Snake Named Voldemort (Un Serpent Nommé Voldemort)

Résumé : Après s'être transformé en serpent et incapable de se retransformer, Lord Voldemort est obligé de se tourner vers le seul autre Fourchelang, Harry Potter. Après avoir conclu un accord, Harry accepte d'aider le Seigneur des Ténèbres à retrouver sa forme humaine. SLASH HP/LVTEJ

Auteur : estalita11

Traductrice : yaoipowaa56

Dislaimers : Je ne possède rien d'Harry Potter

«Discours normal»

:Fourchelang:

'Pensées'


Chapitre 8

POV Voldemort

Le lendemain matin, Harry était toujours recroquevillé, les pieds contre la tête de lit et la tête au pied du lit. Voldemort était paresseusement enroulé autour de ses bras et de son cou, pressé contre la chaleur corporelle de Harry, peut-être instinctivement et peut-être consciemment. Des cartes à jouer froissées étaient éparpillées partout sur le lit, et certaines étaient tombées sur le sol.

Voldemort se réveilla quelque peu désorienté mais étrangement calme malgré sa confusion. Il avait... chaud, était détendu, et surtout, se sentait en sécurité, presque... protégé. Il sortit paresseusement sa langue pour goûter l'air, et tressaillit lorsque l'appendice rencontra quelque chose de chaud au goût de vin rouge sucré. Il pencha la tête pour mieux voir l'objet étonnamment proche, et fut surpris de croiser le regard d'un vert tendre.

:C'est confortable.: Dit Harry en ajustant ses lunettes de travers. Il bailla et étira les muscles de sa position inconfortable, frôlant par inadvertance le corps long et mince de Voldemort de temps à autre, provoquant cette étrange sensation dans les nerfs du serpent qui fit se détendre ses muscles.

Secouant les émotions contraires qui naissaient de ce contact étroit et de la prise de conscience qu'il avait passé la nuit blotti contre son ennemi, Voldemort siffla. :Je ne suis pas un ours en peluche, Potter. Essaie de résister la prochaine fois que tu voudras m'utiliser comme tel.:

C'était irritant mais pas inattendu alors Harry se contenta de lui faire un sourire.

:Aww, mais tu m'utilises comme perchoir et comme moyen de transport, tu ne trouves pas ça juste ?:

:La vie n'est pas juste, tu te souviens ?: En tant que serpent, la chaleur du corps humain pendant l'hiver s'avérait être un moyen exceptionnel pour rester à la température idéale, et la nuit, le sortilège de chauffage n'était pas toujours aussi satisfaisant que la chaleur naturelle.

Une fois de plus, le jeune sorcier semblait balayer sans effort ce qui était destiné à causer au moins une légère irritation. Oh, comme il détestait être piégé sous cette forme. Avec un léger mouvement de tête et un sourire en coin dans la direction de Voldemort, Harry ouvrit les rideaux de son lit, coupant tous les sorts d'intimité de la nuit, et s'éloigna du serpent sur le lit. Pour une raison étrange, Voldemort avait l'impression que les sorts d'intimité n'étaient pas les seuls à avoir été rompus.

Tous les autres élèves du dortoir étaient déjà debout, ils terminaient de faire leurs bagages avant de prendre le train pour rentrer chez eux pour les vacances. En tant que Gryffondor typiques, ils étaient excessivement bruyants et désordonnés, jetant à la hâte vêtements et livres dans leurs malles dans l'espoir que tout rentre. Voldemort ne doutait pas que les Serpentards avaient fait leurs bagages depuis des jours et méprisait la Maison des Lions. Comment Harry Potter avait pu se retrouver avec ces gamins pleurnichards, Voldemort n'arrivait pas à le comprendre...

Voldemort ne réalisa pas tout de suite qu'il venait de complimenter son ennemi, et lorsqu'il réalisa, sa langue effleura rapidement les émotions dans l'air.


Un silence béat ; c'est tout ce à quoi Voldemort pouvait penser alors qu'il était recroquevillé sur l'oreiller de Harry Potter, qui était doux et sentait bon...

Oh Merlin, je me transforme en animal de compagnie, se dit Voldemort en ronchonnant. Il regarda Potter revenir dans la pièce après avoir dit au revoir à ses amis, ou quel que soit le nom qu'il donnait à ces stupides idiots...

:Je vais prendre une douche, tu veux venir ?:

Voldemort était consterné de voir à quel point il était excité. Une fois de plus, il maudissait la potion qui l'avait transformé en serpent et qui prenait parfois le dessus sur sa dignité. Il aurait voulu pouvoir étrangler le cobra en lui qui dansait à l'idée de se prélasser dans la vapeur chaude de la douche.

C'était la faute de Potter, il le savait.

Mais au lieu de l'exprimer, il se contenta de soupirer et de dire d'un ton lugubre. :Oui.:

Voldemort, maintenant installé dans le coin de sa propre cabine de douche avec l'eau chaude qui coulait, laissa son esprit vagabonder pour essayer d'étouffer les chansons de Noël du monde moldu que Potter chantait. Il faisait ça pour l'exaspérer bien sûr, pensa Voldemort.

Il y avait tellement de choses qui n'allaient pas chez l'agaçant Garçon-Qui-À-Survécu. Il était effronté, imprudent, horriblement irritant, insolent, et si inutilement héroïque qu'il était prêt à mettre sa propre vie en danger pour protéger même son pire ennemi.

Et pourtant... Harry Potter était aussi intelligent, rusé, perspicace, courageux et différent de tous ceux que Voldemort avait connus. Il y avait une étincelle dans ces yeux aux couleurs de l'Avada Kedavra qui reflétait une personne plus âgée que les seize ans et demi qui s'étaient écoulés depuis sa naissance. Il se souvenait de ces mêmes yeux sur un enfant, et comment même à l'époque, alors que Voldemort levait sa baguette pour le tuer, ces yeux verts l'avaient regardé d'une manière si sombre et intelligente qu'à ce moment-là, sans savoir ce qui allait se passer, la baguette de Voldemort avait vacillé dans l'air.

