Salut ! Je publie tard et je n'ai pas eu le temps de faire une relecture, je la ferai plus tard dans ce week-end donc désolée par avance pour les fautes.

Bee-gets : Ça va, j'ai tenu le coup... les nuits restaient supportables. J'ai lu les replace plus mais ce chapitre ne me dit rien. Tu devrais t'y remettre, c'est fun. Disons que ce sport a mené à des conflits mais n'importe quel sport aurait pu avoir le même impact. Oui, peut-être que si les frères avaient fait alliance, ils auraient pu affronter leur père. ahah, tant mieux, moi non plus je n'aime pas ce qui est niais ! Bonne journée à toi aussi.

Shadow : Oui, beaucoup plus cruel ! C'était involontaire au départ. Puis quand je me suis rendue compte de l'impact de ses dialogues, j'ai décidé de forcer un peu le trait. Eh oui ! La semaine prochaine on retrouvera Nash et son enquête sur la succession de l'empereur ! Bye et merci de continuer à me lire !

Bonne lecture !


Partie IV

Le silence régnait dans l'appartement de Kagami. Toute l'équipe était sonnée par ce long récit et par la souffrance qu'ils avaient sentie, encore palpable alors qu'un an avait passé.

-Et… depuis la fin du collège, tu n'as plus revu ton frère ?

-Il est parti avec notre père à Kyoto sans me dire au revoir. Ensuite, notre grand-mère est arrivée et je vis avec elle depuis.

-Tu en l'a pas revu pendant les vacances ?

-Non. Et je n'en avais pas envie de toute manière. J'ai réfléchi à ce qu'il avait fait. Je suis toujours en colère… mais ce n'était pas vraiment mon frère. Mon frère, celui que je connais, n'aurait jamais fait ça.

Du moins, il l'espérait.

-T'avais qu'à leur casser la gueule, annonçât Kagami. T'es aussi fautif.

Ce n'était pas la première fois que cette idée lui traversait l'esprit. D'ailleurs c'était ce que son frère lui avait dit aussi.

-Tu as peut-être raison. Quoi qu'il en soit, Ogiwara a arrêté le basket par ma faute.

J'aurai dû garder mon secret pour moi. J'aurai dû anticiper la trahison de Seijuro.

-Je suis sûr qu'il ne pense pas ainsi. En fait, tu ne veux pas être pardonné. Tu aimes te complaire dans ta douleur. Alors, tu comptes faire quoi pour demain ?

Demain, il allait affronter son frère. Tetsuya n'avait jamais été aussi incertain concernant l'issue d'un match. Seirin était devenue une grande équipe, complète. Mais Rakuzan était dirigée par son frère et comptait trois rois sans couronnes. Dans la logique de la famille Akashi, Tetsuya devait perdre. Mais il n'en avait pas envie. S'il y avait bien un match qu'il voulait gagner, c'était celui-là.

Peut-être la défaite fera-t-elle revenir son grand-frère ?

Il devait se raccrocher à cet espoir.

oOo

-Ils sont… vachement intimidants, commenta Koganei en dévisageant l'équipe de Rakuzan en train de s'échauffer.

-Tu as vu ? Ils n'ont pas loupé un tir… compléta Hyuga. C'est la première fois que j'ai la chair de poule rien qu'en voyant un échauffement.

Avant le début du match, les deux capitaines se serrèrent la main. Hyuga revint vers le banc de Seirin en dévisageant sa paume.

-Il a… je m'attendais à une poigne de fer. Mais non.

-Ah…

C'était tout ce qu'il trouva à répliquer.

Tetsuya prit une grande inspiration avant le début du match. Il savait qu'il était dans le viseur de son frère. L'inverse était vrai d'ailleurs.

Le match commença bien pour Seirin. Ils dominèrent pendant les cinq premières minutes grâce à la zone de Kagami. Afin de ne pas le freiner, Tetsuya du quitter le terrain au profit de Mitobe. Depuis le banc, il assista à la première vraie action de Seijuro pour contrer Kagami. Une action vicieuse et réfléchie, comme d'habitude.

