Chapitre 2 :
Début d'une vie bouleversée
Une fois Julius parti, Harry resta seul un long moment, réfléchissant, se demandant ce qu'il allait bien pouvoir faire maintenant. Il avait vraiment du mal à se dire qu'il ne ferait plus jamais de magie et qu'il ne reverrait jamais la lumière du soleil. C'était horrible. Comment allait-il s'en sortir ? Et il y avait aussi la trahison qu'il avait subi qui lui restait en travers de la gorge. Il avait beau s'y attendre, ça faisait tellement mal après tout les efforts qu'il avait fourni pour eux, pour les protéger. Il les avait considéré comme sa famille à une époque. Ça faisait tellement mal et il se sentait si seul. Le bruit de la porte s'ouvrant le fit brusquement sursauter, réveillant une immense peur en lui alors qu'il ne voyait rien. C'était vraiment terrifiant.
- Qui est là ? demanda-t-il avec peur alors qu'il s'était redressé et tendu à l'extrême.
- C'est Ragnok monsieur Potter, répondit le gobelin. Détendez vous, vous être en sécurité ici pour le moment, rassura-t-il en s'approchant de l'adolescent. Comment vous sentez vous ? demanda-t-il en s'installant non loin de lui.
- Physiquement, beaucoup mieux que tout à l'heure, répondit le jeune homme. Mais je suis un peu perdu maintenant, avoua-t-il doucement.
- Je m'en doute, remarqua le gobelin. Malheureusement, je crois que ce que j'ai à vous dire ne va pas arranger les choses mais nous n'avons pas de temps à perdre. Votre sécurité et votre avenir en dépendent. Je suis désolé de vous bousculer après tout ce qu'il vient de vous arriver mais nous n'avons vraiment pas le choix.
Harry resta silencieux un moment, sentant les problèmes arriver. Comme s'il n'en n'avait pas déjà assez. Il était connu pour attirer les ennuis de toute façon. Mais ça faisait vraiment beaucoup cette fois. Il respira, tentant d'installer un calme profond en lui pour affronter. Il tenta de retrouver cette concentration guerrière et apaisée dans laquelle il se plongeait avant un combat pour restez alerte et efficace. Il n'y parvint que peu, fortement ébranlé et déstabilisé en plus de sa faiblesse mais il s'en contenta, déjà heureux de ne pas encore avoir cédé à la panique et au désespoir. Il retourna finalement son attention sur le gobelin, tendu et crispé :
- Je vous écoute, annonça-t-il la voix faible.
- Nous savons que vous avez gagné la guerre et abattu Voldemort. Seulement sachez que le gouvernement et Dumbledore gardent encore l'information secrète avec soin. Ils vont certainement la révéler sous peu après avoir soigneusement préparé la chose pour tourner cela à leur avantage, expliqua-t-il gravement. En tant que directeur de Gringotts, j'ai été informé de plusieurs choses sur les événements bien avant le reste de la population et sachez qu'ils ont tout fait contre vous, cela a même été leurs premières actions, annonça-t-il. Heureusement, ils ne se sont pas doutés que les gobelins vous aideraient.
Il marqua une pause avant de reprendre :
- En tant qu'héritier des Potter et des Black, en tant que vainqueur dans cette guerre que vous avez porté presque seul j'en suis bien conscient, et en tant qu'une des plus grande fortune sorcière du monde, vous êtes potentiellement quelqu'un de très puissant et très gênant, très influent. Ils ont voulu se débarrasser du danger que vous représentiez pour eux et pour leurs projets et je dois dire qu'ils y sont presque parvenus. Et la perte de votre magie les a malheureusement beaucoup aidé sans parler de la perte de vos yeux qui vous met dans une cruelle position de faiblesse. Sachez que vous êtes en danger, je ne vais pas passer par quatre chemins nous n'en n'avons pas le temps.
Harry lutta pour garder son calme, ne sachant absolument pas comment il pourrait se défendre sans magie et sans ses yeux dans son état de faiblesse. Il se concentra sur le gobelin, écoutant.
- Je ne pense pas que vous le sachiez mais il existe une vieille rumeur chez les sorciers qui dit que si quelqu'un perd sa magie, c'est parce qu'il ne la mérite plus, parce qu'il aurait commis de terribles crimes. Évidemment, c'est entièrement faux mais c'est une vieille légende qui reste bien ancrée dans l'esprit collectif, surtout que c'est un phénomène extrêmement rare et très méconnu. Il existe une ancienne loi qui permet de bannir et de priver de tout ses biens une personne qui a perdu sa magie et qui serait considéré comme un traître envers le monde magique. Dumbledore et le Ministère se servent de cette loi contre vous. Ils nous ont annoncé que vous étiez déclaré bannis du monde magique et privé de toutes vos possessions qui sont pour l'instant bloquées en attendant de savoir à qui elles iront.
L'adolescent prit ces annonces comme un coup de masse, sentant un malaise le prendre. Sa situation empirait encore. Banni du monde magique ? Privé de tout ses biens ? Comment allait-il vivre ? Où allait-il vivre ? Comment allait-il s'en sortir ? Où trouverait-il l'argent pour survivre ? Dans son état, trouver un travail immédiatement était impossible ! Il se sentit mal et chercha son verre d'eau d'une main tremblante, la respiration désordonnée. Il fut un peu plus désemparé alors qu'il ne parvenait pas à trouver ce stupide verre ! Il sursauta en sentant le gobelin attraper sa main et y mettre ce qu'il cherchait. Il avala difficilement une gorgée avant de poser le verre sur ses jambes ne pouvant le maintenir en l'air plus longtemps, ses mains manquant de force et d'assurance. Le gobelin le débarrassa, reposant le verre sur le guéridon.
- Essayez de rester calme et de ne pas paniquer monsieur Potter, conseilla platement le directeur. Je vais faire ce que je peux pour vous aider, annonça-t-il.
- Pourquoi feriez cela ? demanda l'adolescent confus et déstabilisé.
