Snake Named Voldemort (Un Serpent Nommé Voldemort)
Résumé : Après s'être transformé en serpent et incapable de se retransformer, Lord Voldemort est obligé de se tourner vers le seul autre Fourchelang, Harry Potter. Après avoir conclu un accord, Harry accepte d'aider le Seigneur des Ténèbres à retrouver sa forme humaine. SLASH HP/LVTEJ
Auteur : estalita11
Traductrice : yaoipowaa56
Dislaimers : Je ne possède rien d'Harry Potter
«Discours normal»
:Fourchelang:
'Pensées'
Chapitre 11
POV Voldemort
Il se réveilla en se demandant quand exactement on lui avait lancé le sort Doloris et qui allait payer pour ça.
Voldemort se recroquevilla sur lui-même, avec l'intention de cacher sa tête battante dans les profondeurs de ses bobines, mais il découvrit que son corps était incapable de se plier de cette façon. Au lieu de ça, il enfouit sa tête dans ses mains.
Mains ? Des doigts aussi.
Pour cela Voldemort était prêt à ouvrir les yeux juste assez pour qu'il puisse étudier les deux appendices qu'il tenait loin de son visage.
Pendant un moment, il pensa qu'il se trompait, et que ce n'était pas vraiment les siens parce que, eh bien, il ne les reconnaissait pas. Il ouvrit les yeux un peu plus. Il changea d'avis quand il fut capable de fléchir les doigts délicats, sans griffes. Donc c'était les siens.
C'est à ce moment que son esprit confus se rattrapa avec une autre information. Il replaça ces doigts doux et fins sur son visage pour examiner le nez qui devait également être le sien. Il avait presque oublié ce que c'était que d'en avoir un. Il déplaça sa main vers le bas pour sentir ses lèvres pleines, puis remonta à nouveau pour effleurer ses sourcils. Il passa la main dans son épaisse chevelure avec fascination, sentant les mèches mi-longues retomber contre ses oreilles.
Donc, il avait retrouvé son corps. Son ancien corps. Il y avait une certaine dose de plaisir dans cette conclusion.
Avec précaution, Voldemort s'assit contre la tête de lit et regarda la pièce. Il se rappelait comment il était arrivé ici, sous la forme d'un cobra pâle enroulé autour des épaules de Harry Potter. Et puis... oui, il avait pris la potion, ça il en était certain. Mais au-delà de ça, il n'y avait aucun souvenir clair et net. Voldemort se frotta les tempes avec ses nouvelles mains, essayant de combattre l'hébétement qui s'était installé dans son esprit.
Il se souvenait... d'un éclat de magie... d'yeux verts brillants... de chaleur, de peau, de confusion... et puis de douleur. Beaucoup de douleur. C'était vraiment la seule chose claire dont il pouvait se souvenir. Tout le reste était flou.
Voldemort siffla d'inconfort en se glissant hors du lit, remarquant distraitement qu'il n'était pas habillé. Il fléchit ses orteils contre le parquet froid, appréciant néanmoins la sensation. Il ne prendrait plus jamais ses mains et ses pieds pour acquis.
Un ensemble de robes noires était suspendu à l'un des poteaux du lit. Il les prit et s'habilla, se sentant un peu plus prêt à affronter la journée.
Toujours pieds nus, il traversa la pièce en direction de la salle de bain, facilement identifiable. Il s'arrêta et se regarda dans le miroir. Il était là : son ancien visage. Ses yeux étaient toujours rouges, observa-t-il paresseusement, mais c'était sans importance. Voldemort devait admettre que les premières investigations des changements avec le bout de ses doigts n'étaient pas vraiment comparables à ce qu'il avait vu de ses propres yeux.
Il serait difficile de trouver quelqu'un qui ne veuille pas admettre que, intellectuellement, Voldemort était un génie. Il ne lui fallut pas longtemps pour utiliser son virtuose pour déduire ce qui s'était passé hier. Quoi qu'il fasse, quels que soient les rituels ou les sorts de rajeunissement qu'il utilisait, il n'y avait qu'une seule chose qui pouvait inverser les effets inévitables sur son corps à cause de ses Horcruxes.
C'est parce qu'il n'y avait plus d'Horcruxes. Il n'était plus immortel. Il était humain.
Une partie de Voldemort regardait avec une fascination détachée la panique et le choc qui avaient été retenus jusqu'à ce moment-là colorer son expression tandis que l'autre partie de lui vivait ces émotions dans toute leur ampleur. Cette même partie de lui, déconnectée, admettait avec un humour grinçant que le vieux Dumbledore avait peut-être raison sur un point.
La poitrine de Voldemort était serrée, et il plaça une main juste au-dessus de son cœur qui battait rapidement. Apparemment, c'était lui dans la fleur de l'âge, dans sa plus grande force et sa plus grande force morale. Son âme, ses émotions, sa mortalité, son humanité... tous ramenés par une potion destinée à retrouver la force des jours passés.
Il semblait, peut-être, qu'il avait mal calculé quelque chose en cours de route.
Voldemort appuya sa main plus fermement sur ses côtes. Il n'était pas sûr de pouvoir l'admettre à haute voix, mais toutes les choses qu'il ressentait à l'intérieur - cette chaleur et cette glace, cette harmonie et cette discorde, cette plénitude au point d'en avoir presque mal, mais jamais vide - étaient des choses qui lui avaient peut-être manqué. Il se rappelait tout de sa vie. Il se souvenait de la douleur de la division de son âme, et des émotions vides et engourdies qui en résultaient et qui s'installaient dans son cœur. Il s'en souvenait, mais il ne le ressentait plus. Le décalage était étrange.
Et comme Voldemort pouvait se souvenir de tout, il pouvait honnêtement dire qu'il ne s'était jamais senti aussi bien de toute sa vie.
Ses yeux brillaient de vigueur tandis qu'il se fixait dans le miroir, plongé dans ses pensées.
Voldemort se dégagea du lavabo sur lequel il s'appuyait et sortit de la salle de bain, déjà lassé de la chambre et ayant besoin d'un nouvel environnement. Avant de partir, cependant, il s'arrêta pour ramasser un objet abandonné sur le sol et le mit dans sa poche.
Il voulait trouver où Harry Potter s'était enfui.
