Léonardo :
Léonardo fixait l'horloge avec irritation. Vivre la nuit, ça craint. April et lui avaient des horaires vraiment incompatibles. Ce qui faisait que leur entraînement ne pouvait se faire que le week-end. Le reste de la semaine, ils pouvaient se croiser au Daily, si April s'attardait, au parc ou encore se parler par message. Mais ces rencontres brèves étaient ce qui donnait à Léo l'envie de se lever chaque soir. Il n'en revenait pas de la place qu'elle avait prise dans sa vie. À croire que chaque minute n'était qu'un moment de plus à passer avant de la retrouver. Elle était toujours là, dans son esprit. Il ne voulait rater aucune chance de la voir, mais ça devenait de plus en plus difficile sans éveiller les soupçons de ses frères ou de son père.
Heureusement que ces promenades lui donnaient un bon alibi. Ce soir, il avait également pris un sac de courses, il ramènerait quelques provisions. Ça ferait plaisir à Mickey et comme ça on ne lui poserait pas de questions quand au fait qu'il se promenait tous les soirs en ce moment.
April était arrivée avant lui dans le parc. Une cigarette entre les lèvres, elle pianotait sur son téléphone. Il sentit son téléphone vibrer dans sa poche.
*Message de « April O'neil » à « Léonardo » :
Je viens d'arriver au parc :)
Amusé, Léonardo se fondit dans les ombres, approchant sans un bruit derrière le banc. Quand il fut juste à côté d'elle, il se pencha à son oreille.
- Moi aussi je viens d'arriver.
La journaliste sursauta dans un cri assez rigolo, envoyant voler son téléphone. Par pur réflexe, le mutant s'avança et rattrapa le petit appareil au vol. Il sourit à April et cessa de respirer. Il n'avait pas fait attention. Penché au-dessus du banc, son visage était maintenant à quelques centimètres de celui d'April. Si proche que les bords de sa capuche touchaient la joue de la journaliste, contrariant ses folles mèches rousses. Il sentait son souffle, et elle perçait l'ombre de sa capuche, le regardant avec de grands yeux encore surpris.
Léo soudainement gêné, se redressa, tira sur sa capuche et tendit son téléphone à la jeune femme.
- Désolé de t'avoir fait peur.
Il priait pour qu'elle n'ait pas remarqué son trouble. Rougissant sous sa capuche, April était elle aussi toute rouge, il avait dû lui causer une sacrée frousse. Elle déglutit et reprit son téléphone.
- Bon sang, je t'ai vraiment pas entendu arriver, j'avais sous-estimé les ninjas. Il faudra que tu m'apprennes ce truc.
- Ce truc ?
Léonardo fit le tour du banc pour venir s'asseoir à ses côtés. April le désigna du doigt comme si c'était une évidence.
- Ce truc-là ! De sortir de nulle part, bouger sans un bruit.
- J'ai pas été si discret que ça, Splinter m'aurait entendu arriver de loin.
La jeune femme lui lança un regard sceptique. Avant de lui tendre un gobelet de café fumant. Léo la remercia d'un hochement de tête.
- Eh bien, désolé, mais pour le commun des mortels, tu étais imperceptible. C'est quoi le truc ? Il y a bien un truc, n'est-ce pas ?
Léo sourit, il jeta un coup d'œil aux alentours, ils étaient seuls comme toujours. Il retira sa capuche et but une gorgée du liquide brûlant.
- Faut juste profiter de l'inattention de l'ennemi. Plaisanta le mutant.
Amusée, la journaliste lui fit la grimace. Elle était vraiment adorable, le sentiment merveilleux et familier papillonnait dans l'estomac de Léonardo. Il ne devait pas s'y laisser aller. Chassant sa réflexion, il redirigea son attention sur elle. Elle avait les yeux cernés et un peu vitreux.
- Ça va le boulot ? Tu sembles crevée.
- Oui, ça va. En fait, ce sont mes recherches perso qui me pompent l'énergie.
- Tes recherches ? S'intéressa-t-il.
La jeune journaliste écrasa son mégot avant de lui répondre.
- En ce moment, je réunis des informations sur les Dragons Pourpres.
Léonardo sentit son sang refluer. Toute légèreté oubliait face à ce nom honni. Il serra son gobelet plus fort, espérant dissimuler le tremblement de ses mains.
- Tu enquêtes sur le gang, ça me semble pas être une bonne idée, voire même une idée dangereuse, April.
