Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas !
Bonjour bonjour,
Joyeux Halloween à vous qui passait par-là, et bonne lecture *-*
Los Angeles !
31 octobre 2020 !
Caserne 118 !
« En quoi Christopher va se déguiser cette année ? » demanda Hen.
L'ambiance était tranquille, pour ce jour qui marquait la fête d'Halloween, mais personne n'osa dire ce mot interdit à voix haute. L'équipe A de la 118, composée de Bobby, Hen, Chimney, Buck, Eddie, Ravi et de quatre autres pompiers, était d'astreinte depuis 8h du matin et finissait leur garde à 14h, ce qui les arrangeait bien car, à Halloween, les gens devenaient fous et les interventions étaient interminables et plus glauque les unes que les autres. Ils étaient tous heureux de laisser ce plaisir à une autre équipe cette année.
« Aucune idée ! » répondit Eddie, qui s'assit à côté de Buck, dans l'espace détente du loft de la caserne. « Il veut nous faire la surprise, et il conspire avec Carla, qui ne veut rien lâcher non plus. »
Être aussi près de Buck était une vraie torture. Il ne rêvait que de pouvoir lui sauter dessus mais, chaque chose en son temps. Après la tournée de récolte de bonbons de Christopher, le jeune garçon de dix ans avait été invité à une soirée pyjama chez un copain de classe, et pour les adultes une soirée avait été organisé chez Bobby et Athena. Après cette soirée, Eddie avait l'intention de ramener Buck chez lui, ou bien ils iraient au loft ça ne s'était pas encore décidé, et il lui avouerait ses sentiments. Il espérait pouvoir aussi sauter l'étape du premier rendez-vous avant de pouvoir passer à des choses plus sérieuses et délicieuses. Depuis trois ans, Eddie avait un besoin physique de Buck qu'il avait bien l'intention d'assouvir. Sortir avec Ana était une erreur monumentale et se faire tirer dessus en pleine rue avait remis ses perspectives d'avenir en question. Fini de vivre pour faire plaisir aux autres. Il allait penser à lui. Il avait rompu avec Ana, et Taylor Kelly alias la journalise la plus arriviste du monde avait dégagé du paysage. Il avait le champ libre. Il ne se posait pas de questions sur ce que Buck pouvait ressentir pour lui. Le jeune homme de trente ans était un livre ouvert, et ses sentiments étaient inscrit sur son visage.
« Il veut vous faire la surprise ? » répéta Chimney. « Quand tu dis vous, tu parles de… »
« De Buck et moi. De qui d'autre veux-tu que je parle ? »
« Oh euh, c'était juste pour savoir. » dit Chimney. « Comme tu ne parles jamais de ta vie privée, tu avais peut-être rencontré quelqu'un ou bien, tu te serais remis avec Ana sans nous en parler. »
« Mais oui, bien sûr. » dit Eddie. « Pourquoi je me serais remis avec une femme dont je n'étais clairement pas amoureux ? »
« Et si Chimney se mêlait de ses affaires, et que vous veniez tous à table ? » suggéra Bobby depuis la cuisine.
En voilà une bonne idée, songea Eddie. Il se leva du canapé et tendit sa main à Buck, qui la prit et se laissa tirer pour se lever. Ils ne virent pas les regards de Hen et Chimney, et pour être honnête, Eddie n'en avait strictement rien à foutre. Il était au courant qu'il y avait un pari sur lui et Buck, mais là encore il s'en foutait.
« Hey, Buck ! » dit Ravi, une fois que tout le monde fut à table.
« Ouais ? »
« T'étais barman avant d'être pompier, c'est ça ? » demanda le plus jeune de l'équipe.
« Ouais, au Pérou. C'était chouette de servir des cocktails au bord de la mer. » dit Buck.
« Tu m'étonnes ! » dit Hen.
« Moi aussi j'ai été barman. » rappela Chimney. « Et je pari que je fais de meilleurs cocktails que Buck. »
« T'es en train de lui lancer un défi ? » demanda Hen.
« Pourquoi pas ? » dit Chimney. « Ça pourrait être marrant. On préparerait un cocktail chacun et celui qui a fait le meilleur donne un gage à l'autre. Buck pourra faire mes corvées pendant toute une semaine. »
« Pourquoi tu pars du principe que tu sortirais vainqueur ? » demanda Bobby, assis en bout de table comme à chaque repas.
« J'ai plus d'expérience. » se vanta Chimney.
Eddie leva les yeux au ciel. Qu'est-ce qu'il pouvait se la péter ! Il détestait ça, quand Chimney insinuait toujours qu'il était meilleur que tout le monde et principalement meilleur que Buck. Une main sur sa cuisse l'empêcha de balancer une rétorque bien cinglante envers l'ambulancier. Un toucher familier, et quand il tourna la tête vers Buck, il vit ce dernier le regard fixé sur Chimney, parfaitement détendu.
« Où et quand ? » demanda le jeune homme.
« Attends, tu vas sérieusement relever le défi de Chimney ? » demanda Hen en retour.
« Où, et quand ? » répéta Buck, d'un calme déroutant.
« Vous ferez ça ce soir, à la maison pendant la soirée. » décréta Bobby. « Il y aura tout le matériel. »
« Parfait ! »
Buck donna une pression sur la cuisse de Eddie avant de poursuivre son repas. L'alarme retentit cinq minutes plus tard.
…
« Tu vas vraiment relever le défi de Chimney ? »
« Ne fais pas cette tête, c'est lui qui va mordre la poussière. » le rassura Buck. « Il va faire toutes mes corvées, et pendant deux semaines. Non, ou alors je devrais lui imposer de me foutre la paix avec ses moqueries pendant au moins un mois. »
« Et pourquoi pas définitivement ? » suggéra Eddie.
Ils étaient repartis de la caserne ensemble, comme tous les jours, afin de pouvoir se reposer un peu, ce qu'ils avaient fait. Ils avaient dormi dans le même lit, pour le plus grand bonheur de Eddie qui s'était réveillé un bras passé autour de la taille de Buck. Ce dernier était allongé sur le dos, et aucun d'eux n'en avait fait grand cas. Ils dormaient toujours très bien, quand ils étaient ensemble. Eddie avait laissé à Buck la chance de faire le premier pas, ce qui n'était pas arrivé alors, ce soir, après la fête, il allait prendre le taureau par les cornes et mettre fin à leur célibat pour le restant de leurs jours.
« J'avoue, ça me ferait des vacances. » soupira Buck.
Ils remplissaient plusieurs saladiers de bonbons. Si Buck mourait d'envie d'accompagner Christopher faire sa tournée de bonbons, il fallait que quelqu'un reste pour distribuer des sucreries à ceux qui viendraient frapper à la porte. Alors, Buck s'était porté volontaire.
« Ok, mais l'année prochaine, c'est moi qui resterais à la maison et tu accompagneras Chris, s'il décide qu'il n'est pas trop vieux pour aller chercher des bonbons. » avait dit Eddie.
Ça s'était passé une semaine plus tôt, un soir où Buck avait préparé le dîner.
« Est-ce qu'il se rend compte qu'il va perdre ? » demanda Eddie, un sourire en coin.
Buck matcha ce sourire. Non, Chimney ne savait pas ce qui l'attendait. Même si Buck n'était plus barman depuis des années, il avait toujours l'habileté nécessaire, et il lui arrivait parfois de préparer des cocktails pour Eddie et lui quand ils étaient seuls. Mieux encore, il lui arrivait quotidiennement de faire des gestes propres aux mixologues.
« Je ne crois pas, non ! » répondit Buck.
C'était bientôt l'heure d'emmener Christopher faire sa tournée. Le garçon se trouvait dans sa chambre avec Carla. Ils avaient tous les deux garder le secret sur le costume.
« Les garçons, vous pouvez venir dans le salon ! » les appela Carla.
