Auteur : Mangafana

Disclaimer : Rien n'est à moi.

Petite histoire qui m'est venu en me disant que, quand même, Lancelot et Merlin ...

Bonne lecture.


Merlin et Lancelot étaient tous les deux accoudés aux remparts, un verre de vin à la main, en train de soupirer conjointement.

-Si je dois être totalement honnête ... Je n'étais pas vraiment amoureux de lui ... C'était plus ... un idéal inaccessible. Et puis vu que je suis son serviteur et que je l'habille et le déshabille ... je peux affirmer que j'aurai vraiment aimé pouvoir profiter de son corps !

Lancelot rit à cette réplique et surenchérit :

-Et si je dois être totalement honnête ... j'étais amoureux de Gwen ... mais ... un peu comme toi, c'était un idéal. La seule personne que j'ai rencontrée avec qui je me voyais passer ma vie, avoir des enfants ... me poser et avoir une maison. Elle me faisait rêver, disons.

-Donc au final ... tu n'es pas vraiment triste ?

-Déçu, plutôt, et toi ?

-Oh ... je continuerais à le déshabiller donc bon, je pense que je m'en remettrais. Dit Merlin en riant pendant que Lancelot gloussait dans son verre de vin.

Subitement, ils furent rejoints par Gauvain qui passa un bras sur leurs épaules en soupirant :

-Aaaahhhh, mon couple préféré.

Merlin rit en tournant le visage vers Gauvain.

-Gauvain, à quel point es-tu ivre?

-Autant qu'un mardi. Dit Gauvain en se reculant, laissant les deux hommes se retourner vers lui.

-Comment cela?

-Et bien, mon cher Lancelot, il faut savoir que j'ai un système très strict pour la boisson.

-Oh! Je suis curieux d'entendre ça. Encouragea Merlin en croisant les bras. C'est qu'il faisait froid en cette nuit de célébration.

-Et bien vois-tu, plus les jours de la semaine avancent, plus je bois. Ce qui fait que le lundi, je suis toujours moins ivre qu'un mercredi et un vendredi, bien plus qu'un mardi. Le summum de sa semaine est le samedi, bien sûr.

-Et le dimanche? Demanda Lancelot, sincèrement curieux en posant sa veste sur les épaules de Merlin.

-Non, pas de boissons le dimanche. Je m'octroie un jour ou je ne bois pas pour ressourcer mon corps. Dit Gauvain fièrement, faisant rire ses amis.

-De fait, en ce moment, je suis peu ivre étant donné que j'ai bu autant qu'un mardi, mais comme nous sommes vendredi, la fête ne fait que commencer en ce jour de mariage.

Et c'était vrai, aujourd'hui, tout Camelot célébrait le mariage de leur roi Arthur avec la belle Guenièvre.

-Et je confirme ce que j'ai dit, vous devriez y penser, vous feriez un couple parfait ! Au lieu de vous morfondre sur des amours qui ne se sont jamais concrétisés et dont les autres parties n'étaient même pas au courant.

Merlin et Lancelot se lancèrent alors un regard en coin hésitant avant de sourire :

-Non, impossible.

-C'est vrai, impossible. Surenchéris Lancelot.

Ils se regardèrent dans les yeux et dirent ensemble :

-De toute façon, il n'aime pas les ...

-Hommes.

-Bruns.

La fin de la phrase avait cependant changé selon l'orateur et ils s'en étonnèrent.

-Quoi? Mais qui t'as dit que je n'aimais pas les hommes ?

-Et bien ... Tu étais amoureux de Guenièvre ...

-Oh ... non, j'aime les deux sexes, en fait. Je n'ai pas vraiment de préférence. Mais c'est vrai que c'est plus facile de se mettre en couple avec les femmes.

-Et moi, est-ce que tu me crois assez superficiel pour m'arrêter à la couleur des cheveux de mes conquêtes ?

-Et bien, je ne t'ai jamais vu t'intéresser à quelqu'un d'autre, alors ...

-C'est parce que vu que je passe mon temps à sauver ses fesses royales, je n'ai pas le temps d'aller m'intéresser à quelqu'un d'autre, pas que je ne pourrai pas être intéressé.

-Et voilà, c'est ce que je disais, vous êtes fait pour être ensemble. Dit Gauvain en finissant sa boisson.

Puis, voyant le fond de sa coupe et ayant encore du travail à faire avant d'arriver à l'ivresse du vendredi, il retourna à la fête pour se resservir.

Merlin et Lancelot, eux, n'osaient plus se regarder et se sentaient gênés en présence l'un de l'autre alors qu'ils avaient été amis depuis des années.

-Hum ... Tu sais ... Ce n'est pas parce que Gauvain en à parler qu'on doit obligatoirement ...

-Oui, non, tu as raison, on n'est pas obligé de ...

-De toute façon, je ne suis sans doute pas ton style. Je suis bien trop maigre et maladroit et peu sûr de moi et en plus avec mes oreilles décollées ... Et puis il y a mon secret qui est lourd à porter.

-Arrête de te dénigrer, Merlin. Tu parles toujours de tes défauts mais jamais de tes qualités. Tu n'es pas maigre, tu es mince mais je sais que tu as des muscles solides sous ta peau, il le faut pour tes tâches quotidiennes. Tu es aussi l'homme le plus courageux que je connaisse, tu es gentil, altruiste, toujours prêt à aider les autres. Tu es capable de te plier en deux pour aider les autres et tu as des yeux magnifiques. Quand à ton secret ... il n'est pas lourd du tout. Je le connais depuis des années et je fais toujours au mieux pour que tu ne sois pas découvert, mais ce n'est pas une corvée. C'est normal d'aider un ami qui sauve des gens par son pouvoir mais qui risque le bucher lorsqu'il le fait.

