Chapitre 10 :
Musique maestro
Le lendemain, ce fut un peu mieux que Nathaniel se réveilla alors que c'était avec soulagement que les vampires avaient suivis la baisse de sa fièvre toute la nuit. Edward était passé dans la soirée, et lorsque Bella avait de nouveau insisté pour l'éloigner de l'aveugle, il lui avait fermé la porte de la chambre au nez, lui ordonnant le silence pour ne pas réveiller Nathaniel qui n'entendait pourtant rien. Toute la journée, la jeune fille l'avait tenu éloigné de sa propre maison alors qu'il s'inquiétait pour l'adolescent et il arrivait à bout de patience. Aussi, il la renvoya sèchement, agacé mais surprenant agréablement sa famille réuni au grand complet dans la chambre d'ami. La porte refermée, il écouta Bella pester contre lui de l'autre côté avant de s'en aller, le faisant soupirer.
- Ça ne va pas être la fête au lit ce soir, s'amusa Emmet.
- Crétin, insulta son frère en les rejoignant. Ça a été aujourd'hui ? demanda-t-il.
- On peut pas vraiment dire ça, remarqua Jasper assis au bord du lit et tenant l'une des mains de l'aveugle endormis.
Aussitôt, Edward s'invita dans ses pensées pour y voir la scène du matin et la journée qui avait suivi, son frère lui donnant un regard éloquent. Il s'était dirigé ensuite vers Carlisle pour se renseigner sur l'état du jeune homme après quoi il s'était installé avec eux pour le veiller des heures durant, tous discutant à voix basse du jeune humain complètement inconscient de leur présence. Aussi, il fut soulagé comme tous en constatant la baisse de la fièvre du jeune homme. Lorsqu'il ouvrit les yeux au matin, il eut bien du mal à faire le point et il n'entendait toujours rien. Mais il semblait plus conscient désormais, bien que fatigué. Ce matin là, Carlisle fit intervenir Jasper auprès de son protéger afin de voir sa réaction et il fut agréablement surpris de constater que Nathaniel réagissait plutôt positivement au contact de l'empathe. Il savait que Jasper lui avait dit ou plutôt écris quelque chose la veille, une chose qu'il gardait pour lui mais qui semblait avoir décidé son protéger à lui laisser une chance d'approcher. Lorsqu'il dut partir pour le travail, il laissa donc Nathaniel aux mains d'Esmée mais aussi à celles de Jasper, le priant de faire son possible pour garder l'adolescent le plus tranquille possible. Et celui-ci lui promit d'y veiller.
Ce fut donc sous leur soins que le jeune homme passa la matinée au lit, Jasper écrivant régulièrement dans sa main, cherchant à le mettre en confiance. Esmée ne le laissait jamais seul, sachant qu'il risquait de stresser plus que de raison sans elle. Et bien que Alice, Emmet et Rosalie furent constamment avec eux, Nathaniel n'en fut jamais conscient. La mère avait décidé de remettre les présentations à plus tard pour ne pas mettre son protéger plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà. Et tous le comprirent aisément. En début de matinée, Edward s'en alla avec Bella, le couple quittant la maison en dispute alors que la jeune fille reprochait au vampire de l'avoir laissé seule cette nuit. À l'heure du déjeuner, Esmée proposa à l'adolescent de descendre s'installer au salon pour changer un peu alors qu'elle lui préparerait son repas. Il accepta avec joie et ce fut Jasper qu'il l'aida à se lever et à descendre tranquillement pour aller l'asseoir dans un canapé. Nathaniel le remercia avec beaucoup de gêne, reprenant son souffle qu'il avait perdu dans l'escalier. Et alors qu'il était assis là, Nathaniel perçut une chose qui l'interpella. Plongé dans le noir, ses sens se retrouvaient peu à peu exacerbés. Son odorat, son toucher, son goût et quand elle fonctionnait, son ouïe se retrouvaient plus précis que jamais. Là, il sentait deux températures différentes sur sa main. Intrigué, il déplaça sa main sur la gauche et elle sembla entrer dans le froid. Il la déplaça à droite et elle se réchauffa en quelques secondes. Dans le silence, il était plus concentré encore et il comprit bien vite.
- Froid, dit-il en attirant l'attention des deux couples vampiriques l'entourant alors qu'il avait la main dans la fraîcheur. Et chaleur, dit-il en déplaçant ses doigts. Ombre et lumière. Il fait beau aujourd'hui n'est-ce pas ? demanda-t-il doucement.
Il venait de reconnaître cette sensation de chaleur du soleil passant à travers une vitre et de comprendre qu'il était entre une zone d'ombre et de lumière. Il n'avait jamais fait attention à ça, il faudrait qu'il le fasse. Il sursauta brutalement lorsque sa main fut délicatement prise par une autre. C'était Jasper qui lui confirma ce qu'il venait de comprendre en écrivant doucement sur sa peau. Il sourit, se rassurant une fois de plus en se disant qu'il pouvait encore percevoir le monde. Il sursauta de nouveau en percevant quelque chose. Il sentit que Jasper écrivait quelque chose dans sa main mais il n'y fit pas attention. Il entendait quelque chose. Était-ce un fantasme ? Il se concentra, figé. Oui, il entendait bien quelque chose. Un bourdonnement léger. Simple bourdonnement qui brisait le silence et qui sonnait le début du retour de son ouïe. Il sourit largement, soulagé.
- Je... je crois que ça commence à revenir, dit-il alors que tous s'étaient inquiétés de son immobilité soudaine autour de lui. Ça bourdonne un peu, sourit-il en posant une main sur son oreille.
Tous sourirent autour de lui, comprenant qu'il commençait à retrouver l'usage de ses oreilles, soulagés pour lui. Esmée ne tarda pas à revenir, souriante alors qu'elle avait entendu la nouvelle. Elle aida son protéger à manger, remerciant Emmet lorsqu'il amena une couverture en s'apercevant que le jeune homme frissonnait. Elle l'enroula dedans lorsqu'il eut terminé, s'asseyant près de lui et prenant sa main. Il la serra doucement en réponse, la remerciant et la félicitant pour le repas. Elle le pria ensuite de se reposer et de se détendre, argumentant que ça l'aiderait sûrement à entendre de nouveau plus vite. L'adolescent resta tranquille dans le fauteuil, la tête posée sur le dossier, emmitouflé dans sa couverture, laissant Esmée caresser doucement sa main. Il touchait parfois ses oreilles, tous se disant qu'il devait peut-être commencer à entendre d'autres petites choses. Carlisle avait expliqué que ce serait d'abord des bourdonnements, puis des bruits sourds, étouffés et lointains qui se feraient de plus en plus clair jusqu'à revenir à la normal. Dans l'après midi, Edward rentra, seul, annonçant à sa famille que Bella passerait le reste de la semaine avec Charlie qui réclamait sa présence et que lui même avait besoin d'un peu d'air. Hormis Rosalie, qui marqua sa joie sans s'en cacher, personne ne fit de remarque, acquiesçant simplement. Il demanda des nouvelles de l'adolescent, souriant en apprenant que son ouïe s'améliorait. Il s'installa ensuite avec le reste de sa famille, profitant avec eux du calme entre quelques discussions futiles. Tous observaient aussi l'aveugle qui faisait jouer ses doigts entre ombre et lumière, redessinant les coutures du canapé, occupant ses mains. Il semblait étudier tout ce qui passait sous son toucher, sans un bruit, sans un mot. En milieu d'après midi, lorsque Esmée l'interrogea, il expliqua qu'il commençait à entendre des bruits étouffés, réjouissant tout le monde qui vivait avec lui ce moment. Jasper sentait son soulagement mais aussi son appréhension, sa tension et son espoir.
