Chapitre 13 :

Protégé

Après un moment à assimiler tout ce qu'il venait d'être dis, la discussion reprit entre l'adolescent et les vampires. Carlisle lui parla un peu de son histoire et de sa philosophie de vie, Nathaniel plus convaincu que jamais qu'il était tombé sur un ange. Le médecin était vraiment un ange pour lui. Ils lui parlèrent de leur vie à Forks, de leur manière de vivre différente de celle des autres vampires. Puis vint le sujet de Bella et ils lui racontèrent un peu ce qu'il s'était passé avec elle. Le jeune homme comprit alors un peu mieux le dilemme d'Edward, s'abstenant cependant de poser la moindre question alors qu'il considérait qu'il s'agissait de la vie privé du couple. Mais on lui expliqua afin qu'il puisse comprendre la situation actuelle de la famille. On en vint alors au fait qu'Edward n'entendait pas les pensées de la jeune fille, le jeune homme comprenant immédiatement ce que cela voulait dire.

- Tu es télépathe ? demanda-t-il avec tension.

- Oui, acquiesça le pianiste. Mais je n'entend pas tes pensées non plus, révéla-t-il.

Entendre cela rassura immédiatement l'adolescent. Il ne devait pas entendre ses pensées. Surtout pas. La question était de savoir d'où venait ce mur autour de ses pensées qu'Edward décrivait. Il annonça qu'il ne savait pas ce que c'était et c'était entièrement vrai. Avant, il avait de très bonnes barrières d'occlumencie mais il n'avait plus de magie et plus du tout de contrôle là dessus alors il ne savait pas comment cela était arrivé. C'était néanmoins une très bonne nouvelle. Personne ne devait entrer dans son esprit. Il apprit ensuite quel était le don d'Alice, apprenant qu'elle aussi ne voyait rien autour de lui et il commença à se demander si cela avait un rapport avec le fait qu'il n'avait plus de magie. Puis on lui vanta l'incroyable force d'Emmet, le surprenant peu, le grand contrôle de Carlisle, le surprenant peu encore une fois.

- Et le dernier à avoir un don, c'est Jasper, expliqua Alice.

- Lequel ? demanda Nathaniel en se tournant légèrement vers lui qui était toujours assis près de lui.

- Je suis empathe, lâcha-t-il.

Et là, il sentit immédiatement la vague de culpabilité, de tension, de peur, de panique et d'envie de fuite qui submergea l'adolescent. Et si c'était le raz de marée intérieurement, extérieurement, il était juste immobile et crispé, seul Jasper pouvant sentir réellement à quel point il était chamboulé. La culpabilité et l'envie de fuir prirent plus d'ampleur rapidement et ce fut sans même y penser que Jasper le retint avec douceur en sentant qu'il s'apprêtait à tenter de s'en aller.

- Non, reste là, dit-il en surprenant tout le monde.

Et tous furent surpris de le voir attirer l'adolescent dans ses bras, celui-ci résistant un peu avec ses maigres forces.

- Ça ne fait rien, assura immédiatement l'empathe.

- Ça ne fait pas rien, répondit Nathaniel la voix rendue plus aiguë par une détresse que tous purent enfin sentir. Éloigne toi de moi, supplia-t-il. Éloigne toi de moi.

- Hors de question, répondit tranquillement Jasper en le tenant toujours contre lui.

- Je suis une torture vivante pour toi, dit-il tout bas.

- Non, la torture, c'est toi qui la vit, je ne peux que regarder et c'est hors de question que je t'y laisse tout seul, dit-il avec fermeté. Il est hors de question que je te laisse tout seul là dedans.

- Bon sang, tu as tout senti depuis que je suis dans cette maison, réalisa-t-il avec panique. Je suis désolé, s'excusa-t-il sur le champs. Je suis désolé. Je...

- Calme toi, pria-t-il en l'étreignant un peu plus l'air aussi désespéré que lui. S'il te plaît calme toi, supplia-t-il en caressant son dos. Ne te sent pas coupable, dit-il alors que toute la famille suivait la scène avec attention, ce n'est pas de ta faute. J'ai l'habitude maintenant ne t'en fait pas, je sais gérer.

- Tu dois me trouver pitoyable, bredouilla l'aveugle qui semblait ne pas avoir entendu ce que lui disait l'empathe.

Autour d'eux, tous pouvaient sentir que le jeune homme paniquait malgré les efforts de Jasper qui semblait être envahis par les sentiments de l'aveugle. Et cette panique commença à tous les gagner lorsqu'ils entendirent son cœur accélérer brusquement, lui tirant un gémissement douloureux.

- Nathaniel ! appela Carlisle. Calme toi, pria-t-il doucement en prenant ses mains. Il faut que tu te calmes. Respire doucement et calme toi.

Tous tentèrent d'apaiser le jeune homme aussi vite que possible, voulant à tout prix éviter un nouveau malaise mais l'adolescent ne semblait même plus les entendre, perdu dans ses émotions. Jasper confirma d'ailleurs l'air de ne plus savoir quoi faire. Alors que Carlisle pensait à aller chercher un calmant pour l'aider, Edward prit la décision d'essayer autre chose. Tous pouvaient entendre son cœur s'emballer et sa respiration se faire désordonnée alors qu'il lâchait un autre gémissement. Sans demander l'avis des autres et ne voulant pas perdre un instant, il prit Nathaniel des bras de son frère, le soulevant délicatement du canapé et le calant dans ses bras pour ensuite filer vers son piano. Il s'y assit avec l'aveugle sur ses genoux, l'encadrant de ses bras. Il veilla à ce qu'il soit bien installé, faisant vite. Il posa son menton sur sa fine épaule, voulant pouvoir lui parler doucement puis il posa ses mains sur les touches, se mettant à jouer lentement.

- Calme toi, lui murmura-t-il à l'oreille avec délicatesse. Calme toi et écoute, dit-il. Tout vas bien, assura-t-il. Tout vas bien.

Il continua à lui parler, jouant une musique apaisante et joyeuse. Il parlait tranquillement, sereinement à son oreille, se faisant rassurant et doux.

- Ne pense plus à rien, conseilla-t-il, écoute simplement.

Il fallut une ou deux minutes pour qu'il parvienne à capter l'attention du jeune homme qui sembla reprendre enfin contact avec la réalité.

- Edward..., bredouilla-t-il le souffle erratique.

- Là, chut, chuchota-t-il. Il n'y a rien, ne pense à rien. Il y a juste la musique. Tu l'entends ? demanda-t-il.

L'aveugle acquiesça légèrement et il continua à jouer, lui parlant toujours, lui disant de ne penser à rien et de simplement écouter la musique.

- Pose tes mains sur les miennes, demanda-t-il finalement. Je vais te montrer.

Les bras tremblants, Nathaniel obéit pourtant, venant lentement poser ses mains sur celles du vampire en suivant ses bras. Edward ralentit son jeu pour le laisser mettre correctement ses doigts sur les siens alors qu'il semblait peiner, puis il reprit normalement. Il joua ainsi un moment, continuant à lui parler avec douceur alors que toute la famille observait la scène. Carlisle s'était approché en silence, Edward le sentant prêt à intervenir au moindre signe négatif venant de son protégé mais il se concentra sur le jeune homme qui tremblait entre ses bras. Après un moment, tous purent voir l'adolescent commencer à s'apaiser, sa respiration se faisant plus régulière pour ensuite se mettre à ralentir tranquillement. Nathaniel semblait concentré sur le piano et il se détendait progressivement contre Edward, s'appuyant largement sur lui alors qu'il tremblait comme une feuille. Il était très pâle, une légère pellicule de sueur couvrant son front. Tous furent très attendris par le pianiste faisant tout pour l'apaiser, se faisant d'une délicatesse et d'un calme à toute épreuve. Son cœur cognait pourtant toujours dans sa poitrine, lui tirant une grimace de douleur. Carlisle fila alors en silence, revenant avec quelques médicaments. Il s'approcha du duo, prenant la parole doucement en posant une main sur l'épaule du jeune homme :

- Je vais te faire une injection Nathaniel, prévint-il doucement. Ça va aider ton cœur à se calmer et ça va diminuer la douleur.

