Chapitre 4 :

Merci

Nathaniel ne dormit pas de la nuit, bien au contraire. Il était hanté par de terribles cauchemars, par la peur et l'obscurité. Il ne pouvait trop bouger, ses blessures qui le torturant dés qu'il faisait un faux mouvement et même lorsqu'il ne faisait rien d'ailleurs. L'injection de Carlisle l'avait beaucoup soulagé mais avec sa pseudo nuit plus qu'agitée, la douleur avait atteint un niveau tel que même l'antalgique ne parvint pas à l'aider. Il dut s'y reprendre à de nombreuse fois pour parvenir à se lever, grimaçant et gémissant. Attrapant sa canne et son téléphone, il gagna péniblement la cuisine pour boire un peu d'eau qu'il trouva avec beaucoup de difficulté. Mal pour mal, il alla s'habiller dans la foulée, puis il alla s'asseoir dans son canapé, près du chauffage alors qu'il était toujours fiévreux et gelé aussi paradoxal que cela soit. Exténué et à bout dans tout les sens du terme, il se contenta d'attraper sa couverture restée sur le fauteuil depuis son arrivée et d'en couvrir ses jambes.

Il resta là de longues heures, n'ayant pas la force de faire autre chose. Ni la force, ni l'envie alors que le moindre mouvement réveillait de plus en plus une douleur qu'il avait beaucoup de mal à supporter. Il se contenta de boire un peu d'eau en laissant passer les minutes et les heures, apathique. Il gardait une respiration courte pour ne pas trop agiter ses côtes. Il n'eut pas l'impression que sa fièvre baissait, il se sentait horriblement faible et raide, engourdi, lourd et les malaises le secouaient régulièrement. Il ne bougea que lorsque l'heure de son rendez vous avec Carlisle approcha. Étrangement, l'idée d'aller voir l'homme le réveilla un peu. Ça lui avait fait du bien physiquement et mentalement la veille. Le calme et la douceur du médecin l'avaient apaisé et rassuré un peu.

Ce fut très difficilement qu'il se prépara à se mettre en route, la peur revenant l'envahir au galop. Il sortit finalement mais ce jour là, il n'y eut pas de Shérif pour le guider et c'est au bord de la panique, sursautant pour un rien, lentement et difficilement qu'il alla vers l'hôpital, son corps protestant violemment contre l'effort. Il s'arrêtait régulièrement, à chaque changement de direction, se concentrant sur le plan imprimé dans son esprit pour trouver son chemin. Heureusement, et si cela prit du temps, ce fut sans encombre qu'il arriva à destination s'aidant de ses souvenirs de la veille, éprouvé et tendu à l'extrême, tremblant autant de peur que de faiblesse, de douleur et de fièvre. C'était une tension qu'il ne tiendrait pas longtemps, cette peur et ce désarrois lancinant l'usant à toute vitesse. Il s'annonça à l'accueil qu'il trouva en marchant tout droit et en avançant des sept pas qu'il avait compté le jour précédent. Il reconnut la même dame qu'à sa première visite à sa voix. Elle s'empressa de contourner le comptoir pour le guider à la salle d'attente, le faisant asseoir.

- Vous n'avez pas l'air très bien monsieur Douglas, s'inquiéta-t-elle alors que son état était visible malgré qu'il maintienne une façade parfaite.

Il se tenait droit et son visage était neutre mais certains signes physiques ne trompaient pas. La fièvre, les tremblements, sa pâleur terrible...

- Je suis juste un peu fatigué, ça va, assura-t-il la voix faible. Merci, dit-il poliment touché par son inquiétude.

- Bien mais appelez si vous avez besoin de quelque chose. Je vais prévenir le docteur Cullen que vous êtes là, annonça-t-elle.

Il acquiesça et l'écouta s'en aller, se concentrant sur le claquement de ses talons pour ne pas penser à sa douleur. Carlisle lui, avait beaucoup pensé à son jeune patient, se demandant comment il allait et impatient de le revoir pour s'assurer de son état. L'heure de son rendez vous avec lui était d'ailleurs arrivée et il venait de le constater lorsque la réceptionniste vint le voir.

- Monsieur Douglas est là, lui annonça-t-elle. Et il n'a pas l'air bien, ajouta-t-elle l'air inquiète.

- Je m'en occupe immédiatement, répondit-il inquiet à son tour.

- Pauvre enfant, dit-elle. En plus de sa particularité et d'avoir une santé fragile, il est dans un état alarmant et ses parents ne viennent même pas le soutenir un peu, remarqua-t-elle l'air désapprobatrice.

Et il était bien d'accord avec elle. L'adolescent avait besoin de soutient et d'être rassuré. C'est à grands pas qu'il rejoignit le hall pour constater lui aussi que Nathaniel n'avait pas l'air mieux que la veille au contraire. Il avança vers lui le faisant sursauter lorsqu'il l'appela doucement :

- Nathaniel ? Bonjour. On y va ? demanda-t-il en posant une main délicate sur son bras.

- Bonjour Carlisle, salua-t-il la voix faiblarde. On y va, acquiesça-t-il.

Le vampire l'aida immédiatement en voyant qu'il avait du mal à se lever, passant un bras dans son dos pour le soutenir, lui annonçant qu'il allait l'aider. Le jeune homme le remercia avec une reconnaissance palpable et son expérience lui permit de comprendre qu'il était vraiment heureux d'avoir du soutient. N'y avait-il personne pour l'aider et le réconforter un peu ? Il guida le jeune jusqu'à son cabinet, le trouvant tremblant, lent et bien trop pâle. Il semblait avoir de la peine à respirer normalement. Il l'assit immédiatement sur sa table d'auscultation pour lui éviter de trop bouger.

- Vous n'avez pas l'air bien du tout Nathaniel, remarqua-t-il après l'avoir débarrassé de sa canne et aidé à enlever sa veste.

- Je suis un peu fatigué, répondit l'adolescent la voix relativement neutre.

- Et la douleur ? demanda le médecin.

- Ça va, mentit-il par automatisme.

Pendant un instant, il avait eu envie de lui dire que ça n'allait pas du tout, mais il n'y parvint pas. On ne lui avait jamais autorisé cela. Et ça lui faisait peur. Il ne voulait pas se montrer faible, il ne voulait pas avoir l'air de se plaindre. Le médecin lui, ne fut pas convaincu mais il ne connaissait pas assez le jeune homme pour savoir s'il était sincère ou s'il mentait et minimisait les choses. Il était pourtant presque sûr qu'il le faisait mais pourquoi ? Ça c'était une autre histoire.

- J'ai eu vos résultats d'analyses de sang, annonça-t-il. Vous faîtes en effet un début d'infection mais prit tout de suite, ça ne devrait pas être un gros problème. J'ai préparé les antibiotiques appropriés.

- D'accord, approuva le jeune homme.

- J'aimerais refaire un bilan sanguin complet cette fois-ci pour vérifier qu'il n'y a pas d'autre problème, annonça-t-il.

Nathaniel acquiesça simplement, l'écoutant avec toute l'attention dont-il était capable.

- Bien, sourit Carlisle toujours parfaitement calme et doux. Je vais faire les injections tout de suite puis nous irons à la radio comme nous l'avions dit hier pour vérifier vos cotes. On reviendra ici après et je soignerai vos blessures. Ça vous va ?