- Edward, tu veux bien te mettre au piano s'il te plaît ? demanda finalement la mère.
- Pourquoi ?
- Il aime la musique classique, dit-elle en les surprenant, et je pense que ça serait plus agréable pour lui de pouvoir se concentrer sur quelque chose pendant que son ouïe revient, expliqua-t-elle. La musique le détend. Ça lui permet de ne penser à rien que de se concentrer sur autre chose. C'est la seule distraction qu'il a chez lui, une radio branchée sur une station classique.
Acquiesçant en souriant doucement, Edward se leva pour rejoindre son piano, se mettant à jouer une musique calme et tranquille. Il fallut un moment mais Nathaniel se redressa finalement, tournant la tête vers l'instrument.
- Un piano ? demanda-t-il finalement.
« Oui. » lui confirma-t-elle. « C'est mon fils Edward qui joue pour toi. Pour t'aider à retrouver ton ouïe. »
- C'est très gentil. Merci, dit-il avec une gratitude largement palpable.
Le pianiste sourit, s'appliquant à jouer pour lui, ravi d'être écouté avec attention alors qu'il voyait l'adolescent concentré sur lui. Ce fut donc en musique finement jouée que les heures suivantes passèrent, tous se détendant dans ce moment simple en famille qu'ils n'avaient pas vécu depuis longtemps. Depuis quand n'avaient-il pas entendu la musique d'Edward ? Il n'avait pas joué depuis longtemps. En fin de journée, Carlisle rentra, heureux de trouver sa maison calme, tranquille, sereine et baignée d'une musique douce qu'il n'avait pas entendu depuis trop longtemps. Il sourit largement en trouvant sa femme, ses enfants et son protéger au salon, détendus. Enfin, Nathaniel n'était toujours pas vraiment relaxé mais cela était normal pour lui. Il salua tout le monde de signes de tête, rejoignant l'adolescent sur son canapé. Celui-ci sursauta brusquement en le sentant s'asseoir prés de lui mais il reconnut très vite sa main lorsque le médecin prit la sienne.
- Carlisle ? demanda-t-il doucement pour confirmer.
« C'est moi. Comment ça va ? » interrogea-t-il doucement.
- Mieux, sourit-il. J'entends le piano. Pas très bien mais j'entends le piano, dit-il avec un soulagement tellement gigantesque que tous pouvaient s'imaginer l'angoisse qu'il avait ressenti jusque là.
- Tu entends ma voix ? demanda le médecin en parlant distinctement.
Nathaniel sembla se concentrer sur lui et il répéta sa question.
- Un peu mais c'est comme si tu parlais dans un oreiller, expliqua l'adolescent.
« C'est bien. Ça ne devrait prendre que quelques heures maintenant pour que tout redevienne normal. Et quand ça ira mieux, on ira faire un examen auditif à l'hôpital pour vérifier que tout est bien revenu. »
Le jeune homme acquiesça et le médecin le laissa écouter la musique sur laquelle il semblait concentré. Tous dans la pièce suivaient d'ailleurs sa lente progression. Edward ne regardait pas son piano, non, il regardait le visage de l'aveugle, guettant ses réactions à ses notes. Après un moment, Carlisle expliqua à son protéger qu'il avait ramené une crème pour passer sur la peau fragile de ses brûlures tout juste guéries et qui en avait bien besoin selon lui. Il la sortit et demanda à Nathaniel de lui donner sa main droite, celui-ci lui disant qu'il pouvait bien s'en charger lui même. Le médecin insista doucement, lui demandant juste de se détendre et l'adolescent se laissa finalement faire, donnant sa main abîmée. Délicatement, il remonta la manche de son pyjama, tous pouvant observer les lourdes marques sur son bras, s'en attristant. Tranquillement, Carlisle prit un peu de crème pour l'appliquer sur la fine peau rougie et endommagée, massant avec toute l'attention dont-il était capable. Il fit cela sans autre fond que la musique du piano et les remerciements du jeune homme. L'ambiance était calme et sereine dans le salon, tous profitant de cette quiétude qu'ils n'avaient pas eu depuis longtemps. Après la main de Nathaniel, le blond passa à son épaule gauche et son flanc droit qui avaient vu de lourdes brûlures eux aussi. Et alors qu'il s'en chargeait, ses enfants purent voir les trop nombreuses marques et cicatrices qu'il portait, plus ou moins anciennes et témoignant d'une vie très difficile.
- Que lui est-il arrivé ? demanda Rosalie aussi choquée que les autres en regardant ce corps frêle ainsi marqué.
- Rien qui ne mérite d'être raconté, murmura Nathaniel en les surprenant tous. Rien qui ne mérite d'être entendu, ajouta-t-il la voix chargée d'une très lourde émotion.
- Toutes les histoires peuvent être entendues, répondit Carlisle qui terminait avec son épaule.
- Non certaines devraient être simplement oubliées, dit-il si bas qu'une personne ordinaire aurait eu du mal à l'entendre. Dommage que ce soit les seules qui s'obstinent, murmura-t-il. Merci Carlisle, dit-il en reboutonnant sa chemise. Je suppose que vous étiez tous là depuis longtemps ? remarqua-t-il en devinant que les enfants du couple étaient là.
- Ils ont passé l'après midi avec nous, renseigna Esmée.
Nathaniel se tendit, terrifié à l'idée qu'il n'avait absolument pas deviné les présences étrangères jusque là. C'était affreux. Il était devenu totalement incapable de se protéger. Incapable de savoir ce qu'il avait autour de lui. À cet instant précis, il était incapable de dire combien de personnes il avait autour de lui, s'il y avait du danger ou non. Il ne savait même pas situer Carlisle et Esmée sans qu'ils ne parlent ou ne prenne sa main. Il s'enferma dans ses bras, sursautant brusquement lorsqu'une main se posa sur son bras.
- C'est Jasper, renseigna celui-ci alors qu'il était venu s'accroupir devant lui. Inutile d'avoir peur, tu es en sécurité ici.
Nathaniel lui sourit pauvrement, peu convaincu. Il ne l'avait même pas entendu approcher.
- Comment entends tu maintenant ? demanda Carlisle voulant changer de sujet.
- Presque normalement, ça bourdonne juste encore en fond, expliqua-t-il.
- Ça devrait être revenu à la normale demain, positiva le blond.
- J'espère. Merci Carlisle. Pour tout. Et Esmée aussi. Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans vous, dit-il.
- Ce n'est rien, assura la mère. Si on faisait les présentations, proposa-t-elle ensuite joyeusement.
Nathaniel acquiesça, se tendant néanmoins largement et cela, tous le comprirent. Ce fut donc tranquillement et en veillant à faire du bruit qu'ils s'approchèrent de lui. Ils se présentèrent un à un, lui donnant à chaque fois l'une de leur main pour que l'aveugle puisse prendre un point de repère. Edward fut le dernier à donner sa main.