- T'inquiète, Léo, je fais rien de bien transcendant, je réunis juste les articles qui parlent d'eux, je n'ai jamais eu affaire à un gang avant. Tu sais que je viens de la cambrousse, le pire crime de mon patelin, c'était Robbie Mac Donald, le voleur de supérette. Et comme ils m'ont sauté dessus il y a pas longtemps, je suis un peu curieuse. Donc je lis et j'en apprends le plus possible. Dans mon métier, c'est celui qui en sait le plus qui gagne.
Léonardo se rappelait très bien la réaction d'April quand elle avait appris sa véritable nature. Ça lui ressemblait bien de lutter contre la peur par la connaissance. Tant qu'elle ne faisait que rassembler des articles de journaux, elle ne risquait pas grand-chose. Mais malgré tout, cette nouvelle l'inquiétait, c'était plus fort que lui. April but un peu de son café.
- D'ailleurs… elle sourit et s'appuya sur le banc, se rapprochant un peu de lui. Vous devez plutôt bien les connaître, toi et tes frères.
Léo se retenait à grande peine de s'agiter. Oui, il les connaissait bien, un peu trop. N'attendant pas de réponse, la journaliste poursuivit.
- J'ai trouvé pas mal d'articles qui parlent des Dragons, disant qu'ils avaient été stoppés par des inconnus. C'était vous, n'est-ce pas ? Comment c'était ? Et depuis quand vous avez recommencé à vous la jouer super-héros ?
Léonardo bougea plus vite qu'il ne l'avait voulu, renversant presque son gobelet sur la journaliste, qui, étonnée par sa soudaine vivacité, s'était un peu écartée.
- On ne s'attaque plus aux Dragons Pourpres, c'est terminé !
- Ah bon, s'étonna la jeune femme. Alors, ça doit être quelqu'un d'autre qui met des bâtons dans leurs roues en ce moment. S'expliqua-t-elle précipitamment.
- Comment ça ? Quelqu'un se bat contre eux ? Demanda fiévreusement le mutant.
Toujours aussi désarçonnée, la journaliste lui répondit.
- Euh... ouais ? Depuis quelques mois, quelqu'un traque les Dragons, tabasse leurs dealers, incendie leurs planques.
Un très mauvais pressentiment saisit Léonardo au cœur. Il connaissait bien un mutant qui serait enclin à faire ce genre d'imprudence, et il espérait sincèrement se tromper. Abattu, il se prit le visage dans les mains. Il sentait l'odeur de la pluie et faisait de son mieux pour ne pas laisser ressurgir des souvenirs beaucoup trop lourds. La main d'April le tira de ses sombres pensées. Penchée sur lui, la jeune femme semblait soucieuse. Et beaucoup trop proche.
- Ça va, Léo ? Tu es tout pâle... enfin, disons vert pâle, pistache plutôt que pomme.
Il y avait vraiment qu'elle pour sortir des bêtises pareilles, mais c'était parfaitement ce dont il avait besoin. Il lui sourit reconnaissant. De nouveau, elle rougit et s'écarta précipitamment, c'était la deuxième fois ce soir, est-ce qu'elle était malade ? C'était pas impossible avec sa fatigue. Elle se réfugia dans son gobelet, avalant consciencieusement son contenu. Elle était vraiment... vraiment...
Léo secoua la tête, il ne devait pas se laisser aller à ses pensées romantiques. Néanmoins, il se permit une réflexion en toute amitié.
- Je vais bien, mais toi, tu devrais être prudente, ces types... sont dangereux. Vraiment dangereux. Et tu devrais aller dormir aussi, c'est pas étonnant que tu ne m'aies pas entendu arriver avec des valises pareilles sous les yeux.
- T'as raison, concéda la jeune femme avec une nouvelle grimace.
C'était déjà l'heure pour eux de se séparer. Léonardo devait rejoindre ses frères et son travail et April devait rejoindre son lit. Qu'est-ce que le mutant n'aurait pas donné pour qu'ils puissent rester ensemble ne serait-ce qu'un peu plus. Il se leva, et de nouveau, il fut arrêté par la main d'April. Il était toujours surpris qu'elle ose le toucher. Il était vrai qu'ils se frôlaient lors de leur entraînement, mais ce n'était jamais qu'un instant nécessaire à l'exercice. Dans ce parc, elle aurait juste pu l'interpeller, mais elle osait poser sa main sur son poignet sans dégoût ni hésitation.
- On ne pourra pas se voir demain, mais ça tient toujours pour l'entraînement de ce week-end ?