Le jeune homme approuva d'un signe de tête puis le médecin l'aida précautionneusement à retirer son pull et son tee-shirt. Ne ratant pas la légère grimace qu'il laissa échapper. Il fit la prise de sang puis les injections, commençant par les antidouleurs. Il vérifia sa tension toujours trop basse et sa température bien trop haute alors qu'il écoutait son cœur battre un peu trop lentement à son goût.

- Voilà. La fièvre devrait baisser une fois l'infection endiguée, rassura-t-il, et si ce n'est pas le cas demain, nous verrons s'il n'y a pas autre chose. Vous ne vous sentez pas malade ou autre ?

- Non ça va, mentit-il de nouveau par automatisme.

- Bon très bien, ça doit être les blessures, l'infection et la fièvre qui vous mettent dans un état pareil, déduisit-il. Ça devrait rapidement aller mieux, rassura-t-il. On va à la radio ?

- D'accord, répondit-il simplement en faisant mine de se lever.

- Attendez, arrêta doucement le médecin, j'ai préparé un fauteuil roulant.

- Je peux marcher, contra l'adolescent avec faiblesse.

- Vous devez éviter les efforts Nathaniel et la radio est à l'autre bout du bâtiment. Vous êtes aussi plus que visiblement fatigué. Alors vous allez vous asseoir et me laisser vous conduire, ordonna-t-il délicatement.

Fatigué et perclus de douleurs, il céda rapidement, ne voulant pas vraiment affronter un autre trajet qu'il ne connaissait pas. Carlisle l'aida à se lever et l'installa dans le siège roulant. C'était vraiment étrange pour lui qu'on s'occupe de sa petite personne ainsi. Et c'était vraiment difficile de faire confiance à quelqu'un pour se laisser faire. Mais son corps criait grâce et le médecin s'était mieux conduit avec lui jusque là que la très grande majorité des gens qu'il avait connu dans sa vie. Il ne s'était jamais montré ni hostile ni brutal très loin de là. Alors il décida de se laisser faire, largement poussé par la fatigue, la douleur et le désarrois. Ce n'était pas comme s'il avait vraiment le choix. Il sursauta lorsque quelques instants plus tard, il sentit quelque chose être déposé sur ses épaules alors qu'il tremblait encore. Il comprit rapidement qu'il s'agissait d'une couverture, très vite reconnaissant pour la chaleur douce qu'il l'entoura.

- Ainsi vous n'attraperez pas froid, dit le médecin.

- Merci, répondit-il.

- Allons-y, sourit Carlisle.

L'adolescent sentit qu'il poussait le fauteuil où il était installé et il se retrouva extrêmement gêné de rester simplement assis pour se faire conduire ainsi, il n'en n'avait vraiment pas l'habitude. Il serra la couverture autour de lui, mal à l'aise. Ils arrivèrent rapidement et le médecin l'aida à se mettre en place pour faire la radio pendant que le technicien prenait le cliché. Ce ne fut pas très long et Carlisle le réinstallait bientôt dans le fauteuil et le couvrait avec attention. Le technicien prévint qu'il lui ferait porter le cliché dés qu'il serait développé et ils repartirent vers le cabinet du médecin, le jeune homme confortablement installé. Ils y arrivèrent rapidement et le blond réinstalla son jeune patient sur la table d'auscultation, éloignant ensuite le fauteuil pour revenir vers lui. Nathaniel avait l'air faible et éprouvé, l'inquiétant un peu.

- Ça va Nathaniel ? demanda-t-il.

- Oui, approuva-t-il immédiatement.

- Bon, je vais déjà regarder la plaie de votre visage en attendant que la radio arrive, annonça-t-il.

Avec douceur et précaution, il retira le pansement de sa joue et de son cou pour avoir une mauvaise surprise :

- Plusieurs points de sutures sur votre joue ont sauté et la plaie s'est rouverte, constata-t-il. Vous avez eu un problème depuis hier ?

Nathaniel réfléchit rapidement. Ça avait dû se produire lorsqu'il avait allumé son portable face à ses yeux à veille. Il avait été un peu brutal en plaquant ses mains sur son visage.

- Je me suis cogné, mentit-il, je ne suis pas encore habitué.

- Je m'en doute, répondit Carlisle en pensant qu'il parlait de sa nouvelle maison qu'il ne connaissait pas encore très bien. C'est abîmé, constata-t-il. Il va falloir nettoyer et refaire les points, expliqua-t-il calmement.

- Je comprend, approuva simplement Nathaniel qui n'était plus à ça près.

- Je vais faire une anesthésie locale comme ça vous ne sentirez rien, rassura-t-il.

L'adolescent le remercia avec un certain soulagement lui faisant penser qu'il devait en avoir assez de la douleur et il fut un peu plus convaincu qu'il minimisait les choses. Il avait aussi terriblement envie de lui poser des questions sur ses parents mais il ne le fit pas par politesse. Il prépara son matériel pour soigner la blessure mais il n'eut pas le temps de débuter qu'on lui apportait la radio. Il commença par vérifier celle-ci, voulant s'assurer que les côtes cassées étaient bien en place et qu'elles n'avaient pas fait de dégâts internes. Il serra les dents en voyant les dommages de ses yeux. Cinq des côtes de l'adolescent étaient complètement brisées, en plusieurs endroits pour certaines, ça devait être vraiment pénible pour lui. Le moindre mouvement devait faire bouger les os et provoquer des douleurs. Heureusement, elles n'avaient pas fait de dégâts internes et elles étaient correctement alignées pour se ressouder. Il fallait juste laisser faire le temps et éviter de gesticuler pendant un moment. Sa vue extrêmement précise lui permettait de repérer chaque détail et il fut choqué par le nombre de petites fissures qu'il repéra dans les os apparaissant sur le cliché. Le squelette du jeune homme était vraiment fragilisé, le moindre choc pourrait lui briser quelque chose.

- Bon, au moins vos côtes sont bien en place pour guérir, remarqua-t-il avec optimisme. Et je ne vois rien d'alarmant. Vous devez juste faire attention à ne pas faire de faux mouvements.

Nathaniel acquiesça simplement et le médecin revint vers lui, commençant les soins des différentes blessures, continuant avec celle de la joue, nettoyant et refaisant les sutures. Puis comme la veille, il s'occupa patiemment et méticuleusement de chaque dommage, avec douceur et prudence, appréciant de voir son jeune patient se détendre légèrement. Mais il semblait toujours très inconfortable et faible. Si ça n'avait tenu qu'à lui, il l'aurait fait hospitaliser immédiatement avec des infirmières aux petits soins pour l'aider. Il devrait peut-être penser à parler à ses parents. Les soins prirent un long moment comme la veille et comme la veille Nathaniel se sentit un peu moins seul et paniqué en présence du médecin doux et apaisant, rassurant, retrouvant un peu plus de calme alors que les antidouleurs agissaient. Il trouva un petit moment de chaleur et de réconfort auprès de Carlisle. Moment qui prit fin brutalement, lorsqu'il se retrouva dehors à devoir rentrer chez lui. Il aurait pourtant tant aimé rester avec l'homme. À la liste de ce qui le rongeait, on pouvait ajouter la solitude.