- Parce que vous êtes notre plus gros clients et vos familles sont parmi nos plus anciennes, répondit-il. Parce que vous avez toujours fait preuve d'un immense respect envers les gobelins alors que plus d'un sorcier ne l'avait fait depuis longtemps, parce que vous nous avez sauvé de cette guerre et de Voldemort, parce que vous avez tout sacrifié pour sauver notre monde et que nous vous devons bien ça. Sachez que vous aurez certainement la plus part des créatures magiques de votre côté. Vous vous êtes toujours montré en ami avec nous tous et vous n'avez jamais caché votre dégoût du racisme des sorciers envers nous. Vous êtes connu parmi les créatures magiques pour cela, vous avez une excellente réputation de notre côté et aucun ne se laissera avoir par les manigances du Ministère ou de Dumbledore. Malheureusement, notre marge de manœuvre est extrêmement faible et certains sont tout de même nos ennemis mais nous ne savons pas qui exactement. Nous devons donc être très prudent. En tant que banquier des sorciers, les gobelins bénéficient d'une certaine marge de manœuvre et nous allons pouvoir vous aider un peu. Et même si nous sommes trop liés et contrôlés par les sorciers pour faire beaucoup ou changer la situation, sachez que vous avez les créatures magiques de votre côté, nous ferons ce que nous pourrons pour rembourser les nombreuses dettes que nous avons envers vous et par reconnaissance pour tout ce que vous avez fait dans cette guerre.
L'adolescent fut un peu rassuré et touché d'entendre cela. Il n'était pas complètement seul finalement et ça faisait du bien de savoir qu'il y en avait qui avaient reconnu ses efforts et lui en étaient reconnaissant.
- Merci, dit-il alors qu'il était parvenu à retrouver un certain calme.
- Je disais donc qu'ils s'étaient arrangés pour vous faire bannir du monde magique, reprit le directeur. Mais ils n'ont pas fait que cela. Dumbledore s'est attribué la victoire sur Voldemort, disant que vous avez défailli avant la fin et que vous avez fuis. Nous savons que ce n'est pas vrai parce nous savons tout ce qu'il s'est passé dans la bataille grâce à des sorts spécifiques qui nous ont permis de suivre ce qu'il se passait. Bref, et puis il est évident que Dumbledore n'aurait pas pu vaincre Voldemort, il n'en n'était pas capable dans tout les sens du terme. Ils ont dit que vous aviez fuis et ils ont dit aussi que vous aviez tué certains de vos alliés et profité des batailles pour commettre d'horribles meurtres. Ils ont dit que vous transformiez en un nouveau seigneur des ténèbres pire que Voldemort et que c'est pour cela que vous avez perdu votre magie. Ils nous ont présenté les choses ainsi et c'est ainsi qu'ils les présenteront au public lorsqu'ils annonceront cela. Malheureusement, comme ils se sont appliqués à détruire votre réputation ces dernières années, tout le monde y croira, surtout que vos anciens amis ont produit de faux témoignages contre vous. Et il n'y a personne de suffisamment influent qui soit de votre côté pour demander une enquête ou faire quoi que ce soit pour vous défendre. Je crains donc que leur histoire passe sans problème et que le bannissement ne sera pas remis en cause. Les créatures magiques n'ont pas leur mot à dire dans la politique des sorciers, nous ne pouvons que nous y plier.
- Je comprend, répondit le jeune homme.
Oui il comprenait, il suivait parfaitement et il ne pouvait qu'être d'accord avec son raisonnement. Les choses étaient ainsi malheureusement. C'était à croire que le monde des sorciers pour lequel il avait tant sacrifié était contre lui et avait toujours été contre lui. Il n'avait jamais eu d'aide de leur part, juste des ennuis, des brimades et des insultes.
- Et je crains aussi que nous ne puissions rien faire non plus contre la confiscation de touts vos biens, continua le gobelin. Ces vieilles lois stupides sont encore valides. Ils se sont empressés de venir après la bataille pour bloquer tout vos coffres et tout vos biens. Vous n'avez plus rien j'en ai peur et il n'y a aucun moyen pour le moment de récupérer ce qui vous appartient. Les anciennes lois sont de leur côtés et je dois m'y plier.
Il marqua une pause, le jeune homme accusant le coup et se demandant comment il allait faire. Ragnok reprit finalement la parole :
- Les lois magiques sont de leur côté, mais pas les gobelins, souligna-t-il d'une voix malicieuse en attisant la curiosité de l'adolescent. Nous, nous sommes de votre côté. En apprenant tout cela et connaissant la vérité, nous avons voulu vous voir et nous avons utilisé notre magie pour vous trouver. Ils vous ont abandonné dans un endroit perdu en espérant certainement se débarrasser définitivement de vous. Et ils auraient réussi si nous ne vous avions pas cherché. D'après le médicomage, une heure de plus vous aurait tué. Heureusement que nous vous avons trouvé à temps.
- Je ne m'en serais jamais sorti sans vous, merci, répondit l'adolescent.
- Ce n'est rien comparé à tout ce que nous vous devons, dit Ragnok. Nous avons obéit au Ministère scrupuleusement et bloqué tout ce qu'ils nous ont demandé de bloquer. Mais ils ont oublié une chose. Je ne pense pas que vous le saviez mais Severus Snape était l'héritier des Prince, une très ancienne famille de sang pur à l'égal des Potter et des Black et il vous a choisi comme unique héritier, dit-il en surprenant beaucoup le jeune homme.
Il savait pour les Prince grâce aux souvenirs de Severus mais il ne savait pas qu'il l'avait choisi comme héritier et il en fut immensément touché. Il devait tant au maître des potions. Il s'en voulait terriblement d'avoir eu une relation si chaotique avec lui. Il avait envie de s'excuser auprès de lui, de tout recommencer à zéro mais il n'était plus là et il ne pourrait jamais réparer ce gigantesque gâchis.
- Le Ministère et Dumbledore étaient aussi au courant et ont donc bloqué les biens des Prince également mais ils ont oublié quelque chose dans leur liste, expliqua le gobelin. Monsieur Snape était un homme très prévoyant et prudent étant donné sa position délicate et il était très intelligent. Il avait créé un compte caché, très soigneusement dissimulé, sous le nom de Nathaniel Douglas. Il l'avait créé pour avoir un peu d'argent si jamais il devait fuir en catastrophe ou se retrouver privé de ses biens. Le Ministère n'a visiblement pas connaissance de ce compte et l'a oublié dans sa liste. Bien sûr, nous n'avons pas pris la peine de les mettre au courant. Il nous est apparu évident que vous alliez devoir vivre dans le monde moldu pendant un moment nous nous sommes donc empressé de vous créer un compte moldu et d'y transférer cet argent pour que plus personne ne puisse vous le prendre. La somme n'est pas énorme mais en faisant attention, cela vous permettra d'avoir une année ou deux pour réorganiser votre vie.
Cette nouvelle soulagea énormément l'adolescent qui remercia une fois de plus Severus intérieurement. Même mort, l'homme continuait à l'aider.
- Je vous remercie directeur, dit-il.