De mémoire, Voldemort navigua facilement dans la petite maison jusqu'à ce qu'il trouve le derrière du Garçon-qui-A-Survécu. Il fronça les sourcils en voyant le derrière et la tête de Harry dans la cheminée. Étant ce qu'il était, Voldemort avait très envie de savoir qui se trouvait de l'autre côté de l'appel par cheminette. Grâce à un peu de magie qu'il avait apprise à un moment donné de sa vie, il put avoir une connaissance directe de la conversation que tenait Harry.
Il reconnut immédiatement la voix de Dumbledore. Cela lui apporta un certain mécontentement.
Voldemort écouta, tendu mais passif, Dumbledore lui expliquer son plan pour le neutraliser. Il pouvait dire qu'il était sincèrement impressionné par l'intelligence de Dumbledore. Il remarqua distraitement qu'il se sentait, non pas calme, mais généralement stoïque, alors qu'il devrait être furieux de s'être fait piéger et arnaquer à ce point. Mais là encore, il n'était pas seul dans la tromperie ; Harry Potter était son partenaire dans cette affaire.
Il était étrange que ce soit maintenant qu'il ressente un sentiment de colère. Ses émotions avaient-elles un mécanisme de retardement ? Il allait falloir s'habituer à cette histoire d'âme et s'entraîner à interpréter toutes ses petites bizarreries.
Après une pause dans la conversation, Voldemort entendit Harry demander doucement. «Pourquoi vous ne m'avez rien dit de tout ça ?» Il attendit la réponse, se demandant également pourquoi le grand Seigneur de la Lumière empêchait son précieux Sauveur de connaître la vérité.
Ah, il y avait la colère à laquelle il s'attendait. C'était un soulagement de ne pas avoir envie de traverser les flammes et de tordre le cou de Dumbledore avec sa barbe insupportable. D'une certaine manière, il était un peu choqué - mais peut-être pas de beaucoup - d'apprendre que Dumbledore, l'homme qui avait vaincu Grindelwald et l'avait laissé pourrir vivant dans la prison Numengard, un homme qui parlait sans cesse de droiture et de concorde, avait élaboré un plan assez sournois qui aboutirait à sa mort entre les mains de Harry Potter, un sorcier qui n'était même pas encore majeur.
Voldemort reconnut les signes de son âme nouvellement régénérée qui se figeait jusqu'à ce qu'il ne puisse plus ressentir que de la haine froide et du ressentiment. Presque inconsciemment, il planifiait sa survie. Harry Potter n'était plus son Horcruxe... après l'année et demie qu'avait duré l'accord, il n'y avait aucune raison qu'il ne se venge pas si le garçon voulait sa mort. Il ignora cette petite fissure dans la glace qui irradiait et qui était peut-être... de la déception.
Mais cette fissure s'agrandit et brisa la glace à l'intérieur lorsque Harry dit quelque chose d'inattendu. Dumbledore ne l'entendit pas la première fois, et c'était tant mieux pour Voldemort car il avait besoin de l'entendre une seconde fois pour y croire.
Faites confiance à Harry Potter pour être assez écervelé pour donner une chance à son ennemi.
Ces satanées Feintes de Wronski émotionnelles allaient lui donner le coup du lapin. Il avait toujours méprisé ce jeu inutile qu'est le Quidditch.
Il pouvait presque compatir avec Harry quand Dumbledore lui parla de l'Horcruxe accidentel. Si l'on en croyait la réaction de Harry, il était aussi abasourdi que Voldemort quand il l'avait découvert.
Mais il se passa quelque chose d'inhabituel, car à ce moment précis, Voldemort prit conscience du lien familier.
POV Harry
Les yeux de Harry s'ouvrirent brusquement, les orbes vertes scintillant d'une émotion intense.
«C'est toujours là.» Murmura-t-il, la voix pleine d'étonnement.
Non seulement la connexion n'avait pas disparu, mais elle était aussi très forte et exceptionnellement claire. Hier, maintenant que Harry pouvait s'arrêter et analyser ce qui s'était passé, il se souvint qu'il avait senti quelque chose tirer, essayer de fusionner à nouveau avec Voldemort. Ça avait fait mal... très mal. La sensation d'un élastique tendu est la dernière chose dont il se souvint avant de sombrer dans l'inconscience.
«Tu as dit quelque chose Harry ?» Demanda Dumbledore.
Rencontrant les yeux de Dumbledore, Harry ouvrit la bouche pour se répéter, mais il fut soudainement tiré en arrière et maintenu contre un corps solide.
«Hé, qu'est-ce que... !»
«Potter, si tu es un tant soit peu intelligent, tu ne diras rien à Dumbledore.»
Harry n'eut qu'un instant pour digérer que Voldemort était apparemment réveillé avant de se tourner vers la situation plus immédiate. «Quoi ? Pourquoi ?»
Voldemort grogna de frustration. «Que crois-tu qu'il fera quand il aura compris que son plan a échoué ?»
Harry hésita. «Je ne sais pas.»
Les mains qui agrippaient ses bras se serrèrent douloureusement. «Si, tu le sais.»
Essayant de se dégager de l'emprise, Harry dit. «Je ne le laisserai pas me manipuler à nouveau. Mais laisse-moi te dire ceci... si j'ai tort et qu'il faut t'arrêter, je n'hésiterai pas à m'assurer que ton dernier Horcruxe, moi, ne sera pas en travers du chemin.» Termina-t-il fermement.
«Non, tu ne le feras pas.» Acquiesça solennellement Voldemort, bien que Harry ne soit pas certain de savoir à quelle déclaration le Seigneur des Ténèbres souscrivait. «Maintenant, essaie de garder un secret pour Dumbledore pour une fois.» Ordonna Voldemort.
Harry cessa de se débattre. Sans autre préambule, Voldemort le poussa dans les flammes de la cheminée. Dumbledore eut l'air plutôt alarmé par la sortie brusque et le retour soudain de Harry.
«Mon cher garçon, tu vas bien ?»
Harry laissa échapper un petit rire nerveux. «Ah, oui, je vais bien.»
«Que s'est-il passé ?»
Harry pouvait sentir une main s'emmêler dans le dos de sa chemise. Il ne faisait aucun doute que Voldemort était prêt à le faire sortir à tout moment.