Il avait toujours été seul même s'il s'était un temps fourvoyé en pensant qu'il avait des amis. Des amis qui avaient presque réussi à le détruire complètement et définitivement en lui plantant un couteau dans le dos au pire moment. Et s'ils n'étaient pas parvenus à se débarrasser entièrement de lui, il avait l'impression que les blessures et le temps auraient raison de ce qu'il restait de sa personne.

Ce fut difficilement et lentement qu'il rentra chez lui, plein de peur et d'angoisse, au bord de la panique. Il n'y eut pas d'incident sur le trajet mais il eut l'impression d'étouffer et d'imploser, terrorisé à chaque pas qu'il faisait. Il ne parvint à retrouver un semblant de calme que lorsqu'il referma la porte de sa maison, maintenant bien rentré chez lui. Il passa une soirée et une nuit semblables aux précédentes, à la différence qu'il ne mangea même pas un fruit cette fois-ci. Il n'avait pas faim et il ne se rendait même pas compte qu'il n'avait avalé que deux fruits en plusieurs jours.

C'est donc avec encore plus de difficulté et encore plus déprimé qu'il se leva le jour suivant, manquant cruellement de force. Et il suivit le même programme que la veille : il resta assis dans son fauteuil à ne rien faire, essayant de ne pas trop penser et de résister à la douleur. Il trouva néanmoins une distraction : la pluie. Il se mit bientôt à pleuvoir sur Forks et il se concentra sur le bruit que cela produisait à l'extérieur pour ne penser à rien d'autre. Encore une fois, ce ne fut que lorsque l'heure de son rendez-vous avec Carlisle arriva qu'il bougea. Il ne se sentait vraiment pas bien, c'était encore pire qu'hier. La fatigue des nuits agitées et son jeun n'aidant pas du tout son état déjà inquiétant. Il eut beaucoup de mal à se mettre sur ses jambes et à avancer, sa tête tournant et son corps récalcitrant. Et la peur qui l'étreignait prit un peu plus d'ampleur encore lorsqu'il réalisa qu'aujourd'hui, ce serait sous la pluie qu'il devrait aller à l'hôpital. Il ne pleuvait pas très fort mais il n'avait ni parapluie ni capuche à son unique manteau. Il allait être mouillé et le bruit ne lui faciliterait pas la tâche pour surveiller les alentours. Ce fut immensément tendu qu'il se lança sous la pluie. Déjà qu'il avait froid installé sous sa couverture près du chauffage, ça n'allait pas s'arranger.

Encore une fois ce jour là, ce fut avec impatience que Carlisle attendit de voir le jeune homme. Cela ne faisait que deux jours qu'il le connaissait, pourtant, il s'était déjà pris d'affection pour l'adolescent aveugle. Il était si calme et s'il n'exprimait rien, il y avait quelque chose de terriblement attirant et touchant en lui. On avait envie de le protéger. Et en tant que médecin, après avoir vu ses blessures et son état, il voulait le soulager. Il était aussi inquiet de le voir seul. Ses parents s'en fichaient-ils ? Il n'avait même pas dix sept ans, c'était un enfant gravement blessé en plus d'être aveugle et il n'y avait personne pour le soutenir et le rassurer pendant les soins, avec en plus un médecin qu'il venait à peine de rencontrer, dans une ville et des lieux qu'il ne connaissait pas du tout. Tout cela éveillait l'instinct de père et de protecteur en Carlisle qui s'inquiétait déjà beaucoup pour cet adolescent qui pourtant ne s'était pas plaint une seconde.

Il avait fixé le rendez vous de sorte que Nathaniel serait son dernier patient de la journée. Ainsi, il pourrait peut-être voir ses parents venant le chercher, persuadé qu'ils devaient venir le prendre devant l'hôpital. Voyant qu'il était l'heure, il se leva pour gagner le hall mais son jeune patient n'était pas encore là et cela l'inquiéta un peu. Il alla au comptoir histoire d'être sûr qu'il n'était pas aux toilettes ou autre chose.

- Monsieur Douglas n'est pas encore là ? demanda-t-il à la réceptionniste.

- Non docteur Cullen, répondit-elle au moment où la porte s'ouvrait derrière le blond.

Il sentit immédiatement l'odeur particulière du jeune homme et il se retourna pour le voir arriver. Il resta un moment figé en le voyant. Nathaniel était trempé, son manteau et son jean pleins d'eau, ses longs cheveux noirs ruisselant, son visage pâle dégoulinant. Il claquait des dents, visiblement frigorifié. Il tremblait et n'avait pas l'air très assuré sur ses jambes malgré qu'il lutte pour se tenir droit.

- Bon sang Nathaniel ! s'écria Carlisle en le faisant sursauter alors qu'il s'avançait vers lui à grand pas. Vous êtes trempé, remarqua-t-il très éloquemment. Venez, on va vous sécher, dit-il inquiet pour lui.

Ce n'était vraiment pas le moment pour lui de se retrouver trempé de la tête aux pieds ainsi. Comme s'il n'était pas assez mal. Attraper froid était la pire des idées pour lui. Passant un bras dans le dos du jeune homme gelé et tremblant, il le guida vers son cabinet, le soutenant en le sentant faible et fatigué. Il vit la réceptionniste partir vers la réserve, comprenant qu'elle était sûrement partie chercher une serviette. Il amena rapidement son jeune patient à destination et se dépêcha de lui retirer son manteau restant pourtant doux et précautionneux pour ne pas lui faire mal. Il mit le vêtement sur le dossier d'une chaise avant de lui enlever son pantalon détrempé, grimaçant en voyant que les pansements en dessous avaient pris l'eau aussi. Il l'aida ensuite à s'asseoir sur la table d'auscultation alors que l'adolescent s'était laissé faire sans rien dire, tremblant et claquant des dents.

- Est-ce que ça va Nathaniel ? demanda le médecin inquiet.

- J'ai froid, bredouilla le jeune homme la voix basse.

Carlisle n'eut pas le temps de lui répondre que l'on toquait à la porte, la réceptionniste entrant avec une grande couverture et des serviettes. Le blond les récupéra en la remerciant, lui donnant les vêtements trempés en lui demandant de les faire sécher et elle s'en alla avec un regard inquiet pour l'adolescent. Le vampire déplia la couverture et en entoura rapidement Nathaniel qu'il enroula dedans. Il dégagea ses cheveux et prit une serviette pour en éponger un maximum l'eau avant d'aller rapidement monter le chauffage de la pièce. Il revint ensuite vers le jeune homme, se demandant ce qu'il lui était arrivé pour qu'il soit dans cet état :

- Que vous est-il arrivé Nathaniel ? demanda-t-il.

- Il pleut, remarqua l'adolescent comme une évidence la voix tremblante de ses dents qui claquaient encore.

Lorsqu'il dit cela, Carlisle ne vit qu'une seule façon pour qu'il ait été trempé ainsi à cause de la pluie et cela ne lui plu pas du tout.

- Ne me dîtes pas que vous avez fait le chemin à pied sous la pluie ? dit-il un peu choqué.

Pourtant, le jeune homme confirma la supposition d'un signe de tête.

- Vos parents ne pouvaient pas vous conduire ? questionna-t-il.

Aussitôt, il vit l'adolescent se tendre encore plus qu'il ne l'était déjà et il s'en inquiéta. Il semblait très mal à l'aise face à sa question. Sans même y réfléchir, Carlisle posa une main rassurante sur celle froide et fine de son jeune patient, voulant le tranquilliser.