- Ce n'est rien monsieur Potter, c'est aussi mon travail de veiller au bien-être et à la sécurité de nos clients et vous êtes un ami des gobelins. Sans compter que nous n'aimons guère Dumbledore ou le Ministère.
- Cela mérite tout de même un immense merci. Aujourd'hui, je ne suis rien sans votre aide, remarqua l'adolescent.
- Votre gratitude nous est précieuse monsieur Potter. Je suis sûr que Dumbledore, votre ancien entourage et le Ministère va tenter de s'accaparer votre immense fortune et vos biens. Sachez que nous ne les laisserons pas faire. Nous ferons tout ce qui est possible pour les empêcher d'y toucher. Les lois, procédés d'héritages et de successions des sangs purs et vieilles familles sont très archaïques et complexes, surtout dans votre cas. Vous avez hérité de trois familles très prudentes et très intelligentes. Nous allons pouvoir nous servir de tout cela et plus encore pour les empêcher d'y toucher. Nous allons tout faire pour cela. Et j'espère qu'un jour, nous trouverons un moyen de tout vous restituer. Nous protégerons vos intérêts monsieur Potter, dit-il en donnant un peu d'espoir à l'adolescent. Je dois vous prévenir aussi que beaucoup de mangemort survivant en veulent à votre vie pour se venger, prévint-il. Je pense que Dumbledore et le Ministère vont croire que vous êtes mort mais il est probable qu'ils finissent par se douter de quelque chose même si nous allons faire en sorte qu'ils croient vraiment que vous êtes mort pour votre sécurité. Il serait cependant plus prudent de vous éloigner un maximum de l'Angleterre et du monde magique. Dans votre état, c'est même la meilleure solution pour que vous vous remettiez.
- Je suis d'accord, approuva le jeune homme.
C'était la meilleure solution pour sa santé et sa sécurité. Sauf qu'il n'avait aucune idée d'où aller. Il n'y connaissait pas grand chose au monde.
- Le Ministère a prévu une grande campagne de fouille de tout le pays pour soit disant capturer les mangemort en fuite, apprit le directeur. Personnellement, je pense que c'est surtout pour capturer et faire taire toute personne susceptible de les gêner. Quoi qu'il en soit, Gringotts va être aussi entièrement fouillé et je n'y peux rien. Ils ne doivent pas vous trouver alors il faut que nous vous mettions à l'abri très vite. Ils vont aussi très vite bloquer les voyages internationaux et nous devons vous faire sortir du pays. Nous n'avions donc pas de temps à perdre et je me suis permis de tout préparer pendant que vous dormiez.
Harry fut soulagé d'entendre ça, bien incapable de gérer lui même en cet instant. Il était vraiment heureux d'avoir l'aide des gobelins.
- Je vous remercie beaucoup directeur Ragnok, dit-il. J'avoue être complètement dépassé par les événements.
- Je m'en doute. Ne vous en faîtes pas, j'ai tout préparé pour vous. Voilà ce que j'ai fais : je vous ai construit une vie dans le monde moldu et une nouvelle identité. J'ai choisi le nom de Nathaniel Douglas, le nom que monsieur Snape avait pris pour son compte caché. Ce nom n'a aucun rapport de près ou de loin avec le monde magique ou l'une de vos familles. Cela sera plus discret. Votre parrain avait eu la bonne idée de vous émanciper lorsque vous aviez quinze ans, je vous ai donné le même statut dans le monde moldu pour que vous n'ayez pas d'ennuis. Nous devons vous éloigner au maximum mais comme vous êtes anglais et que je ne savais pas si vous parliez d'autre langue, j'ai choisi les États-Unis pour vous faciliter les choses. J'ai trouvé une petite ville perdue près du pacifique et du Canada. Elle est très éloignée de toute communauté magique. Il y a peut-être quelques créatures magiques, il y en a partout, mais elles ne vous connaîtront pas, ce sont des créatures moldues vivant dans le monde moldu. Le monde magique ne les concerne pas ou de très loin donc vous ne risquerez rien avec elles.
- Je vois, approuva l'adolescent.
- C'est une petite ville de trois mille habitants perdue dans une grande forêt et comme je l'ai dit : très éloignée de la première communauté sorcière ou même magique. Il n'y a aucun sorcier à des kilomètres à la ronde et la magie là bas est naturellement faible, c'est pour ça que cette région est délaissé par les sorciers. C'est un avantage pour vous. En plus, maintenant que vous avez perdu votre magie, vous retrouver et vous tracer devient quasiment impossible. Vous localiser sera presque infaisable alors même si quelqu'un à un doute sur votre mort, vous trouver en plus dans une région où il n'y a quasiment pas de magie sera irréalisable, c'est mieux pour votre sécurité et en plus pour votre santé dans votre état.
Harry approuva d'un léger signe de tête, comprenant et s'il était désemparé et désespéré d'avoir perdu sa magie, quelque part, ça le rassurait d'être éloigné du monde magique qui l'avait tant fait souffrir.
- Je vous ai trouvé une petite maison en location non loin du centre ville. Vous avez un baille de plusieurs années le temps de voir venir. J'ai dû prendre sur votre compte pour l'aménager au cas où le Ministère fouillerait dans nos transactions. Comme cela, ce n'est pas suspect. Mais j'ai fait au strict nécessaire pour ne pas amputé votre budget outre mesure. C'est petit et simple mais c'est en bon état et près de tout pour vous faciliter les choses.
- Ça me va, rassura le jeune homme, je n'ai pas besoin de palace. J'ai toujours vécu modestement, remarqua-t-il.
- Par obligation, remarqua le directeur l'air un peu énervé, et je dirais plus pauvrement que modestement. Une cruelle ironie lorsqu'on sait que vous êtes l'une des plus grande fortune de ce monde et que vous possédez je ne sais combien de manoirs luxueux, à outrance pour certains.
- C'est ainsi, au moins je ne serais pas dépaysé, ironisa-t-il.
- Un jour vous retrouverez ce qui vous appartient monsieur Potter, ainsi que votre statut et cette monstrueuse injustice sera réparée. En attendant, les gobelins protégeront votre héritage, affirma le directeur. Pour en revenir à ce dont je vous parlais, il y a tout ce qu'il faut dans cette petite ville : un hôpital, une banque, quelques commerces... c'est tranquille et calme. Je pense que vous y serez bien et en sécurité pour vous remettre tranquillement. Nous avons préparé cette maison pour vous et nous avons réglé tout les détails administratifs pour assurer votre nouvelle identité et votre vie dans le monde moldu.
