Je sais, ça fait très (trop...) longtemps que je n'ai pas posté.
Pour ceux qui veulent juste lire la suite de l'histoire, bonne lecture ! Pour les autres, j'explique les raisons de mon absence en fin de chapitre.
Il fut décidé d'un commun accord qu'il valait mieux ne plus reparler de tout cela et reprendre leurs discussions comme avant. Les semaines passèrent donc, réinstallant une routine confortable.
Mais Harry n'arrivait plus à s'enlever de la tête ce qui était arrivé au Square Grimmaurd. Il ne s'était jamais senti aussi bien. C'était mieux que quand il faisait du Quidditch, et même mieux encore que tous les orgasmes qu'il avait pu avoir, y compris avec quelqu'un d'autre. Mais il était parfaitement conscient qu'il ne pouvait être dans cet état aussi souvent qu'il en avait besoin. Même si le vampire avait été d'accord pour le mordre sans retenue et même avec la potion de régénération sanguine, c'était extrêmement dangereux de perdre autant de sang. Pourtant, il lui fallait trouver quelque chose pour s'approcher du sentiment ressenti à ce moment-là. Ses discussions avec Snape n'avaient plus autant de bienfaits qu'avant sur lui et il sentait qu'il allait finit par virer fou s'il continuait à tourner cette scène en boucle dans sa tête.
Aussi prit-il la décision d'en parler avec son professeur ce soir-là, environ une semaine avant les vacances de noël.
— Je n'arrête pas d'y penser, c'est plus fort que moi, dit-il en s'essayant sur le fauteuil face au maître des potions.
— De quoi parles-tu ?
— De la morsure.
Le vampire soupira.
— Je croyais que nous nous étions mis d'accord pour clore ce sujet. Je ne te mordrai pas à nouveau de cette façon. Oublie ça.
Harry ne put empêcher un ricanement ironique de sortir de ses lèvres à l'entente de ces paroles.
— Me mordre de cette façon ? Vous ne me mordez pas tout court. Chaque fois que je me suis proposé, vous avez prétexté avoir déjà eu votre dose. Vous me fuyez. Avouez-le.
— Très bien ! Oui, je voulais éviter de te mordre, justement parce que je ne souhaitais pas te raviver le souvenir du jour d'Halloween. Apparemment, ce n'était pas la bonne méthode…
— Quelle va être votre méthode désormais pour me faire oublier, alors ?
— Je… Je n'en ai absolument aucune idée.
C'était la première fois que le Gryffondor voyait cet homme aussi désemparé. Peut-être était-il assez désemparé pour accepter sa demande.
— Mordez-moi, dit-il avec détermination.
— Harry, ne dis pas n'importe quoi. Ça ne t'aidera certainement pas, bien au contraire.
— Bien sûr que si. J'ai besoin d'aller mieux, vous pouvez m'offrir ce répit. Au moins en attendant de trouver une autre solution.
Et le jeune homme avait bien une idée de cette autre solution. Mais ce n'était clairement pas le moment d'aborder à nouveau ce sujet. Chaque chose en son temps.
Tous deux se fixèrent un moment, aucun ne cédant de terrain à l'autre. Pourtant, Harry sut qu'il avait gagné quand il vit les sourcils du vampire se hausser presque imperceptiblement et ses épaules s'affaisser très légèrement.
— Je crois savoir que tu as prévu de retourner au Square Grimmaurd pendant les vacances. On en reparlera à ce moment-là. D'ici là, je vais chercher une solution et, en attendant, c'est non.
Ce n'était pas vraiment ce qu'espérait le Gryffondor, mais c'était toujours mieux que rien. Et il était parfaitement conscient qu'il n'obtiendrait rien de plus pour cette fois.
La semaine passa alors à une vitesse affreusement lente de l'avis du Survivant. Il en était devenu irritable au point que la plupart des élèves préféraient l'éviter. Même Hermione et Ron commençaient à ne plus pouvoir le supporter.