Quand Tetsuya pu retourner sur le terrain, il sentit que quelque chose n'allait pas. On le voyait. Il avait l'habitude d'être invisible, bousculé par les autres, discret. Mais Reo Mibuchi, l'arrière de Rakuzan, l'esquiva et plus tard, sa passe fut interceptée.

Était-ce de la délectation dans le regard de son frère ?

-Sais-tu pourquoi je ne t'ai jamais appris à tirer, Tetsuya ? C'est parce que je savais que cela nuirait à ton rôle de sixième homme fantôme. Vanishing drive, fantom shoot… on ne peut ignorer un joueur qui propose de tels mouvements. Le coup de grâce fut le buzzer beater des demi-finales. En apprenant à briller, tu as cessé d'être une ombre. Dire que tu n'as pas anticipé que ça finirait comme ça… tu me déçois, Tetsuya.

C'était douloureux. Chacune de ses paroles ne faisait que me l'enfoncer un peu plus.

Il avait tout prévu. Comme toujours. Et il était même allé plus loin dans sa fourberie en tentant de le remplacer avec un nouveau joueur, son numéro cinq : Mayuzumi Chihiro. Son nouvel homme fantôme.

Il était comme lui : discret, effectuant des passes. Mais il était également capable de tirer. Il n'avait pas besoin de mouvements exceptionnels et de ce fait il ne se faisait pas remarquer, surtout comparé aux autres. Seijuro avait tout calculé : neutraliser le sixième homme fantôme, forcer Hyuga à la faute, épuiser les remplaçants. Il chercha à étouffer l'équipe, comme un serpent constricteur.

Je veux gagner. Cette volonté agita ses jambes, agita ses bras. Cette volonté le poussa à retourner sur le terrain. Pour cette équipe à laquelle il avait promis qu'ils deviendraient champion. Pour Kagami, sa lumière.

Et pour enfin, donner à son frère la seule leçon qu'il lui manquait.

Tetsuya retourna sur le terrain et affronta Mayuzumi. Il lui fit subir ce qu'il avait subi : il le fit briller pour disparaître dans son ombre, là où était sa place.

Mayuzumi se retrouva ainsi exposé et incapable de détourner les passes et d'utiliser ce talent que Tetsuya avait mit des années à développer. Le talent que Seijuro avait découvert.

Au lieu de sortir Mayuzumi du terrain, Seijuro l'utilisa pour détourner l'attention de Seirin et réaliser ses passes. Tetsuya en eu mal au cœur pour le numéro 5. Il se demanda s'il aurait pu devenir, comme lui, l'instrument de son frère. Peut-être même l'avait-il été au collège sans s'en rendre compte.

Parce que Seirin reprenait l'avantage, mettait en doute les rois sans couronnes, Tetsuya vit arriver ce qu'il craignait. Son frère abandonna à son tour son équipe et entra dans la zone. Pendant ses quelques minutes que cela dura, il n'y eut pas plus fort sur le terrain. Tetsuya se demanda même s'il n'était pas plus fort qu'Aomine.

A son tour, Tetsuya du faire preuve de ruse. Il du s'imaginer à la place de ce grand-frère qui ne semblait être qu'un étranger. Mais il réalisa que ce n'était pas anticiper les mouvements de Seijuro qui allait le faire gagner. Il n'avait pas son œil de l'empereur. Par contre, ce qu'il pouvait anticiper, c'était Kagami. Il avait joué d'innombrables matchs dans son ombre. Il connaissait par cœur ses mouvements et sa façon de penser. Se focaliser sur son frère n'était pas la solution.

Et ainsi, il brisa l'œil de l'empereur et pour la première fois de sa vie, porta un coup à frère. Mais cela n'eut pas l'effet escompté. Tetsuya ne pensait pas qu'il aurait de la peine de voir soudain son grand-frère si démuni, faisant désormais face à la défaite.

Rakuzan demanda un temps mort.

-Ça va ? demandât Kagami à Tetsuya durant la pause.

-Oui.

-On a plus que deux points de retard…

Dans sa voix, Tetsuya sentit que son ami croyait à cette victoire. Peut-être plus que jamais. Au bout de cette finale se trouvait le titre de champion du Japon.