Le jeune homme se concentrait de toute ses forces alors qu'il était complètement épuisé et mal à cause de la fièvre et de ses blessures qui recommençaient doucement à se faire douloureuses. Mais il fallait qu'il enregistre ce que lui expliquait Ragnok, aussi, il ne pensait à rien d'autre. Il était déjà soulagé que le gobelin ait fait tout cela pour lui alors qu'il n'aurait su comment s'en sortir tout seul dans cette situation.
- Nous avons tout réglé, continua le gobelin, vous n'aurez à ne vous inquiéter de rien. Vous aurez une carte bancaire pour régler vos dépenses. Votre compte est parfaitement sécurisé pour vous éviter des ennuis. Nous avons mis en place des virements réguliers et sécurisés pour payer votre loyer, les charges y sont comprises, ainsi que pour payer vos taxes, je vous en expliquerais le détail tout à l'heure si vous voulez. Nous vous avons préparé tout les papiers dont vous pourriez avoir besoin. Et nous vous avons aussi préparé un dossier médical entièrement moldu pour que vous puissiez recevoir des soins sans problème. Nous l'avons fait avec monsieur Ranton pour que le tout soit correcte. On y explique votre état actuel par un très grave accident de voiture. Tout y est expliqué pour que vous puissiez être correctement soigné.
Le gobelin passa un moment à lui expliquer le côté administratif et pratique de sa nouvelle vie. Pour lui faciliter les choses, les gobelins avaient utilisé la même technique que le médicomage. Ils avaient utilisé plusieurs pochettes faites dans des matières différentes au toucher, y classant les différentes catégories de papiers pour qu'il puisse trouver ceux dont-il pouvait avoir besoin sans qu'une personne extérieure n'ait à fouiller dans tout ses documents. Heureusement, il n'y en n'avait pas des masses. Harry s'appliqua à tout retenir et n'eut pas trop de mal à le faire pour son plus grand bonheur. Ragnok lui expliqua plusieurs choses de manière simple et concise pour lui faciliter la mémorisation alors que la concentration de l'adolescent se faisait de plus en plus défaillante, mais il n'y avait pas de temps à perdre, il se reposerait plus tard.
- Une fois que vous serez là bas, vous devrez vous débrouiller, remarqua le directeur. Il vaut mieux couper tout contact par sécurité. Nous nous chargerons d'effacer vos traces et d'effacer toute référence à Nathaniel Douglas pour brouiller les pistes mais le moindre contact serait une piste pour vous retrouver. Il vaut mieux donc oublier.
- Je comprend, je me débrouillerais, assura le jeune homme sans trop savoir s'il y arriverait dans son état.
- Si un jour, la situation se débloque pour vous dans le monde magique, soyez assuré que je vous contacterais moi même monsieur Potter. Les gobelins au courant de cette affaire sont déjà sous serment pour vous protéger, moi y compris, même si nous le voulions, nous ne pourrions rien dire sur vous.
- Merci, répondit l'adolescent touché.
- Je vous conseille d'oublier le monde magique pour le moment et de penser à vous uniquement, continua Ragnok. Je suis désolé de vous bousculer mais nous devons vraiment nous dépêcher avant de ne plus pouvoir vous faire partir. Nous allons vous donner des vêtements et il faudra partir rapidement ensuite.
Le jeune homme acquiesça et le gobelin fit apparaître des habits.
- Ils sont juste à vos pieds monsieur Potter, ou plutôt, monsieur Douglas maintenant. Je vous laisse un moment pour que vous puissiez vous vêtir tranquillement. Je vais vérifier que tout est prêt.
Il sortit ensuite, laissant l'adolescent seul, désorienté et très secoué par tout ce qu'il se passait. Mais il devait bouger pour survivre. Aussi, il prit son courage à deux mains, écartant la panique et la peur pour le moment pour se concentrer sur ce qu'il avait à faire maintenant. Il craquerait plus tard. Mais c'était difficile de se contrôler dans cette situation, il ne comprenait pas encore grand chose à ce qu'il lui arrivait, ayant bien du mal à l'assimiler.
Difficilement, il se redressa sur la méridienne, tremblant, manquant de force et le corps de plus en plus douloureux alors que les effets de la morphine semblait s'estomper. Il serra les dents, gémissant de douleur et sentant sa tête tourner, la sensation semblait être amplifiée par le fait qu'il soit aveugle. C'était horrible et s'il avait eu l'estomac plein, il aurait été certain d'être définitivement malade. Il bascula lentement ses jambes sur le côté, dégageant la couverture. Ses pieds nus touchèrent un tapis moelleux et il resta assis là un instant, ses mains s'appuyant au bord de la méridienne de part et d'autre de son corps. Il patienta un instant le temps que le malaise qui l'avait pris passe un peu. Il se concentra pour réguler sa respiration qui malmenait ses côtes. Il ne pouvait s'empêcher de trembler, se sentant terriblement faible et sans force après ce très simple mouvement. Il sentait la sueur rouler sur son visage. Il chercha le guéridon qui devait se trouver là d'une main, finissant enfin par le trouver en s'y cognant les doigts. Il chercha après son verre d'eau qu'il trouva après un petit moment de recherche à tâtons. Il l'attrapa et but doucement quelques gorgées du liquide frais, cela lui faisant du bien.
Il le reposa ensuite pour chercher les vêtements et commencer à s'habiller. Il fit glisser sa main sur la méridienne de velours jusqu'à trouver la pile qu'il attrapa et déposa sur ses genoux. Sa main droite entièrement bandée et très douloureuse lui causait des problèmes aussi, il s'efforça de se servir de sa main gauche. Il essaya tout d'abord de déterminer à quoi correspondait chaque pièce. Il trouva tout d'abord une paire de chaussure qui semblait être des basket ou quelque chose y ressemblant. Il les déposa au sol près de ses pieds. Il y avait ensuite une paire de chaussette qu'il posa sur ses chaussures. Vint ensuite ce qu'il identifia comme un jean, puis un tee-shirt et un pull. Il décida de commencer par la pièce qui lui poserait certainement le plus de problème puisqu'il devait se lever : le pantalon. Il tripota le vêtement pour déterminer où était l'avant et où était l'arrière, la tâche compliquée par son attention défaillante largement accaparée par la douleur qui revenait. Une fois le sens trouvé, il tacha d'enfiler les jambes. Il y parvint avec difficulté, ses côtes et ses blessures le lancèrent alors qu'il se penchait en avant, la migraine faisant battre sa tête. Soufflant doucement, il remonta un maximum le vêtement avant de se lever en poussant sur ses jambes. Et il ne fut pas encore debout qu'il se sentait déjà retomber, sans force et pris d'un vertige. Il se dépêcha alors de relever le pantalon, comprenant qu'il n'arriverait pas à se lever une seconde fois. Il y parvint mais gémit en retombant lourdement sur la méridienne, s'appuyant sur ses mains pour garder son équilibre.