«Les elfes de maison peuvent être étonnamment insistants.» Lui dit Harry. «J'ai demandé à l'un des miens de me donner toutes les heures des nouvelles de Voldemort, et il fait ce qu'on lui a demandé.» Mentit Harry. Il s'en sortait toujours dans une situation stressante.
«Ah.» Dit Dumbledore. «Et quelles sont les nouvelles ?»
«Il dort encore comme un bébé.» Railla Harry à l'intention de Voldemort. La main sur sa chemise tira un coup sec. Dumbledore semblait à la fois amusé et perturbé par cette description.
«Harry, je dois vraiment insister pour que tu laisses quelqu'un d'autre se rendre là où tu es. Je ne pense pas que Voldemort soit endormi pour toujours, et quand il se réveillera, je doute qu'il soit aussi agréable. Tu n'as pas besoin d'être seul pour l'affronter.» Ajouta-t-il d'une manière qui se voulait rassurante, mais Harry n'était pas rassuré. Il était clair que Dumbledore attendait toujours de lui qu'il accomplisse la prophétie telle qu'il la voyait. L'homme ne comprenait-il pas qu'il n'en avait pas envie ?
Harry était encore trop conscient de la présence dans son dos.
Harry dit doucement à son mentor de longue date. «Directeur, vous êtes un grand homme, mais vous ne savez pas tout. Vous êtes tout à fait capable de faire des erreurs, tout comme moi, et tout comme Voldemort. Et si vous en faisiez une en ce moment même ? Vous pensez que Voldemort doit mourir, moi je pense qu'il peut être sauvé.»
Les sourcils de Dumbledore se levèrent. «Il ne changera pas, Harry.»
Harry pencha la tête sur le côté. «Changer ? Probablement pas. Mais s'il est intelligent,» Dit Harry en marquant une pause pour faire comprendre son point de vue à un certain auditeur. «alors il se rendra compte que s'il veut arriver à quelque chose dans le monde et en avoir un sur lequel régner, avoir un semblant de ce qu'il a imaginé, alors il arrêtera d'être un salaud égoïste et de faire de cette guerre une guerre entre la Lumière et les Ténèbres et choisira de travailler sur les choses qui comptent vraiment.»
«Et tu penses qu'il t'écoutera ?» Demanda Dumbledore d'un air dubitatif.
Harry haussa les épaules, oubliant que Dumbledore ne pouvait probablement pas voir ce geste. «Tout le monde a besoin d'aide dans sa vie à un moment ou à un autre, et même s'il le pense, il n'en est pas dispensé. Je crois que personne n'a été assez courageux,» 'ou assez stupide', pensa Harry. «pour lui dire qu'il se comporte comme un idiot.»
Dumbledore réfléchit visiblement longuement à ce que Harry avait dit. «Peut-être,» Dit-il finalement. «que j'ai été un peu borné et que je n'ai pas envisagé d'autres possibilités. Mais je n'arrive pas à trouver en moi la force de lui faire confiance.»
«J'ai juste besoin que vous me faites confiance maintenant, alors.»
Dumbledore étudia le visage d'un certain Harry Potter pendant de longs instants.
«D'accord mon garçon.» Dit-il lentement. «Je te ferai confiance pour faire ce qu'il faut... quoi que ce soit, le moment venu.» Ajouta-t-il, laissant entendre à Harry qu'il n'avait pas totalement renoncé à ses idéaux initiaux.
Harry acquiesça. «Bien.»
«Que vas-tu faire maintenant ?» Demanda Dumbledore.
Harry lui répondit. «Eh bien, j'aimerais finir l'école. Je ne sais pas exactement si je pourrai revenir avant la rentrée, mais je promets de rattraper tous les devoirs que j'ai manqués. Je reviendrais bien maintenant, mais... je pense qu'il y a des choses dont je dois m'occuper ici.»
«Je comprends, Harry. Je suis heureux d'entendre que tu reviendras, parce que sinon j'aurais insisté pour que tu le fasses.»
«J'ai fait en sorte de pouvoir finir l'école, ça faisait partie du marché que j'ai passé avec Voldemort pour l'aider à redevenir humain. Poudlard elle-même s'est assurée que les termes de l'accord soient respectés, donc jusqu'à la fin de ma septième année, il n'y aura pas de guerre, ou du moins pas de guerre sanglante. Mais... j'espère qu'il n'y en aura pas du tout.»
Dumbledore passa une main dans sa barbe. «Souviens-toi que nous ne parlons pas d'une personne normale, Harry.»
Harry hocha la tête. «Je sais. Je dois y aller directeur.»
«D'accord Harry. Je serai là, si tu as besoin de quelque chose.»
«Merci, monsieur.»
Sortant la tête de la cheminée, Harry la déconnecta du réseau de cheminette et soupira, l'esprit en ébullition devant tout ce qu'il avait appris. Et il avait l'impression d'avoir adopté un chien étiqueté comme dangereux. Mais comment museler un Seigneur des Ténèbres ?
La main sur sa chemise avait disparu, mais Harry restait à genoux sur le sol, les yeux fixés sur les briques de suie du sol de l'âtre.
«Tu as entendu tout ça, n'est-ce pas, même si les appels par cheminée devraient être privés.» En se tournant pour regarder par-dessus son épaule, un sourcil arqué de manière interrogative, Harry repéra Tom Elvis Jedusor, qui avait reculé à travers la pièce pour appuyer une épaule nonchalamment sur le cadre de la porte du salon, une expression calme et contemplative sur son visage. Il était vêtu de la simple robe noire que Harry avait fait chercher par Scavy. Alors que Harry l'inspectait, Voldemort sourit.
«Tu me connais trop bien.» Fit-il remarquer, et Harry ne put s'empêcher d'apprécier le ton riche et doux de sa voix. Sa voix ressemblait vaguement à celle du serpent et de la tête de serpent, bien que comparée aux deux, elle était plus masculine et beaucoup moins sifflante. Oui, Harry l'aimait beaucoup.
«Alors, il me semble que tu vas me laisser prendre le contrôle du monde des sorciers maintenant.» Commenta Voldemort d'un ton léger. «Si je... me tiens bien.»
