Titre : Friandises pour Zombie vorace
Autatrice : lasurvolte (de pseudo) ou mari (mais vous pouvez m'appeler aussi Plectrude si ça vous dit ^^)
Disclaimer : MHA appartient à Horikoshi.
Couple : BKDK
Note : je participe au challenge de Les_defis_de_Crea sur Halloween. C'est un défi qu'elle m'a imposé et le média est à la fin de la fic.
Note 2 : Cette fic est sans doute bourrée de défauts, d'incohérences et de facilités, mais ça m'a beaucoup plu de l'écrire, je me suis laissée tellement transporter qu'elle est assez longue, je l'ai donc coupée en deux parties et je posterai la deuxième partie plus tard. J'espère vraiment qu'elle vous plaira malgré ses imperfections.
Partie 1 : Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Chose rare, l'hôpital était calme. Habituellement, les urgences s'enchaînaient même la nuit. Izuku, infirmier en formation, courrait toujours partout et parfois ne savait plus où donner de la tête. Il rentrait chez lui épuisé, et s'il continuait à faire de son mieux et n'avait pas abandonné, c'était parce qu'il aimait l'idée d'aider les autres, de les soutenir, de peut-être changer la donne. Alors même quand il était sur les rotules, il se donnait à fond et gardait le sourire.
Parfois ce n'était qu'en rentrant chez lui qu'il fondait en larmes, d'épuisement, ou parce qu'il s'était sentit inutile face à un patient impossible à soigner. Constater le trépas d'une personne de ses propres yeux n'était pas toujours simple.
Il ne se doutait pas que ce soir-là, il allait voir la mort en face d'une façon bien étrange.
On était le trente-et-un octobre. La plupart des gens profitaient d'Halloween, se déguisaient, entraînaient leurs enfants à la chasse aux bonbons, et pour une fois Izuku avait un peu de temps pour lui. L'hôpital était calme, presque trop calme. Dans les couloirs vides, il se surprit à siffloter, car le manque de brouhaha l'inquiétait quelque peu. Un hôpital rempli de silence et d'obscurité avait quelque chose d'un peu flippant. Il fit le tour des chambres pour voir si tout allait bien, puis revint à son bureau où il veillait. Izuku se sentit somnoler quand un bruit de grattement l'éveilla. Est-ce qu'un patient s'était levé et se tenait derrière la porte ? Le jeune infirmier se leva et se dirigea vers le bruit. La porte s'ouvrit alors, le faisant sursauter.
Entra un homme qui ne faisait pas partit de la liste des patients. Izuku ne l'avait jamais vu et il était étonné que celui-ci ait pu venir jusqu'ici sans être arrêté par un médecin ou autre personnel de l'hôpital.
Izuku allait lui demander ce qu'il faisait là, s'il s'était perdu, mais en s'approchant, il remarqua la peau vert pâle de l'homme, ainsi que ses blessures sur les bras et le corps qu'un polo déchiré mettait à jour. Il poussait des grognements et Izuku resta là sans bouger.
Est-ce qu'on lui faisait une blague pour Halloween ? Est-ce que le personnel s'était consulté pour lui faire peur pile ce soir-là, pour mettre un peu de gaieté dans leur vie et taquiner Izuku ?
— Monsieur… ? interrogea avec hésitation le petit infirmier.
L'autre le regarda avec mépris et continua ses grognements.
— Est-ce que vous vous sentez bien ?
Pas de réponse.
— Est-ce que vous êtes en train de me faire une blague ? Parce que vous ressemblez à un zombie très réussi, mais je sais que les zombies n'existent pas vraiment et que si vous en êtes un vrai, je suis surement en train de dormir et rêver, ou en pleine hallucination. En fait ce serait bien que vous me disiez qui vous êtes, je pourrai peut-être vous aider et soigner vos blessures.
Izuku était un garçon plutôt calme, mais le stress le faisait parler, parler, parler. Ses collègues avaient l'habitude de se moquer de lui à cause de ça. Parce qu'une fois lancée il avait du mal à s'arrêter. Il prenait aussi beaucoup de notes pour tout retenir et n'était jamais le dernier à poser une question s'il voulait plus de précision sur un point.