Il obtint un léger acquiescement et il s'exécuta pour ensuite rester en silence près d'eux, surveillant attentivement le jeune homme et surtout son cœur, louant d'être vampire et de pouvoir l'entendre clairement. Edward poursuivit, soulagé en sentant que l'adolescent se calmer et son cœur avec lui. Il tremblait toujours, bien que moins fort mais il sentait surtout son extrême faiblesse en le tenant ainsi contre lui. Il lut dans les pensées de son père qu'il avait ajouté quelque chose pour le calmer plus efficacement lorsqu'il lui avait donné ses médicaments et il commençait à en sentir les effets sur l'humain. Nathaniel s'appuyait complètement contre lui, incapable de tenir assis. Son cœur commença enfin à redescendre vers un rythme plus ordinaire, rassurant la famille qui suivait de près, tous très attentifs. Il ne devait y avoir que l'aveugle qui écoutait vraiment la musique douce du piano. Quelques minutes encore et son cœur était revenu à la normale. Dans le même temps, l'adolescent glissait doucement dans le sommeil dans lequel Carlisle l'avait volontairement poussé avec son injection, voulant à tout prix qu'il se calme complètement.

Ses fines mains commençaient à glisser de celles d'Edward lorsqu'on entendit une voiture se garer devant la maison. Esmée annonça qu'elle allait ouvrir et qu'elle s'en occupait, priant son mari de veiller sur Nathaniel qui sortait à peine de la crise. Arrivant à la porte, elle découvrit Bella descendant de la voiture de son père qui en faisait de même. Elle sourit doucement, se doutant que l'homme venait pour avoir des nouvelles de l'adolescent. Il ne venait jamais ici autrement sauf pour les cas exceptionnels. Elle les salua et les fit entrer, les conduisant doucement vers le salon.

- Comment va Nathaniel ? demanda le Shérif.

- Il a beaucoup de mal à se remettre, dit-elle l'air inquiète. Malheureusement, je ne pense pas que vous puissiez vraiment lui parler aujourd'hui. Il allait relativement bien ce matin mais il vient de faire un violent malaise et Carlisle a dû lui donner quelque chose pour l'aider à se calmer. Il est un peu dans les vapes maintenant.

- Je vois. Mais quand ce gamin pourra-t-il être tranquille ? soupira-t-il l'air inquiet lui aussi.

Ce fut sur cette phrase qu'ils rejoignirent enfin les autres, leur attention immédiatement attirée par la musique du piano. Aussi, ce fut sur Nathaniel assis sur les genoux d'Edward devant l'instrument qu'il tomba. Il se demanda d'abord ce qu'ils pouvaient bien faire jusqu'à discerner les mains de l'aveugle sur celle du pianiste, ses doigts suivant ceux d'Edward. Il sourit, le fils de Carlisle lui montrait la mélodie. C'était un geste très attentionné. Nathaniel était cependant très pâle, témoignant du malaise qu'il venait de faire. Il avait une légère pellicule de sueur sur le front et il était très visiblement incapable de tenir assis seul sans Edward qui le tenait délicatement calé entre ses bras. L'adolescent n'avait vraiment pas l'air bien. Carlisle était d'ailleurs juste à côté d'eux, un regard concentré et inquiet posé sur son protégé qu'il surveillait avec une grande attention. Il n'eut cependant pas le temps de dire ou de faire quoi que ce soit que Bella s'écria :

- Qu'est-ce que tu fais Edward ?! demanda-t-elle l'air clairement jalouse.

À cette forte exclamation, Nathaniel sursauta de manière mémorable contre Edward, sortant brusquement de sa somnolence alors que son cœur faisait un bond qu'aucun des vampires ne manqua, lançant des regards noirs à la jeune fille. Elle se figea d'ailleurs en percevant particulièrement celui d'Edward qui retourna pourtant bien vite son attention sur l'aveugle, lui murmurant quelque chose qu'elle ne put entendre et continuant à jouer tranquillement.

- Mais ça ne va pas de crier comme ça, grogna Rosalie en se levant et en se tournant vers elle.

Elle gardait cependant une voix basse, ne voulant pas surprendre l'aveugle une fois de plus et préférant qu'il se concentre de nouveau sur Edward et le piano.

- Mais..., tenta-t-elle ne jetant un coup d'œil vers son petit ami comme si elle avait parfaitement le droit de crier devant cette scène.

- Du calme Bella, imposa son père près d'elle. On ne crie pas comme ça près de quelqu'un qui a besoin de se reposer, fit-il remarquer.

- Shérif Swan ? intervint alors une voix faiblarde.

- Bonjour Nathaniel, répondit celui-ci en s'approchant de lui. Vous jouez du piano ? demanda-t-il légèrement.

- Edward a la gentillesse de me montrer mais je n'arriverais jamais à jouer comme ça, dit-il lentement le souffle court.

- Je t'ai promis de t'apprendre et je vais le faire, promit le vampire. Tu as réussi la dernière fois, il n'y a pas de raison que ça change, dit-il très tranquillement.

Nathaniel eut un très léger sourire mais il laissa tomber ses mains de celles du pianiste, n'ayant plus la force de les tenir, épuisé.

- Il faut aller te reposer et dormir un peu Nathaniel, préconisa Carlisle en posant une main sur son épaule.

Celui-ci acquiesça mollement et Emmet se précipita pour le prendre dans ses bras, annonçant qu'il l'emmenait à son lit. Le brun s'approcha et vérifia que l'adolescent de nouveau somnolant était bien enroulé dans sa couverture, le soulevant ensuite comme une princesse avec l'aide d'Edward. Il avait vraiment l'impression d'avoir le plus fragile des êtres dans ses bras. L'aveugle était si léger, si frêle que cela lui faisait de la peine et l'inquiétait beaucoup. Cela était encore plus flagrant lorsque c'était lui qui le prenait de la sorte. Il le cala le plus confortablement possible contre lui, la petite tête se posant lourdement sur son épaule.

- Je te ramène à ton lit crevette, dit-il doucement en souriant, tu vas pouvoir te reposer.

- Merci Emmet, bredouilla-t-il faiblement. Excusez moi Shérif, dit-il ensuite.

- Ce n'est rien Nathaniel, allez vous reposer c'est le plus important pour l'instant, répondit l'homme.

Sans brusquerie, Emmet se dirigea alors vers l'étage accompagné de Rosalie et Carlisle, ramenant l'adolescent vers sa chambre et son lit dont-il avait bien besoin après toute ces émotions. Tous les regardèrent partir, Edward tournant ensuite un regard chargé de colère sur la jeune humaine :

- Qu'est-ce qu'il t'a pris de crier comme ça ?! Encore un peu et il aurait pu rechuter en une seconde ! s'énerva-t-il.

- Moi ce que j'aimerais savoir c'est ce que tu fabriquais ? dit-elle l'air jalouse et en colère.

- Il a fait un malaise tout à l'heure et il était paniqué, expliqua-t-il visiblement très agacé contre elle. Il fallait le calmer, il était à deux doigts de refaire une crise cardiaque et ça aurait pu le tuer ! La musique le calme et suivre mes mains sur le piano le détend alors je l'ai pris avec moi pour essayer de l'apaiser et ça a marché. Ça lui a évité une nouvelle crise !

- Et tu étais obligé de le prendre comme ça dans tes bras ! s'écria-t-elle avec énervement.

- Tu oserais me faire une crise de jalousie pour ça ?! répondit-il exaspéré. Bella, il ne pouvait pas tenir assis tout seul et il n'aurait pas pu poser ses mains sur les miennes autrement. Et puis je n'ai pas à me justifier, remarqua-t-il, il aurait pu mourir si on ne l'avait pas calmé rapidement. En hurlant comme ça, tu l'as surpris et lui faire peur comme ça n'est vraiment pas ce dont-il a besoin.

- Oh je t'en prie ! râla-t-elle. S'il y avait vraiment eu un problème, Carlisle était là, remarqua-t-elle le regard insistant.

Si le Shérif ne put le comprendre, tout les vampires devinèrent à quoi elle pensait. La transformation. Tous furent dégoûtés alors que seul Emmet n'avait pas mal vécu le fait de devenir vampire. Tous estimaient énormément la vie humaine et le fait qu'elle ait si peu d'égard pour celle de Nathaniel les dégouttait au plus haut point. C'était comme si ce n'était rien s'il mourrait et que Carlisle se retrouvait obligé de le transformer pour tenter de le sauver. Et le mot tenter était important alors qu'ils savaient désormais que ce n'était pas gagné pour l'adolescent.

- Tu me dégoûtes, murmura-t-il avant de se détourner et d'avancer vers l'escalier.

- Edward ! appela-t-elle alors l'air agacée.