Harry laissa tomber son menton vers sa poitrine et gémit. De la façon dont il l'avait dit, on aurait vraiment dit que Harry le considérait comme un chien errant. Mais bon, remplacez le terme "chien" par le terme "serpent" et vous obtiendrez peut-être une description précise de la situation...
«Faire la guerre est compliqué et une perte de temps. Je ne comprends pas pourquoi tu n'as pas essayé la méthode Serpentard ; tu sais, en étant intelligent, subtil et rusé.
Vraiment, étant l'héritier de Serpentard, tu as choisi une façon très flagrante d'obtenir ce que tu veux.»
Jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, Harry vit Voldemort le regarder d'un air renfrogné. Hé, il fallait bien que quelqu'un le dise. Harry se retourna vers la cheminée.
«Alors,» Dit Harry lentement. «qu'est-ce que tu en penses ?»
Voldemort - ou peut-être était-ce Tom maintenant ? Harry n'était pas sûr - Voldemort - Tom leva l'une de ses mains pâles et élégantes à hauteur des yeux et en regarda le dos avant de la retourner pour voir sa paume. Il fléchit ses doigts avant de les écarter à nouveau.
«Je ne sais pas, ça change un peu, et je dois dire que j'aime beaucoup plus me regarder dans un miroir qu'avant.» Il leva les yeux pour regarder Harry, qui remarqua qu'ils étaient toujours écarlates et qu'ils brillaient d'un éclat malicieux.
Harry jeta un regard noir et se leva, se retournant pour s'adosser à la cheminée. Il croisa les bras sur sa poitrine.
«Au moins, on sait que tu es toujours un bâtard sarcastique. Tu savais ce que je demandais.» Accusa-t-il, même si sa voix semblait plus amusée qu'autre chose. Il regarda Voldemort à travers la pièce, les yeux cherchant sur son visage le moindre signe de ce que l'homme pensait et ressentait, mais bien sûr il n'y avait rien à voir qu'une expression soigneusement composée. Harry lui-même essayait de paraître tout aussi calme, mais il savait qu'une partie de sa nervosité transparaissait dans son langage corporel.
Il aurait vraiment aimé savoir ce que Voldemort pensait.
«Harry Potter.» Dit Voldemort d'une manière amusée et douce, comme le jeune sorcier ne l'avait jamais entendu dire auparavant, et Harry sentit quelque chose se serrer dans sa poitrine. Faisant appel à son courage de Gryffondor il s'éloigna de la cheminée et traversa la pièce pour se placer directement en face de l'autre homme, qui s'était redressé depuis le cadre de la porte. Les yeux verts fixaient le rouge. De si près, Harry pouvait voir que les yeux de Voldemort, bien que toujours écarlates, avaient des pupilles qui n'étaient plus des fentes, et la couleur rouge ne lui rappelait pas le sang frais. Ils ressemblaient plutôt à la teinte d'un rubis à facettes ou d'un vin rouge, ce qui en vérité ne faisait pas une grande différence de couleur, mais pour Harry, cela faisait toute la différence du monde.
Comme il l'avait fait hier, avant que son corps ne soit prêt à réabsorber les morceaux d'âme d'Horcruxe, Voldemort leva la main et écarta la frange de Harry avant de caresser sa cicatrice, son doigt traçant doucement la forme d'un éclair. Harry savait que ça ne ferait pas mal, mais il ne s'attendait pas non plus à ce que ce soit si agréable, d'avoir ce simple contact avec l'homme qui était et serait probablement toujours le Seigneur des Ténèbres.
«Pourquoi suis-je toujours un Horcruxe ?»
Voldemort fouilla dans sa poche et en sortit une fiole de cristal vide.
«Harry, aurais-tu par hasard pris un peu de la potion toi-même ?» Demanda-t-il avec un humour pince-sans-rire.
La première réaction de Harry fut de faire remonter ses sourcils jusqu'à la naissance de ses cheveux. «Non, bien sûr que non, je ne voudrais pas...»
Il s'arrêta et faillit lever sa main pour se frapper le front.
«Ça a coulé et éclaboussé mon visage quand j'ai été projeté en arrière par le contrecoup magique. J'en ai peut-être avalé par accident.» Dit Harry à Voldemort, déconcerté. Il n'aurait jamais pris la potion de son plein gré, il ne pensait pas que cela l'aiderait de quelque façon que ce soit. Et maintenant qu'il en avait accidentellement pris et qu'il en connaissait le résultat, il n'était pas sûr que cela puisse lui être "utile".
Harry avait compris que l'Horcruxe, ce morceau d'âme étranger qu'il abritait, était en fait une bonne chose... en théorie.
«Je l'ai pris en premier.» Déclara Voldemort, son expression calculatrice.
«Et alors ?» Dit Harry. «Tu l'as pris en premier et tu étais en train de regagner ton âme, mais moi j'en ai eu et ça m'a poussé à m'accrocher à l'Horcruxe et à ne pas le perdre ?»
C'était logique, mais pour Harry, ce n'était pas encore tout à fait ça. «C'était comme si nous étions en train de nous battre avec.» Murmura Harry. «Mais je ne me souviens pas qu'il y ait eu un gagnant.» Harry avait déjà pensé à la nouvelle force de la connexion, mais il n'avait pas encore reconnu à quel point elle était plus forte qu'avant. C'était presque tangible, une traînée de magie menant à l'autre.
Harry leva les yeux vers Voldemort, qui faisait au moins une tête de plus que lui. «Serait-il possible que nos magies combinées aient pu altérer l'effet de la potion, un peu comme lorsque tu t'es transformé en serpent ?»
Voldemort hocha lentement la tête. «Un compromis.» Déclara-t-il pensivement.
«Oui.» Approuva Harry. «Nous avons tous les deux pris la potion plus ou moins en même temps, et les effets agissaient dans des directions opposées. Alors, et si, en guise de concession, le morceau d'âme est resté avec moi, mais que tu y a pleinement accès ?» Il tapota sa cicatrice avec son doigt. «Tu ne peux pas le sentir ?» Harry fit une pause. «C'est tellement fort.»
Voldemort, dans un rare signe de mécontentement, frotta sa main contre son front. «Il est très difficile de dire qu'il n'est pas avec moi.» Il avait une expression très étrange sur le visage.
Aucun des deux ne dit quoi que ce soit pendant un moment.
