Disclaimer: Naruto ne m'appartient pas.
Les Huit Ans
"Un jour, je te marierai," annonça-t-elle de sa petite voix pour la table entière. Un instant, l'assemblée de personnes tomba en un profond silence, surpris par la force de cette déclaration, puis tout le monde se mit à rire des plus belles.
Debout sur sa chaise, son petit doigt pointa sur le jeune homme sur lequel la fillette de huit ans avait jeté son dévolu depuis cet après-midi, un grand sourire espiègle jouant sur ses lèvres roses.
"Voyons," dit son père, humour au coin de l'œil quand il aperçut la tête du jeune homme en question, rouge jusqu'aux oreilles. La table entière retourna au calme peu à peu, les rires se dissipant, "Tu es bien trop jeune, pépette, pour déjà penser au mariage, non ?" Son papa haussa un sourcil amusé, ce qui fit froncer les sourcils d'Hinata en retour.
Bien trop jeune ? Qu'il était drôle son papa ! Elle venait tout juste rencontrer l'amour de sa vie et lui pensait qu'elle en était encore trop petite pour ! Alors, elle se rassit, l'air boudeur, car personne ne semblait la prendre au sérieux. Ses bras croisés au-dessus de la poitrine, elle jeta tout de même un regard en coin à son futur mari qui, lui, ne paraissait toujours pas s'être remis de sa grande proclamation.
Pourtant, elle avait été si romantique !
À première vue, la petite Hyūga savait, savait, savait du plus profond de son cœur que le grand adolescent blond aux yeux bleus comme le ciel serait son amoureux. Son sourire avait failli la faire tomber dans les pommes tellement il l'avait ébloui avec celui-ci. Le blond lui avait même donné un petit bouquet de fleurs de lys à son arrivée et si ce n'était pas le grand amour, Hinata ne savait pas ce qui pouvait l'être.
Les servants tournaient autour des invités, les assiettes vides s'entassant les unes sur les autres. Le sourire leur était toujours inscrit au visage et Hinata croyait bien vouloir un jour travailler dans ce métier. Ils avaient l'air si heureux. Ils devaient certainement s'amuser, se disait-elle en les observant œuvrer comme des fées.
Son serveur préféré était Kō, naturellement. Gentil et toujours à l'écoute, il avait depuis qu'elle sache réfléchir été là à s'occuper d'elle. Hinata l'aimait même plus qu'elle n'aimait Natsu, bien que cette dernière pouvait être bien plus stricte que son cher aimé Kō.
Ce dernier, d'ailleurs, vint à ses côtés lorsqu'il aperçut les petites larmes d'humiliation dans les orbes opalescents de Mademoiselle. Il lui demanda alors si elle voulait bien l'aider avec les chatons qui leur avaient été offerts par les Nara. Hinata haussa une épaule comme pour dire que cela lui était égal, alors qu'elle tressaillit intérieurement de joie à l'idée d'en prendre un dans ses bras.
Sa maman lui avait dit qu'ils étaient fragiles et qu'il ne fallait pas les déranger au risque de les avoir d'humeur comme Hanabi quand on la réveillait après sa sieste.
Elle sauta de sa chaise et se faufila à travers quelques invités qui sirotaient leur quatrième coupe de champagne de l'après-midi. Son cousin, Neji, lui avait fait comprendre que cette boisson rendait les femmes heureuses, en utilisant le terme 'pompette'. C'était devenu son mot préféré, surtout que son papa l'appelait toujours 'pépétte' et sa maman 'poupette' et que tout cela rimait.
Et à cet instant, Hinata pouvait se dire pompette, car elle était bien heureuse de ce qui l'attendait. Mais elle serait encore plus pompette si Naruto l'accompagnait les voir, donc elle tira Kō avec elle à là où se trouver l'adolescent. Celui-ci l'aperçut et ayant oublié la scène d'avant, s'agenouilla devant elle, son grand sourire transformant complètement son visage.
Qu'est-ce qu'il était beau ! Si beau qu'elle se sentit finalement bien trop timide pour demander ce qu'elle voulait. Donc, elle haussa son regard vers Kō, qui, lui, donna à Hinata un petit signe d'encouragement.
"Eumm…" Mais les mots ne voulaient pas sortir, ses joues virant à un rouge vif et cela fit apparemment rire le blond.
"Mademoiselle souhaite savoir si Monsieur voudrait bien l'accompagner voir les chatons," expliqua son gentil servant, et Hinata hocha de la tête comme pour dire 'la même !'.
"Si Mademoiselle Hinata me veut bien à ses côtés, je ne dirais pas non." Et c'est ainsi que le cœur battant la chamade et les papillons dans le ventre, elle lâcha la main de Kō pour la remplacer par celle du blond qui se laissa entraîner par Mademoiselle vers la cheminée où se trouvait l'objet de leur intérêt.
"Ça, c'est Blanche," annonça-t-elle lorsqu'il lui avait demandé de les présenter. "Parce qu'elle est blanche." Le grand adolescent fit un signe de tête comme pour dire que c'était tout à fait logique et encouragea ainsi Hinata de faire tout le tour des chatons.
"Et lui, c'est Filou."
Pourquoi Filou ? demanda-t-il, toute son attention vouait aux mots qui sortaient de sa bouche. "Eh bien parce que c'est un filou ! Depuis avant, il vole les joujoux des autres. Donc c'est Filou."
Et lui là-bas ? continua-t-il. "Elle, c'est Bébé. Parce qu'elle est encore tout bébé."
Mais ce sont tous des bébés ! répondit-il. Oui, avoua-t-elle, "Mais elle est la plus petite." Et maintenant, il lui avait mis le doute. "Quel nom lui donnerais-tu ?"
"Bébé est parfait. C'est vrai que maintenant que tu le dis, elle est minuscule comparée aux autres." Naruto lui ébouriffa les cheveux et Hinata regarda vers lui, les yeux remplis d'étoiles.
Elle l'aimait, elle l'aimait et elle savait qu'un jour, ils se marieraient !
Les Neuf ans
"Où est Naruto ?" L'impatience dans sa voix irrita quelque peu Neji. Maintenant qu'Hinata avait eu neuf ans, elle demandait d'être traitée comme une grande, mais rares furent les fois quand elle-même se comportait en tant que telle. De plus, cette question incessante commençait à lui taper sur le système. Le brun ne savait pas où Naruto se trouvait à chaque minute de la journée.
"Il m'a confié avoir absolument besoin d'une pause de toi." Et lui aussi en aurait besoin d'une, par ailleurs ! Où furent passés les jours lorsqu'elle lui courait dans les bras et l'embrassait jusqu'à ce qu'elle ait besoin de reprendre son souffle, tellement son grand cousin adoré lui avait manqué ? Où était sa récompense de l'avoir supporté jusqu'ici ?
Maintenant ce n'était plus que Naruto ci, Naruto ça, Naruto par là… Toujours Naruto ! Il n'en pouvait plus de ce nom. "T-tu mens," murmura-t-elle toute paniquée, prise par le doute, puis les larmes dans ses beaux yeux lui indiquait qu'il l'avait contrariée. Il esquissa un soupir, sachant ce qui allait suivre.
Puis, avec un regard des plus glaciaux, ravalant ces petites larmes, elle lança avec beaucoup plus de conviction, "Naruto ne dirait jamais une chose pareille ! Il est bien trop gentil, contrairement à toi, nii-san !" Au moins, il était encore son nii-san, son grand frère. Il se contenterait de ça alors.
Où en était-il arrivé ?
"C'est vrai qu'il n'a pas dit ça. Mais tu ne peux pas m'en vouloir d'être quelque peu jaloux de toute l'attention que tu portes à cet idiot, non ?" Et c'est ainsi qu'il l'avait mis à nouveau dans sa poche, la voyant avec ses yeux maintenant remplis de compassion. "Il fallait me le dire alors ! Personne ne pourrait prendre ta place, Neji-nii." Il ouvrit alors ses bras afin qu'elle puisse lui donner un câlin. "Je suis désolée de t'avoir fait senti ainsi… Ce n'était pas mon intention, je te le promets !"
Neji ne pouvait que lever les yeux au ciel. Comment pouvait-il lui en vouloir alors qu'elle le menait par le bout du nez ?
"Donc où est-il ?"
"Où est qui ?"
"Naruto !" Et la voilà repartie ! Hinata se détacha de l'emprise de Neji pour se lancer dans les bras du blond qui riait à cet enthousiasme de la part de la petite Hyūga.
"De qui on parlait ?"
"De toi, toujours et encore. Elle n'a plus que ton nom à la bouche…" soupira Neji faisant rougir Hinata des plus belles. "Neji!"
"Eh bien, ça me fait plaisir que tu penses à moi parce que figure-toi que j'ai aussi pensé à toi, princesse." Si les yeux d'Hinata pouvaient encore s'agrandirent, ils sortiraient certainement de leurs orbites. "À moi ?" demanda-t-elle toute émerveillée.
"Tout juste –" commença-t-il lorsque Neji le coupa, "Je te la laisse, vu que tu es son préféré. Pendant ce temps, je vais me dégourdir les jambes, si tu vois ce que je veux dire." Puis se racla la gorge avant de disparaître vers un petit groupe de jeunes gens, où une jolie Mademoiselle ressortait particulièrement du lot.
Naruto le suivit du regard, lui-même cherchant quelqu'un de spécial parmi ces personnes, avant d'être sorti de ses pensées par nul autre qu'Hinata qui tira sur sa main afin de regagner son attention. "Tu as une surprise pour moi ?" demanda-t-elle des plus innocentes lorsqu'il avait à nouveaux ses yeux rivés sur elle. Il en avait une, oui, mais ce n'est pas pour autant qu'il la lui donnerait maintenant.