Il prit de nouveau quelques secondes pour faire passer le malaise qui l'avait pris, serrant les dents face à la douleur et se concentrant sur sa respiration. S'habiller était une épreuve à cet instant. Lorsqu'il se sentit mieux, il ferma le pantalon, heureux de voir qu'il était légèrement trop grand, lui permettant d'être à l'aise avec ses blessures. Il passa ensuite aux chaussettes tâtonnant un moment pour s'assurer qu'elles étaient à l'endroit. Il les enfila difficilement, ses côtes protestant face au fait qu'il se penche en avant. Il se chaussa, se battant une fois de plus avec ses lacets, ça devenait étrangement plus difficile sans ses yeux mais ses mains tremblantes y étaient aussi certainement pour beaucoup. Il fit ensuite une petite pause, cherchant de nouveau son verre d'eau pour boire un peu.
Il fallut ensuite passer le tee-shirt et le pull qui furent d'abord tripoté pour en déterminer le sens. Et les mettre s'avéra douloureux alors que son corps protestait à chaque geste qui tirait toujours au moins sur une blessure alors que ses côtes faisaient rappeler qu'elles étaient en miette à chaque geste. Mais il en eut finalement fini avec cette longue séance d'habillage. Il apprécia la chaleur de son ample pull de laine, pourtant, il avait toujours froid même si son front était brûlant. Tremblant, il attrapa la couverture derrière lui et s'en entoura, cherchant un peu de chaleur. Il se concentra ensuite sur sa respiration, tentant de faire refluer la douleur et de se calmer. Les prochains jours allaient être pénibles dans cet état sans compter qu'il devait s'habituer à sa cécité qui serait maintenant permanente. Tout ce qui l'entourait devenait étrangement terrifiant, comme s'il avait été catapulté dans une jungle hostile. C'était vraiment terrifiant. Chaque bruit devenait suspect alors qu'il cherchait instinctivement à identifier et situer au mieux chacun d'entre eux pour savoir s'il y avait danger ou non.
Il resta assis là un moment, terminant son verre d'eau et se calmant au mieux. Essayant de ne pas trop penser pour ne pas paniquer, atrocement blessé par la trahison qu'il subissait cruellement. Heureusement que les gobelins lui venaient en aide. Il savait qu'ils détestaient les sorciers et au début, ils ne s'étaient pas montrés très amicaux avec lui. Certes comme il était l'un de leur plus gros client, ils étaient toujours très polis lors de ses rares visites. Et lui, il s'était toujours montré très amical, poli et respectable avec eux, ne comprenant pas vraiment la discrimination que faisait les sorciers avec les créatures magiques. Ça avait porté ses fruits et il s'en était fait des amis comme s'était souvent le cas avec les créatures magiques. Et elles avaient souvent beaucoup d'honneur, de loyauté et de reconnaissance. Elles, elles avaient vu tout ce qu'il avait fait sans se laisser avoir par les mensonges des sorciers dont-elles n'étaient que trop coutumières. Et aujourd'hui, ça l'aidait beaucoup pour avoir l'aide dont-il avait besoin, il leur en était extrêmement reconnaissant. Si un jour il retrouvait son argent, ses biens et son statut dans le monde magique, les sorciers pourraient l'oublier, il serait du côté des créatures magiques et il réglerait cette dette sans faute. Il sursauta violemment en entendant la porte s'ouvrir de nouveau, le tirant de ses réflexions.
- Qui est là ? demanda-t-il immédiatement avec peur, extrêmement tendu.
- Ragnok monsieur Potter, répondit calmement le gobelin en refermant derrière lui. Êtes-vous prêt ? demanda-t-il en s'approchant.
Le jeune homme acquiesça, remerciant pour les vêtements. Il récupéra le sac en papier laissé par Julius sur le guéridon, le cherchant à tâtons avant de le poser sur ses genoux. Il voulut enlever la couverture mais Ragnok le pria de la garder.
- Je suis désolé mais le seul moyen de vous conduire dans votre nouvelle maison est le portoloin, vous allez avoir mal, remarqua le gobelin, mais c'est à des centaines de kilomètres d'ici et dans votre état, un voyage par des moyens moldus n'est pas envisageable.
- Ce n'est rien, je supporterais, répondit le jeune homme en se tendant néanmoins d'appréhension et de crainte.
- Tout est prêt là bas pour vous accueillir et je vous expliquerai le reste sur place. Je vous accompagne, expliqua le directeur. Nous avons programmé le portoloin pour que vous arriviez dans votre fauteuil donc essayez de vous détendre vous serez bien installé en arrivant.
Le jeune homme approuva d'un signe de tête, crispé, tremblant et terriblement anxieux. Il tint sa couverture d'une main et le sac en papier d'une autre. Il sursauta encore lorsque Ragnok posa une main sur son épaule et très rapidement, il sentit le portoloin les emporter. Réapparaissant, il ne put empêcher un cri de lui échapper alors qu'une douleur fulgurante le prenait et embrassait son corps, réveillant toutes ses blessures définitivement. Il fallut un bon moment pour qu'il se calme et retrouve ses esprits alors qu'il s'était affalé dans le fauteuil où il était apparu sans même s'en rendre compte. Il tremblait affreusement, sa tête battant alors qu'il luttait pour ralentir sa respiration qui malmenait ses côtes. Il ne voulait qu'une chose : dormir un peu. Il était terriblement épuisé et il n'en pouvait plus de toute cette douleur physique et morale. Au bout de plusieurs minutes, il parvint à s'apaiser un peu, reprenant conscience de son environnement. Le fauteuil dans lequel il était assis était assez confortable mais pas incroyable et il semblait faire plus frais qu'à Gringotts.
- Tenez, dit soudain Ragnok en attrapant doucement sa main pour y mettre un verre.
Avec reconnaissance, Harry devenu Nathaniel, but l'eau fraîche offerte avec délice, cela lui faisant du bien. Le gobelin récupéra le verre alors que l'adolescent le remerciait.
- Ça va mieux ? demanda-t-il.
- Oui merci, répondit faiblement Nathaniel.