Ce train de pensées n'allait pas là où Voldemort s'y attendait, et comme sa douche s'était automatiquement arrêtée, il se glissa sous le rideau avec l'intention de trouver autre chose à faire. Le lien magique auquel Dumbledore l'avait soumis était rompu et il était libre de faire ce qu'il voulait.

Potter était déjà sorti de sa douche et se tenait devant l'un des lavabos. Il avait une serviette enroulée autour de la taille qui couvrait son derrière effronté et ses mains passaient dans ses cheveux humides qu'il essayait d'aplatir sur sa tête. Voldemort se dit que même sa magie n'arriverait pas à dompter les cheveux du jeune sorcier.

Voldemort se redressa dans la position classique du cobra, oubliant complètement son projet de faire quelque chose qui n'impliquerait pas Potter. Ses petits yeux à pupilles fendues se dirigèrent vers le bas de la tête de Harry et observèrent avec fascination les muscles de l'adolescent se contracter sous sa peau pâle. Voldemort ne pouvait pas reprocher à Potter sa condition physique, sauf qu'il était peut-être un peu maigre. Pas étonnant que le garçon insupportable et pathétique de la fête se soit intéressé à Potter. Il était vraiment très...

:Oh, le sol doit être froid. Viens.: Dit Harry en se penchant et en prenant dans ses mains un Voldemort hébété et, avec des mouvements souples qui témoignent d'une grande pratique, il drapa le long corps du cobra autour de ses épaules nues.

Le serpent en Voldemort ronronnait presque face à cette chaleur naturelle, mais pour l'homme, la peau nue contre ses écailles le brûlait tellement qu'il avait l'impression que quelque chose fondait en lui.


:Comment s'est passée ta petite réunion avec Dumbledore ?: Demanda sournoisement Voldemort le lendemain, toujours amusé à l'idée que Dumbledore puisse apprendre quelque chose d'utile à ce garçon.

Potter se laissa tomber au bout du lit, en face de Voldemort, recroquevillé sur l'oreiller. :Ça s'est très bien passé, merci.: Dit-il plutôt agréablement. Voldemort se méfia immédiatement. :Tu sais, il m'a enseigné comment te vaincre. Vraiment, c'était incroyable.:

:Oh, comment me vaincre, tu dis ?: Voldemort continua la plaisanterie. :Et qu'est-ce que vous avez fait tous les deux... sorts, entraînement aux armes, séances de câlins ?:

Voldemort regarda Harry s'étouffer de rire à la référence du "pouvoir de l'amour", se sentant étrangement satisfait avant que le jeune sorcier n'adopte une expression nonchalante.

:Non, rien de tout ça.:

Voldemort était très curieux, ses yeux rouges brillaient et son capuchon s'évasait subtilement. Que faisait Dumbledore ?

:Alors qu'est-ce qu'il t'apprend ?: Demanda-t-il.

:...Je n'en ai pas la moindre idée.:

Voldemort sourit intérieurement et se força à oublier qu'il s'était inquiété pendant les quelques secondes qu'il avait fallu à Potter pour répondre.

:Parfois je pense que Dumbledore veut que tu me tues.: Gémit Harry, et si Voldemort avait pu, il aurait arqué un sourcil dans la direction de l'adolescent.

:Qu'est-ce qui ne va pas Potter, tu commences à avoir peur de ne pas avoir de quoi me battre ? Je devrais peut-être y aller mollo avec toi... à ce rythme, si tu restes à des sorts de niveau scolaire ce ne sera pas vraiment compliqué.:

Harry lança un regard furieux au cobra arrogant.

:Oh, tais-toi, salaud.: Il resta silencieux pendant un moment. :Dumbledore m'a montré des souvenirs. Je sais que tu détestes ton père, mais tu devrais lui être reconnaissant de t'avoir donné son apparence. Ta mère et sa famille n'étaient pas vraiment charmants. C'est vraiment hypocrite de ta part de prêcher cette connerie de pureté du sang alors que tu es un sang-mêlé.:

:Je ne débattrai pas de cela avec toi maintenant.: Voldemort se redressa, se sentant à nouveau troublé par de nombreuses choses. :Il t'a montré des souvenirs de mes... parents.: C'était... inattendu, et légèrement déconcertant.

Harry haussa les épaules. :Ça et la fois où Dumbledore est allé te parler à l'orphelinat. Tu étais un enfant si mignon.: Dit Harry d'un ton sarcastique en riant de façon enfantine. Voldemort était très énervé.

:Pourquoi Dumbledore te montre-t-il ces souvenirs ? Dis-moi !: Demanda-t-il, car il sentit tout à coup qu'il s'agissait de quelque chose d'important.

Encore une fois, Harry haussa les épaules. :Pour connaître mon ennemi ? Je ne sais pas, Dumbledore ne me dit jamais rien.:

Voldemort commençait à être très frustré par l'incapacité de Potter à lui donner des réponses définitives.

:Faire la moue ne te va pas, Potter.: Râla-t-il. :Maintenant, vite, dis-moi ce qu'on t'a montré.:

:Eh bien,: Dit Harry lentement, d'une manière qui donna l'impression à Voldemort de tomber dans un piège. :J'ai vu le souvenir d'un fonctionnaire du ministère rendant visite à ton grand-père, ton oncle et ta mère. Comme je l'ai dit, un endroit charmant, si tu apprécies la compagnie de fous furieux. C'était en septembre. En octobre, il m'a montré sa rencontre avec toi quand tu avais onze ans et... Ah oui, et une de ta mère quand elle était enceinte de toi.:

Voldemort se crispa. Quel était le but que Potter voit ces souvenirs ?