— Mais enfin, Harry, qu'est-ce qui t'arrive à la fin ? demanda Ron après le déjeuner du vendredi pendant lequel l'attrappeur de Gryffondor avait envoyé sur les roses tous ceux qui avaient tenté de lui adresser la parole.
— Rien, j'ai juste besoin de vacances.
Et sans un mot de plus, il se dirigea vers son prochain cours, le dernier de l'année.
oOoOo
Harry faisait les cent pas dans son salon. Il avait envoyé Hedwige à Severus la veille, et il n'avait toujours aucune réponse. Bon, d'accord, il l'avait envoyée à vingt-deux heures passées. Sa chouette en avait été particulièrement agacée, d'ailleurs. Ce n'était apparemment pas une heure pour l'envoyer faire une course, selon elle. Il était présentement six heures du matin, et il avait espéré qu'Hedwige serait revenue dans la nuit.
Il n'arrivait plus à dormir. Il était tellement surexcité à l'idée que Severus le morde à nouveau. C'était déjà le premier lundi des vacances. C'était un miracle qu'il ait réussi à tenir jusque là. Il savait au fond de lui qu'il devrait s'en inquiéter. Mais il n'en avait cure. Tout ce qui comptait, c'était qu'il ressente à nouveau cette espèce d'euphorie.
Alors que le soleil était déjà haut dans la ciel, la cheminée s'activa, créant une grande flamme avant de laisser place à Severus Snape. Harry laissa tomber le livre dont il avait tenté de lire au moins dix fois la même page pendant la dernière heure et se leva du canapé sur lequel il était affalé.
— Harry, le salua le maître des potions.
— Severus.
Ils se fixèrent pendant quelques instants, sans rien dire. Harry fut finalement le premier à prendre la parole.
— Pourquoi avez-vous mis tant de temps à venir ?
Le vampire releva un sourcil avant de répondre :
— Je ne suis pas à ta disposition, tu sais ? J'ai aussi des choses à faire qui ne te concernent pas.
Le jeune homme détourna les yeux en se mordant la lèvre, vexé par ces paroles. Bien sûr, il ne s'attendait pas à ce que l'homme soit à sa disposition. Mais il avait présentement besoin de lui et il avait eu l'impression ces derniers jours de ne pouvoir compter sur lui. Il ne demandait nullement à ce qu'ils soient enchaînés.
— Harry, poursuivit Snape, as-tu au moins essayé d'aller mieux, plutôt que d'attendre que je t'apporte ce dont tu as besoin, comme un drogué en manque ?
— Quoi ? Vous croyez que ça m'amuse de me sentir mal, peut-être ?
Cette réponse agressive montrait clairement qu'il avait touché un point sensible. L'ironie étant bien sûr que c'était le plus âgé qui aurait dû avoir le comportement d'un drogué, puisque c'était lui le vampire et donc lui qui avait une dépendance.
— Je n'ai pas dit ça. Mais j'aimerais tout de même savoir si tu as essayé quelque chose.
— Qu'est-ce que j'aurais dû essayer, selon vous ?
— Le sport permet au corps de créer de l'endorphine et de la sérotonine, par exemple.
— Les entraînements de Quidditch n'ont pas changé grand-chose, honnêtement.
— Néanmoins, tu te sentais un peu mieux après, non ?
— Mouais, un peu, répondit le Gryffondor au haussant mollement les épaules. Ça ne durait vraiment pas longtemps comparé au jour d'Halloween, alors…
Un nouveau silence s'installa entre eux. Le maître des potions n'était pas sûr de ce qu'il devait faire. Était-ce vraiment une bonne idée que de mordre une nouvelle fois Harry en se laissant aller ? Il ne pouvait nier qu'il en avait envie, évidemment. Ce genre de morsure apportait également plus de plaisir au vampire car le sang prenait un goût plus… sucré dirons-nous. C'était comme ajouter une cuillère de sucre dans son yaourt nature : ce n'était pas forcément une bonne chose, mais c'était quand même plus agréable. Mais, sans même parler des problèmes auxquels ils s'exposaient, il n'était pas sûr que ça aide vraiment le garçon à aller mieux.
— Est-ce que vous avez trouvé une solution ? finit par demander le plus jeune.