Tetsuya se concentra sur la stratégie que développait la coach pour gagner. Il restait quatre minutes de jeu. Deux points d'écart face à un Rakuzan affaibli. Seijuro ne jouait plus comme avant : il ratait ses passes et ses tirs, laissait le ballon être intercepté.

-Il vont sûrement le faire sortir, soufflât Hyuga.

-Oui, ils n'ont pas le choix, acquiesça Izuki.

À la surprise général, Seijuro retourna sur le terrain. Tetsuya et toute l'équipe de Seirin perçu le changement dans son attitude et celle de Rakuzan. Ils semblaient plus calmes alors qu'avant la pause ils étaient agités et confus.

Sachant son frère perturbé par sa récente défaite, Tetsuya osa lui faire barrage. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient face à face depuis le début de ce match. Il vit son frère sourire. Mais pas son sourire sadique. Un sourire tendre, accompagné de ses yeux rieurs.

-Ca faisait longtemps, Tetsuya.

Surpris, Tetsuya se figea une seconde, le temps nécessaire à Seijuro pour dribbler et passer la balle à Mibuchi. Il marqua un magnifique panier à trois points.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? demandât Kagami. Il a l'air d'aller mieux en tout cas.

-Mon frère est revenu, soufflât Tetsuya en souriant. Nous ne devons pas nous relâcher. Je ne sais pas si mon frère peut encore utiliser son œil de l'empereur. En tout cas, il est tout aussi dangereux.

-Il n'en a pas l'air. Il n'a plus l'air aussi intimidant.

-Tous les membres de la génération des miracles se sont éveillés de façon naturelle, sauf mon frère. Il a changé et éveillé l'œil de l'empereur lors de son duel face Murasakibara-kun. Mais s'il n'avait pas changé… mon frère aurait peut-être lui aussi éveillé un talent. Nous devons être vigilants.

Tetsuya, pour la victoire de Seirin, aurait préféré se tromper. Il fut effrayé de voir tous les membres de Rakuzan entrer dans la zone un part un, encouragé et aidé par les passes au rythme parfait de leur meneur. L'éveil de Seijuro.

-Non mais j'y crois pas… soufflât Kagami avec un sourire nerveux.

Rakuzan conservait son avance et avec tous les membres de l'équipe dans la zone, le désespoir s'empara de nouveau de Seirin.

Une voix s'éleva alors depuis les gradins. Une voix sortie d'un lointain passé.

-Courage, Kuroko !

Il le chercha dans la foule épaisse et finit par le reconnaître à son sourire. Ogiwara Shige. La foule suivit le mouvement, encouragea Seirin la jeune équipe qui avait tout donné face aux empereurs.

Cet élan donna le dernier déclic à Seirin pour trouver la faille et briser la défense de Rakuzan. Kagami trouva une zone cachée, celle qu'il avait frôlé tant de fois sans jamais pouvoir y entrer.

Le match se joua sur un lancer franc : Kyuga avait obtenu une faute en retournant l'arme de Mibuchi contre lui-même. Seirin avait un point de retard. Marquer ce panier signifiait égaliser et les obliger et faire les prolongations, ce qui était hors de question. Cela ferait du spectacle, c'était sûr. Mais Kagami avait atteint ses limites alors que Seijuro et Rakuzan semblaient revitalisés.

Il restait quatre secondes. Kiyoshi lança et rata. Seirin récupéra le rebond et la balle se retrouva entre les mains de Tetsuya, posté sur le bord du terrain. Son frère se dressa alors face à lui.

-Tetsuya !

Le cadet ne passa pas le ballon pour autant.

-C'est la fin, Tetsuya !

-Non, pas encore. Je suis l'ombre.

Il tira. Un parfait fantom shoot qui atterrit dans les mains de Kagami pour un dunk à une seconde de la fin du match.

oOo

Tetsuya se retrouva engloutit par la joie de Seirin. Ils avaient gagné. Seirin, la petite équipe de deux ans à peine, arrivée au sommet. Ils avaient battu ceux qui étaient invaincus depuis cinq ans.

Tetsuya vit son frère avancer vers lui. Ils se sourirent.

