GLASGOW
Le prochain et dernier Antoine se trouvait être à Glasgow, à la tête d'une boutique de vêtements de luxe : Antoine Quatermain.
Se rendre à Glasgow s'est avéré tout aussi long que d'aller à Liverpool. Aziraphale avait repris le siège passager et implorait plusieurs fois Crowley de s'arrêter pour prendre des photos. Le démon avait complètement oublié le polaroid qui était en partie la cause de tout ça. Non seulement, Aziraphale voulait photographier le paysage écossais, mais en plus, il insistait pour les prendre eux en photos !
« Il y a encore des pellicules dans ton appareil ? maugréa Crowley pendant que son ange les prenait en photos avec à l'arrière-plan un château en ruine au loin.
- J'ai utilisé un miracle pour en avoir illimité, c'est un polaroid qui peut prendre des photos à l'infini sans que j'ai à faire quoique ce soit, expliqua-t-il en rangeant son cliché soigneusement.
- Et tu vas en faire quoi de ces photos ? Un album souvenir ? Les accrocher dans ta chambre ?
- Attend et tu verras.
- Tu es sérieux, tu sais que je n'aime pas quand tu me dis ça, j'ai l'impression que tu prépares un mauvais coup !
- Je ne prépare pas de mauvais coup, je suis un ange !
- Et tu fréquentes un démon ! rétorqua Crowley.
- Un très gentil démon. »
Faussement agacé, il roula les yeux, se retenant d'esquisser un sourire, leurs échanges verbales étaient redevenus comme avant. En réalité, chaque instant qu'il passait avec son ange était pour un pur bonheur. Il souhaitait même retarder leur arrivée à Glasgow pour continuer à avoir ce genre de moment avec son ange. Cette escapade lui a permis de passer un temps précieux et incroyable avec lui, même s'il y avait toujours des moments assez gênants, comme dormir dans le même lit, il était heureux d'avoir pu partager et vivre ces journées avec lui.
Dans quelques heures, quand tout sera fini, ils retourneront à leurs vieilles habitudes.
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Juste avant la tombée de la nuit, une dizaine de kilomètres avant d'arriver à Glasgow, la Bentley passa dans un village écossais dont le pub était très animé. Cela avait intrigué Aziraphale et naturellement, ils y sont arrêtés. Ils apprirent que le pub fêtait ses cinquante ans d'existence, raison pour laquelle le monde affluait dans ce lieu. Après avoir commandé deux boissons alcoolisés, un whisky et un sherry, Aziraphale et Crowley s'installèrent alors dans un coin tranquille où peu d'humains pouvaient les voir. Se mêler aux humains n'avaient jamais été un problème pour eux, les deux immortels appréciaient leurs compagnies, du moins, Crowley les trouvait drôle surtout, mais ils aimaient parfois rester discrets.
« Je croyais que tu n'aimais pas ça, nota Crowley en buvant son verre de whisky.
- Je n'aime pas le pub à côté de ma librairie, corrigea Aziraphale, ça ne m'empêche d'apprécier les autres pubs.
- Oh, donc tu es déjà allé dans des pubs ? »
L'ange but une gorgée de son sherry, évitant de croiser le regard de Crowley, qui déduit que la réponse était non.
« Je…n'ai pas eu l'occasion, répondit-il en toussant légèrement.
- Et donc de tous les pubs, tu t'es dit que celui-là serait intéressant ?
- Je voulais juste te faire plaisir ! s'exclama-t-il d'un ton vexé.
- Me faire plaisir ?
- Tu…eh bien, tu t'arrêtes quand je te demande, tu m'as suivi jusqu'à aujourd'hui et avec ce qui s'est passé avec …Kellington, je me suis dit que ça te ferait plaisir de passer du temps dans un…pub. »
Crowley ouvrit la bouche mais aucun son ne sortit, désarçonné par la réponse pour le moins adorable de son ange. Cela n'allait donc jamais finir ? Est-ce une torture, non, Aziraphale ne ferait jamais ça. Était-ce une récompense pour tous ses efforts réalisés pour faire plaisir à son ange ?
« Tu es vraiment un ange, Aziraphale, murmura-t-il d'un ton si attendri que cela le surprit lui-même.
- Tu le penses ?
- Tu es littéralement un ange…
- Non, je veux dire…venant de toi, ça me touche.