— Non.
— Alors vous allez me mordre comme la dernière fois ?
Le Survivant eut un tel regard, montrant clairement qu'il espérait un oui, que Severus préféra détourner les yeux. Malheureusement, ceux-ci se posèrent sur la gorge dégagée de son élève. Mais qu'avait donc ce morveux à toujours la mettre en évidence ? se demanda-t-il.
— Ce n'est pas une bonne idée, tenta-t-il néanmoins.
— Personne ne le saura. Ce sera un secret entre nous. Ce n'est pas comme si nous n'avions pas l'habitude de garder des secrets et de rester discret.
Il marquait un point.
— Et puis c'est presque noël. Il est de coutume à noël de se faire plaisir, de s'offrir des cadeaux. On n'a qu'à dire que je vous offre mon sang et vous m'offrez un peu de répit dans mes pensées chaotiques.
Il marquait un deuxième point. Voire un troisième. Et le maître des potions n'avait plus la volonté de lutter contre. Alors, il se débarrassa de son manteau et s'assit sur le canapé, comme la dernière fois. Il n'eut pas besoin de prononcer le moindre mot pour qu'Harry vienne s'asseoir à califourchon sur ses cuisses, exactement comme presque deux mois auparavant.
— Nous ne sommes pas obligés de nous installer ainsi, tu sais ? se sentit-il obligé de préciser.
Bien qu'il n'avait aucune arrière pensée en cet instant et qu'il était persuadé qu'il en était de même pour l'étudiant, il ne pouvait s'empêcher de remarquer qu'il s'agissait quand même d'une position plutôt sexuellement explicite.
En réponse, le jeune homme haussa les épaule et dit :
— Ça me paraît être la position la plus confortable pour nous deux, non ?
— Sans doute…
Harry s'était déjà rapproché et offrait sans pudeur son cou. Il était donc compréhensible que le vampire ait désormais du mal à se concentrer pour prononcer des paroles pertinentes. Surtout quand l'odeur de cette peau légèrement halée lui parvenait, comme le parfum du plus délicieux des mets.
Dans une invitation silencieuse mais plus insistante, le Gryffondor plongea sa main dans les cheveux noirs de son professeur et le poussa à poser ses lèvres contre sa gorge. L'homme n'y tint plus. Passant ses bras autour du corps – qui lui sembla plus maigre que la dernière fois –, il planta ses crocs dans la chair à portée et se laissa aller. Gorgée après gorgée, il reserra de plus en plus ses bras. Il aspirait lentement, mais fermement, savourant chaque rasade.
Ce fut finalement en sentant le corps contre lui se mettre à trembler qu'il réalisa qu'il se laissait un peu trop aller. Il prit une dernière aspiration et s'éloigna.
— Non, protesta le Survivant. Vous arrêtez pas. S'il vous plait. Encore.
Les poings du jeune homme s'agrippaient mollement à sa chemise et sa tête reposait sur son épaule. Il voulut se lever pour aller chercher la potion de régénération sanguine qu'il avait laissée dans son manteau. Mais le Gryffondor ne semblait pas vouloir le laisser faire. Oh, bien sûr, il pouvait utiliser la force pour l'obliger à le lâcher. Néanmoins, l'entendre geindre n'était nullement plaisant. Apparemment, la perte de sang trop importante qu'il avait subie ne permettait pas à l'endorphine d'avoir l'effet escompté. Alors il sortit sa baguette et, d'un accio, fit venir la potion à lui.
— Harry, bois ça.
— Ne me laissez pas. Je vous en prie.
— Je ne vais nulle part. Mais tu dois boire. Cela te remettra d'aplomb. Je suis désolé, j'ai été trop loin.
Un peu difficilement à cause de leur position et des vertiges qui le prenaient, le plus jeune avala la mixture et reposa sa tête sur l'épaule de son aîné. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes avant que Severus ne reprenne la parole.
— Ne t'endors pas, Harry. Tu voulais que je te morde pour ressentir les effets d'une surdose d'endorphine. Dormir en diminuera les effets.
— Alors parlez-moi.