Il ne s'arrêta pourtant pas, l'ignorant pour monter vers la chambre de Nathaniel. Elle voulut le suivre mais son père l'arrêta en lui prenant le bras :

- Laisse le, ordonna-t-il. Tu as été trop loin Bella. Laisse le se calmer et tu iras t'excuser ensuite.

- Moi j'ai été trop loin, dit-elle l'air exaspérée. C'est lui qui le tenait dans ses bras et qui lui murmurait à l'oreille, dit-elle avec colère.

- Attend, stoppa son père effaré, tu es jalouse de Nathaniel ? demanda-t-il. Bella, c'est complètement ridicule. Edward lui a peut-être sauvé la vie en faisant ça. Même si le docteur Cullen est là, il n'est pas magicien et si on peut éviter à Nathaniel d'en subir davantage alors il faut le faire. Il n'a rien fait de mal. Tu te comportes comme une enfant gâtée.

Vexée, elle dégagea violemment son bras pour partir vers une autre pièce, laissant un silence lourd tomber derrière elle.

- Je suis désolé pour ça, s'excusa le Shérif.

- Ce n'est pas de votre faute, tenta de rassurer Esmée.

- Si ça ne va pas entre elle et Edward et que ça pose problème pour Nathaniel, reprit-il, dîtes le moi. Je lui dirais de revenir à la maison quelques temps. C'est très gentil à vous de soigner Nathaniel et il en a besoin alors je ne veux pas que leurs disputes lui portent préjudice. Peu importe ce qu'il se passe entre eux, il ne doit pas en pâtir, soupira-t-il.

- Vous avez raison, sourit la mère. Il a besoin de calme et de tranquillité. Nous verrons bien s'ils sont tout les deux assez matures pour ne pas oublier qu'ils ne sont pas tout seuls dans cette maison.

- Nathaniel reste avec vous ? demanda-t-il.

- Oui. Il voulait rentrer, il avait peur de nous déranger mais Carlisle l'a convaincu que ce n'était pas le cas et qu'il pouvait rester ici. Il a besoin qu'on veille sur lui étroitement dans son état. S'il faisait un malaise en étant seul..., remarqua-t-elle l'air inquiète. Il a accepté alors il va rester avec nous un moment. Il y a toujours quelqu'un à la maison alors il ne sera jamais tout seul.

- C'est mieux en effet et je sais qu'il n'a pas les moyens pour l'hôpital, remarqua l'homme. Vous pourrez lui dire que tout est réglé chez lui maintenant. Il n'a plus à s'inquiéter pour ça.

- Nous lui dirons, assura Esmée.

- Dans ce cas, je ne vais pas vous importuner plus longtemps. Appelez moi s'il y a un problème avec Bella, dit-il ensuite. Je sais que ça ne va pas entre elle et Edward et qu'ils en portent tout deux la faute même si je ne connais pas les détails bien sûr. Ils vont devoir se débrouiller tout seuls pour ça mais ils ne peuvent pas l'imposer aux autres.

- Je suis bien d'accord, soupira-t-elle. Nous vous appellerons pour donner des nouvelles de Nathaniel, assura la mère. J'espère que vous aurez l'occasion de lui parler davantage la prochaine fois.

- Je l'espère, sourit-il doucement.

Il les salua ensuite pour quitter la maison, laissant la famille qui soupira. Jasper était toujours assis dans le canapé, Alice à ses côtés. Esmée les rejoignit, sachant bien ce qu'il pensait malgré la froideur de ses traits.

- Ce n'était pas de ta faute Jasper, remarqua-t-elle.

- C'est à cause de moi qu'il a failli refaire une attaque, remarqua-t-il.

- Tu ne pouvais pas savoir qu'il réagirait ainsi en apprenant quel était ton don, fit remarquer Alice.

- Qu'as tu ressenti ? Demanda Esmée.

- Beaucoup de culpabilité. Il se sentait coupable de me faire sentir ses émotions, expliqua-t-il. Je crois qu'il est parfaitement conscient du fait qu'il éprouve des choses très sombres, trop sombres et très douloureuses. Il le sait parfaitement mais il ne sait pas comment se sortir de là et il y a renoncé. Il n'en n'a plus la force, dit-il entendu de toute sa famille dans la maison. Il ne sait pas comment se sortir de ça et il ne veut pas entraîner quelqu'un là dedans. Il a peur de me faire du mal. Il se sentait coupable de me faire ressentir ce qui lui tourne dans la tête. Il se sentait aussi minable, comme s'il pensait que ce qu'il ressentait n'était pas digne d'intérêt, qu'il n'était pas digne d'intérêt, dit-il en choquant tout le monde. C'était comme s'il pensait qu'il passait pour un enfant capricieux. Il croit que parce qu'il n'arrive plus à se battre, il est pitoyable. Mais ce n'est pas par manque de courage qu'il fait ça, c'est parce qu'il n'en peut plus de toute cette douleur et qu'il n'a plus de force. Il me fait penser à quelqu'un qui se serait battu comme un diable toute sa vie et qui s'est épuisé petit à petit jusqu'à arriver au point de rupture. Il avait honte d'être épuisé et il avait terriblement peur de me faire du mal. Il voulait s'en aller, s'éloigner de moi pour ne pas me blesser. Il sait parfaitement qu'il ressent des choses blessantes mais il ne veut pas que ça pèse sur les autres. C'est pour ça qu'il se cache. Il sait qu'il dépérit et il sait très bien où ça va le mener si ça ne change pas. C'est terrible mais il l'a accepté. Seulement, il ne veut pas que ça blesse qui que ce soit autour de lui. Il ne veut pas nous déranger ou nous faire le moindre mal. C'est pour ça qu'il ne voulait pas rester. S'il a changé d'avis c'est parce qu'il se sent bien avec nous, qu'il vous aime toi et Carlisle et qu'il nous apprécie déjà énormément moi et les autres. Il a beaucoup d'affection pour nous et il veut nous protéger. S'il n'est pas parti, c'est parce que comme il n'a plus la force de se battre, il n'a plus non plus la force de résister à son besoin de chaleur et d'affection qu'il a avec nous.

- Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer dans sa vie pour qu'il en arrive là ? se demanda Esmée triste.

- Comment je vais faire pour le convaincre que je peux supporter ? reprit Jasper. Il était tellement convaincu qu'il était un mal pour moi et qu'il devait s'éloigner au plus vite.

- On va trouver, assura Esmée. On en parlera lorsqu'il se réveillera, au calme. Ça va aller.

Dans la chambre, on avait suivis la discussion tout en veillant sur Nathaniel. Une fois installé dans son lit, il n'avait pas fallu longtemps pour qu'il s'endorme lourdement. Rosalie était venue s'installer près de lui sur le lit, s'appuyant dans les oreillers et caressant les cheveux noirs d'une main, veillant sur lui avec protection. Aussitôt, Carlisle l'avait examiné, lui faisant repasser un ECG comme souvent ces derniers jours, surveillant son cœur qu'il avait peur de voir flancher encore. Edward était arrivé en cour de route, aucun des vampires n'ayant manqué sa dispute avec Bella. Rosalie lui avait demandé quand il allait se décider à la laisser tomber mais il n'avait pas répondu, s'agenouillant simplement non loin de la tête de Nathaniel pour l'observer. Puis tous avaient écouté les explications de Jasper, espérant qu'ils arriveraient à aider le jeune homme qui après les révélations du jour était définitivement entré dans la famille. Qu'il soit vampire ou non, cela ne posait pas de problème dans son cas et cela allait à tout le monde et particulièrement au couple parental l'aimant déjà profondément. Lorsque Jasper eut retrouvé son calme après une longue discussion avec sa mère et sa femme, tout trois rejoignirent les autres dans la chambre de Nathaniel.

- Comment va-t-il ? demanda l'empathe en regardant son père qu'il sentait inquiet.

- Il est stable pour le moment mais il est épuisé, remarqua-t-il. Ça ne peut pas durer ou ce n'est plus uniquement son cœur qui va flancher mais tout son corps. Il n'arrive pas a récupérer.

- C'est peut-être ce que lui ont fait les sorciers qui fait ça, remarqua Emmet.

- C'est bien possible, soupira Carlisle. Si c'est cela, j'espère que ça n'empêche pas mes soins d'agir correctement. Pour en avoir le cœur net, il faudrait qu'il ait quelques semaines sans pépins pour voir si son état s'améliore au moins un peu. Si c'est le cas, c'est qu'il lui faut surtout du repos. Je penche plutôt pour ça parce que jusqu'à présent, ce sont les problèmes survenant à cause de son état ou de la situation qui l'empêchent d'aller mieux. On verra comment il évolue.