Aucun d'eux ne s'attendait à ce qu'ils virent en mettant les pieds dans le salon. Christopher se tenait droit dans ses bottes, sans ses béquilles qui étaient posées près du canapé, dans son déguisement. Par-dessus ce qui semblait être un pantalon noir et un t-shirt, Christopher portait une veste et un casque du parfait pompier.
« Surprise ! » dit le garçon.
« Wow, Christopher, t'es prêt à nous rejoindre à la 118 ! » plaisanta Buck, qui avait sorti son portable. « Fais-moi un sourire ! »
Buck ne prit pas une mais une dizaine de photos.
« Pourquoi tu as gardé le secret ? » demanda Eddie, en allant s'agenouiller près de son fils.
« Pour faire la surprise. »
« Christopher voulait se déguiser comme ses deux héros qui sauvent des vies tous les jours. » expliqua Carla.
« On ravale ses larmes, Buck ! » taquina Eddie, qui n'en menait pas large mais qui était plus discret.
« Ha ha ! » railla Buck. « Allez, une photo tous les trois ! »
Carla fit le tour et prit le téléphone de Buck pour les immortaliser tous les trois dans un magnifique cliché.
« Allez, je vous laisse ! » dit Carla, qui embrassa Christopher sur le front. « On se verra lundi, mon bonhomme ! »
« D'accord, merci Carla ! » répondit le garçon.
« On ferait mieux d'y aller, nous aussi. » dit Eddie. « Tu es prêt ? »
« Oui ! »
Buck les accompagna à la voiture. Eddie attrapa le seau pour récolter les friandises, le sac de Christopher avec des vêtements de rechanges pendant que Buck installait Christopher dans la voiture.
« Tu seras bien sage chez ton ami, d'accord ? »
« Promis ! »
« Et on ne se goinfre pas de sucreries, ou je cuisinerais des légumes pendant toute une semaine ! » prévint Buck.
« NON ! » cria Christopher avant de rire.
Buck ferma la portière et se tourna vers Eddie, qui avait déposé le seau et le sac sur le siège passager, ainsi que les béquilles.
« Je vais me préparer avant que les enfants viennent sonner. » dit Buck.
« Ok, à tout à l'heure ! »
…
La nuit était tombée lorsque Eddie fit monter Christopher dans sa voiture, le seau à bonbons remplis à ras bord. Des bonbons, des chocolats, des caramels… Bref, de quoi faire une bonne crise de foie. Eddie attacha son fils avant de s'assoir derrière le volant et de démarrer, ceinture clampée.
« Papa, je peux prendre un bonbon ? » demanda le garçon.
« Un seul, et je ramène le seau avec moi à la maison. » répondit Eddie.
« D'accord ! »
Quelques minutes s'écroulèrent, quand le petit garçon demanda :
« Papa, je peux te poser une question ? »
« Bien sûr ! »
« Pourquoi Buck et toi, vous êtes pas ensemble ? »
Eh bien, s'il s'attendait à ça ! Eddie s'arrêta à un feu rouge et capta le regard de son fils dans le rétroviseur.
« Parce que ton père est un crétin. » dit-il. « Mais je vais arranger ça. Je vais parler à Buck ce soir. »
« Et il habitera avec nous ? »
« Peut-être, mais tu gardes ça pour toi, d'accord ? »
Christopher hocha la tête. Malgré une bonne circulation, Eddie mit dix minutes de plus que prévu pour se garer devant la maison du copain de Christopher.
« Tu veux te changer, avant ? »
« Non, on va prendre des photos dans nos costumes. » répondit le garçon.
« Alors c'est parti ! »
Eddie le fit descendre de la voiture, lui donna ses béquilles, et prit son sac de rechange. La porte de la maison s'ouvrit alors même qu'ils remontaient la petite allée. La lumière du perron s'alluma automatiquement et dévoila une jeune femme dans la même tranche d'âge que Eddie, ravissante dans un costume de fée noire. Elle les accueillit avec le sourire, un peu plus insistant sur Eddie qui se retint de lever les yeux au ciel.
« Christopher, Eddie, vous voilà enfin ! » leur sourit la mère du copain de Chris.
« Bonsoir, Bianca ! » dit Eddie à son tour, avant de s'agenouiller pour prendre son fils dans ses bras. « Attention, on ne mange pas trop de sucreries, ou bien tu risques d'avoir mal au ventre. »
« Promis ! »
« Brian, Christopher est arrivé ! » appela la mère.
Elle s'écarta légèrement pour laisser passer Christopher, au moment où son fils arriva.
« Et pas de films d'horreurs ! » prévint Eddie.
« Ils sont interdit à la maison. » le rassura la jeune maman.
« Parfait ! » Eddie lui tendit le sac de Chris. « Je passerai le récupérer vers dix heures, demain matin. Il a des étirements à faire au réveil et il sait quoi faire mais, s'il y a un problème, vous m'appeler, et je viendrais le chercher plus tôt. »
« Aucun problème, je veillerais sur lui. » lui sourit-elle. « Vous voulez rentrer boire un verre ? »
Bianca Stevens était mère célibataire et elle flirtait avec Eddie sans se cacher depuis des semaines, et il n'était pas dupe.
« Merci de l'invitation, mais je dois rentrer rejoindre mon compagnon, on est attendu à une soirée. »
Ce n'était pas vraiment un mensonge mais ce n'était pas non plus la vérité, vu que Buck et lui n'étaient pas encore en couple, mais ils agissaient comme s'ils en étaient un. Le visage de Bianca se décomposa pendant une seconde avant qu'elle ne se reprenne. Elle placarda un sourire sur son visage.
« Alors à demain ! » dit-elle. « Bonne soirée ! »
« Merci, à vous aussi ! »
Et il s'en alla, impatient de retrouver Buck. Il était curieux de voir quel déguisement il avait choisi parce que, là aussi, c'était un secret.
…
« Buck, je suis rentré ! »
Ça faisait vie de couple, et ça lui plaisait beaucoup. Le souffle de Eddie se coupa lorsque Buck émergea de la cuisine. Un jean, une chemise à carreau bordeaux et noire par-dessus un t-shirt blanc, et des santiags aux pieds. Et le meilleur, le chapeau de cowboy sur la tête. Eddie se mordait la langue très fort pour ne pas se laisser envahir par son désir qui menaçait de prendre possession de lui.
« Comment ça s'est passé ? » demanda Buck.
« Hein ? Oh euh, super. » Eddie se contenta de montrer le seau remplit de bonbons de son fils. « Christopher a fait des ravages. »
« Je vois ça. » s'amusa Buck. « Tu as du temps devant toi pour aller te changer. »
On sonna à la porte.
« Je m'en occupe ! » assura le plus jeune.
Eddie déposa le seau de bonbons dans la cuisine quand il entendit des voix d'enfants.
« Des bonbons ou un sort ? »
« Wow, vos costumes sont géniaux ! » s'écria Buck.
La chaleur dans la voix de son meilleur ami lorsqu'il l'entendit parler aux enfants avec enthousiasme faillit le faire craquer, mais Eddie prit sur lui pour ne pas aller lui sauter dessus tout de suite. S'il le faisait, alors ils n'iraient jamais à la soirée organiser par Bobby et Athena. Il alla dans la salle de bain prendre une douche plus longue que prévu, sous laquelle il prit bien soin de se laver partout partout. Il voulait être à son meilleur avantage lorsqu'il se retrouverait avec Buck, seul, dans cette maison ou bien au loft, et si possible nus tous les deux à rattraper les trois années écoulées de non-dit et de désir contenu.
Eddie avait choisi de se déguiser comme le célèbre criminel John Dillinger, en se référant au film Public Enemies, incarné par Johnny Depp. Un film qu'ils avaient regardé un soir, Buck et lui, après que Christopher ait été mis au lit. Ils avaient tous les deux adorés ce film et Eddie n'avait pas oublié ce que Buck avait dit, pendant le film.
