Chapitre 5 :
Aide
Après le départ de Carlisle, Nathaniel décida d'obéir au médecin. Quelque part, ça faisait vraiment du bien d'avoir quelqu'un pour lui dire quoi faire quand il ne savait plus du tout le déterminer lui même. Le réconfort du médecin lui avait fait tellement de bien ce soir. Il n'était plus tout seul et c'était incroyablement rassurant. C'est donc un peu mieux qu'il referma la porte derrière l'homme qui venait de s'en aller. Il s'occupa ensuite de soigner ses brûlures autour des yeux, grimaçant en constatant qu'elles lui faisait encore plus mal que la veille et il se dit qu'il devait peut-être en parler au médecin le lendemain. Une fois cela fait, il fit un brin de toilette puis il mit son pyjama pour aller se coucher.
Malheureusement, la nuit fut aussi éprouvante que toutes celles qui avaient précédé. Et le premier cauchemar le força à se lever en catastrophe pour gagner les toilettes le plus vite possible et y rendre son repas. Heureusement que les sanitaires se trouvaient non loin de sa chambre et qu'il avait déjà bien repéré le chemin pour y aller. Il y arriva tout juste, se cognant pourtant plusieurs fois au passage et le malaise le laissa dans un triste état alors qu'il fut rapidement prit d'une violente quinte de toux qui termina d'enflammer sa poitrine de douleur, sa tête tournant affreusement alors qu'une migraine prenait sérieusement place. Ce fut péniblement qu'il regagna ensuite son lit, s'installant le plus confortablement possible et tentant de se calmer et de chasser les restes de son cauchemar trottant dans sa tête.
Chaque nuit, il rêvait de la guerre, des massacres, du sang,... Il revoyait Sirius et Severus mourir, il entendait les cris de ses parents ce fameux soir d'Halloween. Il revoyait toutes les horreurs qui avaient défilé devant ses yeux pendant toute ces années, il revivait sa douleur et celle des autres. Et puis il revivait aussi cette trahison, cet abandon, cette plongée dans l'obscurité, cette privation de ses précieux pouvoirs,... Son esprit était plein de ténèbres, de souffrances, plein de sa peur et de son désespoir qui le torturaient constamment. Il n'arrivait pas à se sortir tout cela de sa tête et il devait lutter pour essayer de ne pas trop y penser. Mais il n'avait que ça ou tout les problèmes qu'il devait affronter désormais. Les blessures, la cécité, la faiblesse, survivre dans cette nouvelle vie pleine d'obstacle. Et il y avait aussi toujours cette crainte que le monde magique n'en n'ait pas fini avec lui, cette crainte de voir débarquer un mangemort avide de vengeance, de voir débarquer Dumbledore ou le ministère pour en finir avec lui... Il avait tellement d'ennemis et il espérait vraiment que les gobelins avaient raison en disant que le trouver à Forks était impossible.
Quoi qu'il en fut, tout cela tournait dans sa tête, ne lui laissant aucun moment de répit alors qu'il avait déjà bien du mal à se sortir de la panique d'avoir perdu ses yeux et sa magie. Et cette nuit ne fit pas exception ne lui offrant pas une minute de repos bien au contraire et ce fut exténué qu'il se leva tôt, n'attendant qu'une seule chose : que Carlisle revienne lui tenir compagnie un moment.
Après avoir quitté Nathaniel, ce fut en pensant frénétiquement à tout ce qu'il pouvait faire pour l'aider que Carlisle retourna chez lui. Le jeune homme avait besoin d'aide au quotidien pour tout réapprendre mais il avait surtout besoin d'aide et de réconfort maintenant pour encaisser le handicap et guérir tranquillement. Seulement, il n'avait pas les moyens d'être hospitalisé, même si cela aurait été la meilleure solution pour l'aider à guérir correctement. Ainsi, il aurait eu du personnel soignant pour le soulager dés que la douleur revenait, pour l'assister quand il avait un problème, comme par exemple avec cette fichue pneumonie qui tombait très mal. Il grinça des dents en revoyant les côtes brisées de l'adolescent et en le revoyant tousser, ça devait être extrêmement pénible pour lui en plus du reste. Et puis il y avait aussi le fait qu'il ne se nourrissait pas. Il fallait absolument qu'il mange correctement et il se promit d'y veiller personnellement. Il pensa un moment que l'idéal serait une aide à domicile se souvenant ensuite du coût phénoménale d'une telle chose. Impensable pour l'adolescent. Il n'aurait jamais les moyens et le vampire ragea un peu plus contre ces fichus problèmes d'argents.
Il revit la petite maison plus que modeste du jeune homme. Il n'y avait vraiment pas grand chose. Il n'y avait que le strict nécessaire et très peu de confort. Il n'avait pas vu un seul souvenir ou objet personnel. Il n'y avait pas un livre, pas un objet de divertissement mis à part son poste radio qui laissait franchement à désirer. Il n'y avait pas une décoration, pas une petite chose agréable, c'était comme si le jeune homme ne possédait strictement rien hormis le minimum. Pas une photo, pas un souvenir, rien qui laisse une trace de son passé. Il n'y avait qu'une immense impression de tristesse, de solitude et de désespoir chez lui. Et le médecin pouvait comprendre cela étant donné les circonstances, se promettant d'essayer d'égayer un peu le jeune homme au plus vite. Cet état d'esprit n'était pas bon pour lui, il fallait lui redonner un peu le sourire et l'envie d'avancer malgré tout.
Il avait été choqué de se rendre compte que le jeune homme venait tout juste de perdre la vue, ça devait être une horreur pour lui. Pas étonnant qu'il ait été si stressé à chaque fois qu'il l'avait vu à l'hôpital. Rien que de faire le trajet seul dans ce tout nouvel état avait dû être terrifiant et éprouvant pour lui. Mais ce qu'il l'impressionnait encore plus était le fait qu'il ne s'était jamais plaint une seule fois, il y avait de quoi pourtant. Nathaniel affrontait seul sans se plaindre et sans rien demander et il l'impressionnait beaucoup pour cela. Mais le jeune homme craquait maintenant et c'était normal, il avait vraiment besoin d'aide et d'attention et Carlisle était bien décidé à lui apporter cela alors qu'il s'était déjà énormément attaché à lui en quelques jours à peine.
C'est donc en pensant au jeune homme, inquiet pour lui qu'il rentra chez lui ce soir là. La maison était très calme lorsqu'il passa la porte et il s'en étonna un peu puisque ça n'avait pas été le cas depuis un moment. Il ne fallut pas longtemps pour que sa très chère Esmée vienne le voir, lui souriant. Il la prit dans ses bras et l'embrassa amoureusement en guise de bonsoir.
- Où sont les enfants ? demanda-t-il en trouvant la villa bien silencieuse.
- Et bien comme c'était le dernier jour de cours aujourd'hui, ils ont décidé de sortir fêter ça chacun de leur côté, expliqua-t-elle.
- Je vois, sourit-il.
Mais il repensa aussi immédiatement à Nathaniel qui aurait bien besoin de s'amuser un peu aussi. Il se demanda si l'adolescent aimait sortir, ce qu'il pouvait aimer faire pour se distraire. Il s'attrista aussi en se disant qu'il y avait sûrement une partie de ses passions compromises par son nouvel handicap, se disant qu'il y avait beaucoup d'activités qui ne lui étaient plus accessibles ou qui ne le seraient plus avant un moment le temps qu'il se fasse à la cécité.
- Quelque chose ne va pas Carlisle ? demanda Esmée en voyant bien qu'il était préoccupé.