Tous acquiescèrent, restant en silence à regarder Nathaniel cajolé par Rosalie. Après un moment, le portable de Carlisle sonna soudainement et il le sortit, surpris par le nom qui s'affichait.

- Le père de Jacob ? remarqua Edward qui avait lu dans ses pensées. Qu'est-ce qu'il veut ?

- Je vais voir ça, répondit-il en sortant dans le couloir pour ne pas déranger le sommeil de Nathaniel.

Bonjour Billy, salua-t-il en décrochant. Que puis je faire pour vous ?

- Bonjour, salua le Quileute d'un ton abrupte. J'ai entendu une histoire déconcertante aujourd'hui et j'aimerais en avoir le cœur net, dit-il entendu de tout les vampires de la maison.

- Dîtes moi, poussa le blond.

- Je déjeunais chez le Shérif ce midi et il m'a dit qu'il y avait un jeune humain chez vous, dit-il alors que tous comprenaient où il voulait en venir. Un adolescent en état de faiblesse et qui n'a personne pour l'aider.

- C'est bien le cas, confirma-t-il, mais je ne vois pas en quoi cela vous concerne.

- Charlie m'a dit que vous l'hébergiez et que vous vous occupiez de lui.

- Je ne vois toujours pas en quoi cela vous concerne, répondit-il.

- Vous voyez très bien. À quoi jouez vous avec ce garçon ? Pensiez vous que personne ne s'intéresserait à ça parce qu'il était seul et isolé ? dit-il l'air en colère.

- Puis je savoir de quoi vous m'accusez exactement ? demanda durement Carlisle.

- J'ai peur que cet enfant vous serve de repas évidemment ou que vous le transformiez, dit-il en faisant grogner tout les vampires.

- Vous savez très bien que nous ne buvons pas de sang humain Billy, dit-il froidement. Ce jeune homme à besoin de soin et d'une famille et c'est ce que nous lui donnons...

- Une famille ?! Vous êtes des vampires et lui un humain, jamais il ne sera de votre famille sans être transformé ! Il ne sait même pas avec quelles créatures il vit.

- Si, il sait que nous sommes des vampires, rétorqua-t-il. Et ça ne le gêne pas le moins du monde de vivre avec nous.

- Vous lui avez dit ! s'écria l'homme après un moment de silence. Vous rendez vous compte du danger que vous lui faite courir !

- Je n'ai pas eu besoin de lui dire, répondit-il. Il savait avant de nous rencontrer, dit-il en sentant la surprise de son interlocuteur. Il a compris tout seul ce que nous étions. Ce jeune homme a fréquenté le monde magique un moment, expliqua-t-il en sachant que les anciens de la tribu et les loups étaient au courant au même niveau que lui même, alors il connaît les vampires et probablement les loups aussi.

- Vous lui avez dit pour nous ?

- Non, je ne me serais pas permis sans votre autorisation, dit-il la voix neutre. Quand à la transformation, elle n'est pas d'actualité pour lui. Il n'est pas en danger dans son cas. Alors inutile de vous en faire pour lui il n'en n'a pas besoin.

- C'est vous qui le dîtes. Qui me dis qu'il est là de son plein grès et qu'il est bien au courant de tout ce qu'il risque ? J'aimerais lui parler et l'inviter à la Réserve pour pouvoir être sûr qu'il sait ce qu'il fait et que vous ne me mentez pas.

- Il ne peut pas vous parler pour l'instant, il dort, répondit Carlisle. Quand à venir à la réserve, ce n'est pas envisageable, asséna-t-il durement. Premièrement, je refuse de le mettre en danger au milieu de vos loups et deuxièmement, il est dans un état de santé très précaire, il ne peut pas quitter son lit et il ne pourra pas avant un bon moment.

- Je veux quand même lui parler, dîtes lui d'appeler lorsqu'il se réveillera, demanda-t-il. Et j'aimerais aussi qu'au moins Sam puisse le voir pour être sûr que vous ne lui avez rien fait.

- Je lui en parlerais, concéda-t-il. Je vais devoir lui dire qui vous êtes dans ce cas ou il ne comprendra pas.

- Je vous y autorise, répondit-il.

- Mais je vous préviens, s'il refuse de vous parler, je ne l'y obligerais pas et s'il ne veut pas vous voir, il en sera de même. Quand a laisser un seul loup l'approcher, ce ne sera pas sans son accord. Si je vois un seul de vos loups essayer sans y avoir été invité, je l'étripe moi même, dit-il durement dans une envie manifeste de protection de l'adolescent. Me suis-je bien fait comprendre ?

- Rien ne me dira que c'est la vérité, répondit-il.

- Et bien vous ferez avec. Ma famille n'a pas enfreint le traité et ne fait rien de mal. Vous faîte la loi sur votre territoire pas sur le nôtre et le traité ne vous donne pas le droit d'exiger ce que vous voulez dés que nous décidons de fréquenter un humain, dit-il avec autorité. Alors à moins d'avoir la moindre preuve de nous ayons brisé le traité, vous vous contenterez de ce que nous voudrons bien vous donner.

Sur ce, il raccrocha, retournant au chevet de son protégé. Un moment plus tard, Bella appelait Edward pour lui parler. Sentant qu'elle s'était calmée, il accepta et le couple quitta la maison pour parler en privé. En toute fin d'après midi, Nathaniel donna des signes d'éveil et ce fut Jasper qu'on laissa le plus proche de lui pour lui tenir la main. Ils avaient discuté de l'incident de l'après midi et il fallait régler ça au plus vite. Après s'être calmé, Jasper pensait pouvoir le convaincre et on le laissait donc faire, Carlisle prêt à intervenir au moindre problème. L'adolescent mit un moment à se réveiller, semblant peiner comme souvent ces derniers jours. Lorsqu'il commença à remuer un peu, Jasper se pencha sur lui :

- Nathaniel ? appela-t-il la voix tranquille.

- Jasper ? appela-t-il la voix endormie.

- Coucou, répondit joyeusement l'empathe.

Le jeune homme ne répondit pas tout de suite, semblant se réveiller mais il se tendit soudain brusquement, Jasper sentant de nouveau les sentiments qu'il avait éprouvé quelques heures auparavant revenir en force. Il posa une main sur sa joue avec calme, l'empêchant de parler en posant son pouce sur ses lèvres.

- Nathaniel, je veux que tu m'écoutes très attentivement, dit-il sérieusement. Peux-tu faire ça ?

Tendu, le jeune homme acquiesça pourtant et le vampire retira son pouce de ses lèvres. Avec calme, Jasper commença à lui raconter sa vie dans les grandes lignes, comment il avait été transformé, ce qu'il s'était passé ensuite jusqu'à rencontrer Alice puis Carlisle. Il lui raconta, sentant rapidement qu'il avait toute son attention. Lorsqu'il parla de guerre, il sentit une foule de sentiments traverser l'aveugle, n'arrivant pas à les discerner vraiment. Il laissa donc cela de côté, décidant de se concentrer sur Nathaniel pour lui faire accepter de rester près de lui.

- Je suis un vampire et un empathe depuis longtemps maintenant et j'ai sentis les émotions de beaucoup de monde. De gens qui souffraient ou qui s'apprêtaient à mourir, expliqua-t-il. Des émotions de beaucoup de monde dans beaucoup de situation. J'ai appris à gérer, j'ai appris à prendre de la distance et à me protéger. Alors je t'assure qu'être près de toi ne me porte aucun préjudice. Je sais m'isoler des sentiments des autres et ne pas me laisser atteindre.

- Mais tu sens toujours mes émotions, remarqua Nathaniel avec culpabilité.

- Oui, je les sens, confirma-t-il. Mais ce n'est pas un problème pour moi, ça ne me fais aucun mal et je peux le gérer. J'ai l'habitude.

- Mais c'est ta maison ici. C'est un endroit où tu devrais pouvoir être tranquille, être au calme en paix, être en sécurité et ne t'inquiéter de rien, pouvoir te reposer sans que rien ne te dérange, dit-il alors que l'on y sentait clairement ce qu'il pensait de ce que devait être un foyer. Tu ne devrais pas avoir à sentir ça ici. Tu ne devrais pas être obligé de me supporter.