« Johnny Depp a trop la classe dans ce film, et qu'est-ce qu'il est sexy ! »
Ça n'avait pas surpris Eddie, qui savait que son meilleur ami aimait autant les femmes que les hommes. Bien au contraire, ça l'avait même aidé à comprendre que ce qu'il ressentait pour Buck n'était pas juste de l'amitié. Ce costume de John Dillinger avait pour but de légèrement perturber Buck, mais dans le bon sens du terme. Le costume était simple : un pantalon noir, une chemise blanche, une cravate, et d'un veston bleu marine. Des chaussures noires cirées aux pieds, un long trench-coat noir et enfin, pour finir, le chapeau.
En piste !
« Je suis prêt ! » annonça-t-il en arrivant dans le salon.
Il fit semblant de ne pas avoir entendu le hoquet de stupeur – car oui c'en était bien un – que lâcha Buck.
« On prend ta voiture ou la mienne ? » demanda Eddie.
« Hein, quoi ? » fit Buck en reprenant ses esprits.
« On prend quelle voiture ? »
« Oh euh, j'ai commandé un Uber, comme ça on peut boire si on veut, et on en appellera un autre pour nous ramener. » dit Buck.
« Excellente idée ! »
Cinq minutes plus tard, la maison verrouillée de tous les côtés, ils étaient assis côte à côte à l'arrière du Uber. Le chauffeur les déposa trente minutes plus tard chez Bobby et Athena. Ils avaient grand besoin d'air, autant l'un que l'autre. Eddie remarqua sans rien dire que Buck était fébrile, mais se jeter l'un sur l'autre sur la banquette arrière d'un Uber n'était pas le meilleur endroit. Ils remercièrent le chauffeur et descendirent.
Athena les accueillit, rayonnante dans un costume traditionnel africain d'un majestueux ton bleu.
« Eh bien, qui avons-nous là ? » dit-elle avec le sourire. « Un cowboy… » dit-elle en pointant Buck du doigt, puis elle se tourna vers Eddie. « Vais-je devoir vous arrêter, ce soir, Monsieur Dillinger ? »
« Je savais que tu trouverais la référence. » lui sourit le jeune homme.
« Entrez, tous les deux ! »
La maison des Grant-Nash était décorée comme il se devait pour une telle soirée. Une vraie ambiance d'Halloween. Dans le jardin se trouvaient Hen et Karen, respectivement déguisés en deux grandes reines égyptiennes. Hen était Néfertiti et Karen, nul autre que Cléopâtre. Elles rayonnaient et scintillaient.
« La classe ! » siffla Buck.
« Et vous deux, alors ! » lui retourna Hen, en les désignant Eddie et lui.
« Buck, t'aurais pu faire un meilleur effort que ça. » lui dit Chimney, en s'approchant.
Lui et Maddie étaient déguisés en Gomez et Morticia Addams. Si Maddie était vraiment sublime toute en noir et les cheveux bien lisse comme Anjelica Huston, Chim était… étrange, mais qui étaient-ils pour critiquer ?
« En cowboy, sérieusement ? Tu n'aurais pas pu trouver mieux ? »
« Hey, ça lui va super bien. » intervint Eddie. « Et je n'ai pas souvenir que Gomez Addams ait jamais mâché du chewing-hum. »
« Cassé ! » gloussa Karen.
« Prêt pour le défi que tu m'as lancé ? » demanda Buck.
« C'est à toi qui je devrais demander ça. » railla Chimney.
Buck croisa le regard de sa sœur – un regard que vit aussi Eddie – et la jeune femme masquait un rire silencieux derrière sa main. Elle connaissait le talent de Buck pour la mixologie, et avait tenté de dissuader Chimney de se lancer dans ce défi mais, rien à faire. Tant pis pour lui ! Le frère et la sœur échangèrent un clin d'œil.
Ravi et Albert, qui étaient les deux derniers manquant à l'appel, arrivèrent à temps pour le début du challenge, déguisés chacun en Hawkeye des Avengers, et en tenue de sorcier Serpentard. Bobby était flippant en cuistot zombie, surtout avec le maquillage subtil mais horrifiant sur son visage et son costume.
« Bon, je propose qu'on fasse ça ici, dans la cuisine. » dit-il.
Il montra le matériel placé sur le comptoir qui séparait la cuisine et le reste de la maison. De l'autre côté, sur le plan de travail, se trouvaient diverses bouteilles d'alcool, des fruits diverses et variés, un mixeur et un shaker. Buck échangea un regard avec Bobby, et d'un simple hochement de tête, le jeune homme sut que son patron et père de substitution, était allé récupérer son propre matériel à son appartement.
Bobby était au courant des talents de Buck pour la création de cocktail, mais donner une leçon à Chimney ne pouvait pas lui faire de mal. Ça n'avait pas pour but de l'humilier, mais de lui faire comprendre que, contrairement à ses idées préconçues sur le jeune homme, Buck n'était pas incompétent dans le domaine duquel ils allaient s'affronter. Et aussi, Bobby s'était montré trop souvent laxiste avec les blagues et le piques de l'ambulancier, considérant que ce n'était que ça : des blagues. Mais il eut vite compris que Buck souriait ou riait par façade.
« Je propose que Chimney commence, vu que c'est lui qui a lancé le défi. » suggéra Eddie.
Personne ne protesta. Chimney se frotta les mains tout en allant dans la cuisine. Passant en revue les différents ingrédients et les bouteilles d'alcool, il sélectionna ses choix et commença.
Eddie le regardait attentivement, tout en restant près de Buck. Bon Dieu, qu'est-ce qu'il crevait d'envie de le toucher. Avec cet accoutrement de cowboy, des santiags au chapeau, il avait envie de le plaquer contre un mur et de l'embrasser jusqu'à en perdre le souffle. Plus tard, quand on sera seul. Il l'aurait bien attiré dans une pièce de la maison pour lui voler un baiser et faire en sorte que personne ne gagne le pari, mais la soirée se finirait tôt puisque tout le monde ou presque travaillait le lendemain, alors ils auraient le temps d'arriver chez Buck ou Eddie avant minuit. Personne n'avait parié sur le jour même d'Halloween souvent avant, ou après, et en ce qui concernait celui qui ferait le premier pas, Eddie était sûr du pari de tout le monde, pensant sans doute Buck trop timide ou trop apeuré de perdre son amitié pour tenter quoi que ce soit.
Ils règleraient ce problème plus tard, mais pour l'heure, Eddie ravala son désir et observa Chimney. Il avait préparé huit Daïquiri au citron. Le cocktail terminé, chacun – sauf Bobby qui ne buvait pas d'alcool – prit son verre et sirota une gorgée. Eddie grimaça en avalant le liquide, et il ne fut pas le seul.
« Quoi ? » demanda Chimney. « J'ai respecté la recette. »
« T'as eu la main lourde sur le citron vert. » exprima Maddie.
« Impossible ! » réfuta-t-il.
Maddie le rejoignit et lui tendit son verre. Il prit une gorgée et grimaça à son tour. Effectivement, il avait un peu trop dosé la boisson en citron vert.
« Voyons si Buck peut faire mieux. » dit Chimney, un brin – voire très – moqueur.
Eddie eut envie de lui balancer son verre encore plein dans la figure, mais se retint.
Il fallut quelques minutes pour nettoyer les verres et le reste du matériel. Si Buck réutilisa le blinder et le shaker, il récupéra sa sacoche, où se trouvait son propre matériel.
« C'est quoi, ça ? » demanda Chimney.
« Ça, mon cher Howard, c'est ce qui va signer ta défaite. » répondit Buck, en sortant son matériel.