— Et que voudrais-tu que je te dise ?
Ce n'était pas réellement de la mauvaise volonté. Mais tout le monde savait que Snape n'était pas vraiment le genre d'homme à parler pour ne rien dire.
— Que ressentez-vous quand vous me mordez ainsi ?
Il hésita à répondre. Non pas que c'était particulièrement personnel ou secret. Mais il craignait que sa réponse soit mal prise. Pourtant, il décida finalement de dire la vérité.
— Je me sens plus vivant que jamais. C'est comme… faire l'amour en public : le plaisir décuplé par l'interdit et le risque de se faire surprendre. C'est le même genre de plaisir. Et ensuite, la sensation de satiété, comme quand tu manges trop au point d'avoir l'impression que les boutons de ton pantalon vont céder.
Pendant tout le temps qu'il avait parlé, il avait fait attention aux réactions du Survivant. Mais à sa plus grande surprise, il n'en eut aucune. Il s'était pourtant attendu à du dégoût, voire de la peur. Après tout, il venait de comparer la morsure à du sexe.
— Harry ? tenta-t-il, à la fois pour l'amener à dire ce qu'il pensait de tout ça et pour s'assurer qu'il n'était pas en train de s'endormir.
— Ça semble être bien. Autant que pour moi. Ça me rassure au fond de ne pas être le seul à ressentir ça. Comme vous aviez l'air réticent, je craignais que ce ne soit pas aussi plaisant pour vous que pour moi. Et quand vous nous mordez à l'école, que ressentez-vous ? demanda Harry après une pause.
— C'est comme manger un plat sans saveur. C'est nourrissant, mais c'est lassant et n'apporte pas de plaisir.
La potion avait déjà bien agi et Harry se sentait de plus en plus revigoré. Il se rendit alors compte de ce qu'il venait de se passer : il avait ressenti encore plus de plaisir que la première fois, au point qu'il avait fini par jouir, et il avait réclamé la présence du vampire comme il aurait réclamé un câlin à un amant. Il se redressa et regarda l'homme en sentant ses joues chauffer.
— Euh… Je… Je suis désolé.
— Pour quoi ?
— Pour… ma réaction.
— Tu n'as pas à t'excuser, c'est moi qui ai été trop loin. Je t'ai pris trop de sang et je me suis trop laissé aller.
Harry se leva enfin et grimaça. La moiteur dans son sous-vêtement était des plus désagréable.
— Je vais aller prendre une douche. Faites comme chez vous. Vous connaissez déjà la maison, de toute façon.
Une trentaine de minutes plus tard, le Gryffondor mangeait avec appétit un plat de pâtes préparé par le maître des potions.
— J'ignorais que vous saviez cuisiner.
— Cela fait partie des choses que j'ai dû apprendre avant d'entrer à Poudlard et que j'ai gardées.
Après le repas, Severus s'apprêtait à partir. Mais le Gryffondor tenta de le retenir.
— Êtes-vous vraiment obligé de partir ?
— Je n'ai aucune raison de rester.
— Et si je vous le demandais ?
— Pourquoi ferais-tu cela ?
En vérité, il savait très bien pourquoi : Harry avait associé son bien-être à Severus. C'était peut-être inconscient, mais cela signifiait pour le jeune homme que si Snape était avec lui, il pourrait se sentir bien.
— J'aimerais vraiment que vous répondiez à ma première question.
Le vampire fronça les sourcils d'incompréhension.
— Ta première question ?
— Qu'est-ce que ça fait d'être un vampire ?
— Harry…
— Je sais, vous m'avez dit que ce n'était pas pareil pour tout le monde et que c'était indescriptible. Mais essayez quand même. S'il vous plait.
Avec un soupir, il se rassit sur le canapé et commença ses explications. C'était vraiment compliqué de décrire ses sensations avec des mots. La façon dont il percevait les choses, tellement plus précisément qu'en étant humain. Ses émotions qui différaient aussi. S'il pouvait ressentir les mêmes émotions que n'importe quel humain, ce n'était jamais aussi fort. La peur, par exemple. Il pouvait avoir peur, mais il ne sera jamais tétanisé par celle-ci. L'amour, il pouvait le ressentir mais n'en viendra jamais à faire des choses stupides par amour.