- C'est un de mes patients qui m'inquiète, expliqua-t-il alors qu'elle l'entraînait vers le canapé pour qu'ils s'y installent tranquillement.
La brune ne posa pas plus de question alors qu'elle s'installait contre son mari dans le confortable fauteuil. Elle savait qu'il ne parlait pas de ses patients par soucis du secret professionnel mais elle savait que ça devait être sérieux pour qu'il paraisse si inquiet. C'était rare et elle se demanda ce dont il pouvait bien s'agir. Elle sourit lorsque le blond l'entoura tendrement de ses bras. Carlisle décida de discuter un peu de Nathaniel avec sa femme. Elle pourrait peut-être l'aider à trouver des solutions pour lui.
- C'est un adolescent, expliqua-t-il tranquillement, il n'a pas encore dix sept ans. Il vient d'emménager à Forks.
- Un nouvel habitant, remarqua-t-elle, c'est rare ici.
- Oui. Il vit dans la petite maison qui était à louer pas très loin du centre ville. Il est arrivé il y a quelques jours à peine, commença-t-il.
Il raconta alors les grandes lignes de ce qu'il s'était produit ces derniers jours. Esmée l'écouta attentivement en silence, d'abord un peu surprise qu'il lui parle de l'un de ses patients, ça devait vraiment être important. Elle l'écouta raconter comment il avait rencontré le jeune homme quelques jours auparavant, s'attristant pour cet enfant lorsqu'il lui fit le résumé de son état physique, lui expliquant qu'il avait eu un grave accident de voiture, qu'il était aveugle et qu'il avait la santé fragile. Il lui parla de son odeur particulière, de sa fragilité, de sa simplicité, de cette candeur qui émanait de lui, de son absence de plainte malgré son état. Il lui parla ensuite de comment il avait été surpris que personne ne vienne avec lui pour l'aider avant de lui dépeindre comment il avait découvert que l'adolescent vivait complètement seul. Il lui expliqua alors qu'il avait décidé d'aller faire ses soins chez lui pour qu'il se repose et n'ait pas à se déplacer. Il lui raconta alors ce qu'il s'était passé aujourd'hui, décrivant les choses dans l'ordre en parlant tout d'abord de la petite maison plus que modeste. Puis il en vint à sa découverte du jour.
Il lui expliqua longuement comment il s'inquiétait pour l'adolescent qui devait affronter tout ses problèmes tout seul, sans aide et sans réconfort. Et comment il était en train de craquer, ce qui était tout à fait normal. Il lui parla du fait qu'il avait urgemment besoin d'aide ne serait-ce que pour qu'il puisse guérir tranquillement. Et il lui expliqua qu'il voulait aider le jeune homme auquel il s'était déjà attaché.
Esmée l'avait attentivement écouté sans remarque, sentant qu'il avait besoin de quelques conseils sur le sujet. Elle sentit rapidement qu'il s'était pris d'affection pour ce jeune homme, cela la faisant sourire d'attendrissement. Puis elle se sentit infiniment triste pour cet enfant en apprenant son état de santé inquiétant. Elle fut révoltée lorsqu'elle crut que ses parents le laissaient tout seul dans cette épreuve. Elle fut immensément choquée en apprenant qu'il vivait complètement seul, comprenant immédiatement les problèmes que cela causait dans son état de santé précaire. Aussi elle fut heureuse que Carlisle ait réagi tout de suite pour aider et soulager l'enfant. La tristesse revint quand il lui parla de sa vie visiblement extrêmement modeste et de l'ambiance sombre qui régnait chez lui. Et elle eut envie de pleurer si elle avait pu lorsqu'il lui parla de sa découverte du jour et du fait que le jeune homme était vraisemblablement au bout du rouleau. C'était logique vu la situation, le pauvre enfant avait besoin qu'on s'occupe de lui, il avait besoin d'être rassuré et réconforté. Sans même l'avoir vu, elle s'était prise d'affection pour lui en sentant celle de Carlisle à son égard. L'histoire de cet enfant réveillait ses instincts de mère. Elle adorait les enfants et elle se sentait infiniment triste pour l'adolescent privé de toute famille ou ami pour elle ne savait quelle raison.
- Il a sérieusement besoin d'aide, expliqua Carlisle. Je ne pense pas qu'il s'en sortira tout seul. Ça faisait déjà plusieurs jours qu'il n'avait pas mangé, remarqua-t-il avec inquiétude. J'irais passer du temps avec lui le soir et les week-end mais la semaine, il va être tout seul. Et il n'a pas les moyens pour payer une hospitalisation, dont-il aurait pourtant bien besoin, et encore moins pour s'offrir une aide. Le problème c'est que seul, il ne peut pas faire grand chose en ce moment, il faut d'abord qu'il guérisse puis qu'il réapprenne à vivre avec la cécité.
- Moi je pourrais aller m'occuper de lui, proposa doucement la brune. Je n'ai pas grand chose à faire de mes journées de toute façon et cet enfant à besoin d'aide tu as raison.
Le médecin ne fut pas vraiment étonné qu'elle lui propose cela même s'il n'y avait pas pensé jusque là. Mais Esmée ne supportait pas de voir des enfants souffrir et le jeune homme était vraiment un enfant pour eux. C'était inconcevable pour elle qu'il n'ait personne pour l'aider.
- Tu ferais ça ? demanda-t-il.
- Bien sûr, on ne va pas le laisser se détruire à petit feu et toi tu ne peux pas être toujours avec lui avec ton travail. Moi je pourrais aller l'aider et veiller sur lui s'il est d'accord. Et puis c'est évident que tu l'apprécies déjà beaucoup, il doit être vraiment gentil pour que tu te sois attaché si vite.
- Il est très touchant et tellement fragile, expliqua-t-il. Et puis il n'est pas du tout exigent, il se contente de très peu et il ne se plaint pas. Il y a quelque chose de vraiment attirant chez lui, dit-il avec un sourire. J'ai l'impression qu'il a vraiment eu la vie difficile. Et maintenant il y a ça qui lui tombe dessus. Il est à bout de force.
- Et bien j'irais m'occuper de lui s'il veut bien de moi, annonça-t-elle.
- Je ne pense pas qu'il refuse. Enfin, il va sûrement protester de peur de nous gêner, mais au fond, je suis sûr qu'il a terriblement envie d'avoir de l'aide et du réconfort, remarqua le blond. Tu n'auras qu'à venir avec moi demain, je te le présenterais. J'avais prévus de passer la journée avec lui. Il a besoin de parler un peu je crois.
- On va faire ça, approuva-t-elle.
Ils discutèrent un long moment du jeune homme décidant d'un commun accord de ne pas en parler tout de suite au reste de la famille par soucis de l'intimité de l'adolescent. Ils passèrent la nuit dans leur salon, discutant du jeune homme. Edward et Bella furent les premiers à rentrer. Le vampire avait l'air las lorsqu'il vint saluer ses parents et la jeune fille avait l'air fier d'elle pour ils ne savaient quelle raison. Les deux parents s'empressèrent de ne plus penser au petit protégé de Carlisle pour ne pas qu'Edward s'en rende compte, mais il semblait bien loin de ça alors que Bella lui demandait de venir avec elle à l'étage, l'air franchement insistante et autoritaire. Le couple parental regarda leur premier fils soupirer lourdement avant de la suivre, leur donnant un pauvre sourire qu'ils lui rendirent avec réconfort, comprenant qu'il avait du mal avec la crise que son couple traversait en ce moment. Mais si ça n'allait pas entre eux, il valait mieux qu'ils s'en rendent compte maintenant, avant qu'il ne soit trop tard.