Merlin rougit sous les paroles et la véhémence de son ami et lui souffla un remerciement.

-De rien, Merlin. J'espère que tu sais que tu peux compter sur moi, pour tout.

Merlin lui sourit alors puis balbutia qu'il devait aller se servir à manger discrètement car étant un serviteur, il ne devrait pas participer à la fête mais au service normalement.

Lancelot vit donc son ami fuir les remparts pour rentrer dans la salle de réception.

Il resta, quant à lui, seul sur les remparts à réfléchir à ce qu'il venait de se passer.


Gauvain était actuellement sur le bord du terrain d'entraînement des chevaliers, la tête plongée dans un tonneau rempli d'eau froide, histoire de se réveiller un peu avant les exercices.

Ceci dit, les exercices en eux-mêmes devraient être légers, le roi s'étant marié la veille et au vu de sa nuit de noce, il ne devrait pas être très frais.

Mais Gauvain se devait de l'être, lui, afin de pouvoir le taquiner sur cette nuit, justement.

S'il ne le faisait pas, personne n'oserait alors que c'était important. C'était une étape importante pour tout jeune marié !

Alors qu'il essayait de se convaincre de retenir encore sa respiration pour que l'eau le réveille encore un peu, il ressenti quelqu'un lui tapoter l'épaule. Il se décida donc à sortir la tête de l'eau.

En se retournant, il reconnut son ami Lancelot :

-Ouh là, vous avez une tête à faire peur. Et c'est quelqu'un qui vient de sortir la sienne de l'eau et qui est donc trempé qui vous le dit. N'avez-vous pas dormi de la nuit ?

En effet, Lancelot, connu parmi la gente féminine de Camelot pour être un homme beau et propre sur lui, portait des vêtements froissés et avaient de grandes cernes sous les yeux, soulignés par son teint affreusement pâle.

-Non, très peu. Je ... je voulais vous demander, par rapport à ce que vous avez dit hier.

-Hier? Mais hier à quelle heure ? Parce que vous savez qu'à partir d'une certaine heure, il ne faut plus m'écouter.

-C'était aux alentours de mardi.

-Ah ... alors normalement, je suis encore conscient de mes dires. Que vous ai-je donc dit qui vous ait autant perturbé ?

-N'est-ce pas évident ? Vous avez parlé de moi et de Merlin en couple.

-Oui, je m'en souviens ... Et donc ?

-Est-ce que c'était vrai ?

-De quoi ?

-Et bien ! Que Merlin et moi formerions un beau couple !

-Oui, c'était vrai. Mais je ne vois pas bien ou ...

-C'est-à-dire qu'après votre départ, nous avons un peu parlé puis Merlin a fui. Mais depuis, je n'arrête pas d'y penser et ...

-Et ?

Lancelot n'eut pas à en dire plus, ses rougeurs aux joues parlaient pour lui.

-Oh, formidable. Lui en avez-vous parlé ?

-Non ... C'est mon meilleur ami ... et s'il disait non ?

-Et s'il disait oui ? Demanda Gauvain.

-Mais je n'ai pas envie de gâcher notre amitié.

-Allons, Lancelot. Si vous êtes devant moi maintenant, c'est que vous y avez pensé et que cela vous tente, donc ne pensez-vous pas que votre amitié sera fatalement modifiée par votre réflexion.

-Mais ...

-Dîtes-moi, à quoi avez-vous pensé pour remettre en question votre amitié avec Merlin ?

Lancelot regarda Gauvain suspicieusement.

-Je ne dirai rien, croix de bois, croix de fer ! Jura le chevalier.

-Je ... J'ai pensé à l'embrasser et ... plus ...

-Oh ... Et cela vous a plu ?

-Beaucoup.

-Formidable. Allez lui en parler. Je suis persuadé qu'il ne dira pas non.

-Comment pouvez-vous en être sûr ?

-Je ne suis pas sorcier, mais c'est mon pouvoir magique. Je sais lorsque les couples durent ou pas. J'ai su lorsque vous êtes arrivé que vous espériez en vain et que Arthur allait se déclarer sans aucune hésitation. Malheureusement, mon pouvoir ne marche pas sur moi, c'est pourquoi j'ai autant d'aventures, pour essayer de trouver la bonne. Dit le chevalier en riant.

Mais plaisanterie ou pas, l'avis était bon, il devait en parler à Merlin. Mais pas tout de suite. Léon venait d'arriver, c'était lui qui dirigeait l'entraînement, aujourd'hui.


Depuis que Gauvain lui avait mis cette idée en tête, Merlin ne pensait qu'à ça ... de jour, comme de nuit, malheureusement pour lui. Lui qui avait toujours vu Lancelot comme son meilleur ami, il était loin d'avoir des rêves chastes le concernant. Et il en était le premier étonné. Les rêves qu'il avait pu faire incluant Arthur au moment où il pensait être amoureux de lui avaient tous été gentillets et tendre, passant des moments à se promener à cheval ou en train de jouer aux échecs. Ceux incluant Lancelot étaient très peu vêtus et le laissaient frustré au réveil.