À la fin de son récit, il n'était pas sûr d'avoir vraiment réussi à expliquer les choses correctement, mais il avait fait de son mieux.
— Transformez-moi, dit Harry avec toute la détermination dont il était capable.
— Je t'ai déjà dit non.
— Pourquoi ? Qu'est-ce qui vous retient ?
— En dehors du fait que tu es un enfant et mon élève, tu veux dire ?
Le plus jeune soupira d'exaspération et leva les yeux au ciel.
— Je ne suis plus un enfant. Je suis majeur, aussi bien chez les sorciers que les moldus.
— Pas partout. La majorité est fixée à 21 ans dans plein de pays.
— Mais nous sommes en Angleterre.
— Ça ne change rien au fait que tu es mon élève.
— Vous savez que je ne vais pas rester un élève de Poudlard éternellement, n'est-ce pas ? Alors quelle excuse me servirez-vous lorsque nous serons en juillet ?
Severus le fixa un instant avant de répondre :
— J'ai vingt ans de plus que toi. Que crois-tu que les gens vont dire en apprenant que je t'ai transformé en vampire ?
— Personne n'a besoin de savoir que c'est vous.
Il ne put empêcher un ricanement de s'échapper de ses lèvres à ces mots.
— Non, bien sûr. Ce n'est pas comme si je faisais le coupable idéal pour cela. Je perdrai ma place d'enseignant, reprit-il avec tout son sérieux.
— Je n'aime pas faire ça habituellement, mais je pourrai plaider en votre faveur. Les gens m'écouteront.
— Les gens penseront que tu es fou, Harry. Personne n'a envie de devenir un monstre assoiffé de sang.
— Vous n'avez pas l'air d'un monstre.
— Parce que je sais me contrôler. Tous les vampires ne sont pas comme moi.
Un nouveau silence s'installa. Le plus jeune fixait son professeur, semblant chercher l'argument qui pourrait le faire changer d'avis. Finalement, il se leva, excédé et s'emporta :
— Et pourquoi tout le monde devrait être au courant que je suis un vampire ? N'est-ce pas finalement quelque chose d'assez intime ? Après tout, c'est par une relation sexuelle que ça se transmet !
— Tu es le Survivant. Tu n'as jamais eu d'intimité, et tu n'en auras jamais. Et d'ailleurs, puisque tu abordes le sujet, ça ne te dérange donc plus de devoir coucher avec moi pour devenir un vampire ?
— Non.
La réponse était sortie sans une once d'hésitation, avec une assurance qui eut le don de surprendre Severus. Mais son habituel sang-froid lui permit de ne rien en montrer.
— Pourtant, j'imagine que tu ne sais même pas comment ça se passe entre deux hommes.
— Détrompez-vous. Je le sais très bien pour l'avoir déjà fait.
Cette fois, il ne réussit pas à cacher son étonnement.
— Vous voyez, j'arrive quand même à garder secrète mon intimité, déclara le Survivant avec un petit sourire triomphant en se rasseyant.
— Ou tu es en train de te moquer de moi, se reprit Snape.
— Je ne mens pas et vous le savez. Par contre, j'ai l'impression d'avoir attisé votre curiosité.
Harry était fier de lui et ça se voyait. Severus aurait bien voulu nier, mais il savait pertinemment que ça ne servait à rien.
— J'avoue me demander qui a eu le privilège d'avoir le Survivant et ne s'en est pourtant pas vanté. Surtout qu'en dehors de Miss Chang et Miss Wealsey, tu ne t'es jamais affiché avec personne. Ceux qui veulent être vu suspendu à ton bras pour la gloire ne manquent pas pourtant.
— Cho et Ginny ne cherchaient pas la gloire. Je fuis ces personnes comme la peste.
— Certaines pourraient bien cacher leur jeu. Et comment peux-tu être sûr que ces demoiselles ne cherchaient pas la gloire ? Après tout, Chang était avec Diggory avant. Et elle s'est mise avec lui après que son nom a été tiré de la coupe de feu.