Alice et Jasper rentrèrent un peu plus tard. L'empathe vint rapidement voir Carlisle, lui demandant pourquoi il était si inquiet et le médecin lui répondit simplement que l'un de ses patient était dans un état difficile et que ça le préoccupait. Aussi les deux jeunes ne posèrent pas plus de question en comprenant qu'il s'agissait de son travail. Jasper sentit aussi l'inquiétude d'Esmée et supposa qu'elle se sentait ainsi parce que Carlisle l'était aussi. Il avait remarqué depuis bien longtemps déjà que dans le couple aîné, les émotions de l'un se transposaient souvent sur l'autre tellement ils étaient proches et soucieux de l'autre. Il ne posa donc pas de question mais il grinça vite des dents en sentant les émotions de Bella et d'Edward, agacement, colère, impatience, lassitude... ils devenaient fatiguant tout les deux alors qu'il était sensible à la tension qui régnait entre eux. Il l'oublia cependant un peu lorsqu'Alice l'embrassa pour ensuite l'entraîner vers leur chambre pour « finir la soirée en beauté » comme elle avait dit en amusant tout le monde.
Emmet et Rosalie furent les derniers à rentrer à l'aube. La blonde sortait de plus en plus avec son homme, supportant de moins en moins Bella et ses humeurs comme la passivité d'Edward qui se voilait encore la face. Elle s'agaçait très vite en ce moment et Emmet faisait son possible pour la distraire, lui aussi commençant à être agacé par l'ambiance tendue dans leur maison qui aurait dû être un petit nid de paix pour eux. Mais c'est avec le sourire que le couple revint, semblant s'être beaucoup amusé pendant la nuit. Ils vinrent saluer leurs parents, racontant rapidement leur soirée. Calisle et Esmée les prévinrent qu'ils seraient absent aujourd'hui sans toutefois préciser où ils allaient et Emmet s'amusa à les taquiner sur une virée amoureuse passionnée qu'il s'imaginait, faisant rire les deux femmes et sourire Carlisle.
Et finalement, quelques heures plus tard, le couple s'en alla, saluant toute leur petite famille en partant. Visiblement, Alice, Jasper, Rosalie et Emmet avaient prévu une partie de chasse. Edward avait bien sûr été invité mais Bella avait exigé qu'il reste avec elle et il avait cédé à la tristesse de ses frères et sœurs qui n'avaient pas eu l'occasion de passer un peu de temps avec lui depuis longtemps. C'est un peu désespéré par la situation du jeune couple qu'ils quittèrent la maison, leur attention se reportant très vite sur le jeune homme qu'ils allaient voir, Carlisle s'inquiétant de la nuit qu'il avait pu passer. Ils allèrent d'abord à la clinique pour aller chercher ce qu'il fallait pour soigner le jeune homme avant de se diriger vers la petite maison.
- Pourquoi tout est fermé ainsi ? demanda Esmée en regardant les volets clos.
- Ses yeux ne supportent pas la moindre lumière, expliqua le médecin en prenant ses affaires dans le coffre de la mercedes. Il porte un bandeau occultant la plupart du temps mais s'il veut l'enlever de temps en temps, il faut qu'il soit dans le noir total. Alors comme il ne voit rien, il préfère tout laisser fermé pour éviter un accident.
- Et qu'est-ce que ça fait s'il a de la lumière dans les yeux ? demanda la dame.
- C'est douloureux, répondit-il. Et il y en a déjà bien assez comme ça pour en rajouter parce qu'un volet serait resté ouvert ou mal fermé.
Elle acquiesça, comprenant tristement et ils s'avancèrent ensemble vers la porte où le blond toqua doucement. Ils entendirent du mouvement à l'intérieur, le bruits d'un battement de cœur faiblard, une respiration sifflante qui fit grincer des dents au médecin. Les pas de Nathaniel semblaient lourds et difficiles, accompagnés du son de sa canne. Ils l'entendirent tousser légèrement pour lâcher un gémissement de douleur ensuite.
- Nathaniel ? appela Carlisle inquiet.
- C'est toi Carlisle ? demanda faiblement le jeune homme.
- Oui c'est moi, confirma-t-il.
Ils l'entendirent encore faire un pas et atteindre la porte qu'il déverrouilla et ouvrit doucement. Esmée put alors voir l'adolescent pâle et frêle, pas très grand et très mince, son visage à moitié caché par son bandeau encadré de longs cheveux noirs. Elle fut surprise par son odeur qui ne l'attirait pas du tout. Elle sentit son cœur se briser en voyant ses bandages ainsi qu'un bleu sur sa pommette droite.
- Bonjour, salua-t-il très poliment.
- Bonjour, répondit Carlisle la voix douce. J'ai quelqu'un à te présenter, annonça-t-il ensuite.
- Qui donc ? demanda le jeune homme en se tendant un peu.
- Ma femme, Esmée, répondit-il.
- Bonjour, salua-t-elle la voix douce en le faisant sursauter, enchanté.
- Bonjour madame Cullen, répondit-il en tendant une main dans sa direction. Je ne vous avais pas entendu, remarqua-t-il ensuite.
Elle serra doucement ses doigts fins avant de les relâcher.
- Je lui ai un peu parlé de toi et elle voulait te rencontrer, expliqua le blond. Ça ne te dérange pas ?
- Non, répondit l'adolescent la voix basse. Entrez, pria-t-il ensuite en s'écartant.
Le couple entra alors et Carlisle alluma la lumière. Esmée observa l'endroit alors que le jeune homme refermait derrière eux. Son mari n'avait vraiment pas exagéré en disant qu'il n'y avait que le strict nécessaire ici. Mais elle reporta son attention sur l'adolescent en entendant Carlisle lui parler :
- D'où vient ce bleu sur ta joue Nathaniel ? demanda-t-il. Il n'était pas là hier.
- Il y a un bleu ?! s'étonna celui-ci. Je me suis cogné, expliqua-t-il, ça doit venir de là.
Le médecin l'observa alors qu'il tremblait encore, pâle, ses joues rougies et son front en sueur, très mal assuré sur ses jambes.
- Viens, allons nous asseoir, dit-il. Tu ne tiens pas sur tes jambes, remarqua-t-il en le guidant vers le canapé d'une main dans son dos.
Esmée les suivit, s'inquiétant de voir l'adolescent vaciller sur ses pieds, manquant cruellement de force et d'énergie. Carlisle l'assit délicatement avant de prendre place à ses côtés. Elle décida d'aller s'asseoir de l'autre côté du jeune homme, prenant la dernière place du fauteuil et il sursauta en sentant le coussin s'affaisser, tournant vivement la tête vers elle.
- Je t'ai fais peur, excuse moi, dit-elle immédiatement la voix douce.
- Ce n'est rien, répondit-il faiblement. Ce n'est pas de votre faute madame Cullen, c'est moi qui sursaute pour rien en ce moment, dit-il.
- Tu peux me tutoyer et m'appeler Esmée si tu veux, annonça-t-elle un sourire dans la voix.
- Si tu en fais de même, répondit-il.
- Avec plaisir, sourit la brune déjà charmée par sa politesse.
- Tu as l'air encore plus fatigué qu'hier Nathaniel, remarqua ensuite Carlisle en attirant de nouveau son attention.
- Je n'ai pas très bien dormis cette nuit, répondit-il faiblement.
- Tu as déjà mangé ce matin ? demanda le blond.
- Pas encore, annonça-t-il.