- C'est toi qui jouait, remarqua-t-il. Merci, c'était très beau, complimenta-t-il.
- C'était un plaisir, répondit Edward en relâchant sa main.
- Il est tard, je vais préparer le dîner, annonça joyeusement Esmée.
Il la remercia et laissa Carlisle le couvrit de nouveau de la couverture.
- Tu as encore besoin de te reposer, conseilla-t-il, il vaudrait mieux que tu retournes te coucher après avoir mangé.
Nathaniel approuva sans un mot, écoutant les discussions futiles qui s'engagèrent autour de lui. Alice parlait shopping et mode, taquiné par Emmet vite rabroué par Rosalie. Edward y mettait sa remarque, rapidement embêté par ses sœurs. Il entendait Jasper rire parfois, semblant se satisfaire de regarder. Et Carlisle restait tranquille près de lui, tenant sa main qu'il caressait distraitement. C'était une ambiance douce telle qu'il n'avait pas le souvenir d'en avoir connu. Était-ce à ça que devait ressembler un moment en famille ? Si c'était le cas, c'était vraiment quelque chose d'agréable et de reposant. Encore une chose dont-il avait été privé et à laquelle il n'avait pas droit.
- Est-ce que ça va ? demanda Jasper assis près de lui et posant une main sur son bras.
- Ça va, assura-t-il après un brusque sursaut.
Ce fut dans le silence que Nathaniel laissa la soirée s'écouler, n'ouvrant la bouche que pour remercier Esmée pour le repas. Il écoutait ce qu'il se passait autour de lui, réfléchissant tristement à tout ce qu'il avait perdu et qu'il ne reverrait jamais. Autour de lui, tous tentaient de rendre l'ambiance aussi tranquille que possible pour le détendre un peu mais tous avaient aussi remarqué que Jasper ne lâchait pas l'aveugle des yeux, l'air préoccupé. L'empathe suivait en effet chacune de ses émotions, inquiet de ne sentir en lui que de la tristesse et de la douleur. Carlisle poussa finalement l'adolescent vers son lit, l'aidant à remonter à l'étage et l'aidant à prendre ses médicaments. Restant avec lui jusqu'à ce qu'il s'endorme profondément.
Lorsqu'il se réveilla le lendemain matin, ce fut avec joie que Nathaniel entendit le moindre bruissement de ses draps, infiniment soulagé. Il s'assit dans son lit, écoutant tout ce qu'il se passait dans la pièce mais il semblait être seul. Un léger bourdonnement persistait encore mais il s'éteignait doucement. Sa tête était un peu douloureuse, comme souvent mais il n'en tint pas compte. Il se sentait tellement faible encore, le vide laissé par sa magie semblant dévorer peu à peu ce qu'il restait de lui. C'était terrifiant. Mais il n'y avait plus que la terreur désormais. Il avait toujours vécu avec la peur au ventre depuis la mort de ses parents. Il ne l'avait jamais avoué mais il avait toujours eu peur, terriblement peur. Mais avant, il avait toujours des miettes de courage pour l'aider à tenir debout. Aujourd'hui, il n'y avait plus de courage, plus de force, plus de héros ni de guerrier magique comme jamais on n'en n'avait vu. Maintenant, il n'y avait plus qu'un enfant aveugle qui ne voyait plus de lumière et qui n'avait même plus assez de vaillance pour faire semblant. Il avait tout donné dans la guerre, la guerre lui avait tout pris et ses ennemis l'avaient détruit. C'était fini. Pourtant, il se sentait telle une relique du passé, brisée mais subsistante, figée dans un temps duquel elle ne pourrait jamais sortir. Dans le silence qui lui avait été imposé, il avait pu réfléchir un peu. Tout cela aurait raison de lui. Il le sentait. Il ne supporterait plus très longtemps. Il ne voulait plus supporter. Pour quoi faire de toute manière ? Il avait fait ce qu'on attendait de lui. Comme Voldemort, il devait disparaître lui aussi, pour mettre une fin finale à tout ça. Il avait envie de rejoindre sa mère, pour voir si elle était aussi douce qu'Esmée, de rejoindre son père pour qu'il le prenne dans ses bras comme le faisait Carlisle. Il voulait retrouver Sirius et écouter ses blagues idiotes. Il mourrait pour pouvoir dire à Severus à quel point il regrettait tout ceci, à quel point il regrettait de ne pas avoir été assez fort pour qu'il vive. Pour qu'il puisse vivre libéré du serment qu'il avait fait sur la dépouille de sa mère. Il rêvait souvent de lui, en cauchemar. Il sentait encore son sang sur ses mains.
Il ne supporterait plus tout ça très longtemps. Il sourit pauvrement en entendant le son d'un piano s'élever dans la maison. C'était tellement beau. Tellement réconfortant. Edward, si c'était bien lui, jouait avec une douceur et une chaleur qu'il percevait dans chaque note. Sa famille avait de la chance de l'avoir. Et cette famille était une chose qu'il devait encore protéger. Protéger de lui. Lui ne valait plus grand chose mais il ne pouvait risquer d'attirer ses ennemis chez les Cullens. Il savait qu'on le cherchait probablement. Il y aurait toujours un risque. Un risque qui lui tordait le ventre à chaque seconde. Mais ça, c'était son problème. Carlisle et Esmée n'avaient pas à s'embêter avec lui comme ils le faisaient. Il ne leur apporterait que des problèmes. Chaque geste doux du couple ces derniers jours, n'avait fait que lui rappeler qu'il n'y avait pas droit. Dans tout ceci, il était parvenu à retrouver un peu de calme. Celui qu'il fallait pour faire ce qu'il avait à faire.
À tâtons, il chercha la table de chevet, sachant que ses maigres possessions étaient là. Il mit un moment à la trouver mais il y parvint finalement. Il prit d'abord le bracelet qui lui servait de montre, le passant et s'en servant pour connaître l'heure. Neuf heure. Il avait dormi longtemps comparé à ses habitudes. Carlisle était probablement déjà parti travailler. Jugeant l'heure correcte, il prit son téléphone posé non loin, s'en servant pour appeler le Shérif Swan. Il porta l'appareil à son oreille, écoutant les tonalités raisonner.
- Shérif Swan, répondit finalement l'homme à l'autre bout du fil.
- Bonjour Shérif, salua-t-il tout d'abord. Excusez moi de vous déranger. C'est Nathaniel Douglas, renseigna-t-il. Comment allez vous ?
- Bonjour Nathaniel, je vais très bien merci. Je suis très heureux de vous entendre. Est-ce que vous allez mieux ? Le docteur Cullen m'a dit que vous étiez tombé malade.
- Je vais bien grâce à lui, je vous remercie, répondit-il.
- Tant mieux. Que puis-je faire pour vous ?
- Carlisle m'a dit que vous aviez contacté mon propriétaire au sujet de mon problème de chaudière ? demanda-t-il.
- En effet, acquiesça-t-il. Il a d'ailleurs été voir cela avant hier.
- Je vous remercie de l'avoir contacté si vite, commença-t-il tout d'abord. Savez vous ce qu'il en est ?