Après un coup d'œil aux ingrédients et aux bouteilles d'alcool, il savait déjà ce qu'il allait préparer. Son chapeau de cowboy en de bonnes mains avec Eddie, le jeune homme se frotta les mains, et commença. Ses premiers gestes stupéfièrent toutes les personnes qui ne l'avaient jamais vu faire son métier de barman.
« Je m'excuse d'avance, mais ça risque de prendre du temps. » dit Buck.
« Mais oui, prends tout le temps qu'il te faut. Il ne faudrait pas que tu te trompes dans la recette comme moi. » railla Chimney.
« Et si tu la bouclais et que tu le regardais te montrer qu'il est meilleur que toi ? » claqua calmement Eddie.
Ce qui eut pour effet de faire disparaître le sourire mesquin de Chimney. Les deux meilleurs amis échangèrent un regard entendu, et Eddie vit dans celui de Buck passer brièvement une étincelle qu'il connaissait très bien. Oh la nuit allait être longue et magique. Et torride aussi. Après ce regard, Eddie était sûr de lui : il allait tout dire à Buck, et ils allaient passer la meilleure nuit de leur vie.
Les minutes passèrent pendant lesquelles Buck versa dans un shaker rempli de glaçons du jus d'ananas, de fruit de la passion, de citron et du sirop de grenadine, tout en faisant des gestes qu'il avait fait des centaines et des centaines de fois. Des mouvements des poignets, des mains et de bras agiles. Tout dans ses gestes transpiraient la confiance en soi. Le cocktail prêt, il dévissa le shaker et versa le contenu dans un verre. Il y ajouta une paille et le mit de côté. Il savait que son audience – à l'exception de sa sœur et Eddie qui l'avaient déjà vu faire, et Bobby qui connaissait ses talents – était bouche bée par le spectacle qu'il leur offrait.
« Bobby, voici un cocktail Bora Bora sans la moindre goutte d'alcool. » annonça Buck.
« Merci ! » dit Bobby.
Après avoir nettoyé et essuyé minutieusement le matériel, il recommença mais changea de recette. Ça lui prit une bonne vingtaine de minutes pour préparer correctement et à la goutte près, huit verres de Tequila Sunrise.
Quand il leva les yeux de son travail pour trouver ceux de Eddie, ce dernier se mordait la lèvre, et un sourire en coin y céda. Oh, il était tout excité mais il avait trop de maîtrise de lui-même pour se laisser aller en public.
« C'était quoi ce show ? » demanda Hen, complètement sonnée par ce qu'elle venait de voir.
« J'ai un diplôme en mixologie, et j'ai appris toutes les ficelles auprès des meilleurs à travers mes voyages. » répondit Buck. « Je vous en prie, servez-vous ! »
Eddie ne se fit pas prier, pas plus que Maddie, Athena, Karen etc… Un peu plus réticent, Chimney finit par prendre son verre. Eddie leva les yeux au ciel et prit une gorgée à la paille. Il lâcha un petit juron en espagnol, avant d'ajouter :
« C'est le meilleur cocktail que j'ai bu de ma vie. »
Et il reprit une gorgée.
« Tu dis ça parce que c'est ton meilleur ami. » railla Chimney, qui n'avait toujours pas goûté son verre.
« Désolé frangin, mais sur ce coup-là je suis avec Eddie, ce cocktail c'est de la bombe ! » dit Albert.
« Oh allez, j'ai été barman plus longtemps que lui. »
« Et tu t'es planté Chimney, admets-le. » dit Buck, sans raillerie dans la voix.
« Un pari est un pari, Chimney. » dit Bobby. « La boisson de Buck est meilleure que la tienne. Et au moins, lui, il m'a fait un cocktail sans alcool. »
« Tu vas m'en refaire un, Buck, c'est trop bon. » rajouta Hen.
« Toi aussi ? » Chimney n'en croyait pas ses yeux. Il regarda sa copine. « Maddie ? »
« Je t'ai dit que c'était une très mauvaise idée d'avoir défié mon frère sur ce terrain-là. » lui dit-elle.
« Est-ce qu'on vote ? » demanda Eddie.
« Buck gagne haut la main. » dit Karen.
Athena, Ravi, Albert et compagnie approuvèrent. Le cocktail de Buck était meilleur que celui de Chimney.
« On aurait pu être à égalité si tu avais dosé correctement le citron vert. » dit Buck à son beau-frère. « Allez, ne fais pas cette tête, je ne vais pas te faire faire mes corvées. »
« Hum hum, vous avez parié. » lui rappela Hen. « Enfin, Chimney t'a lancé un défi que tu as relevé et remporté. Il a un gage. »
« Oh je sais, mais ce ne sera pas un gage. » dit Buck. « Je vais simplement te demander quelque chose que tu auras beaucoup de mal à faire. »
« Et, c'est quoi ? » demanda Chimney.
« Toutes tes blagues, toutes tes piques que tu me lances et que tu crois drôles, la prochaine fois que tu es sur le point d'en faire une, tu la ravales. » dit Buck.
Le ton qu'il avait pris, calme mais si on le connaissait suffisamment comme c'était le cas de Eddie, la menace était bien présente dans sa voix, il fallait simplement tendre correctement l'oreille. A la vue des sourcils froncés et du rictus d'Athena, elle l'avait clairement deviné aussi.
« Oh allez, ce ne sont que des blagues. » tenta de se défendre Chimney.
« Elles sont blessantes. » répliqua calmement Buck. « Plus de moqueries me concernant. »
« Sinon quoi ? » tenta Chimney, sans réelle provocation.
Eddie posa lourdement sa main sur son épaule.
« Sinon je m'en mêlerais. » dit-il, avant de passer à un tout autre sujet. « Je vais aider Buck à nettoyer, et on pourrait peut-être manger, ensuite. »
« Excellente idée ! » approuva Bobby.
…
Juste avant le dîner, et après que Buck ait fini de nettoyer la cuisine de Bobby, et rangé son matériel dans son sac, il alla dans la salle de bain et s'y enferma sans verrouiller la porte. Le petit concours de meilleur barman entre lui et Chimney s'était bien passé, et espérons-le, Chimney se mordra la langue chaque fois qu'il ressentira l'envie, le besoin viscéral de charrier Buck. Ce dernier l'avait toujours pris avec le sourire mais, intérieurement il était blessé d'être traité comme un enfant immature. Il l'était peut-être quand il avait commencé à la 118, mais l'arrivée de Eddie dans sa vie l'avait beaucoup aidé à se calmer. Surtout ces derniers temps, et les sentiments qu'il éprouvait pour son meilleur ami n'y étaient pas étrangers. Il avait espéré, pendant des années que ses sentiments soient réciproques, mais lorsqu'il était sorti avec Ana, Buck avait fait comme si et avait avancé, pensant que tout espoir était fini.
Mais non ! Eddie était de nouveau célibataire, et Buck aussi après avoir rompu avec Taylor. Les dernières semaines avaient été éprouvante, parce que se retrouver tout le temps avec Eddie n'était pas facile, surtout quand tout son être bouillonnait de lui sauter dessus. Mais fini d'attendre par peur de risquer leur amitié. Ce qu'il avait vu passer dans le regard de son ami ces derniers temps, y compris un peu plus tôt pendant la compétition de cocktail, le réconfortait.
Toc toc !
« Buck ? »
La porte s'ouvrit avant qu'il ait pu répondre, et Eddie entra dans la pièce. Son chapeau de gangster n'était plus sur sa tête, tout comme lui-même n'avait pas gardé son chapeau de cowboy.
« Ça va ? » demanda Eddie.
« Très bien ! » répondit Buck.
Ils avaient dans le regard la même étincelle. Eddie poussa la porte derrière lui au moment où Buck faisait un pas vers lui. Leurs bouches se trouvèrent en même temps, mais comme ils étaient dans la salle de bain de leur capitaine, le baiser demeura doux, mais c'était tellement bon.