-Tu as gagné…

Il lui tendit une main tremblante alors que les larmes noyaient ses yeux rouges. Plutôt que de saisir sa main, Tetsuya se jeta dans ses bras.

-Tu m'as manqué !

-Je sais. Je suis désolé.

oOo

Pour la première fois de sa vie, Tetsuya portait une médaille d'or autour du cou et son frère une d'argent. Seirin avait l'intention d'aller fêter la victoire au restaurant malgré la fatigue qui ankylosait tous leurs membres. Seijuro semblait soupeser sa médaille. L'argent n'était pas une couleur qui lui convenait.

-A quelle heure pour partez ?

-On va aller manger puis nous prendrons le train pour Kyoto.

-Vous ne repartez pas demain matin ? Tu aurais pu dormir à la maison. On a du temps à rattraper.

-J'aimerai bien Tetsuya.

Tetsuya baissa les yeux vers l'or à son cou. Il était heureux. Cette victoire, il l'avait désirée. Mais une part de lui trouvait anormal d'avoir cette médaille. Il savait pourtant qu'il l'avait mérité. Il s'était battu, avait affronté tour à tour tous ses anciens camarades et avait gagné.

Il se sentait néanmoins inconfortable dans cette position. Il n'avait jamais été meilleur que Seijuro avant aujourd'hui.

-Je suis désolé pour tout ce que je t'ai fait, Tetsuya. Au collège je…

-Ce n'était pas toi.

-Si.

Seijuro soupira. Ils se tenaient à l'extérieur du gymnase, appuyés contre une rambarde.

-Je l'ai toujours ressenti ainsi. Je sais que ça va te déplaire, mais je l'ai vu comme un petit frère capricieux.

-En effet, ça me déplait. Quand tu dis « toujours »… depuis combien de temps est-il là ?

-C'est après la mort de maman que j'ai commencé à le sentir. Il était une présence en moi. Des fois, j'avais l'impression qu'il m'envahissait et je disais ou faisait des choses qui ne me ressemblait pas. Pour autant, il reflète une part de moi. Il est moi, que je le veuille ou non.

-Je ne suis pas de cet avis.

-Je sais.

-Et je n'ai pas envie de reconnaître que cet autre est aussi mon frère. Parce qu'il est… Il a été…

Tetsuya avait les larmes aux yeux rien que d'y repenser.

-Il m'a fait du mal.

-Je sais. Je suis désolé. Tetsuya, je ne pourrai jamais complétement expier mes fautes. Mais laisses-moi l'opportunité de me racheter.

Le grand-frère passa un bras amical autour des épaules de son cadet.

-Bien sûr que je te laisse te racheter.

-Kuroko !

Ils sursautèrent et Seijuro eu le réflexe de s'éloigner.

-Ogiwara-kun !

-Quel match ! C'était incroyable ! Vous avez été… wow !

-Ogiwara-kun, ça me fait plaisir de te voir. Tu as continué le basket ?

-Oui. Finalement, j'ai décidé de ne pas abandonner. J'ai vu ton match contre Tôo au début de la compétition et ça m'a fait chaud au cœur.

Tetsuya se tourna vers Seijuro qui semblait mal à l'aise bien qu'il tentât de le cacher.

-Hum, Ogiwara-kun, je ne crois pas que tu ais déjà rencontré Seijuro, mon frère.

-Ton frère ? Ah. On s'était croisé dans les couloirs il y a un an.

Seijuro n'ajoutât rien.

-Mais je savais pas que c'était ton frère.

-C'est un peu compliqué. Je te raconterai à l'occasion.

Mibuchi vint chercher le capitaine de Rakuzan. Il était l'heure pour eux d'aller manger s'ils ne voulaient pas rentrer trop tard.

-J'irai à Kyoto demain, annonçât Tetsuya avant que son frère ne parte. J'aimerai être là quand…

-Tu pourrai rentrer avec nous ce soir, Tetsu-chan. On a des billets de train en trop car certains membres n'ont pas pu venir.

oOo

Seirin proposa aux titulaires de Rakuzan de partager le repas avec eux, mais ils refusèrent poliment. Ils n'étaient pas encore prêts à passer une soirée avec ceux qui venaient de leur arracher la victoire.