Et il en était affreusement gêné. C'est pourquoi cela faisait 2 jours qu'il évitait Lancelot ou les endroits où il pouvait se trouver. Il n'allait plus assister aux entraînements du roi, trouvant des excuses de chaussures à cirer et d'armures à polir, évitait les couloirs trop fréquentés et il avait même évité l'office de Gaïus pour ne pas l'y croiser. Le veille homme l'avait d'ailleurs questionné sur ses absences et sur les venues répétées du chevalier. Mais il n'y pouvait rien, il était gêné.

Et puis c'était nouveau pour lui. Et bien, il était un adulte et il avait su assez tôt que sa préférence allait vers les hommes. Pour autant, à Ealdor, il n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer un homme avec sa préférence et depuis qu'il était arrivé à Camelot, il n'en avait jamais eu le temps.

Son amourette pour Arthur semblait logique, maintenant qu'il y pensait, car ils passaient leurs journées ensemble et discutaient beaucoup, de tout et de rien. Mais maintenant qu'il remettait en question sa relation avec Lancelot, il se rendait compte qu'il n'avait jamais été amoureux d'Arthur. Une grande tendresse entre eux, ça oui, de la complicité, évidemment, mais pas de l'amour ... bien qu'il admettait volontiers qu'Arthur avait un corps de rêve.

Toujours est-il que Merlin était en train d'errer dans les couloirs pendant qu'Arthur était en conseil lorsqu'il fut interrompu dans ses pensées :

-Ah, Merlin. J'essaye de te parler depuis 2 jours. Lui dit Lancelot en lui mettant une main sur l'épaule, l'empêchant de partir.

Merlin regarda alors autour de lui pour voir que ses pas l'avaient naturellement menés dans le couloir proche de l'armurerie et donc, proche des chevaliers.

-Euh ... je ...

-Je voulais te parler, tu sais, par rapport à Gauvain et ...

-MERLIN !

Les deux hommes se tournèrent vers le bout du couloir où ils virent Arthur arriver en colère vers eux. Pour une fois, Merlin fut plus que ravi de voir le roi arriver vers lui pour lui donner des tâches.

Le roi, se fichant que son serviteur soit en pleine conversation, l'attrapa par le col de la veste et le tira vers lui en lui parlant de linge et de nourriture. Merlin regarda Lancelot, qui se retrouvait seul dans le couloir et même s'il avait de la peine pour lui, il ne pouvait pas s'empêcher d'être soulagé de ne pas avoir cette conversation qui le rongeait.


Merlin était de service, ce soir-là, auprès de ses amis le roi et la reine de Camelot. Il se trouvait à côté de la table, une cruche en main pour resservir l'un ou l'autre en vin. Mais depuis le début du repas, il était ailleurs, soupirait et se dandinait d'un pied sur l'autre, au plus grand agacement du roi.

-Merlin !

Automatiquement, Merlin s'avança pour le servir en vin, ne voyant pas que le roi avait sa coupe pleine.

Heureusement, Arthur eut le réflexe d'arracher la cruche des mains de son serviteur avant que le désastre n'arrive, faisant sursauter Merlin qui le regardait étonné.

-Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

-Moi ? Rien !

-Allons, Merlin, nous te connaissons. Dis-nous ce qui te tracasse. Dit Gwen en regardant son ami tendrement.

Sauf que Merlin n'avait jamais su résister à ce regard, alors il soupira, pris une inspiration, ouvrit la bouche, la referma, se dandina encore puis ...

-MERLIN ! Cria le roi, excédé.

-Quoi? C'est vous qui voulez que je parle mais vous ne me laissez pas dire un mot.

-Moi, à l'origine, je voulais juste passer un bon moment avec ma femme, c'est toi qui n'est pas capable de tenir en place alors dis-nous ce qu'il t'arrive !

Merlin bougonna puis, voyant qu'il épuisait la patience du roi, inspira un bon coup et dit :

-Vous pensez quoi, des relations entre hommes ?

Cela surpris Arthur mais il croqua dans une pomme, se donnant le temps de réfléchir, puis il dit :

-ça ne me dérange pas, tant que je ne suis pas impliqué.

Il vit alors Merlin se dégonfler, immensément soulagé de la réponse.

-Quoi ? Tu avais peur que je te l'interdise ?

-Et bien ... votre père n'était pas connu pour être excessivement compréhensif alors ...

-Mais je ne suis pas mon père, Merlin. Et si tu t'étais renseigné, tu saurais que ce genre de penchant n'était pas interdit dans le royaume.

Merlin avait presque la larme à l'œil de soulagement, à la plus grande émotion d'Arthur qui réalisait que ce secret rongeait peut-être Merlin depuis des années et qu'il ne lui en avait jamais parlé avant.

Gwen, pour essayer de détendre d'atmosphère, dit doucement :

-Maintenant, la question est de savoir à qui tu pensais lorsque tu posais la question.

Cela sembla électriser Arthur qui se tourna vers son ami et sourit :

-Oui, tiens, c'est une bonne question, ça. Qui est ton partenaire ?

-Non, mais ... Dit Merlin, essayant de couper court à la conversation, mais Arthur reprit rapidement.

-Hum ... Étant donné que tu es toujours à mes côtés, cela doit être quelqu'un que je côtoie fréquemment. Et je ne te vois pas avec un des vieux conseillers de mon père, ou alors tu as mauvais goût. Donc cela ne peut être qu'un chevalier. Dit Arthur, très étonné par cette conclusion.