- Je t'appelle toujours « mon ange ».
- Je sais. Et j'apprécie toujours. »
Le whisky avait un gout particulier, surtout quand il admirait discrètement le sourire d'Aziraphale. Que quelqu'un bénisse ses lunettes noirs qui cachaient ses yeux qui fixaient beaucoup trop intensément les lèvres du céleste.
« Hey, salut, mon mignon. »
C'était une femme d'une cinquantaine d'année dans une longue robe orange, elle se plaça à la droite d'Aziraphale, une main sur son bras, l'autre tenant un verre. Crowley fronça les sourcils, en alerte, prêt à bondir pour repousser cette humaine impolie et vulgaire envers l'ange.
« Oh…euh bonsoir, salua Aziraphale surpris.
- Je vais aller droit au but, vous me plaisez, j'aimerai savoir si on peut échanger nos numéros. »
Par tous les damnés ! Crowley aurait pu mettre le feu à ce pub si son ange n'avait pas été là. Comment cette femme osait elle flirter avec son ange devant lui ? N'avait-elle pas vu qu'il n'était pas seul ? Sous les yeux ébahis et scandalisés du démon, tout en l'ignorant, elle prit une chaise et se mit à côté d'Aziraphale, qui eut un mouvement de recul.
« Je…n'ai pas…de portables, je suis navré, s'excusa Aziraphale respectueusement.
- Une adresse, alors ? On peut discuter si tu veux pour mieux se connaître. »
L'ange jeta une mine désespérée vers Crowley qui n'était pas indifférent évidemment à ce qui était en train de se dérouler. Déterminé à interrompre cette mascarade devant son nez, il se leva et vint se placer entre son ange et elle, une main sur la table devant ses yeux.
« Il n'est pas intéressé, madame, cracha Crowley.
- Je ne t'ai pas parlé, maigrichon.
- Et moi, je vous parle, et je le répète, il n'est pas intéressé.
- Tu es quoi ? Son garde du corps ? ricana-t-elle avec mépris.
- Exactement et il est déjà pris.
- Oh vraiment ? Je ne vois pas sa compagne, elle n'est nulle part.
- Qui vous dit que c'est «elle » ?
La femme pâlit, se levant subitement, la rage sur son visage. Vraisemblablement, elle n'avait pas l'habitude d'entendre ça ici. Ses traits emplis de haine, elle s'apprêtait à lancer des propos grossiers mais Crowley avait rapidement deviné ses intentions. Il la fit taire en claquant des doigts.
« N'ose pas dire de tels propos en notre présence, humaine, grogna-t-il la fureur dans sa voix, sache que tu finiras en enfer, sauf si tu comptes te repentir de tous les maux que tu as infligés à ces personnes que tu as détestées dans ta misérable et triste vie, mais je crains que ce sera difficile d'effacer ta dette. Maintenant, hors de notre vue, qu'on ne revoit plus jamais ton visage. »
L'effroi s'était installé sur le visage de la femme pendant le monologue de Crowley et dès qu'il eut fini, elle s'enfuit, trébuchant plusieurs fois, disparaissant derrière les silhouettes des clients du pub.
Dès qu'elle fut hors de leurs vues, Crowley sentit une main qui sur son bras. Derrière lui, Aziraphale s'était aussi levé, sans qu'il ne le remarque, l'observant étrangement.
« Crowley, tu n'aurais pas du lui faire aussi peur, chuchota-t-il timidement.
On aurait pu penser un reproche, mais le ton n'y était pas.
- Tu étais mal à l'aise, mon ange…se justifia Crowley sans le moindre remord.
- Mais tu aurais dû être plus…gentil avec elle.
- Je ne suis pas gentil, tu t'en souviens ?
- Oui, rit Aziraphale, c'est vrai. Mais ce que tu as fait, c'était noble de ta part, je t'en remercie.
- De rien, mon ange. »
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La nuit était tombée depuis longtemps. Crowley, chargé de petits encas, retourna à sa voiture. Après avoir quitté le pub, Aziraphale s'était plaint qu'il n'avait pas pu manger, le pub ne servant pas de nourritures. Le démon avait donc cherché dans le village une épicerie ouverte (par miracle évidemment) laissant l'ange dans la voiture, car ce dernier était légèrement un peu pompette, aucune des deux ne pouvant se désaouler en présence d'humains, qui les avaient eux-mêmes servis. Ils avaient bien bu, mais Crowley avait une descente plus rapide que l'ange, il pouvait donc chercher de quoi grignoter pour l'ange.