Léonardo mit plus de temps que nécessaire à répondre, juste pour garder un peu plus longtemps sa paume chaude contre sa peau.
- Oui, bien sûr, à dix-sept heures à la « Rosmerta ».
Elle lui sourit et le relâcha, peut-être avait-il rêvé, mais il avait l'impression qu'elle aussi, avait laissé traîner sa main plus longtemps que nécessaire. Sans doute prenait-il ses désirs pour la réalité.
Sur le chemin du retour, il fit de son mieux pour garder le souvenir de sa peau contre la sienne, son souffle contre son visage. Ces petites choses, c'était presque rien pour lesquelles il vivait maintenant, une illusion fragile. Plutôt que de penser au terrible nouvelle qu'elle lui apportait. Soucieux et déjà fatigué, il se résolut à parler à Raphaël. Ça n'allait pas être simple.
April :
April savait qu'elle rêvait. Les draps dans lesquels elle se prélassait lui étaient inconnus et la brume qui noyait la chambre ne l'inquiétait pas le moins du monde. Elle sentait une présence à ses côtés dans cette épaisse brume pâle, mais elle n'était pas effrayée, elle le connaissait, elle avait confiance en lui.
Elle ne savait pas qui c'était, elle ne le voyais pas et pourtant elle était certaine qu'il ne lui ferait aucun mal alors qu'elle sentait son poids sur le matelas a coté d'elle. Ses main frôlé son corps. Son corps qui chauffait et s'émerveiller. Bien qu'elle dorme, elle fut étonnée. April ne fessait presque jamais ce genre de rêve, elle en apprécia d'autant plus la sensation grisante. Dans ce flou, elle se pressa contre cet inconnu sans aucune crainte, car paradoxalement, elle le reconnaissait. Quand ses mains vinrent se poser sur ses seins. Elle geint délicieusement. Il appela son nom. Elle lui répondit avec passion. Pressant ses lèvres contre son cou elle gémit contre lui.
- Léo...
La journaliste se réveilla en sursaut. Le corps en feu et le souffle court. Qu'est-ce que c'était que ça ? Enfouissant son visage dans ses mains elle se roula en boule dans son lit. Écoutant les voitures rouler derrière les fenêtres, cherchant a retrouver son calme. April était confuse. Ce n'était pas la première fois qu'elle fessait ce genre de rêve. Mais c'était bien la première fois que... Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait. Il fallait qu'elle se calme, elle et son imagination un peu trop fertile. Mais elle sentait encore sur sa peau s'attarder les brides de son rêve. Elle en rougit, c'était parfaitement indécent et inapproprié. Léo était son ami et il était... Il était... Eh bien... Il était un mutant. Ils étaient amis, juste ami et ils seraient jamais autre chose. Ça devait être de la frustration, ça fessait longtemps qu'elle n'avait pas fréquenté de garçon, voilà, un accident de provoqué par son manque.
Oui rien de plus qu'une invention farfelue de son cerveau endormie...
Assise sur la moquette, April était appuyée contre le mur froid et métallique de la conserverie. La séance d'entraînement avait été bizarre. La journaliste avait fait de son mieux pour évacuer le rêve de la veille, mais c'était difficile alors qu'ils devaient se... Toucher pour exécuter les exercices. Sans doute que Léo avait senti son trouble, car il avait décrété qu'elle avait besoin d'une pose. Donc, depuis son coin de moquette, elle regardait Léonardo qui enchaînait les coups dans le vide.
Concentré, il ne la voyait même plus. La journaliste, elle, était sur les nerfs. Mal à l'aise, elle regardait son ami et elle fessait de son mieux pour ne pas le détailler, pour chasser les morceaux de son songe obsédant. Depuis « l'accident du T-shirt », elle n'avait plus jamais vu le mutant torse nue. Il portait un T-shirt large, ne laissant voir que c'est bras et occasionnellement un bout de son ventre quand il fessait une pirouette. La journaliste n'en pouvait plus. Jamais elle n'avait trouvé Léonardo attirant. Il était si différent de tous les hommes, quelle avait un jour fréquenté. Aucun n'était une créature verte et chauve pour sûr ! Aucun n'était aussi grand que le mutant, il mesurait combien ? Un mètre quatre-vingt-quinze ? Deux mètres ? Ni aussi musclé, pas même Tom son premier petit ami qui jouer dans une équipe de football américain. Aucun n'avait des yeux légèrement bridés comme ceux de Léo, ni aucun ne lui avais semblait aussi drôle et intéressant. Parler avec Léo était toujours agréable, elle avait toujours l'impression qu'il l'écoutait pleinement, qu'il buvait ses paroles. Et il la faisait rire avec son humour un peu pince-sans-rire... Qu'est-ce qu'elle était en train de faire là ?