En regardant Merlin, il ne put que conclure qu'il avait raison. Le pauvre garçon semblait liquéfié, aussi continua-t-il à chercher.

-Alors, qui est-ce ? Peut-être le seigneur Léon ?

-Impossible. Léon préfère les femmes.

-Comment le sais-tu ? Demanda le roi à sa femme, étonné.

-Lorsque ma mère était en vie, elle était lingère dans la famille de Léon et Elyan et moi l'accompagnions souvent. Nous jouions tous les trois ensembles et depuis que je suis arrivée au château, même si nous avons eu une certaine distance, étant un chevalier et moi une servante, il a toujours été gentil et nous discutions souvent. Donc j'en suis sûre, il préfère les femmes.

Le roi hocha la tête mais Guenièvre reprit :

-Est-ce Elyan ?

-Ton frère? J'ignorais qu'il aimait les hommes.

-Si, il les préfère. Oh mais non, cela ne peut pas être mon frère, il est actuellement avec le jeune maréchal ferrant. Quel dommage que tu ne me l'ais pas dit avant, Merlin. J'aurai aimé t'avoir comme beau-frère et avec un peu de chance, cela aurai permis à Elyan de se poser. Il est toujours en train de papillonner à droite et à gauche !

-Hum, pas Elyan, donc ... Perceval ?

-Non, il fréquente la petite boulangère de la rue principale. Gauvain ?

-Ah non, pas Gauvain! Je t'en supplie Merlin, pas lui. C'est un bon chevalier mais il boit comme un trou, il ne fera que te rendre malheureux ! Si tu veux, je peux te présenter d'autres hommes, même des dignitaires ou des rois qui aiment les hommes et qui seraient bien mieux pour toi que lui.

-Ah non, attends, lui aussi préfère les femmes, il nous l'a suffisamment dit.

-C'est vrai ... Ce qui ne nous laisse plus que ... Lancelot. Dit Arthur en regardant, étonné, un Merlin rouge pivoine.

-C'est vrai, Merlin ? Lancelot ? S'étonna, elle aussi, Gwen avant de se reprendre et de dire pensivement.

-C'est vrai que vous faîtes un beau couple. C'est un des rares qui est aussi grand que toi. Et avec ses bras musclés, il saura te protéger et ...

-Hum hum ! Fit savoir le roi, visiblement jaloux. Vous n'allez pas non plus faire les louanges de votre ancien soupirant !

Gwen souri et lui prit une main en disant :

-Vous savez que je n'aime que vous, Arthur, sinon je ne vous aurais pas épousé.

-Oui ... nous réglerons ça ce soir. Dit Arthur en lui faisant un sourire en coin qui fit rougir sa femme et grogner son ami. Toujours est-il, Merlin, que ça ne me dérange pas si tu préfères les hommes et que je suis content si tu te mets en couple avec Lancelot. C'est un homme bon et je sais que vous saurez mutuellement prendre soin de vous.

Merlin fut incommensurablement soulagé.

-Merci Arthur, vraiment.

-Je t'en prie. Tu as ta soirée, va donc voir ton chevalier.

Merlin ne se le fit pas répéter et il posa son broc de vin avant de sortir de la chambre. Juste avant de sortir, il se tourna pour remercier encore son roi mais vit que Gwen s'était levée pour s'asseoir sur les genoux de son époux et qu'ils s'embrassaient doucement. Oui, vraiment, ils faisaient un beau couple.


Merlin savait que Lancelot n'était pas de garde cette nuit et connaissant son aversion pour la taverne, il devait être dans sa chambre, c'est pourquoi il se trouvait devant sa porte... depuis 10 minutes... sans avoir le courage de frapper.

Finalement, il soupira et allait faire demi-tour lorsqu'il entendit du bruit dans les escaliers. Sachant que tous les chevaliers n'étaient pas aussi gentils avec lui que ses amis, Merlin frappa à la porte de façon précipitée, espérant que Lancelot lui ouvre avant qu'on ne lui demande pourquoi il était présent.

Celui-ci dût entendre sa prière car il ouvrit la porte immédiatement. Merlin se précipita à l'intérieur en poussant Lancelot et se colla à celle-ci, soupirant alors qu'il entendait les pas se rapprocher. Il l'avait échappé belle.

-Merlin ? Demanda Lancelot, intrigué par son attitude.

-Désolé, je ne voulais pas qu'on m'interroge sur ma présence ici.

-Merlin, cela fait des jours que je voulais te parler.

-Je sais ... je suis désolé, j'ai été pas mal occupé. Dit Merlin en se détachant de la porte et en torturant ses mains.

Lancelot, voyant la nervosité de son ami, lui prit les mains pour éviter qu'il ne se fasse mal et les lui caressa.

-Merlin ... je ne veux pas que ce que Gauvain nous a dit te perturbe. Il n'y a aucune obligation. Ce n'est pas parce que ...

-Et si je veux ?

-Euh ... quoi ?

-Et si, par hasard, j'en avais envie ?

Lancelot regarda son ami et tout doucement, le guida vers son lit et le fit asseoir dessus. Lui, resta debout et fit les cents pas.

-Lancelot ? Si toi de ton côté, tu ne veux pas ...

-Non je veux ! cria presque Lancelot, faisant sursauter Merlin. Il se calma et rajouta. Pardon, moi je veux aussi, mais je n'envisageais pas que tu voudrais aussi.