"Qu'est-ce qui te fait dire ça ?" Haussant des épaules, elle tourna finalement son attention vers tous les petits stands de délicatesses qui les entouraient. "Tu veux bien m'accompagner chez le pâtissier, là-bas ?" Elle pointa du doigt le stand de la vieille Chiyo, puis il hocha la tête, se laissant emporter avec elle dans cette direction.
"Tu n'es pas passé pour nous accompagner à la cueillette des pommes chez Monsieur Taki, comme tu l'avais promis," dit-elle distraite, admirant la beauté de ce marché. "Et j'étais très déçue, faut-il que je t'avoue."
Elle lui jeta un regard accusateur, mais avant même qu'il puisse s'excuser, elle continua, "On en a fait de la compote avec Kō et le cuisinier. Elle était très bonne. Et puis, nous en avons donné au vieux fermier Ikeda, tellement il y en avait ! Il était très heureux et sa femme nous a fait une tarte aux mirabelles." Son regard se leva sur Naruto qui l'écoutait avec beaucoup d'attention, et elle sourit, contente qu'il fût toujours attentif à ce qu'elle lui racontait. "Mais elle n'était pas très bonne… Trop acide ! Tu n'aurais pas aimé, Naruto."
"Non, c'est vrai que je ne l'aurais pas aimé. Et tu l'as quand même finie ?" demanda-t-il alors et elle hocha toute fière la tête. "Bien évidemment, sinon maman m'aurait tiré les oreilles."
"Et il y a deux semaines, Ino est passée et m'a fait plein de beaux cadeaux. Un bracelet, deux belles robes et un jeu de cartes. On a joué toute l'après-midi et j'ai gagné toutes les parties contre elle et Neji, sauf une et simplement parce que j'étais distraite par mon goûter." Ce qui était une excuse tout à fait plausible, remarqua Naruto.
"Et Neji était déçu ?"
"Énormément." Elle hocha la tête, levant les yeux au ciel. "Il m'a fait promettre de le laisser gagner au moins une fois pour qu'il se sente mieux, mais je lui ai rappelé que papa prône toujours que les tricheurs finiront en enfer et donc il n'a plus redemandé."
"Ton papa a raison. Mais du coup, je pense que j'irai en enfer parce que je triche à tous les coups…"
"Ne dis pas ça ! Ce n'est pas bien de tricher ! Il faut alors que tu arrêtes et commences à jouer à la loyale. Dieu te pardonnera, si tu le lui demandes gentiment." Elle s'arrêta, le fixant d'un regard des plus sérieux et Naruto dut durement se retenir pour ne pas laisser échapper le rire qui voulait sortir depuis qu'elle avait commencé son histoire. "Promets-le-moi, Naruto. Il le faut !"
"Bon, alors je te le promets. Si tu demandes si gentiment." Il lui fit un petit clin d'œil et cela ne sembla que contrariée davantage Hinata. "C'est impératif. Tricher c'est mentir et mentir c'est péché. Tu le saurais si tu venais plus souvent à l'église." Et c'est ainsi qu'elle lâcha sa main pour croiser ses bras sur la poitrine et de défiler devant lui.
Qu'est-ce qu'elle pouvait vite se fâcher ! Bien qu'elle fût trop adorable avec sa moue pour la prendre au sérieux, il ne voulait pas la contrarier. Elle avait un grand cœur sensible et cette bonté et pureté, Naruto voulait la préserver aussi longtemps qu'il le pouvait chez elle.
"Demain, tu me verras à l'église. Promis."
"Et tu demanderas pardon au Père." Hinata ne demandait pas, elle ordonnait.
"S'il veut bien m'écouter, oui." Dieu sait qu'il n'avait pas que ça à confesser.
"Il t'écoutera. Il écoute tout le monde. La dernière fois, j'ai fait un croche-pied à Madame Misaki, ma professeure de danse. Ce n'était pas vraiment fait exprès, mais je ne l'ai pas regretté sur le moment parce qu'elle m'avait crié dessus tout au long de notre cours, simplement parce que je ne me tenais pas assez droite !"
Il attendit qu'elle poursuive son histoire, mais elle fut distraite un court instant par le vendeur de barbe-à-papa, une nouveauté dans leur ville. "On pourra en prendre aussi ?" demanda-t-elle avec ses grands yeux de biche.
Il hocha puis lui demanda de continuer là où elle s'en était arrêté, car Dieu sait qu'Hinata pouvait parler pendant des heures quand elle s'y mettait. "Mais j'avais mal au dos parce que le jour d'avant, je suis tombée de Mireille." Mireille qui était son poney depuis peu, un cadeau de son oncle Hisashi qui avait fait fortune avec le dressage de chevaux pur sang, se rappela le blond.
"T'es-tu fait très mal ?" la coupa-t-il quelque peu inquiet. Je suis grande maintenant !, répondit-elle alors, comme si cela était réponse suffisante à sa question. Toutefois, il en conclut qu'elle n'en portait pas de plus grandes cicatrices.
"Et cette femme me fait peur, Naruto, vraiment. Donc crois-moi quand je te dis que je n'y pouvais rien. Vraiment pas. Mais j'étais tellement en colère." Elle serra sa main plus fort en se rappelant cet instant, ses joues se gonflant. "Et puis sans réfléchir, ma jambe s'est étendue et boum." Elle gesticula des bras comme si quelque chose venait d'exploser. "Elle tombe par terre." Naruto ne pouvait se retenir cette fois-ci et pouffa de rire, se rappelant toutes les misères qu'il avait infligées à cette même femme quand lui l'avait eu en tant qu'instructrice de danse.
"Ce n'est pas drôle ! Enfin, Naruto !" Mais elle aussi se mit à ricaner dans sa barbe, espiègle qu'elle était, car elle n'était peut-être finalement pas si désolée qu'elle le faisait croire à son entourage. "Donc, maman était bien évidemment très déçue par mon comportement et m'a dit qu'elle ne m'avait pas éduquée de la sorte. Elle m'a fait promettre de m'excuser auprès de Madame Misaki pour l'avoir blessée. Mais aussi auprès de Dieu pour avoir eu des pensées aussi vilaines. Et me voilà donc, avec ma conscience soulagée."
"Et depuis, tu n'as plus de pensées vilaines ?" demanda-t-il, sachant déjà ce qu'elle allait répondre.
"Plus aucune ! Promis !"
Il haussa un sourcil dubitatif à cette réponse attendue. "Vraiment ?"
"J'en mets ma main dans le feu." Puis elle lui sourit toute innocente alors qu'elle savait très bien qu'elle allait le dépouiller de tout son argent en lui achetant tout ce que son cœur désirait.
Plus aucune pensées vilaines, mon œil ! pensa-t-il, mais qui était-il pour la contredire sur ce coup ? Neji n'avait pas tort quand il proclamait qu'Hinata les avait tous mis dans sa poche.
"As-tu vu que Monsieur Anoki vendait des bonbons du Pays de la Foudre ?"
Il serait pauvre à la fin de cet après-midi !
Les Dix ans
Aujourd'hui, Naruto fêterait ses dix-sept ans. Il avait presque atteint l'âge adulte. C'était un grand jour non seulement pour le blond, mais aussi pour Hinata, car c'était sa dernière chance pour convaincre son amoureux qu'elle était la bonne pour lui. Qu'il fallait juste qu'il attende quelques années et qu'elle serait assez âgée pour qu'il puisse lui faire enfin la cour.
Plus qu'un an et Naruto devrait se mettre activement à la recherche de sa future épouse et Hinata savait que la concurrence était grande. Peut-être pas des plus qualitatives, mais des plus vastes.
Tout d'abord, il y avait Mademoiselle Sara, dont le passe-temps préféré était de ridiculiser les folies d'Hinata et même de l'humilier devant toute une assemblée de personnes, notamment son plus cher Naruto. Elle était belle, fallait-il qu'Hinata admette, avec ses longs cheveux roux et son sourire simple et séduisant, mais cela ne pouvait rattraper la laideur que son for intérieur cachait. De plus, elle avait un rire épouvantable– malicieux et vilain, d'une sonorité plutôt aiguë, comme on pourrait se l'imaginer d'une sorcière.
Heureusement, Naruto ne semblait être épris par cette dernière. Souvent, il fronçait les sourcils quand elle parlait à vive joie et l'avait déjà à plusieurs reprises priée de baisser d'un ton quand elle se comportait en tant que simple commère de village.
Qu'est-ce qu'Hinata baignait dans un bonheur absolu à de tels instants ! C'est comme s'il pouvait lire dans ses pensées dans ces moments. Raison de plus pourquoi ils étaient faits l'un pour l'autre.
Puis, il y avait Mademoiselle Karui, une petite rousse au teint bronzé qui faisait quelque peu peur à Hinata. Elle ne semblait jamais vouloir être présente à ce genre d'événements. Et toutefois, Hinata avait pu l'observer zieuter Monsieur Choji à plusieurs reprises au cours de cette dernière année, celui-ci paraissant tout à fait ignorant aux yeux doux de Mademoiselle. Dire qu'Hinata ne se faisait pas trop de soucis pour un match concluant entre elle et son blond, serait mentir, mais comme dit, il y avait de plus grandes concurrentes.
Notamment Mademoiselle Sakura qui restait à ce jour sa plus grande rivale sans même qu'elle ne le sache. Celle-ci était pourtant follement éprise par Monsieur Sasuke qui ne lui accordait rarement une minute de son temps, alors qu'elle faisait partie des jeunes Demoiselles les plus convoitées de leur région, si ce n'est du pays. C'est aussi pourquoi Hinata la considérait comme sa plus grande ennemie, car à plusieurs reprises avait-elle pu observer les yeux de son cher amoureux chercher sa chevelure rose.
Certes, elle était belle, grande et élancée avec de beaux yeux émeraude. Assurément, aussi très sophistiquée. Oui-même, tout à fait intelligente. Mais qu'est-ce que Naruto pouvait bien lui trouver qu'Hinata ne possédait pas ?