Vers vingt-deux heures, les membres de Rakuzan allèrent chercher leurs affaires à la conciergerie de l'hôtel qu'ils avaient occupés pendant cette semaine de compétition. Ils rejoignirent la gare où ils allaient prendre la ligne Yamanote. Tetsuya attendait sur un banc. Il avait abrégé le dîner de victoire pour aller chercher des affaires pour passer la nuit à Kyoto.

Le trajet fut calme. Tous les titulaires étaient exténués et s'endormirent immédiatement. Tetsuya sentit la tête de son frère tomber sur son épaule, ce qui le réveilla quelques secondes avant que la fatigue ne reprenne le dessus.

Ils arrivèrent après un peu moins de trois heures de route. Seijuro portait sa médaille d'argent autour du cou, comme s'il tentait de s'habituer au contact de ce métal inconnu.

À la gare de Kyoto, Seijuro salua longuement son équipe, leur souhaita une bonne nuit, de bien se reposer, d'être prêt pour lundi car l'entraînement allait reprendre et qu'il comptait bien prendre sa revanche sur Seirin, ajoutât-il avec un clin d'œil vers son frère. Tous les équipiers n'étaient pas au courant de l'histoire cachée lors de cette finale mais les bruits de couloir allaient probablement vite les informer.

Seijuro appela un des chauffeurs de son père qui vinrent chercher les deux Akashi à la gare. Il était une heure du matin et les deux frères espéraient secrètement que leur père était déjà couché.

Dès que la voiture noire se gara devant la grande maison dans laquelle ils avaient grandi, ils virent la lumière depuis le salon. Tetsuya soupira. Il pensait bien que leur père avait regardé la finale ou au moins le résultat. Après tout, c'était la première fois que les deux frères s'affrontaient.

Ils retirèrent leurs chaussures dans l'entrée et n'eurent pas le temps de poser leurs sacs que l'ombre de leur père apparu dans l'entrée.

-Tiens donc, Tetsuya, que fais-tu ici ?

-Je ne savais pas j'étais banni de la maison, répliqua le garçon.

Masaomi Akashi le dévisagea durement.

-Tu as cours lundi.

-J'ai le temps de rentrer demain.

-Pourquoi es-tu venu ?

Tetsuya regarda en coin son frère. Il savait que ce moment allait être désagréable pour lui. Il sortit de sa poche sa médaille d'or et la présenta à son père. La première fois qu'il présentait ce métal.

Le regard de Masaomi se porta immédiatement sur Seijuro qui retirait sa médaille d'argent pour la présenter lui aussi.

-Tu as perdu.

-Oui.

-Face à Tetsuya.

-Non. Face à Seirin.

Les deux frères appréhendaient chacune de ses paroles, chacun de ses mouvements.

-Il nous manquait la synergie de Seirin pour gagner. Ils ont été plus forts que nous.

-Et tu ne trembles pas de rage ? Tu ne crève pas de haine ?

-Bien sûr que si ! Je n'aime pas perdre. Mais… je préfère expérimenter la défaite face à Tetsuya.

Le regard doré de leur père se posa alors sur Tetsuya. Il n'y avait que des reproches.

-Toi…

Tetsuya sentait son ventre se tordre. Il avant abandonné l'idée de lire de la fierté dans le regard de son père. Jamais il n'avait été digne de ses exigences. Pour une fois qu'il ramenait une victoire… il aurait tellement aimé voir un peu de reconnaissance. Face à n'importe quel adversaire, cela aurait peut-être pu arriver. Mais ce n'était plus n'importe qui qu'il avait battu… c'était Seijuro, l'enfant prodige de la famille, celui qui avait pour mission de ne jamais perdre.

-Tu as gagné, crachât-il.

-Oui, père, répondit Tetsuya comme si ce n'était pas un reproche.

Masaomi Akashi soupira et reposa son attention sur son ainé.

-C'est la première fois que tu me déçois.

-Ce sera la dernière, père.

-Évidement.

Il leur tourna alors le dos et monta le grand escalier pour rejoindre son bureau. Les deux frères expirèrent de concert l'air dans leurs poumons.

-Je suis épuisé, soufflât Seijuro. Allons dormir.