- Je vais te chercher quelque chose, il faut que tu manges et que tu reprennes des forces, remarqua-t-il avec inquiétude.
Il alla remplir un verre de lait et prendre un fruit avant de revenir vers le canapé, donnant la boisson au jeune homme qui le remercia avant d'avaler une gorgée.
- Je t'ai ramené les compléments dont tu as besoin. Il faudra bien les prendre tout les jours pour combler tes carences, ça t'aidera à guérir et à être en meilleure forme, expliqua le médecin. Il y a pas mal de choses alors pour que tu t'y retrouves, je t'ai ramené un pilulier. Comme ça je te préparerais ce qu'il faut, ça sera plus simple pour toi et il n'y aura pas d'erreur.
- Merci Carlisle, remercia l'adolescent avec une reconnaissance palpable.
- Ce n'est rien, répondit le vampire. Tu as du mal à respirer, remarqua-t-il ensuite. Tu as beaucoup toussé cette nuit ?
- Un peu, répondit-il vaguement.
- J'ai ramené l'oxygène comme je te l'avais dit. Je t'expliquerais comment t'en servir mais si ça ne vas pas et que tu as trop de mal à respirer, dit le moi tout de suite. Un peu d'oxygène facilitera les choses et pourra t'aider, dit-il tranquillement en recevant un nouveau remerciement. Est-ce que tu as eu un autre problème depuis hier ? La douleur ça va ?
- Ça va, mentit-il une fois de plus.
- Autre chose ? demanda-t-il.
- Et bien je... commença-t-il en hésitant à lui parler des brûlures autours de ses yeux qui lui faisaient de plus en plus mal.
- Qu'est-ce qu'il y a ? poussa-t-il doucement en prenant l'une de ses mains pour l'encourager.
Esmée sourit en voyant le geste attentionné de son mari mais c'était ce qu'elle adorait chez lui, sa douceur, son attention et son soucis du bien être des autres. Il n'avait pas l'empathie extrême de Jasper mais il était tout de même très sensible aux sentiments des autres. Il était si bienveillant et si gentil. Elle fondait comme neige au soleil lorsqu'elle voyait cela mais elle était aussi inquiète pour le jeune homme qui semblait mal, hésitant à faire part de son problème, mais l'insistance calme de Carlisle eut raison de son hésitation.
- Je... j'ai des brûlures autour des yeux, expliqua-t-il en surprenant le médecin qui n'avait pas vu cela dans son dossier. Comme je ne peux pas retirer le bandeau à la lumière, je les soignais moi même, raconta-t-il la voix basse, mais elles me font mal depuis deux trois jours et je ne sais pas pourquoi.
- Est-ce que tu peux me dire où elles sont exactement ? demanda le médecin agacé de n'avoir pas eu cette information plus tôt.
- Entre les yeux, sur le haut du nez, les paupières en haut et en bas, et ça va aussi sur mes tempes, expliqua-t-il l'air gêné.
- Bon, je vais regarder, annonça-t-il. On va dénouer ton bandeau mais on va le garder sur tes yeux et je vais simplement regarder autour pour commencer, expliqua-t-il en captant l'anxiété de son jeune patient qui serrait un peu plus sa main.
- D'accord, approuva Nathaniel.
- Tu veux bien m'aider Esmée ? demanda le blond.
- Bien sûr, répondit-elle.
- Nathaniel, tu ne bouges pas et tu nous laisses faire d'accord ? dit-il la voix tranquille et rassurante.
Le jeune homme approuva anxieusement puis le médecin demanda à sa femme de placer délicatement ses doigts sur les yeux du jeune homme pour garder le tissus du bandeau bien plaqué contre ses paupières closes. Il passa ensuite derrière le canapé. Il dénoua le bandeau d'épais tissus et demanda à l'adolescent de poser sa tête sur le dossier du fauteuil, le surplombant ainsi, il pourrait bien voir la blessure. La lumière n'était pas très forte dans la maison mais avec sa vision de vampire, une petite lueur suffisait, il n'y avait que dans le noir complet qu'il ne voyait rien. Une fois en place, il commença à écarter doucement le bandeau, Esmée veillant à garder ses yeux bien couverts.
Il découvrit d'abord ses tempes jusqu'à la limite de ses yeux, dégageant aussi le haut au maximum pour voir les dégâts et il grinça des dents en le regardant. Il n'était pas compliqué de comprendre pourquoi il avait mal. Les brûlures étaient déjà des blessures sensibles mais infectées c'était encore pire.
- C'est infecté, remarqua-t-il. Les brûlures s'infectent vite, expliqua-t-il. Les antibiotiques que je t'ai donné vont lutter contre l'infection mais il faut tout de même nettoyer ça, ce n'est pas joli, remarqua-t-il en observant la blessure. Je vais le faire tout de suite, il vaut mieux faire ça au plus vite. Tu as un autre bandeau pour en changer après ? Il en faudrait un bien propre pour couvrir ça.
- J'en ai encore un seul dans le sac en papier sur la table, répondit-il.
Carlisle récupéra le bandeau en question avant de sortir ce dont-il avait besoin pour soigner la blessure. Il se mit ensuite au travail avec la plus grande des délicatesse dont-il était capable. Esmée tenait le bandeau avec soin, observant faire son mari et faisant la grimace en voyant les brûlures sur le visage du jeune homme. Elle sentit son cœur se briser lorsque Nathaniel serra les dents en retenant un gémissement. Un humain ne l'aurait pas perçu mais les vampires qu'ils étaient avaient bien remarqués.
- Je fais au plus vite Nathaniel, rassura Carlisle en s'activant avec attention. Tu sais ce qui a provoqué ça ? demanda-t-il.
- Je ne me souviens pas de l'accident, expliqua-t-il en racontant l'histoire qui avait été imaginé pour les moldus. On m'a dit que j'avais eu le visage aspergé de je ne sais trop quoi et comme il y avait le feu... Le médecin qui m'a parlé m'a dit qu'ils ne savaient pas comment c'était arrivé mais que mes nerfs optiques avait été quasiment détruits et que mes yeux avaient été abîmés irrémédiablement. Ils n'ont pas su m'expliquer non plus pourquoi ils étaient devenus hyper sensibles à la lumière, expliqua-t-il en serrant une seconde les dents. Je sais juste que c'est irréversible maintenant, dit-il avec un désespoir palpable.
- Je suis vraiment désolé Nathaniel, dit le blond avec compassion.
- Il n'y a pas de raison, ce n'est pas de ta faute, remarqua l'adolescent. C'est comme ça c'est tout, dit-il avec fatalité.
- Ça va aller ne t'en fait pas, assura-t-il doucement.
Nathaniel ne répondit pas à la fois dubitatif et plein d'espoir. Malgré la douleur de la brûlure, il ne se plaignit pas une seule fois, retenant les gémissements qui lui venaient en serrant les dents. Ce que les deux vampires ne manquèrent pas de remarquer. Carlisle fit au mieux pour aller vite et ne pas lui faire trop mal, mais ce genre de blessure était très sensible. Il revint finalement s'installer devant l'adolescent et demanda à Esmée de passer derrière le fauteuil. Elle tint encore le bandeau avec précaution désormais placée correctement pour que Carlisle puisse dégager le dessous des yeux de Nathaniel. Il soigna aussi cette zone avec précaution avant de reprendre la parole :
- Nathaniel, j'ai presque tout soigné mais il reste...
- Mes paupières et mon nez, comprit le jeune homme.
- Oui, confirma le vampire. Visiblement, ça ne doit pas être dans un meilleur état alors il va falloir...