Le garçon à la peau verte paraissait jeune, il devait avoir environ le même âge qu'Izuku, et il ne répondit à aucune question se contentant de grogner en s'approchant. L'infirmier put comprendre ce qu'il disait :
— Manger cerveau, crève !
Si c'était un faux zombie (et c'était forcément un faux zombie, voyons, les vrais n'existaient pas), il était très ressemblant, et jouait parfaitement son rôle. Même l'odeur qui remonta au nez d'Izuku convenait au costume.
— Je peux vous soigner, insista Izuku.
Il se recula pour aller chercher les produits dans la trousse à pharmacie, des gants, des compresses, du désinfectant et même du fil et une aiguille pour faire des points si besoin. Le zombie (vrai ou faux) l'avait suivi et continuait à baragouiner des « manger cerveau » et « tu vas crever ».
— Vous n'avez pas l'air de bonne humeur, tenta Izuku pour détendre l'atmosphère.
Mais l'autre ne rit pas. Izuku qui était dans le déni, qui refusait de croire qu'il s'agissait là d'un vrai zombie, s'approcha et lui demanda de s'asseoir :
— Je vais vous soigner, insista-t-il.
Mais peut-être que ses blessures étaient fausses elles aussi, faites avec du faux sang. Pourtant, plus Izuku les observait et plus elles lui paraissaient réels. Il en avait suffisamment vu pour pouvoir faire la différence. Cet homme, qui qu'il soit, devait souffrir, et le rôle de l'infirmier était de lui venir en aide, même s'il était bizarre.
Il aurait pu appeler un médecin à la rescousse, mais nettoyer des plaies et faire quelques points ne nécessitaient pas de déranger qui que ce soit n'est-ce pas ?
Peut-être qu'il aurait dû, parce que l'homme se mit à baver :
— Manger…
Izuku sembla alors comprendre.
— Mais bien sûr vous êtes venus chercher des bonbons. Vous avez de la chance, j'en ai toujours dans mon bureau. Et particulièrement aujourd'hui puisque c'est Halloween.
L'homme se dirigea au fond de la pièce, ouvrit un tiroir et en sortit des sucettes et des carambars.
— Qu'est-ce que vous préférez ?
— Cerveau !
— Bon disons carambars alors, et il les tendit vers le malade.
Ce dernier attrapa les friandises et les regarda en penchant la tête sur le côté comme s'il essayait de comprendre ce qu'il se passait. Sans les déballer, il les enfourna dans sa bouche :
— Et bien, vous étiez affamé, commenta Izuku un peu bouleversé.
Vraiment trop réussis ce costume.
Et ce jeu d'acteur.
— Asseyez-vous, je vais guérir vos plaies, insista-t-il cependant.
Il montra du doigt le tabouret et le zombie (ou du moins l'homme déguisé en zombie) obtempéra et s'assit. Izuku alla d'abord se laver les mains, enfila les gants et s'approcha de l'homme.
— Attention ça risque de piquer un peu, dit-il en pulvérisant du produit sur la plaie sur le bras qui paraissait vilaine.
Izuku constata que c'était bel et bien une vraie plaie, comme si l'homme avait été griffé.
— J'espère qu'elle n'est pas infectée, commenta Izuku, on va bien la nettoyer avant de la recoudre.
Le patient grogna quand l'antiseptique atteignit sa plaie.
— Je vous avais dit que ça allait piquer, fit Izuku en souriant.
Il nettoya la blessure, sous les grognements outrés de l'homme à la peau verte.
Sous son maquillage, pensa Izuku, il devait être plutôt pas mal. Mais ce n'était pas le moment de s'égarer. Il recousit la première blessure et enroula un bandage autour du bras.
— Comment vous appelez-vous ? interrogea Izuku pour essayer de détendre l'atmosphère.
— Manger, cerveau, lui répondit l'autre.
— Manger-cerveau, quel drôle de nom essaya de blaguer Izuku.
L'autre n'y fut pas réceptif.
— Vous n'avez donc pas de nom ? insista Izuku. Moi je m'appelle Izuku Midoriya.
— I…Zuku.
— Oui exactement, et vous ?
Le vrai-faux zombie (allez savoir) sembla comprendre et finit par répondre :
— Katsuki Bakugo, manger cerveau.
