nous attirer des ennuis ici et nous ne voulons de quelqu'un comme toi près de chez nous.
- Quelqu'un comme moi? releva Harry de plus en plus agacé et se retenant avec mal de leur lancer une malédiction bien senti. Vous ne savez rien de moi, rien du tout.
- Un pauvre gamin trop naïf, brisé par Azkaban et joujou d'un Ministère corrompu, répondit l'elfe.
Sur l'instant, Harry se demanda pourquoi il voulait bien s'entendre avec eux. Ne pouvait-il pas simplement les faire taire définitivement? L'ambiance s'alourdit un peu plus en réponse à la colère de son compagnon et lui même n'était pas plus joyeux. Il se força pourtant à la maîtrise. Le sang n'était peut-être pas la meilleure des manières d'entamer ses relations avec ces deux peuples après tout et rationnellement, il pouvait comprendre leur réticence.
- J'admets avoir été un pauvre gamin trop naïf comme vous dîtes, dit-il platement, j'en conviens moi même. C'était pathétique. Seulement, cela appartient désormais au passé. Je ne suis plus cela, très loin de là et vous feriez bien de le prendre en note. Brisé pas Azkaban? Si je suis brisé vous l'êtes aussi, se moqua-t-il en les faisant grogner. Joujou du Ministère? C'est moi qui jouerais avec eux dorénavant. Je peux comprendre votre réserve à mon égard. Seulement, je ne tolérerais pas que vous veniez perturber la tranquillité de mon domaine et la mienne. Bien que je sois certain que jamais vous ne passerez mes protections pour ne serait-ce qu'essayer, s'amusa-t-il en les agaçant un peu plus. Je vais vous laisser réfléchir à cette situation au calme puis nous pourrons en reparler. J'avoue être moi même trop agacé pour être raisonnable en cet instant, dit-il alors qu'il serrait sa baguette. Soyez pourtant assurés que je ne partirais pas d'ici, j'y vivrais autant qu'il me plaira avec ou sans votre assentiment. Je n'en n'ai que faire. Sachez aussi que je suis disposé à une entente cordiale si vous daignez l'entendre. Mais cette offre ne sera pas éternelle.
Sans plus d'attention et se sentant terriblement énervé par cette entrevue, il fit disparaître son siège avant de faire demi-tour en faisant voler sa robe autour de lui, commençant ensuite à s'éloigner. Seulement, son discours et son attitude ne furent guère au goût de l'elfe noir et du vampire. L'expression rageuse, ils brandirent leurs baguettes dans sa direction, un sort au bord des lèvres. Ils n'eurent pourtant jamais l'occasion de le lancer, se figeant lorsqu'une immense paire d'ailes sombres vint leur cacher le jeune homme, une aura furieuse et glaçante les gelant sur place. Un clin d'œil plus tard douze autres silhouettes ailées venaient faire barrage entre eux. Tout s'immobilisa alors, les alentours se retrouvant chargés d'une puissante aura de magie ancienne et lourde, d'une force telle que des arcs d'énergies colorées électrisaient l'air. Lorsqu'ils purent réaliser ce qu'il se passait, l'elfe et le vampire se rendirent compte qu'ils avaient devant eux une ligne de douze démons dans leurs formes originelles et visiblement furieux. Ils restèrent paralysés et choqués. Depuis quand n'avait-on pas vu un un démon dans sa forme véritable et depuis quand ne les avait-on pas vu ainsi réunis? Complètement perdus, ils ne purent que rester sans voix alors que les démons semblaient n'attendre qu'un geste pour leur sauter dessus, restant pile à la limite du territoire du jeune homme.
- Je n'avais guère besoin d'être protégé de la sorte, fit soudain la voix légèrement agacée de Harry dans le silence.
- Je sais bien Bellia mais j'en avais moi même assez de voir ces moins que rien ne serait-ce que poser les yeux sur toi, gronda Sheitan. Alors je ne peux pas tolérer qu'ils osent, en plus de leurs affronts, lever leurs baguettes contre toi. Tu ne devrais même pas avoir à te soucier de pauvres petits chefs de clans dans leur genre. C'est déjà un grand honneur que tu leur fais de venir te présenter en personne en plus d'être leur voisin.