« J'ai hâte de me retrouver seul avec toi. »
« Vivement que la soirée se termine. »
Ils étaient sur la même longueur d'onde.
« On fait quoi ? » demanda Buck. « On leur dit, ou on les fait mariner un peu ? »
« T'es au courant du pari ? » demanda Eddie.
Buck hocha la tête.
« Je les ai entendus en parler la semaine dernière. Et toi ? »
« Je le sais depuis un peu plus longtemps. » dit Eddie. « Comme on vient de s'embrasser aujourd'hui, personne ne gagne le pari. »
« Parfait, ça leur apprendra à se mêler de la vie des autres. » Buck lui effleura les lèvres. « Allons-y, avant qu'on ne dérape. »
L'autre homme savait parfaitement ce qu'il voulait dire par-là. Tout le corps de Eddie était comme le minuteur d'une bombe. Arrivée à un seuil zéro de maitrise, il sauterait sur Buck et lui arracherait ses fringues, mais autant faire ça ailleurs que dans la salle de bain de leur chef. Ils rejoignirent les autres dans le jardin, où la table avait été mise et sur laquelle reposait de délicieux plats concoctés par Bobby.
« Vous avez mis le temps. » marmonna Chimney.
Alors qu'ils s'asseyaient côte à côte, comme à leur habitude, Eddie sentit son corps se tendre. Qu'est-ce que Chimney pouvait l'énerver avec ses réflexions. Heureusement pour lui et son self-control, Bobby rabroua l'autre homme avec sa voix de Capitaine de Brigade.
« Laisse-les tranquille, Chimney, et arrête de faire cette tête parce que t'as perdu ton pari contre Buck ! »
« Il a eu de la chance, c'est tout ! »
« Ce que tu peux être mauvais perdant. » soupira Maddie, assise à côté de lui.
« Tu aurais pu m'en parler avant que je lance ce pari débile. » lui reprocha Chimney.
« Tu savais que j'avais été barman. » lui rappela Buck.
« Je ne pensais pas que tu étais aussi doué. »
D'instinct, et aussi parce qu'il le connaissait mieux que personne, Buck posa sa main sur la cuisse de Eddie et la serra pour l'empêcher de se jeter au visage de l'autre homme.
« C'est bon, le sujet est clos ! » claqua Athena de sa voix qui était sans appel. « Tu as perdu, fais-toi une raison. »
Chimney n'était pas assez idiot pour tenir tête à Athena, alors il se tut mais tout au long du repas, il ne cacha pas son mécontentement. Au moment du dessert, alors que chacun avait été servi d'une part de tarte à la citrouille, Eddie et Buck échangèrent un regard entendu. Ce serait marrant de faire tourner tous ces parieurs compulsifs en bourrique, mais ils n'avaient pas non plus envie de se cacher. Ils savaient aussi qu'ils ne risquaient pas leur place à la 118, puisque Bobby aussi avait parié.
« On voudrait vous dire un truc, avec Eddie. » dit Buck.
« On vous écoute ! » dit Athena.
« Par pitié, dites-nous que vous vous êtes enfin décidé à vous mettre ensemble, tous les deux. » les supplia Hen.
Buck masqua un fou rire.
« Oui, Hen, Buck et moi on est ensemble. » dit Eddie. « Mais je vais calmer tout de suite vos ardeurs on est au courant du pari, et sachez que personne ne gagne. »
« Comment ça ? » demanda Bobby.
« Tout le monde a parié avant ou après Halloween, mais jamais le jour même d'Halloween, et on le sait parce que Hen et Chimney en parlent quand ils pensent être seuls à la caserne. » dit Buck. « Je vous ai entendu en parler la semaine dernière. »
« Et moi, je le sais depuis un petit moment déjà. » rajouta Eddie. « Et comme on s'est embrassé tout à l'heure dans la salle de bain… » Il rassura Athena. « On n'a rien fait de plus. »
« J'espère pour vous ! » dit-elle de sa voix calme mais autoritaire.
« Personne ne gagne ! » déclara Buck.
Les mines déconfites de chacun autour de la table valaient vraiment le coup. Eddie s'imagina la tête qu'ils auraient pu faire si lui et Buck avaient décidé de garder leur liaison récente secrète quelques temps, et il dû se mordre la langue pour ne pas rire.
« Pourquoi il a fallu que vous vous embrassiez ce soir ? » demanda Maddie. « Vous ne pouviez pas attendre encore un peu ? »
« D'une, t'es une traîtresse. » lui dit Buck. « Et de deux, ça vous apprendra à parier sur la vie amoureuse des autres. »
« Pas si vite, Buckley, t'as aussi parié sur Bobby et Athena. » dit Hen.
« Sauf que tu as lancé le pari pour savoir s'ils étaient ensemble ou pas. » rectifia-t-il. « Je n'ai pas parié sur la date ou sur qui a fait le premier pas. »
« Et là non plus, personne ne gagne, puisque ça s'est fait en même temps. »
Eddie venait d'en rajouter une couche, ce qui les dépita tous encore plus.
« Ne faites pas cette tête, personne ne perd d'argent. »
« Personne n'en gagne non plus. » maugréa Albert.
Ravis de leur effet, Buck et Eddie mirent fin au débat en plantant leur fourchette dans leur part de tarte. Elle était délicieuse.
…
La soirée terminée, Buck et Eddie étaient montés dans un Uber qu'ils avaient commandé, direction le loft du plus jeune des deux. La porte à peine fermée, les deux amis se jetèrent l'un sur l'autre et leurs lèvres s'écrasèrent dans un baiser passionné et plein d'urgence, se débarrassant des chapeaux de leurs costumes au passage. Buck était légèrement plus grand que lui, mais ça n'arrêta pas Eddie qui prit les rênes du baiser et plaqua son ami désormais petit-ami contre la porte. Leurs bassins se collèrent brusquement. La bosse dans leurs pantalons était suffisante pour en déduire qu'ils étaient plus que prêts à passer au niveau supérieur sans attendre.
« J'ai envie de toi. » souffla Eddie.
« Moi aussi. » avoua Buck. « Mais je ne veux pas qu'on se saute dessus comme deux sauvages pour notre première fois. »
« J'utilise la salle de bain et toi celle du haut ? » proposa Eddie. « Et je te retrouve en haut ? »
« Ça marche. »
Après un dernier baiser, Eddie enleva son trench-coat que Buck lui prit des mains pour aller le poser sur le dossier d'une chaise, avant de fermer à clé pendant que Eddie alla s'enfermer dans la salle de bain du bas. Le corps tremblant d'appréhension mais aussi d'impatience, Buck monta les marches jusqu'à l'espace ouvert à l'étage, enleva ses chaussures et alla dans l'autre salle de bain pour se brosser les dents afin de se débarrasser de l'arrière-goût alcoolisé qui s'était logé dans sa bouche tout au long de la soirée. Il voulait faire les choses bien avec Eddie, et pas qu'ils se jettent l'un sur l'autre sans prendre le temps de s'explorer.
Il était amoureux de Eddie depuis trop longtemps pour gâcher cette chance qu'il avait de pouvoir enfin être avec lui. Il se brossa les dents, vida sa vessie et fit un saut rapide sous la douche. Les températures à Los Angeles ne variaient pas tellement et pour une soirée d'automne, le climat était doux et agréable. Mais son petit show de mixologie lui avait donné chaud et il avait transpiré sous son costume. C'était trop tard pour faire un lavement, mais tant pis. Il prit grand soin de nettoyer toutes les zones de son corps avant de sortir de la douche, de se sécher et d'enrouler une serviette autour de sa taille avant de sortir de la salle de bain.