« J'espère que tu as faim, mon ange, j'ai ramené des chips…dit-il en entrant dans la Bentley.
Il se tut brusquement, s'immobilisant. Pendant qu'il était parti, Aziraphale s'était endormi, recroquevillé sur le côté, sous une douce berceuse que la voiture avait mise. Cette vision attendrit son cœur démoniaque et il resta pendant quelques minutes à contempler son partenaire éternel. En y réfléchissant, il n'avait jamais vu l'ange dormir devant lui. La dernière nuit, il n'avait pas osé poser les yeux sur lui et s'était endormi, réveillé quelques heures plus tard par le céleste.
Dans son sommeil, l'ange frissonna de froid, Crowley invoqua une couverture miraculeuse et le recouvrit avec elle. Silencieusement, il mit ses achats à l'arrière, prévoyant de les lui donner plus tard.
« Allez, ma jolie, roulons doucement, d'accord ? Nous voudrions pas réveiller un ange qui dort. »
La Bentley ronronna doucement.
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Il était plutôt ravi d'avoir trouvé un spot pareil, surtout pour avoir une vue aussi éblouissante de la ville de Glasgow sous un levée de soleil. Sa chère Bentley l'avait conduit à un endroit, en hauteur, lui permettant de voir toute la ville. Personne ne s'y trouvait au alentour, c'était un chemin impraticable par des voitures normaux, mais sa Bentley était la meilleure voiture de l'Univers, donc elle était capable de rouler sur n'importe quelle route.
Crowley n'avait pas dormi de la nuit, surveillant le sommeil paisible de son ange. Lorsque les premières lueurs du soleil apparurent, il est sorti du véhicule, s'asseyant sur un banc miraculé, se permettant un instant de répit, attendant que son ange se réveille.
Alors qu'on entendait des oiseaux chanter dans les arbres aux alentours, le céleste finit par émerger de sa torpeur. Le démon pouvait entendre la portière de sa voiture s'ouvrir puis les pas lents et légèrement maladroits de son ange venir dans sa direction.
« Bonjour, Crowley, bailla Aziraphale en s'asseyant à ses côtés.
La couverture était encore sur ses épaules, ce qui amusa fortement le démon, qui préféra rester silencieux, plutôt heureux que l'ange ait gardé ce qu'il avait placé.
- Bonjour, mon ange, fit-il de même, bien dormi ?
- Contre toute attente, ta voiture est très confortable.
- Je la lui dirai, gloussa-t-il.
- Tu n'as pas dormi ?
- Je n'avais pas sommeil, j'ai bien dormi la nuit dernière, je me rattraperai plus tard.
- Tu nous as conduit ici ?
- La Bentley l'a fait. J'ai suivi son mood.
- C'est magnifique, complimenta Aziraphale en fixant l'horizon, je n'imaginais pas la ville ainsi.
- Ce n'est pas la première fois qu'on vient ici, pourtant.
- Parce que nous ne sommes pas venus ici…ensemble.
- En quoi cela change quelque chose ? demanda Crowley confus.
Aziraphale se tourna vers lui, un sourire aux lèvres, les yeux pétillants.
« Je…Eh bien, je te le dirai…plus tard, dit-il alors en se levant pour retourner dans la Bentley.
- Quoi ? Aziraphale ? Qu'est ce que tu veux dire ? le suivit-il toujours dans l'incompréhension.
- Plus tard, Crowley.
- Tu dis des choses pareilles et tu n'expliques pas ? Tu sais que c'est irritant quand tu fais ça.
- Mais tu es tellement mignon quand tu réagis de cette manière. »
L'ange rit en s'installant dans la voiture, tandis que Crowley sentit son visage se chauffer. Bon sang, Aziraphale était-il en train de le taquiner ou disait-il la vérité ?
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La boutique d'Antoine Quatermain était une boutique de vêtements de luxe pour hommes. Quand Aziraphale et Crowley entrèrent dans le magasin, ils furent directement accueillis par un jeune homme, habillé dans un costard élégant, vendu probablement par l'enseigne.
« Bonjour, messieurs, je suis Melvin, que puis-je faire pour vous, les accueillit-t-il respectueusement.