Merlin rougit et décida de regarder ses chaussures plutôt que son ami alors qu'il disait :

-Je ... j'y ait bien réfléchi et ... en fait, depuis qu'il a émis l'idée ... j'y pense très souvent ... avec envi.

Lancelot, sous le coup de la révélation, s'assit à côté de Merlin et, avant de parler, il reprit les mains de Merlin que celui-ci martyrisait de malaise.

-Moi aussi. Je ne t'avais jamais envisagé comme ça ... mais ... j'ai affreusement envi de t'embrasser.

Ces mots firent rougir Merlin mais il ferma les yeux et avança son visage vers son vis-à-vis.

Lancelot, ne pouvant résister, avança son visage pour embrasser Merlin.

Ce fut, pour les deux, doux, tendre, incroyablement agréable et légèrement émoustillant. Mais surtout, cela les confirma dans leurs sentiments.

Lancelot lâcha les mains de son compagnon pour passer un bras autour de sa taille et une main dans ses cheveux. Merlin, quant à lui, approfondit le baiser en entourant de ses bras les épaules du chevalier. Ils étaient, enfin, en couple.


Merlin était, comme tous les jours, en train de faire le ménage dans la chambre royale pendant que leurs altesses petit-déjeunaient.

Enfin, c'est ce qu'ils étaient censés faire, mais à chaque fois qu'Arthur voulait porter un aliment à sa bouche, il en était empêché par un soupir de son serviteur qui ne se rendait même pas compte qu'il le dérangeait.

Guenièvre essayait de ne pas rire aux regards meurtriers que son époux lançait à son ami pendant qu'elle n'avait aucun mal à manger ses fruits. Elle savait que lorsqu'il s'agissait de Merlin, il ne fallait pas s'interposer entre ces deux-là. Aussi ne fut-elle pas surprise lorsqu'Arthur craqua et qu'il cria :

-MERLIN !

Le serviteur, croyant être appelé tant il était dans la lune, s'approcha tristement de la table et demanda innocemment :

-Oui, Sire ?

Arthur soupira en se pinçant l'arête du nez tandis que sa femme posait une main sur son avant-bras, essayant de le calmer.

Arthur inspira un grand coup et, de son pied, dégagea une chaise de sous la table, juste devant Merlin.

-Assieds-toi et dis-moi ce qu'il t'arrive.

Merlin s'assit et regarda son ami sans comprendre avant de dire :

-Mais rien, Sire.

-Merlin, ne me mens pas. Tu te traines comme une âme en peine depuis une semaine et tu soupires tellement depuis ce matin que tu n'auras pas besoin d'ouvrir la fenêtre pour aérer tant tu as fait circuler l'air dans la chambre. Alors dis-moi ce qu'il se passe !

Voyant son époux à bout de nerf, Gwen surenchérit :

-C'est vrai, Merlin, nous sommes inquiets, quelque chose ne va pas... Est-ce qu'Unith va bien ? Demanda t'elle en faisant référence à la mère de son ami.

-Oui, dans sa dernière lettre, elle me disait être en forme.

-Il y a un souci avec Gaïus ?

-Non, il me donne toujours autant de tâches mais il est toujours très gentil.

-Alors c'est Lancelot. Déduisit Arthur. Je savais que c'était une mauvaise idée que vous vous mettiez en couple. Gwen profita de ce moment pour frapper son époux. Qu'est-ce qu'il t'a fait ? Exigea de savoir Arthur en ignorant sa femme et en se penchant vers son ami.

-Rien, rien. Lancelot est parfait, comme toujours. Dit Merlin avec peu d'enthousiasme et en soupirant.

-Merlin ... tu sembles malheureux. Dis-nous ce qui te pèse. Demanda gentiment Gwen en lui prenant les mains à travers la table.

Merlin resta encore un peu silencieux puis, voyant le regard compatissant de Gwen et celui exigeant une réponse d'Arthur, il soupira à nouveau et dit :

-En fait, tout va vraiment bien avec Lancelot. Il est gentil, prévenant. Il est câlin et nous passons beaucoup de temps ensemble, à rire et à parler...

-Mais ?

-Mais ... il ne veut pas aller plus loin avec moi. Dit Merlin d'un ton malheureux.

Gwen regarda son ami, dubitative, alors qu'Arthur se reculait, ne voulant pas en connaître plus sur la vie intime de son am... serviteur.

-C'est-à-dire ?

-Ben ... lorsqu'on s'embrasse ...

-Pas de détails, pitié, pas de détails ... murmura Arthur, mais assez fort pour que sa femme lui lance un regard blasé et son ami un regard de pitié.

-Je voudrais qu'on couche ensemble ! Ce n'est pourtant pas compliqué. Cela fait 6 mois que nous sommes ensemble mais il se comporte toujours de manière si ... chevaleresque. Mais j'aimerai bien passer au niveau supérieur. Je sais en plus qu'il a eu des gens avant moi, donc ce n'est pas la peur ou quoi que ce soit qui le retiens alors quoi ? Explosa Merlin. Puis tristement, il dit: peut-être que finalement, il ne m'aime pas.

-Bien sûr que si, Merlin. Je n'ai jamais vu Lancelot aussi épanoui que depuis qu'il est avec toi. Certifia la reine.

-Alors peut-être que je le dégoute.

-Merlin ...