- Oui. La chaudière doit-être changée. Le propriétaire estime cependant que vous êtes responsable de la casse pour avoir trop poussé le chauffage et le réparateur à confirmé que la panne avait été provoqué par cela. Ce n'est pas de votre faute bien sûr, soupira-t-il. Seulement, le propriétaire se sert de cette excuse. Il ne voulait pas payer les réparations, c'est un chantier assez coûteux et votre contrat ne l'oblige pas à couvrir les dégâts dont vous seriez responsable. Je me suis permis de lui parler. Je ne cautionne pas son attitude, il est dans ses droits mais il est aussi clair que l'installation n'était pas assez entretenue. Il accepte de faire les travaux nécessaire mais il veut partager les frais pour moitié. Je n'ai pas pu obtenir mieux, je suis désolé.
- Je vous remercie de tout cœur pour votre aide Shérif, vous n'étiez pas obligé, dit-il la voix neutre.
- C'est bien normal Nathaniel. Vous deviez vous reposer.
- Quand bien même, je vous remercie. Savez vous à combien se montent les frais de réparation ? demanda-t-il avec tension.
Le Shérif lui annonça et il se força au calme, faisant un rapide calcul. Entre ces frais imprévus et la facture de soin qu'il devait encore à la clinique, il allait réduire la durée de vie de son budget d'au moins six mois. Mais il n'avait pas vraiment le choix de toute manière.
- Très bien. Pouvez vous me donner son numéros de téléphone que je puisse lui annoncer que j'accepte, dit-il la voix plate.
- Laissez Nathaniel, je vais lui dire. Ce n'est pas un homme très agréable et vous n'avez pas besoin de ça. Je m'en charge.
- C'est inutile Shérif. Vous avez déjà bien assez fait, je vais m'en charger.
- J'insiste Nathaniel, appuya-t-il. Je m'en charge. Reposez vous en attendant. Le docteur Cullen a dit que vous en aviez besoin. Il me suffira d'un simple coup de fil et si c'est moi qui m'en charge, il ne fera pas d'histoire supplémentaire. Laissez moi faire.
- Très bien, merci, dit-il avec gratitude.
- De rien. Je pense que les travaux devraient pouvoir être fait d'ici la fin de la semaine prochaine.
- Ok. Savez vous si je peux rentrer en attendant ?
- Vous pouvez mais il n'y aura pas d'eau chaude ou de chauffage avant les réparations, s'inquiéta l'homme. Le docteur Cullen m'a dit qu'il vous hébergerait un moment le temps de régler la situation. A-t-il changé d'avis ?
- Nous n'avons pas encore abordé le sujet, avoua Nathaniel. Mais il est de toute manière hors de question que je m'impose plus longtemps chez les Cullen. Esmée et Carlisle ont déjà énormément fait pour moi et je leur en suis infiniment reconnaissant. Je ne veux pas les embêter plus longtemps, eux et leur famille. Je vais rentrer. Je mettrais un pull de plus, tenta-t-il d'ironiser. Il ne fait pas si froid.
- Vous devriez peut-être reconsidérer la chose Nathaniel, tenta-t-il de le convaincre.
- Non, c'est tout considéré. J'ai déjà occupé trop de leur temps ces dernières semaines. C'est bien assez comme ça. Je peux me débrouiller ne vous en faîte pas, je l'ai toujours fait. Je vais rentrer. Encore merci pour votre aide Shérif.
- N'hésitez pas si vous avez besoin de quoi que ce soit, rappela l'homme. Reposez vous bien. Je vous rappellerais pour vous dire comment se passeront les travaux et quand.
- Merci Shérif. Je vais vous laisser tranquille maintenant. Passez une bonne journée.
- Vous aussi Nathaniel.
Ils se saluèrent et l'adolescent raccrocha, soupirant lourdement. Il perdait encore du temps avec son budget bien amputé. Du temps pourquoi de toute manière ? Que pourrait-il bien faire de sa vie maintenant ? Il n'avait fait que se battre toute sa vie. Il n'avait pas les compétences pour exercer le moindre métier ordinaire. Son physique désormais plus que défaillant n'ouvrant pas les possibilités loin de là. Que pourrait-il bien faire pour gagner sa vie ? Il n'en savait strictement rien. En avait-il seulement envie ? Il n'y avait rien pour lui et il n'aspirait plus à rien. Il voulait juste oublier et il voulait que toute cette peur et cette souffrance s'en aillent. Il ne voyait qu'une possibilité pour ça et il n'avait même pas le courage pour la provoquer lui même. Il ne pouvait que l'attendre. Tout à ses idées noires, il n'avait pu se rendre compte que la famille de vampire, Carlisle exclu, avait suivi sa conversation avec le Shérif dans le couloir alors qu'ils venaient le voir en ayant perçu son réveil. Et tous étaient inquiets, ne voulant pas que l'adolescent s'en aille ainsi alors que tous s'étaient mis d'accord pour qu'il reste avec eux un moment. Ils ne voulaient pas qu'il pense qu'il les gênait. L'adolescent avait besoin d'aide et de soins, de confort aussi et ils étaient heureux de lui donner. Carlisle et Esmée l'aimaient énormément, Jasper s'était attaché à lui en un instant en le découvrant et les autres n'avaient pu que suivre en voyant tout ce qu'il s'était passé et en découvrant le jeune homme. Ils ne le connaissaient pas encore très bien mais Nathaniel semblait vraiment être quelqu'un de bien et étonnamment, le calme était revenu dans la maison depuis qu'il était là. Mais au delà de le voir partir, autre chose les inquiéta lorsqu'ils virent Jasper s'enfermer dans ses bras alors que le silence était retombé. Il tourna le dos au mur, s'y appuyant et baissant un visage choqué vers le sol.
- Jasper ? interpella Alice en veillant à ce que l'humain ne puisse l'entendre.
- Oh bon sang, bredouilla Edward qui regardait son frère avec horreur.
Tous comprirent qu'il lisait ses pensées et qu'il ne devait rien y voir de bon pour faire une tête pareille.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Esmée pas du tout rassurée.
- Il veut mourir, murmura l'empathe en les horrifiant. Nathaniel. Il veut mourir, répéta-t-il la voix inaudible pour le jeune homme.
- Quoi ? hoqueta la mère.
- Il ne veut plus vivre, répondit Jasper. Il y a en lui, un désespoir contre lequel il n'a plus la force de se battre. Il y a une souffrance comme je n'en n'ai jamais senti. C'est comme s'il y avait un trou noir qui l'avalait doucement. C'est une torture. Comment peut-on ressentir un truc pareil ? demanda-t-il l'air ébranlé. Il est brisé, terrorisé et complètement à bout de force. Il veut juste que ça s'arrête. Et il ne voit qu'une issue à ça. Il ne se suicidera pas, il n'a même pas la force pour ça, mais il va se laisser mourir si on ne fait rien, dit-il l'air paniqué.
Dans le même état, Esmée voulut se précipiter dans la chambre mais l'empathe l'arrêta.
- Non, dit-il tout bas. On n'est pas censé savoir ce qu'il ressent. On ne peut pas aller le voir sans que nous remettions nous même de l'ordre dans nos émotions. Il sentira que quelque chose ne vas pas. Sa confiance en nous existe mais elle est très frêle. Elle se brisera nette s'il sent qu'on lui cache quelque chose et ça ne doit pas arriver ou on le perdra définitivement. Il faut qu'on se calme d'abord, dit-il en sentant que tous étaient ébranlés par ce qu'il venait de dire.