«Tu es humain maintenant, Voldemort.» Remarqua doucement Harry. «Vraiment
humain. Qu'est-ce que ça signifie pour toi et que vas-tu faire maintenant ?»
Harry fut surpris par la force de sa voix alors qu'il interrogeait d'un œil critique le sorcier le plus sombre de l'histoire sur ses plans.
La main de Voldemort retomba sur son côté et il inspira profondément avant d'expirer lentement. «Je ne sais pas, Potter. Je n'ai pas été humain depuis si longtemps que je ne peux pas vraiment me souvenir de ce que c'était au départ.» dit-il avec dédain. Pendant tout ce temps, il ne cessait de regarder le front de Harry.
«Est-ce que tu le savais avant ?» Demanda Harry.
Voldemort cessa de scruter la cicatrice de Harry pour regarder l'autre dans les yeux. «Tout récemment.»
«Ironique, n'est-ce pas ?»
Voldemort souffla. «Si je t'avais tué, j'imagine que tu aurais trouvé le moyen de revenir juste pour me rire au nez.» Dit-il ironiquement.
«Bien sûr, jamais je ne pourrais laisser passer cette chance.» Harry marqua une pause après cette douce taquinerie, surpris de constater que rien ne semblait si différent entre l'époque où Voldemort était un serpent et maintenant, puis il demanda. «Es-tu... es-tu en colère ? Que tes Horcruxes aient disparu, sauf... celui qui est en moi ? Même si tu as envie de me tuer...» Harry se tut et baissa les yeux vers le sol. Il ne savait pas pourquoi sa voix ne fonctionnait pas. Il pouvait sentir le regard de Voldemort sur le sommet de sa tête.
«Je ne le suis pas maintenant.» Termina Voldemort à la place de Harry. «C'est étrange, car je devrais probablement être en colère - je n'aime pas ne pas avoir le contrôle, après tout - mais je ne le suis pas. Par contre, je suis en colère contre Albus Dumbledore. Ce vieux fouineur est peut-être plus Serpentard que moi, Harry.»
Harry jeta un coup d'œil vers le haut. «... ça fait mal de dire ça, n'est-ce pas ?»
«Ça te fait mal de penser, Potter ?» Voldemort claqua des doigts, et si Harry tressaillit légèrement, il ne recula pas. Voldemort regarda Harry avec des yeux bridés et irrités avant de lâcher son regard et de soupirer avec résignation. «Peut-être juste un peu...»
Tentativement, Harry offrit un sourire. Il y avait donc peut-être quelques différences comparé à avant. Taquiner le Seigneur des Ténèbres alors qu'il était un serpent avait été une entreprise facile et relativement sûre (pour le moment), mais maintenant qu'il était vraisemblablement à pleine force magique, il était, même sans baguette et sans son visage de serpent, toujours très intimidant et dangereux.
«Tu veux déjeuner ?» Lâcha brusquement Harry. «Je suis affamé, et je suis sûr que tu aimerais manger quelque chose qui ne soit pas un rat pour une fois, non ?»
Après lui avoir lancé un regard noir, Voldemort accepta et Harry ouvrit la voie vers la cuisine où les elfes de maison avaient laissé deux assiettes de nourriture sur la table où Harry avait mangé un peu plus tôt. Harry fit remarquer que c'était un peu effrayant de voir comment ils faisaient ça. Le Seigneur des Ténèbres roula simplement des yeux et s'assit.
Le déjeuner fut très gênant, mais pas trop. Ni Voldemort ni Harry ne fit de commentaires qui auraient pu mener à des discussions plus profondes et plus compliquées. Il valait mieux laisser cela pour plus tard.
C'est au moment où Voldemort prenait un morceau de boulette de viande dans ses pâtes que Harry se souvint de quelque chose qu'il avait dit plus tôt et il sourit méchamment en demandant. «Alors, quand est-ce qu'on va pouvoir aller castrer Lucius Malefoy ?»
Voldemort s'étouffa et recracha la boulette dans son assiette. Fixant Harry d'un regard meurtrier, il maudit le garçon sans réfléchir, le faisant glapir et tomber de sa chaise.
Se relevant en s'appuyant sur le plateau de la table, Harry gémit mais garda un léger sourire. «Ça fait longtemps que tu attends de faire ça, n'est-ce pas ? J'espère que ça compte comme un acte de guerre et que tu viens de perdre ta magie.»
Voldemort se contenta de répondre à cela en envoyant un autre sort, montrant clairement qu'il n'avait en fait pas perdu sa magie.
Harry tambourinait ses doigts sur l'accoudoir de sa chaise. Ses yeux scrutaient tout ce qui se trouvait dans la pièce, à l'exception du Seigneur des Ténèbres assis sur l'autre siège.
Ils s'étaient réinstallés dans le salon après le déjeuner. C'était étrangement vieillot. Il trouvait que cette pièce était la plus confortable et la plus relaxante de la maison, surtout après avoir allumé un vrai feu dans la cheminée. Il s'assit dans l'un des fauteuils bruns, tandis que Voldemort s'assit dans l'autre à côté du sien, de sorte qu'ils faisaient tous deux partiellement face au feu et partiellement à l'autre personne. Ils étaient censés parler - ou quelque chose comme ça - mais Harry ne savait pas par où commencer et Voldemort ne proposait pas grand-chose non plus.
Harry pouvait essayer quelque chose...
«Hum...»
Voldemort haussa un sourcil devant son élégance.
«Oui ?»
Harry tambourinait plus fort. «Alors...»
Harry se renfrogna. Ce ne serait pas si difficile s'il n'avait pas une question particulière en tête. Pour être honnête, ce n'était pas tous les jours qu'on devait demander à son (ex ?) ennemi mortel quel genre de plan ignoble et complice impliquait d'embrasser ledit ennemi.
Harry s'agita sur le siège où il était assis, alternant entre le regard dans le feu et le regard vers Voldemort.
«Potter, si tu n'arrête pas de bouger, je serai obligé de te pétrifier pour que tu le fasses.» Dit-il, tout puissant.
Harry fronça le nez. «Je suis désolé, il y a juste beaucoup de choses que je veux te demander et je préfère ne pas recevoir de sortilège si je dis quelque chose de mal.»
«Terrifié à l'idée que je mette à exécution toutes les menaces de torture que j'ai proférées ces dernières semaines ?»