- Retirer le bandeau, comprit-il. Très bien, dit-il avec tension et crainte. Vas-y. Je ne suis plus à sa près maintenant, dit-il tout bas mais très bien entendu par les deux vampires.
- Je vais faire au plus vite, assura-t-il.
Il s'installa correctement face à l'adolescent qui s'était redressé et il tint le bandeau alors qu'Esmée revenait s'asseoir à côté d'eux, anxieuse de voir comment cela allait se passer. Carlisle se concentra pour faire les choses le plus vite possible se demandant quel effet avait exactement la lumière sur ses yeux. Il le prévint puis il retira le bandeau. La réaction de Nathaniel ne se fit pas attendre, il lâcha un cri qu'il ne put retenir, se tendant à l'extrême. D'instinct, il voulut aller plaquer ses mains sur ses yeux mais il retint à grand peine son geste. Il serra les dents tellement fort qu'on aurait pu croire qu'elles allaient se briser. Son souffle devint erratique et bruyant alors qu'il ne pouvait retenir ses gémissements et ses plaintes de douleur. Après une seconde de stupéfaction devant la violence de la chose, ne s'attendant pas à une telle intensité, Carlisle se mit au travail le plus vite qu'il put. Nathaniel luttait visiblement pour ne pas bouger, résistant à l'envie extrême de couvrir ses yeux. Voulant l'aider, Esmée prit ses mains dans les siennes, faisant bien attention à celle qui était blessée, se mettant à l'encourager sans même y penser, son cœur en miette devant la souffrance de l'adolescent.
Ses yeux étaient légèrement gonflés et assez abîmés, la peau fine brûlée dans un triste état. Mais contrairement à ce qu'avait imaginé les deux vampires, ses globes oculaires étaient en parfait état. La seule chose était que ses iris étaient entièrement voilées de blanc, son regard fixe. L'observant, Esmée devina qu'il avait dû avoir les yeux d'un magnifique vert, un vert désormais pâle et terne. Elle l'encouragea alors qu'il luttait de toute ses forces, retenant ses cris. Et il serrait ses mains, s'y accrochant comme à une bouée de sauvetage. Le médecin fit au plus vite, calme et méticuleux, précis et rapide. Il ne fallut pas très longtemps pour qu'il termine dans un temps record mais cela avait été beaucoup trop long pour Nathaniel qui semblait ne plus en pouvoir. Aussitôt qu'il eut fini, le blond couvrit ses yeux du bandeau propre. Se tenant juste devant l'adolescent, tout près de lui. Il posa ensuite une main sur sa tête, caressant ses cheveux :
- C'est fini, annonça-t-il, c'est fini.
Sans vraiment s'en rendre compte, le jeune homme se pencha en avant légèrement, son front se posant bientôt sur l'épaule du médecin juste devant lui. Celui-ci le laissa volontiers ainsi, lui offrant le réconfort dont-il avait plus que besoin, une main posée sur sa tête. Il tremblait comme une feuille, son front brûlant et transpirant, une terrible migraine lui fendant le crâne alors que ses yeux le torturaient. Il ne pouvait retenir ses gémissements, la respiration erratique alors qu'il serrait toujours les dents et rapidement, une quinte de toux le prit violemment.
- Esmée, la bouteille d'oxygène s'il te plaît, demanda Carlisle.
La brune lâcha les mains de l'adolescent qui alla d'instinct les accrocher à la chemise du médecin face à lui, désespéré et à bout de force. Elle alla chercher ce qu'il demandait à la vitesse de l'éclair et en quelques secondes, Carlisle plaça un masque sur la bouche et le nez du jeune homme, ouvrant l'arrivée d'oxygène. Il le garda contre lui et parla calmement à son oreille :
- Respire doucement, commanda-t-il avec douceur et tranquillité. Respire doucement et calme toi, ça va aller.
Il lui parla un moment et Nathaniel se calma finalement, la crise passant. Le blond continua à lui donner des instructions pour respirer tranquillement, constatant que le jeune homme faisait de son mieux pour les suivre, et il le garda contre lui, une main sur sa tête. Esmée s'était assise juste à côté du jeune homme, terriblement inquiète pour lui et elle avait posé une main dans son dos, le caressant doucement et délicatement en signe de soutient. Les gémissements de l'adolescent se tarirent et sa respiration se calma, mais il tremblait affreusement, ne tenant assis qu'en s'appuyant sur le médecin qui le soutenait. Et il s'accrochait à lui de toute ses maigres forces.
- Nathaniel ? Tu m'entends ? demanda Carlisle après un moment.
- Oui, répondit-il très faiblement.
- Comment te sens tu ? demanda le médecin.
- Mes yeux me font mal, bredouilla le jeune homme. Ma tête va exploser, ajouta-t-il laborieusement. J'ai mal partout Carlisle, dit-il désespérément au bout du rouleau.
- Ça va aller, rassura le médecin. Esmée, tu peux approcher ma sacoche s'il te plaît, demanda-t-il alors qu'il ne voulait pas s'éloigner de l'adolescent s'agrippant à lui. Je vais te faire une injection contre la douleur tout de suite, expliqua-t-il. Ça va vite aller mieux c'est promis.
Esmée lui ramena très vite son sac et l'aida à préparer ce dont-il avait besoin alors qu'il gardait l'enfant contre lui. Elle releva sa manche, grinçant des dents en découvrant les bandages qui s'y trouvaient. Le médecin fit l'injection sans tarder avant de retourner son attention entière sur son jeune protégé, lui parlant doucement pour le réconforter. Et sa moitié était revenue prendre sa place, tentant elle aussi de réconforter l'enfant par de doux gestes. Il fallut un moment mais il se détendit progressivement, s'apaisant en même temps que la douleur diminuait.
- Ça va mieux ? questionna le médecin au bout d'un moment.
- Oui, murmura l'adolescent sans force, merci, à tout les deux, dit-il doucement.
- Ce n'est rien, répondit doucement Esmée. Est-ce que tu as encore mal ? demanda-t-elle ayant mal supporter de le voir dans un tel état.
- Ça va maintenant, répondit-il d'une voix presque inaudible.
- On va t'allonger un peu et tu va te reposer un moment d'accord ? annonça Carlisle en le voyant complètement épuisé. Esmée et moi on va rester là donc tu n'as qu'à demander si tu veux quelque chose ou que ça ne va pas, expliqua-t-il. Pour le moment, je veux que tu respires doucement et que tu ne penses à rien, repose toi et essaye de dormir si tu y arrives. On reste là ne t'en fait pas. On reparlera quand ça ira mieux tout à l'heure.
Confus et exténué, éprouvé dans tout les sens du terme et plus vraiment conscient de ce qui l'entourait, Nathaniel acquiesça sans un mot et se laissa faire tel une poupée de chiffon lorsque le médecin le déplaça doucement. Voyant qu'il n'y avait pas un coussin dans le canapé, Esmée alla d'autorité en chercher un dans la chambre, prenant l'unique oreiller maigrichon qui s'y trouvait. Elle revint et mit en place l'objet avant de regarder Carlisle allonger le jeune homme sur le dos avec précaution. Elle attrapa rapidement la couverture qui se trouvait là et l'en couvrit avec attention lorsque son mari s'éloigna. Celui-ci approcha la bouteille d'oxygène et vérifia que le masque était bien en place sur le visage de son patient, décidant de l'y laisser pour l'aider à respirer le plus confortablement possible. Esmée s'éloigna de nouveau une minute pour aller dans la salle de bain. Elle y trouva un gant de toilette propre qu'elle imbiba d'eau fraîche avant de l'essorer et de revenir au chevet de Nathaniel, s'asseyant près de lui. Elle le plia en deux et le déposa sur le front brûlant de l'enfant, voulant à tout prix le soulager.
