Bonjour à tous et bonne lecture
Penumbra de Adrel Black
Chapitre 1: Odiando
Las fuerzas, me ayudan a continuar (les forces, aidez-moi à continuer)
Pero Algún día, sé que se acabarán (mais un jour je sais qu'ils vont se retrouver)
Cuando eso pase, no tendré a donde ir (quand cela se produira je n'aurai pas à aller)
Lejos del principio, cono tan lejos del fin (loin du commencement, aussi loin de la fin)
Paroles tirées de la chanson Quiero de Warcry
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Il est évident que le whisky pur-feu doit son nom au fait que quand il glisse dans la gorge, on a l'impression d'essayer d'avaler un fer rouge. Même les personnes qui en boivent depuis de nombreuses années ont cette sensation.
La chambre est dans la pénombre, seulement illuminée par les flammes qui brûlent dans la cheminée. Le froid est terrible dans les cachots et c'est la preuve du dur hiver.
On peut même voir la vapeur provoquée par sa respiration, mais il est tellement immergé dans ses pensées qu'il ne réalise pas que le feu est presque éteint.
Sur la cheminée, une vieille et petite horloge avance doucement ses aiguilles vers minuit…encore une nuit blanche à être tourmenté et à l'occasion le tic-tac de l'horloge a tendance à le rendre fou.
Il se demande si cette nuit Voldemort va le convoquer à une nouvelle réunion. Il trouve que les mangemorts sont étrangement calmes. Leur inactivité ne peut pas être un bon présage et ils préparent surement quelque chose. Il se rend compte que l'idée le rend nerveux.
Il sort un paquet de cigarettes moldues de sa redingote et en allume une; sur la table du salon on peut voir un cendrier déjà rempli de mégots. Il se repose dans un vieux fauteuil en cuir, celui où il passe ses nombreuses nuits d'insomnies. Le fauteuil est usé et l'assise est plus enfoncée que le reste, mais peu importe, personne n'entre jamais dans ses quartiers, sauf Dumbledore en de rares occasions, car il s'agit de son territoire à l'intérieur de Poudlard.
Il entend soudain un léger craquement derrière lui, tous ses sens de mettent en état d'alerte, mais il sait tout de suite de quoi il s'agit. Il n'a rien à craindre ou peut-être que si finalement?
«-Professeur Snape, le Directeur Dumbledore souhaite vous parler» annonça Phineas Nigellus Black, le dernier directeur que la maison Serpentard a apporté à Poudlard. Ce dernier le regarde avec le visage ennuyant d'une petite peinture que Dumbledore a fait installer dans son salon pour être en contact avec lui.
«-Dites au directeur qu'il peut passer» répondit-il sans se retourner pour ne pas voir le tableau et en effectuant un paresseux mouvement de sa baguette il fit disparaître les protections bloquant sa cheminée quasiment éteinte.
Il déteste ce vautour de Black, considérant qu'il est à lui seul une violation de son intimité, une manière peu discrète de faire surveiller par Dumbledore. Mais il ne peut pas refuser au directeur de distribuer des portraits dans toute l'école comme bon lui semble.
Donc depuis trois mois, ce tableau néfaste de Phineas Nigellus Black, montrant fièrement son Ordre de Merlin 3ème Classe, est accroché dans ses quartiers.
Plusieurs fois Severus se demanda si Dumbledore a pensé qu'avoir un Black comme invité permanent n'était pas ce qu'il désirait le plus; d'autres fois, il se demanda si ce vieux fou ne l'avait pas fait exprès et qu'il aurait pu choisir n'importe quel directeur à la place de Black.
Mais après 90 jours, il ne fait plus attention à ce tableau ennuyeux. Il est plus préoccupé par les assiduités constantes du directeur dans son désir «d'être mieux informé», mais pour Severus cela signifie qu'une chose: «en savoir plus pour pouvoir gérer et manipuler les personnes à votre guise et convenance».
Et voilà, Albus Dumbledore, le plus grand sorcier de notre époque, qui tourne dans un tourbillon de flammes vertes. Il apparaît dans l'âtre de la cheminée, les lunettes légèrement tordues et habillé d'une étrange tenue pour dormir de couleur cerise avec des petites étoiles dorées, sans oublier le bonnet de nuit assorti, le tout recouvert par des traces de cendres.
Quand le vieillard sort enfin des flammes tout en répandant les cendres sur le sol de pierres soigné du salon, Severus essaya d'être courtois bien que son expression soit d'un total dégout. « - Que me vaut l'honneur de votre visite à cette heure de la nuit Directeur?» demanda Severus avec gentillesse, mais indiquant à Dumbledore par sa posture qu'il n'est pas l'heure de socialiser.