- Nous sommes bien arrivé dans votre nouvelle maison, confirma le gobelin. C'est petit mais en bon état. Cette maison est de plein pied donc il n'y a pas d'escalier ou d'étage. Nous sommes dans la pièce à vivre qui regroupe le salon, la salle à manger et la cuisine en une pièce. J'ai pensé que ce serait mieux pour vous dans votre état. Il y a aussi une chambre et une salle de bain qui sert aussi de buanderie. Il n'y a pas beaucoup de pièces mais chacune est assez spacieuse pour simplifier vos mouvements. Tout les volets sont fermés et il fait complètement noir une fois les lumières éteintes alors vous pourrez retirez votre bandeau sans problème ici. Pour vous aider à vous y retrouver chez vous et dans cette ville, nous avons prévus autre chose, annonça-t-il. Je pourrais vous transmettre un plan mental de cette ville et de votre maison ainsi qu'un inventaire global de ce qui s'y trouve pour que vous puissiez vous y retrouver. Mais c'est encore un acte magique alors ça va être douloureux. Le voulez vous ou non ?
Nathaniel réfléchit un instant, il ne voulait plus avoir mal mais il avait vraiment besoin de ce qu'il lui proposait. Seul, il avait un minimum besoin de ça pour s'y retrouver dans cette ville qu'il ne connaissait absolument pas. Il accepta donc, très tendu. Ragnok lui promit que cela serait rapide et posa une main sur son front, transmettant les données et lui arrachant un cri de douleur. Il fallut encore plus de temps pour que le jeune homme reprenne pieds et retrouve un minimum de calme mais il ne regretta pas alors qu'il avait maintenant en tête un plan de sa petite maison et un inventaire de ce qui s'y trouvait. S'était spartiate, rudimentaire et modeste mais ça lui suffisait. Il n'était pas très exigent et d'un côté, ça l'aiderait peut-être à mieux s'y retrouver avec son nouveau handicap. Il avait aussi en tête un très simple plan de la petite ville avec ses axes principaux, l'emplacement des commerces, de l'hôpital, de l'école, de la poste, de la banque et du bureau du shérif avec une évaluation des distances. Ça l'aiderait beaucoup dans ses premiers déplacement. Il reprit difficilement ses esprits pour écouter Ragnok qui reprenait la parole :
- C'est fini maintenant, rassura celui-ci. En face de vous, il y a une table basse avec de l'eau et j'y ai posé aussi les médicaments laissé par Julius si vous les cherchez. Vos dossiers sont sur la table, vous pourrez les ranger comme bon vous semble. Juste à côté de vous, à gauche, j'ai déposé une canne comme celle dont les moldus aveugles se servent pour s'aider dans leurs déplacements. J'ai encore deux cadeaux pour vous qui devraient vous aider un peu au moins, ce sont des inventions moldues pour les personnes frappées de cécité, annonça-t-il. Un bracelet un peu spécial, dit-il d'abord.
Nathaniel sentit qu'il lui mettait l'objet autour du poignet gauche, celui-ci n'étant pas couvert de bandage.
- Ce bracelet va vous servir de montre. Il vibre une fois tout les quart d'heure et à chaque nouvelle heure, il vibrera plusieurs fois. Le nombre de vibration vous indiquera l'heure. Et si vous voulez savoir l'heure qu'il est à un moment précis, il y a un petit bouton sur le côté. En appuyant dessus, le bracelet vous donnera l'heure en trois séries de vibrations. La première vous indiquera les heures, dans la deuxième, chaque vibration équivaudra à cinq minutes et dans la dernière, chaque vibration équivaut à une minute pour vous préciser correctement l'heure. Actuellement, nous sommes le vingt sept juin et il est dix neuf heure ici à Forks, expliqua le gobelin.
L'adolescent enregistra l'information, très heureux d'avoir ce petit objet qui lui serait très utile en restant discret. C'est vrai qu'il n'y avait pas pensé mais il ne pouvait plus se repérer à la lumière du jour ou aux horloges pour se situer dans le temps.
- Et j'ai un deuxième objet, c'est un téléphone portable, annonça Ragnok en lui mettant l'objet dans la main. Sa particularité est qu'il est principalement à commande vocale.
Le gobelin lui expliqua le fonctionnement de l'appareil. Il pouvait appeler l'un des contact présent dans son répertoire en appuyant sur une touche et en disant le nom du contact. Ragnok lui expliqua que le numéros du bureau du shérif, des pompiers et des urgences de l'hôpital y étaient déjà enregistré au cas où. Il pouvait aussi envoyer des messages par commande vocale, demander l'heure ou la date, programmé un réveil... et tout cela par commande vocale. C'était pratique pour lui.
- Voilà, termina Ragnok. Je vais devoir vous laisser le Ministère va arriver à Gringotts sous peu pour sa fouille. Ne vous en faîtes pas, vous allez être tranquille ici. Occupez vous de vous et oubliez un peu le monde magique, je vous recontacterai si les choses bougent. N'oubliez pas de vous faire soigner tout les jours jusqu'à guérison. Monsieur Ranton a beaucoup insisté sur le fait que vous devez voir un médecin régulièrement et bien vous reposer sans faire trop d'efforts.
Le jeune homme écouta les dernières recommandations du gobelin, celui-ci lui confirmant qu'il avait bien éteint toutes les lumières avant de partir, signant sa coupure avec le monde magique qu'il ne reverrait, normalement pas avant longtemps. Il se retrouva alors plongé dans le silence et l'obscurité, seul. La douleur était revenue en force et il était épuisé. Il se refusa à réfléchir, il n'en n'avait plus la force et il voulait se reposer, juste dormir et céder au sommeil qui l'attirait beaucoup. Il se força à faire encore un effort. Il se redressa et se pencha pour trouver la table basse, y cognant ses doigts. Il chercha le sac en papier de Julius, en sortant les antidouleurs. Il les prit après avoir tâtonné pour trouver son verre d'eau. Il prit ensuite quelques minutes pour régler le réveil de son téléphone pour ne pas se réveiller trop tard le lendemain. Il posa l'appareil sur la table basse et se réinstalla dans le fauteuil, décidant d'y rester. C'était l'unique fauteuil de la maison mais il était assez long pour qu'il s'y allonge confortablement. En tissu, l'une des extrémités était accolée à l'unique chauffage de la pièce et il décida de poser sa tête de ce côté alors qu'il se sentait encore frigorifié malgré la fièvre. Il s'allongea précautionneusement sur le dos, grimaçant et gémissant de douleur et d'inconfort. Il se couvrit de la couverture qu'il avait encore avant de chercher son sommeil qui ne fut pas long à venir malgré la souffrance.