C'est alors qu'un soir, seule à pleurer dans son lit, la petite Hyūga se rendit compte qu'elle n'avait rien à lui envier si ce ne serait son âge. Son papa lui disait toujours qu'elle se retrouverait un jour au bras d'un prince avec sa beauté exotique et sa bonté immaculée, bien qu'Hinata lui rappelât à tous les coups que le seul prince que sa fille désirait n'était pas un prince en rang, mais un prince en cœur et nul autre que Naruto.
Et donc, Hinata vint à la conclusion que si elle voulait réaliser son plus cher rêve, qu'il fallait persuader Naruto de repousser son mariage de quelques années. Peut-être qu'à dix-sept ans, lorsqu'elle aura enfin l'âge que son amant avait aujourd'hui, son gentil papa donnerait à Naruto la permission de la demander en mariage.
Cela ne lui semblait pas si difficile, car son papounet avait du mal à lui refuser quoi que ce soit tant qu'elle finissait son assiette et suivait ses cours à la lettre.
Qu'étaient sept ans de souffrance séparés face au restant de leurs jours heureux ensemble ? Rien, proclamerait sa mère si elle n'était pas aujourd'hui occupée à soigner sa fille cadette malade. Hanabi était une vraie petite tempête comparée à Hinata, et cela ne l'étonnait pas du moindre que sa petite sœur soit souffrante d'une toux après s'être coltinée pied-nu dans le jardin alors qu'il pleuvait des cordes.
Enfin, quoi qu'il en soit ! Hinata avait d'autres chats à fouetter à présent. Elle s'était vêtue de sa plus jolie robe, blanche avec de délicates fleurs de lavandes par endroit et de petites épaulettes en dentelle. Bien que ses cheveux soient courts, Natsu, avec son sublime talent, lui avait tressé un flot dans sa chevelure. Et ses souliers possédaient un petit talon que Mademoiselle Ino classifierait de chic si elle avait été présente aujourd'hui.
Hinata était décidée de ne pas quitter les côtés de Naruto à son anniversaire. Où qu'il aille, elle le suivrait. Il lui accordait toujours toute son attention quand ils se retrouvaient. Que ce soit parce qu'elle ne lui donnait pas d'autres choix n'était pas une question qu'Hinata se posait. À ses yeux, Naruto préférait sa compagnie à chaque autre Dame, même celle de Mademoiselle Sakura.
C'est sur cette pensée que la petite bleutée sortit de la calèche, et se mit à la recherche de son bienaimé. Elle put entendre son père lui criait après de bien vouloir attendre, qu'il n'avait plus vingt ans, mais sa fille l'ignora, trop excitée à l'idée de retrouver Naruto.
Et c'est alors qu'Hinata aperçut le blond déjà regardé dans sa direction, un grand sourire ornant son visage d'ange à la vue de la petite Hyūga venant accourue vers lui. C'était fou comment ce petit bout de fille pouvait lui transformer un sourire au visage. Il n'avait encore jamais vu quelqu'un aussi heureux à l'idée de le voir.
"Joyeux anniversaire, Naruto !" Elle lui sauta dans les bras et Naruto la rattrapa avec effort, car il ne se rappelait pas qu'elle ait autant grandi depuis la dernière fois. "Regarde comme je suis jolie pour toi !"
Il aimerait bien, mais elle pendait autour de son cou comme un koala ! Alors, il la déposa sur ses deux pieds, et avec un œil faussement critique, la reluqua de la tête au pied. Sous son regard minutieux, elle finit par se sentir timide, toutefois elle se tourna en rond pour qu'il puisse observer sa robe virevolter. "Magnifique, une vraie princesse !" exclama-t-il après de longues secondes à simplement la contempler.
"Maman me l'a offerte pour aujourd'hui parce que c'était ton grand jour," murmura-t-elle, ses index tapotant l'un contre l'autre. Pour mon grand jour ? demanda-t-il et elle hocha la tête, trop gênée pour lui regarder dans les yeux maintenant. "Elle a bien choisi, Madame Hyūga," répondit-il alors, tout en la reprenant dans ses bras. Elle posa sa tête contre son épaule et admira le grand jardin automnal qui avait été arrangé pour ce jour précis.
"Viens. Les autres t'attendent déjà. Ils sont tout aussi impatients d'admirer ta tenue que moi je l'étais," expliqua-t-il en avançant vers son groupe d'amis qui les observait déjà de loin. Hinata pouvait reconnaître Monsieur Sasuke et son frère, Monsieur Itachi, en train de discuter avec Monsieur Kakashi. Mais aussi Monsieur Choji et Monsieur Shikamaru qui fumaient tous les deux un cigare. Puis, il y avait Mlle TenTen et son amie Mlle Tamaki. Pas loin de là, Monsieur Kiba et Monsieur Shino semblait être en train de se disputer une fois de plus, ce qui fit doucement rire Hinata.
Et bien évidemment Mlle Sara attendait avec impatience que son blond retourne à ses côtés. Elle se présentait avec un sourire pincé aux lèvres, ses joues pomponnaient d'un rouge bien trop vif. Ou alors était-ce naturel ? "Mademoiselle Hinata," la salua-t-elle avec une voix bien trop sépulcrale pour être considérée honnête, et Hinata étant trop polie pour ignorer un bonjour, fit de même, le menton levé.
Elle fut accueillie parmi les autres invités de Naruto et alors qu'elle était bien plus jeune que tout le reste, la bleutée se sentit comme un poisson dans l'eau. Tous savaient qu'elle avait jeté son dévolu sur Naruto et tous trouvaient cet amour innocent plutôt amusant et adorable, bien que le Namikaze puisse parfois en être quelque peu gêné.
Pourtant, quand son amoureuse déclara à chaque nouvelle Demoiselle de leur société qu'il était déjà pris, il semblait que garder les sentiments d'Hinata intacts fut une priorité chez Naruto. D'autant plus que la jalousie enfantine de la fillette de dix ans pouvait lui venir en aide quand il voulait échapper une fois de plus à une Dame par qui il n'était pas charmé.
L'après-midi se poursuivit en rire et bonne humeur. Madame Kushina avait prié Hinata de l'accompagner allumer les bougies du gâteau d'anniversaire. Il n'y avait pas d'hésitation dans sa voix lorsqu'elle acquiesça à la demande et suivit la jolie maman de Naruto vers la cuisine de leur immense demeure.
Hinata adorait Madame Kushina. C'était une femme élégante, gentille et drôle. Elle lui racontait toujours des histoires du royaume où elle était née. Chaque histoire était comme un voyage dans un autre temps où le roi et la reine invitaient tout le peuple à leur château pour fêter chaque année la naissance du petit Jésus. Où les meilleures délicatesses étaient concoctées et exportaient vers des pays comme le Pays du Feu.
Ces histoires lui donnaient envie d'y voyager et de découvrir ce pays qui avait des airs de conte de fées. Mais de temps en temps, Madame Kushina semblait triste, comme nostalgique d'un temps révolu. C'est alors qu'Hinata lui demanda pourquoi elle ne retournait pas passer un petit séjour là-bas et Madame lui expliqua qu'elle y était interdite depuis son mariage à Monsieur Minato. Qu'elle avait renoncé à son pays et ses droits en tant que légitime princesse pour vivre ce magnifique amour avec son mari.
"Alors, vous êtes une véritable princesse, Madame Kushina!" s'écria Hinata, totalement émerveillée à cette idée. Puis, elle rougit face à sa réaction si égayée, car ce n'était pas le comportement approprié pour une jeune Demoiselle de sa société. Mais Madame Kushina rit simplement, bien trop heureuse que ses histoires fassent rêver une jeune fille romanesque comme Hinata.
"Je l'étais, mon enfant, mais plus maintenant. Et j'en suis heureuse, sinon ma vie serait bien plus fade sans mon Minato et mon Naruto." La maman coupa le gâteau en nombreuses parts, préférant le faire elle que les servants. Hinata la regarda faire silencieusement, prenant en compte tout dont Madame venait lui faire part.
"Peut-être que je ne suis plus une princesse, mais Naruto possède toutefois du sang royal," continua-t-elle sans remarquer qu'elle venait de perdre Hinata avec cette information.
Un prince ? Naruto était un prince ! Donc son papa avait raison ! Elle en marierait un pour de vrai ! Maintenant, elle en était vraiment convaincue !
Quand le gâteau fut servi, Naruto souffla ses bougies et tout le monde lui chantait. Puis, il ouvrit ses cadeaux un par un, priant Hinata de lui venir en aide, tellement il y en avait. Les présents étaient divers, extravagants et parfois même ridicules. Ses amis l'avaient gâté et Naruto remercia chacun d'entre eux avec son grand sourire habituel.
Hiashi, ayant remarqué qu'Hinata collait une fois de plus aux semelles de Naruto, décida d'y couper court. C'était bien chou, mais certainement le blond, voulait-il profiter maintenant avec ses amis sans se coltiner une petite fille à ses côtés. C'est alors, avec grand regret pour sa fille, qu'il la pria de faire ses adieux à son bienaimé et de le remercier pour l'invitation.
Voyant que des larmes se formaient dans les yeux de sa fille, il ne put que soupirer, cherchant le soutien de son vieil ami Minato qui souhaitait rester simple observateur amusé de la scène.
Hinata ne voulait pas faire de cinéma. Son papa avait bien raison. Elle était bien trop petite pour accompagner Naruto, Neji et tout le reste en ville pour y continuer la fête. Mais ce qui l'inquiétait bien plus était qu'elle ne lui avait ni donné son cadeau, ni demandé ce qu'elle s'était promise. De plus, il était en train de rire avec Mademoiselle Sakura, alors que la bleutée n'était même pas partie depuis cinq minutes.