- Merci, murmura d'ailleurs celui-ci en la faisant sourire.
- Ce n'est rien Nathaniel, repose toi, dit-elle avec douceur. Nous restons avec toi.
Il la remercia de nouveau et elle prit sa main gauche dans la sienne, souriant lorsqu'il la serra doucement. Il ne dormit pas mais il somnola, se reposant sans vraiment avoir conscience de ce qu'il se passait, son esprit dans un brouillard total alors qu'il n'en pouvait plus. Il savait juste que Carlisle était là. Il était là avec sa femme qui avait l'air aussi douce et gentille que lui et tout deux veillaient sur lui et ne le laissaient pas tout seul. C'était tout ce qu'il voulait à cet instant et cette présence lui fit le plus grand bien. Il ne connaissait pas le médecin depuis très longtemps et venait à peine de rencontrer sa femme, mais ils avaient déjà fait pour lui bien plus que la plus part des gens qu'il avait connu dans sa vie et ça, ça n'avait pas de prix. Surtout que pour eux, il n'y avait pas tout les avantages que l'on pouvait trouver en lui avant qu'il ne batte Voldemort : l'argent, la célébrité et le pouvoir. Il n'y avait pas tout ça avec eux. Leur aide était sincère et ça n'avait pas de prix pour lui. Rassuré par leur présence, il se reposa tranquillement, sentant simplement la main douce et froide tenant la sienne en un geste réconfortant et chaleureux qui l'apaisa un peu plus.
Carlisle rangea rapidement ses affaires avant de s'asseoir au bord de la table basse juste à côté de sa femme, observant l'adolescent se reposant avec inquiétude. Il ne s'était pas attendu à ce que ses yeux soient si sensibles à la lumière. Il avait dû en falloir beaucoup pour que l'adolescent qui ne se plaignait jamais malgré son état, lâche de tels cris de douleurs. Le jeune homme n'avait vraiment pas de chance.
- Pauvre enfant, dit Esmée d'une voix si basse que seul l'ouïe vampirique de son mari pouvait l'entendre.
- Il a vraiment besoin d'aide, répondit le blond de la même manière pour ne pas gêner le repos du jeune homme. Ces autres blessures ne sont pas plus belles. Il a du mal à guérir à cause de la faiblesse de son organisme. Et il est à bout de force. J'espère que cette pneumonie va rapidement guérir et le laisser tranquille.
- Je me demande comment ça se fait qu'il soit complètement seul ainsi, dit tristement Esmée en observant l'adolescent. Il n'a rien dit sur ses parents ?
- Non, il a juste dit qu'il n'avait plus personne. Pas de famille et pas d'amis, répondit Carlisle.
- Comment peut-on se retrouver seul à ce point à son âge ? demanda-t-elle en regardant le jeune homme immobile se reposant.
- Je ne sais pas mais pour le moment, il est hors de question qu'il soit seul, il ne s'en sortira pas, remarqua Carlisle. Pour le moment, il doit se reposer et se détendre, il est bien trop stressé pour son état.
- Je vais m'en charger s'il est d'accord, répondit la brune en faisant sourire son mari qui n'avait pas manqué son regard doux pour le jeune homme.
Ils laissèrent l'adolescent se reposer un long moment, restant à son chevet en silence ou en discutant de manière inaudible pour les humains. Carlisle s'inquiéta en le voyant tousser régulièrement mais heureusement, l'oxygène semblait l'aider. Lorsque l'heure du déjeuné arriva, Esmée entreprit de préparer un bon repas pour Nathaniel. Elle resta un moment surprise en voyant qu'il n'y avait pas grand chose dans les placards et le frigo. Mais elle prépara tout de même quelque chose et lorsque ce fut prêt, Carlisle décida de prévenir le jeune homme, voulant qu'il mange. Il vint s'asseoir près de lui et posa une main sur son épaule intacte :
- Nathaniel ? appela-t-il doucement. Il est midi, Esmée t'a préparé à manger, expliqua-t-il.
Il fallut quelques minutes pour sortir l'adolescent de sa somnolence, celui-ci peinant à retrouver ses esprits mais il commença finalement à se redresser, immédiatement aidé par Carlisle.
- Merci Carlisle, dit-il la voix enrouée alors que le médecin l'aidait à s'asseoir confortablement.
- Ce n'est rien, répondit le blond en lui retirant le masque à oxygène. Esmée t'a préparé à manger, répéta-t-il ensuite alors que la brune était juste à côté de lui.
Et à l'étonnement du couple, il ne s'inquiéta pas de manger ou de ce qu'il pouvait y avoir dans l'assiette mais d'autre chose :
- Et vous ? demanda-t-il avec une réelle inquiétude visiblement sincère. Vous avez préparé quelque chose pour vous aussi j'espère ?
- Ne t'en fais pas Nathaniel, nous avons tout ce qu'il nous faut, assura Esmée touchée par son attention.
- Vous êtes sûr ? Sinon, n'hésitez pas à vous servir. Il n'y a pas grand chose mais n'hésitez pas, dit-il la voix faible.
- Ça va Nathaniel, nous avons ce qu'il nous faut, confirma Carlisle.
Les deux vampires se regardèrent en souriant légèrement. Le jeune homme n'avait quasiment rien et peu de moyens et il était tout de même prêt à partager ce qu'il avait. C'était très touchant. Esmée s'assit à côté de l'adolescent et entreprit de l'aider à manger. Celui-ci accepta parce qu'il n'avait pas vraiment le choix, ses mains tremblantes et faibles en plus du fait qu'il n'avait aucune idée de comment s'y prendre sans ses yeux. Il avait l'air honteux et gêné, frustré aussi et le couple le comprit aisément, ne faisant aucune remarque. Il remercia plusieurs fois la dame pour son aide et pour lui avoir préparé le repas.
- Merci, répéta une fois de plus Nathaniel lorsqu'il eut terminé. C'était très bon. Ça faisait longtemps que je n'avais pas aussi bien mangé.
Les deux vampires se regardèrent avant de regarder l'assiette désormais vide. On ne pouvait vraiment pas faire plus simple comme repas étant donné ce qu'il y avait dans les placards mais Nathaniel avait mangé ça comme un plat trois étoiles. Ils se demandèrent alors que qu'avait pu être sa vie jusque là. Avec la guerre et le stress, Nathaniel n'avait pas vraiment pensé à son alimentation ces derniers mois. Et puis les scènes de sang et de massacres avaient eu pour effet de le priver d'appétit. Aussi, il n'avait pas mangé beaucoup ces derniers temps, juste ce qu'il fallait pour tenir. Et puis cela faisait longtemps qu'il n'avait eu le temps de manger tranquillement et confortablement comme aujourd'hui. Alors forcément, ce simple repas était un peu extraordinaire pour lui et c'était vraiment bon.
- Je suis heureuse que ça t'ai plu, répondit la dame, j'adore cuisiner.
- Moi aussi, remarqua le jeune homme en la faisant sourire. Ça va être compliqué maintenant, murmura-t-il.
- Ne t'en fais pas, réconforta Carlisle en prenant sa main. Il faut juste réapprendre à faire les choses sans tes yeux mais c'est possible. Tu pourras te remettre à la cuisine si tu en as envie. Il faut juste que tu t'habitues et que tu prennes ton temps. Mais tu pourras le refaire.