Il passa une nuit très pénible, agité par la fièvre, cauchemardant et torturé par ses blessures et au final, il n'eut que peu de repos. Ce fut donc épuisé qu'il se réveilla lorsque son réveil sonna et immédiatement, ce son inhabituel lui rappela la situation. Après cette nuit pénible, cela eut tôt fait de le déprimer énormément. C'est avec beaucoup de difficulté qu'il se redressa dans le fauteuil dans lequel il avait passé une nuit horrible. Il porta une main à son front, pris d'un malaise alors que sa tête tournait violemment, la migraine faisant battre ses tempes et la douleur pulsant dans tout son corps. Il tremblait encore et il sentait toujours la fièvre qui lui brûlait le front. Il chercha son téléphone pour éteindre le réveil qui sonnait encore. Il mit un moment pour le trouver et éteindre la sonnerie. Une fois fait, il s'assit précautionneusement, appuyant son dos au dossier. Sortir des cauchemars et de la douleur s'avérait extrêmement difficile dans le silence et le noir, alors qu'il n'avait rien d'autre pour détourner son attention.
Il prit un moment pour se calmer et respirer doucement, se forçant à appliquer quelques techniques de méditations pour se vider l'esprit et ne plus penser à rien. Lorsqu'il fut calmé et qu'il eut retrouvé une partie de ses moyens, il commença par vouloir prendre ses antidouleurs et ses calmants pour s'aider à gérer un peu. Il fallait qu'il se calme et que cette douleur baisse. Il se sentait très stressé, terriblement angoissé et la panique n'était pas loin. Il avait très peur et il était désemparé, perdu et confus, accablé par ce qu'il lui arrivait. Il prit les médicaments, abandonnant l'idée de remplir son verre et préférant boire à la bouteille qu'il trouva. Il se réinstalla ensuite dans le fauteuil, couvrant ses jambes de sa couverture. Il entreprit de se détendre un peu et de se calmer et pour détourner son attention, il chercha la canne que Ragnok avait dit avoir déposé non loin. Il la trouva rapidement et y fit courir ses doigts de sa main gauche, libres de pansement, pour essayer de la visualiser. Et cela fonctionna, l'aidant à se calmer alors qu'il se concentrait là dessus.
Si les antidouleurs ne parvinrent pas à supprimer complètement la douleur, ils la firent diminuer de moitié, l'aidant déjà beaucoup. Les médicaments l'aidèrent aussi à se détendre même s'il resta très crispé et tendu. Apaisé, du moins en partie, il commença à réfléchir un peu. Il décida d'emblée de laisser le monde magique de côté pour penser à ses soucis principaux : sa cécité, ses blessures et son nouvel environnement. Il pensa à ses yeux, levant une main pour toucher son bandeau. Ça le terrorisait de ne plus rien voir. Il avait toujours eu peur de l'obscurité. L'obscurité du placard de son enfance, l'obscurité angoissante de Poudlard, l'obscurité des cachots de Voldemort... ça le terrifiait. Lui qui avait toujours dû tout surveiller, risquant de se faire attaquer à tout instant se retrouvait privé de son sens le plus précieux, sans espoir de le retrouver un jour. Et même dans la vie quotidienne, comment allait-il faire ? Il se raisonna en se disant que certaines personnes vivaient très bien aveugle mais en cet instant, elles faisaient vraiment figure de super héros pour lui.
Il se sentait vraiment mal face à cette obscurité, terrorisé et angoissé. Mais il n'avait pas le choix, il devait faire avec alors autant s'y habituer tout de suite. Même si c'était terrifiant. Il décida alors que passer la matinée à essayer de se familiariser avec sa nouvelle maison. Et cela lui permettrait de bouger un peu puisqu'il allait devoir se rendre à l'hôpital dans l'après-midi pour se faire soigner. La journée s'annonçait éprouvante.
Une fois relativement calme, bien réveillé et la douleur apaisée, ses malaises passés, il décida d'essayer de se lever. Il retira la couverture qu'il plia et déposa sur le canapé. Il s'avança ensuite sur le bord, sentant sa tête tourner et ses côtes se rappeler à lui mais il les ignora. Il avait l'habitude de ce genre de choses de toute façon et il devait reprendre le contrôle de lui même s'il voulait s'en sortir. Il se leva prudemment, ses jambes flageolantes et faiblardes. Il s'appuya sur sa canne pour assurer son équilibre, son corps lançant un peu alors que le mouvement faisait monter la douleur. Il se força à respirer doucement et attendit un instant d'être sûr qu'il tenait bien sur ses pieds. Il récupéra ensuite son téléphone qu'il glissa dans sa poche de pantalon.
D'après le plan transmis par Ragnok, la maison entrait dans un carré. La porte d'entrée était au milieux de la façade avant. À gauche, il y avait le salon et à droite, la cuisine complètement ouverte. Derrière le salon, il y avait l'espace salle à manger et derrière la cuisine, séparés par des cloisons, il y avait la chambre et la salle de bain. Il commença par faire bouger sa canne autour de lui, la cognant dans la table basse et le canapé. Elle était légère et donc assez facile à manipuler mais il aurait besoin d'entraînement. Il enfila la dragonne autour de son poignet et tenta un premier pas mal assuré vers la cuisine. Les gobelins avaient aménagé l'endroit de façon à simplifier ses déplacements et il leur en était vraiment reconnaissant. Il avança doucement, prenant son temps en se concentrant sur ce qu'il faisait, se servant de sa canne au mieux pour tenter de trouver les obstacles et les meubles autour de lui. Après quelques pas, la canne buta dans quelque chose. Il avança la main tendue devant lui pour trouver la table de la cuisine. Elle était petite et pourvue de deux chaises. Il la toucha, essayant de la visualiser, avant de la contourner.
Il trouva alors le plan de travail de la cuisine qui longeait le mur et il décida de l'explorer. Il trouva un petit évier, une plaque de cuisson au gaz avec deux foyers, un micro-onde et une bouilloire. Il n'y avait rien de plus, un petit espace libre séparant évier et plaque de cuisson. Il y avait aussi deux prises dans le mur. Au dessus et en dessous, il y avait quelques placards et tiroirs avec très peu d'ustensiles et tout à droite, il y avait le réfrigérateur. Sur celui-ci, il y avait une corbeille de fruits où le jeune homme trouva pommes, bananes et poires. Il attrapa une pomme et s'assit à la table pour la manger et faire une pause, déjà épuisé par ce bref exercice. Manger lui ferait certainement du bien, mais il n'avait pas très faim.