La mère dut lutter contre elle même pour se détourner et redescendre pour se calmer suivi de ses enfants bien silencieux. Dans la chambre, ce fut finalement sans la moindre motivation que Nathaniel bougea de nouveau. Il écarta les draps de ses jambes, s'asseyant au bord du lit. Il chercha sa canne, Carlisle lui ayant dit la veille qu'elle était là. Il fallut un moment mais il la trouva, la dépliant. Lourdement, il se leva, tanguant un instant mais retrouvant finalement son équilibre. Esmée avait dit que ses affaires étaient dans son sac sur un siège non loin de là. Il le chercha donc, se cognant contre une commode dans sa quête. Il trouva finalement le sac en question et à l'intérieur, ses vêtements. Il les sortit, les tripotant pour les reconnaître et en déterminer le sens. Prenant le tout, il revint vers le lit, entreprenant de s'habiller. Il fit cela lentement comme il le faisait chaque matin, se posant l'éternelle question de savoir s'il ne s'était pas trompé et s'il n'avait pas l'air ridicule. Mais ça n'avait pas d'importance de toute manière. Poursuivant, il rangea son pyjama, récupérant sa brosse pour se mettre à démêler ses longs cheveux, veillant à ne pas faire bouger son bandeau qu'il resserra d'ailleurs, frissonnant au souvenir de la douleur que provoquait la lumière. Il rangea ses affaires comme il put, retournant ensuite s'asseoir au bord du lit, tenant sa canne et jouant avec la dragonne, silencieux.
Il fallait qu'il demande à Esmée si elle voulait bien le ramener chez lui. Il ne pouvait pas rentrer seul, il ne connaissait pas le chemin. Il se demandait si elle dormait encore. Il avait entendu le piano, Edward devait être levé. Carlisle était sûrement parti travailler mais il n'entendait pas un son dans la maison, les autres devaient encore dormir ou être sorti. Il espérait que ça ne dérangerait pas la dame. Il voulait rentrer et laisser les Cullen tranquilles. Ne voulant pas s'inviter dans cette maison qui n'était pas la sienne et qu'il ne connaissait pas, il resta là sans bouger, silencieux, réfléchissant à ce qu'il devait faire sans parvenir à répondre. Il sursauta brusquement quand on toqua à sa porte, n'ayant pas entendu qu'on arrivait.
- Entrez, autorisa-t-il.
- Bonjour, salua une voix féminine approchant.
- Bonjour, répondit-il. C'est... Rosalie c'est ça ? demanda-t-il peu sûr de lui.
- C'est ça, confirma-t-elle.
Il se tendit en sentant qu'elle venait s'asseoir près de lui mais elle ne le toucha pas et cela l'apaisa un peu. La blonde avait pris le parti de ne pas le toucher, ayant bien remarqué que cela le mettait mal à l'aise avec tout autre qu'Esmée ou Carlisle. Elle était venue, laissant les autres au salon avec leurs pensées. Esmée et Jasper avaient du mal à ne pas paniquer, Edward se laissait envahir par leurs pensées et Emmet et Alice ne comprenaient pas. Elle, elle savait. Elle savait à peu près ce que le jeune homme ressentait. Elle aussi avait déjà voulu mourir en découvrant qu'elle n'aurait jamais la seule chose qu'elle n'avait jamais souhaité. Emmet l'avait sorti de là mais elle en gardait pourtant toujours les traces. Elle savait ce qu'on ressentait. Et pour avoir envie de cela, elle savait que l'adolescent avait dû perdre ce qu'il y avait de plus précieux à ses yeux. Elle ne savait pas si elle pouvait l'aider mais elle le voulait, se souvenant à quel point on pouvait se sentir détruit quand on ressentait cela. Et puis Nathaniel était un enfant à ses yeux et comme sa mère adoptive, même si elle n'était pas aussi expressive qu'elle, elle supportait mal de voir un enfant malheureux quand elle rêvait d'être mère et de prendre soin de jeunes vies.
- Tu as bien dormi ? demanda-t-elle tranquillement.
- Oui, cette chambre est très confortable. Je ne vous remercierais jamais assez de m'avoir accueilli ainsi et de vous être occupé de moi comme vous l'avez fait.
- C'est normal, tu en avais besoin et ce n'est pas grand chose. Cette maison est bien assez grande pour une personne de plus, dit-elle avec un sourire dans la voix.
- Ça n'a jamais été normal pour les gens que j'ai connu jusque là, murmura-t-il. Ça vaut quand même au moins un merci, dit-il en se forçant à une voix plus joyeuse.
- Comment te sens tu ce matin ? demanda la blonde sans relever sa précédente remarque.
- Mieux. Ça bourdonne encore un peu mais à part ça, tout va bien, assura-t-il.
Et si elle savait que ce n'était pas du tout le cas, elle ne fit pas de remarque cette fois non plus.
- Tant mieux, dit-elle avec douceur. Est-ce que tu as faim ? Le petit déjeuner t'attend dans la cuisine je crois.
Il acquiesça et elle lui proposa de le conduire, lui faisant prendre son bras avec délicatesse. Tranquillement, elle le fit descendre, le conduisant à la cuisine et l'asseyant avant de lui apporter le petit déjeuner qu'Esmée avait préparé pour lui. Les autres étaient encore au salon et ne s'étaient pas montrés. L'adolescent la remercia, se mettant ensuite à manger sans grand appétit, tâtonnant pour trouver les viennoiseries et la tasse de chocolat. Il n'avala qu'un petit pain et le contenu de son mug, s'arrêtant ensuite là. Il remercia de nouveau la demoiselle qui débarrassa pour lui, revenant ensuite s'asseoir en face de lui.
- Tu as des cheveux magnifiques tu sais, complimenta-t-elle alors qu'elle le pensait réellement.
- Merci, répondit-il l'air gêné.
Il aurait bien aimé lui rendre le compliment mais il ne pouvait pas. Il ne savait même pas à quoi elle pouvait bien ressembler. Il savait juste qu'elle avait une très belle voix, décidant de se servir de cela.
- Je ne sais pas à quoi tu ressembles, remarqua-t-il, mais tu as une très belle voix. Et je suis sûr que tu es aussi belle qu'elle, dit-il.
- C'est très gentil, sourit-elle largement. Tu es plutôt mignon toi aussi.
- C'est bien la première fois qu'on me dit ça, s'étonna-t-il.
- Et bien les autres sont des imbéciles, assura-t-elle sans aucune trace d'ironie. Tu es une très belle personne, affirma-t-elle.
Il sourit pauvrement, la remerciant alors qu'il était évident qu'il ne pensait pas du tout la même chose qu'elle. Leur conversation fut coupée par le son du piano s'élevant de nouveau et attirant l'attention du jeune aveugle.
- C'est Edward qui joue, renseigna Rosalie. Il adore le piano.
- Et il joue merveilleusement bien, répondit-il.
- Allons au salon pour l'écouter un peu, proposa-t-elle. Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas entendu jouer non plus.
