Chapitre 13

Steve se tendait, prêt à repousser l'homme trop entreprenant qui venait dans sa direction et qui n'était plus qu'à dix mètres de lui lorsqu'une main se posa sur son épaule. Trop à cran et trop maltraité depuis des heures, il ne parvint pas à retenir ses réflexes et, d'une clé de bras, cloua au sol la personne qui venait de le toucher.

"Eh, dragoste, c'est moi." gémit Charlie, face contre terre.

Steve relâcha tout de suite sa prise, aida son amant à se relever et s'excusa.

"Tout va bien. Tu as l'air épuisé, répondit Charlie, soucieux en caressant sa joue.

- Je te raconterai à la maison." répondit le non-maj, pressé de partir.

Il sentait le regard de l'asiatique toujours posé sur lui et n'était pas à l'aise avec l'idée qu'il puisse les entendre ou les observer. Le visage du dragonnier passa de soucieux à ennuyé.

"Est-ce que ça te dérange si on va d'abord récupérer mes affaires à la réserve ?

- Non, pas du tout, mais allons-y."

Charlie ne commenta pas son urgence à partir, se saisit de son sac, lui fit comprendre d'un regard qu'il n'avait pas le choix et d'une pression de la main dans son dos dirigea Steve vers les cheminettes. Tous deux se glissèrent dans la première de libre, le sorcier prit une poignée de poudre qu'il lança en prononçant le nom de la réserve alors que l'asiatique se rapprochait d'eux. Steve crut qu'il allait leur sauter dessus, mais le couple fut avalé par les flammes vertes avant que ça n'arrive.

Il n'y avait pas à dire, il n'aimait pas les transports sorciers, d'autant plus que sa fatigue, physique et musculaire, lui avait encore coupé les jambes à l'arrivée et sans le bras de Charlie autour de sa taille, il serait tombé sur le tapis de la salle de pause de la réserve.

Ils n'eurent pas le temps de saluer les deux dragonniers présents qu'une alarme retentit et une femme cria quelques mots dans le jargon mélangeant plusieurs langues des employés du lieu.

"Il y a une urgence, souffla Charlie en poussant Steve vers la grande table.

- J'avais deviné, le railla le militaire.

- Ça va aller si je te laisse le temps de régler ça ? Et promis, après on rentre.

- T'inquiète pas pour moi, assure-toi de ne pas être transformé en brochette."

Charlie sourit, l'embrassa avec tendresse et détala. Steve était frustré de le laisser partir aussi vite, mais vu le nombre de fois où leur temps ensemble avait été interrompu par ses enquêtes, il ne pouvait rien dire. Il s'allongea sur le canapé et, malgré ses inquiétudes de savoir son homme face à un dragon énervé, celles créées par l'homme de l'aéroport et celles issues de la situation avec Wo Fat, il s'endormit dès que sa tête toucha le coussin.

Un bruit le réveilla et le mit en alerte, quelqu'un s'approchait de lui. Steve entrouvrit les yeux et un sourire étira ses lèvres lorsqu'il reconnut la silhouette de Charlie. Ce dernier s'agenouilla à ses côtés et passa sa main dans les cheveux bruns. Steve sourit plus encore et amena son amant à poser ses lèvres sur les siennes d'une pression de la main sur sa nuque. Il gémit lorsque leurs langues se caressèrent, cette sensation qui lui avait trop manqué enflamma ses sens. Ses mains allèrent se promener sur le dos et dans les cheveux mouillés de son dragonnier qui referma ses doigts dans les cheveux courts du soldat.

Des rires résonnèrent dans le couloir, des voix se rapprochaient, Charlie se recula en vitesse. Il avait les yeux qui pétillaient, les lèvres gonflées, un grand sourire et surtout son t-shirt humide de la douche qu'il venait sûrement de prendre, ne cachait pas la bosse qui déformait son pantalon. Steve fut frustré de son mouvement de recul, mais séduit par la vue qu'il lui offrit, son homme était sexy à damner un saint.

"Rentrons." proposa Charlie.

Steve fut ravi de la proposition, il se leva, prit ses affaires pendant que son homme faisait de même et ils sortirent de la réserve main dans la main. Charlie lança un sort de réchauffement à l'hawaïen, qui dans sa hâte de partir avait oublié qu'il neigeait déjà en cette période en Roumanie, puis ils marchèrent jusque chez eux. Le sorcier insistait toujours sur le fait que c'était leur maison à tous les deux et Steve avait fini par s'y faire, heureux. Il s'imaginait bien quitter son île un jour pour rejoindre son homme ici, il n'osait cependant pas encore le dire à haute voix, ne voulant pas donner de faux espoirs à Charlie tant que rien n'était décidé.

Sur le trajet, le dragonnier lui raconta l'urgence qui les avait retenus à la réserve : un de leur nouveau pensionnaire qui s'était battu avec une mère en train de couver. Il avait fallu calmer les deux énormes créatures, déplacer le nouveau venu, le soigner, puis s'assurer de l'état de la mère et de ses œufs. Il ne demanda rien à Steve sur ce qui lui était arrivé pour être arrêté, ce dont il lui fut gré. Il voulait retrouver son amant de manière charnelle avant d'avoir les conversations sérieuses qui allaient s'imposer.