Donc, avec la plus grande détermination, Hinata pria son père de lui donner encore quelques minutes, ce qu'il lui accorda, sous condition qu'elle se dépêche.
Elle avança à pas sûr vers là où le blond était assis et ce dernier n'hésita pas pour la prendre sur ses genoux. Mais son attention était fixée sur la Demoiselle à la chevelure bonbon, tout à fait ignorant au regard fusillant de la petite Hyūga.
"Naruto," murmura Hinata à l'oreille de celui-ci, et son attention passa de Mlle Sakura à la bleutée. Il demanda ce qu'il y avait, quelque peu inquiet en apercevant les larmes séchées sur son visage. Il pouvait presque s'imaginer ce qui s'était passé, et un regard vers le visage dur de Monsieur Hiashi et Naruto en avait sa réponse.
Elle murmura encore quelque chose à son oreille et il répéta ses mots, incertain d'avoir bien entendu, "Tu veux me dire quelque chose ?" La petite fille hocha timidement la tête.
"Sakura, peux-tu nous excuser un instant ?" Cette dernière lui sourit gentiment et Hinata leva intérieurement le poing en victoire.
Main dans la main, Hinata les mena vers Kō, qui attendait depuis le début de l'après-midi dans le salon où un grand buffet avait été préparé pour tous les servants. Ce dernier savait ce qu'Hinata voulait lui demander sans même qu'elle ait à poser la question, et ainsi, lui tendit le grand panier qu'elle et sa maman avait concocté pour le blond.
Dans ce grand panier, Naruto découvrit différents savons, des bonbons, du chocolat, une broche et un bracelet qu'Hinata lui avait fabriqué. Touché par toutes ses petites attentions, il n'attendit pas pour enfiler le bracelet. Il lui demanda de faire un double nœud et Hinata, toute fière que ses cadeaux lui plaisaient tant, ne pouvait effacer le sourire immense collé sur son visage.
"C'est le plus beau cadeau que j'ai reçu, princesse," annonça-t-il et Hinata savait que c'était un petit mensonge, mais un mensonge acceptable, car il la rendait heureuse.
"Naruto, tu m'aimes ?" Il hocha la tête puisqu'il l'aimait vraiment. Comme un frère pouvait aimer sa sœur, bien qu'il ne le lui aurait jamais dit comme ça. Pas la peine de blesser ses sentiments.
"Si tu m'aimes, il faut alors que tu fasses quelque chose pour moi," commença-t-elle, prenant les mains du blond dans les siennes. Naruto dut contenir le rire qui voulait échapper ses lèvres à cette vue. Neji l'avait prévenu au préalable de ce qu'Hinata était sur le point de lui dire afin qu'il puisse se préparer à quoi répondre.
"Et comme je suis ta princesse — " Elle prit une grande inspiration, car le courage était sur le point de s'évaporer. "Eh bien, j-je devrais marier un prince." Il acquiesça puisque c'était parfaitement logique. "Et puiiis" étira-t-elle ses mots, incertaine comment procéder. Elle lâcha un soupir de fatigue. Ça ne pouvait pas être si dur de dire ce qu'elle avait à dire, bon sang !
Elle leva son regard vers celui de son bienaimé et ses yeux azur étaient déjà posés sur elle, patience y étant inscrit. Cela l'encouragea d'autant plus, et finalement elle poursuivit, "Hé bien, tu es le seul prince que je connaisse, c'est pour cela qu'il est impératif que nous nous marions."
Cette fois-ci, Naruto ne put s'empêcher de lâcher ce rire qu'il avait contenu jusqu'à là, mais, quelques secondes après, il le regretta, fusillé par le regard sévère d'Hinata, avec ses joues toutes gonflées. Alors, il se reprit et lui répondit aussi sérieusement qu'il pouvait, "Mais tu es trop petite pour te marier."
À nouveau, elle soupira, mais cette fois-ci d'exaspération, car on le lui disait bien trop souvent. "Oui, maintenant, mais quand j'aurai dix-sept ans, je serai prête à devenir une épouse." Naruto ne voulait même pas s'imaginer le jour où sa petite Hinata offrirait son cœur à quelqu'un d'autre. Personne ne pourrait lui aller à la cheville.
"Et donc, i-il f-faut que tu m'attendes." Et sur ces mots, ses yeux se remplirent de larmes, réduisant Naruto à un silence complet.
Cela lui brisait vraiment le cœur de voir Hinata encore et encore dans un tel état. Ses larmes à elle étaient sa déchéance à lui.
À chaque fois qu'il devait rentrer à la maison, à chaque fois qu'il lui manquait et à chaque fois qu'elle pleurait pour lui, Naruto ne pouvait autrement que de sentir son cœur brisé pour elle. Il pouvait littéralement entendre son petit organe explosé en mille morceaux pour lui. Il savait qu'elle l'aimait, mais c'était par-dessus tout de l'admiration profonde, peu importe ce qu'il avait fait pour la mériter.
Au fond d'elle, Naruto savait qu'elle le considérait comme un grand frère. Un qui ne la réprimandait pas comme Neji le faisait. Un qui la gâtait avec tout ce son cœur désirait. Et pas parce qu'il en était obligé, mais parce que la voir heureuse, le rendait heureux. Cependant, elle ne savait pas encore faire la différence, résultant en ce supposé amour qu'elle s'était construite dans son imagination.
Et alors qu'il s'était préparé à lui répondre par la vérité, il n'en était tout simplement incapable. Son cœur d'enfant ne le supporterait pas et lui ne supporterait pas non plus la voir triste.
"Tu me le promets ?" poussa-t-elle lorsqu'il ne dit rien. Naruto était à court de mots en contemplant les grands yeux opalescents de Mademoiselle.
"Et pourquoi ne veux-tu pas plutôt devenir ma meilleure amie ?" changea-t-il de sujet. Ainsi, il naviguerait sur une voie plus sûre. Il ne voulait pas non plus lui mentir.
"Parce que Monsieur Sasuke est déjà ton meilleur ami et on ne peut en avoir deux !" lança-t-elle avec une grosse moue, les bras croisés sur la poitrine. C'est vrai, admit-il d'un ton désolé afin de ne pas encore plus la contrariée. "Alors ma précieuse amie ? Je n'en ai pas encore," la tenta-t-il, et il croyait que l'hameçon était mordu.
Précieuse amie ? demanda-t-elle, prononçant les mots comme pour les tester sur sa langue. Il hocha la tête, et elle semblait cogiter à cette possibilité.
"Précieuse amie et tu me promets que tu n'en auras pas d'autres. Même pas Mademoiselle Sakura !"
"Personne, même pas Mademoiselle Sakura," promit-il avec la plus grande conviction.
"Mais attends tout de même avant de te marier à elle," marmonna-t-elle maintenant, la tête enfouie dans son épaule. Bien qu'elle fût petite, Naruto était venu à la malheureuse conclusion que sa précieuse amie était bien plus observatrice qu'elle ne le prétendait. "Mon cœur ne supporterait pas te voir avec elle constamment."
Sur ce point, Hinata n'avait pas besoin de se soucier.
Certes, il affectionnait particulièrement Sakura, mais il était bien trop tôt pour considérer le mariage dans un futur proche. Peut-être qu'à vingt-cinq ans, cela serait une autre histoire. Pendant ce temps, il continuerait à s'amuser et à convoiter d'autres Demoiselles, même si Sakura en était sa favorite. D'autant plus que son cœur à elle était dans les filets de son meilleur ami et que ce ne serait pas une mince affaire de l'y sortir.
"Promis. Mais seulement si tu sèches tes larmes."
Les Onze ans
"Pourquoi Naruto n'est pas là, aujourd'hui ?" Ses parents étaient pourtant bien ici, à la demeure des Hyūga.
"Poupette…" Sa mère se baissa à sa hauteur, un sourire désolé sur les lèvres. L'innocence de cet amour était vraiment quelque chose de précieux, se dit-elle. Mais ce lui était de plus en plus difficile de donner le sourire à Hinata après une annonce comme celle-là.
"Est-ce qu'il ne m'aime plus ?" La dernière fois, il l'avait pourtant rassurée qu'il leur rendrait bientôt visite. Et cela faisait maintenant déjà plus de deux mois qu'il n'était pas venu la voir ! Si Neji l'avait encore une fois volé d'elle, elle ne le lui pardonnerait pas cette fois-ci.
"Naruto a…" Comment lui dire qu'il était maintenant adulte et préférait passer ses soirées avec des personnes de son âge ? "Naruto doit aussi passer du temps avec ses autres amis… Sinon, ils seront jaloux." Peut-être que lui et Neji ne retourneraient pas trop tard pour qu'ainsi Hinata puisse passer un peu de temps avec lui, pria la jeune mère.
"Mais il m'avait dit que j'étais son amie la plus précieuse !" Hitomi chercha l'aide en son mari qui lui venait tout juste de pénétrer la chambre de la petite Hyūga. Le maître de la maison observa la scène, avec le petit corps de sa fille étalé sur le tapis comme une étoile de mer. Timide qu'elle était, elle possédait tout de même un talent pour la dramaturgie. Il ne pouvait empêcher le sourire qui orna son visage d'habitude si sérieux.
"Tu ne vas pas dire bonjour à nos invités, pépette ?" Elle secoua la tête, un bras jeté par-dessus son visage et cela convainquit le trentenaire de lui faire prendre des cours de théâtre. "Et le piano ! Tu avais pourtant promis à Mademoiselle Yamanaka de lui faire écouter ta nouvelle pièce…" Il avança vers sa fille qui elle n'ouvrit qu'un œil aux mots de son père. "Je ne peux pas…"
Père et mère se regardèrent d'un air surpris. D'habitude, Hinata ne refusait jamais de jouer le piano aux invités. "Tu ne peux pas ?" demanda Hitomi doucement, incertaine d'avoir bien entendu.