C'était à croire quelle était amoureuse, ce qui était ridicule ! Vraiment ridicule ! Oui, peut-être que certaines parties de Léonardo n'était pas désagréable à regarder, mais il n'en demeurait pas moins une tortue mutante ! C'était risible de les imaginer ensemble. C'était complètement fou.
Elle se rappela son rêve, la sensation de sa grande main calleuse posait sur ses seins. Immédiatement, ses joues chauffèrent et elle se cacha derrière sa gourde. « Ne me regarde pas, imbécile ! » avait envie de crier April, alors qu'elle faisait de son mieux pour oublier.
Il lui adressa un regard étrange et un sourire confus. Bon sang, pourquoi, c'était aujourd'hui qu'elle remarquait que se sourire un peu dissymétrique étais aussi sexy qu'adorable. Bon sang ! Plus rien ne va chez toi ma pauvre vielle. Il faut que tu te reprennes. Secouant la tête elle se concentras sur ce qu'elle devait faire, elle avait encore une série de vingt esquive à faire, parfait elle aller s'épuiser à la tache sans doute que cela suffirait a oubliais ses élucubrations douteuses... Et elle rappellerait Rhett !
Oui ! C'est ça, c'était parfait pour lui faire passer ses idée chelou. Il voulait boire un café avec elle depuis qu'il s'était revu et ça tomber parfaitement bien. Ça serait l'occasion de remettre ses pendules à l'heure.
April :
- Je croyais que tu ne me proposerais jamais ce café ! Comme quoi je m'étais trompé. Tu as pris quoi ? Moi j'ai pris un Américano, tu veux goûter ?
April fit non de la tête tout en s'engueulant dans son fort intérieur. Qu'est-ce qu'elle se faisait chier ! Rhett face à elle n'avait même pas entamé son café, trop occupé à lui vanter ses exploits de parapente qu'il pratiquait en amateur. Sans doute que c'était une activité sympa à faire, mais à écouter, c'était rasoir. Mais sans doute que la jeune femme y mettait de la mauvaise volonté. Elle cligna des yeux essayant de prêter attention au risque et subtilité des différents courants ascendants.
Mais de nouveau, elle sentit son esprit dériver, s'éloignant des rivages sûrs et conquis pour voguer au gré de ses fantasmes irréalistes. Elle dut de nouveau se faire violence pour reporter son attention sur son ex-petit ami. C'était profondément ridicule. Elle ne savait pas ce qui était le plus risible : ces pensées farfelues ou de se forcer à ce rendez-vous stupide pour espérer chasser l'image obsédante de son ami.
En tout cas, Rhett n'avait absolument pas changé. Ça faisait trois ans qu'elle ne l'avait pas vu, après qu'ils aient rompu et qu'il ait quitté l'école de journalisme. Mais April avait l'impression que ça aurait tout aussi bien pu être dix ans. Toujours égal à lui-même, Rhett occupait tout l'espace sonore. À une époque, April avait apprécié cela. Pas besoin de lui parler ou de s'investir avec lui, il investissait pour deux. C'était une relation bête, facile qui lui avait apporté de la chaleur et du réconfort, mais pas une véritable affection. Alors pourquoi elle se prenait la tête ? Ça aurait été facile de tomber à nouveaux dans ces bras, comme ça aurait été facile de le quitter en suivant. Mais c'était peut-être ça le problème.
Sans vraiment l'écouter, elle le détaillait. Il avait tout pour lui plaire, sportif, de beaux cheveux brun et un fessier à se damner. Face à ce spectacle, elle espérait ressentir cette sensation diffuse de désir qui l'avait toujours saisie, mais aujourd'hui, elle restait froide. Froide et inquiète.
Le bruit d'une notification la sortit de sa rêverie. Elle jeta un coup d'œil à son téléphone.
*Message de « Léonardo » à « April O'neil » :
Salut Api, désolé de t'envoyer un message pour ça, mais ce soir je vais être un peu en retard à la Rosmerta, petit conseil de famille, je vais faire de mon mieux pour me libérer, désolé.
La déception dut se lire sur son visage, car l'interminable monologue cessa.