- Oh, je suis Ezra Fell et nous voudrions voir Mr Quatermain, se présenta Aziraphale.
- Avez-vous rendez-vous ? »
Les deux immortels échangèrent un regard, étant dans une boutique de vêtements, ils n'avaient jamais pensé qu'ils devraient prendre rendez-vous. Les humains sont décidément très bizarres parfois.
« Oui, nous avons rendez-vous, répondit rapidement l'ange en remuant les doigts activant un miracle.
- Laissez moi regarder, monsieur, je vais vérifier, dit le vendeur en regardant sur sa tablette, oh…effectivement, vous avez…rendez-vous avec Mr Quatermain. Je vais vous conduire à lui, veuillez me suivre.
- Ah, très bien, merci. »
Les deux amis lui emboitèrent le pas.
« Tu devrais faire pour ta librairie, lui chuchota Crowley alors qu'ils grimpèrent des escaliers menant à l'étage, ça t'éviterait certains problèmes.
- Absolument pas, ce serait trop de travail.
- Tu préfères être envahis d'humains ? Au moins t'auras une personne à la fois à gérer.
- Ma librairie n'est pas une boutique…de luxe, et puis, ça aura moins de charmes. »
Ils arrivèrent dans une grande pièce, qui ressemblaient plus à une immense buanderie qu'à un bureau, regroupant des vêtements masculins de tous genres. Au centre, il y avait un canapé très confortable, où Crowley s'y jeta sans ménagement.
« Veuillez patienter ici, je vais prévenir Mr Quatermain. » dit le vendeur en partant et en refermant la porte.
« Dis donc c'est pas mal ici, tu as vu tous les vêtements qu'ils ont ? Tu crois qu'ils ont du cuir, le costard cravate, ce n'est vraiment pas mon truc ? lança le démon en observant autour de lui, c'est plutôt ton style non ?
- Nous ne sommes pas venus ici pour faire…du shopping, Crowley.
- Tu devrais en faire, un jour.
- Je suis très bien avec mes vêtements, je ne compte pas les changer.
- Je n'ai pas dit le contraire, mais ce serait bien de changer un peu.
- J'ai déjà essayé, l'informa-t-il, je n'ai pas aimé. Je suis très bien comme ça.
- Ok, j'insiste plus, abandonna le démon en levant la main en signe de reddition.
A ce même moment, un homme aux cheveux gris et avec une moustache bien taillée entra dans la pièce. Tout comme Melvin, il portait un élégant costard carreaux rouges et noirs. Il esquissa un sourire charmeur, se présentant.
« Bonjour messieurs, je suis Antoine Quatermain, vous devez être Mr Ezra Fell ? »
Il tendit la main à Aziraphale qui la serra.
- Alors, lequel d'entre vous a besoin d'un costume neuf ?
- Mon ami en a besoin, répondit l'ange à la plus grande stupéfaction de Crowley, il aimerait changer de style et adopter un style plus… « gentleman », si vous voyez ce que je veux dire.
- Quoi…Aziraphale… qu'est-ce que tu…bégaya Crowley ne comprenant pas du tout ce revirement.
- Oh oui, bien évidemment ! s'exclama Quatermain en frappant des mains.
- Mais je n'ai pas…
- Allons, Crowley, ne sois pas timide, le monsieur va t'aider à chercher le parfait ensemble pour toi, coupa Aziraphale en l'incitant à suivre l'homme qui avait ouvert une autre pièce cachée.
Le pauvre démon n'avait pas osé protester plus que cela, il était piégé et devait jouer le jeu d'Aziraphale. Il rejoignit l'autre homme dans la pièce adjacente, laissant patienter le céleste.
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Quatermain l'avait laissé seul pour qu'il puisse se changer et essayer le costume qu'il lui avait proposé après plusieurs questions à propos de ses gouts mais aussi après avoir examiné chaque partie du corps du pauvre démon, sauf les yeux évidemment.
Le miroir en face de lui donnait un reflet dont il n'avait pas l'habitude. Le démon ,qui avait crée la M25, ses lunettes noirs toujours sur le nez, portait un ensemble, veste et gilet, gris clair à carreaux, avec un nœud de papillon à tartan rose, ses mocassins en velours gris pâles.