Le jeune homme acquiesça et ils gagnèrent le salon, la demoiselle guidant le jeune homme qui la remercia pour son aide. Arrivé dans la pièce, Rosalie nota que seule la mère était encore là, semblant s'être reprise malgré la tristesse de son regard. L'ignorant pour se concentrer sur l'adolescent, elle le guida doucement, veillant à ne pas se montrer trop brutale avec sa force de vampire. Rapidement, Nathaniel fut installé dans un canapé, entendant le son du piano tout proche.
- Bonjour Edward, salua-t-il doucement.
- Bonjour, répondit tranquillement celui-ci sans cesser de jouer. As-tu bien dormi ?
- Très bien merci. Et toi ?
- Très bien aussi, s'amusa le vampire un sourire dans la voix.
- Bonjour Nathaniel, salua Esmée en le rejoignant.
- Bonjour Esmée, sourit-il alors qu'elle s'asseyait près de lui.
- Comment te sens tu ce matin ? demanda-t-elle en prenant sa main.
- Bien mieux merci. Ça va maintenant, assura-t-il. Merci pour le petit déjeuner, ajouta-t-il.
- Ce n'est rien. Tu as pris tes médicaments ?
- Non, je ne les ai pas trouvé, avoua-t-il platement.
- Je vais les chercher, annonça-t-elle simplement en se levant.
Restant avec Rosalie à ses côtés, Nathaniel n'eut pas le temps de sentir Esmée s'éloigner qu'il sursauta en entendant quelqu'un arriver à grands pas, l'air enthousiaste.
- Salut la compagnie ! scanda Emmet en sautant dans un fauteuil non loin.
- Emmet, soupira Rosalie, tu lui as fait peur.
- Oh, excuse moi, dit-il alors en se tournant vers l'aveugle.
- Ne fait pas attention à lui, c'est un ours, rit-elle en le faisant sourire.
- Bonjour, salua le jeune homme.
- Bonjour, rendit le brun un sourire dans la voix.
Quelques secondes et Esmée revenait avec un verre d'eau et les médicaments de son protéger, lui donnant pour le débarrasser ensuite, recevant un remerciement plein de gratitude.
- Jasper et Alice sont partis se promener en amoureux, apprit Emmet. Ils vont sûrement rentrer en début d'après midi.
La famille comprit alors que l'empathe était bien plus touché qu'il ne l'avait dis par ce qu'il avait senti au matin, ayant besoin de s'éloigner pour se calmer.
- En amoureux ? releva Nathaniel intrigué.
- Oui, acquiesça Esmée. C'est vrai que nous ne t'avons jamais expliqué, remarqua-t-elle. Carlisle et moi ne pouvons pas avoir d'enfant, révéla-t-elle, alors nous avons adopté d'abord Edward, puis Rosalie, Emmet et enfin Alice et Jasper. Ils n'ont donc aucun liens de sang et ils étaient déjà des ados alors ils n'ont pas grandis ensemble, raconta-t-elle. Alice et Jasper sont ensemble et Emmet et Rosalie aussi.
- Je vois, je comprend mieux, sourit-il doucement.
Au plus on avançait et au plus il se disait que Carlisle et Esmée étaient vraiment des personnes exceptionnelles. Il avait tellement de chance d'être tombé sur eux alors que tant d'autres rêvaient de le voir mort. Il se demandait parfois si ça n'aurait pas été plus simple si Dumbledore ne l'avait pas achevé directement à la place de cette lente agonie en enfer. Pourtant, quelque part, il était heureux d'avoir rencontré le couple et de voir qu'il y avait encore des gens biens. Il y avait eux, le Shérif, les enfants du couple et aussi l'infirmière de la clinique à qui il avait parlé quelques fois. Ça valait la peine finalement d'avoir sauvé le monde pour qu'eux puissent vivres heureux. C'était la seule bonne chose qu'il en tirait.
- Ça ne te dérange pas ? demanda Emmet.
- Ça devrait ? demanda-t-il avec une réelle interrogation. Je suis désolé que vous ne puissiez pas avoir d'enfant, dit-il ensuite à la mère avec une touchante compassion. Mais je suis sûr d'une chose : vous faîtes des parents absolument formidables. Tu fais une mère absolument formidable Esmée et tes enfants ont beaucoup de chance de t'avoir, remarqua-t-il.
- Ça c'est certain, posa doucement Edward qui jouait toujours. Esmée et Carlisle sont les meilleurs parents dont-on puisse rêver.
- Je n'en doute pas un instant, appuya Nathaniel.
- Tu es un ange Nathaniel, sourit la dame émue par ses paroles.
Elle déposa un baiser sur son front mais il remarqua à peine le geste. Il n'était pas un ange, loin de là. Il avait du sang plein les mains, son corps couvert de cicatrices ne ressemblait probablement à rien et il avait passé sa vie dans la violence et les combats. Il ne savait faire que ça. Ce n'était pas là l'image d'un ange au contraire.
- Et toi, tu aimerais avoir des enfants plus tard ? demanda joyeusement la mère.
Elle voulait lui faire parler d'avenir pour tenter de lui redonner de l'espoir et elle savait que le jeune homme estimait beaucoup la famille. Il disait toujours que c'était le plus important alors qu'il ressentait de manière plus que flagrante la perte et l'absence de sa propre famille. Elle eut pourtant peur d'avoir dit une bêtise lorsqu'elle vit les épaules de son protéger s'affaisser un peu plus alors qu'il souriait avec une tristesse visible. Des enfants, il y avait eu une époque où il s'était vu en père. Il y avait eu quelque mois où il avait eu l'espoir d'un avenir et d'une famille. C'était juste après son émancipation, lorsqu'il avait échappé aux Dursley et qu'il vivait avec Sirius qui avait le don de lui redonner de l'espoir. Il souriait toujours, il lui disait qu'ils survivraient à cette guerre et qu'ils pourraient vivre heureux en famille. À l'époque, il y avait aussi Remus et Tonks avec eux. À ce moment, il avait eu un début de bonheur.
Il s'était imaginé père. Sa propre famille : son rêve. Après son émancipation, il croyait avoir sa liberté, la fortune de ses parents, l'espoir de gagner cette guerre et d'y survivre avec Sirius. Il s'était alors imaginé papa. Il aurait eu une belle petite maison dans un endroit en paix, une petite vie tranquille et calme comme il en rêvait. Il aurait eu une femme qu'il aurait choyé comme une reine, à l'époque, Ginny tenait cette place. Il aurait eu un gros chien et des enfants qui auraient été ses princes et princesses et à qui il aurait donné tout ce qu'il n'avait jamais eu, tout l'amour qu'il n'avait jamais eu, qu'il aurait protégé comme un dragon protégeait son trésor. Cela avait été la vie qu'il avait rêvé et au milieu de la guerre, c'était une idylle qu'il estimait à sa juste valeur : un trésor sans prix. Seulement, il avait dû renoncer à cette idée lorsqu'un combat l'avait privé de la possibilité d'avoir des enfants. Les effets pervers des blessures de magie noire avaient laissé bien des traces invisibles ou non sur lui. Il devait cela à Greyback qu'il avait d'ailleurs tué de ses mains ce jour là. Il était ressorti de ce combat dans un état déplorable. Il se souvenait de la tristesse qui l'avait envahis en apprenant qu'il ne serait jamais père naturellement. Alors oui, il savait qu'il aurait aimé avoir des enfants. Il se souvenait qu'à partir de là, lorsque Dumbledore et les autres avaient appris la nouvelle de cette blessure détestée, il n'avait pas fallu longtemps pour que Ginny ne s'intéresse plus du tout à lui. Aujourd'hui, il se demandait si elle n'avait pas voulu se rapprocher de lui juste pour être madame Potter, être la mère de ses enfants et avoir la main sur sa fortune. Peut-être même que Dumbledore avait poussé la chose ? Ça ne l'étonnerait même plus maintenant. Lui ne pouvant avoir d'enfant, le projet tombait à l'eau, sans enfant, sa femme n'aurait eu aucun pouvoir sur ses possession, c'était une règle des Lords sorciers pour s'assurer descendance et un possible divorce si la femme ne pouvait en avoir. Peut-être que sans cela, Dumbledore ne l'aurait pas fait bannir ainsi pour le laisser pour mort ? Peut-être l'aurait-on marié à Ginny pour ensuite se servir de ses enfants ? Imaginant cela, il préférait son sort. Jamais il ne se serait pardonné de mettre des enfants en danger.