- Je... je vie seul, annonça le jeune homme.

Le médecin se figea une seconde de surprise. Comment ça il vivait seul ?

- Complètement seul ? demanda-t-il doucement.

- Oui, confirma Nathaniel.

- Vous n'avez pas de famille ou d'amis avec vous pour vous aider ?

- Non, je... je suis émancipé depuis que j'ai quinze ans et je vie seul, expliqua-t-il. Je n'ai personne, dit-il la voix basse.

Le médecin resta figé sur place, réalisant soudain comment devait vivre le jeune homme. Il venait d'arriver dans une ville qu'il ne connaissait pas, où il ne connaissait personne alors qu'il était aveugle, avec une santé fragile et même pas majeur. En plus de cela, il devait avoir perdu ses repères dans une nouvelle maison et il était dans un état de santé inquiétant, gravement blessé. Alors il n'avait vraiment personne pour l'aider, le soutenir et le rassurer ? Comment faisait-il ? Pas étonnant qu'il ait l'air épuisé s'il n'avait personne pour s'occuper de lui et faire ses tâches du quotidien. Et puis il réalisa soudain autre chose :

- Est-ce que ça veut dire que vous faisiez le chemin à pied jusqu'ici et pour rentrer chez vous ? demanda-t-il. Je pensais que quelqu'un vous conduisait.

- Non, je viens à pieds, répondit-il simplement.

- Vous ne devriez pas dans votre état Nathaniel, remarqua-t-il tranquillement pour ne pas le stresser. Vous auriez dû me le dire, je serais venu faire vos soins chez vous. Vous ne devez pas faire de tels efforts dans votre état et puis trouver le chemin doit-être compliqué pour vous.

- Le Shérif Swan, m'a accompagné la première fois, expliqua-t-il la voix faible. Ça m'a aidé à repérer le chemin et j'ai un plan de base de la ville en tête. Je me débrouille, assura-t-il sans grande conviction.

- Quand bien même, reprit Carlisle, un tel effort et un tel stress est proscrit dans votre état. Voilà, ce qu'on va faire à partir de maintenant : je viendrais directement chez vous tout les jours pour les soins comme ça vous n'aurez pas à venir jusqu'ici.

- Des visites à domiciles, comprit l'adolescent, mais je n'ai pas les moyens pour...

- Ne vous inquiétez pas Nathaniel, rassura le blond en serrant sa main, je vais m'arranger pour que ça ne vous coûte pas un centime de plus que de venir faire les soins ici. Vous avez besoin de vous reposer et de ne pas trop bouger pendant un moment, c'est impératif. Venir ici vous épuise et regardez dans quel état vous êtes aujourd'hui, remarqua-t-il alors qu'il claquait toujours des dents. Non, je viendrai chez vous pour les soins. Et pour aujourd'hui, vous êtes mon dernier patient, ensuite, j'ai terminé. Je vous reconduirai chez vous en voiture. La pluie risque de durer toute la journée et toute la nuit et il est hors de question que vous finissiez trempé ainsi une fois de plus. C'est très mauvais pour votre santé et vos blessures.

- Vous n'êtes pas obligé Carlisle, répondit-il angoissé à l'idée de gêner l'homme si gentil avec lui. Je peux me débrouiller, je...

- J'insiste Nathaniel, appuya-t-il fermement mais calmement, vous avez besoin d'un peu d'aide et ça ne me dérange pas.

L'adolescent réfléchit un moment, l'idée de rentrer en voiture était très tentante alors qu'il était complètement épuisé, perclus de douleur et sans force. Et surtout, l'idée de ne plus avoir à faire le chemin tout les jours tout en pouvant voir le médecin était son petit rêve du moment. À bout dans tout les sens du terme, il accepta sans trop réfléchir alors qu'il avait déjà confiance en Carlisle qui le soulageait chaque jour de ses soins et de sa douceur. Il était comme une bouée de sauvetage trouvé par hasard alors qu'il se noyait en pleine tempête.

- Merci, murmura-t-il.

- Ce n'est rien Nathaniel. Je vais faire de mon mieux pour vous aider et vous soigner, assura-t-il. Maintenant, il faut que je vous retire les pansements humides, c'est mauvais pour vos blessures.

L'adolescent acquiesça et le blond l'allongea confortablement sur la table. Il fit tout d'abord l'injection d'antidouleurs puis il retira les bandages mouillés sur ses jambes et son visage. Il s'occupa d'abord de ces blessures avec précaution alors que son jeune patient tremblait de tout son corps. Une fois cela fait, il couvrit soigneusement ses jambes de la couverture, lui retirant pull et tee-shirt pour soigner les autres dommages. Encore une fois, cela lui prit un long moment, certains comme les brûlures sévères nécessitant bien plus de douceur et de temps. Il fut rassuré de voir que le jeune homme se réchauffer progressivement, cessant de claquer des dents et tremblant moins fort. Lorsqu'il prit sa température, il fut inquiet de voir que la fièvre n'avait pas baissé, mais elle n'avait pas empiré. Si ça n'avait pas baissé demain, il devrait sérieusement voir s'il n'y avait pas d'autres problèmes chez le jeune homme. Il lui expliqua aussi qu'un problème au laboratoire retardait les résultats de ses analyses de sangs mais qu'il les aurait le lendemain matin. Il lui administra ensuite les médicaments dont-il avait besoin, heureux de voir que ses blessures qui avaient commencé à s'infecter s'amélioraient doucement. Il avait donc bien agis contre ce problème et il n'était pas normal que Nathaniel ait encore tant de fièvre.

Lorsqu'il eut terminé, il l'aida à remettre son tee-shirt et son pull, le couvrant ensuite de la couverture. La journée touchait à sa fin et il pleuvait toujours dehors.

- Je vais voir si vos vêtements sont secs, annonça Carlisle, reposez vous pendant ce temps.

Nathaniel acquiesça et il sortit, récupérant les affaires de l'adolescent qui avaient eu tout le temps de sécher disposées près d'un chauffage. Il rejoignit ensuite le cabinet, réfléchissant à ce qu'il avait appris aujourd'hui. Il ne se serait jamais douté que le jeune homme vivait seul, complètement seul. Ça devait être pénible pour lui dans son état alors qu'il arrivait dans un lieu inconnu. Et en plus, il avait visiblement des soucis d'argent à un âge où il devrait aller au lycée et ne se préoccuper que de ça. Avec tout les problèmes qu'il avait, il devait être des plus angoissé et stressé, sans personne pour le rassurer et le soutenir. En y pensant, il fut pris d'une terrible envie de le protéger et de veiller sur lui. Si Esmée savait ça... Il n'avait pas parlé du jeune homme chez lui, il ne parlait pas de ses patients avec sa famille par soucis de secret professionnel et même Edward respectait cela en faisant bien attention à ne plus lire ses pensées lorsqu'il pensait à ses patients. Mais hier soir, lorsqu'il était rentré et que Edward et Bella se disputaient, encore, la jeune fille se plaignant pour des broutilles, il n'avait pu s'empêcher de revoir Nathaniel qui affrontait bien pire sans se plaindre. La jeune femme lui avait parus bien puérile et stupide en comparaison. Il se promit de veiller sur lui alors qu'il avait déjà beaucoup d'affection et de sympathie pour cet enfant qui avait définitivement besoin d'avoir quelqu'un pour le rassurer et l'aider.