«Je pensais que tu ne me tuerais pas parce que je suis ton Horcruxe.» Grommela Harry en s'enfonçant davantage dans son fauteuil.
«J'ai dit menaces de torture, Potter, pas menaces de mort.»
Fronçant les sourcils, Harry regarda l'autre homme en face pour une fois, sans tenir compte de la possibilité de souffrir. «Tu n'as vraiment plus envie de me tuer ?»
Au lieu de répondre directement, Voldemort dit. «Tu as dit que tu ne voulais plus me tuer... c'est vrai ?»
Harry maudit la non-réponse de Voldemort et le contrôle émotionnel de son expression. Est-ce que cela tuerait l'homme de donner juste un petit indice de ce qu'il pensait ?
Néanmoins, Harry répondit à la question qui lui était posée en premier. «Oui, c'est vrai. Je ne suis pas un assassin.»
L'expression de Voldemort était toujours aussi vide, mais son regard était maintenant d'une certaine intensité. «Tu es mon Horcruxe. Je prends bien soin des choses qui sont à moi.»
Harry cligna des yeux devant la possessivité sous-jacente à cette déclaration et sa réaction immédiate fut de dire. «Je ne suis pas un objet, et je ne suis pas à toi.»
Harry ne cligna des yeux qu'une fois de plus et fut levé de son siège et collé contre le mur le plus proche où Voldemort le maintenait. Il aurait probablement dû s'attendre à une telle explosivité de la part du Seigneur des Ténèbres, mais il n'avait pas vraiment considéré à quel point Voldemort pouvait penser qu'il était dans son droit.
«Ecoute ça Potter, tu es à moi. Mon âme, mon Horcruxe.»
Harry se tortilla, essayant de se libérer, avant de constater que c'était inutile et de s'immobiliser pour regarder Voldemort dans ses yeux brûlants.
«Oui, c'est ton âme, mais il y a moi aussi. Je ne suis pas ta propriété.»
«Et que suggères-tu, que je te laisse faire ?»
Ils étaient tous les deux si proches que Harry pouvait sentir le souffle de Voldemort sur son visage.
«C'est la prophétie.»
Les yeux de Voldemort se rétrécirent. «Quoi ?» Cracha-t-il.
«Je suis ton égal.»
«Tu es aussi celui qui est censé me tuer.»
Harry fit une grimace en fronçant le nez. «Je déteste la divination.» Dit-il de façon presque conversationnelle, comme s'il était normal de parler à quelqu'un alors qu'il était plaqué contre un mur. «J'ai toujours pensé que c'était un tas de conneries.»
«Viens-en au fait.» Grogna le Seigneur des Ténèbres.
Harry haussa les épaules. «En gros, je pense qu'on devrait ignorer notre prophétie.»
«Tu viens de dire qu'il faut prendre au pied de la lettre la partie 'tu es mon égal'» Glissa Voldemort, irrité.
Soupirant, Harry dit. «Très bien, si tu es si difficile, laisse-moi te demander ceci : quand tu t'es réveillé ce matin, comment te sentais-tu ?»
«J'avais mal.»
Harry souffla de frustration. «Ce n'est pas ce que je veux dire. Tu viens de retrouver ton âme. Tu ne peux pas me dire qu'après avoir passé des années et des années à te balader avec une fraction de ton âme, sans compter les années que tu as passées en tant qu'ombre ou petit golem, tu ne peux pas me dire que tu ne t'es jamais senti aussi vivant. Je ne sais pas pour toi, mais passer chaque année avec un maniaque qui me poursuit avec l'intention de me tuer, j'ai plus l'impression de survivre que de vivre.»
Le visage de Voldemort avait maintenant une expression aiguë et contemplative. Harry savait qu'il était intelligent et qu'il ne lui faudrait pas longtemps pour comprendre ce qu'il essayait de dire.
«Tu penses... que la prophétie est déjà accomplie.»
Harry hocha la tête. «Un tas de connerie, accomplie.» Chanta-t-il. «Quelle que soit la façon dont tu veux la voir. Pourquoi ne pas dire que c'est fait et terminé ?»
«Tu penses avoir vaincu le Seigneur des Ténèbres, alors ?» Demanda Voldemort, relativement amusé.
En réponse, et sans vraiment savoir pourquoi, Harry leva une main libre et fit glisser le bout de ses doigts sur la joue de Voldemort, un contact si léger que ce n'était presque pas un contact. Le regard de Voldemort changea à nouveau, perdant un peu de son intense concentration.
«Le Seigneur des Ténèbres Voldemort n'a jamais été aussi beau.» Déclara Harry en croisant le regard de Voldemort. «Tu ressembles à Tom Jedusor. Tu te souviens de ce que le professeur Slughorn a dit de lui à la fête de Noël ?» Presque inconsciemment, Harry caressa de nouveau la joue de Voldemort. «Je crois que tu devrais l'écouter.»
Alors que Harry était toujours plaqué contre le mur, l'emprise de Voldemort sur son col se relâcha progressivement, si bien qu'il avait l'impression de poser sa main sur l'épaule de Harry plutôt que de la saisir. La chaleur de cette dernière apaisait presque l'endroit où cette même main avait tenu un peu trop fort.
«Très bien, Harry. Je vais y réfléchir.» Cela ressemblait à la fin de la conversation, mais Voldemort ne s'éloigna pas immédiatement. Harry essaya de ne pas s'agiter à cause de cette proximité. Mais finalement, le vieil homme s'éloigna, ses yeux, qui étaient restés fixés sur ceux du jeune sorcier, se tournèrent vers une autre partie de la pièce. Harry soupira.
'Pendant un instant, j'ai cru qu'il allait m'embrasser à nouveau.' Dit Harry dans son esprit. La voix sombre à l'intérieur de lui chuchota : ' " Pensé " ou " espéré " ?'
Harry couina et s'éloigna du mur.
«Dis-moi Potter, que vois-tu pour le monde des sorciers ?»
Harry, se sentant mal à l'aise au milieu de la pièce, retourna sur sa chaise. Voldemort n'en fit rien, ayant l'air parfaitement naturel là où il se tenait.
«Eh bien, quel cliché ce serait si je disais la paix ?»
«Assez pour que je m'étouffe.»