« Je vois qu'on a eu la même idée. »
Eddie était assis sur le bord du lit, lui aussi à moitié nu à l'exception d'une serviette autour de la taille, et l'air d'avoir pris une douche. Buck fit un pas dans sa direction, et Eddie se leva du lit. Leurs mains se joignirent comme des aimants et leurs doigts se nouèrent.
« Je ne sais pas si on pourra aller jusqu'au bout. » Devant l'air perplexe de Eddie, Buck s'empressa de préciser : « Il est trop tard pour que je fasse un lavement, ou alors… »
Mais Eddie le fit taire d'un baiser, dénouant leurs doigts et plongeant les siens dans ses cheveux humides qui bouclaient quand ils étaient mouillés.
« Tu ne t'es pas demandé pourquoi j'avais mis tout ce temps à me préparer pour la soirée ? »
« Tu voulais faire bonne impression ? » tenta Buck, qui avait enroulé ses bras autour de sa taille.
« Oui, il y a de ça, mais j'ai surtout pris tout ce temps pour être sûr que tu pourrais me faire l'amour sans problème. Sauf si bien sûr, tu n'en as pas envie. »
« J'ai envie de toi depuis trop longtemps. » dit Buck. « J'avais aussi prévu de t'avouer mes sentiments ce soir, j'en avais marre d'avoir la trouille que rien ne soit plus comme avant entre nous. Que tu ne veuilles pas de cette vie avec moi. »
« Je veux tout avec toi, Evan. » dit Eddie. « Absolument tout. Tu sais, Christopher m'a demandé pourquoi on n'était pas ensemble, toi et moi. »
« Tu lui as répondu quoi ? »
« Que j'étais un crétin, et que j'allais rectifier le tir. Je t'aime, Evan. »
Entendre son prénom de naissance dans la bouche de ce mec sexy en diable lui faisait un drôle d'effet, mais il adorait ça.
« Je t'aime aussi. »
« J'espère bien ! » Eddie sourit. « Est-ce que tu as ce qu'il faut ? Tu sais, pour ce qu'on s'apprête à faire une bonne partie de la nuit. »
Buck s'écarta et alla vers sa table de nuit. Il ouvrit le tiroir et, Eddie se cala dans son dos et put voir ce que le tiroir contenait. Des capotes, du lubrifiant et un sex-toy en silicone.
« Tiens donc, tu t'amuses sans moi, à ce que je vois. »
Mais l'amusement dans la voix de Eddie fit sourire Buck.
« On pourrait l'utiliser, si tu veux. » dit-il en se tournant dans ses bras.
« La prochaine fois. » Eddie se plaça entre Buck et le lit. « Cette nuit, je ne veux que toi et moi. On utilisera des jouets une autre fois. »
Il fit glisser ses mains sur son torse, une chose qu'il avait rêvé de faire un millier de fois depuis qu'ils se connaissaient. Il n'allait plus s'en priver, désormais. Avec ses mains qui caressaient sa peau, il y ajouta sa bouche, descendant jusqu'à sa taille. Il s'assit sur le bord du lit, et tira sur la serviette qui nouait la taille de Buck, mais ce dernier lui empoigna le bras.
« Attends, tu n'as jamais été avec un mec avant alors, tu n'es pas obligé de faire ça. »
« Je sais, mais j'en ai envie. » Eddie embrassa la main qui retenait son poignet. « Je veux tout expérimenter avec toi, alors laisse-moi faire, ensuite, tu pourras t'occuper de moi et me montrer ce que j'aurais pu avoir ces dernières années. »
Ses paroles firent mouches, et Buck libéra la poigne de Eddie, qui dénoua la serviette du jeune homme, le révélant dans toute sa splendeur. Ce n'était pas vraiment la première fois qu'ils se voyaient nus, ils partageaient les douches à la caserne, mais ce n'était pas la même chose. Là, dans l'intimité du loft de Buck, il y régnait une énergie sensuelle pleine de désir, pleine d'électricité dans l'air qui s'abattrait sur eux à tout instant.
Eddie ne sentit aucune gêne, en se trouvant face à face avec le sexe de Buck. Il connaissait les exploits de Buck 1.0, et il fallait le dire, le surnom que lui avait donné ses conquêtes passées était très bien trouvé, car Buck était réellement très bien gâté par la nature, et Eddie en avait l'eau à la bouche. Il n'avait jamais été avec un autre homme auparavant, car il ne s'était jamais posé la question sur sa sexualité. Sa famille n'était pas homophobe mais en famille traditionnelle texane, il ne pouvait pas se poser de question. Le couple idéal était une femme et un homme, point à la ligne. D'accord, c'était plus ou moins de l'homophobie, mais Eddie n'était pas comme ses parents et aujourd'hui, il vivait sa vie comme bon lui semblait. Il ne voulait pas avoir de regret et il n'était pas question de vivre autrement que comme il l'avait décidé.
« Eddie, ne te sens pas… »
Buck siffla entre ses dents lorsque Eddie fit courir sa langue le long de son sexe. Son rêve, son désir le plus fou se réalisait enfin. Pas uniquement le fait de sentir la langue de son meilleur ami sur son sexe. Il connaissait Eddie par cœur, et il savait parfaitement qu'il ne ferait pas ce qu'il était en train de faire s'il n'était sûr de lui à cent pour cent. Raison pour laquelle Buck ne l'arrêtait pas, et aussi égoïstement parce qu'il en crevait d'envie depuis leur première rencontre.
Eddie vivait une expérience inédite pour lui, car c'était la première fois qu'il faisait une fellation. Ça ne se passait jamais comme ça avec Shannon. Le sexe avec son ex-femme était toujours bon, mais jamais au-delà du sexe basique, jamais de sexe oral car Shannon n'aimait pas ça, alors Eddie n'insistait pas. Avec Ana, il n'avait jamais rien fait non plus, repoussant tout le temps l'échéance quand elle flirtait avec lui, prétextant qu'il n'était pas prêt mais la vérité, c'était qu'il était prêt mais son corps désirait quelqu'un d'autre. Et c'est à cette personne qu'il était en train de faire une gâterie.
Il n'était pas écœuré par ce qu'il entreprenait, bien au contraire. Il prenait un grand plaisir à sucer Buck, et son propre corps réagissait aux grognements que poussait le jeune homme.
« Eddie, arrête ! »
Le souffle court, Eddie s'arracha à son sexe. Il avait les lèvres gonflées, et cette vision coupa le souffle de Buck, qui se pencha pour les embrasser longuement.
« Allonge-toi ! »
Eddie se débarrassa de se serviette, révélant sa nudité, et s'allongea. Buck l'imita et emboita leurs corps. Eddie écarta les jambes pour plus de confort et le baiser qu'ils échangèrent était délicieux.
« Pourquoi tu m'as arrêté ? » demanda Eddie.
« Même si j'adorerais te voir avaler chaque goutte de ma semence, je ne veux pas que ça se passe pendant ta première fois avec un mec. »
« Tu seras mon premier, et le seul. Je ne veux que toi ! »
« Je ne veux que toi, moi aussi. » Buck lui mordilla la lèvre. « Tu me fais confiance ? »
« Toujours. »
Après un nouveau baiser, Buck attrapa un préservatif et le lubrifiant dans sa table de nuit. Il les posa sur le matelas, et se mit à parcourir de caresses et de baisers le corps de son meilleur ami. Il n'y avait jamais eu le moindre secret entre eux, et Buck savait que la vie sexuelle de Eddie n'avait jamais été aventureuse, et pas aussi satisfaisante qu'il l'aurait voulu, alors il allait lui faire du bien au-delà de toute imagination. Il taquina ses tétons un après l'autre, lécha, suçota mordilla ses petites pointes dressées de ses pectoraux jusqu'à les avoir fait rosir. Il descendit plus bas, jusqu'à ses abdominaux. Mister Tablettes. Buck esquissa un sourire tout en traçant chaque contour de ses fameuses tablettes de chocolat. Buck n'était pas le seul à avoir été très bien gâté par la nature. Le corps de Eddie était une œuvre d'art, et tous les fantasmes du monde ne valaient pas la réalité.