Retournant près de son jeune patient, il l'aida à remettre son pantalon et ses chaussures, l'invitant à se reposer encore un peu le temps qu'il termine deux trois choses avant qu'ils s'en aillent. Une fois fait, il se débarrassa de sa blouse et aida Nathaniel à se relever et à mettre son manteau, lui rendant sa canne. Il guida ensuite le jeune homme vers l'extérieur d'un bras dans son dos, ouvrant un parapluie au dessus d'eux pour ne pas qu'ils soient mouillés. Il emmena l'adolescent jusqu'à sa voiture et l'y installa sur le siège passager. À peine fut-il assis que Nathaniel remarqua le confort de son siège. Le médecin devait avoir une belle voiture, les rares fois où il était monté dans la voiture des Dursley ça n'avait pas été aussi confortable et de très loin. Il toucha bientôt le cuir de son siège, confirmant un peu plus son hypothèse. Mais il oublia bien vite cela quand Carlisle prit place à ses côté. Il était très tendu, anxieux à l'idée de déranger l'homme. Il n'avait vraiment pas l'habitude qu'on l'aide ainsi. Rapidement, le médecin démarra et il ne fallut pas très longtemps pour qu'ils soient devant chez lui :

- Voilà on y est, annonça le vampire un sourire dans la voix, c'est quand même bien mieux ainsi.

- Merci beaucoup Carlisle, remercia l'adolescent la voix fatiguée.

- Ce n'est rien. Vous avez un téléphone portable ? demanda-t-il.

- Oui.

- Puis je y mettre mon numéros ? Ainsi vous pourrez m'appeler si vous en avez besoin, dit-il inquiet que l'adolescent n'ait personne à appeler au secoure en cas de besoin.

Nathaniel accepta, lui donna son téléphone une minute, le vampire y enregistra son numéro :

- C'est fait, dit-il en lui rendant l'appareil, vous pouvez m'appeler à toute heure du jour ou de la nuit Nathaniel. À tout heure et pour n'importe quoi, d'accord ?

- D'accord, encore merci Carlisle, réitéra-t-il reconnaissant pour toute l'aide et l'attention qu'il lui offrait.

- Je suis devenus médecin parce que je veux aider les autres, expliqua le blond. Alors n'hésitez pas si vous avez envie d'appeler. Je viens demain soir pour les soins, rappela-t-il doucement. En attendant, vous vous reposez tranquillement. Et changez de bandeau tout de suite en rentrant, celui-ci est humide et ce n'est pas bon.

Le jeune homme acquiesça et Carlisle sortit de sa voiture avec le parapluie pour venir l'aider à en faire de même, l'accompagnant jusqu'à son entrée. Ils se saluèrent et le médecin regagna sa voiture. Il observa le jeune homme ouvrir sa porte, mettant un moment à mettre sa clef dans la serrure et il ne s'en alla que lorsqu'il fut bien rentré, la porte refermée.

Ce soir là, lorsqu'il soigna les brûlures autour de ses yeux, Nathaniel eut l'impression au touché que quelque chose n'allait pas, c'était plus douloureux aussi mais il mit cela sur le compte de son bandeau mouillé qu'il avait gardé un moment sur les blessures. Comme les autres soirs, il ne mangea pas et resta apathique dans son fauteuil pas plus en forme bien au contraire. Et pour ne pas se laisser aller à la panique et à la peur, il pensa à Carlisle et à sa gentillesse, cela l'apaisant un peu. La nuit fut aussi pénible que les précédentes et un nouveau problème vint s'ajouter à sa déjà très longue liste lorsqu'il se mit à tousser, cela torturant ses côtes. Il devait avoir pris froid à cause de la pluie et cela le déprima un peu plus.

Le lendemain, il passa sa journée de même que les précédentes : installé dans son fauteuil près du chauffage et enroulé dans une couverture. Il n'avala qu'un peu d'eau quand sa bouche se faisait trop sèche. Il se sentait encore un peu plus mal alors qu'il toussait régulièrement, embrasant à chaque fois ses côtes de douleur. Il avait du mal à respirer alors qu'il était forcé à un souffle court. Épuisé et éprouvé, il ne bougea pas de la journée, un peu plus impatient au fil du temps que Carlisle arrive. Il avait terriblement envie de l'entendre et de sentir sa présence rassurante alors qu'il commençait à arriver au bout de ce qu'il pouvait supporter. Le médecin était si gentil avec lui, ça faisait du bien après tout ce qu'il avait vécu. Les heures semblèrent s'éterniser pour lui ce jour là mais finalement, on toqua à la porte.

Carlisle avait beaucoup pensé à son jeune patient depuis la veille, se posant un tas de questions sur ce qui avait pu se passer dans sa vie pour qu'il soit émancipé à quinze ans et qu'il se retrouve dans une telle situation, complètement seul. Il ne le connaissait pas encore beaucoup mais Nathaniel semblait particulièrement gentil et peu exigent. Il ne demandait rien et ne se plaignait pas malgré son état et sa situation. Il avait bien vu qu'il n'avait pas l'habitude qu'on s'occupe de lui ces trois derniers jours. Il avait toujours l'air surpris et anxieux lorsqu'il l'aidait et le soignait. Le jeune homme tentait visiblement de tenir certaines apparences, il ne savait pas trop pourquoi d'ailleurs. Il était maintenant certain qu'il minimisait sa souffrance alors qu'il avait repéré ses grimaces très vite effacées pendant les soins. Le jeune homme se retenait de gémir de douleur en serrant les dents mais son ouïe de vampire captait le son, imperceptible pour des oreilles humaines, qu'il faisait lorsqu'il bloquait sa voix. Et puis avec sa grande expérience, il n'était pas si facile à tromper sans compter que le jeune homme laissait de plus en plus de choses lui échapper, sûrement à cause de son épuisement.

Il était intrigué qu'une si jeune personne ne se plaigne pas d'un tel état. Nathaniel avait l'air d'avoir peur de demander un coup de main et il se retenait. Il semblait si fragile et il avait quelque chose de candide qui attisait son instinct de père. Son état inquiétant lui donnait encore plus envie de s'occuper de lui, il voulait le soulager ne supportant pas de voir l'adolescent si attachant dans un tel état. Il avait pensé à lui toute la journée, espérant qu'il avait réussi à se reposer un peu. Il avait préparé tout le matériel et les médicaments dont-il aurait besoin pour l'adolescent et il s'était mis en route après avoir fini sa journée à l'hôpital. Il ne lui fallut que peu de temps pour arriver et s'il ne l'avait pas remarqué la veille, il nota cette fois-ci que les volets étaient tous fermés et il en comprit vite la raison. Ainsi, Nathaniel pouvait retirer son bandeau sans risque. Il sortit et alla frapper à la porte écoutant ce qu'il se passait à l'intérieur. Il entendit rapidement du mouvement. Il entendait les battements de cœur faiblard du jeune homme et il entendait aussi sa respiration difficile, s'inquiétant. Il suivit le son des pas lourds et celui de sa canne frôlant le sol.

- Qui est là ? demanda Nathaniel avec prudence avant d'ouvrir la porte.

- C'est Carlisle, répondit le médecin.

Reconnaissant parfaitement sa voix, Nathaniel déverrouilla et ouvrit la porte.