Harry sourit légèrement à la véritable fureur qu'il sentait venir de son âme sœur. Sheitan était excédé, outré, rageur et la seule raison pour laquelle il n'avait pas encore sauté sur l'elfe noir et le vampire était qu'il voulait avant tout cacher son inestimable compagnon à leurs yeux. Le jeune homme se blotti d'ailleurs contre lui, se sentant être d'une valeur inestimable. C'était bien la première fois qu'on le cachait aux yeux des autres parce que l'on estimait que les autres n'étaient pas dignes de poser les yeux sur lui. Se sentir exceptionnel de la sorte, il ne le connaissait que depuis qu'il avait son démon et il adorait ça. Enfin, il comptait vraiment pour quelqu'un. Cela l'apaisa sur le champs et il profita d'être entièrement caché par les ailes de plumes écailleuses pour se plaquer contre son torse et se gorger de sa chaleur aimante et protectrice pour lui. Il sentit ses bras forts se resserrer autour le lui et cela termina de le calmer au contraire de son compagnon qui irradiait toujours de colère. Après un instant, il s'écarta un peu, posant ses mains à plat sur la poitrine de son démon. Il fit ensuite demi tour dans ses bras, s'appuyant contre lui et posant ses mains sur les siennes qui se nouèrent sur son ventre. Comprenant sans un mot qu'il voulait faire face à nouveau, Sheitan écarta ses ailes suffisamment pour qu'on puisse le voir mais pas totalement, prêt à les rabattre sur lui à la moindre menace.
- Écartez vous, demanda le jeune homme aux démons qui faisaient toujours barrage devant eux.
Ceux-ci s'exécutèrent sans rechigner, s'écartant juste assez pour laisser voir le couple, restant pourtant à l'avant en bons gardes. Ils se redressèrent, se faisant moins menaçant. Dans leur forme originelle tous ressemblaient à Sheitan. Seulement, leurs ailes ressemblaient plus à celles des chauves-souris, semblant faite d'un épais cuir écailleux, teintés de noir et de gris. Leurs cornes étaient plus courtes et de forme différentes pour chacun. Et chacun avait sa couleur remplaçant l'or de Sheitan dans des nuances souvent sombres. Harry sourit moqueusement en voyant l'elfe et le vampire profondément choqués devant eux. Il pencha un peu la tête lorsque Sheitan voulu plonger dans son cou pour aller embrasser délicatement sa marque, attirant les regards des deux chefs de clan sur elle.
- Vous l'auriez vu tout de suite en le regardant un peu, cingla le roi en relevant la tête. Et vous l'auriez senti sur lui en vous donnant la peine d'y faire attention, dit-il en sachant qu'ils comprenaient le statu de son compagnon. Vous avez offensé et menacé mon âme sœur misérables, gronda-t-il en les faisant trembler.
Les deux créatures posèrent prestement un genou au sol, baisant la tête en une totale soumission:
- Votre majesté, nous..., bredouilla l'elfe noir vite interrompu par le roi.
- En temps normal je vous démembrerai moi même pour tant d'insolence et d'affront, claqua-t-il en les tendant atrocement. Seulement, il me serait désagréable que mon premier geste à ma reprise de contact avec mon peuple soit une double exécution de chefs de clans. Voilà donc ce que nous ferons. Nous allons rentrer chez nous et nous attendrons excuses et réparations de votre part. Après quoi mon âme sœur décidera si oui ou non, nous vous reverrons pour discuter de la situation ici. Notez dés maintenant que le domaine d'Entéfer est celui de Lord Potter qui, loin d'être un simple sorcier est dors et déjà Mage Immortel compagnon d'âme éternel de Sheitan l'Empereur d'or. Veuillez noter aussi que je vis avec lui sur son domaine désormais et que mon clan tout entier y vit également. La moindre menace envers le domaine d'Entéfer et envers son maître est une menace contre la Cour Noire. Et enfin, rappelez vous bien que la moindre incartade supplémentaire envers ma moitié vous coûtera une mort douloureuse. Bien évidement ce que vous avez vécu ici aujourd'hui restera entre nous tant que j'en déciderais ainsi et cela vaut aussi pour vos gardes cachés dans les bois. Je contacterais moi même vos rois lorsque j'en aurais décidé. Dernière chose: vous ne poserez plus les yeux sur mon compagnon tant que vous n'y aurez pas été invité. Tout cela te convient-il Bellia? demanda-t-il en baissant le regard sur lui.