À l'époque, il n'avait rien vu de tout cela et il avait eu bien du mal à passer au dessus de cette nouvelle. Encore une chose précieuse que la guerre lui avait pris. Sirius l'avait consolé. Mais Sirius était mort quelques semaines plus tard, Remus dans sa douleur s'était retourné contre lui et Tonks en avait fait de même en voyant son amour dévasté. C'était il y avait un peu plus d'une année de cela maintenant. L'image d'une famille brisée nette en quelque semaines. Depuis, il avait perdu cet espoir qui avait laissé un vide saignant toujours.
- Il y a encore un peu plus d'un an environ, je me rêvais papa, dit-il tout bas. Mais j'ai appris que j'étais stérile alors j'ai dû oublier, dit-il en haussant les épaules comme pour dire que ce n'était rien.
Autour de lui, Rosalie s'était figée net, bouleversée alors qu'elle se voyait une nouvelle fois en lui. Esmée s'en voulait d'avoir amené ce sujet encore une fois douloureux pour lui. Et elle désespérait aussi de trouver une chose qui allait sans problème pour son protéger. La vie s'acharnait vraiment sur lui. Edward continua à jouer sans interruption dans le silence lourd, Rosalie se reprenant pour prendre une main de l'aveugle avec une immense délicatesse.
- Je suis désolé, dit-elle.
- C'est comme ça c'est tout, répondit-il simplement. Je ne pense pas que j'aurais fait un bon père de toute manière. Ça n'aurait pas été un cadeau pour des enfants.
- Pourquoi dit tu une chose pareille ? demanda Esmée.
- Je suis un aimant à problème Esmée, dit-il avec une ironie qui ne fit sourire personne. C'est sûrement mieux comme ça, termina-t-il.
Le silence retomba de nouveau autour d'eux, aucun ne sachant que dire face à cela. Edward continua à jouer, se disant que finalement, ses problèmes n'en n'étaient pas face à ce que vivait le protéger de ses parents. Il joua alors pour lui, choisissant une musique au ton joyeux pour tenter de lui remonter le moral. Tous écoutèrent longuement la musique, les vampires réfléchissant à un moyen de redonner un vrai sourire au jeune homme. Celui-ci avait pris le parti de ne penser à rien, se concentrant sur le son du piano et sur le jeu parfait du musicien. C'était tellement beau. Après un moment dont-il n'aurait su mesurer le temps, la musique s'arrêta et il soupira. Il entendit le pianiste se lever, le banc raclant un peu le sol et il l'entendit s'approcher. Se disant qu'il allait s'asseoir avec eux dans les fauteuils, il n'en fit pas grand cas, regrettant l'arrêt de la musique. Il sursauta une fois de plus lorsqu'il sentit une main prendre la sienne.
- C'est Edward, renseigna celui-ci. Excuse moi, j'aurais dû te prévenir.
- Ce n'est rien. C'est moi qui bondit pour rien, répondit-il.
- Esmée m'a dit que tu aimais la musique classique. Ça te dirait d'apprendre quelques notes de piano ? proposa-t-il avec le sourire.
- Je ne peux pas, murmura tristement le jeune homme.
- Bien sûr que si, insista délicatement le vampire. Viens, je vais te montrer.
- Non, je..., bredouilla l'adolescent.
- Viens, répéta tranquillement le pianiste en serrant doucement sa main.
Tendu, Nathaniel se laissa finalement entraîné vers le piano, Edward l'y menant avec attention. Il le fit asseoir sur le banc, l'adolescent crispé comme ce n'était pas possible. Le vampire posa sa canne contre l'instrument près de lui avant de prendre place à sa gauche. Dans la pièce, tous observaient avec attention, souriant en voyant Edward qui ne s'était pas montré aussi calme et doux depuis longtemps. Sans brusquerie, celui-ci prit délicatement l'une des mains de l'aveugle, lui faisant desserrer le poing et poser les doigts sur les touches lisses. Nathaniel le laissa faire, néanmoins très anxieux. Il ne bougea d'abord pas, se mettant ensuite à caresser une des touches.
- C'est doux, remarqua-t-il.
- Aussi doux que les sons qu'il produit, remarqua Edward. Vas-y appuis, incita-t-il.
Le jeune homme appuya alors sur une touche, laissant le son s'éteindre avant d'en essayer une autre.
- Comment fais tu pour t'y retrouver dans toutes les touches ? demanda-t-il.
- Chacune a son son, répondit le vampire. Et elles sont rangées du plus grave au plus aiguë.
Il reprit doucement la main frêle, lui faisant appuyer sur une touche dans les graves, puis sur une autre dans les aiguës.
- Les plus grandes touches, les blanches, sont les notes de bases et les noirs, les plus petites vers le haut, sont les dièses et les bémols, expliqua-t-il en lui faisant appuyer sur les touches correspondantes. Toujours rangés dans le même ordre de droite à gauche. Do, ré, mi, fa, sol, la, si, récita-t-il en les jouant avec les doigts du jeune homme. D'abord dans une version grave à gauche et de plus en plus aiguë vers la droite. Tu veux essayer une petite mélodie facile ?
- Je n'y arriverais pas. Je n'y connais rien à la musique, répondit-il.
- Je vais te montrer, éluda calmement le pianiste.
- Je ne verrais pas ce que tu me montreras, murmura-t-il finalement en serrant les dents.
- Ce n'est pas un problème, rassura Edward. Il y a bien d'autres manières de montrer les choses, dit-il en surprenant Nathaniel.
Il se leva et se posta juste derrière l'adolescent qui se tendit affreusement. Il n'en tint pourtant pas compte. Avec une grande douceur, il prit lentement les mains de l'aveugle, l'encadrant de ses bras et lui faisant déposer ses doigts tremblants sur le clavier. Il ne fit pas de remarque, lâchant ses poignets pour glisser ses mains sous les siennes.
- Pose tes doigts sur les miens, demanda-t-il. Le pouce sur le pouce, l'index sur l'index et ainsi de suite, expliqua-t-il patiemment.
Après hésitation, ce fut en tremblant que Nathaniel s'exécuta, posant ses mains bien à plat sur les siennes. Edward lui fit poser ses coudes sur ses avants bras, penché près de lui.
- Bien, laisse toi faire maintenant, demanda-t-il.