Il se leva d'un coup comme pour attaquer Izuku, mais l'infirmier qui avait l'habitude des patients récalcitrants, appuya sur ses épaules :
— Rasseyez-vous Bakugo, je dois encore nettoyer les autres plaies. Qu'est-ce qui vous est arrivé pour être aussi blessé ?
Bakugo grogna, gronda, bougonna. Puis il répondit :
— Zombie.
— Oui vous êtes déguisé en zombie, j'avais remarqué. D'ailleurs je vous félicite, vous êtes très convaincant. J'aurais pu être terrifié, mais je suis bien plus inquiet par vos blessures.
— Non, fit Bakugo cherchant ses mots à travers ses grognements, un zombie m'a mordu, finit-il par expliquer.
Izuku haussa les épaules.
— Il a fait plus que vous mordre, vous avez beaucoup de blessures. Mais ne vous inquiétez pas, je vais bien m'occuper de vous.
xxx
Katsuki Bakugo était un citoyen lambda. Il travaillait comme pompier, l'adrénaline qu'offrait ce métier lui faisait du bien. Il prenait souvent des risques inconsidérés et fonçait droit devant le danger pour aider les autres. Il avait mauvais caractère, il avait du mal avec l'autorité, et c'était une vraie tête brûlée, mais on pouvait compter sur lui. Il connaissait son boulot, ne craignait ni les flammes ni les hauteurs. Il connaissait les gestes de premier secours, il faisait de son mieux pour sauver les gens, ou parfois les chats.
On ne l'aurait pas décrit comme charmant, mais physiquement il était plutôt pas mal. Mais à cause de son caractère de chiotte, il était plutôt solitaire. Seuls deux amis qu'il s'était faits au lycée étaient restés proches de lui. Kirishima et Kaminari. C'était deux gars très bien qui savaient caresser Bakugo dans le sens du poil, ou qui adoraient le taquiner et le voir exploser.
Pour Halloween, Kirishima et Kaminari avaient harcelé Bakugo pour qu'il se déguise, fasse un effort pour participer à la fête. Le blond s'était juste pointé en polo et pantalon noir.
— Tu n'as fait aucun effort, commenta Kaminari déguisé en Pikachu.
— Si, dit-il, je suis déguisé en terrible Katsuki, paraît que ce gars repousse les fantômes tellement il fait peur.
— Aha, très drôle. T'es nul Bakugo, fit Kaminari. Tu triches.
Kirishima, déguisé en vampire, tenta d'au moins lui mettre sur la tête un chapeau rigolo, mais Bakugo lui échappa.
Cette soirée devait être amusante, aucun des trois garçons n'avait prévu qu'elle tournerait au drame. Alors qu'ils se dirigeaient à pied vers le restaurant où ils se sustenteraient, ils traversèrent le fleuve par le pont. Ils discutaient tous les trois, avant d'entendre des cris et de voir des gens se mettent à courir dans tous les sens, comme s'ils cherchaient à fuir quelque chose.
— Est-ce que c'est une animation pour Halloween ? demanda Kirishima.
Bakugo s'était tout de suite mis en mode « pompier », il secoua la tête :
— Je ne pense pas, il se passe quelque chose. Vous devriez aller vous mettre à l'abri, je vais voir.
Kirishima et Kaminari avaient insisté pour venir avec lui, mais Bakugo était plus têtu qu'eux et il réussit à les convaincre de faire demi-tour et de se mettre à l'abri. Il se dirigea donc seul vers le danger, seul et sans arme. Il n'éprouvait aucune peur, l'adrénaline le poussait à avancer. Peut-être qu'il y avait eu une attaque terroriste, ou peut-être que ce n'était rien du tout, juste un mouvement de foule. En tout cas quoi que ce soit, il devait y aller.
Il tomba sur une horde de gens, qui avaient tous l'air malade, qui marchaient bizarrement et qui grognaient. C'était Halloween, il s'agissait forcément de costumes, d'une blague pour effrayer la population. Une mise en scène, voilà de quoi il s'agissait.
Bakugo ne croyait pas aux zombies.
Il aurait peut-être dû.