- Cela me convient, répondit-il. Vous n'auriez jamais dû vous arrêter au nom de Harry Potter sans regarder plus loin, fit-il remarquer pour les deux agenouillés. Cela vous aurait évité cette incartade. Quand à ce que je suis, vous n'en savez rien, personne n'en sait rien si ce n'est mon compagnon. Ne me jugez donc pas si vite, vous y perdriez. Sachez aussi que j'étais prêt à prendre un arrangement avec vous au cas où ma présence ici vous apporterai les ennuis que vous redoutez et dont j'ai bien conscience. Je ne suis ni stupide, ni injuste au point de vous imposer ce genre de problèmes. Nous pourrons peut-être en reparler, lorsque vous aurez fait amende honorable pour cette tentative d'attaque et cette impolitesse, termina-t-il. Rentrons, dit-il ensuite à son amant en s'écartant de lui et en prenant sa main. Nous n'avons plus rien à faire ici.
Sheitan acquiesça et enroula un bras autour de lui pour le ramener contre lui. Il les fit ensuite transplaner, disparaissant vite suivi du clan tout entier, laissant là un vampire et un elfe noir tremblant et bien conscient qu'ils auraient pu être abattu sur le champs pour leur erreur. Ils ne pouvaient pourtant s'empêcher de sourire largement: l'Empereur était de retour. Ce fut le jour même que Harry reçu des lettres d'excuse en bon et due forme des deux chefs de clans, accompagnés de présents de valeurs en dédommagement. Il ne répondit pourtant pas tout de suite, bien décidé à les faire mariner un peu. Dans les jours qui suivirent, ce fut un sujet déclenché par la rencontre qui occupa les discussions au château. Celui d'organiser une rencontre entre Sheitan et tout les chefs mondiaux des peuples de créatures magiques. Il voulait réveiller la Cour Noire et en reprendre le contrôle, remettre de l'ordre dans le monde des créatures des ténèbres bien malmenées depuis son enfermement et ce, partout dans le monde. Mais il avait voulu attendre que son âme sœur se remette, prendre le temps de profiter de son couple et surtout, attendre que Harry soit prêt à cette agitation. Ils en discutèrent et ce fut assez naturellement que le Lord proposa d'organiser un bal au château et d'y inviter les concernés. Seulement, il prévint qu'il ne s'y montrerait peut-être pas et les démons comprirent. Harry faisait tout pour que ses réticences à l'égard des autres ne dérangent pas son âme sœur. C'était pour cela qu'il avait accepté de vivre avec le clan et qu'il accepterait de voir du monde venir pour lui. Sheitan lui en était très reconnaissant, ne voulant pas choisir entre son amant et sa place d'empereur qu'il aimait. Cependant, il faisait aussi toujours en sorte que Harry puisse être tranquille, ne le forçant à rien et ne lui demandant guère de prendre cette place de second empereur à ses côtés qui lui revenait pourtant.
Ce fut ainsi que l'on commença les préparatifs pour ce bal qui promettait d'être grandiose et de réunir beaucoup de monde. Marzhin se mit au travail sur la chose avec une expérience palpable, les démons aidant et ainsi, le couple n'eut à se charger de rien. On fixa la date à la prochaine pleine lune et les invitations furent envoyés. Ils ne tardèrent pas à recevoir multitude de réponse enjouées, tous visiblement très excités à cette idée. Bien sûr l'événement restait dans le cercle fermé des dirigeant des peuples sombres pour l'instant. Les invitations expliquaient rapidement que le bal était organisé par l'Empereur d'Or mais on ne parlait pas du propriétaire du domaine qui accueillait l'événement ni du fait que l'empereur avait trouvé son âme sœur. Harry se montrerait s'il le voulait ce soir là mais Sheitan refusait de l'obliger à quoi que ce soit et il refusait que leur couple lui pèse si on venait à découvrir qu'ils étaient ensemble. La chose pousserait certainement bien du monde à enquiquiner le jeune homme et il déciderait lui même s'il l'acceptait ou non.
Les jours suivants furent donc consacrés à l'organisation de l'événement, Harry se tenant en dehors bien qu'il tienne à savoir comment se passeraient les choses. Lui même préférait se concentrer sur ses propres affaires et ses propres projets. Euphémia venait de lui envoyer les dossiers des gens qu'elle voulait recruter pour travailler à Poudlard sous sa direction et il s'y plongeait avec attention, examinant chaque profil. Ce fut avec plaisir qu'il découvrit qu'elle avait pioché parmi de nombreuses créatures magiques et de nombreuses nationalités, classes d'âge ou sociale. Mais tous semblaient des plus compétents et tous faisaient partis des peuples sombres, cela l'amusant un peu. Et après tout, cela n'était pas plus mal quand on voyait que c'était eux qui avait le plus souffert des discrimination qui avaient pris place depuis longtemps contre leur genre et leur magie. Cela lui allait parfaitement. Il prit rendez vous avec elle pour rencontrer tout ce petit monde, voulant se faire sa propre idée avant d'approuver définitivement.