Exactement, confirma la Hyūga, ses mots définitifs.
"Allons, Hinata. Tu ne vas pas maintenant décevoir tous nos amis !" leva Hiashi la voix, un brin désespéré avec le comportement de sa fille. Il n'avait pas le temps pour ses bêtises. Sa femme posa une main sur son genou, ses yeux le priant de garder son calme.
"Pourquoi tu ne peux pas, poupette ? Tu as oublié les notes ?" Si cela était le cas, elle pourrait toujours encore jouer une autre pièce.
"Je ne peux pas parce que ma muse n'est pas là !" cria-t-elle avant de fondre en larme. Naruto lui manquait tellement et elle avait eu si hâte de le retrouver ce soir.
"Pépette…" Qui lui avait appris ce mot ? se demanda Hiashi. Qui lui avait mis de telles idées en tête ? Sa muse ! Et surtout, que devait-il répondre à une telle sottise ? "Je serai ta muse si tu le veux, mais tu arrêtes ce cinéma maintenant et tu descends !" ordonna-t-il, ce qui fit ouvrir à Hinata ses deux yeux et le fusiller du regard. Et maintenant, lui était devenu son ennemi ? Où étaient passés les jours où sa douce fille adorée le regardait encore avec les yeux remplis d'admiration ?
"Voyons, tu n'es pas ma muse, papounet…" répondit-elle, tout en soupirant comme si c'était une évidence, et Hiashi se sentit un brin vexé de ne plus être le roi aux yeux de sa fillette.
"Et ta robe alors, poupette ? Tu ne veux pas la montrer à tout le monde ? Alors que tu es tellement jolie dedans…" Les traits d'Hinata s'adoucirent, mais elle boudait toujours encore. Hitomi poussa un soupir de soulagement. Elle croyait bien qu'il y avait peut-être encore une petite chance de la faire sortir de sa chambre sans cris et pleurs.
Hinata, elle aussi, laissa échapper un soupir, mais non de soulagement, mais d'exaspération. Elle n'en sortira pas de cette histoire, conclut-elle. "D'accord."
"Dieu, merci, allons-y. Appelle Natsu pour lui rafraîchir le visage." Le papa prit alors sa fille dans ses bras et l'embrassa avant de la reposer sur ses deux pieds et de disparaître par la porte. Il craignait déjà le jour lorsqu'Hinata serait adolescente.
Natsu entra alors dans la chambre, et un regard suffit pour qu'Hinata s'asseye à sa coiffeuse sans discussion. Il ne fallait pas trop jouer avec la patience de la servante, car la petite bleutée ne savait jamais quelle punition lui serait donnée. Cela pouvait aller d'une simple tâche comme ranger sa chambre à laver l'enclos des poules.
La jeune servante savait qu'Hinata n'était qu'une petite fille avec un amour innocent pour un garçon bien plus âgé qu'elle et que cette petite amourette se dissiperait une fois qu'elle grandirait. Hinata était une gentille fille, sage et polie, avec de bonnes manières et un grand cœur, mais avait une tendance à être capricieuse aux pires moments, tel que celui-ci.
Elle passa la brosse à travers les cheveux courts de Mademoiselle puis orna ses cheveux d'un joli flot rose assortie à sa robe de princesse. "Finie, Mademoiselle. Tu es prête pour ta pièce de piano, mais n'oublie pas de saluer avant tout tes invités." Elle haussa un sourcil prometteur et Hinata hocha la tête tout en faisant la moue. "Et souris. Tu n'es pas aux bagnes, à ce que je sache. Hop. Hop."
Et c'est ainsi qu'Hinata se retrouva dans le grand salon à saluer une flopée d'adultes qui semblaient tous émerveillés par la petite Mademoiselle. "Que tu es belle, mon cœur !" Ino, la fille des Yamanaka, la prit dans ses bras, la regardant de la tête au pied.
Elle était grande et belle, presque aussi belle que sa maman, avec de longs cheveux blonds et de magnifiques yeux turquoise et Hinata souhaitait un jour ressembler à Ino qui donnait les airs d'une parfaite Dame de leur société. Ses robes étaient toujours de la nouvelle collection de Madame Samui et ses bijoux venaient d'un bijoutier exceptionnel de Suna. Les hommes la convoitaient et cherchaient tous à lui faire la cour.
Un jour, elle se marierait à un grand homme comme son cousin Neji ou encore Sasuke, de la famille des Uchiwa. Mais certainement pas à Naruto ! Lui était pour elle, et pour elle seule.
"Oh, Mademoiselle Ino! Que tu m'aies manqué !" déclara Hinata sans la moindre hésitation.
"Et tu t'es quand même laissée désirer, Mademoiselle." La bleutée rougit à cela, ayant presque oublié son caprice de tout à l'heure. "Une Dame se laisse attendre, oui, mais tout de même pas plus d'une heure ! Enfin, j'étais inquiète, moi…"
Hinata enfouit sa tête dans l'épaule de la blonde, cachant son visage du sourire gêné qui s'y était formé. Peut-être Ino penserait-elle qu'elle s'en voulait et dissimulait sa honte à l'instant, mais bien évidemment celle-ci ne se laissait jamais berner par ses frasques. "Oh, non, non, non. Pas avec moi, Mademoiselle." Puis Ino se mit à la chatouiller jusqu'à ce qu'Hinata fusse obligée de dévoiler son grand sourire implacable.
Une heure plus tard, Hinata se trouva au piano à pianoter la nouvelle pièce que son instructeur lui avait apprise pour une assemblée d'adultes, tous émerveillés par le talent de la petite Hyūga. Elle aimait la musique, mais elle ne pensait pas qu'elle eût un talent exceptionnel. Quand la dernière note tomba, la foulée se mit à applaudir et elle remercia son public.
Puis ses yeux tombèrent sur Toneri, un garçon de son âge qui apparemment avait pris goût à l'ennuyer. Sa mère, apercevant où son regard noir était tombé, jeta son propre regard noir à sa fille, l'incitant à saluer le garçon, comme ses parents le lui avaient appris. Il était d'une grande famille influente et son père était rentré en affaire avec le sien, il y a peu.
Donc, avec grand effort, et un encore plus gros soupir, Hinata avança vers ce dernier, puis dit d'un ton aussi froid qu'elle le pouvait ses bonjours.
"Tu as fait une faute vers la fin de ta pièce." Et puis les revoilà… Et cela continuerait jusqu'à ce qu'elle en serait libérée. Ses airs hautains la fatiguaient tellement qu'elle devait se retenir à ne pas bâiller à chaque mot qui sortait de sa bouche vilaine.
"Ah bon ?" répondit-elle ennuyée, fascinée par le bruit de ses souliers quand ils tapaient l'un contre l'autre et le petit Ōtsutsuki hocha la tête, tout fier de sa fine ouïe.
"Mais ce n'est pas grave, Hinata. Le piano n'est pas fait pour tout le monde." Il haussa des épaules d'un air innocent et Hinata était prête à lui donner un coup de pied, si cela n'allait pas contre le code de conduite d'une grande Dame.
"Et comment se passent tes cours d'escrimes ?" demanda-t-elle, aussi innocent que lui l'avait fait, deux secondes auparavant. Apparemment, il y était très médiocre, où c'est ce que son amoureux lui avait confié, car il en était l'instructeur à ses heures libres.
"Si mon professeur savait ce qu'il faisait, je me battrais déjà dans la division avancée."
Et c'est à ce moment précis qu'Hinata décida de jeter tous ses cours de conduite par la fenêtre et de défendre l'honneur de son précieux amoureux en se lançant sur Toneri.
Dix minutes plus tard, elle se retrouva enfermée dans sa chambre, les larmes dégoulinant le long de son joli visage après s'être fait gronder par son papa, mais avec le sourire aux lèvres, car elle avait enfin donné à ce Toneri une leçon qui était due. Hinata avait protégé l'honneur de son précieux ami et même si elle avait risqué de le rater ce soir au cas où il devait finalement faire une apparition, elle espérait qu'Ino lui ferait part de ses conquêtes.
Toneri ne l'avait pas ratée non plus. Il lui avait tiré les cheveux, déchirant par la suite son joli flot que Natsu lui avait offert pour son anniversaire l'année dernière. Puis, il lui avait donné sa première blessure de guerre, en lui ayant infligé une griffure au visage. Ino lui avait tout de même assuré qu'elle restait la plus belle fille de tout Konoha. Et si Ino disait quelque chose, c'est qu'elle le pensait aussi véritablement.
Naruto ne la trouverait pas répugnante, se rassura-t-elle. Il serait certainement fier de ses accomplissements.
Elle ne savait pas combien de temps était passé depuis son emprisonnement, mais cela lui paraissait comme une petite éternité. Et Natsu qui lui avait pourtant dit qu'elle n'était pas aux bagnes !
Lorsque enfin, on toqua à sa porte, elle s'attendait presque à ce que son père se remette à lui crier dessus. Il ne l'avait vraiment pas ratée, ce soir ! Tellement qu'elle en avait eu mal aux oreilles, pour être tout à fait honnête. Qu'est-ce qu'il pouvait être colérique quand il le voulait ! songea Hinata.
Enfin, quoi qu'il en soit ! Et parce que son père était son deuxième ennemi de la soirée, elle se décida de ne pas lui accorder la moindre attention. Il aurait dû être fier d'elle au lieu de s'excuser auprès du vieux Ōtsutsuki une dizaine de fois.
Toneri avait reçu ce qu'il méritait et même ça n'avait pas été assez.
Lorsqu'elle ne pria pas la personne de rentrer, la porte s'ouvrit tout de même, ce qui ne l'étonna absolument pas. Personne ne respectait jamais ses besoins.