Il passa ainsi la matinée à visiter la petite maison, touchant à tout et faisant de nombreuses pauses pour se reposer. C'était modeste, très modeste mais ça lui allait. Il y avait peu de meubles et pas de décoration. Il n'y avait ni télé, ni ordinateur, ni chaîne hifi... il y avait juste un petit poste radio. Lorsqu'il le trouva, Nathaniel passa un moment à le tripoter pour comprendre comment il fonctionnait. Et après un moment de recherche et d'essai, il parvint à l'allumer et à trouver une station diffusant de la musique. Il laissa le poste en action, se sentant un peu moins seul et oppressé avec la musique résonnant autour de lui. Il ne mit pas le volume très haut mais l'espace ouvert et sa très bonne ouïe lui permettaient d'entendre la musique de partout dans la maison. C'était de la musique classique en instrumentale, mais ça lui allait parfaitement : il aimait ces musiques pleines d'émotions.
Il rangea ses dossiers dans un buffet sous le poste radio. Il n'y avait quasiment rien dans les armoires puisqu'il ne possédait presque rien hormis le strict nécessaire acheté par les gobelins. Il y avait un petit nécessaire de ménage. Il y avait aussi quelques ustensiles de cuisines et de vaisselles mais le tout pouvait entrer largement dans un seul de ses petits placards. Il y avait une petite machine à laver, un seul trousseau de drap pour le lit un peu plus grand que pour une personne mais un peu petit pour deux. Il y avait quatre petites serviettes de bain et deux gants de toilettes. Dans la salle de bain, il y avait une petite douche, un lavabo et les toilettes. Dans l'armoire de la chambre, il y avait quelques vêtements : deux tenues semblables à celle qu'il portait, deux pyjamas et deux paires de sous vêtements en plus de ceux qu'il portait déjà. En bref, il n'y avait vraiment pas grand chose dans la maison et même si elle était petite, elle lui semblait bien vide. Mais il allait s'en contenter.
Il n'avait pas vraiment besoin de plus et de toute manière, son budget ne lui permettrait aucun écart. S'il faisait attention et qu'il se restreignait, il pouvait peut-être tenir un peu plus de deux ans. Ça lui laissait juste le temps de s'habituer à son état et de se mettre à trouver un nouveau travail même s'il n'avait aucune idée de comment il pourrait gagner sa vie et cela le stressait beaucoup. Il se demandait comment il allait survivre. Il n'avait déjà pas beaucoup de compétences pour les moldus et il n'avait même pas fini ses études alors c'était mal parti. C'était horriblement angoissant. Après avoir fait le tour de la maison, il alla chercher une pomme avant de se réinstaller dans le canapé. Il mangea tranquillement, écoutant la musique et tentant d'ignorer les douleurs de son corps et de ne pas trop penser. Il se sentait déjà bien assez déprimé et désespéré. Il avait vraiment du mal à se dire que ce serait cela sa vie désormais : dans le noir, faible, sans magie, dans cette petite maison et dans cette petite ville perdue qu'il ne connaissait pas. Ça lui semblait irréel après cette guerre de magie.
Sa vie était bouleversée et il ne savait pas trop quoi faire maintenant. Il avait peur de tout. Il avait toujours eu peur mais là c'était vraiment le summum et il était à bout mentalement et physiquement. Il n'en pouvait plus. Et lui qui avait pensé qu'il aurait droit à un minimum de repos après la guerre, un peu de temps pour panser ses blessures et pleurer ses êtres cher qu'il avait perdu. Mais non, voilà que le cauchemar continuait sous une autre forme. Il ne savait pas s'il y résisterait cette fois, il était vraiment fatigué. Mais il devait, pour ceux qui avaient donné sa vie pour lui. Sauf qu'il n'avait aucune idée de comment il allait faire.
Il se reposa un moment après avoir mangé sa pomme avant de se concentrer sur la suite de son programme : aller à l'hôpital pour ses soins. Et ça, ça allait être une véritable épreuve. Il avait terriblement peur et très franchement, il n'avait vraiment aucune envie d'y aller. Il voulait juste se rouler en boule et ne plus bouger. Mais il devait, il le savait. Il était complètement incapable de se soigner lui même comme il l'avait toujours fait et il n'avait pas ce qu'il fallait de toute manière. Il était incapable de contrôler l'état de ses blessures, incapable de refaire les bandages... Il avait vraiment besoin d'aide et risquer l'infection était une très mauvaise idée. Il le savait parfaitement. Mais il ne savait pas s'il avait la force et la capacité d'aller jusque là bas et de revenir. Il avait le plan de la ville bien ancré dans la tête mais faire vraiment la route, c'était autre chose. De toute manière, il devrait bien sortir un jour et l'hôpital n'était pas très loin à priori puisqu'il était proche du centre ville. Et puis prendre l'air lui ferait certainement du bien.
Rassemblant le peu de courage qui avait survécus à sa peur et à son épuisement. Il se leva difficilement, épongeant son front brûlant et transpirant du revers de sa manche. Il gagna tout d'abord la table de la salle à manger. Il y avait laissé un petit cartable de cuir qu'il avait trouvé dans la maison. Il y mit son dossier médical à l'intérieur, le fermant de gestes lents et imprécis avant de le prendre et de se diriger vers la porte d'entrée, ouvrant la route de sa canne avec précaution, prenant son temps. Lorsqu'il y arriva, il posa le sac et appuya sa canne à la porte. Il chercha son manteau pendant à un crochet près de l'entrée et tâtonna un peu pour l'enfiler, mettant un bon moment pour fermer la fermeture éclair, ses mains tremblant affreusement autant de peur que de faiblesse. Il remit de l'ordre dans sa longue chevelure ébène en y passant ses doigts, heureux que sa nouvelle chevelure se mette généralement en place d'elle même. Sa tête tournait et il se sentait mal, le corps perclus de douleurs mais il lutta. Il passa la longue courroie du petit cartable par dessus sa tête, grimaçant et gémissant quand ses côtes protestèrent alors qu'il levait le bras. Il posa la lanière sur son épaule droite, la gauche était couverte de brûlures et le seul poids de ses vêtements était déjà douloureux. Il déplaça son portefeuille et son portable de son jean à la poche intérieure de son manteau, jugeant qu'ils y seraient plus en sécurité. Il reprit ensuite sa canne de sa main gauche, la droite gravement brûlée le faisant souffrir. Il la changea pourtant de main pour vérifier que son bandeau était bien en place avant de sortir à la lumière. Il chercha ensuite la clef et la tourna dans la serrure pour ouvrir. Il la récupéra et ouvrit, sortant ensuite avec une peur écrasante et beaucoup d'appréhension...