-Non mais c'est vrai, Gwen, regarde-moi. Je suis trop maigre, trop grand, je ne suis pas mignon et je m'attire toujours des ennuis. Et j'ai de grandes oreilles !

-Je suis sûre que ce n'est pas ça, Merlin. Peut-être qu'il ne veut pas te brusquer ? proposa Gwen.

-Mais je suis plus que prêt, moi. J'ai essayé d'en parler avec lui mais il refuse la conversation. Il finit par m'embrasser quand j'essaye de lui parler et je perds le fil de mes pensées. Alors j'ai essayé des méthodes plus direct et j'essaye de le déshabiller ou de me déshabiller pendant qu'on s'embrasse mais il nous rhabille toujours en disant qu'on va attraper froid.

-Trop de détails. Murmura Arthur, un air horrifié sur le visage.

-Je me suis même glissé nu dans son lit un jour !

-Et qu'est-ce qu'il a fait ? Demanda Gwen, passionnée par les efforts de son ami.

-Il m'a demandé si je n'allais pas avoir froid et il m'a pris sans ses bras, tout habillé, pour dormir. En 5 minutes, il était au pays des rêves et moi j'étais bloqué dans ses bras, frustré.

Gwen n'en pouvait plus et explosa de rire.

Merlin était un peu vexé par la réaction de son amie mais pouvait aussi la comprendre. Il fit tout de même la moue lorsque le roi lui demanda sérieusement :

-Tu veux que je lui parle?

Merlin fut horrifié par cette idée et, se levant, lui dit :

-Je vous interdis de lui en toucher un mot, Sire, c'est clair ? Je règlerai mon problème tout seul. Après tout, il ne va pas me faire attendre encore 6 mois ! Dit Merlin résolu alors qu'il débarrassait la table sans se rendre compte que son ami n'avait pas touché à son assiette.


Arthur rentra dans le vestiaire des chevaliers pour voir ceux-ci se préparer pour l'entraînement. Il regarda partout et ne vit pas Lancelot aussi s'approcha-t-il de ses chevaliers les plus proches pour leur demander :

-Lancelot n'est pas là ?

-Non, Sire. C'est lui qui est chargé de vérifier le terrain pour l'entraînement, aujourd'hui.

En effet, Léon était son chevalier principal et il s'occupait normalement de tous ses préparatifs, de faire le planning des rondes et de tous les aspects administratifs. Mais il avait été récemment décidé que Lancelot le suppléerait sur certaines tâches, permettant au roux de se reposer un peu.

-Parfait. J'ai une mission pour vous. Dit Arthur en se penchant et en parlant à voix basse.

Léon, Gauvain, Perceval et Elyan se penchèrent aussi pour demander :

-Quelle mission ?

-Un enlèvement.

Les chevaliers étaient surpris. Ce n'était pourtant pas dans les habitudes de leur roi de prévoir un enlèvement.

-De qui ?

-De Lancelot !

A ces mots, et flairant une bonne blague, les chevaliers sourirent et furent tout ouïe pour écouter le plan de leur souverain.


Lancelot et Léon étaient de garde, ce soir-là. Ils patrouillaient en devisant gentiment. Ils avaient d'abord une ronde à faire dans le château puis ils devaient aller dans la ville basse. Ils parlaient donc simplement des prochains exercices des chevaliers lorsque des individus masqués les attaquèrent. Ou plutôt, attaquèrent Lancelot tandis que Léon faisait le guet pour vérifier que personne ne les voyaient.

Un bâillon lui fut mis dans la bouche, on le délesta de son épée et de son casque et on le traina dans une pièce peu éloignée.

Lancelot, comme un fou, essayait de se débattre alors qu'il voyait Léon les suivre calmement en portant sa lance qui était tombée.

Finalement, il fut assis et ligoté sur une chaise et stoppa toute résistance lorsqu'il vit le roi discuter avec Elyan qui était en tenue complète de chevalier.

-Donc souvenez-vous, si on vous interroge, vous avez demandé à Lancelot de permuter vos gardes mais vous ne savez pas où il est actuellement.

-Compris. Dit le frère de la reine en souriant. Puis, se tournant vers son ami d'enfance qui posait sa lance contre le mur : On y va ?

-Quand tu veux. Dit le roux en souriant.

Les deux quittèrent alors la pièce pour reprendre la ronde normalement.

Lancelot remarqua alors la présence de Gauvain et de Perceval à ses côtés. C'était manifestement eux qui l'avaient enlevé et il comprenait pourquoi il n'avait pas réussi à se défendre. Les deux autres étaient vraiment très costaud.

Pour autant, il savait que ce n'étaient pas eux qui étaient à l'initiative de cette plaisanterie douteuse, aussi se tourna-t-il vers le roi et, malgré son bâillon, il exigea d'en savoir plus.

-Arffuffff

-Lancelot ! Si je voulais vous voir, c'était pour vous parler de Merlin.

-Mefffin ?

-Ah, mais j'oubliais ... j'ai l'interdiction de vous parler ... Ce n'est pas grave, on va faire autrement. Gauvain ?

Ledit chevalier s'approcha de son roi sans comprendre et se plaça en face de lui.

-Pour cette conversation, vous êtes Lancelot, d'accord ?

-Oh, génial. Donc j'ai le droit d'aller boire un verre avec son argent et de coucher avec Merlin ?

Tandis que Lancelot s'agitait, Arthur mettait une petite tape sur la tête de Gauvain.