Des pas lourds se dirigeaient vers son lit de princesse, et Hinata garda les yeux fermés, voulant prétendre dormir. Elle en avait assez entendu pour toute une vie.
Quand cette personne non invitée s'assit sur son lit sans permission, Hinata ajusta les couvertures sur elle afin qu'on ne puisse voir son visage. Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour être laissé tranquille dans sa propre chambre !
"Hinata?" murmura une voix grave, et immédiatement, elle reconnut la personne en question. Elle jeta les lourdes couvertures loin d'elle et tomba face à face avec un grand blond sans son parfait sourire habituel.
Elle était prête à se jeter sur lui, quand elle se rappela qu'elle lui en voulait de ne pas avoir été là ce soir. Donc même si cela lui coûtait toute sa volonté, elle se rallongea puis replaça les couvertures sur elle, l'ignorant comme Ino l'aurait fait à sa place.
Naruto, lui, ne pouvait empêcher le sourire grandissant aux coins de ses lèvres. Il n'aurait même pas dû se trouver dans ses lieux à ce moment précis, mais il savait qu'Hinata ne le lui aurait pas pardonné d'avoir été présent, ce soir, sans au moins lui avoir dit bonjour.
C'est juste que de temps en temps, ces soirées pouvaient l'ennuyer lui aussi. Et puis, à son âge, il préférait passer son temps avec ses amis et les filles du village qui les convoitaient.
Et toutefois, il n'avait pu s'empêcher d'avoir mauvaise conscience de ne pas avoir été présent pour la pièce de piano d'Hinata. Il lui avait promis de lui rendre visite bientôt, et la connaissant, elle avait dû attendre tous les jours au portail pour l'accueillir dès qu'il mettrait pied sur sa propriété.
C'était une fille vraiment plus qu'adorable et l'admiration qu'elle lui vouait était plutôt flatteuse, fallait-il qu'il admette. Et alors qu'il était clair qu'il ne partageait pas ses mêmes sentiments, elle s'était construit un petit nid douillet dans son cœur où personne ne pourrait jamais prendre place. Il craignait déjà le jour où son amourette sur lui s'envolerait et qu'elle tomberait réellement amoureuse d'un homme de son âge. Celui-ci n'aurait aucune chance face au charme et à la beauté d'Hinata.
"Tu m'en veux, princesse ?" demanda-t-il, quelque peu incertain sur quel pied danser. Toutefois, il ne pouvait s'empêcher d'en être un brin amusé, tâchant de ne pas la charrier face à son attitude de princesse.
Elle lui répondit par le silence, ce qui ne l'étonna pas plus que cela. Elle pouvait être têtue quand elle le voulait, mais certainement pas rancunière. Donc il attendit patiemment, sifflant doucement pour obtenir une réaction de sa plus précieuse amie.
Après quelques longues secondes, elle se découvrit pour lui montrer les larmes de crocodiles qui s'étaient accumulées dans ses magnifiques yeux opalescents. Et alors qu'ils les savaient fausses, il n'hésita pas à rentrer dans son petit jeu et de la prendre dans ses bras où elle pleurait maintenant à grosses larmes et lui contait de sa soirée absolument horripilante.
Et elle en avait des choses à raconter ! Commençant par le savoir qu'il n'était pas prévu qu'il vienne ce soir, à son père qui avait voulu prendre sa place de muse, pour finir avec Toneri qui l'avait à nouveau poussée au bord de sa patience.
"Je le ferai payer pour toi, princesse. Promis."
Vraiment ? murmura-t-elle dans ses bras, le sommeil prenant le dessus sur son petit corps. Un gros bâillement lui échappa, quelque chose dont elle aurait été gênée si elle n'avait pas été si fatiguée et il la remballa dans ses couvertures où il la laissa reposer pour le restant de la soirée. Avant qu'elle ne s'endormît, elle souffla un doux je t'aime que Naruto chérissait à chaque fois qu'elle le lui disait.
Il l'aimait aussi, si ce n'était de la même manière.
Le lendemain matin, lorsqu'Hinata prit son petit-déjeuner dans les plus grands des calmes, Natsu apparut devant elle avec une petite robe de servante et de gros souliers en bois. Sa mère et son père ne pouvaient s'empêcher de glousser à la vue de la tête d'Hinata qui ne s'attendait certainement pas à une punition aussi sévère.
Disons voir que Natsu n'était pas impressionnée par sa prestation de la soirée passée et qu'Hinata avait fini par nettoyer l'enclos des cochons sous les yeux attentifs de sa servante bien aimée.
Les Douze ans
"Hinata, arrête de faire la tête," son cher et ennuyeux cousin, Neji, la réprimanda, lorsqu'il aperçut la tête qu'elle faisait. La bleutée était dans tous ses états. Tout d'abord, ses parents étaient partis sans elle et Hanabi à leur maison de vacances à Suna. Il fallait qu'elle admette que sa maman et son papa avaient mérité ce petit voyage en tête-à-tête, mais elle aurait tellement voulu retourner dans cette magnifique ville exotique une fois de plus et retrouver ses amies là-bas.
Et maintenant, elle était obligée d'accompagner Neji à ce dîner important avec ses collègues de travail, car Natsu était enceinte, sur le point d'accoucher et Kō accompagnait Hanabi à l'anniversaire d'une amie. Si au moins, cela avait été un bal dansant, Hinata aurait pu s'amuser et montrer à tout le monde quel bien les cours de Madame Misaki lui avait fait au cours de ces derniers mois, mais ce n'en était malheureusement pas le cas.
Et bien évidemment, elle pouvait toujours compter sur Toneri pour rendre sa soirée un véritable enfer. Ce garçon était partout ! Où qu'elle aille, elle pouvait s'attendre à ce qu'il s'y retrouve aussi.
D'autant plus qu'Hinata ignorait pourquoi ses parents invitaient les Ōtsutsuki toujours et encore à chacune de leurs grandes soirées, au vu de leur fin de contrat.
Natsu lui avait demandé de ne pas être aussi dur avec le garçon. Qu'il devait certainement se sentir seul.
Cependant, si la bleutée était sûre d'une chose, c'était que ce démon de garçon n'était pas seul ! Il était toujours entouré de ses fidèles admirateurs. Aki, le garçon avec de l'acné et une tendance à cracher constamment par terre. Eiji et Isao, les jumeaux diaboliques aux dents de lapin. Et finalement Kiko, la seule fille du groupe, à la voix sifflante et les cheveux gras.
Quelle troupe qu'il s'était composé ! Mais Hinata ne voulait pas en faire part, ainsi, elle ne voyait pas de raison pour que Toneri lui viennent casser les pieds à chaque fois qui l'apercevait quelque part.
Sur ce, Natsu était totalement à côté de la plaque, bien qu'Hinata n'oserait jamais le lui dire en face.
"Il y aura sûrement ton amie…. " Il semblait chercher un nom.
Aya ? demanda Hinata.
"Non, l'autre. Aux cheveux noirs."
Mikasa ?
"Non, celle qui zozote."
Fumi ?
"Oui Fumi. Son père devrait être présent ce soir."
"Nous ne sommes plus amies, elle et moi."
"Pourquoi ? Tu l'aimais pourtant bien."
"Oui, jusqu'à ce qu'elle me dise que je jouais aux échecs comme un papi, que mes joues étaient trop rondes et que mes cheveux me donnaient l'air d'un garçon de ferme." Neji soupira, semblant tout à fait exaspéré par cette réponse et Hinata ne pouvait que le miroiter. Lui avait posé la question !
Elle aurait bien pu vivre sans se rappeler cette flopée d'insultes entièrement fausses !
Hinata ne jouait pas aux échecs comme un papi, elle prenait simplement plus de temps pour réfléchir. Si Fumi faisait pareille, elle ne perdrait peut-être pas à tous les coups. Ses joues étaient rondes, certes, mais cela prouvait uniquement qu'elle était en bonne santé, comme Natsu le lui rappelait si souvent. Et ses cheveux étaient courts, eh bien, puisque.…
Il fallait qu'elle admette que cette insulte l'ait quelque peu déstabilisée. Elle n'aimait pas savoir que Naruto puisse la penser un garçon manqué. Hinata voulait qu'il la trouve jolie. C'est pour cette raison même qu'elle avait commencé à laisser pousser ses cheveux depuis quelques mois maintenant.
"Donc tes cheveux… ?"
"Mes cheveux… ?" répéta-t-elle, le défiant de son regard opalescent.
S'il n'allait pas demander par lui-même, elle n'allait certainement pas offrir de réponse. Suffisait que ses joues révèlent son état d'esprit actuel, se réprimanda Hinata.
"Enfin bref. Bon débarras ! Tu n'as pas besoin d'amies telles que celle-là. J'espère que tu l'as remise à sa place." Non, pas vraiment, pensa-t-elle. Du moins pas avec des mots. Mais elle avait appris du meilleur en termes de vengeance et s'était permise une petite blague qui restera à Fumi pendant un long moment en tête. "Ce n'est qu'une jalouse, de toute manière. J'aurais pu t'en dire autant, la première fois que je l'ai vue." Et ainsi, son attention retomba sur les documents qu'il tenait en main.
Cela lui mit un sourire au visage. Elle pouvait toujours compter sur Neji pour lui remonter le moral. Grandir dans une famille telle que les Hyūga pouvait assurer une grande confiance en soi. La légère arrogance en était l'ingrédient secret, et la pensée fit doucement rire Hinata qui, en retour, fit lever un sourcil innocent à Neji.
"Naruto sera là ?" demanda-t-elle après quelques minutes de silence.
Non pas que Neji en fût surpris, mais il aurait misé tout son argent à ce qu'elle craque plutôt. Et bien que Naruto soit présent ce soir, il devait immédiatement poser les règles, car le blondinet n'aurait certainement pas le temps d'offrir toute son attention à sa grande admiratrice.