Il s'approcha et se fit attaquer et même s'il était doué au combat au corps à corps, ils étaient trop nombreux et il se fit griffer plusieurs fois, puis finalement mordre. Bakugo avait réussi à s'enfuir, mais c'était trop tard. Petit à petit, il perdit pied, il sentait qu'il se transformait, qu'il devenait quelqu'un d'autre. Il était en train de mourir pour renaître en monstre.
Passant devant l'hôpital, il y entra, en souhaitant qu'on l'aide, qu'on le sauve. Mais avant même qu'il atteigne l'entrée, il était déjà trop transformé. Personne ne s'occupa de lui, il y avait d'autres zombies et les médecins se faisaient attaquer. Bakugo les ignora. En se baladant au hasard des couloirs, il entra dans une pièce éclairée et silencieuse. Il tomba sur cet infirmier qui n'avait pas l'air effrayé et qui voulait le guérir.
Oui Katsuki Bakugo voulait guérir.
Ou manger des cerveaux.
Il n'était plus sûr.
Peut-être parce que l'infirmier était bizarre et pas effrayé, Bakugo réussit à lutter un peu contre ce qu'il était en train de devenir. Mais ça ne durerait pas longtemps et bientôt ses instincts de zombie le pousseraient à attaquer ce gars. Izuku.
Ou bien peut-être que l'infirmier réussirait à le sauver en nettoyant ses plaies, et surtout la morsure.
Bakugo ne voulait pas mourir.
Il ne voulait pas devenir un monstre.
Lui, il avait toujours désiré être le meilleur pompier, sauver, gagner le combat contre les flammes et foncer droit devant.
Se transformer en bouffeur de cervelles c'était un véritable cauchemar.
Soigne-moi Izuku, réussit-il à penser.
Mais surtout, laisse-moi te manger.
xxx
Izuku avait presque fini de s'occuper des plaies. Il n'en restait qu'une, qui ressemblait en tout point à une morsure, on voyait les traces de dents et un bout de peau arraché. L'infirmier essayait de ne pas y penser, mais de plus en plus son esprit lui soufflait que l'impossible était devenu possible, qu'il avait en face de lui un véritable zombie. Un homme qui s'était fait mordre. Et s'il s'était fait mordre, c'était qu'il n'était pas le seul.
Sans s'en rendre compte, il disait tout ça en chuchotant, essayant de mettre de l'ordre dans ses idées et à trouver une explication plus rationnelle qu'une attaque zombie. Mais les faits étaient là. Bakugo avait la peau verte, des blessures dont une morsure, il grognait et parlait de manger des cerveaux.
Izuku aurait dû fuir. Ses jambes se mirent à trembler, et ses gestes se firent moins sûrs, mais il resta. Il resta parce qu'il n'avait jamais abandonné un patient, et même si celui-ci était vert et puait la mort à plein nez, même s'il s'agissait sans doute (peut-être) d'un zombie, Izuku allait le soigner jusqu'au bout. Il nettoya donc la dernière blessure, mais n'eut pas le temps d'y mettre une compresse.
Soudainement Bakugo se leva, et comme s'il venait de comprendre lui-même qu'il était un zombie, et qu'il devait manger, il se jeta sur Izuku.
— Bakugo ! cria Izuku comme si ça pouvait l'arrêter, le faire revenir.
Mais les grondements de l'autre homme devenaient plus forts, plus pressants, il voulait manger des cerveaux, et Izuku avait l'air vraiment appétissant. L'infirmier tenta de le repousser, mais il n'était qu'un gringalet, face à un homme plus grand, plus musclé et plus enragé.
— Je vais vous soigner, continua de crier Izuku, je vais vraiment vous soigner, asseyez-vous !
Mais Bakugo était sourd à tout.
— Katsuki, tenta Izuku, Katsuki Bakugo, écoutez-moi, concentrez-vous, je vais vous soigner.
Izuku essayait de gagner du temps, pour l'instant Bakugo était entre lui et la porte, mais il pouvait essayer, en discutant, de les faire changer de place, et ainsi il pourrait fuir.
— Katsuki, s'il vous plaît, insista-t-il.
Il hurla quand le zombie ouvrit la bouche pour le mordre. Il hurla son prénom, si fort que tout l'hôpital avait dû l'entendre.
Et bizarrement, le zombie recula. Comme si Izuku venait de le gifler.
— Katsuki, réussit-il à répéter plus doucement.