- Bonjour Carlisle, salua-t-il la voix faible mais l'air heureux qu'il soit là.

- Bonjour, répondit-il en souriant.

Mais il était inquiet, l'adolescent avait l'air encore plus mal que la veille.

- Entrez, invita-t-il en s'effaçant, je crois que l'interrupteur pour la lumière est juste à côté de la porte, dit-il ensuite alors qu'il s'était fait la remarque dans la journée que l'homme n'y verrait rien chez lui.

Le blond entra, notant que l'obscurité était vraiment totale dans la maison. Même ses yeux de vampires ne pouvaient percer cette noirceur. Il chercha l'interrupteur qu'il trouva rapidement, allumant alors que le jeune homme refermait la porte. Il resta un moment surpris en découvrant l'endroit. C'était vraiment très très modeste. Il n'y avait que peu de meubles, tous semblants être des premiers prix de grandes chaînes de magasin. Il n'y avait pour ainsi dire aucune décoration, les murs blancs sans rien pour les orner. Il n'y avait pas de téléviseur ou quoi que ce soit d'autre, juste un poste radio rudimentaire. Il n'y avait vraiment que le strict, strict nécessaire et rien de plus. C'était vraiment triste et l'obscurité ambiante renforçait encore cela. Le jeune homme vivait vraiment simplement.

Il sortit de sa très rapide observation en entendant l'adolescent tousser à côté de lui, ne pouvant retenir un gémissement de douleur. Il posa prestement sa sacoche au sol pour se tourner vers lui, le faisant sursauter en posant une main dans son dos. Nathaniel avait mis une main devant sa bouche, légèrement penché en avant alors que la quinte avait du mal à passer. Carlisle grinça des dents, se disant que le jeune homme avait pris froid la veille. Lorsque cela prit fin, il était essoufflé, s'efforçant pourtant de garder une respiration courte alors qu'il avait posé sa main sur sa poitrine, serrant les dents. Il n'avait vraiment pas l'air bien, vacillant sur ses jambes tremblantes. Le médecin le soutint d'autorité.

- Depuis quand toussez vous ainsi ? demanda-t-il lorsqu'il fut un peu calmé.

- Cette nuit, répondit l'adolescent la voix enrouée.

- Vous avez dû prendre froid hier, remarqua le médecin. Venez vous asseoir, dit-il ensuite en voyant qu'il peinait à rester sur ses jambes.

Il le poussa doucement vers le fauteuil pour l'y installer avant de retourner chercher son sac. Il s'assit ensuite à côté de l'adolescent qui grimaçait sans pouvoir s'en empêcher.

- Vous n'avez vraiment pas l'air bien Nathaniel, remarqua-t-il. Vous vous êtes reposé aujourd'hui ?

- Je n'ai pas bougé de la journée, répondit-il faiblement.

- Vous avez bien mangé et bu ?

- Je... je n'ai pas très faim en ce moment, avoua-t-il tout bas.

Carlisle fut alors pris d'un mauvais pré-sentiment en entendant cela, se doutant un peu de ce que cela voulait dire. Le jeune homme était déjà bien trop mince, il devait manger et prendre un peu de poids.

- Nathaniel, depuis quand n'avez vous pas mangé un vrai repas ? demanda-t-il sérieusement.

- Je..., hésita l'adolescent en baissant la tête.

- Nathaniel, poussa Carlisle en posant sa main sur la sienne pour le rassurer.

- Plusieurs jours, répondit finalement l'adolescent l'air complètement abattu. Mais je ne sais plus comment faire, dit-il désemparé alors que sa voix tremblait.

Cuisiner, il adorait cuisiner et il le faisait très bien mais il ne pouvait plus maintenant, il n'arrivait même pas à remplir un verre d'eau ou à identifier certaines choses qu'il avait dans son frigo. Comment pouvait-il faire pour cuisiner sans ses yeux ?! Et il n'avait vraiment pas faim.

- Comment ça vous ne savez plus comment faire ? demanda Carlisle qui ne voyait pas ce qu'il voulait dire.

- Je n'y vois plus rien, lâcha-t-il alors que sa voix se brisait et qu'il commençait à vraiment craquer maintenant.

Le médecin se figea en saisissant une chose qu'il n'avait pas encore compris jusque là. Voulant confirmer la supposition qu'il venait de faire, il demanda, serrant un peu plus la main du jeune homme :

- Quand avez vous perdu la vue Nathaniel ?

- Dans... dans l'accident, bredouilla-t-il. Il y a six jours.

Horrifié d'entendre ça Carlisle passa doucement un bras autour de ses épaules pour l'attirer contre lui et le réconforter alors qu'il semblait un peu paniqué maintenant, complètement désespéré et abattu, ce qu'il comprenait aisément. Sentant l'étreinte à la fois chaleureuse et froide, Nathaniel se laissa aller contre le médecin qui avait réussi à gagner sa confiance en quelques jours par sa douceur. Il avait tellement besoin d'un peu de réconfort alors qu'il était terrorisé et désemparé par la situation.

- Je n'y vois plus rien, sanglota-t-il sans larme.

Carlisle le serra un peu plus, l'entourant de ses bras alors que le jeune homme posait sa tête contre sa poitrine, accrochant ses mains à ses vêtements. Il était choqué d'entendre ça. Le dossier du jeune homme ne précisait pas depuis quand il était aveugle et il avait cru à tord que ça faisait longtemps. Mais non, ça ne faisait que quelques jours. Et Nathaniel était tout seul pour affronter ça. Il était complètement seul face à un handicap qui renversait profondément sa vie et qui devait le terroriser et le paniquer. Il n'y avait rien de plus déstabilisant que de perdre ses yeux. En plus de ça, il arrivait dans une ville qu'il ne connaissait pas et il était dans un état de santé déplorable. Il ne devait pas savoir comment s'y prendre pour toute les petites choses du quotidien, comme se faire à manger parmi des centaines d'autres choses. Il devait tout réapprendre à zéro et il n'avait personne pour l'aider à le faire, pour le guider.

Et surtout, il n'avait personne pour le consoler, le réconforter et le rassurer. Pas étonnant qu'il soit si tendu et stressé depuis qu'il l'avait vu la toute première fois. Ça devait être un véritable cauchemar pour lui, il devait être terrifié et détruit. Pas étonnant qu'il ne se remette pas. Il ne devait pas arriver à se reposer et à se calmer. Dans son état et avec ses blessures, s'occuper de lui même devenait presque impossible, sans parler du choc psychologique. Et Carlisle se sentit soudain encore plus protecteur envers l'enfant qui avait terriblement besoin d'aide et d'attention, de soins et de réconfort. Il le garda dans ses bras alors qu'il tremblait de tout son corps, la respiration agitée et désordonnée. Ce qui le fit bientôt gémir de douleur :

- Calmez vous Nathaniel, dit-il doucement, calmez vous. Respirez doucement. Ça va aller, assura-t-il la voix calme et chaude pour le rassurer.