"Il l'est, mais sera occupé. Il n'aura pas le temps pour toi. Tu te contenteras de ma compagnie." Cela fit quelque peu froncer les sourcils à Hinata qui n'aimait bien évidemment pas savoir que son amoureux ne puisse pas lui accorder ne serait-ce une seconde de son temps.
Mais il était un grand homme et ses responsabilités à dix-neuf ans étaient déjà assez importantes. Donc au lieu, d'en être déçue, elle décida d'en être fier puisque cela voulait dire qu'il était un Monsieur respectable.
"Qui est d'ailleurs tout aussi bien si ce n'est mieux," rajouta Neji lorsqu'elle ne répondit pas.
"Je me contenterai parfaitement de ta présence, nii-san." Puis elle prit son bras pour le poser autour d'elle et s'enfouit dans son côté, redonnant ainsi le sourire à son cousin.
Qu'est-ce qu'il pouvait être jaloux ! Cela devait aussi être un trait Hyūga apparemment, puisque son papa l'était tout aussi bien quand un autre homme dansait avec sa maman. Chaque Monsieur assez courageux pour le défier devait craindre par la suite pour sa vie. Et maintenant qu'elle y pensait, Hinata pouvait l'être de temps à autre aussi, mais contrairement aux deux autres, elle avait de véritables raisons pour l'être !
Et avant même qu'elle puisse justifier pourquoi, la calèche s'arrêta devant la grande demeure des Nara qui se trouvait en pleine forêt, loin de toute civilisation.
Hinata aimait bien leur rendre visite, car les Nara étaient de gens aimables et droits. De plus, ils avaient un élevage d'animaux majestueux.
Cependant, ce qu'elle n'aimait pas était qu'en repas, ils servaient justement ces animaux majestueux.
Hinata se rappelait bien du fameux jour lorsqu'elle apprit que ce qui se trouvait dans son assiette était un des cerfs, qu'elle n'avait même pas deux heures auparavant admiré de loin. Cela avait apparemment suffi au chasseur pour le tuer.
Si Hinata avait su qu'admettre à Monsieur Kota que celui-là avait été son préféré, finirait avec ce pauvre animal tué, elle aurait gardé sa bouche cousue.
Seulement, lorsque Monsieur Kiba la félicita pour son fin ressenti en termes de choix, une fourchette en bouche et un grand sourire espiègle aux lèvres, réalisa-t-elle que ce qu'elle venait tout juste dévorer avec gusto était l'animal à qui elle avait de plus donné un nom, tellement elle l'avait trouvé magnifique.
Les cris et pleurs et rires qui en suivirent, resteront à jamais un souvenir mémorable pour toute l'assemblée.
"Et Hinata." Elle se retourna, un sourcil haussé. "Tu manges ce qui est sur ton assiette. Pas de cinéma" Puis Neji la passa, gloussant légèrement lorsqu'il entendit Hinata prier Dieu de bien vouloir lui pardonner d'être forcée, une fois de plus, à manger une biche innocente.
La jeune Demoiselle n'était pas surprise d'être siégé à la table des enfants. Elle était une enfant donc ainsi soit-il ! Ce qui la dérangeait pourtant était que son marque-place se trouvait toujours et encore à côté de celui de Toneri.
La même personne qu'elle essayait de contourner à chacun de ces évènements. Ce même garçon qui la détestait autant qu'elle le détestait.
Elle lâcha un lourd soupir puis chercha dans le petit groupe d'enfants une potentielle nouvelle amie. Et Hinata dut constater que le choix n'était pas fameux. Trois enfants, dont Toneri, qui semblait avoir captivé l'attention des deux autres, un garçon et une fille, avec son monologue superflu.
Hinata pouvait sentir les yeux transperçant de son cousin. Bien sûr qu'elle savait quel message il voulait transmettre– Va lui dire bonjour !
Donc, c'est à pas lents et réticents qu'elle avança vers ces trois-là.
L'autre garçon était de très grande stature au vu de son âge, et était quelque peu joufflu. Il se plairait à la lutte, songea Hinata. La fille, elle, avait de longs cheveux blonds et une frange tout comme la bleutée. Elle était mignonne, mais quelque chose lui disait qu'il ne fallait pas la sous-estimer. Peut-être était-ce sa posture droite ou bien le faux-sourire sur ses lèvres, la Hyūga ne pourrait le dire.
"Hinata," la salua Toneri, son sourire malin (et tout à fait habituel) en place. "Je te présente Shion et Kenzo."
Shion s'appelait-elle, donc, et celle-ci tourna son regard quelque peu calculant sur Hinata. Les deux filles se reluquèrent un instant de la tête au pied, puis Hinata jugea que celle-ci pourrait devenir son amie.
Clairement, il n'y avait pas de critères spécifiques à suivre, pour commencer.
Tant que la personne ne s'appelait pas Toneri, toute personne figurait un bon choix. C'était plutôt un ressenti, chercha à se persuader Hinata.
Bien évidemment, quelquefois, elle pouvait s'être trompé par le passé, mais la bleutée se disait plus mature à douze ans et apte à choisir plus sagement.
"Enchantée." Elle sourit son plus joli sourire– celui qui faisait toujours fondre les adultes, puis se tourna vers Toneri qui la fusillait déjà du coin de l'œil. "De quoi vous parliez ?" Qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire pour prétendre bonne mine à mauvaise fortune, sous les yeux clairvoyants de Neji!
"Je venais tout juste leur raconter à quel point tu étais amusante." Son sourire bien trop saccharin ne plaisait pas du moindre à Hinata. Que mijotait-il encore ?
"Toujours et encore mon nom à la bouche, Toneri. Ts. Ts. Ts." Elle jeta ses cheveux courts par-dessus son épaule, son sourire miroitant le sien. "Fais attention, sinon je pourrais presque croire que tu es amoureux de moi."
Et avec joie, elle put admirer les joues de Toneri prendre feu et dut difficilement se retenir pour ne pas laisser échapper le rire qu'elle essayait d'étouffer.
"Tu es amoureux d'Hinata, Toneri?" demanda Shion et Hinata croyait enfin s'être faite une alliée, car elle semblait parfaitement savoir ce qu'elle faisait à cet instant.
"Non ! Pas de ce crapaud, quand même !" cria-t-il assez fort pour que des adultes se retournent sur eux. En revanche, Hinata rougit de la tête au pied puisqu'elle venait non seulement tout juste ce faire traiter de crapaud, mais aussi Toneri attirait l'attention de tout le monde !
Elle serra ses poings aussi fort qu'elle ne le pouvait afin de ne pas risquer de se jeter sur ce dernier.
Une grande inspiration plus tard, et elle ne semblait toujours pas s'être remise de ses mots vilains.
"Hinata? Un crapaud ?" Shion questionna maintenant, un sourcil haussé et Hinata ne pouvait qu'attendre patiemment ce qui allait suivre. "Hmm. Tu crois qu'elle se transformera en princesse si tu l'embrasses, Toneri ?" Quelle peste ! Hinata retirait absolument ce qu'elle venait tout juste dire ! C'était une, une, une… Elle en perdait même ses mots !
Et Hinata qui pensait qu'elle eût trouvé une amie en elle ! Son ressenti l'avait encore trahie !
"Peut-être que je devrais essayer ? Qui sait ?" Puis il avança vers elle, d'un pas hésitant, ses joues que des cerises, mais quelque chose dans ses yeux bleus alerta Hinata qu'il allait le faire.
Qu'il allait vraiment tenter de l'embrasser.
Et c'est à cet instant même qu'elle décida de courir aussi vite que ses courtes jambes le lui permettaient, et Toneri n'hésita pas à la poursuivre de la suite.
Neji observa la scène d'un œil amusé.
Qu'Hinata n'ait toujours pas encore compris, après tant d'années, que le petit Toneri était éperdument amoureux d'elle ne l'étonnait pas du moindre. Hinata n'avait qu'un garçon en tête. Un garçon qui n'était plus un garçon, mais plutôt un homme, maintenant adulte.
Où était-il d'ailleurs ? Cherchant sa chevelure blonde, Neji balaya les invités du regard et là-haut, sur le balcon, en compagnie de Mademoiselle Sakura, il put le voir laisser place au grand charmeur, un grand sourire aux lèvres.
Ce sourire spécifique que ses amis prénommaient le fameux tombeur de culottes.
Il en avait du succès avec les Demoiselles, Naruto, mais malheureusement la seule qu'il souhaitait réellement voir dans ses bras préférait son meilleur ami.
Quelle triste destin ! Neji croyait presque, c'était bien pour cette raison-même que le blondinet était si fixé sur Mademoiselle Sakura. Comme s'il avait enfin trouvé une vraie proie qu'il devait chasser. Une qui n'était pas aussi facile et qui ne tomberait qu'avec effort entre ses filets.
Enfin, qu'en savait Neji ? Il n'était que simple spectateur de ce cirque.
Évidemment, ce ne furent que des suspicions. La vie amoureuse de Naruto ne l'intéressait pas tant que cela, si ce n'était pour en rire un bon coup. Il préférait largement la sienne, bien plus passionnante. D'ailleurs, il décida sur cette pensée de se mettre à la recherche de sa très chère Demoiselle.
De son côté, Naruto, lui, partageait un moment avec Sakura.
Et bien que convoiter cette dernière soit un de ses passe-temps préféré, il était quelque peu distrait, ayant aperçu quelques secondes auparavant sa précieuse amie se faire poursuivre par son 'supposé' pire ennemi.
Devait-il intervenir ? Il savait qu'Hinata détestait Toneri avec une passion rivalisant presque à celle qu'elle proférait contre Mademoiselle Sakura.
Naruto ne pouvait prétendre avoir un brin d'affection pour le petit morveux d'Ōtsutsuki dans son corps. Il savait ce gamin bien trop gâté et insolent au vu des années que le blond l'ait instruit dans l'art de l'escrime.