:Et aujourd'hui,: Continua Harry. :J'ai vu ta visite chez ton oncle fou et un souvenir de l'époque où tu étais à l'école...: A ce moment-là, Harry fit une pause et se tourna pour faire face à Voldemort et le regarder dans les yeux.

:Voldemort, que sont les Horcruxes ?:

Sa réaction fut immédiate. Se retournant, la capuche étendue au maximum, Voldemort siffla méchamment avant de glisser du lit et de se précipiter vers les escaliers.

La mort. La faiblesse ultime, le facteur limitant de la vie d'un être humain. En mourant, on risque de devenir ordinaire, de devenir comme tous les autres qui meurent, oubliés, abandonnés. Voldemort avait juré qu'il ne deviendrait jamais ordinaire, et que son secret d'immortalité resterait tel quel.

Le fait que Dumbledore sache pour les Horcruxes n'avait jamais fait partie du plan.

:Je vais le tuer !: Voldemort fulminait, ses yeux ne voyant rien d'autre qu'une brume rougeoyante alors qu'il se concentrait sur une seule chose, tuer Dumbledore. :Ce vieux fou furieux va mourir aujourd'hui, crois-moi !:

Il ne s'arrêta pas pour se demander pourquoi sa première réaction n'avait pas impliqué l'intention de faire du mal à son jeune ennemi qui était lui aussi sur le point d'apprendre ses exploits clandestins.

Harry sauta du lit. :Voldemort, attends !: Il saisit la queue de Voldemort, et ses réflexes rapides l'empêchèrent d'être mordu alors que le serpent se tordait et s'élançait vers lui, les crocs ouverts avec l'intention de le mordre. En grimaçant, Harry sortit sa baguette et lança un rapide Stupéfix sur le Seigneur des Ténèbres. Le serpent blanc s'immobilisa, complètement furieux.

Rangeant calmement sa baguette, Harry s'approcha de Voldemort. :Je ne peux m'empêcher d'être un peu jaloux, Tom, que tu préfères tuer Dumbledore plutôt que moi en ce moment...:

Si Voldemort avait eu des paupières, elles se seraient écartées devant la véracité de la déclaration de Harry. Le survivant s'était assis juste en face de lui et il n'avait même pas essayé de le toucher.

:Il a découvert ton secret, n'est-ce pas ?: Harry souleva le corps mince et le remit sur le lit, puis il s'assit à nouveau sur le lit.

:Le souvenir que j'ai vu aujourd'hui est celui où tu poses une question sur les Horcruxes à Slughorn. Le souvenir, cependant, a été modifié de sorte que Slughorn semblait ne rien te dire et te disait de partir. Mais il ne l'a pas fait, n'est-ce pas ? C'est pour ça que Slughorn semblait si coupable à la fête. Il t'a dit exactement ce qu'était un Horcruxe.:

Voldemort, incapable de bouger, était tout aussi incapable d'empêcher les souvenirs de la fête de refaire surface. Il avait toujours considéré Slughorn comme un imbécile, un homme superficiel et puéril, indigne d'être un Serpentard. Mais Voldemort avait senti quelque chose se tordre en lui, alors qu'il se trouvait sous les vêtements de Potter et que Slughorn lui parlait du garçon brillant qu'il avait connu.

Il détestait ça. Il détestait la façon dont il était forcé de se retrouver parmi ces gens, et il était de plus en plus fatigué de tous ces... doutes.

Le doute le rendait faible, et il n'était pas faible !

Potter ne semblait pas se rendre compte de l'agitation intérieure de Voldemort, et le vieux ressentiment s'enflammait.

:Maintenant, je ne sais pas vraiment ce que c'est, mais je peux faire une supposition. Toi, Tom, tu crains la mort plus que tout, alors quel meilleur moyen de t'assurer de ne jamais mourir que de te rendre immortel ? Quoi que tu aies fait, ça a clairement marché. Qu'est-ce que tu as fait, Tom ? C'est quoi un Horcruxe ? Tu sais que je finirai par le découvrir, alors tu pourrais aussi bien me le dire.:

Voldemort ne pouvait s'empêcher d'être partiellement impressionné par la perception du jeune sorcier, mais cela ne signifiait pas qu'il était content. En fait, à cet instant, il sentit une vieille peur, jamais oubliée, remonter avec une nouvelle intensité dans sa poitrine.

En silence, Harry enleva le sort sur Voldemort et Voldemort s'anima d'un sifflement mortel, mais Harry avait à nouveau sorti sa baguette et l'avait dirigée vers le Seigneur des Ténèbres. À cet instant, Voldemort se sentait comme un animal sauvage pris dans le piège d'un chasseur.

:C'est de la magie d'âme.: Cracha le Seigneur des Ténèbres à contrecœur. Il était vrai qu'il existait des moyens pour Potter de découvrir ce qu'était un Horcruxe, et s'il ne le lui disait pas maintenant, il ne ferait que retarder l'inévitable.

:Un Horcruxe est un objet qui contient un morceau d'âme d'une personne, séparé de l'âme principale. S'il en possède un, un sorcier ne peut pas mourir, son âme étant liée au monde des vivants par le morceau d'âme.: La colère bouillonait comme un puits de lave sous la peau de Voldemort alors qu'il parlait des Horcruxes à Potter.

:C'est pour ça que tu n'es pas mort.: Réalisa Harry. :Comment on sépare l'âme ?:

:Le meurtre : Dit Voldemort sur un ton mordant, indiquant à quel point il aimerait le faire maintenant.

Potter n'eut pas l'air surpris.

:Donc, tu as fabriqué un Horcruxe, et c'est ce qui t'a empêché de mourir complètement il y a des années.: Harry fit une pause. :Non, attends. Le journal intime...:

Voldemort attendit, sa langue entrant et sortant.