«- je vois que tu n'es pas d'humeur, Fils», Severus fait la grimace en entendant l'appellation, «je vois aussi que tu as bu… de nouveau» dit le directeur en regardant fixement la bouteille de whisky presque vide qui repose au pied du canapé.
«- S'il vous plait, prenez un siège Albus» dit Severus en montrant le canapé au directeur; «- Excusez-moi de ne pas vous offrir quelque chose à boire, mais en général, j'offre des boissons à mes visiteurs avant 19h.»
« - Bon, il est évident que je ne suis pas le bienvenu», Dumbledore lui sourit comme si tout cela n'était qu'un jeu, «- et je ne pense pas qu'il s'agit de l'heure, je pense plutôt, Severus, que tu sais aussi bien que moi que le moment approche.»
Dumbledore dirige sa baguette vers la cheminée et transforme les braises en un feu douillet qui illumine ainsi l'obscurité de la pièce. Il regarde Severus par-dessus ses lunettes en espérant croiser son regard froid mais sans succès. Severus fixe les flammes rouges et bleues qui crépitent dans la cheminée. Toute trace de sa colère a disparue et sur son visage il ne reste qu'une expression froide de vide. Et bien qu'il semble perdu en lui-même il répond: «- le futur ne peut pas être bouleversé Albus, vous le savez autant que moi.» Il préfère ne pas se retourner vers son interlocuteur car il craint que ce dernier soit capable de lire la vérité dans ses yeux. Il reprit:«- Ni vous, ni moi ne devons intervenir, ''il'' viendra et il se passera ce qu'il doit se passer. Tout Ce que je vous dis ou pas n'a aucune importance même si certains naïfs croient qu'ils peuvent changer le futur et le passé.»
Albus lui répondit:«- je ne veux pas intervenir mais juste comprendre ce qui s'est passé.»
Severus sent le regard d'Albus sur lui mais tant qu'il le peut-il évite tout contact visuel avec lui. Il sait très bien qu'Albus n'utilisera pas la légimencie sur lui mais sait aussi que le vieux sorcier est dévoré par la curiosité.
Albus reprit doucement: «- Si tu continues à te tourmenter pour la mort de Lily ce n'est pas sain. Je pensais qu'avec les années tu t'en sortirais, mais à chaque année qui passe tu t'enfonces encore plus. Je ne te comprends pas Severus. J'ai vu des personnes qui ont perdu leur famille, leurs amis, leurs connaissances, et qui pourtant malgré cela, continuent à aller de l'avant, contrairement à toi.»
Severus le coupa dans ses propos en détournant la vue du feu pour le regarder «je ne lui dirai rien de plus, seulement la même chose que je lui ai dit il y a près de 20 ans, il doit me retrouver au Ministère de la Magie, dans la Salle du Temps, dans deux jours.»
«- Tu es sûr des dates?» lui demanda Albus. Le vieil homme s'inquiète. Il essayait toujours de faire en sorte que Severus en dise plus. «- Tu rentres quand? Est-ce que je dois t'emmener quelque part?»
«- Vers la nuit» murmure le professeur de potions; puis en se caressant l'arête du nez avec l'index et le pouce, il répond «- faites ce que vous pensez le mieux, ce sera la meilleure chose à faire.»
Avec un regard triste Albus repris «- tu ne peux pas continuer à t'en vouloir pour la mort de Lily, Severus, ce n'est pas sain de laisser le passé te consumer.»
Severus soupira «- j'ai parfois pensé que vous étiez omniscient, vous semblez savoir tout ce qui se passe, mais sachez que parfois il y a quelque chose qui peut vous échapper.»
Albus l'observe en silence. Severus semble distinguer différents sentiments dans son regard, de la tristesse, de la déception, de la curiosité et même de la miséricorde. Mais il sait très bien qu'il ne doit pas faire confiance à ce que Albus semble montrer.
Car pour le monde c'est un sage, un sorcier extraordinaire, quelqu'un en qui on peut mettre tous ses espoirs, un mage puissant et digne de confiance, mais il peut aussi très bien être machiavélique et manipulateur.
«- Et maintenant, si cela ne vous dérange pas, je me sens épuisé et j'aimerai pouvoir me reposer » dit Severus en se levant de son fauteuil pour signifier clairement au directeur qu'il était temps qu'il parte.
«- Dans ce cas, je te souhaite une bonne nuit Severus» et le directeur disparut de la cheminée dans une marée de flammes émeraudes.