Lentement, il se mit alors à jouer une très simple mélodie lente et douce, les doigts de l'adolescent suivant le mouvement des siens sur le clavier.
- Tu vois, ce n'est pas compliqué, remarqua-t-il après avoir terminé la courte musique. Encore une fois.
Il recommença une deuxième fois puis une troisième fois, ravis de sentir Nathaniel se relaxer un peu et se concentrer sur ce qu'il lui montrait. Ses mains se détendirent sur les siennes, suivant plus simplement le mouvement et il se surprit à apprécier leur légère chaleur sur sa propre peau, comme ce moment tranquille. Sans se presser, avec lenteur, il joua ainsi plusieurs fois la série de notes simples, sentant le jeune entièrement concentré sur ce qu'il faisait. Sans s'en lasser, il rejoua encore et encore sans compter le nombre de fois où il renouvela. Mais il s'arrêta finalement.
- À toi maintenant, poussa-t-il en retirant ses mains. Tu peux le faire, assura-t-il en voyant Nathaniel se crisper de nouveau à la vitesse de l'éclair.
Il hésita, ses doigts se remettant à trembler sur les touches mais il se lança finalement. Une touche à la fois, il se mit à jouer, reproduisant les mouvements que lui avait fait sentir le pianiste. Il fit quelques erreurs mais il s'en sortit très bien, recevant les félicitations d'Edward puis celle des autres suivant attentivement un peu plus loin. Le vampire toujours penché près de lui l'incita à recommencer, lui recommandant de se détendre et le deuxième essais vit moins d'erreurs que le premier. Le troisième fut encore mieux et le quatrième fut sans fausse note bien que le rythme fut imparfait.
- Tu vois que tu peux le faire, sourit Edward.
- Merci, murmura alors Nathaniel dont la voix tremblait d'émotion comme s'il allait pleurer. Merci beaucoup, reprit-il avec reconnaissance.
Comme Esmée et Carlisle lui réapprenaient des gestes simples qu'il n'aurait jamais cru pouvoir refaire un jour, Edward venait de lui offrir un cadeau inestimable pour lui : une preuve qu'il pouvait peut-être faire plus qu'il ne l'imaginait. Et cela le retournait.
- Ce n'est rien. Je t'apprendrais si tu veux, proposa-t-il. Veux tu que je te montre autre chose ?
Nathaniel acquiesça et ses mains retrouvèrent vite leur place sur celle d'Edward lorsqu'elles vinrent se glisser sous ses paumes. Le musicien se remit à jouer, choisissant cette fois une musique plus complexe mais toujours douce et joyeuse. L'adolescent se détendit en se concentrant sur ses mouvements et sur le son de l'instrument. Le vampire y trouva sa victoire du jour, espérant qu'il lui montrait que rien n'était fini pour lui et que le fait de ne pas voir ne l'empêchait pas de faire les choses. Il joua longuement avec lui, enchaînant plusieurs morceaux et ce fut sur cette scène que Carlisle rentra sur le coup des treize heures, accompagné de Jasper et Alice. Voulant s'occuper de l'aveugle, il avait pris son service très tôt ce matin pour finir à midi. Il avait ainsi toute l'après midi et le week end à passer avec Nathaniel. Il avait été un peu surpris de voir Jasper et Alice le rejoindre à sa sortie de la clinique. Il avait trouvé l'empathe très tendu et il avait compris lorsque celui-ci lui avait raconté ce qu'il s'était passé ce matin et ce qu'il avait perçu chez l'aveugle. Très inquiets, ils avaient tout trois pris la route du retour. Ils furent surpris de trouver Nathaniel assis au piano, Edward penché au dessus de son épaule pour lui montrer de ses mains comment il jouait. L'adolescent semblait calme et presque détendu, concentré sur ce qu'il faisait. Le tableau était très agréable à regarder, très beau et touchant alors qu'Edward souriait avec beaucoup de douceur. Il ne prêtait aucune attention au piano, entièrement concentré sur l'aveugle dont-il guettait les réactions. Un peu rassuré, le blond rejoignit Esmée qui lui expliqua tout bas ce qu'il se passait. Sans que leur protéger ne puisse l'entendre, elle lui apprit ce qu'elle venait de découvrir sur lui, faisant serrer les dents au médecin furieux de voir que tout s'acharnait sur lui. Elle lui expliqua ensuite comment Edward avait entrepris de le distraire et comment il y parvenait visiblement. Personne ne brisa l'instant de tranquillité de l'adolescent, laissant Edward poursuivre.
Alors que celui-ci faisait une pause entre deux morceaux, tous purent voir Nathaniel frotter les yeux à travers son bandeau rapidement, grimaçant une seconde. Il reposa cependant rapidement sa main sur celle du pianiste, ne disant rien.
- Tu veux qu'on fasse une pause ? demanda Edward. Carlisle, Alice et Jasper sont rentrés, annonça-t-il.
- C'est vrai ?
- C'est vrai, s'amusa le blond.
L'aveugle fit un bond mémorable en l'entendant, ne devant de ne pas tomber à la renverse qu'à Edward qui était derrière lui.
- Pardon, s'excusa-t-il immédiatement auprès du pianiste qui le stabilisait de ses mains sur ses épaules.
- Ce n'est rien, assura Edward en le regardant reprendre son souffle.
- Excuse moi, intervint Carlisle qui s'était approché de lui.
Il faudrait vraiment qu'il veille à être un peu plus bruyant pour que l'aveugle puisse le repérer. Lui faire des peurs pareilles n'était pas une bonne chose pour lui qui avait besoin de quiétude. De son côté, Nathaniel ne pouvait que constater que les choses avaient vraiment trop changé à son goût. Lorsqu'il avait encore sa magie, il avait développé des sens de perceptions magiques très pointus qu'il avait soigneusement entraîné. Son pouvoir lui permettait alors de tout sentir autour de lui à cinq cent mètres à la ronde avec une précision extrême. Il avait perdu cela avec sa puissance et cela le rendait encore plus aveugle, augmentant son appréhension de son environnement. Aujourd'hui, il ne sentait plus rien du tout. C'était atroce.
- Ce n'est rien Carlisle, assura-t-il. C'est moi qui exagère.
- Non, je comprend, assura le médecin. Comment ça va ? demanda-t-il ensuite avec attention.
- Ça va, assura l'adolescent, le bourdonnement est parti dans la matinée.
- C'est très bien, sourit-il. Il n'y a rien d'autre ?
- Non, tout vas bien, affirma-t-il en forçant un sourire.
Les vampires échangèrent quelques coup d'œil. Non ça n'allaient pas et Jasper le confirma d'un regard grave mais le jeune homme disait le contraire et il était convainquant. Sans l'empathe, ils se serraient peut-être doutés qu'il mentait rien qu'au vu de la situation mais ils ne sauraient pas à quel point il mentait.
- Tu es sûr ? demanda le médecin.
- Certain Carlisle, insista-t-il. Tout vas bien. Edward me montrait comme on joue du piano, dit-il pour visiblement changer de sujet.
- J'ai vu ça, répondit-il légèrement.
Ce fut alors sur l'instrument que la discussion se dirigea, tous conscient que Nathaniel avait poussé les échanges loin de lui. Mais ils suivirent, conscient que le forcer à parler n'aiderait absolument pas. Le mettre en confiance serait bien mieux.