Le zombie marmonna :
— Je suis Katsuki Bakugo.
Comme s'il cherchait à s'en convaincre. Il se rassit sur le tabouret et planta ses yeux rouges dans ceux d'Izuku :
— Soigne-moi Izuku !
Izuku avait désormais le moyen de fuir, mais le regard de Bakugo était suppliant. Il semblait avoir repris ses esprits un instant, comme s'il se rappelait avoir été humain. L'infirmier pouvait essayer de le comprendre, Bakugo ne voulait pas devenir un monstre. C'était peut-être déjà trop tard. La couleur de sa peau, son odeur et son envie de manger des cerveaux étaient déjà là et Izuku ne pourrait rien y faire.
Mais Izuku n'avait aucun instinct de survie.
Il était là pour sauver les gens, alors c'était ce qu'il allait faire.
xxx
Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo. Je suis Katsuki Bakugo.
Se répétait Bakugo. Pour ne pas l'oublier, pour rester encrée dans son rôle d'humain.
Je ne suis pas un putain de monstre, que les zombies aillent se faire foutre !
Bakugo avait toujours eu une très grande force de caractère, il était têtu et il avait la caboche dure. Même sa mère dont il tenait le caractère enflammé n'arrivait pas à le faire changer d'avis quand il avait quelque chose en tête.
Et vraiment.
Vraiment.
Il voulait bouffer du cerveau.
Mais il ne deviendrait pas un putain de monstre !
Un pompier ne mangeait pas les gens, il les sauvait et Bakugo ne tomberait pas dans le camp des méchants juste parce qu'il avait eu la malchance de tomber sur un troupeau de zombies. Il fallait qu'il reste lui-même, il fallait qu'il se retrouve.
Parce qu'il refusait de se transformer, mais également parce qu'il y avait des gens qui avaient sûrement besoin de lui. D'abord, il devrait se débarrasser des zombies pour protéger la population, ensuite s'assurer que tout le monde allait bien.
Je suis Katsuki Bakugo.
Je ne suis pas un putain de monstre.
Izuku recommença à le soigner. Autant dire que ce type avait une sacrée dose de courage. Il avait l'occasion de s'enfuir, et pourtant le voilà à s'occuper de sa dernière plaie. La plus vilaine. La morsure. Celle à cause de qui il était en train de se transformer.
Laisse tomber, semblait dire une voix au fond de lui, et mange. Il a l'air tellement appétissant, il doit avoir un cerveau juteux, il faut que tu le manges. MANGE-LE.
JE SUIS KATSUKI BAKUGO ET PAS UN PUTAIN DE MONSTRE. Hurla-t-il encore plus fort dans sa tête.
L'infirmier banda sa plaie et on n'avait jamais entendu parler de zombie qu'on soignait avec de l'antiseptique, pourtant, Bakugo se sentait presque un peu mieux. La lutte dans sa tête devenait moins pénible.
— Maintenant, je vais partir, murmura Izuku d'une voix tremblante.
Ça se voyait qu'il était mort de trouille, et il avait raison, mais Bakugo avait besoin de lui. Il se releva alors qu'Izuku avançait à toute vitesse vers la porte, et il le retint par le bras.
Mange-le.
Je ne suis pas un putain de monstre.
xxx
L'infirmier allait se faire pipi dessus. Le zombie le retenait par le bras. Il allait le mordre, le manger, et Izuku deviendrait comme lui ou mourrait pour de bon. Il aurait dû s'enfuir tant qu'il en était encore temps au lieu de le soigner jusqu'au bout.
— Izuku, grommela le zombie.
L'infirmier regarda celui qui s'était présenté comme Katsuki Bakugo. Son regard était plus clair qu'avant, comme s'il se réancrait dans la réalité, alors que plus tôt il vivait dans un nuage cotonneux qui lui donnait envie de manger des cerveaux.
— Aide-moi.
Bakugo semblait souffrir. Il se donna un coup de poing, comme s'il cherchait à rester éveillé :
— Aide-moi, je ne veux pas devenir un putain de monstre.
Et il resserra sa prise sur le bras d'Izuku et ouvrit grand la bouche.
Pour mordre ou pour dire quelque chose ? Izuku n'était plus sûr.