Severus continue de regarder la cheminée vide par laquelle Albus a disparu, puis il regarde le tableau de Nigellus, le sorcier dort allongé sur le cadre, peut-être trop calme pour paraître réel. Severus en colère laisse son verre vide sur la cheminée et se dirige vers sa chambre. Il déteste être surveillé comme un enfant.
Il a souvent eu peur qu'Albus réalise ce qui s'est vraiment passé et qu'il le vire. D'autres fois, il a pensé qu'il vaudrait mieux quitter Poudlard, s'éloigner enfin de tant de souvenirs, des décisions d'Albus, des souvenirs de Lily, de Potter… Mais non, il ne peut pas être loin d'elle.
Il était avec elle avant sa naissance, il avait vu madame Granger enceinte. Il était entré dans l'hôpital, dans ce couloir vitréqui permettait de voir la nurserie, pour voir ce bébé dont il tomberait fou amoureux.
Il se rappelle ce jour-là, il avait réussi à passer entre les médecins et les infirmières à l'aide de mensonges et de sors de confusion, jusqu'à ce qu'il arrive à cette baie vitrée d'où on pouvait voir les berceaux. Il n'y avait qu'un autre enfant avec elle.
Impossible de ne pas reconnaître son visage angélique, dans lequel on devinait déjà les traits de l'incroyable femme qu'elle deviendrait.
Il se souvient d'avoir collé son front au verre froid de la vitre et d'avoir ressenti une envie de pleurer, une confusion et une tristesse comme aucune autre. Même la douleur de la mort de Lily a été diminuée par rapport à la douleur qu'il ressentit à ce moment-là.
Lily, à la fin, était morte, mais Hermione, elle, était vivante. Elle était vivante et elle était un bébé alors qu'il était déjà un jeune homme de 19 ans.
Une femme au visage rond et aux cheveux blonds s'était approchée du bébé qui était à côté d'Hermione dans les berceaux.
«- C'est votre fille?» demanda-t-elle en souriant. À ce moment-là, il a voulu s'effondrer, tomber par terre dans le couloir de cet hôpital et pleurer jusqu'à la mort.
«- C'est ma nièce» répondit-il d'une voix imperturbable.
« - Quelle coïncidence! C'est aussi mon neveu» dit-elle en pointant l'autre enfant. «- C'est une magnifique petite fille! Félicitations!»
« - Je sais» fût sa réponse, et sans dire au revoir il s'est retourné et a quitté cet endroit.
Il ouvre les yeux sur le plafond de sa chambre à Poudlard, les souvenirs sont si vifs qu'il est difficile de penser que 17 ans se sont écoulés depuis ce jour et qu'il est toujours à Poudlard, incapable de s'approcher ou de s'éloigner d'elle.
Il était là quand elle est entrée à l'école moldue, il était juste une ombre à côté d'un arbre quand sa mère l'a quittée pour son premier jour d'école.
C'était une sorcière et il était sûr que ce serait lui qui lui apporterait la lettre l'informant qu'elle était une sorcière.
Le jour où elle est arrivée à Poudlard, il avait même été tenté d'ensorceler le Choixpeau magique pour qu'il l'envoie à Serpentard, mais non, elle est une Gryffondor. Il le sait, de toute façon il ne peut pas changer le futur, c'est son destin.
Severus continue de tourner dans le lit rongé par les souvenirs des années passées, présentes et futures. Se sentant misérable ou se détestant pour son destin, se détestant pour avoir permis la mort de Lily, haïssant Dumbledore et ce fichu tableau de Nigellus pour avoir essayé de le manipuler, haïssant Voldemort d'avoir fait de sa vie un cauchemar, une vie dans laquelle il vit encore après tant d'années de souffrance, haïssant James d'avoir volé Lily, car si elle avait été avec lui rien ne lui serait arrivé, haïssant Harry pour le simple fait d'être égal à James, haïssant Weasley pour être toujours en train de baver sur Hermione, haïssant le mon parce qu'il suivait son cours même si il se vidait un peu plus de son sang à chaque instant, mais surtout en haïssant Hermione Granger, en la haïssant de toute son âme, en détestant avoir à l'aimer jour après jour, pour tout ce qu'il lui reste de vie, en haïssant toujours vivre dans la nuit et dans la pénombre.
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Voilà pour ce premier chapitre, j'essaie au mieux de "coller" au texte d'origine mais comme dans toute traduction je suis parfois obligée de remanier les phrases.
N'hésitez pas à me dire si vous voyez des fautes (je ne suis pas parfaite) ou si une phrase vous semble bizarre
je suis déjà en train de plancher sur le chapitre 2
A bientôt
Sevrogue