-Justement non, et c'est bien le problème.

-Ouah? Demanda Lancelot.

Mais le roi ne lui accorda pas un regard et se concentra sur Gauvain.

-Lancelot, cela fait 6 mois que vous fréquentez mon meilleur am... mon serviteur. Pas mon meilleur serviteur, d'ailleurs, il est trop maladroit. Je ne sais pas pourquoi je le garde à mon service en fait, il fait trop de bêtises. Mais bon, il est loyal et courageux donc bon ...

-Arthur. Rappela Gauvain pour le remettre sur le sujet.

-Oui, donc vous fréquentez mon serviteur. Et j'ai donné mon autorisation à Merlin pour que vous vous fréquentiez, lorsqu'il me l'a demandé. Je me dis que j'aurai mieux fait de la lui refuser vu l'état dans lequel il est maintenant.

-Meffin? refit Lancelot, inquiet.

-Il passe ses journées à être distrait et à soupirer, c'est insupportable. J'ai l'impression que vous le rendez malheureux et que cela affecte son travail.

-Ouah ?

-Je suis à deux doigts de vous interdire de vous fréquenter. Mais si je faisais ça, j'aurai des problèmes avec ma femme qui semble penser que vous êtes un couple parfait.

-Ah ! Elle aussi ! Je le savais. Dit Gauvain, victorieusement.

En réponse, Arthur lui lança un regard noir et reprit:

-Donc, je veux que vous ayez une discussion avec lui. Il semblerait que la raison de son malheur est que vous refusiez de coucher avec lui.

-Quoi ? S'étonna Gauvain. Puis, se tournant vers Lancelot il dit : Vous plaisantez, j'espère. Il n'a d'yeux que pour vous et c'est l'homme le plus courageux et gentil que je connaisse. En plus, même moi qui ne suis intéressé que par les femmes, je le trouve mignon et j'en ferai bien mon quatre heure, alors ... aïe !

Il n'avait pas pu finir sa phrase car Arthur l'avait frappé un peu plus fort qu'avant, sous l'œil approbateur de Lancelot.

-Je disais donc ! Je vous laisse le choix. Soit vous discutez avec lui et vous réglez ce problème SANS JAMAIS ME DIRE COMMENT CA S'EST FINI ! Soit vous le quittez vite et sans le faire souffrir. De toute façon, je connais plein d'hommes qui seraient ravis de le fréquenter. J'ai même déjà eu des personnes qui m'ont approchées pour me demander l'autorisation. J'avais toujours refusé, ne connaissant pas les préférences de Merlin, mais là, je pourrai mieux sélectionner ses prétendants.

A ces mots, Arthur regarda Lancelot qui semblait fulminer sur sa chaise.

-Bien, je crois que nous avons fini. Dit Arthur avec le sourire.

Il vit Perceval, qui souriait grandement, se pencher vers la chaise de Lancelot pour le détacher alors il lui dit :

-Non, laissez-le.

Gauvain, Perceval et Lancelot lui jetèrent un regard étonné.

-Sire ?

-Et bien, c'est un chevalier de Camelot, et un des meilleurs. Donc, laissons-le se défaire de ses cordes tout seul. Dit Arthur avec sourire cruel sur le visage. Nous vous laissons votre lance et votre épée ici et n'oubliez pas que l'entraînement de demain est à 10h00 et qu'il n'est pas optionnel. Bonne nuit.

Puis le roi sorti, avec dans son sillage Perceval, un peu embêté de laisser son ami ainsi, et Gauvain, qui arborait un grand sourire.


Il était presque 9h30 et Merlin était un peu inquiet. En temps normal, lorsque Lancelot était de garde comme hier, Merlin dormait dans son lit et était réveillé par un baiser lorsqu'il revenait. Là, il avait manqué le réveil et s'était fait crier dessus par Arthur ... encore.

Pour le punir, le roi lui avait donné milles et une tâches à faire avant midi. Il lui en restait plein à faire mais il voulait aller voir les chevaliers avant l'entraînement pour voir son compagnon.

C'est alors qu'il entendit des bruits de course derrière lui. En se retournant, il fut content de voir Lancelot, mais un Lancelot méconnaissable.

Il portait une grande trace rouge sur le visage, ces cheveux étaient ébouriffés, il avait de grandes cernes sous les yeux et semblait très pale.

Merlin le réceptionna dans ses bras alors que Lancelot arrivait à sa hauteur et essayait de reprendre son souffle.

-Lancelot ! Est-ce que tout va bien ?

-Non... oui ... ça va.

-Mais ... tu es dans un tel état ! Tu t'es fait attaquer ? Demanda Merlin, inquiet.

Lancelot allait répondre que non lorsqu'il réalisa qu'il s'était vraiment fait attaquer.

-Oui.

-Quoi ? mais ...

-Non, ce n'est rien. Merlin. Il faut qu'on parle. Ce soir, rendez-vous dans ma chambre à 19h00.

-Mais...

-Je n'ai pas le temps de t'en dire plus, je dois aller à l'entraînement. Mais rejoins-moi ce soir, d'accord ?

Puis, l'embrassant brièvement, il lui susurra un «je t'aime» avant de partir en courant. Il allait être en retard à l'entraînement et il avait une vengeance à prendre sur 5 de ses camarades.

Merlin, laissé seul dans le couloir, toucha doucement ses lèvres en rougissant. C'était la première fois que Lancelot lui disait qu'il l'aimait alors que lui le lui avait dit dès le 1er mois ensemble.