- Mauvaise nouvelle ? Questionna Rhett.
Oui, c'était une mauvaise nouvelle, car à peine eut-elle lu le message de Léo, que l'envie de faire un effort pour s'intéresser à l'inintéressante pigiste s'évanouit. Donc oui, c'était une assez mauvaise nouvelle, enfin surtout pour lui, bien qu'il ne le sache pas. April sourit et prit un air contrit.
- Désolé Rhett, mais je dois le rappeler et ça risque d'être long, mieux vaut que l'on remette ce café à plus tard.
- Oh...
C'est à son tour d'être déçu. April s'en voulut, car d'une certaine manière elle s'était servie de lui. Ça ne lui ressemblait pas de faire ça, et elle détestait causer de la peine. Elle lui sourit.
- Demain je te ramène un café au bureau pour me faire pardonner.
- D'accord. Accepta le parapentiste, décaféiné s'il te plaît.
April hocha la tête, et déjà elle tourna les talons, fuyant ce rendez-vous cauchemardesque. Elle pianota sur son téléphone.
*Message de « April O'neil » à « Léonardo» :
Prends ton temps, je t'attendrai en faisant des échauffements, tu n'auras qu'à te tenir prêt. Ce soir je te mets la pâtée ;)
Non, son attitude n'était pas révélatrice d'un problème plus profond. Non, le fait qu'elle fuie comme une coupable parce que Léonardo lui avait envoyé un message ne voulait rien dire. C'était juste une bonne excuse, car Rhett était saoulant, le prochain sera sans doute le bon. Ça ne voulait VRAIMENT rien dire du tout.
Casey :
Avançant le long du couloir, Casey était insensible au faste autour de lui. Pourtant, le casino était magnifique, évoquant les grandes heures de l'art nouveau, avec gravures, sculptures et dorures à l'image de fleurs et de fruits. Jamais il n'avait mis les pieds dans un endroit aussi luxueux. Pourtant, il ne voyait pas la beauté apparente, il ne discernait que la noirceur de la corruption et du blanchiment d'argent. Cela faisait presque trois mois. Et enfin, il allait être introduit à celle qu'il cherchait, le fruit de toute sa haine. Quand elle entra, il fut surpris. Elle était aussi petite que coquette. Son impressionnante chevelure noire voleter derrière elle comme un voile au-dessus de son manteau de fourrure blanche. Son visage juvénile ne laissait rien deviner de sa duplicité. Elle riait joyeusement en s'avançant dans le salon. Le casino avait été réservé par les membres des Dragons, et les chefs de chaque « section » étaient présents pour rendre des comptes. Au vu de ses résultats exceptionnels, Hun, son parrain dans l'organisation, avait accepté de l'emmener avec lui au rendez-vous. La petite cheffe se pavanait orgueilleusement au milieu de l'assemblée des hommes présents. Peu impressionnée par la carrure ou les visages belliqueux des gorilles. Comment une femme aussi fluette pouvait avoir tous ces gaillards en respect ? Un sifflement douloureux se fit entendre. La petite cheffe s'était arrêtée devant un de ses lieutenants, enfonçant la pointe de son talon aiguille au milieu de son pied. L'homme qui la dépassait d'une fois sa taille ne bronchait pas, seule la contraction de sa mâchoire révélait sa douleur.
- Tony, mon cœur, qu'est-ce que c'est que ça ? Demanda doucement la mafieuse.
Si Casey n'avait pas vu qu'elle lui massacrait le pied, il aurait pu la croire prévenante tant son ton était doux et innocent.
- Je suis désolé, Tina...
- Ne dis rien, Tony, je comprends, on ne peut pas toujours tenir les délais, il peut y avoir des événements imprévus. Oh, mais tu es blessé, penche-toi. Laisse-moi voir ça.
L'homme d'un bon mètre quatre-vingts se plia en deux pour faire face à la femme. La mafieuse prit son menton entre ses doigts et d'un air soucieux caressa doucement les contours de l'œil au beurre noir de son lieutenant.
- Ça doit être douloureux. Qui t'as fait ça, mon cœur ?
- Les monstres... grommela honteusement l'homme de main.
Casey sentit son sang se figer, mais il ne laissa rien paraître. La petite mafieuse sourit.
- Ne t'inquiète plus, mon chou, maman a un plan pour s'occuper des monstres tout mé tu ne peux plus te permettre d'être en retard dans les livraisons, d'accord mon chou… Je ne suis pas sûr qu'Isabelle puisse se permettre que tu sois de nouveau en retard, entendu ?