:Le journal était plus qu'un simple "souvenir", n'est-ce pas ? Quand tu as dit que je t'avais "tué" dans la Chambre des Secrets, tu voulais dire que j'avais tué une partie de ton âme. Mais alors, si je l'avais détruit, tu n'aurais pas pu revenir.: Les yeux de Harry s'élargirent.

«Tu en as fait plus d'un.» Dit-il en anglais, horrifié, mais Voldemort n'eut pas le temps d'apprécier car il se leva du lit.

Voldemort se souvenait des nombreuses fois où il avait divisé son âme. La première fois avait été douloureuse, mais ce n'était rien comparé à ce qu'il avait ressenti les fois suivantes où il avait déchiqueté son âme et jeté les parties de lui-même qu'il trouvait dérisoires. Mais la douleur avait été nécessaire ; il ne pouvait pas laisser quoi que ce soit le retenir.

:Très bien, petit Potter.: Siffla-t-il sombrement. :Il semble que tu sois plus intelligent que tu ne le parais.:

:Tu sais, je me sens plutôt insulté quand tu me traites d'idiot. Sérieusement, ce n'est pas que de la chance qui t'a empêché de me tuer. Alors, combien d'Horcruxes tu as ?:

Voldemort faillit rire à cette question. :Je refuse de te le dire.:

Harry enfonça le bout de sa baguette dans le nez de Voldemort quand il voulut se jeter sur lui. L'homme-serpent recula, le meurtre brillant toujours dans ses yeux rubiconds.
Potter s'approchait dangereusement du point de rupture du Seigneur des Ténèbres. Mais le jeune sorcier recula d'un pas.

:C'est bon, tu n'as pas besoin de me le dire. Nous savons tous les deux que je finirai par le découvrir, et connaître tous les faits tout de suite rend les choses plutôt ennuyeuses, tu ne crois pas ?:

Harry rangea sa baguette et se leva avant même que Voldemort ait pu trouver une réponse. :Tu sais, Tom.: Dit-il doucement. :Je n'ai jamais voulu tuer personne. J'aurais même préféré mourir le soir d'Halloween, pour ne pas avoir à sauver le monde entier. Et peut-être que je devrais dire à tout le monde d'aller se faire foutre et de continuer leur guerre sans moi, mais je ne peux pas. L'un de nous doit mourir, d'après cette prophétie. Mais je ne veux pas mourir, et toi non plus, alors où est-ce que ça nous mène ?:

Le garçon soupira tandis que le souffle de Voldemort se calmait.

"Fais ce que tu veux, il n'y a pas de sort qui t'en empêche. Je vais déjeuner."

Il laissa Voldemort seul.


Les jours suivants, Harry et Voldemort s'évitèrent comme la peste. Voldemort se sentait piégé, piégé dans son corps, piégé dans la Tour, piégé par la colère, la peur et son incapacité à faire quoi que ce soit. Pour la première fois depuis longtemps, il ressentait le désespoir de sa situation.

Il avait pris l'habitude de dormir en bas, devant le feu, mais ça ne le réchauffait pas.

Le matin de Noël arriva avec une couche de neige fraîche sur le sol, ce que Voldemort n'avait pas remarqué. Mais il ne put facilement ignorer ce qui se passa ensuite.

"Accio serpent."

Harry, vêtu d'une chaude robe noire, d'une cape, de bottes et d'une écharpe rouge et or enroulée autour de son cou, attrapa maladroitement le serpent pâle volant dans ses bras. Il dut presser la forme qui se tordait contre sa poitrine pour empêcher l'homme-serpent courroucé de s'enfuir.

Voldemort était furieux de son humiliation. :C'est quoi ce bordel, Potter ? Tu as dit que tu ne ferais plus jamais ça !:

:Désolé, j'ai oublié.: Dit Harry d'un ton totalement impassible, ce qui ne fit qu'accroître la colère de Voldemort. :Nous allons nous promener, et je ne voulais pas te courir après...:

Harry plaça le serpent sur ses épaules, apparemment sans se soucier du fait que c'était un cobra enragé qu'il y avait mis, et descendit les escaliers pour sortir par le trou du portrait.

:Où allons-nous ?: S'exclama Voldemort en faisant des plans d'évasion. Ce n'était pas la première fois qu'il se demandait si c'était une erreur de venir ici. Il était le Seigneur des Ténèbres, il n'avait pas besoin d'aide.

:Pré-au-Lard.: Lui dit Harry. :Le professeur Slughorn a accepté d'accompagner les quelques personnes ici présentes qui ont une permission pour y aller. A mon avis, il veut passer Noël à la Tête de Sanglier. Bref, j'ai pensé que tu aimerais sortir un peu.:

Voldemort ne dit rien, mais il dût admettre qu'il était plus que disposé à accepter cette sortie.

Ils retrouvèrent un petit groupe d'élèves et le professeur Slughorn dans le hall d'entrée. Harry était l'avant-dernier des sept élèves à arriver, aussi n'eurent-ils pas à attendre longtemps avant que Slughorn ne leur donne le feu vert pour partir. Comme on pouvait s'y attendre, l'homme passa le trajet jusqu'au village des sorciers à discuter avec Harry de choses insignifiantes dans une conversation légère. Voldemort ressentait une amère rancune envers cet ex Serpentard inutile, pour avoir été aussi faible que lui. Il décida définitivement d'oublier tout ce que l'homme avait dit à la fête de Noël, car en fin de compte, ce n'était que le blabla d'ivrogne d'un vieil homme insignifiant. Tom Jedusor était devenu le Seigneur des Ténèbres, quelle plus grande réussite pouvait-il y avoir ? Il apporterait la grandeur à ceux qui le méritent... et le désespoir à ceux qui ne le méritent pas.