Pendant un long moment, il essaya de le réconforter au mieux. Ce n'était qu'un enfant et il supposait déjà qu'il n'avait pas eu la vie facile. Il ne se plaignait jamais alors qu'il était largement en droit de le faire et cela lui faisait penser qu'il avait dû vivre des choses difficiles et qu'il avait déjà souffert. Il ne cherchait pas ouvertement d'aide et avait beaucoup de mal à l'accepter, intériorisant, cela lui faisant penser qu'il s'était toujours débrouillé seul pour tout. C'était confirmé par le fait qu'il s'était émancipé jeune et qu'il n'avait personne avec lui pour l'aider. Et puis il y avait ces veilles cicatrices sur lui, sa santé fragile et ses soucis d'argent. Le jeune homme ne devait pas avoir eu la vie rose et maintenant il y avait ce handicap qui lui tombait dessus. Ce n'était qu'un enfant, supporter tout ça devait être simplement infaisable et il était entrain de déprimer sévèrement, ce que le médecin comprenait. Il avait vraiment besoin d'aide et Carlisle se fit la promesse de lui apporter cette aide, se sentant déjà très protecteur et responsable de son jeune patient attachant. Il le garda contre lui, le rassurant et le réconfortant alors qu'il était évident qu'il en avait cruellement besoin. Il lui assura que tout irait bien et il se promit aussi en lui même qu'il y veillerait.

Nathaniel se calma progressivement, concentré sur le médecin qui lui parlait doucement et calmement, la voix chaleureuse et rassurante. Ça faisait tellement de bien d'avoir quelqu'un sur qui s'appuyer un moment pour pleurer, ou presque puisque même ses larmes lui avaient été retirées. L'étreinte de Carlisle le rassura et le calma beaucoup. Il ne voyait pas du tout comment ça pourrait aller comme il le disait mais il avait envie de le croire. Il se sentait tellement mal et il ne savait plus où il en était après tout ce qu'il s'était passé. Il était perdu et terrorisé, au bout du rouleau, exténué et submergé par ses souffrances. Le médecin lui faisait du bien alors qu'il le laissait s'appuyer sur lui et le réconfortait avec une sincérité et une chaleur palpable malgré l'étrange froideur de son corps. Mais l'adolescent ne remarqua même pas ce détail alors qu'il n'en n'avait plus la force, il voulait juste se laisser aller contre l'homme et ne pas rester seul.

- Merci Carlisle, bredouilla-t-il finalement.

- Ça va aller Nathaniel je vous le promet, assura-t-il de nouveau en le gardant contre lui. Dîtes moi, il n'y a vraiment personne qui puisse venir vous aider ? demanda-t-il doucement. De la famille ou des amis ?

- Non. Je... je n'ai plus personne, répondit-il la voix faible.

- Et bien vous m'avez moi désormais, annonça-t-il. Je vous aiderai d'accord ?

- Vous n'êtes pas obligé, vous devez avoir votre famille et votre travail et..., commença le jeune homme en s'éloignant de lui.

Il ne voulait pas qu'on ait pitié de lui et il ne voulait causer d'ennuis à personne. Carlisle le laissa sortir de son étreinte mais il vint prendre ses mains dans les siennes, voulant lui faire sentir qu'il n'était pas tout seul.

- Personne ne m'oblige, dit-il doucement, je veux vous aider Nathaniel. Mon travail consiste à aider les autres et j'aime le faire. Et vous vous en avez besoin. Je ne vous laisserai pas tout seul dans ces épreuves. Quand à ma famille, mes enfants sont grands et n'ont pas besoin de moi constamment. Ils comprendront que je vous consacre du temps. Je ne vous laisserai pas tout seul et rien de ce que vous pourriez me dire ne me fera changer d'avis, dit-il calmement mais fermement.

Nathaniel hésita mais le fait était qu'il avait besoin d'aide et qu'il voulait de l'aide. Il appréciait déjà beaucoup Carlisle qui le rassurait et le soignait. Alors il était vraiment heureux qu'il lui apporte son soutient. Mais il ne voulait pas le gêner et prendre de son temps, il ne voulait pas être une charge ou quoi que ce soit d'autre. Mais il voulait tellement le laisser faire, il avait tellement mal, il était tellement fatigué.

- Merci, approuva-t-il finalement faiblement, merci Carlisle.

- Ça va aller Nathaniel, ne vous en faite pas, dit-il en posant une main sur sa tête pour aller écarter une mèche noire de son visage et la mettre derrière son oreille.

Le jeune homme lui offrit un très léger sourire un peu faiblard mais il disparut bien vite lorsqu'il fut prit d'une nouvelle quinte de toux qu'il tenta de refréner, un main posée sur sa poitrine s'embrassant et lâchant un gémissement significatif. Le médecin reposa une main dans son dos, lui donnant de calmes instructions pour l'aider à faire passer la crise. Et quand cela prit fin, le jeune homme semblait un peu plus épuisé, respirant difficilement et semblant mal. Il l'installa correctement, lui faisant appuyer son dos au dossier et poser sa tête.

- Je vais tout de suite vous faire l'injection pour la douleur et puis nous verrons ensuite ce qui ne va pas, expliqua le médecin recevant un petit signe de tête de son patient.

Il releva sa manche et fit l'injection. Puis il sortit une enveloppe de sa sacoche.

- J'ai eu vos résultats d'analyses mais je n'ai pas eu le temps de les regarder, je fais ça tout de suite, expliqua-t-il pour que l'adolescent puisse savoir ce qu'il faisait et ne pas angoisser.

Recevant de nouveau un petit signe, il se concentra ensuite sur les documents. Il avait demandé des analyses très larges afin de faire le tour de l'état du jeune homme et il trouva rapidement plusieurs problèmes. Nathaniel avait plusieurs carences qu'il faudrait rapidement combler. Son taux de globule blanc était aussi bas alors qu'il aurait dû être plus élevé mais le médecin avait lu dans son dossier que c'était dû à sa santé fragile alors qu'il avait des défenses immunitaires affaiblies. Mais il vit aussi autre chose qui pourrait expliquer pourquoi il toussait ainsi. Rapidement pour confirmer, il sortit la radio thoracique de l'adolescent qu'il avait avec lui et la regarda à la lumière. Il trouva vite ce qu'il cherchait et se reprocha de ne pas l'avoir vu tout de suite la première fois. Il n'avait pas fait attention alors qu'il s'était concentré sur les côtes cassées et les os.

- Vous faîtes une pneumonie, annonça-t-il. Vous en avez les symptômes, la toux, la douleur dans la poitrine, la gêne respiratoire, la fatigue, la baisse de tension, les tremblements, la faiblesse et la forte fièvre. Malheureusement avoir les côtes cassées favorisent ce genre de chose, expliqua-t-il. La respiration courte facilite l'installation de l'infection. Ça arrive parfois avec ce genre de blessure. Alors je ne sais pas si c'est dû à la blessure ou si ça a simplement aidé mais le fait est qu'il faut rapidement soigner ça. La prise de sang l'a mis en évidence et on le voit aussi légèrement sur la radio que je vous ai fait faire. Les antibiotiques que je vous ai donné jusque là pour vos blessures n'agissent pas contre l'infection responsable de la pneumonie. Mais c'est une forme courante et si on la prend immédiatement, ça ne s'aggravera pas. J'ai ce qu'il faut sur moi pour commencer le traitement. Ça va aller, dit-il alors qu'il avait vu l'adolescent se tendre à son annonce. Vous avez aussi pas mal de carences, il faudra prendre quelques compléments et bien manger pour arranger ça. Et bien boire aussi. Je trouverai quelque chose pour que vous n'ayez pas à faire la cuisine et que vous puissiez manger facilement d'accord ? demanda-t-il doucement en le regardant.