À, c'est mot le dénommé Tony avait blanchit, le regard paniqué. Tina lui sourit tendrement et retira enfin son talon du pied de son homme de main qui maintenant ne ressembler plus qu'as un enfant en détresse. La tension était palpable dans la salle, Tina était la seule qui semblait ravie. Casey sentit le poids de son revolver dans sa poche, c'était le moment. Elle était toute proche, personne ne fessait attention à lui. Il n'aurait qu'as tiré pour la tuer à coup sûr et pourtant... Elle était si petite, c'était vraiment elle le monstre qui avait mis à mort son père ? Qui traquaient les tortues ? La source de tout leur malheur ?
Il porta la main à son arme. Fixant la mafieuse qui elle pour sa part semblait cherchait quelqu'un. Quand ses yeux tombèrent sur lui, le jeune homme se figea. Un éclair de surprise passa dans le regard de Tina avant qu'elle ne se remette à sourire de plus belle. Elle ouvrit grand les bras avant de se jeter sur Casey.
- Casey ? C'est bien toi ? Questionna la femme.
Le jeune homme sentit ses genoux tremblé alors qu'elle l'enlacer, comme si elle retrouver un ami. Il n'avait jamais donné son nom aux Dragons... Depuis plus de deux mois, il se faisait appeler Kevin. Comment pouvait-elle savoir ça ?
La petite femme s'écarta, l'attrapant par les épaules, elle l'évalua d'un regard pétillant. Puis se tournas vers Hun.
- Bien jouer Hun chérie ! Tu m'apportes exactement ce qu'il me faut.
Tina s'écarta et d'un seul coup le grand homme asiatique, asséna un coup-de-poing à Casey qui surpris s'effondra laissant échapper son pistolet. Tina le ramassa en gloussant. Hun attrapas le jeune homme sonné le tenant douloureusement par ses cheveux trop long. Son visage juste à la hauteur de leur chef.
- J'ai trouvé le fils de ce salaud d'Arnold comme vous me l'aviez demandé.
- Parfait chérie. Complimenta Tina
Elle détaillait les traits de Casey, saisissant son visage comme le malheureux Tony quelques minutes plutôt. Casey sentait avec effrois le parfum sucré de la mafieuse. Une odeur qui lui souleva violemment le cœur.
- Quel adorable gamin... Dire que tu es venu de toi-même jusqu'à moi, laisse moi deviner ? Tu comptais me tirer dessus pour venger ton petit papa, c'est ça ?
- Vous l'avez assassiné. Crachat le jeune homme qui empoignait le bras de Hun à deux mains, tentant de se dégager.
Tina face à lui sourit et lui asséna une grande claque, posa ses deux mains sur ses hanches.
- Mais qu'elle idée garçon, ton père n'a juste pas honoré, ça part du contrat qui nous liait, alors on lui a repris ce qui était à nous. Ce n'est pas de chance qu'il ai étais dans sa boutique ce soir-là. Vraiment pas de chance... Je l'aimais bien, Arnold.
La mafieuse se pencha et se saisit du pistolet glissé au sol. Elle lui lança un regard navré.
- On ne t'avait pas dit que la vengeance ne servait à rien, que ça ne ferait pas revenir ton papa et blabla et blabla. Tu connais la chanson. Réprimanda la mafieuse.
Casey était aussi furieux que désespérée, elle n'avait pas le droit de parler de son père, pas le droit de dire quelle était désolée alors qu'elle l'as fait brûler vif. Hun sortis sa propre arme de son holster et la lui pointa sur la tempe.
- Arrête de te débattre. Ordonna-il froidement.
- Fait attention Hun chérie, ne vas pas lui faire sauter le caisson, j'ai besoin de lui pour mon plan.
Casey se figea de nouveaux. Pour son plan ? Quel plan ? Le jeune homme avait un très mauvais pressentiment. De toute évidence, elle savait qui il était, elle le connaissait, lavait fait chercher ? Pourquoi, certainement a cause de ses projet de vengeance, car bien que prévisible, il n'en avait parlé à personne, et elle ne le voulait vivant...
- Si on veut que ces monstres se pointent et les descendre, il nous faut un bon appât, elle sourit à Casey, n'ai je pas raison, Mr au masque de hoquet.
Bon sang, il avait fait une erreur...
Il n'allait pas réussir à venger son père...
Il allait réussir à faire tuer la seule famille qui lui restait.