-Très bonne idée.

oOo

-Tu as dormi ? demandât Tetsuya en rejoignant son frère dans la cuisine.

-Je crois avoir fermé l'œil une heure ou deux. Et toi ?

-Pareil.

Ils se dévisagèrent et sourirent. Il était huit heures du matin.

-A quelle heure dois-tu partir ?

-Je n'ai pas regardé les horaires des trains.

Ils partagèrent le petit-déjeuner puis retournèrent dans leurs chambres. Tetsuya se brossa les dents, s'habilla et sursauta quand on frappa à sa porte.

-Donne-moi ta médaille, ordonnât son père.

Il tenait déjà dans sa main celle en argent de Seijuro. Tetsuya hésita mais obéit. Il regarda son père redescendre les escaliers et, une fois ses bruits de pas disparus, il vit la tête de Seijuro passer par l'ouverture de sa porte et vérifier l'absence de leur paternel.

-Il est parti, soufflât Tetsuya.

Son frère sursauta et se retourna.

-Il a pris ta médaille aussi ?

-Oui.

-Tu crois qu'il va les fondre ?

-Il en serait capable.

Leur sourire était crispé. Tetsuya rejoignit Seijuro dans sa chambre.

-Elle n'a pas beaucoup changé, commentât-il.

Son frère haussa les épaules. Des devoirs étaient rangés sur son bureau, son ordinateur dormait dans un coin, sa bibliothèque semblait s'être alourdie de quelques livres. Il restait des reliquats de leurs années d'école primaire, avant qu'ils ne partent vivre à Tokyo.

-Allons voir maman, proposât Seijuro.

oOo

Ils rattrapèrent le temps perdu après être allé voir la stèle de leur mère et prier. Ils rejoignirent le temple, puis allèrent déjeuner en centre-ville. Là, leurs langues se délièrent. Ils ne s'étaient quasiment pas adressé la parole depuis un an et les sujets ne manquaient pas. Tetsuya essaya d'aborder le sujet du retour de son frère à Rakuzan.

Il découvrit son frère étonnement calme à cette idée.

-Ils ont côtoyé mon autre pendant six mois mais j'ose espérer qu'ils apprécieront le « vrai moi ».

-Et au niveau des cours ?

-Je vais travailler.

-Tu vas rattraper six mois de cours ?

-Je n'ai pas le choix.

Tetsuya se mordillât la lèvre.

-Ne te surmène pas…

-Je gère.

Ils retournèrent ensuite à la maison. Tetsuya préférait partir en milieu d'après-midi afin de laisser du temps à son frère pour reprendre ses habitudes. Il ne savait comment il vivait ce changement. Seijuro se confiera à lui en temps voulu, songeât-il.

Ils se rendirent dans le petit salon et virent l'étagère d'or, celle où depuis des années, Masaomi Akashi exhibait les médailles et trophées de son ainé. Et au milieu de tout cet or, se trouvait la seule médaille d'argent, couplé à celle de Tetsuya.

-Il… il m'a mis dans l'étagère. Je… je suis dans l'étagère…

-Félicitation, soufflât Seijuro.

Tetsuya admira longuement sa médaille avant de retourner préparer ses affaires.

Sur le pas de la porte, il soupira.

-Merci pour cette journée.

-Arrête de faire comme si je t'avais invité. Tu devrais être ici chez toi. Et puis c'est toi qui a payé le repas.

Tetsuya rit.

-Bon… j'espère qu'on se reverra bientôt. Hésite pas à m'appeler.

-Je viendrai te voir dans un mois.

-Un mois ?

-Pour ton anniversaire, andouille ! Tu n'étais pas là au mien, mais je tiens à…

-Merci. Ça m'avait manqué tout ça. J'aurai peut-être du chercher à garder le lien, j'aurai peut-être…

Seijuro s'approcha et pris son frère dans ses bras.

-Toi aussi tu m'as manqué. À bientôt, petit frère.


Et voici pour cette réécriture de l'histoire ! J'ai ai encore d'autres en réserve qui viendront dans quelques semaines dont n'hésitez pas à suivre cette histoire ou mon profil pour être au courant que je publierai la prochaine réécriture.

Bisous !