— Parce que, dans les deux cas, notre relation a pris fin d'un commun accord. Si Ginny et Cho ne cherchaient que la gloire, elles auraient insisté pour rester avec moi.
— Oh ! Donc la célébrité n'efface pas ton sale caractère…
Au lieu de se vexer de cette pique, Harry sourit.
— George, finit-il par dire après un long silence.
— Pardon ? demanda Severus qui peinait à comprendre où voulait en venir le jeune homme.
— C'est avec George que je l'ai fait. Il n'a pas supporté de perdre son jumeau. Les Weasley m'ont accueilli chez eux pendant l'été, ne voulant pas me laisser seul ici. Ron me connaissait assez bien pour savoir que je ne cesserai de ressasser et que je risquais de m'enfermer dans la déprime. Un soir, je ne trouvais pas le sommeil, alors j'ai voulu aller prendre l'air. Mais en passant devant la chambre des jumeaux, j'ai entendu du bruit. J'ai frappé à la porte, mais je n'ai eu aucune réponse. Alors je l'ai ouverte. J'ai trouvé George en boule devant un miroir sur pied, secoué par ses sanglots. On n'a pas vraiment réfléchi. Sur le coup, ça nous a paru naturel. Nous étions là l'un pour l'autre, et c'était tout ce qui comptait. Ça ne voulait rien dire question sentiments. Nous savions que nous n'étions pas amoureux l'un de l'autre. Nous avions juste besoin d'une épaule sur laquelle s'appuyer. Au matin, on a décidé de faire comme si ce n'était jamais arrivé. Sa famille a beau être très ouverte d'esprit, je ne pense pas qu'ils auraient compris.
L'homme avait écouté le Survivant sans l'interrompre, comme toujours. Ce dernier avait rapidement tourné la tête pour regarder à travers la fenêtre. Il était évident que ces souvenirs réveillaient quelque chose en lui.
— Pourquoi ne pas avoir parlé avec lui de ce que tu avais sur le cœur ? demanda le vampire après un nouveau silence.
— Pour la même raison que je n'en parle pas avec Ron et Hermione. Ils peuvent comprendre la douleur de la perte. Mais pas la culpabilité que je ne peux m'empêcher de ressentir. Et je sais ce que vous pensez de cette culpabilité, continua le plus jeune avant qu'il n'ait pu reprendre la parole. Je sais que les gens se sont battus pour défendre leurs idées et leur liberté, pas pour moi. Mais Voldemort en avait d'abord après moi. Et s'il était à Poudlard avec ses Mangemorts ce soir-là, c'était à cause de moi.
— Et penses-tu que devenir un vampire supprimera cette culpabilité ?
— Est-ce le cas ? Un vampire ne ressent pas de culpabilité ?
Severus grimaça. Il n'aurait peut-être pas dû s'aventurer sur ce terrain dangereux.
— Non, je ressens toujours de la culpabilité. Mais elle n'est pas écrasante. Je peux en faire fi, l'oublier, comme on oublierait son envie d'une tarte aux pommes après quelques heures sans y penser.
Les deux hommes se fixèrent un moment. Ce fut finalemement le plus jeune qui reprit la parole :
— Avez-vous tué quelqu'un ?
— J'ai tué plein de gens, Harry. Tu le sais déjà.
— En tant que vampire, je veux dire.
L'ancien Mangemort hésita. D'un côté, la vérité pourrait peut-être faire renoncer à son élève son désir de transformation. D'un autre côté, il craignait de l'effrayer. Et si le jeune homme le jetait dehors, lui demandant de partir et de ne plus jamais revenir ? Il était certes le premier à dire que la dépendance d'Harry à son égard n'était pas une bonne chose. Mais il se rendait compte que lui aussi devenait dépendant de ce garçon à la fois fort et brisé par les épreuves endurées.
Néanmoins, le maître mot de leurs conversations était la vérité. Harry avait toujours été honnête avec lui. Il se devait donc de l'être également.
— Oui.