« Arrête… de me torturer. » grommela Eddie.
« Jamais, Mister Tablettes ! »
Eddie éclata de rire, ne s'étant pas attendu à ce que le surnom qu'on lui donnait pendant sa formation surgisse dans un moment aussi intime.
« Cariño, n'utilise plus jamais ce surnom si tu ne veux pas que j'utilise celui qui a été donné à ta queue. »
Buck grogna, n'aimant pas forcément qu'on lui rappelle sa période de sexe addict et tout ce qui allait avec. Il décida de « punir » Eddie, et il le lécha sur toute sa longueur, des testicules au gland. La surprise était telle que le jeune homme se redressa sur le lit.
« Bordel, c'était quoi ça ? » dit-il, haletant.
Buck se redressa pour lui faire face.
« Ça, c'était les prémices de ta toute première pipe, mon chéri. C'était bon, hein ? »
« Ouais. » Il déglutit. « Buck, je ne suis pas sûr de pouvoir tenir très longtemps. Je n'ai couché avec personne depuis Shannon et… »
« Et tu n'as jamais couché avec Ana, je sais. » Buck prit son visage entre ses mains et lui donna un tendre baiser. « Ce n'est pas grave si tu jouies, je te nettoierais et on recommencera. »
Une fois qu'il fut de nouveau allongé, Buck prit le lubrifiant et en versa une goutte sur son majeur, qu'il glissa ensuite, très légèrement et sans quitter Eddie des yeux, entre ses fesses. Eddie prit une profonde inspiration, d'abord car le gel était froid, et aussi parce que personne ne s'était jamais aventuré vers cette partie de son anatomie. Les deux hommes n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre, Buck voyait clairement dans le regard de Eddie qu'il était prêt, et qu'il avait toute confiance en lui alors, il appuya un peu plus son doigt, se contentant de le caresser pour qu'il s'habitue à la sensation. Quand il vit bouger ses hanches, Buck inséra doucement son doigt en lui.
Eddie inspira, mais ne se contracta pas. Il n'en avait pas besoin, puisque c'était Buck. Ils étaient tout l'un pour l'autre, et il avait confiance en lui plus qu'en n'importe qui. Buck pouvait lui faire absolument tout ce qu'il voulait. D'un seul regard, il lui disait que tout allait bien, et qu'il pouvait poursuivre. Alors Buck continua. Il prenait soin de ne pas aller trop vite, mais il savait ce qu'il faisait, et un deuxième doigt s'inséra en Eddie. Là, il ne put retenir un grognement. Ça n'était pas douloureux, surprenant tout au plus. Ça tirait, mais le lubrifiant atténuait la sensation et ne laissait place qu'au plaisir. Son plaisir, entre les mains expertes de Buck.
Cette vue, celle de Eddie parfaitement détendu et pétri de désir était une image qu'il allait graver dans sa mémoire jusqu'à la fin de ses jours. Il n'oublierait jamais le léger froncement de sourcil suivi du grognement qu'il avait laissé échapper lorsque Buck avait inséré un deuxième doigt en lui. Il vit Eddie agripper le drap, mais il ne fit rien pour l'arrêter, alors Buck accentua les mouvements de ses doigts en lui, se baissa et enroba sa bouche autour de ses testicules.
« Putain… »
Entendre Eddie jurer était très excitant. Buck continua sa torture. Il délaissa les testicules de Eddie et se concentra sur sa longueur dur comme la pierre. Tout en le suçant, il bougeait ses doigts, en ajoutant un troisième.
« Buck… prends-moi… » gémit Eddie.
La surcharge de sensation devait être douloureuse pour Eddie, qui n'avait pas eu de relation sexuelle depuis des années.
« Je te l'ai dit, si tu dois jouir fais-le ! » Buck aspira la perle blanche qui jaillit de son gland. « Je te nettoierais. »
« J'te veux en moi ! » claqua Eddie. « Maintenant ! »
Buck n'était pas sûr qu'il soit suffisamment préparé, mais Eddie en voulait plus alors Buck n'allait pas le lui refuser. Il retira ses doigts, déchira l'emballage du préservatif et le déroula sur son large sexe.
« T'es sûr que ça va rentrer ? » demanda Eddie.
Il était en sueur, et son corps tout entier était fébrile.
« Fais-moi confiance. » dit simplement Buck.
Oui, Eddie avait confiance en lui. Il le regarda enrouler la capote sur son sexe, ajouter du lubrifiant puis refaire disparaitre sa main entre ses fesses. Il savait pourquoi il le faisait et ne protesta pas.
Buck lui souleva une jambe, qu'il passa par-dessus son épaule et juste après, il sentit le bout de son sexe contre son anus. Ne te crispe pas, Diaz. Buck dû le sentir car il se pencha pour capturer sa bouche. Il détourna ainsi l'attention de Eddie, l'obligeant à se concentrer sur leur baiser pendant qu'il s'enfonçait petit à petit en lui. Ça marcha, puisque Eddie se moquait de la douleur qu'une première sodomie pouvait engendrait, et qu'il ne ressentait pas en cet instant. Il ne sentait que Buck, son baiser, leurs corps emboîtés et leurs yeux qui ne se quittaient pas.
L'inconfort laissa place à un plaisir sans nom. Eddie lâcha sa prise sur le drap et crocheta ses mains sous les larges épaules de Buck qui, une fois entièrement en lui, libéra sa jambe mais l'enroula autour de sa taille.
« Buck… » souffla Eddie. « Evan… »
« Tu as mal ? » demanda Buck en s'arrêtant.
« Non, c'est bon de te sentir en moi. » avoua-t-il simplement. « Ne t'arrête pas, et fais-moi l'amour ! »
Alors Buck reprit ses vas et viens lentement. Ses mouvements fluides arrachèrent à chaque fois un gémissement chez Eddie, qui s'accrochait à lui de toutes ses forces. Il enroula son autre jambe autour de Buck et les relevèrent un peu plus, donnant à son amant la possibilité d'aller plus loin en lui. Cette décharge électrique qui leur parcouru le corps, aucun d'eux n'en avait jamais connue de tel.
Buck était sur le point de jouir, et pour être certain que Eddie jouisse en même temps que lui, il mit ses années d'expériences en pratique. D'une rotation du bassin, il donna un coup de rein bien précis qui surprit son compagnon. Il recommença à deux reprises et Eddie se cambra, l'orgasme le frappant de plein fouet. Buck se laissa aller à son tour et retomba de tout son poids sur Eddie, avant de se rattraper au dernier moment et de prendre appui sur ses coudes.
Eddie n'en revenait pas. Jamais de sa vie il n'avait joui avec une telle force. Il se sentait… vidé de toutes ses forces et à la fois revigoré. Si Buck voulait remettre ça tout de suite, il ne l'arrêterait pas.
« Tu peux marcher jusqu'à la salle de bain ? » demanda Buck, de longues minutes plus tard.
Aucun d'eux n'avait changé de position, les yeux dans les yeux et dans un silence intime et romantique. Eddie hocha la tête, et Buck et lui allèrent prendre une douche, se lavant l'un l'autre et en passant le plus clair du temps à s'embrasser.
Plus tard dans la cuisine…
Eddie se coula dans le dos de Buck, qui avait ouvert le frigo. Les deux hommes ne portaient qu'une serviette autour de la taille – à quoi bon se rhabiller ?
« Je viens de me rendre compte que je n'ai pas fait de courses depuis des lustres. » dit Buck.
« Normal, t'as squatté mon canapé non-stop depuis deux semaines. » dit Eddie, en embrassant sa nuque. « On pourrait se rhabiller, rappeler un Uber et rentrer à la maison. »
« C'est ta façon de me demander d'emménager chez toi ? »
« T'y es tout le temps, on peut dire que tu vis entre ce loft et ma maison. »
Buck ferma le frigo et se retourna.