Alors que le temps était comme figé, quelqu'un entra en trombe dans le bureau. Izuku reconnut immédiatement Ochaco dans la jeune femme brune qui venait de faire son apparition. Ochaco était comme lui, une infirmière en formation et ils étaient devenus amis. Devoir aider les patients et s'entraider à cause du manque de personnel, permettait aussi de nouer des liens. Ils allaient de temps en temps boire un coup ensemble, ils étaient suffisamment proches pour avoir envie de se protéger.
Assistant à la scène, le zombie tenant toujours Izuku par le bras, elle se mit à hurler. Un cri de peur qui aurait réveillé un mort. Et justement, Bakugo relâcha Izuku et se tourna vers elle.
— Cours ! Cria Izuku qui ne savait pas si le zombie allait l'attaquer ou non.
Mais Ochaco avait d'abord un message à délivrer :
— Il y en a d'autres, cria-t-elle, dans l'hôpital, il y a d'autres zombies ! Il faut que tu partes avec moi ! Je suis venue te chercher exprès.
Bakugo rattrapa Izuku par le bras avant qu'il puisse s'enfuir avec la jeune femme.
— Aide-moi.
Son regard était suppliant.
— Je… Je ne suis pas un putain de monstre ! grogna-t-il.
Il avait pourtant tout l'air d'en être un. Izuku hésita. Regarda Ochaco, puis Bakugo, puis Ochaco, et il fit son choix :
— Va-t'en, cria-t-il à la jeune femme, je te rejoins.
— Je ne pars pas sans toi !
— Ochaco…
— Je ne pars pas sans toi ! répéta-t-elle têtue.
Le zombie tenait toujours Izuku. La jeune femme recula comme si elle allait enfin décider à s'enfuir, mais elle attrapa en fait la chaise qui était dans le couloir et menaça Bakugo avec celle-ci.
— Relâche mon ami, cria-t-elle.
— Je ne suis pas… Je ne suis pas un putain de monstre.
Les mots sortaient en grognement, comme si Bakugo avait du mal à les dire. La bave qui coulait de sa bouche n'aidait en rien à le rendre crédible. Parce que franchement, que ce soit pour Ochaco ou Izuku, il ressemblait quand même vachement à un monstre.
À force de tergiverser et de perdre du temps, d'autres zombies arrivèrent dans le couloir, faisant crier Ochaco. Elle lança la chaise sur l'un d'eux, entra dans la pièce et ferma la porte derrière elle à clé.
— Aide-moi à bouger le bureau, s'écria Izuku.
À deux, ils poussèrent le meuble et réussirent à coincer la porte. Le seul moyen pour les zombies d'entrer. Mais aussi le seul moyen pour eux de sortir.
Ils réalisèrent seulement à ce moment-là qu'ils s'étaient piégés eux-mêmes, s'enfermant dans la pièce avec un de ces morts-vivants.
xxx
Bakugo leur faisait peur, il le voyait bien, et putain c'était normal. Il était en train de se transformer en zombie, il bavait, grognait, voulait les bouffer. Ils avaient raison d'avoir peur, mais leur regard effrayé le blessa. Habituellement, les gens le regardaient avec gratitude, pas avec horreur. Vivace, la jeune femme attrapa le tabouret, prête à cogner de toutes ses forces jusqu'à – sans doute – le tuer pour de bon. Bakugo ne bougea pas, il lutta contre ses instincts, il voulait la rassurer, lui montrer qu'il n'était pas mauvais, malgré la voix en lui qui lui hurlait de manger.
C'était une sensation atroce, c'était comme mourir de soif en étant entouré d'eau. Mais Bakugo tenait bon, il ne deviendrait pas une saloperie de monstre.
Izuku se rapprocha de la jeune femme :
— Ochaco, je crois qu'il essaye de lutter.
— On s'en fiche, cria-t-elle en tremblant, il faut s'en débarrasser maintenant !
Bakugo fit un pas en arrière. Elle avait levé le tabouret au-dessus d'elle et se tenait prête à frapper et à frapper encore.
Izuku rattrapa le tabouret avant qu'il ne défonce la tête de Bakugo.
— Lâche ça Izuku, on n'a pas le choix.
L'infirmier ne lâcha pas.