- Rien ne m'y oblige, fit remarquer Jasper. Et je ne te supporte pas, je t'accompagne et c'est avec un très grand plaisir. Tu n'es pas une torture pour moi loin de là. Je suis heureux d'être là avec toi, confia-t-il en serrant doucement sa main.

- Tu dois me trouver minable, murmura l'adolescent après un moment de silence.

- Minable ? Non certainement pas, assura l'empathe avec force. Je sais que tu as mal, que tu souffres beaucoup, dit-il. Je sais que tu es intérieurement blessé. Et je sais que tu t'es longtemps battu et que tu es épuisé et à bout de force aujourd'hui. Je sais que tu es trop fatigué pour te battre encore, dit-il alors qu'un sanglot échappait à l'adolescent déstabilisé. Je sais et je le comprend parfaitement. Je sens tout ça et je devine aisément que tu as eu la vie dure, très dure. Je ne te demanderais pas de me raconter. Tu le feras si tu en as envie et si ce n'est pas le cas, et bien tu ne diras rien et cela m'ira très bien. En revanche, je te demanderais de me laisser être là pour te soutenir, pour t'aider, demanda-t-il. Si tu n'as plus la force de te battre laisse nous, moi et toute la famille, te donner la nôtre, dit-il en sentant l'immense émotion qu'il provoqua. Moi, je peux gérer mon empathie. Je te jure que ce n'est pas un problème et qu'être près de toi ne me cause aucun mal. Laisse moi rester avec toi et accepte de rester. Nous te l'avons dit : tu n'es plus tout seul, tu as une famille maintenant. Une famille partage sa force avec les siens lorsqu'ils en ont besoin. Nous pouvons faire ça pour toi. Tu n'as qu'une chose à faire : nous laisser nous occuper de toi et te reposer. Ne t'inquiète pas pour moi, tu n'en n'as aucune raison je t'assure. Cette famille t'a déjà accepté Nathaniel. Maintenant, je te demande de ne pas nous rejeter et de nous laisser être cette famille. Je sais que tu en rêves, je le sens, ne lutte pas contre cette envie petit frère, s'il te plaît, pria-t-il.

Concentré sur le jeune homme, Jasper sentit tout d'abord qu'il était profondément touché une fois de plus. Puis vint un doute qui fut contre carré par sa terrible envie de famille. Il y eut de la peur, de la culpabilité, de l'hésitation. Il dut ensuite repenser à un souvenir alors que la douleur revenait et ce fut celle-ci qui le poussa à se réfugier près de ce sentiment de protection que leur famille représentait pour lui. À s'y réfugier, à y rester et à souhaiter que cela dure. Comprenant qu'il avait réussi à le convaincre, Jasper sourit largement. Il aida Nathaniel lorsque celui-ci fit mine de se redresser et il l'attira dans ses bras, lui promettant que tout irait bien. Une fois de plus très ému, l'adolescent se mit à pleurer sans larme. Il ne fallut pas longtemps pour qu'Emmet vienne s'asseoir derrière lui alors qu'Alice s'accroupissait près de Jasper pour poser une main sur sa jambe. Rosalie qui était restée sur le lit en fit autant, caressant sa tête avec délicatesse.

- Ça va aller crevette, assura Emmet en frottant son dos avec douceur. Ça va aller.

Ils l'accompagnèrent et le réconfortèrent pendant un moment sous le regard protecteur de leurs parents. Nathaniel se calma progressivement sous leurs attentions, ne bougeant pas des bras de l'empathe qui finit par s'écarter en sentant qu'il tremblait. Il comprit immédiatement qu'il avait froid et qu'il n'était pas exactement le bon remède à ce problème. Il s'empressa alors d'attraper la couverture pour l'enrouler dedans, se maudissant un peu de l'avoir gardé contre lui si longtemps. Esmée déclara bientôt qu'elle allait lui préparer à manger pour le réchauffer alors que Carlisle montait un peu de chauffage de la pièce. Rapidement, l'aveugle se retrouva installé contre Emmet qui était loin de s'en plaindre, veillant à ce que l'épaisse couverture l'isole bien de lui alors que Rosalie remontait la couette sur lui. Il les remercia doucement, frissonnant visiblement. Une petite blague d'Emmet et l'atmosphère se détendait, Alice engageant une discussion légère jusqu'à l'arrivée de son repas. Ce ne fut que bien après, alors que Nathaniel se rendormait pour la nuit qu'Edward et Bella rentrèrent, visiblement précairement réconciliés pour le moment au désespoir de Rosalie.

Le lendemain, ce fut après un bon petit déjeuner que Carlisle décida de parler des Quileute avec Nathaniel. L'adolescent avait été confortablement installé dans un canapé du salon, enroulé dans une épaisse couverture. Rosalie était assise tout à côté de lui, se faisant de plus en plus protectrice et maternelle avec lui et Jasper était assis de l'autre côté, attentif. Les autres étaient répartis dans la pièce et Bella était là avec Edward. Le pianiste lui avait dis la veille que Nathaniel était au courant pour leur secret, ne parlant en revanche pas une seule fois du monde magique. Toute la famille savait très bien qu'ils n'avaient pas le droit de lui révéler ce secret et que les sorciers risquaient de leur tomber dessus s'ils le faisaient. On avait donc dit à Bella qu'il avait déjà rencontré des vampires dans le passé et que c'était ainsi qu'il était au courant. La jeune fille s'était enfin présentée ce matin au jeune homme poliment mais elle n'avait pas dénier l'approcher pour lui donner sa main comme tous l'avaient fait. Nathaniel n'avait rien réclamé et c'était avec sa gentillesse habituelle qu'il l'avait salué. Carlisle avait ensuite commencé à parler des Quileute, expliquant ce qu'ils étaient. Il les présenta comme des loups garous mais il comprit rapidement qu'il s'agissait en réalité de métamorphes. Malgré cela, il ne put s'empêcher de se tendre et de sentir la peur monter en lui. Les loups, ce n'était pas sa tasse de thé. Entre de mauvaises expériences et ses confrontation avec Greyback et sa meute, il n'avait pas vraiment un bon souvenir d'eux. Ils étaient plutôt même très mauvais grâce à Greyback et les horreurs qu'il lui avait montré et fait subir. Certes, ses mauvaises expériences venaient de loup garou mais cela restait des loups et il savait que des métamorphes pouvaient être tout aussi dangereux.

- N'aies pas peur, intervint doucement Jasper en posant une main sur sa jambe repliée sur le canapé. On ne les laissera pas t'approcher et encore moins te toucher, assura-t-il.

- Qu'il y en ait un qui essaye et je l'écrase, assura Emmet.

Reprenant, Carlisle lui expliqua alors quelles étaient leur relation avec eux, détaillant leur traité et ses closes. Il parla ensuite des craintes de Billy suite à une discussion avec le Shérif qui lui avait appris qu'il vivait là.

- Ils voulaient t'inviter à la Réserve, certainement pour te parler de leurs légendes et des vampires, révéla Carlisle. Je leur ai dit qu'il n'était pas envisageable que tu y ailles dans ton état surtout que nous ne pourrions y venir avec toi. Les loups sont trop imprévisibles pour que j'accepte de te laisser y aller sans nous. Ils voulaient alors te parler et te voir pour s'assurer que nous ne t'avons rien fait. Je leur ai dit que tu déciderais toi même si tu le voulais ou pas et qu'ils s'en contenteraient. C'est toi qui décides. Si tu veux leur parler, j'ai le numéros de Billy, tu n'es pas obligé de les voir en personne. Si tu acceptes de les voir, ce sera ici, nous serons toujours tous avec toi et nous ne laisserons que Sam venir. Il est l'Alpha de la meute et il peut parler pour le conseil.

Le silence tomba ensuite, Nathaniel réfléchissant. Il comprenait parfaitement la situation et il savait que le seul moyen de rassurer vraiment ces loups et de ne pas provoquer de conflit entre les deux clans était d'accepter d'en rencontrer un et de lui faire savoir qu'il n'avait rien, qu'il savait ce qu'il faisait et qu'il le faisait de son plein grès. Il était surpris de voir un autre clan de créature ici mais après les explications de Carlisle sur leurs histoires respectives, il comprenait. Il fut cependant rassuré lorsque le patriarche lui assura qu'il n'y en avait pas d'autres dans les parages.

- Je veux bien que l'Alpha vienne me voir si vous êtes d'accord, répondit-il finalement. C'est le seul moyen de vraiment régler la chose.