Il maudit plusieurs fois Aziraphale pour l'avoir mis dans cette situation, mais il finit par soupirer, d'un côté, il était frustré que l'ange l'ait jeté dans la gueule du loup et de l'autre côté, il voulait lui faire plaisir.
Avec une inspiration, il se décida à sortir pour se montrer aux deux autres qui attendaient à l'extérieur. Lorsqu'il ouvrit la porte, se révélant enfin, Aziraphale et Quatermain échangeaient entre eux, supposant ainsi son ange avait posé des questions sur le bal masqué, car ce dernier détenait dans sa main le masque rouge.
Devant son apparition, les deux se tournèrent vers lui en un seul. Les mains joints, Quatermain émit un halètement conquis, quant à Aziraphale, ses yeux s'agrandirent, il en était bouche bée. Incertain, Crowley ne savait pas si c'était positif comme réaction, il écarta les bras et fit un demi-tour sur lui-même pour s'exposer sur toutes les coutures.
« Voilà, grommela-il alors, mais je préfère largement le noir.
- Vous êtes magnifique, Mr Crowley ! s'exclama Quatermain en applaudissant, votre partenaire a tellement de potentiel, Mr Fell, vous avez tellement de chances.
- Nous ne sommes pas…commença le démon.
- Oui, il est très beau dans cet ensemble, Mr Quatermain, interrompit Aziraphale les joues roses, nous prenons tout.
- Vous m'en voyez ravis, fit l'humain avec un clin d'œil, je peux, si vous le souhaitez, vous donner une autre tenue pour vous, je vous en fais moitié-prix, je reçois rarement un couple de votre genre !
- Oh, pourquoi pas, je ne dis pas non… »
Aziraphale continua à discuter avec Quatermain, devant l'air ahuri de Crowley, qui avait perdu leur fil de discussion. Son esprit sombrait dans un désordre émotionnel. Est-ce que l'ange n'avait pas désapprouvé les dires de l'humain concernant le fait qu'il soit « son partenaire » et qu'ils soient qualifiés de couple ? Bon sang, il allait devenir fou ! Depuis qu'ils étaient à la recherche d'un Antoine-qui-n'existait-pas-parce-que-c'était-une-fraude-de-Crowley, Aziraphale agissait de plus en plus étrangement, qui lui pourrait le faire croire à une façon de le courtiser ! Et non pas que cela ne le déplaise, mais Crowley se rappelait alors de la nuit où Antoine avait réussi à séduire Aziraphale et que son alter ego était le responsable de cette recherche ridicule.
Qu'est ce que voulait vraiment Aziraphale ?
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Avec deux sac d'achats sous le bras, l'ange et le démon sortirent de la boutique, après des adieux chaleureux d'Antoine Quatermain. Aziraphale avait fini par se laisser tenter par un costume au grand désarroi de Crowley qui regrettait de lui avoir donné en premier lieu cette idée.
« Je croyais que tu ne voulais pas faire de shopping, hâla-t-il en se dirigeant vers la Bentley qui les attendait sur l'autre trottoir.
- J'ai changé d'avis, répondit Aziraphale conquis, Mr Quatermain est un homme de goût, qui a su…bien me vendre.
- Et à propos du bal masqué ?
- Il n'a pas reconnu le masque, il l'a essayé mais c'était trop grand pour lui, raconta-t-il, en plus le sien était bleu et il ne m'a pas croisé lors du bal, par contre, il a été époustouflé par la qualité du masque, il était même prêt à me l'acheter tellement il le trouvait beau.
- Et tu lui as vendu ?
- Quoi ? Non !
- Tu aurais dû, puisque c'était le dernier Antoine, grinça Crowley alors qu'il arrivait à la Bentley, il y en aura plus d'autres. »
Aucune réponse ne suivit ses mots. Sans échanger un mot, ils rangèrent les sacs à l'arrière de la voiture et s'y installèrent. C'est alors que Crowley remarqua l'expression sombre de son ange. Il semblerait que ses propres paroles aient eu un impact sur le moral d'Aziraphale. Il regretta instantanément d'avoir été aussi direct. Parfois, il oubliait que le céleste était un grand sensible. Pourtant, il devait admettre qu'il était tout de même ravi que cela se termine, ils ne parleront plus d'Antoine et Aziraphale passera très vite à autre chose. Du moins, l'espérait-il.