«Tu es vraiment un charmeur.» murmura Harry dans son souffle. «Très bien, dis-moi ce que tu veux vraiment.»
Voldemort sourit. «Je veux la mort de Dumbledore.»
«Parce que ça ne fait pas cliché.» Lui reprocha Harry de façon cinglante. Et lui qui pensait avoir réussi à faire une brèche dans le cerveau de Voldemort, alors qu'il n'avait peut-être fait que frapper ses articulations sur de l'acier solide. «Il est déjà en train de mourir, qu'est-ce que ça peut te faire ?»
«Il est le chef de la Lumière. Ils seront beaucoup plus faciles à contrôler s'ils sont d'abord brisés par le meurtre de leur chef.»
Harry resta bouche bée. 'Contrôler ? Assassiner ?' «Bon sang, Voldemort, quel genre de manœuvre politique est-ce que c'est si tu leur déclares la guerre ? Ils ne vont pas reculer parce qu'il a été assassiné de ta main. Le fait est que je pense que tu le sais.» Accusa Harry. «Pourquoi veux-tu vraiment la mort de Dumbledore ? Par vengeance ?»
Le visage condescendant de Voldemort s'assombrit par l'ombre, alors que la lumière du jour disparaissait à l'horizon. Ses yeux brûlaient du rouge d'un soleil mourant. Il ricana. «Ne me dis pas que tu n'es pas furieux contre Dumbledore pour t'avoir caché presque tous les détails importants de ta vie.»
«Bien sûr que je le suis !» S'exclama Harry bruyamment, se levant de sa chaise encore froide. Et il l'était ; Dumbledore avait eu recours à la manipulation plutôt que de lui dire la vérité toute sa vie. «Rien dans ma vie n'a jamais été ce qu'il semblait être.»
«Alors pourquoi ne fais-tu rien ?» Suggéra Voldemort.
«Je fais quelque chose. Tu ne vois pas ? J'ai refusé de te tuer parce que je ne pense pas en avoir besoin, au cas où tu ne t'en souviendrais pas.»
C'était un grand moment. Harry commençait à se demander s'il n'avait pas fait une erreur. Lui et Voldemort étaient encore... pas tout à fait dans des camps opposés de la guerre, mais loin de s'entendre sur la façon dont les choses devraient être. Et peut-être que Voldemort ne voyait rien d'autre que ce qu'il voulait.
Harry ne pouvait pas se dire strictement du côté de la Lumière, mais il n'était pas non plus du côté des Ténèbres, et il n'était pas non plus strictement Neutre au sens du terme. Il supposait qu'il se battait pour un quatrième parti dans le monde des sorciers qui, pour faire simple, pouvait être appelé Gris dans toutes les nuances possibles. S'il ne parvenait pas à faire en sorte que la Lumière et les Ténèbres s'entendent, il était possible que le monde des sorciers soit toujours divisé. Les choses se précipitaient, et bientôt, quelque chose allait devoir céder.
Les yeux de Voldemort se rétrécirent alors qu'il s'approchait de Harry, une lueur alléchante, presque prédatrice, dans le rouge rubis. «Et qu'est-ce que tu espères accomplir en me laissant vivre ? Par cet acte même, tu me donnes la permission de faire ce que je veux. Tu sais qui je suis, comment il n'y a aucune garantie que j'écoute un jour toi ou quelqu'un d'autre. Je t'accorde que le fait d'avoir une... âme complète s'est avéré plutôt instructif, mais cela n'a pas changé la partie intégrante de ce que je suis.» Il fit un pas de plus, mais Harry tint bon. «Dis-moi, pourquoi tu ne voulais vraiment pas me tuer ?»
«Je ne suis pas un meurtrier.» Répondit-il avec assurance. «Tout le monde mérite une seconde chance.» Ajouta-t-il sur un ton plus doux.
Voldemort était très proche maintenant.
«Mais pourquoi moi ? Peut-être as-tu oublié que je peux voir dans ton esprit, soit avec la Legilimencie ou à travers l'Horcrux ?» Siffla le Seigneur des Ténèbres presque séduisant. Harry fronça les sourcils. Quel rapport avec ça ?
«Tu vois Harry,» Souligna Voldemort. «j'ai vu ce que tu pensais, il y a peu de temps.»
Harry n'avait honnêtement aucune idée de ce dont il parlait. Il pensait que son expression vide mettrait Voldemort sur la voie. En fait, comme il ne réagissait pas, les yeux de Voldemort se rapprochèrent encore plus.
«J'ai vu ton... fantasme.»
Cela fit réagir Harry, car il sut immédiatement de quoi il parlait, mais il ne réagissait probablement pas comme Voldemort l'attendait.
«Quoi !» S'exclama-t-il avant de tomber dans un fou rire désordonné. «Ce... n'est pas... oh Merlin... un de mes fantasmes !» Soudainement, l'aura de Harry se vida de tout humour et son rire fut coupé de façon presque sinistre. «C'était un souvenir. D'hier, allô ? Tu devrais l'avoir aussi, mais d'un point de vue différent.»
Harry pouvait visiblement voir les rouages tourner dans l'esprit de Voldemort, et c'était presque comique de voir Voldemort faire un pas en arrière en trébuchant quand il fit le lien. Harry n'allait pas le laisser s'en tirer si facilement. Il en avait parlé, il allait devoir en finir. Harry suivit ce pas en arrière avec un pas en avant de son côté et donna à Voldemort un solide coup de poing dans le sternum.
«C'est toi qui m'a embrassé, alors ne m'accuse pas d'être celui qui a des fantasmes.»
Harry n'avait vu une telle expression choquée sur ce visage que lorsqu'il avait été dans la Chambre des Secrets en train de planter un croc de Basilic dans un vieux journal intime.
«C'était... réel ?» Voldemort s'étouffa.
«Bien sûr, Jedusor. Tu ne t'en souviens pas ? Mince, je ne sais pas si je dois me réjouir ou me sentir insulté.» Dit Harry d'un ton sardonique. "Je ne savais même pas que tu aimais les hommes.» Murmura Harry, qui se sentit soudain un peu mal à l'aise. «Alors, ah, oui... puisque tu ne t'en souviens pas, je vais aussi oublier que ça s'est produit.» Il voulut battre en retraite, mais il se retrouva figé par Voldemort qui s'était accroché à son bras.