- C'est vrai ? demanda l'adolescent avec espoir.
- Bien sûr, confirma le blond. Ça prendra un peu de temps mais c'est possible.
Un léger sourire s'étira sur les lèvres de l'adolescent qui avait l'air un peu soulagé et encouragé d'entendre ça.
- Qu'est-ce que tu aimes manger ? demanda Esmée pour se renseigner.
- Je ne suis pas difficile, répondit-il. J'aime tout. Mais je ne suis pas un gros mangeur, remarqua-t-il.
- Il faudrait pourtant prendre quelques kilos, dit Carlisle avec douceur. C'est important pour ta santé.
- Je vais essayer, répondit le jeune homme.
- Très bien, sourit le médecin se promettant d'y veiller.
- J'aimerais te proposer quelque chose Nathaniel, intervint Esmée.
- Quoi donc ? demanda-t-il.
- Et bien voilà, je ne travaille pas et mes enfants sont grands. Je n'ai pas grand chose à faire de mes journées. Tu as bien besoin de quelqu'un pour vous aider alors si tu veux, je pourrais venir te donner un coup de main pour toute les tâches quotidiennes, proposa-t-elle.
- C'est très gentil mais je n'ai pas les moyens pour..., répondit le jeune homme gêné et tendu.
- Il n'est pas question d'argent Nathaniel, coupa doucement la dame. Je ne veux pas être payé. Je voudrais venir t'aider simplement parce que j'en ai envie, expliqua-t-elle.
- Mais tu as ta maison et ta famille, contra l'adolescent. Je ne veux pas accaparer ton temps et en plus c'est l'été, tes enfants auront certainement besoin de toi et...
- Nos enfants sont grands, interrompit Carlisle. Ils sont tous plus vieux que toi de deux ans au moins, dit-il en donnant l'âge humain du moment de ses enfants. Ils se débrouillent très bien tout seuls et ils ont rarement besoin de nous maintenant puisqu'ils sont très responsables.
- J'ai tout mon temps, continua Esmée, et ça me fera sortir de chez moi. J'aimerais vraiment t'aider. Comme ça, tu pourras te reposer sans t'inquiéter et guérir tranquillement. Et quand tu seras guéri, je pourrais t'aider pour réapprendre à faire les choses. On pourrait même cuisiner ensemble, dit-elle un franc sourire dans la voix.
- Tu es sûr ? demanda anxieusement le jeune homme. Je ne veux pas vous embêter. Je peux me débrouiller, je...
- Mais ça ne m'embête pas du tout au contraire, contra Esmée.
- Et tu as besoin d'un coup de main Nathaniel, continua Carlisle. Tu dois te reposer le plus possible pour te remettre et Esmée pourra t'aider pour gérer ta maison, préparer tes repas ou faire les courses. Tu as besoin de quelqu'un. Je voulais le faire mais avec mon travail je ne peux pas. Esmée ne travaille pas et elle s'ennuie parfois à la maison, alors ça lui ferait vraiment plaisir de venir t'aider un peu. Et puis comme ça tu ne seras pas tout seul.
- J'ai l'habitude d'être seul, ce n'est pas un problème, répondit-il avec une certaine tristesse.
Les deux vampires se regardèrent, plus que jamais curieux et intrigués à propos de sa vie. Voulant en savoir plus, le médecin décida de poser quelques questions :
- Si je suis indiscret ou que tu ne veux pas répondre, dit le moi, commença-t-il doucement, mais est-ce que tu veux bien me dire où sont tes parents ?
Il y eut quelques secondes de silence, Carlisle caressant doucement la main qu'il tenait en espérant qu'il réponde. Finalement, l'adolescent prit une petite inspiration et serra légèrement ses doigts :
- Mes parents sont morts, annonça-t-il en les attristant. Ils... ils ont été tué par un fou, expliqua-t-il. Ils sont morts en me protégeant. J'avais juste un peu plus d'un an quand c'est arrivé.
Esmée et Carlisle furent choqués d'entendre cela.
- Je suis vraiment désolé, dit Carlisle alors qu'Esmée se sentait infiniment triste pour lui.
- Je ne me souviens pas d'eux mais ils m'ont donné ce qu'ils avaient de plus précieux alors j'essaye de faire en sorte d'être quelqu'un dont-ils auraient été fiers, dit-il la voix basse.
Il ne savait pas pourquoi il racontait ça. Mais tout ce qui le tourmentait lui pesait trop. Il avait envie d'en parler, il avait l'impression que ça lui ferait du bien. Avant, il n'avait jamais eu personne pour l'écouter. On lui avait demandé d'être fort et sans tâche, on ne voulait pas l'entendre se plaindre, parler de ce qui lui pesait ou le rendait triste... Non, il devait vaincre Voldemort alors il était assez fort pour supporter tout ça. Et puis ça n'avait jamais intéressé personne. Mais il sentait qu'il pouvait le dire à ce moment précis alors que le médecin lui posait des questions. C'était trop lourd, il avait besoin de partager un peu. Et puis c'était plus facile avec des gens qu'il n'avait jamais vu et qu'il ne connaissait pas depuis longtemps. Son épuisement physique et moral et la gentillesse du couple l'encourageaient un peu plus, sa faiblesse et son envie de réconfort faisant taire ses réticences habituelles.
- J'avais quelques photos d'eux avant mais elles ont brûlé dans l'accident, mentit-il.
Non, elles devaient être dans sa malle à Poudlard, mais il y avait peu de chance qu'il récupère son album un jour et il ne pouvait plus regarder les photos.
- Maintenant que je ne peux plus les voir, j'ai peur d'oublier leurs visages, dit-il la voix tremblante.
Le cœur brisé, Esmée assise juste à côté de lui posa une main sur sa tête, le faisant sursauter, mais elle continua et caressa doucement ses cheveux, voulant le réconforter et ne sachant pas quoi dire face à ça. Il n'y avait malheureusement pas de solution à ce problème. Il y eut un petit moment de silence avant que Carlisle ne pose une autre question :
- Tu as grandi dans une famille d'accueil ? demanda-t-il délicatement en tenant toujours sa main.
- Non, répondit-il en se tendant comme un arc et inquiétant le couple. J'étais fils unique et je n'avais plus de famille du côté de mon père. Mais du côté de ma mère, il y avait sa sœur. Ma tante. Elle était mariée, avait un enfant de mon âge et avec une situation confortable alors c'est à elle que j'ai été confié, raconta-t-il doucement. Mais elle et sa famille, ils haïssaient littéralement mes parents alors je n'étais pas le bienvenu. Ils ne m'ont gardé que parce qu'ils percevaient une belle pension venant de l'héritage que mes parents m'avaient laissé, expliqua-t-il. Mais ils m'ont toujours bien fait comprendre qu'ils ne voulaient pas de moi dans leur famille, murmura-t-il tout bas en serrant un peu plus la main du médecin alors qu'il était toujours aussi tendu.
Esmée prit sa deuxième main dans la sienne en continuant ses caresses, révoltée à l'idée que cette famille ait pu mal s'occuper d'un enfant. Ne comprenant pas comment cette femme avait pu rejeter le fils de sa sœur et lui faire ressentir ainsi qu'il n'était là que parce qu'il rapportait de l'argent. Elle était furieuse d'entendre ça. Comment pouvait-on faire ça à un enfant qui avaient perdu ses parents et qui n'avait rien demandé ou fait ? Carlisle lui, écarquilla les yeux, ayant peur de comprendre ce qu'il pouvait se cacher derrière ça. Et puis il revit certaine des veilles cicatrices qu'il avait vu sur le jeune homme et dans son dos particulièrement. Ça ressemblait à des coup de fouet ou de ceinture maintenant qu'il y pensait. Il eut peur de comprendre, espérant que sa supposition était fausse mais vu l'extrême tension que manifestait l'adolescent en parlant de ça, il voyait juste. Il décida de ne poser aucune question à ce sujet, ce n'était pas le moment pour ça et il écouta plutôt Nathaniel qui continuait avec tension, la voix basse.