Pré-au-Lard était rempli à ras bord de décorations festives, ce qui, selon les apparences, mettait Harry de bonne humeur, alors que Voldemort ne voyait là que des déchets.

Harry commanda un verre de cidre chaud dans l'une des tavernes et trouva un banc dehors pour s'asseoir. À la confusion de Voldemort, il sortit sa cape d'indivisibilité et l'a jeta sur eux deux. Avant même que Voldemort ne puisse demander pourquoi, le garçon s'adressa à lui d'un air interrogateur.

:Tu as assez chaud ?:

Voldemort fut légèrement surpris par la question mais sa réponse resta neutre. :Ton sort de chauffage est adéquat.:

Harry porta le cidre à ses lèvres et en prit une gorgée. Voldemort pouvait sentir la chaleur de la coupe chaque fois que le jeune sorcier y buvait. Potter, tandis qu'il se réchauffait les mains sur le verre, ne faisait rien d'autre qu'observer les gens qui passaient, complètement ignorants de sa présence. La colère de Voldemort commençait à revenir en force, et il avait presque envie d'étouffer le gamin sur place avec ses anneaux.

Avant que sa colère ne se manifeste par un acte violent, Potter le surprit une fois de plus.

:C'est la famille Sheldon.: Dit-t-il doucement en désignant un couple d'âge moyen qui marchait dans la rue, une jeune fille entre eux tenant une de leurs mains et un petit garçon sur les épaules de l'homme... :La mère est une sang-pur et le père est un Moldu.: Dit-il d'un ton neutre.

Voldemort ne réagit pas, si ce n'est, peut-être, pour ressentir une secousse de dégoût face à ce métissage.

:Ils vivent dans un village moldu non loin d'ici, et viennent en ville pour des occasions spéciales. Jack, le garçon, veut être fabricant de baguettes quand il sera grand, et Tonia, la fille, veut être une princesse, même si je pense qu'elle l'est déjà vu la façon dont son père la traite.: Dit Harry, un sourire doux et affectueux aux lèvres. La famille disparut chez Honeydukes. Voldemort bougea dans la robe de Potter.

:Le père,: Cracha Voldemort. :C'est un moldu ?:

Harry hocha la tête avec nonchalance, ce qui irrita le Seigneur des Ténèbres. :Oui, il l'est.: Dit-il simplement. Puis il désigna un jeune homme portant des vêtements propres mais manifestement de seconde main. :C'est Jonathan Sorhagen. Son père a été récemment infecté par un loup-garou effrayé qui avait utilisé leur hangar pour se cacher, et maintenant il ne peut pas trouver de travail, alors son fils travaille deux fois plus pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses parents.:

Deux paires d'yeux, l'une verte et l'autre rouge, peut-être une coïncidence festive pour Noël, regardèrent l'homme marcher, en sifflotant, dans la ruelle.

Un autre couple sortit de la taverne où Harry avait acheté son cidre. La femme avait de longs cheveux bruns foncés et l'homme était châtain. Ils riaient en passant devant Harry et Voldemort, mais les yeux gris de la femme semblaient tristes.

:C'est une sang-pur, issue d'une famille composée principalement de Gryffondors et de Poufsouffles. Cependant, elle a été répartit à Serpentard. Elle n'a pas vu sa famille depuis qu'elle a quitté la maison à l'âge de 17 ans ; d'après ce que j'ai compris, ils l'ont mise à la porte. Elle a rencontré son fiancé lors d'un séjour en France. Il est allé à Beauxbatons. Une fois qu'ils seront mariés, je ne pense pas qu'ils aient l'intention de rester en Angleterre.:

Voldemort contemplait tout ce qu'on lui disait, vaguement fasciné par le jeune sorcier. :Comment sais-tu tout cela ?:

Harry haussa les épaules en buvant une nouvelle gorgée de cidre. :Je suis le Garçon-qui-a-survécu ; souvent, les gens viennent me voir pour me parler et me serrer la main à cause de quelque chose que je ne me souviens pas avoir fait. Je ne sais pas pourquoi, mais ils aiment me parler de leur vie et de celle de leurs amis. Je me contente d'écouter. Mais la plupart du temps, comme ici, je porte ma cape d'invisibilité et je me promène. J'aime être invisible, parce qu'alors je suis moi et pas celui qu'ils voient. Encore une fois, je ne fais qu'observer. On peut apprendre des tonnes de choses quand on fait ça, on serait surpris. Ce n'est pas parce que tu veux que le monde soit quelque chose, que tu l'imagines à ta façon, que c'est vraiment comme ça. Tu as peut-être raison sur certaines choses, ou alors tu ne connais pas encore la vérité.:

Voldemort se déplaça sur les épaules de Harry, une étrange sorte d'émotion émanant de la partie ombragée de lui-même. Comment se fait-il que Potter puisse s'interroger sur sa propre personne ? Il ne devrait pas y avoir de raison de douter ; il était le sorcier le plus puissant du monde, qu'y avait-il à remettre en question ?

Mais il était difficile de rester concentré quand il y avait quelque chose de valable dans ce que Potter avait à dire. Voldemort voulait rester en colère, mais il était intrigué. Il se sentait aussi très désorienté.

Harry reprit la parole. :Je ne pense pas que tu aies déjà vraiment regardé et écouté, n'est-ce pas ? Au lieu de cela, tu...:

:J'ai examiné, j'ai calculé, je me suis assuré d'avoir leur attention.: Termina Voldemort pour le garçon, ne pouvant plus résister à cette envie sans nom qui l'habitait. :Harry Potter, je crois que tu essaies de me réformer.: L'accusa le serpent avec une malice sans conviction. Harry se contenta de sourire et de rire doucement en caressant d'une main la tête de Voldemort. L'action ne fit que resserrer ce nœud de colère à l'intérieur de Voldemort, le rendant plus insignifiant. Pour la première fois depuis plusieurs jours, son esprit était clair. Il y avait d'autres choses sur lesquelles se concentrer en ce moment.