— Combien ?
— Je ne peux dire un nombre exact. Mais bien trop à mon goût, répondit-il avec une grimace. Ce n'est pas si facile de se contrôler au début. C'est comme avoir très soif, au point d'en avoir la gorge qui brûle tant elle est sèche. Imagine alors te retrouver devant un verre de jus de citrouille. Quel serait ton réflexe ? Aspirer le plus fort possible le liquide qui t'es offert pour en avoir le plus possible et ainsi soulager ta gorge, n'est-ce pas ?
Harry hocha la tête pour confirmer.
— Quand tu te rends compte que boire ainsi est le meilleur moyen de tuer ta victime, il est trop tard : tu as déjà bu trop de sang et la personne a déjà perdu connaissance. Quand tu arrives enfin à la relâcher, tu as atteint le point de non retour. Il faut faire preuve d'une grande retenue pour parvenir à planter ses crocs dans une veine et laisser le sang couler de lui-même.
Le jeune homme sembla se perdre un instant dans ses pensées avant de finalement demander :
— Vous étiez seul pour gérer cette soif ?
— Oui.
Il planta ses yeux verts avec détermination dans les onyx de son professeurs et poursuivit :
— Si vous me transformez en vampire, vous resteriez avec moi pour m'aider à la contrôler, n'est-ce pas ?
— Harry…
— Imaginons que vous avez accepté de faire de moi un vampire. Vous resteriez auprès de moi, non ?
— Bien sûr, répondit l'homme avec un soupir. Je ne suis pas le genre de personne à faire quelque chose sans en assumer ensuite les conséquences.
oOoOo
Il se faisait déjà tard, le soleil avait disparu à l'horizon depuis longtemps et seule la lumière des flammes de la cheminée éclairait la pièce. Pourtant, le maître des potions n'était toujours pas parti. Il laissa un léger sourire fleurir sur ses lèvres en constatant que le Survivant était en train de piquer du nez.
— Harry, je pense qu'il est temps pour toi d'aller dormir et pour moi de rentrer.
— Y a des tas de chambres vides ici. Vous n'avez pas besoin de partir, rétorqua le plus jeune avec un bâillement. Et puis, comme ça, je ne serai pas seul ici. Je n'aime pas trop rester seul au Square.
— Pourquoi ne pas avoir passé les vacances chez les Weasley, alors ? Tu n'aurais pas été seul. Et ça t'aurais sans doute fait du bien.
— Vous ne m'auriez pas mordu là-bas.
Évidemment. Severus aurait dû s'en douter.
— Je n'ai pas besoin de chambre. Je ne dors pas, je te rappelle.
— Il y a une grande bibliothèque à l'étage. Ça pourrait vous occuper cette nuit. Peut-être même que vous y trouverez des livres de potions que vous ne connaissez pas.
Quelques heures plus tard, Harry était dans les bras de Morphée dans sa chambre et Snape lisait un livre de la bibliothèque. Bien que "lire" était un grand mot. Il ne pouvait empêcher ses pensées de se tourner vers le jeune homme qui dormait à quelques pas de là. La détermination de ce dernier à devenir un vampire semblait de plus en plus forte. Il craignait de ne bientôt plus être capable de le lui refuser, notamment par manque d'arguments à lui opposer. Pire encore, il redoutait que le garçon finisse par chercher un autre vampire pour le transformer. Aussi prit-il une décision quant à cette demande, espérant que c'était la bonne.
Le matin, tandis qu'il prenait son petit déjeuner, Harry aborda rapidement le sujet.
— J'ai réfléchi cette nuit. Transformez-moi en vampire. Vous êtes le seul en qui j'ai assez confiance pour demander ça. Ne m'obligez pas à aller voir quelqu'un d'autre. Je ne changerai pas d'avis.
— Très bien.
— Vraiment ? demanda-t-il, surpris, en manquant de peu d'avaler sa bouchée de travers.
Étant donné les refus catégoriques qu'il avait essuyé les fois précédentes, il s'était attendu à devoir insister encore davantage.