L'adolescent approuva faiblement, le faisant sourire.

- J'amènerai une bouteille d'oxygène demain, vous pourrez vous en servir si vous avez du mal à respirer le temps de guérir. Ça vous aidera et ça pourra calmer la toux. Une fois l'infection endiguée par les antibiotiques, la fièvre baissera et ça ira déjà bien mieux. Vous ne tousserez plus aussi donc ça soulagera vos côtes et elles pourront guérir. Ensuite, vos autres blessures guériront aussi tranquillement mais il faut que vous vous reposiez, bien manger, boire beaucoup d'eau et vous détendre, surtout vous détendre. Je serai là pour vous aider, assura-t-il tranquillement.

Le jeune homme approuva doucement, le remerciant. Le médecin commença ensuite les soins, débutant en lui administrant ses médicaments. Puis comme les fois précédentes, il s'occupa des différentes blessures avec patience et douceur. Lorsqu'il eut terminé, il couvrit l'adolescent tremblant de la couverture posée sur le canapé. Il remplit ensuite le verre qu'il trouva sur la table basse à côté d'une bouteille d'eau et le donna à son jeune patient.

- Merci beaucoup Carlisle, le remercia doucement Nathaniel avec une reconnaissance flagrante. Pour tout ce que vous faîtes pour moi.

- De rien. Vous n'êtes plus tout seul Nathaniel et vous pouvez me tutoyer maintenant vous savez, dit-il non seulement parce qu'il en avait envie mais aussi parce qu'il voulait lui montrer qu'il était aussi son ami désormais.

- D'accord, mais seulement si tu en fais de même, répondit-il semblant touché par l'attention.

- Très bien, sourit-il. Repose-toi, dit-il doucement. Je vais voir pour te préparer quelque chose à manger, annonça-t-il. Je peux fouiller un peu les placards ?

Nathaniel acquiesça sans trop réfléchir, épuisé, le remerciant encore une fois pour son attention. Carlisle le pria de se reposer et de rester tranquille alors qu'il se levait et se dirigeait vers la cuisine. Regardant autour de lui, il vit le poste radio. Sachant que la musique avait le don de détendre il se dit que ce serait peut-être une bonne idée pour apaiser un peu le jeune aveugle très tendu.

- Je peux allumer le poste ? demanda-t-il.

- Si tu veux, répondit faiblement Nathaniel. Il ne capte pas grand chose, expliqua-t-il. Il est réglé sur une station de musique classique mais tu peux essayer de trouver autre chose si tu veux, dit-il alors que le vampire allumait l'appareil.

Une mélodie jouée au violon s'éleva doucement dans l'air en une musique de fond alors que le volume n'était pas très haut.

- Non, j'aime ce genre de chose, répondit-il. Alors tu aimes la musique classique ?

- Oui, je trouve ça très beau, murmura-t-il.

Carlisle sourit en se dirigeant de nouveau vers la cuisine. C'était rare qu'une personne de son âge aime ce genre de musique. Il fouilla un peu les placards et resta un moment encore choqué. Il n'y avait que le strict minimum. Deux assiettes, un verre en plus de celui qui était présentement dans les mains du jeune homme, deux bols, deux couvert de chaque, une spatule en bois et un couteau de cuisine, une poêle, une casserole, une planche et c'était tout. Question nourriture, c'était le même régime. Il n'y avait que peu de choses et principalement des produits basiques. Un paquet de pâte, un paquet de riz, quelques légumes en conserve, de la farine, du sucre, une bouteille d'huile... dans le frigo, il trouva des œufs, du beurre, du lait, de l'eau, une plaquette de jambon, des lardons et un peu de fromage mais rien de plus. Il repéra aussi la corbeille de fruit et un paquet de pain encore bien fermé. Il n'y avait pas grand chose et rien d'extraordinaire. Dans une maison d'adolescent, il s'était attendu à trouver des sodas, des chips, des bonbons et des biscuits mais il n'y avait rien de cela dans les armoires, il n'y avait pas la moindre douceur d'ailleurs. Il ne fit pas de remarque et s'attela plutôt à préparer quelque chose de bon pour le jeune homme qui devait absolument manger pour guérir.

Il fit finalement une omelette aux lardons. Se dirigeant avec l'assiette vers le salon, il prit aussi un fruit au passage qui ferait un bon dessert. Réalisant que pour le jeune homme devenu récemment aveugle manger seul devenait très difficile alors qu'il ne pouvait voir ce qu'il prenait avec sa fourchette ni où était la nourriture dans l'assiette, il l'aida à manger tranquillement. Nathaniel en parût extrêmement gêné mais il fit taire ses protestations en lui expliquant qu'il lui faudrait un peu de temps pour réapprendre ce genre de chose mais qu'il ne le ferait pas ce soir, qu'il devait se reposer et se détendre et que ça ne le dérangeait pas. Et le jeune homme éprouvé se laissa finalement faire, le remerciant régulièrement. Carlisle prit son temps pour le faire manger doucement, ne voulant pas le rendre malade alors qu'il n'avait pas mangé depuis un moment.

Lorsqu'il eut terminé Nathaniel le remercia encore, se sentant mieux avec les antidouleurs qui avaient agis et le ventre plein. Il n'avait pas vraiment faim en commençant mais ça faisait du bien finalement. Et la musique en fond l'avait détendu. Carlisle débarrassa avant de revenir s'asseoir près de lui. Entre le moment de réconfort, les soins et le repas, l'heure était déjà bien avancée.

- Bien, remarqua doucement le médecin. Il est déjà tard. Pour ce soir, je veux que tu ailles dormir et que tu te détendes. Je vais te laisser dormir et m'en aller. Demain, c'est samedi et je ne travaille pas. J'irai chercher tes médicaments et la bouteille d'oxygène et je reviendrai dans la matinée, annonça-t-il. Nous aurons tout le temps de discuter si tu en as envie.

Il se doutait bien que l'adolescent avait besoin de parler, de vider son sac. Il avait aussi besoin d'être rassuré, de savoir qu'il était possible de réapprendre tout les gestes du quotidien. Il avait simplement besoin d'être aidé et guidé, d'avoir une sorte de professeur. Il fallait lui montrer qu'il avait encore des possibilités, même si c'était difficile et qu'il faudrait du temps et de la patience. Mais il fallait surtout qu'il guérisse avant tout et qu'il reprenne des forces, et pour cela il fallait aussi soulager son esprit et l'apaiser, le tranquilliser.

Nathaniel acquiesça, le remerciant encore. Carlisle le salua ensuite et lui souhaita une bonne nuit, le priant d'aller se coucher rapidement. Le jeune homme lui souhaita à son tour une bonne nuit et le raccompagna à la porte. Le vampire veilla à bien éteindre les lumières avant de s'en aller, recevant un énième remerciement qui le fit sourire. C'était comme si l'aide qu'il recevait de sa part était une chose exceptionnelle pour le jeune homme. C'était comme s'il n'avait jamais eu le moindre coup de main et qu'il percevait la chose comme extraordinaire. Ce fut avec de nouvelles questions que le vampire quitta la petite maison aux volets clos, sachant néanmoins que désormais, il avait un nouveau protégé qu'il était bien décidé à aider de son mieux.