:Peut-être, ça ne fait pas de mal d'essayer. Je suis un Gryffondor, après tout. Nous avons tendance à relever le défi des causes perdues.:

Quelque chose se tordit à l'intérieur du Seigneur des Ténèbres. :Et moi, je suis une cause perdue ?: Demanda-t-il avec nonchalance, bien que la question soit sincère.

:Seulement si tu veux l'être.: Lui dit Harry doucement. Il resta silencieux, puis dit. :As-tu déjà regretté quelque chose ?:

Voldemort fixa ses yeux rubiconds sur le jeune homme. :Qu'est-ce que tu en penses ?:

Secouant la tête d'un air peu sûr, Harry dit. :Honnêtement, je ne sais pas. Je veux dire...: Il passa une main dans ses mèches en désordre. :Pendant longtemps, je ne t'ai vu que comme un monstre, inhumain. Mais tu vis autour de mon cou depuis quelques semaines, et ça m'a fait me demander si, peut-être, tu n'étais pas un peu humain après tout.: Avoua le jeune sorcier. :Tu te sens probablement complètement insulté maintenant, n'est-ce pas ?: Dit Harry avec un faible rire.

Le serpent passa sa langue, goûtant les émotions du jeune homme. Elles étaient à la fois douces et amères et avaient le même goût que les siennes. L'humanité était faible, il s'en était volontairement purgé en déchirant son âme, alors pourquoi cela signifiait-il quelque chose pour lui d'entendre Potter dire qu'il lui en restait ?

:Tu vas répondre à ma question ?: Demanda Harry au cobra silencieux, qui semblait se secouer.

:A propos du regret ? A part celui de ne pas t'avoir tué, sale gosse... non, je ne crois pas.: Termina-t-il solennellement.

Pour une raison quelconque, Potter avait l'air... déçu, et Voldemort sentit à son tour qu'il avait manqué quelque chose. Il ressentit le besoin de s'expliquer, même s'il n'y était pas obligé.

:Je ne regrette pas les choses qui se sont passées, les choses que j'ai choisies, parce que je serais faible, piégé dans un cycle de "et si". Je suis un salaud froid, amer et tyrannique, tu le sais Harry, et tu sais donc que je ne me laisserai pas aller à regretter ce qui m'a amené ici.: Voldemort ne s'était pas rendu compte qu'il avait utilisé le prénom du jeune sorcier.

:Enroulé autour des épaules de ton ennemi et coincé sous la forme d'un serpent ?: Dit Harry avec un sourire en coin.

Voldemort se moqua. :Tu sais ce que je veux dire. Je te l'ai déjà dit. Il n'y a ni bien ni mal, seulement le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher. J'ai fait mes choix, Harry, et je ne regrette pas la voie que j'ai choisie, celle du changement et de la grandeur du monde des sorciers. Et souviens-toi Potter, moi aussi j'en ai trop vu ces dernières semaines sur mon ennemi prophétique, et je sais que tu vois ce que j'ai vu moi-même il y a tant d'années, que tu rêves que les choses soient différentes. Et elles peuvent l'être, si seulement quelqu'un avait assez d'initiative pour obtenir ce qu'il veut.: Pour une raison inexplicable, Voldemort voulait que Potter comprenne cela.

Harry posa sa tasse de cidre vide sur le côté. :Peut-être que j'aimerais que certaines choses soient différentes, mais je n'ai pas le même rêve que toi. Tu parles de pouvoir, mais si ce que tu dis est vrai, alors n'as-tu pas besoin des faibles pour avoir du pouvoir ? Ils te donnent ton pouvoir, parce que s'ils n'étaient pas faibles, où cela te mènerait-il ? Tu l'as pratiquement admis toi-même, que tu as été aveugle sur certaines choses parce que tu n'as pas pris le temps de regarder. Il y a trop de préjugés et d'oppression dans notre monde pour qu'il soit un jour ce qu'il pourrait être. Tu y contribues en étant le typique Seigneur des Ténèbres qui tue d'abord et pose des questions après. Il y a une place pour tout le monde, si seulement les gens le permettaient.:

:Tu pourrais le créer.: Voldemort glissa doucement.

:Je ne suis pas comme toi, je ne peux pas forcer les gens à voir quelque chose qu'ils ne veulent pas voir. Je ne deviendrai pas comme toi. Mais je crois, peut-être, que moi ou quelqu'un d'autre pourrait les convaincre, ou prouver à quel point les choses pourraient être meilleures si tout le monde ignorait les préjugés extérieurs et passait à quelque chose de...:

Il y eut un moment de pause avant que Harry ne se mette à rire à nouveau, le son ressemblant à une pluie de printemps et à des carillons de vent réunis en un seul. Ses joues se colorèrent d'une légère gêne. La langue de Voldemort entrait et sortait rapidement de sa bouche, attentivement assis sur le jeune homme.

:C'était vraiment très ringard, n'est-ce pas ?: Voldemort tressaillit.

:Je dirais que oui. Potter, est-ce qu'on a une discussion à cœur ouvert ?:

Les yeux verts de Harry dansaient joyeusement, reflétant la lumière des bougies enchantées qui décoraient le village alors que le ciel s'assombrissait. :Je crois que oui. Quelle drôle d'idée. Si quelqu'un m'avait dit que je partagerais mon Noël avec Lord Voldemort, je l'aurais pris pour un fou. Oh, euh, en fait, Joyeux Noël.:

Voldemort resta immobile un moment avant de s'enfoncer plus profondément dans les robes de Harry. :Joyeux Noël, Harry Potter.:


Voldemort se réveilla avec un frisson. Il se demandait si, après quelques jours où il avait dormi ailleurs, Harry n'avait pas oublié de mettre le sort de chauffage avant de s'endormir. Maintenant, la température du corps du serpent en souffrait. Se sentant léthargique, Voldemort se glissa sur le jeune homme endormi, avec l'intention de réveiller le jeune sorcier et de lui demander de mettre un sort de chauffage, mais dès que Voldemort sentit la chaleur apaisante que dégageait le corps de Harry, il se pelotonna sans hésiter sur la poitrine de Harry en bâillant.