Il était manifestement plus difficile pour Voldemort d'ignorer cette information que lui, mais il finit par redresser ses épaules et afficher un sourire malicieux, sans jamais relâcher sa prise sur le biceps de Harry.
«Ça t'a plu ?» Demanda-t-il d'une manière qui fit rougir Harry et qui l'empêcha de trouver une réponse.
«Ah... je... tu m'as embrassé !» se décida-t-il finalement, et il réalisa immédiatement à quel point c'était inutile. Voldemort lui lança un regard en coin qui semblait indiquer que c'était également une chose inutile à dire.
«Il y a quelque chose d'attirant chez toi.» Admit Voldemort. «Et c'est d'autant plus intéressant que tu es mon Horcruxe.»
«Ça ne fait pas de moi ton jouet.» Harry commençait à paniquer, il ne savait pas pourquoi. Il devait s'enfuir et dit la première chose qui lui venait à l'esprit. «Ecoute, ça ne marche pas. Tu es libre de partir quand tu veux, je te verrai dans un an et demi si on en arrive là.» Dans un bref élan de force, Harry se libéra de la prise qui le retenait à peine et se mit à courir.
Sans prendre la peine de vérifier s'il n'était pas suivi, il monta dans la chambre principale et ferma la porte à clé derrière lui. Il était le maître de cette maison, et il ne laisserait entrer personne qu'il ne voulait pas.
Les émotions en ébullition, Harry s'assit sur le lit trop grand pour une personne et ramena ses genoux contre sa poitrine, y posant son menton tandis qu'il fixait le mur. Il avait l'impression d'être un lâcheur et un raté... à quoi bon tout cela, si c'était pour fuir dès qu'il paniquait ? Pourquoi avait-il paniqué ? Harry décida de faire tout son possible pour essayer de ne pas y penser.
Voldemort serait parti demain matin, se disait Harry. Il n'y avait aucune raison pour lui de rester.
POV Voldemort
Voldemort resta longtemps assis dans le salon, regardant la flamme alimentée par la magie cracher dans l'âtre.
Ce garçon causait plus d'ennuis qu'il n'en valait la peine. S'il avait déjà douté auparavant, il ne pouvait plus douter maintenant que si Harry le voulait vraiment, il le tuerait.
Quelque chose se construisait en lui, quelque chose qui avait commencé dès que Potter l'avait pris dans ses bras et avait réchauffé son corps de serpent glacé avec la chaleur de son propre corps humain, avant même que Voldemort ne sache qu'il y avait un Horcruxe dans le jeune sorcier. C'était facile de l'ignorer au début, mais avec la perte de ses Horcruxes, ses émotions engourdies avaient disparu. Et maintenant il ne pouvait plus ignorer l'attirance qu'il ressentait depuis un moment pour quelque chose qu'il ne pouvait expliquer.
Il y avait eut de la douleur dans les yeux de Harry Potter qui avait abandonné si rapidement l'idée de faire fonctionner leur étrange serment. Cela mettait Voldemort mal à l'aise... et le troublait. Il supposait que Harry avait peut-être raison de dire que ça n'allait pas marcher au final. Oui, il pouvait le voir maintenant. Il avait ses idéaux sur la façon dont les choses devaient être, et si Potter ne les aimait pas, pourquoi lui, un Seigneur des Ténèbres, devrait-il se soucier de ce que pense un garçon de seize ans ?
Un garçon étonnamment intelligent et perspicace pour son âge... si remarquablement semblable à lui à seize ans et pourtant si totalement différent qu'il n'y avait presque aucune comparaison.
Bon sang, ses pensées ne lui avaient jamais échappé avant. Elles étaient effroyablement fragmentées. Il était possible qu'il soit en train de craquer, un effet secondaire de la potion, peut-être.
Voldemort baissa les yeux sur ses mains fines. Harry avait raison sur un point... ce n'était pas les mains de Lord Voldemort. Vivant, avait dit Harry, et il avait raison sur ce point également. Quand il respirait maintenant, c'était comme un plaisir nécessaire, plutôt qu'une routine ennuyeuse.
Mais en fin de compte, il fallait choisir : était-il Tom Elvis Jedusor, un orphelin demi-sang prodige, ou le Seigneur des Ténèbres Voldemort ? Dans tous les cas, il avait été changé par les circonstances de ces dernières semaines, par les effets des potions, ou peut-être par d'autres choses. Il se mentirait à lui-même s'il disait qu'il n'avait pas acquis un nouveau sens de... l'humilité... en étant aux bons soins de Harry Potter. Il pourrait redevenir comme avant - ça pourrait même être facile - mais il pensait que ce serait presque se tromper lui-même.
Voulait-il vivre ? Ou voulait-il mourir ? Vivre, bien sûr, mais cela dépendait-il de la décision de Tom Jedusor contre Voldemort ? Tout était sous son contrôle, et pourtant sa vie semblait s'emballer. Cela le mettait en colère et lui inspirait de la peur.
Voldemort se redressa sur sa chaise et chercha l'autre sorcier de la maison. C'était si facile à faire, encore plus qu'avant. Harry dormait, mais ce n'était pas paisible.
Il devrait partir. Il devait vraiment partir. Harry lui avait dit de le faire. Harry avait déjà renoncé à lui. Qui avait échoué dans tout ça ?
Mais c'est lui qui avait embrassé Harry. Pourquoi ? Il ne faisait ça à personne, même pas quand il baisait, ce qui, il faut l'admettre, n'était pas arrivé depuis longtemps...
Personne n'avait autant de poids dans sa vie que Harry Potter. Ce n'était pas de l'arrogance s'il disait qu'il avait aussi une position similaire dans la vie de Harry.
Harry lui avait sauvé la vie... plusieurs fois. Qu'avait-il fait pour lui ? Pourquoi s'en souciait-il ?
Tout ce qu'il faisait, c'était se poser des questions et ne pas trouver de réponses. Voldemort se sentait fatigué. Et froid, malgré le feu. Il se leva et pensa à sa maison privée, où Nagini et sa baguette l'attendaient. Il rassembla sa magie pour Transplaner.
La magie se dissipa sans être utilisée et il monta à l'étage.
A SUIVRE...