— Force est de constater que tu as bel et bien pris l'entêtement de ton père. Néanmoins, j'ai plusieurs conditions.
Le Gryffondor était désormais avide, oubliant presque de continuer à se remplir la panse.
— Lesquelles ?
— Tout d'abord, tu devras en parler avec le Professeur Mcgonagall et tes amis, Ron Weasley et Hermione Granger.
— Quoi ? Mais pourquoi ? Ça ne les regarde pas ! s'offusqua Harry.
— Minerva est mon employeur : si elle est au courant, cela me posera moins de problèmes dans l'avenir. Quant à tes amis, j'estime que si tu es aussi convaincu que c'est la bonne décision et déterminé que tu le dis, cela ne devrait pas être un problème de leur expliquer tes motivations, voire de les convaincre à leur tour.
— D'accord, admettons, abdiqua-t-il de mauvaise grâce. Quoi d'autre ?
— Tu devras patienter jusqu'à cet été, une fois que les cours seront terminés. Et bien sûr, tu dois avoir obtenu tes ASPICs.
— Ça me semble légitime, bien que j'aurais espéré plus tôt… Autre chose ?
— Si tu veux que je sois celui qui fera de toi un vampire, tu devras t'engager à m'obéir une fois le processus accompli. Autrement dit, une fois que tu seras un vampire, si je te dis de faire quelque chose, tu le feras. Et ce, sans discuter ni même chercher à me convaincre de l'absurdité de mon ordre. Pas comme avec les conditions que je viens de te soumettre, donc.
Harry regarda son professeur interloqué. Pourquoi être si catégorique sur ce point ? D'accord, il avait la fâcheuse tendance à discuter les ordres et les règles qu'on tentait de lui imposer, voire à les transgresser. Mais n'était-ce pas un peu abusé ? Snape pourrait alors faire de lui ce qu'il voulait.
De son côté, le vampire espérait que cette condition freine les ardeurs du plus jeune. Même s'il ne doutait pas que cette clause lui serait fortement utile – ne serait-ce que pour lui apprendre le contrôle de sa soif –, il avait volontairement appuyé dessus. Non seulement pour tenter de faire comprendre au Gryffondor que ce ne sera pas une partie de plaisir que de devenir un vampire, mais aussi parce qu'il voulait tester sa confiance.
— Combien de temps ? finit par demander le Survivant après un temps de réflexion.
— Aussi longtemps que je le jugerai nécessaire.
En d'autres termes, cela pouvait être aussi bien pendant deux jours que pour l'éternité.
— Avez-vous d'autres conditions ?
— Non. Ces trois-là me semblent suffisantes.
— Alors c'est d'accord. J'accepte vos conditions.
Le plus jeune tendit sa main droite et le vampire en fit autant, se serrant ainsi la main. Ils visèrent cet échange de leurs baguettes et, d'une incantation, scellèrent leur accord.
Je suis sincèrement désolée pour le temps que j'ai mis à poster cette suite. Et, non, je ne sais pas quand je posterai le prochain chapitre ni quand je terminerai cette histoire (mais je la finirai !).
Pourquoi ça a été si long ? Eh bien, fin 2022, ça n'allait pas du tout. Personnellement et professionnellement. D'un côté, j'ai eu des problème de santé (rien de très grave, et ça va mieux maintenant, je vous rassure). De l'autre, des changements ont eu lieu et j'ai été très très proche de faire un burn out. J'ai heureusement su réagir à temps, mais je suis encore aujourd'hui suivie psychologiquement car je peine toujours à gérer mes émotions. Tout cela cumulé au fait que je n'arrivais vraiment pas à me motiver pour écrire, encore moins quelque chose de sexuel : mes problèmes de santé ont fait que j'avais une libido limite négative... Je sautais les scènes romantiques dans mes lectures, pour vous dire ! Impossible d'écrire du BDSM de qualité dans ces conditions...
Je m'excuse à nouveau pour cette presque année de silence. Je vais tenter de reprendre doucement, mais je ne promets rien. Je vais faire de mon mieux :)
Merci à ceux qui continuent de me suivre. Merci infiniment pour votre patience.