- Tu es sûr ? demanda Carlisle. Tu n'es pas obligé.

- Je suis sûr, répondit-il.

- Bon très bien, approuva-t-il. Je vais appeler Billy pour lui dire que Sam pourra venir te voir ce week end. Je veux que tu puisses te reposer d'abord.

- Merci Carlisle, sourit-il doucement.

Ce fut tranquillement que les jours suivants passèrent. Nathaniel passa son temps à se reposer sous les soins et l'attention de toute la famille. Carlisle avait pris une deuxième semaine pour pouvoir rester veiller sur lui et grand bien lui en pris puisque à trois reprises, Nathaniel frôla de nouveau la crise cardiaque en début de semaine. Heureusement, il parvint à chaque fois à calmer les choses rapidement et à stabiliser son état. Épuisé par tout cela, l'adolescent ne refusait jamais un peu d'aide ou d'attention de leur part, Jasper sentant qu'il avait vraiment besoin de réconfort et de soutient. Rosalie était celle qui s'occupait le plus de lui. Elle n'était jamais loin du jeune homme, très attentionnée et attentive. Elle veillait à ce qu'il ne manque de rien, elle lavait ses cheveux pour lui alors qu'il ne pouvait retirer son bandeau dans leur salle de bain, elle l'entourait de soin. Emmet lui, était toujours là pour le soutenir lorsqu'il voulait se déplacer et qu'il n'avait pas la force de le faire seul. Alice discutait souvent joyeusement avec lui, lui faisant découvrir les musiques qu'ils avaient mis sur son baladeur. Elle lui changeait toujours efficacement les idées. Jasper était très souvent là lui aussi et il ne pouvait s'empêcher de s'excuser régulièrement auprès de lui pour ce qu'il lui faisait vivre. L'empathe le rassurait pourtant à chaque fois. Il ne lui demandait rien, ni de lui raconter sa vie, ni de lui dire pourquoi il ressentait tel ou tel chose, mais il était toujours là avec un petit geste ou un petit mot au bon moment pour lui faire du bien et lui redonner un peu de sérénité. Il le poussait toujours à s'appuyer sur eux et à ne pas hésiter à demander leur aide ou leur réconfort qu'il acceptait de plus en plus facilement. Quand à Esmée et Carlisle, ils étaient encore plus attentifs à son égard, toujours présents, toujours rassurant, détectant mieux que personne quand quelque chose n'allait pas. Ils étaient là pour le guider, le rassurer et trouver des solutions à tout ses problèmes.

Il passa ces jours à se reposer et se détendre le plus possible. Il s'occupait avec des activités d'éveils des sens qu'il avait pris l'habitude de faire avec Esmée, les partageant cette fois-ci avec toute la famille se faisant une joie de l'aider. Il pouvait aussi passer bien du temps à lire avec le petit appareil qu'on lui avait offert à son anniversaire, cela semblant le détendre et lui faire du bien. Il lisait régulièrement mais jamais très longtemps, le braille lui demandant une concentration qui lui donnait vite mal à la tête. Il jouait aussi parfois aux cartes avec eux, discutait ou restait simplement en silence en leur compagnie, se reposant. Edward jouait souvent du piano pour lui et il le prenait régulièrement avec lui pour lui montrer les mélodies de ses mains, lui enseignant doucement comment jouer. Lorsqu'ils étaient tout deux au piano la famille de vampire avaient pu noter de petits détails. Nathaniel n'était jamais aussi détendu que lorsqu'il jouait avec Edward et celui-ci souriait de nouveau sincèrement avec lui comme il ne le faisait plus depuis longtemps. Le télépathe semblait plus heureux et plus détendu en compagnie de l'aveugle, se faisant très délicat et attentif. Tous ne pouvaient que sourire en le voyant avec Nathaniel alors que depuis sa rencontre avec Bella, il semblait toujours torturé. Avec l'adolescent, il était seulement serein et heureux. Il n'y avait que l'humaine qui voyait cela d'un mauvais œil évidemment, Jasper sentant sa jalousie et son hostilité envers l'aveugle qui pourtant était toujours aimable avec elle. Il n'en n'avait parlé à personne, ne voulant pas tendre davantage l'ambiance dans la maison et sachant que Edward le savait en entendant ses pensées. Mais son frère refusait encore de voir la vérité lorsqu'il s'agissait de Bella. Il ne disait rien mais jamais il ne laissait l'humaine s'approcher de Nathaniel sans qu'il soit plus près qu'elle. Cela n'était pourtant pas nécessaire puisqu'elle évitait l'aveugle comme la peste, tentant le plus possible d'éloigner Edward de lui. Tout deux se disputaient souvent au sujet de l'adolescent qui heureusement ne les avait jamais entendu véritablement. Il avait perçu de loin leur échanges agités mais pas le contenu de leurs paroles. Il s'en attristait d'ailleurs et on l'entendait souvent discuter avec Edward pour tenter de le rassurer et de l'aider. Et ironiquement, il défendait parfois Bella et ce qu'elle pouvait ressentir quand elle n'avait aucune estime pour lui. Cela ne le rendait que plus estimable à leurs yeux

Dans la semaine, Carlisle lui avait fait passé quelques examens qu'il pouvait faire avec le matériel qu'il avait à son cabinet, analysant scrupuleusement son état et commençant un traitement pour renforcer son cœur et prévenir de nouvelles crises qu'il redoutait après la première et dans son état de fragilité. Il veillait étroitement, lui assurant que tout irait bien et qu'il s'occupait de lui, qu'il n'avait qu'à se détendre et ne penser à rien. Et Nathaniel se laissait faire en confiance, Jasper pouvant chaque jour dire à la famille à quel point il était reconnaissant et touché par leur aide. Après un début de semaine difficile, ce fut plus tranquillement qu'il la termina, son état se stabilisant doucement mais sûrement. Ce fut le samedi en fin d'après midi qu'ils se préparèrent à recevoir Sam. Carlisle avait rappelé Billy pour lui dire ce qu'avait accepté l'adolescent et après négociation, Sam avait accepté de venir seul voir le jeune homme. Il n'avait pas vraiment eu le choix de toute manière puisque Carlisle n'avait accepté nul autre arrangement. C'était cela ou rien.

Edward et Bella n'étaient pas là alors qu'on avait éloigné la jeune fille pour éventuellement pouvoir évoquer le monde magique et mettre les choses au clair avec le loup. Nathaniel avait été installé dans un canapé, toujours soigneusement enroulé dans une bonne couverture alors qu'il peinait à se réchauffer malgré la température agréable que l'on faisait régner dans la maison. Jasper était assis à côté de lui, Rosalie aussi et Emmet se tenaient juste derrière lui, une jambe posée sur le dossier du fauteuil. Alice n'était pas loin, comme ses parents, tous entourant de près le désormais cadet de la famille qu'ils sentaient tous très tendu, seul Jasper percevant la véritable terreur qui montait en lui à l'approche de l'heure du rendez vous. Parce qu'en effet, Nathaniel se sentait paniquer. Au plus cela approchait, au plus les souvenirs qu'il avait de Greyback et de sa meute sanguinaire lui revenaient à l'esprit. Il n'avait alors plus que des images de sang et d'horreur dans la tête. Les loups garous lui avait toujours fait peur sauf qu'aujourd'hui, il ne pouvait plus du tout se défendre contre eux et cela le terrorisait. Il savait bien que cette meute n'avait rien à voir avec Greyback mais il ne pouvait s'empêcher de faire un rapprochement qui lui torturait l'esprit à cet instant.

- Inutile d'avoir peur ainsi, tenta de rassurer Jasper inquiet de ressentir une telle terreur. Nous ne le laisserons pas t'approcher.

- Je sais, sourit-il pauvrement. Excuse moi, dit-il ensuite à son attention, je ne suis pas à l'aise avec les loups je...

- C'est parce qu'il est un loup que tu as si peur ? demanda l'empathe.

Nathaniel soupira, tentant visiblement de se calmer un peu. Il écarta ensuite la couverture, dépliant ses jambes pour ensuite relever un peu la chemise de son pyjama et baisser un peu l'élastique de son pantalon, révélant ainsi le bas de son ventre trop mince. Là, il y avait une large et épaisse cicatrice plus que disgracieuse. Elle était longue, soulignant ses abdominaux et courant sur sa hanche gauche. Celle-ci, seuls Carlisle et Esmée l'avaient déjà vu mais il était évident que la blessure avait dû être très grave.