Plus guilleret, Merlin retourna vite à ses tâches pour les avoir toutes finies pour 19h00.


Alors qu'il attendait Merlin dans sa chambre, Lancelot se rendait compte qu'il n'avait jamais été aussi nerveux.

Il se sentait pourtant en forme. Après avoir exigé un entraînement intensif contre ses 5 kidnappeurs et s'être assuré qu'ils avaient quelques plaies ou au mieux quelques courbatures, il était parti manger un bon repas, puis il avait fait une sieste avant de se mettre au rangement de sa chambre. Il avait demandé à la cuisinière un repas spécial pour 2 qu'il s'était fait monter par un serviteur, il avait pris un bain et avait changé ses draps. Et maintenant, il attendait son amour.

Car oui, sa nuit à essayer de se défaire de ses liens lui avait permis de réfléchir à sa situation. Il avait bien compris, toutes les fois où Merlin avait voulu qu'ils couchent ensemble. Il n'était ni un idiot ni un prude. Mais il avait toujours trouvé une parade.

Principalement parce que même s'il savait qu'il adorait Merlin, il ne savait pas s'il l'aimait vraiment.

Ils s'embrassaient, pouvaient discuter de tout et se disaient des mots tendres, mais était-ce suffisant ? Est-ce que pour Merlin, il accepterait de ne plus vagabonder ? De rester au même endroit et de le soutenir quoi qu'il arrive ?

Après cet enlèvement, la réponse était clairement oui. Oui, il accepterait de se sacrifier pour protéger Merlin et son secret. Oui, il accepterait de rester à Camelot et même de subir la présence de Gauvain et d'Arthur tous les jours. Et oui, il avait vraiment très hâte de passer à l'acte avec son futur amant.

Justement, alors qu'il réarrangeait la nappe de la table, il entendit un discret coup à sa porte et sa poignée s'abaisser. Il était prêt. Il allait demander à Merlin de partager sa vie ce soir.


Arthur et Guenièvre était à la table du petit déjeuner à attendre que Merlin n'arrive. Encore une fois, il était en retard et n'avait pas réveillé le roi. Heureusement, Gwen avait une façon bien plus douce que le garçon de le tirer du sommeil.

Ils discutaient doucement lorsque quelqu'un frappa à la porte. Étonnés car Merlin ne frappait jamais et entrait en fanfare dans la pièce, Arthur autorisa l'entrée à l'inconnu. Il fut d'autant plus étonné de voir Lancelot entrer, tout gêné.

-Il y a un problème ? Demanda Gwen, inquiète.

-Non ... rien de grave, majesté. Je voulais juste vous dire que Merlin ne pourra pas prendre son service, aujourd'hui. J'ai donc demandé à un autre serviteur de vous amener votre petit déjeuner.

Arthur fronça les sourcils, inquiet et contrarié de cette nouvelle.

-Pourquoi ?

Et au grand étonnement du couple royal, ils virent Lancelot devenir rouge progressivement. D'abord les joues, puis le front pour finir par le cou qui devint également écarlate.

-Euh ... Il est indisposé. Il ne va pas pouvoir se déplacer aujourd'hui.

Et enfin, cela fit sens dans l'esprit du roi alors qu'il entendait Gwen glousser dans sa main.

-Je vois ... grinça le roi. J'ose espérer qu'il ne souffre pas trop. Dit-il avec un regard perçant.

Lancelot, toujours rouge, balbutia quelques dénégations.

-Bien. J'irai le voir dans la matinée, pour prendre des nouvelles. Il est dans votre chambre, j'imagine ? Demanda le roi un peu durement.

Lancelot bredouilla un oui, toujours aussi rouge.

Le roi lui fit signe de partir et il en profita pour laisser la porte ouverte pour le serviteur qui arrivait avec le plateau de nourriture royal.

Pendant que le serviteur disposait les plats, Gwen en profita pour prendre la main de son époux et pour lui dire :

-Allons, vous n'allez pas bouder parce que Merlin ne sera pas là de la journée, n'est-ce pas?

-Je ne boude pas ! Dit hautement le roi en regardant le serviteur sortir en fermant la porte.

-Vous allez vraiment aller voir Merlin ?

-Bien sûr, je suis le roi et il est de mon devoir de m'assurer que mon peuple est en bonne santé et Merlin fait partit de mon peuple.

Gwen leva les yeux au ciel en se servant du pain et de la viande.

-Vraiment, quand accepterez-vous enfin d'avouer que Merlin est votre ami ?

-Ami ?

-Meilleur ami, je dirai même.

-Jamais ! Ce n'est pas le cas.

-Vraiment ? Alors qui est-ce ?

-Euh ... Léon. Je le connais depuis bien plus longtemps.

-Vous ne saviez même pas qu'il préférait les femmes aux hommes !

-Et alors, Merlin non plus, ça ne prouve absolument rien.

La reine soupira devant cette mauvaise foi flagrante et dit doucement :

-En tout cas, Lancelot ne sait pas dans quoi il s'est engagé dans cette relation avec le frère du roi.

FIN

Et voilà, j'espère que cela vous aura plu.

J'ai eu un souci avec mon Word qui passait en version tronqué sur . Des bouts de phrases manquaient et la mise en page avait sautée. J'ai essayé de tout remettre, j'espère que c'est bon, cette fois.

Bonne journée.

Mangafana