Steve sentit le sort de réchauffement s'effacer quand ils entrèrent chez eux. La porte d'entrée donnait sur une grande pièce de vie où les deux hommes allèrent pour se débarrasser de leurs sacs, manteaux et chaussures. Charlie eut à peine le temps de tout poser que Steve se pressait contre lui et l'embrassait avec passion. Les sens du militaire s'embrasèrent à nouveau, il était affamé de son homme et impatient. Il passa ses mains sous son t-shirt, qu'il retira tout de suite, caressa la peau, effleura les tétons dressés et s'attaqua vite au pantalon. Sa bouche passait de celle de Charlie, à son oreille ou à son cou avant de revenir explorer sa jumelle. Le sorcier tremblait sous ses attentions et se faisait repousser à chaque fois qu'il tentait de prendre une initiative, Steve avait besoin de contrôler leur étreinte. Ce n'était pas toujours le cas, c'était même assez rare qu'il cherche à totalement dominer son amant, mais là après toutes ces heures qu'il avait passé à subir… il devait juste se sentir aux commandes. Charlie ne s'en plaignit pas au contraire, il gémissait sous les assauts de son commandant, réagissait au moindre de ses mouvements, à la moindre de ses caresses et fut bientôt nu, assis sur l'accoudoir d'un fauteuil, une main sur le dossier, l'autre sur l'assise pour ne pas tomber alors qu'il exprimait son plaisir de façon très bruyante. Steve, toujours habillé, était à genoux entre ses jambes et alternait ses attentions buccales entre son sexe palpitant, ses bourses sensibles et son entrée déjà humide. Le militaire prépara son amant avec minutie, décidé à le torturer de sa langue et de ses mains, et récolta les cris qu'il attendait, jusqu'à ce que sa victime soit à deux doigts de céder. Là, il retira ses doigts de l'antre chaude, se redressa entre les jambes ouvertes, déboutonna son pantalon et ne l'abaissa que le minimum nécessaire pour en libérer son membre au garde-à-vous. Il planta son regard dans celui de Charlie dans une question muette et vit les lèvres de celui-ci bouger, une sensation de frais entoura sa hampe et il sut qu'il pouvait y aller. Il crocheta les hanches pleines de l'homme sous lui et s'enfonça en lui avec douceur, ne voyant pas de signes de douleur sur ses traits, il entama un mouvement de va-et-vient sans attendre qui gagna très vite en intensité. Charlie ne retenait pas ses cris de plaisir sous les coups de reins de son soldat qui se firent si forts que ses bras cessèrent de le soutenir et ses épaules rencontrèrent l'assise du fauteuil, son bassin se retrouva plus haut que son torse. L'angle de pénétration changea drastiquement et Steve dut retenir ses mouvements suivants pour être certain de ne pas blesser son amant, mais tout au contraire, il frappa sa prostate avec beaucoup plus de facilité et Charlie se mit à crier son plaisir dans plusieurs langues. Steve adorait quand il faisait cela et, comme à chaque fois, en redoubla d'ardeur. Il adopta un rythme rapide et profond, il tapait sa cible à chaque coup et dévorait des yeux le corps magnifique, recouvert de sueur qui se pliait de plaisir : les mains de Charlie se crispaient sur les coussins du fauteuil, sa tête, coincée contre l'accoudoir, allait de droite à gauche, ses yeux étaient fermés, sa bouche ouverte formait des mots de moins en moins compréhensibles, son sexe dont commençaient à s'échapper quelques perles blanches tressautait sur son ventre. Steve n'était plus très loin, il resserra sa prise sur les hanches de son amant, colla ses propres jambes au fauteuil et s'enfonça le plus possible dans le corps de son amour, récoltant un cri d'extase. Il recommença encore et encore, même quand il sentit les chairs se refermer autour de lui, même quand Charlie jouit à grands jets sur son ventre en se cambrant, il ne ralentit que lorsque l'orgasme le saisit et ne s'arrêta que lorsqu'il fut passé.

Il sortit avec douceur de l'antre chaude et aida Charlie à se redresser. Tremblants sur leurs jambes, les deux hommes allèrent prendre une douche chaude chacun leur tour et se coucher.

"Si j'ai un torticolis demain, je t'en tiendrai responsable, chuchota le sorcier.

- Ça te donnera une excuse pour rester au lit avec moi.

- Si c'est pour que tu me reprennes comme ça, je vais passer mon tour."

Steve se leva sur ses coudes pour regarder son amant malgré la pénombre, inquiet d'avoir mal interprété ses réactions.

"Tu n'as pas aimé ?

- J'ai adoré, le rassura tout de suite son homme. Mais je ne pense pas que mon corps supportera que tu remettes ça demain."

Steve posa ses lèvres avec douceur sur ses jumelles.

"Je prendrai soin de toi, je t'aime.

- Je t'aime aussi."

Heureux, soulagé d'être en vie, avec l'amour de sa vie, Steve ne tarda pas à s'endormir.