« T'as la moitié de tes affaires chez moi. » lui rappela Eddie.
« Et tu en as aussi ici. » dit Buck
« J'adore ton loft, Buck, vraiment, mais je ne veux plus que tu partages ton temps entre ici et chez moi. Je veux que mon chez moi devienne ton chez toi de façon permanente. »
« J'en ai tellement envie, moi aussi. »
« Alors qu'est-ce qu'on attend ? » demanda Eddie. « Et mon frigo est plein. »
Dix minutes plus tard, habillés de survêtements, ils étaient dans un Uber en direction de la casa de Diaz. Ils avaient laissé leurs costumes d'Halloween au loft, et récupéreraient tout au fur et à mesure dans les jours qui suivraient.
1er novembre 2020 !
Eddie fut tiré de son sommeil par une merveilleuse odeur de café. Il se leva, fit ce qu'il avait à faire dans la salle de bain après avoir mis un caleçon, et retrouva Buck dans la cuisine qui l'accueillit du plus langoureux des baisers.
« Tu aurais dû me réveiller. » marmonna-t-il contre sa bouche.
« Je m'apprêtais à le faire, mais je t'ai entendu te lever. » dit Buck. « Café ? »
« Oui, merci ! »
« Tu as faim ? » demanda Buck, en lui préparant une tasse de café comme Eddie l'aimait.
« Après ce qu'on a bouffé en rentrant du loft cette nuit ? Non ! »
Esquissant un sourire, Eddie repensa à l'énorme omelette aux poivrons et aux bacons que Buck avait cuisiné rien que pour eux. Ça avait fait du bien à leur estomac, et ils étaient allés se coucher pour une longue séance de câlins qui avait dérapé en une partie de jambes en l'air mémorable pendant laquelle Eddie avait eu plus d'orgasmes qu'il n'en espérait en une nuit. Buck c'était même servi de sa langue à plusieurs reprises.
« Comment tu te sens ? » demanda Buck.
Son ton suave et son petit sourire en coin ne laissa aucune place à un sous-entendu autre que Est-ce que j'y suis allé trop fort avec toi ? Eddie avala le reste de son café, posa la tasse dans l'évier et bloqua Buck contre le plan de travail contre lequel il était adossé. Ce dernier saisit l'occasion pour se saisir des fesses de son conjoint mais sans appuyer très fort.
« Je me sens très bien. » Eddie lui mordilla le menton. « Si on ne devait pas aller chercher notre fils dans une heure, je te laisserais me prendre encore une fois. »
Buck se mordit la lèvre, et Eddie sut pourquoi.
« Christopher est ton fils, Evan, n'en doute pas une seconde. »
« Je t'aime tellement. » souffla Buck. « Et continue de m'appeler Evan, ça m'excite tellement. »
Ils s'embrassèrent encore de longues minutes avant de se préparer pour la journée – bien qu'ils étaient de repos – et d'aller récupérer Christopher chez son ami.
« Ah oui, faut que je te dise un truc sur la mère de Brian. » dit Eddie alors qu'il conduisait.
« Elle en pince pour toi, je sais. »
L'air surpris de son meilleur ami désormais petit ami le fit rire.
« Bébé, toutes les mères célibataires de l'école de Chris craquent pour toi. »
« Ouais, elle m'a proposé d'entrer boire un verre, quand j'ai déposé Chris hier. »
« Et, tu lui as dit quoi ? »
« Je l'ai remercié de l'invitation, avant de lui dire que mon compagnon m'attendait. » Il s'arrêta à un feu rouge et tourna la tête vers Buck, qui souriait. « J'avais hâte de rentrer et te retrouver. Même si te voir en cowboy m'a chamboulé. En bien, évidement. »
« Et je n'ai pas manqué ta réaction. » dit Buck.
« Ni moi la tienne quand tu m'as vu en gangster. »
« Putain ce que t'étais sexy ! » dit Buck. « J'avais envie de te sauter dessus dès que t'ai arrivé dans le salon. »
« On aurait été en retard à la soirée. »
Le feu passa au vert, et Eddie reprit la route.
Arrivés à destination, Eddie et Buck descendirent tous les deux la voiture mais Buck resta en arrière pendant que Eddie alla frapper à la porte.
« Bonjour, Eddie ! »
Son sourire était sincère et elle était très jolie, mais le cœur de Eddie ne battait que pour l'homme qui se trouvait derrière lui.
« Tout s'est bien passé ? » demanda-t-il après l'avoir salué.
« Oui, les garçons se sont bien amusés. » répondit-elle. « Pas trop de sucreries ni de jeux vidéo, mais ils ont passé au moins deux heures avec des jeux de société. »
« Christopher adore ça. » sourit Eddie.
« Papa ! » s'exclama le garçon, qui avançait avec ses béquilles.
Habillé d'un jean et d'un t-shirt, il avait ses baskets aux pieds, et son ami Brian portait son sac.
« Tenez Monsieur Diaz, il y a toutes ses affaires dedans, on a vérifié deux fois. »
« Merci, Brian, et tu es le bienvenu à la maison pour la prochaine soirée pyjama. » Il se tourna vers la jeune maman. « Ça vous fera une soirée pour vous. »
« Ce sera avec plaisir ! »
Les deux garçons se dirent au revoir et se donnèrent rendez-vous le lendemain à l'école, puis, Brian retourna dans sa chambre et Eddie se décala pour que son fils puisse voir la personne qui était adossé contre la voiture.
« BUCK ! » s'écria joyeusement Christopher.
Buck fit le reste du chemin et souleva Christopher dans ses bras.
« C'est votre compagnon ? » demanda Bianca.
« Ouais, c'est Buck ! » dit Eddie, dont le cœur bondissait de joie à ce tableau.
« Vous avez de la chance ! »
Il se tourna vers Bianca, qui avait un petit sourire un peu triste sur le visage.
« Il a l'air d'être quelqu'un de bien. » dit-elle.
« C'est le meilleur, sans lui je serai totalement perdu. » admit Eddie.
« Vous allez faire beaucoup de jalouses auprès des autres parents. »
Eddie leva les yeux au ciel, non sans être amusé, puis prit congés. Il alla retrouver ses hommes, qui étaient déjà dans la voiture.
« Tu as fait tes étirements ? » demanda Eddie, en se retournant sur son siège.
« Oui, Brian m'a aidé. »
« Bien. Tu as déjeuner ? » Hochement de tête de Christopher. « Génial, et si on allait au centre commercial tous les trois ? Ou un cinéma, et on déjeunera dehors à midi. »
« Le cinéma ! » choisit Christopher.
« Alors allons-y ! »
Eddie se rassit correctement, mit sa ceinture et démarra mais sans plus.
« Chris, tu te souviens de ce que tu m'as demandé, hier ? »
Il vit son fils hocher la tête dans le rétroviseur. Eddie prit la main de Buck noua leurs doigts et les montra à Christopher.
« ENFIN ! » s'écria-t-il.
« Et Buck va vivre avec nous, officiellement ! »
« On sera une vraie famille ! » s'excita Christopher.
Eddie sourit, Buck retenait ses larmes. Après quelques minutes de trajet, alors qu'ils attendaient que le feu passe au vert, Buck dit soudainement :
« Tu te rends compte que l'anniversaire de notre couple tombera à chaque Halloween ? »
Eddie se contenta de sourire pendant que Christopher gloussait à l'arrière. Oui, il en avait parfaitement conscience.
Halloween était une fête comme une autre, après tout, et désormais ça serait aussi l'occasion de fêter leur amour !
FIN !
J'espère que ça vous a plu, j'ai galéré pour l'attribution des costumes.
A bientôt !
Aurélie !