- J'ai vécu chez eux et quand j'ai eu onze ans, je suis allé en pension dans l'école où mes parents avaient été. Ils voulaient que j'y aille aussi et ils m'y avaient inscrit à ma naissance, expliqua-t-il. À partir de là, je ne passais plus que mes étés chez ma tante. Il semblait que c'était encore trop pour eux, bredouilla-t-il. Et puis quand j'ai eu treize ans, j'ai rencontré mon parrain. Je ne savais même pas qu'il existait. C'était le meilleur amis de mon père mais il avait eu de gros problèmes après la mort de mes parents. Il est arrivé chez moi peu après leur meurtre et il a été accusé à tort. Normalement, j'aurais dû vivre avec lui mais il a été envoyé en prison pendant douze ans avant de sortir. Il est venu me voir tout de suite, il voulait s'occuper de moi mais comme il sortait de prison, il ne pouvait pas, sa vie était trop instable et ma tante ne voulait pas lui laisser ma garde, elle aurait perdu la pension. Il m'a aidé à m'émanciper quand j'avais quinze ans presque seize. Ma tante a perdu la pension mais elle était bien contente de me mettre dehors, ironisa-t-il. Et puis mon parrain est mort un mois avant mes seize ans. Il est mort à cause du même homme qui avait tué mes parents. La pension où j'étais a fermé il y a peu et j'ai voulu changer d'air. J'ai choisi Forks parce que j'aime bien les coins perdus entouré de forêt et parce que c'était un bon endroit pour ma santé. Et j'ai eu cet accident juste avant de venir, termina-t-il.
Les deux vampires se regardèrent, un peu choqués par le récit qu'ils venaient d'entendre. Carlisle avait raison : l'adolescent n'avait pas eu la vie facile. Il était extrêmement tendu maintenant tenant les mains des deux adultes sans les lâcher et sans vraiment s'en rendre compte. Esmée caressait ses cheveux et ça faisait du bien, leur attention lui faisait tellement de bien alors qu'il s'était toujours sentit si seul. Il fut immensément surpris lorsqu'Esmée assise juste à côté de lui à sa droite, enroula son bras autour de ses épaules pour l'attirer contre elle avec tendresse. Il en fut tellement étonné qu'il se laissa faire sans vraiment réaliser. La dame elle, était très touchée par l'histoire. Elle ne supportait pas de voir des enfants dans ce genre de situation. Elle avait tant voulu être mère et elle avait eu le malheur de perdre son enfant. Nathaniel lui, avait perdu ses parents et avait eu un cruel manque de famille, de parents pour veiller sur lui et sur son bien être. Elle ne put s'empêcher de se faire la remarque qu'elle aurait volontiers accepté d'être sa mère si elle l'avait rencontré enfant. Et maintenant, elle avait encore plus envie de l'aider et de veiller sur lui. Et le couple remarqua sans mal la surprise de l'adolescent à ce geste. Même avec son visage à moitié caché, ça se voyait et ça se sentait aussi alors qu'il s'était figé, ne semblant pas savoir comment réagir au geste spontané de la brune. Mais il se laissa faire et ne chercha pas à s'éloigner, les adultes comprenant qu'il devait vraiment avoir besoin d'un peu de chaleur et de réconfort.
- Ça n'a pas du être facile, remarqua-t-elle doucement en le câlinant.
- Il y a pire, relativisa le jeune homme sans se plaindre une fois de plus en impressionnants les vampires. Je me suis toujours débrouillé.
- Et de quoi est-ce que tu vis exactement ? demanda Carlisle avec précaution.
- Avant, c'était sur l'héritage de mes parents, expliqua-t-il. C'est avec ça que j'ai payé l'école et ce dont j'avais vraiment besoin. Les pensions versées à ma tante là dessus étaient conséquentes, dit-il alors que le couple supposait qu'il avait été dilapidé. Je ne l'ai plus maintenant mais j'ai eu autre chose. Ma mère avait un ami d'enfance et ils étaient proches. Je ne l'ai su qu'il n'y a peu de temps. Cet homme est décédé il y a peu et comme il n'avait personne, il m'a désigné comme héritier. Parce que j'étais le fils de sa meilleure amie et qu'elle avait gardé une grande place dans son cœur même des années après sa mort. Il a dit que je lui faisais beaucoup penser à elle parce que j'avais les mêmes yeux qu'elle et que je lui ressemblais énormément moralement parlant. Grâce à ce qu'il m'a offert, je devrais pouvoir vivre deux ans en faisant attention. Après il faudra que je trouve autre chose même si j'ai un peu de mal à savoir ce que je vais pouvoir faire maintenant.
Carlisle comprit un peu plus à quel point il devait être angoissé et stressé par la situation. L'adolescent était vraiment dans une situation difficile. Il avait bien compris que lorsqu'il disait « faire attention », il parlait de se restreindre au strict nécessaire. La maison parlait pour lui. Et deux ans, c'était vraiment peu pour se faire à la cécité, réapprendre à vivre et réorganiser toute sa vie en conséquence pour envisager une carrière ensuite.
- Ça va aller, assura Carlisle, on va t'aider c'est promis, dit-il avec détermination.
- Oui, renchérit Esmée bien décidée elle aussi maintenant. Mais pour le moment, il faut que tu guérisses et que tu te reposes tranquillement Nathaniel, remarqua-t-elle. Je viendrais t'aider, assura-t-elle.
- Mais je..., tenta-t-il de protester faiblement.
- Il n'y a pas de mais, coupa gentiment Esmée qui le tenait encore contre elle. Je t'assure que ça ne me dérange pas bien au contraire, ça me fait même plaisir. Tu veux bien me laisser faire s'il te plaît ?
Il connaissait à peine la dame pourtant, Nathaniel sentait qu'il pouvait lui faire confiance. Elle était comme Carlisle : douce, gentille et attentionnée. Sa présence était agréable autant que le réconfort qu'elle lui offrait. Et puis il avait vraiment besoin d'un coup de main, il s'en rendait parfaitement compte. Il n'arrivait même pas à se faire à manger tout seul pour l'instant.
- D'accord, répondit-il finalement.
- Ça va aller ne t'en fait pas, rassura la dame en souriant.
- Ne t'inquiète pas Nathaniel, appuya Carlisle. On va trouver des solutions tous ensemble. Pour le moment, il faut que tu te reposes et quand tu seras guéri, Esmée et moi, on t'aidera à réapprendre les choses et puis on verra ce qu'on pourra faire ensuite. Maintenant, tu vas laisser un peu tout ça de côté, te reposer, te détendre et ne penser qu'à toi. On va s'occuper de toi et tout ira bien d'accord ? Dit-il doucement.
- D'accord, bredouilla l'adolescent visiblement très ému et très touché. Merci. Merci beaucoup, remercia-t-il la voix tremblante de soulagement.
Carlisle et sa femme échangèrent un petit sourire et Esmée continua à câliner l'adolescent comme une mère, son mari tenant encore sa fine main qu'il caressait du pouce.