Voldemort savourait la sensation de son corps se réchauffant jusqu'à une température plus confortable, tout en pensant à tous les jours qu'il avait passés avec Harry Potter. Aujourd'hui, c'était la première fois depuis longtemps qu'il se sentait concerné par la fête de Yule, car cette fête n'avait jamais été très importante pour lui. Il avait même oublié qu'il avait essayé d'éviter Potter, par colère, par dépit, par peur. Il l'avait fait de plus en plus ces derniers temps, en oubliant. De plus, il y avait quelque chose de plus en plus inconfortable qui grandissait, qui s'accumulait dans son psychisme.

Voldemort savait qu'il faisait plus que s'offrir l'immortalité en créant des Horcruxes. Il se débarrassait aussi de son humanité. Il n'avait pas besoin de la condition humaine, de ces émotions qui, le plus souvent, rendent les gens faibles avec des choses comme le regret, l'espoir et l'amour. Il n'en avait pas besoin. Tout ce dont il avait besoin était le pouvoir, le contrôle, et cette sensation engourdie et froide où l'organe nécessaire appelé cœur battait dans sa poitrine. Harry Potter était faible parce qu'il était humain. Il avait des regrets, il rêvait, il espérait, il aimait, il donnait tout de lui-même sans poser de questions à ceux pour qui il se sacrifiait.

Inexplicablement, un débat qu'il avait eu autrefois avec Potter sur les Moldus, que Voldemort détestait par principe, lui revint en mémoire.

: Pourquoi tu n'aimes pas les Moldus ? Je veux dire, toi et moi avons tous deux eu d'horribles expériences avec eux, mais tu savez qu'il est illogique de porter un jugement uniquement sur quelques exemples, n'est-ce pas ?:

:Ils ne sont pas important. Ils se croient supérieurs alors que ce sont en fait les sorciers qui méritent le respect. La magie, c'est la puissance, alors que les Moldus n'ont que leur orgueil démesuré et leur esprit ratatiné et insignifiant.:

:Tu as juste des préjugés. Tu sais.: Dit Potter. :En fin de compte, nous sommes tous des humains, et la magie est la seule chose qui nous différencie. Sinon, nous sommes tous pareils.:

Voldemort ricana. C'était grotesque.

:Nous ne sommes pas comme eux... !:

:Si, nous le sommes !: Voldemort recula face au déchaînement de Harry, par la force de conviction du jeune homme.

:Tout se résume à une chose : la nature humaine et les choix que nous faisons. Les Moldus comme les Sorciers choisissent d'exclure ce qu'ils ne comprennent pas.: Murmura Harry. :Il en va de même pour d'autres choses, même la Lumière et les Ténèbres ne sont pas si différentes. Bien sûr, quelqu'un peut choisir de ne pratiquer que la magie de Lumière, mais il est toujours capable de mentir, de tricher et de tuer comme n'importe quel autre être humain. Je sais qu'il y a des sorciers des ténèbres qui sont capables d'honnêteté, de gentillesse et de compassion, parce qu'en tant qu'humain, ils en ont la capacité.:

Voldemort redressa la tête, sa capuche s'évasait alors que Potter se penchait tout près de lui.

:Mais je me demande, Voldemort, si tu es suffisamment humain pour comprendre.: Pour une raison inexplicable, le garçon semblait triste ; cela mettait Voldemort mal à l'aise.

:Tu es un imbécile, Harry Potter.: Dit-il d'un ton fade.

Harry sourit doucement. :Non, je ne le suis pas, Tom.: Les tripes du Seigneur des Ténèbres se tordirent à la fois de colère à cause de l'utilisation de son prénom et d'une étrange envie d'écouter le ton de Harry. Cela ne faisait que l'énerver davantage, car ce garçon lui faisait quelque chose qu'il ne pouvait pas comprendre. :Je sais simplement que la vie ne se résume pas au noir et blanc. Tu sais, pour un génie, tu as vraiment beaucoup à apprendre, n'est-ce pas ?:

Voldemort avait beau essayer, il n'arrivait pas à oublier cette conversation. C'était presque fou de voir comment Harry Potter pouvait s'immiscer plus profondément que quiconque.

Depuis qu'il avait divisé son âme, Voldemort s'était habitué aux parties vides de lui-même, aux zones brumeuses et noircies auxquelles il ne pouvait plus accéder, et il s'en fichait parce qu'il n'en avait pas besoin. Elles n'avaient aucune valeur pour lui.

Sauf que maintenant, plus il passait de temps avec Potter, plus il se heurtait à ces barrières, se heurtant à une masse d'ombre qui l'aveuglait et l'étouffait jusqu'à ce qu'il soit obligé de battre en retraite. Il n'avait pas besoin de ça, alors pourquoi continuait-il à les chercher de façon inexplicable ?

C'était clairement un événement déconcertant. Il considérait que c'était le résultat de cet état d'affaiblissement qui permettait à tout ce qui était humain au cœur tendre d'entrer par le lien direct avec son esprit. Le garçon était une énigme. Lorsque Voldemort était venu le voir pour lui proposer un marché, il s'attendait à ce qu'il accepte son aide à contrecœur et à ce qu'il soit entouré de rancœur à chaque instant, peut-être même à des tentatives de sabotage pour trouver un moyen d'inverser les effets de la potion. Mais au lieu d'être traité comme l'ennemi qu'il était ou comme un prisonnier détesté, le toujours noble Harry Potter le traitait, lui, Voldemort, comme un animal de compagnie favori ou, ose-t-il le dire, comme un ami.