"A-t-elle eu un changement de cœur ?" La voix douce de sa bienaimée le sorti quelque peu de ses pensées, un doux sourire sur ses lèvres roses.
"Comment ?"
Elle hocha vers l'arbre sous lequel Toneri et Hinata semblaient avoir un débat animé et Naruto suivit son regard fasciné, sentant son corps entier se raidir à ce qu'il put observer. Que faisait encore ce gamin ? Pourquoi tenait-il Hinata par le bras ? Et pourquoi ne faisait-elle rien pour s'en dégager ?
Naruto était prêt à descendre dans le jardin quand il sentit la main de Sakura le retenir. "Ne fais pas ça," l'avertit-elle, son regard émeraude toujours encore rivé vers les deux enfants. Le blond fronça des sourcils, un brin surpris par son toucher. Cependant, Toneri était en train d'agresser Hinata et le blond n'allait pas attendre que quelque chose de grave se procure pour enfin agir.
"Laisse-moi aller y jeter un coup d'œil, s'il te plaît, Sakura," la pria-t-il. Mais elle ne relâcha pas son emprise, ne faisant que la resserrer, hypnotisée par la scène. "Regarde, Naruto !" Il détacha alors son regard d'elle pour jeter un bref coup d'œil dans leur direction et ce qu'il vit le fit enfin perdre patience.
Naruto n'allait tout de même pas laisser Toneri voler le premier baiser d'Hinata contre son consentement ! Cette fois-ci, rien ne pourrait l'arrêter.
Et toutefois, les mots que Sakura prononça après, l'arrêtèrent net dans ses pas, "Es-tu jaloux, Naruto ?"
"Qu'est-ce que tu racontes, Sakura ?"
"Tu es amoureuse d'elle ?" demanda-t-elle alors, son tendre sourire ornant son visage serein et le corps entier du blond se figea.
Il resta muet face à cette question, si choqué était-il qu'elle pouvait croire une chose pareille. "Si tu descends maintenant, que penses-tu les autres s'imagineront ? Que penses-tu Hinata se fera comme idées ?"
Que devaient-ils bien penser ? Eh bien, qu'il était en train de sauver cette fille d'un garçon qui l'avait agressée. Et puis, que devait croire Hinata? Qu'il était son précieux ami et son héros. Où était le mal ?
Il sentit pour la première fois sa colère être dirigée contre Sakura. Que lui passait-il par la tête pour avoir de tels propos ?
Mais il ne pouvait forcer ses jambes à bouger, ne serait-ce d'un centimètre. "Tu ne réfléchis pas clair," lança-t-il furieux.
"Je ne réfléchis pas clair ?" Elle lâcha un petit rire incrédule, puis poursuivit, "Naruto, pourquoi devrais-tu la sauver d'un baiser innocent d'un garçon amoureux, si même son nii-san semble amusé par la scène ?"
Il chercha Neji dans la foule d'invités et Sakura avait raison– il était bel en train de rire. Et cela le rendait encore plus furieux. Pourquoi n'intervenait-il pas ?
"Et je pense qu'Hinata vient tout juste prouver qu'elle savait se défendre." Ses yeux azur retournèrent alors vers les deux enfants et encore une fois, Sakura avait raison.
Hinata était bel et bien en train de donner une leçon à son ennemi, le tirant par les oreilles. Ça, en revanche, lui transforma un sourire au visage. C'est vrai qu'elle n'avait pas toujours besoin de lui. Hinata était entièrement capable de se défendre quand elle y était obligée.
"Donc, dis-moi ?" Sakura le sortit de ses pensées.
"Dire quoi exactement ?"
"Pourquoi ?" Naruto ne comprenait pas où elle voulait en venir et commençait doucement à perdre patience.
"Dis simplement ce que tu as à dire et arrête de tourner autour du pot."
"Je sais que tu l'aimes simplement comme une sœur, Naruto." Pourquoi abordait-elle ce sujet maintenant ? "Ta famille, sa famille et nos amis, naturellement aussi. Mais que penses-tu quelle impression tu offres à tous les autres qui ne connaissent pas votre relation comme nous la connaissons ?"
"Que je suis comme un frère pour cette fille ?!" La réponse était pourtant évidente. Que devait-on croire ? Hinata était une enfant et lui un adulte qui l'avait vu grandir comme un membre de sa propre famille.
"Bientôt, elle ne sera plus considérée comme une enfant, Naruto. Même si dans son cœur elle en restera une pour encore quelques années." Elle poussa un petit soupir désolant. "Hinata a déjà douze ans…."
"Tu le dis bien ! Elle n'a que douze ans ! Où veux-tu en venir, Sakura ?"
"Oh, Naruto…." Ses yeux verts s'adoucirent à la colère dans sa voix, et elle ne put que secouer de la tête. "À quel âge crois-tu qu'on commençait à me convoiter ? Que des hommes pensaient pouvoir faire à mes parents des demandes en mariage ?" Le blond ne pouvait que la regarder, ne sachant quel en était le rapport.
"Des hommes adultes, Naruto," rajouta-t-elle finalement.
Et enfin, Naruto semblait suivre ses pensées, choque, colère et dégoût prenant le dessus sur son corps. "Tu n'as aucun droit de comparer les deux situations ! Comment oses-tu ? Elles n'ont rien avoir. Pour qui me prends-tu?!"
"Ce n'est pas ce que je pense, Naruto, mais ce que tout le monde autour pourrait croire." Un soupir échappa les lèvres fines de Mademoiselle, et Naruto, apercevant son regard émeraude, constata que celui-ci était rempli de pitié.
"Regarde-la. Et regarde-la vraiment. Pas seulement comme un frère, mais comme un homme qui voit une femme."
"Mais elle n'est pas une femme," dit-il d'un ton frustré, car qu'est-ce qui était si difficile à y comprendre ?
"Pas encore. Mais à quel âge crois-tu que les jeunes filles font habituellement leur entrée au bal des Débutantes ?"
À quinze ans.
À seulement quinze ans…
Il le savait bien au vu d'arrangements proposés reçus précisément à de tels évènements.
Et alors que Naruto fit comme on le lui demanda, tâchant à regarder sa douce Hinata à travers les yeux d'un autre homme, tout ce que Naruto voyait était une petite fille de douze ans, gentille et adorable, avec un grand sourire aux lèvres et les yeux pétillants d'espièglerie innocente.
"Elle est magnifique, Naruto. Bien plus belle qu'elle ne le devrait du haut de ses douze ans. Même plus belle que je l'étais à son âge. Son corps lui en donne quatorze, si ce n'est quinze — "
"Ne dis plus jamais une chose pareille, Sakura," la coupa-t-il à ces mots. Cela le dégoutait de savoir qu'on puisse sexualiser une fille comme Hinata qui jouait encore aux billes et qui pleurait pour tout et n'importe quoi.
"Mais c'en est la triste réalité, malheureusement…."
Même si Mademoiselle Hinata pouvait ressentir une certaine colère et jalousie envers Sakura pour voler l'attention de son précieux ami, cette petite fille ne savait pas qu'elle partageait le même passé que la rose. Elles avaient tellement en commun que Sakura était persuadée que si elles avaient été nées dans la même génération, qu'une amitié magnifique aurait fleuri entre elles.
Hinata était jolie, Naruto ne l'avait jamais nié. Ce n'était pas un secret vu que la terre entière pouvait le voir. Elle rayonnait comme un soleil d'été, tout en préservant cette beauté d'un hiver glacial.
Mais elle était une enfant… Et il pensait que toute la terre entière en était aussi au courant.
Finalement, il comprenait ce que Sakura voulait lui dire.
Et la rose, elle, en revanche, ne pouvait qu'avoir pitié pour son vieil ami qui était apparemment bien trop innocent. Quelle chance d'être né un homme dans leur monde…
"Je ne te demande qu'à faire attention à ta réputation."
"Alors tout le monde me croit la convoiter ?" Désespoir et peur faisaient trembler sa voix légèrement.
C'était répugnant. Jamais, au grand jamais, avait-il eu ne serait-ce qu'une seule pensée de la sorte. Et il n'en aurait certainement jamais eu si Sakura n'avait pas attiré son attention sur ce point.
"Peut-être pas tout le monde. Mais tu sais très bien à quel point des rumeurs peuvent faire rapidement le tour de notre société. Et il ne faut que d'une personne malsaine pour en engendrer…"
Des commères, c'est ce qu'ils étaient. Tous des commères.
"Donc, que me conseilles-tu ?" Mais Naruto n'attendait pas de réponse de la part de Sakura qui sembla si désolée de lui avoir fait part de cette annonce dévastatrice.
Naruto savait ce qui restait à faire.
C'était bien la seule chose raisonnable.
Il fallait qu'il s'éloigne. Afin de le protéger lui, mais, par-dessus tout, pour protéger Hinata. Non pas de lui, mais de toutes les rumeurs qui pourraient la détruire, elle et sa réputation jusqu'à là immaculée.
Ces rumeurs qui pourraient ruiner la bonté et pureté de la petite Hyūga, qu'il avait pourtant cherché à préserver depuis toutes ces années.
Mais aussi pour Naruto du dégoût qu'Hinata pourrait un jour ressentir à son égard, s'il devait échouer en sa tâche de l'épargner de toute cette misère.
"C'est pour le mieux." Sakura en était réellement désolée. Un lien comme le blond et Hinata en partageaient, était rare et précieux.
Comme magique.
Naruto trouverait ces personnes coupables qui avaient des pensées aussi écœurantes et les ferait payer de simplement avoir suggéré une telle horreur.
Puis, à grand contrecœur, il s'éloignerait d'Hinata. Même si cela le briserait lui.
Et la ferait le détester, tôt ou tard.