Une autre chose qui l'occupa furent ses recherches sur les détraqueurs. Il s'intéressait de plus en plus à ces créatures depuis que le shaman qu'il avait rencontré en Nouvelle-Zélande lui avait dis qu'il pouvait avoir du pouvoir sur eux depuis qu'il avait survécu au baiser. Il semblait que survivre au baiser du détraqueur offrait la possibilité de prendre leur contrôle. Survivre au baiser, c'était devenir insensible au baiser et c'était aussi obtenir un lien magique avec les détraqueurs. Un lien qui le mettait en position de force face à eux, comme un conquérant vainqueur. Le shaman lui avait dit qu'il pouvait prendre le contrôle de ces créatures qui ne demandaient pas mieux que de trouver un roi qu'elles n'avaient pas eu depuis longtemps. Un roi qui leur permettrait d'être plus puissants, plus conscients et qui leur permettrait d'échapper aux contrôles des différents Ministères qui se partageaient le pouvoir sur eux. Harry prenait cette possibilité très au sérieux et au plus il se renseignait sur ces êtres qu'il connaissait si peu, au plus il était intéressé.
Les détraqueurs étaient des êtres bien plus complexes qu'il ne l'avait imaginé. À Poudlard, il avait toujours entendu qu'il s'agissait de créatures sans esprit, sans conscience que l'on contrôlait comme des pantins. Mais il n'en n'était rien en réalité. Ils avaient des esprits, des pensées et ils étaient parfaitement conscients. Encore une absurdité apprise sous l'égide de Dumbledore. Seulement, un peu à l'image des elfes de maisons, ils avaient besoin d'être liés à une ou plusieurs personnes, à une âme en réalité. Âme qui leur faisait défaut et sans laquelle ils ne pouvaient survivre. C'était de cette faille que les gouvernements avaient profité pour les soumettre et les menacer de destructions s'ils n'obéissaient pas en plus de leurs imposer tout un tas de règles magiques. Seulement, trouver un roi pouvait les libérer de ce contrôle, augmenter leurs pouvoirs et leur redonner leur liberté. En faisant des recherches sur eux dans les très anciens livres de son héritage, Harry avait découvert qu'être roi des détraqueurs n'était certainement pas sans avantage. Invulnérabilité face à leurs pouvoirs, loyauté totale, protection et fidélité. Les détraqueurs donnaient tout et surtout, ils ne demandaient rien d'autre que ce lien qui leur permettait de survivre. Ils ne semblaient pas du tout difficile à gérer, naturellement calmes et discrets. La seule choses dont-ils avaient besoin était de se nourrir, de se nourrir des sentiments et de l'énergie d'âme des êtres vivants. Ils n'avaient pas nécessairement besoin d'aspirer une âme, d'embrasser leurs victimes mais ils avaient besoin d'user de leur pouvoir régulièrement pour se nourrir. Seulement une fois encore, contrairement à ce qu'on lui avait dit à Poudlard, un détraqueur laissé libre ne se nourrissait de lui même que deux ou trois fois par an et il pouvait pousser jusqu'à ne pas se nourrir pendant cinq ans s'il avait pris une âme. Et au vu du nombre limité de détraqueurs dans le monde atteignant autour des cinq cent individus, il n'y avait vraiment pas de quoi s'emballer sur leur dangerosité comme le faisait les sorciers, surtout compte tenu du fait que si on ne les forçait pas a être en contact avec les gens, c'était des êtres très discret et paisibles, ne se montrant pas.
Harry était évidemment intéressé. Avoir les détraqueurs avec lui pourrait assurément être très utile en plus de sévèrement impacter les gouvernements sorciers. Il étudiait donc très sérieusement la question et ces créatures. Il savait que pour prendre le contrôle des détraqueurs, il fallait qu'il trouve cinq détraqueurs en particuliers. Ceux que l'on qualifiait de squelettes ou de gris qui seuls pouvaient reconnaître un roi potentiel et former le lien. Encore fallait-il trouver ces créatures qui n'avaient pas été vue depuis la prise de contrôle de leur peuple par les sorciers. Mais il semblait que la chance était de son côté depuis sa sortie d'Azkaban puisque d'après les démons qui avaient visité les forêts de son domaine, les détraqueurs squelettes étaient chez lui...