Si Voldemort ne le connaissait pas mieux, c'était comme si le garçon... se souciait de lui.

La lèvre supérieure de Voldemort se retroussa inconsciemment à cette idée. Personne ne se souciait de lui, ni quand il était l'infâme Seigneur des Ténèbres, ni quand il n'était qu'un petit garçon oublié. Il n'avait jamais vraiment été un enfant, mais il avait été jeune un jour, et il se demandait ce que cela faisait d'être pris en charge, ou même simplement d'être aimé. Il pensait avoir depuis longtemps effacé ces désirs, mais maintenant il se demandait s'ils avaient simplement été oubliés.

Non, ils avaient disparu, il le savait. Ce qui le frustrait maintenant, c'était que c'était nouveau. Impossible.

Pourtant, il ne pouvait nier l'étrange effet que le jeune sorcier avait sur lui. Les yeux de Voldemort brillaient dans l'obscurité tandis que son corps pâle se soulevait et s'abaissait avec la poitrine de Harry qui respirait paisiblement dans son sommeil. Voldemort étudia le visage du jeune homme, de sa peau pâle sur fond sombre de cheveux ébouriffés qui ne reposaient jamais à plat aux lèvres rouges légèrement entrouvertes par le sommeil. Ses yeux dérivèrent vers la cicatrice gravée sur son front. Voldemort se sentait à nouveau déconnecté, mais de ce qu'il ne pouvait discerner, et cette fois-ci, cela l'inquiétait beaucoup plus que jamais auparavant. La sensation était similaire à celle qu'il ressentait lorsqu'il y avait quelque chose qu'il devait savoir, mais qu'il n'arrivait pas à savoir quoi.

Voldemort secoua la tête et fit claquer l'air avec sa langue en tournant son regard vers les rideaux rouges criards qui entouraient le lit du Gryffondor.

:Harry Potter, qu'est-ce que tu me fais ?:

Harry ne répondit pas à la question sifflée à voix basse. De toute façon, elle était surtout rhétorique.

Voldemort s'endormit, bercé par la chaleur et les mouvements apaisants de la poitrine de Harry. Cette nuit-là, les rêves de Harry envahirent les siens. Le sorcier jouait au Quidditch, et l'espace d'un instant le Seigneur des Ténèbres et l'Élu virent à travers les mêmes yeux sans douleur ni peur. C'était le rêve de Harry, et Voldemort et lui ne ressentaient que joie et paix tandis qu'ils couraient après le Vif sur leur balai, tous deux complètement absorbés par le plaisir de la course, tandis que le vent leur fouettait le visage et faisait voler leurs robes derrière eux. Harry attrapa le Vif, mais dans cet étrange royaume des rêves, ce n'était plus une petite balle ailée, mais un cobra pâle aux yeux rouges. Voldemort fut pris de vertige alors que les couleurs du monde onirique s'entremêlaient avant de se redresser à nouveau.

Le visage de Harry Potter apparut et il sourit au serpent qu'il tenait dans ses mains. Voldemort ressentit une certaine confusion à cause de ce changement de point de vue.

A qui était ce rêve maintenant ?

«Je t'ai attrapé.» Dit le Harry du rêve souriant avant de passer sous le soleil, aveuglant à nouveau la vision de Voldemort avant que l'image ne devienne nette, cette fois-ci avec ce même Potter souriant tenu soigneusement dans des bras blancs pâles. Voldemort se sentit sourire et il se pencha plus près de ce beau visage insouciant et ressentit quelque chose de remarquablement proche du désir et quelque chose d'encore plus doux qu'il ne pouvait identifier.

«Ah, mais maintenant je t'ai attrapé.» Dit-il. Libérant l'une de ses mains sans lâcher le garçon, Voldemort écarta la frange de son front, révélant non pas une cicatrice en forme d'éclair, mais un cobra animé gravé sur la peau. Voldemort appuya son doigt fin et griffu sur la marque, et le serpent sembla s'y frotter.

«Miens.»

Le mot qu'il avait involontairement prononcé à la fête de Noël résonnait dans sa tête alors que Voldemort se réveillait à nouveau, cette fois-ci non pas de froid mais de choc alors que, comme des pièces de puzzle invisibles, de nombreux éléments se mettaient en place pour créer une image horrifiante et belle dans son ironie. Sous lui, Harry soupira et se déplaça, levant une main qui s'enroula infailliblement et aveuglément dans la queue du serpent.

Quelque chose changea en Voldemort quand il vit le jeune sorcier tendre la main vers lui. Comme si un vent vif avait soufflé dans les méandres de son esprit, une partie de lui-même qui était encore étouffée il y a quelques instants apparut clairement. Ce désir indéfinissable se précisa et Voldemort sut qu'il ne tuerait pas Harry Potter, car Harry Potter était devenu sien. Il savait maintenant ce qu'il avait essayé de résoudre à propos de cette attirance, cette attraction par la prophétie, par les circonstances, par l'esprit qui les reliait toujours, lui et Potter. Et maintenant il comprenait pourquoi. Avec Harry Potter, il ne pouvait pas échouer.

'Oh Dumbledore, tu m'as presque eu', pensa Voldemort avec la joie folle d'un homme qui a vaincu son ennemi. En se rendormant, Voldemort se jura de posséder Potter corps, âme et esprit. Il n'avait plus à se battre contre lui-même, plus à prétendre qu'une grande partie de lui-même voyait le meurtre de Potter comme un gaspillage.

Mais en fait Potter était déjà à lui... après tout il était son Horcruxe.

Sauf que... en s'endormant une fois de plus, Voldemort oublia la partie où Harry Potter l'attrapait en premier.


A SUIVRE...