- Cette blessure, commença-t-il doucement, elle a bien failli me tuer le jour où je l'ai reçu et c'est à cause d'elle que je n'aurais jamais l'occasion d'être père, dit-il tout bas. C'est une rencontre malencontreuse avec un loup du monde magique qui me l'a valu, révéla-t-il. Depuis, je... ne suis pas vraiment à l'aise avec les loups, dit-il en remettant ses vêtements en place.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Demanda Alice.

- Je... je..., hésita-t-il avec tension. Le monde magique n'est pas vraiment un endroit sécuritaire, remarqua-t-il. Il a toujours été très dangereux pour moi et c'est aussi pour ça que je préfère m'en tenir le plus éloigné possible maintenant.

Comprenant qu'il ne voulait pas répondre, personne ne le poussa, se contentant de cette réponse. Emmet posa doucement une main sur son épaule, se voulant rassurant :

- Ne t'en fait pas, il ne t'approchera pas et s'il essaye, je l'étripe moi même, assura-t-il.

Nathaniel lui offrit un sourire tendu, se calant un peu plus au fond du canapé comme pour se rapprocher de lui. Rosalie posa une main sur ses jambes, protectrice elle aussi et tous lui assurèrent qu'il ne lui arriverait rien et que tout se passerait bien. Un moment encore et les vampires percevaient le bruit d'une voiture arrivant pour se garer juste devant chez eux. Carlisle se chargea d'aller accueillir l'Alpha. En ouvrant la porte, il le vit descendre de sa voiture l'air sérieux et un peu tendu comme prêt à réagir.

- Bonjour Sam, salua-t-il la voix neutre.

- Docteur Cullen, répondit celui-ci avec une politesse de rigueur.

Le vampire le vit ensuite diriger son attention sur la maison, se détendant un peu et il comprit qu'il devait sentir l'odeur humaine et entendre un cœur battant, le rassurant immédiatement sur la nature de celui qu'il venait voir.

- Il est parfaitement humain, appuya sérieusement Carlisle. Satisfait ?

- En partie, je veux lui parler, répondit le loup.

- Très bien. Mais j'ai deux trois conditions, dit-il en lui bloquant l'entrée. Premièrement, tu ne t'approches pas de lui, imposa-t-il durement. Tu pourras t'asseoir dans les canapés en face de celui où il est assis, ou rester debout mais tu ne dépasseras pas cette limite ou tu te retrouveras dehors en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, prévint-il. Tu peux lui parler de ce que tu veux mais s'il refuse de répondre à une question ou qu'il veut stopper la conversation, tu le respecteras. Comme je l'ai promis à Billy, les vampires n'interviendront pas dans la discussion à moins que tu n'ailles trop loin. Tu ne hausses pas la voix, tu restes calme, pas de cris ou d'énervement. Il as des soucis de santé, il a besoin de rester le plus tranquille possible. C'est compris ?

Bien que visiblement agacé, le Quileute acquiesça, voulant à tout prix s'assurer que le jeune homme n'était pas en danger. Jusqu'à présent, les Cullen s'étaient montrés exemplaires dans le respect du traité mais depuis Bella, il doutait de leur bonne foi, sachant que la transformation de la jeune fille était plus que d'actualité. Et voilà qu'ils prenaient soudain un jeune humain isolé sous leur protection ? Il trouvait ça étrange. Il suivit finalement le blond dans la maison, sur ses gardes en notant que toute la famille hormis Bella et Edward étaient là. Il sentit d'ailleurs de multiples regards chargés de mises en garde se poser sur lui lorsqu'il entra dans le salon. Il jeta un coup d'œil à chaque vampire mais aucun de bougea, ne se montrant pas du tout menaçant bien que très attentifs. Et toute la famille entourait l'humain qu'il était venu voir avec une intention de protection débordante. C'était encore plus flagrant que lorsqu'ils en faisaient de même avec Bella en présence de la meute. Il dirigea alors son attention sur le jeune homme à l'odeur étrangement terriblement fade et sans intérêt. Il fut surpris. Il était vraiment très frêle, enroulé dans une épaisse couverture alors qu'il faisait agréablement chaud dans la maison. Il semblait très maigre et tellement pâle qu'il aurait pu le prendre pour un vampire s'il n'entendait pas son cœur et sa respiration. Il remarqua aussi les cicatrices sur son visage, se demandant d'où cela venait. Mais ce qui l'intrigua plus encore fut le bandeau sur ses yeux. Il le trouva très tendu mais le visage impeccablement neutre et illisible.

- Bonjour, salua l'adolescent la voix maîtrisée et basse.

- Bonjour, répondit-il en venant s'asseoir là où Carlisle lui avait dit qu'il le pouvait et se retrouvant ainsi juste en face du jeune homme avec quelques mètres de distance. Je suis Sam Uley, dit-il tranquillement. Je suis l'Alpha de la meute de loup Quileute vivant non loin.

- Enchanté, répondit l'aveugle. Je m'appelle Nathaniel, Nathaniel Douglas, se présenta-t-il. J'ai cru comprendre que vous aviez à me parler, dit-il.

- En effet. Je..., commença le loup vite interrompu par l'adolescent.

- Je vais parler le premier si vous voulez bien, intervint-il en surprenant la famille.

Ils le savaient tous terrorisés grâce à Jasper, pourtant, il n'en montrait rien et se tenait parfaitement, les impressionnant beaucoup. L'empathe quand à lui ne pouvait détacher son regard de l'adolescent. Il sentait des choses troublantes en lui. Il était terrorisé par la présence du loup, c'était le sentiment dominant qui avait eu un pique phénoménal à l'arrivé du Quileute. Il se sentait terriblement en danger et pas du tout en sécurité. Impuissant. La panique n'était pas loin dans son esprit. Pourtant, il se maîtrisait et il sentait un éclat de volonté, de courage et de force qui l'aidait à tenir. Ce petit éclat faiblard retenait toute son attention. Il était comme une flamme que l'on croyait morte mais dont-il restait une petite braise sous les cendres, une petite braise qu'il fallait nourrir et oxygéner pour la voir repartir en de belles flammes. Sentant cela, il sut qu'il restait encore des miettes de force à Nathaniel. Bien cachées mais il en restait, il ne tiendrait qu'à eux d'alimenter et attiser cette braise pour qu'elle reparte et redonne du courage au jeune homme. Ce petit éclat brillait comme une relique et dans l'esprit de l'aveugle, il rendait encore plus évident le tas de cendre sous lequel il était caché. Cette étendue de cendre lui faisait deviner qu'autrefois, la force de l'adolescent devait être sans pareille. Il le sentait, il sentait le vide laissé par une volonté aujourd'hui réduite à une poussière. Il pouvait presque voir comme des débris de verre éparpillés partout en lui, vestige d'une puissance faite de cristal qu'on aurait brisé sans ménagement. Il leur fallait recoller les morceaux maintenant. Nathaniel lui, ne pensait qu'à une chose : épargner des problèmes à la famille. Des problèmes dont-il était l'origine une fois encore.

- Ok, acquiesça le loup surpris.

- Carlisle vous l'a dis, j'ai fréquenté le monde magique pendant un moment, commença-t-il. Je sais tout ce qu'i savoir sur les vampires et les loups comme vous, dit-il. Pour ce qui est des vampires, je sais ce qu'ils sont, je sais comment ils sont censés se nourrir, je connais leur réputation. Je suis parfaitement conscient de ce que sont les Cullen. Je l'ai deviné tout seul et si je n'avais pas été aveugle, je l'aurais vu dés que j'aurais posé les yeux sur Carlisle la première fois que je l'ai rencontré. Je sais parfaitement ce qu'ils sont. Je suis parfaitement conscient de tout ce que cela implique. Je suis ici par choix et non par obligation. Je connais aussi le traité que votre tribu a avec ce clan mais il n'a pas été enfreint et vous pouvez le constater de vos yeux alors maintenant, dîtes moi ce qui vous pose problème là dedans ? demanda-t-il.

- Je ne pense pas que tu te rendes bien compte de ce que tu fais, remarqua Sam.

Nathaniel tiqua intérieurement, encore moins à l'aise avec l'homme se permettant de le tutoyer ainsi.

- Dîtes moi donc ce que j'ai manqué, poussa-t-il simplement.

- Les vampires sont des tueurs, des buveurs de sang, dit-il en tendant toute la famille qui s'abstint pourtant d'interrompre la discussion.

Aucun ne voulait que l'on puisse dire qu'ils avaient influencé l'échange de quelque façon que ce soit et Nathaniel leur avait dit qu'il pouvait s'expliquer seul avec le loup.

- Je sais cela, remarqua-t-il simplement.

- Tu le sais mais réalises tu qu'ils tuent des êtres humains ? demanda Sam.

- Les Cullen sont végétariens, posa-t-il. Ils ne tuent personne et ne sont un danger pour personne. Je pense qu'ils vous l'ont assez prouvé.

- Ce sont des vampires, on ne peut pas avoir confiance en eux, répondit le loup recevant bon nombre de regards noirs. Tuer pour du sang est dans leur nature. Tuer tout court est dans leur nature. Ils n'ont pas d'âme et pas de vie. Ce sont des monstres froids et tu es leur repas.

Nathaniel entendit la famille de vampire autour de lui grogner un peu mais il n'y fit pas attention. Quelque chose venait de se révolter en lui face à ce discours. Il se sentait vexé. Vexé et en colère d'entendre les Cullen être qualifiés de monstre et de tueurs sans cœur. Ils étaient les seuls, les premiers à lui avoir donné tant d'attention, de chaleur, d'affection, de protection et de soutien. Les entendre être insultés de la sorte faisait monter en lui une colère brûlante et une envie féroce de les défendre. Ils étaient ce qu'il avait de plus précieux aujourd'hui et ils lui donnaient ce dont-il avait toujours rêvé : une famille. Et défendre et protéger cette famille était la seule volonté qu'il avait encore à présent.

- Alors si je comprend bien, vous mettez tout les vampires au rang de la seule définition que vous avez d'eux sans y réfléchir plus loin, dit-il platement.

- Il n'y a pas a réfléchir plus loin. Ils sont ce qu'ils sont et on ne change pas ce qu'on est, répondit avec une certitude forte. Ce sont des tueurs. Ils risquent de te tuer simplement en t'effleurant et ils seront incapables de se contrôler si tu venais à ne serait-ce que t'entailler un doigt avec une feuille de papier ! dit-il plus fort en tendant un peu plus Nathaniel peinant à maîtriser sa peur. Si tant est qu'ils ne changent pas d'avis pour te tuer dans ton sommeil. Tu n'es qu'un repas, un casse croûte pour eux. Tu ferais mieux de partir d'ici avec moi dés maintenant avant de te rendre durement compte que tu es entouré de bouchers sans cœur.

- La ferme, ragea Nathaniel la voix plus froide qu'on ne lui avait jamais entendu.

Toute la famille de vampire se figea d'ailleurs à ce ton irréel dans sa bouche, le regardant avec surprise.

- Vous n'êtes que des idiots vous et votre tribu, continua-t-il en tendant Sam de colère. Est-ce que j'ignore ce dont sont capables les vampires ? Non, bien sûr que non puisque j'ai vu de mes yeux des vampires tuer de manière plutôt sanglante, révéla-t-il en choquant tout le monde. Je sais, j'ai vu et je n'oublie pas. Mais ce qui est important pour moi est ce que sont les Cullen aujourd'hui avec moi. Le reste je m'en fiche. Cette famille que vous venez d'insulter est ce qui m'est arrivé de mieux dans la vie, dit-il en touchant tout le monde. Je vous interdis de les insulter. Vous les traitez de monstres quand ils ont été des anges pour moi.

- Des anges ? Bonne blague, ricana Sam. Ce sont des meurtriers comme tout les autres.

- Si c'est ainsi que vous le prenez, releva Nathaniel. Je vais faire une chose que je n'ai pas l'habitude de faire. Je vais faire comme vous et mettre tout le monde dans le même sac, annonça-t-il. Parlons des loups alors.

- Des loups ? releva Sam étonné. Qu'est-ce qu'ils t'ont dis sur nous ? ragea-t-il en tendant un peu plus l'adolescent qui recula furtivement dans le fauteuil pour se rapprocher d'Emmet.

Celui-ci vint immédiatement poser sa large main sur son épaule fine, fusillant le loup du regard.

- Ils ne m'ont rien dit d'autre que ce que vous êtes et l'accord qu'ils ont avec vous. Sachez cependant que vous n'êtes pas les seuls loups au monde et qu'il y en a beaucoup dans le monde magique. C'est comme ça que je connais votre race. Puisque vous mettez les Cullen dans le même sac que tout les vampires et surtout dans le même que les pires représentants de leur espèce, je vais en faire de même avec vous histoire que vous sachiez ce que ça fait. Pour ce qui est des loups j'ai déjà failli être tué par l'un d'entre vous et j'en ai vu dépecer des enfants sous mes yeux juste par cruauté, dit-il en figeant tout le monde alors que les images atroces tournaient dans sa tête. Les loups sont tout aussi dangereux que les vampires. Votre contrôle est souvent très fragile. Il suffirait qu'une jeune fille vexée mette une gifle à l'un d'entre vous pour mettre le concerné en rage et se faire sauter dessus pour être étriper sur place. Il suffit d'un rien pour vous transformer en monstre enragé. Un petit débordement et vous tueriez l'amour de votre vie sans concession, dit-il en touchant Sam en plein cœur. Vous êtes peut-être bien intentionné mais ça n'a pas grande importance n'est-ce pas ? dit-il un peu moqueur. Un monstre reste un monstre, reprit-il, et je ne vois pas pourquoi je vous différencierais des autres loups que j'ai déjà croisé puisque vous êtes incapable de différenciez les Cullen des vampires de vos légendes. Pour moi, les vampires sont mille fois plus dignes de confiance. Avec les vampires, j'ai toujours su à quoi m'attendre. Avec les loups, on ne sait pas. On ne sait jamais quand le meilleur ami pourrait devenir notre bourreau et se retourner contre vous, dit-il en se souvenant douloureusement de Remus.

- Tu n'es qu'un sale petit..., grogna Sam en rage.

Nathaniel se figea net en entendant ce grognement, perdant tout courage pour une peur irraisonnée, des images de Greyback lui sautant dessus revenant en force dans son esprit. Il se souvint de l'horreur, de la douleur, se recroquevillant un peu en s'attendant à ressentir de nouveau tout cela. Il sentit la main d'Emmet quitter son épaule sans s'apercevoir que celui-ci faisait un bond au dessus de lui pour atterrir juste devant, le cachant aux yeux de Sam. Il ne comprit qu'en entendant sa voix s'élever non plus derrière mais devant lui.

- Ose finir cette phrase cabot et tu ne repars pas d'ici en vie, grogna-t-il avec colère.

Le grand vampire ne lâcha pas le loup des yeux, tendant cependant une main vers l'arrière pour la poser sur le genou replié de l'aveugle, assurant qu'il était là. Rapidement, Rosalie et Jasper en avaient fait de même, se redressant et posant leur bras devant l'adolescent qui put les sentir, sachant alors qu'ils étaient là pour le protéger. Alice, Carlisle et Esmée s'étaient d'ailleurs levés pour faire barrière eux aussi, prêt à arrêter le loup au moindre geste. Et cela le toucha énormément, alors qu'un sentiment de protection comme jamais il ne l'avait ressenti l'entourait. Il se sentait protégé pour la première fois de sa vie. Tremblant comme une feuille, il sortit ses mains de la couverture pour attraper celle d'Emmet qui lui rendit immédiatement une étreinte douce, reculant pour être au plus proche de lui. Et cela redonna un peu de courage à l'adolescent qui brisa le silence lourd qui s'était installé.

- Ma vie et mes choix ne regardent pas les Quileute, dit-il avec autant d'assurance qu'il le put dans sa respiration accélérée. Considérez dés aujourd'hui que vous ne me devez rien et que je ne veux pas de votre protection ou de votre surveillance. Je suis ici de mon plein grès et je suis très bien avec les vampires. J'ai fais ce choix en connaissance de cause et je ne redoute pas les vampires quoi qu'il puisse se passer. Alors oubliez que j'existe et fichez nous la paix avec ça.

- Tout est dit Sam, trancha Carlisle inquiet d'entendre le cœur de son protéger accélérer de plus en plus dans sa peur alors qu'il perdait aussi le fil de sa respiration. Il est tant que tu t'en ailles maintenant, poussa-t-il platement. Le traité n'est pas brisé et ne le sera pas. Tu vois bien que Nathaniel n'est pas forcé d'être ici. Alors il n'y a plus rien à dire. Au revoir, pressa-t-il sèchement.