— On peut peut-être trouver un moyen d'arrêter l'épidémie, dit-il, regarde, il n'attaque pas, il lutte, c'est sûrement possible de tout arrêter. Sinon notre monde est foutu.
La dénommée Ochaco – dont le cerveau devait être super appétissant – lâcha doucement prise aux paroles d'Izuku.
— On va tous mourir, murmura-t-elle, on n'est pas dans un film ou un jeu vidéo, on n'est pas des héros Izuku. On va tous mourir.
Mais Izuku réussit à la débarrasser de son arme.
C'est le moment, fit la voix en Bakugo, crève-les, bouffe-les.
Il secoua la tête pour la faire taire.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda la jeune femme.
Bakugo grogna.
C'était une putain de bonne question.
xxx
Dans le bureau se trouvait une trousse à pharmacie, des seringues, du fil et des aiguilles. L'infirmier fouillait dans les tiroirs et placards, tout en marmonnant à la recherche d'une idée. Pendant ce temps, Ochaco ne quittait pas Bakugo des yeux. Celui-ci s'était assis à l'autre bout de la pièce et grognait après lui-même « je suis Katsuki Bakugo ». À l'extérieur, on entendait quelques zombies frapper la porte, mais la plupart semblait avoir abandonné l'idée d'entrer, cherchant peut-être des cibles plus faciles.
— On pourrait prélever son sang, murmurait Izuku pour lui-même, mais on n'a rien ici pour l'analyser. Si on pouvait faire ça, on pourrait peut-être trouver un remède, mais on est coincé ici. Comment se fait-il qu'un zombie ait réussi à lutter contre son état ? Peut-être parce que je l'ai soigné. Cette idée est ridicule, mais peut-être que ça a aidé, ça a empêché l'infection de se rependre complètement. Cependant, ce ne serait pas possible de soigner tous les zombies ainsi. Je crois qu'on est vraiment foutu, conclut-il pour lui-même.
Il finit par arrêter de tourner en rond et se rapprocha d'Ochaco :
— Comment va-t-il ? demanda Izuku en pointant du menton Bakugo.
— Comme un zombie qui voudrait faire de nous son quatre heures, répondit Ochaco.
Izuku observa Bakugo. Il grognait, parfois se mettait des coups comme pour reprendre pied, mais il restait plus ou moins sage. Ça ne voulait pourtant pas dire que le combat était gagné.
Izuku voulut s'approcher, mais Ochaco le retint par le bras :
— Qu'est-ce que tu fais ?
— Je voudrais lui parler.
— Lui parler ? Mais Izuku c'est un zombie !
— Mais c'est aussi un être humain. Je veux juste le faire parler. Peut-être que si on lui rappelle qui il est, il vaincra son côté zombie.
— Tu es trop optimiste, soupira Ochaco.
Izuku haussa les épaules et la jeune femme le relâcha pour le laisser faire. L'infirmier laissa un mètre entre lui et Bakugo et plaça le tabouret entre eux, puis il s'assit par terre en face du zombie. Les grognements de ce dernier augmentèrent, mais Izuku était au-delà de la peur. Il avait conscience que tout était sans doute foutu alors les risques qu'il prenait n'avaient aucun sens. Puisque tout était foutu, que risquait-il de plus ?
— Tu t'appelles Katsuki Bakugo. Je peux t'appeler Katsuki ?
Izuku était passé au tutoiement, c'était trop étrange de vouvoyer un mec qui rêvait de le bouffer.
— Oui.
— Et tu peux m'appeler Izuku.
Aucune réponse.
— Katsuki, dis-moi, qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
Le zombie donna l'impression de se concentrer très fort, puis finit par répondre :
— Pompier.
L'infirmier eut un petit sourire :
— C'est un beau métier, Katsuki.
Le dénommé grogna un truc sur les cerveaux qu'il voulait manger, puis reprenant pied, il lança :
— Il existe des métiers moches ?
Izuku ne put s'empêcher de rire. Mélange de stress et de fatigue.
— Bonne réflexion.
Le zombie le fixait, sans doute parce qu'il avait envie de le dévorer, mais il finit par dire :
— Joli rire.
C'était un compliment.
— Joli rire, répéta Katsuki, manger cerveau.
Pourtant, il ne bougea pas et continua de fixer Izuku, comme semblant attendre la suite.
xxx
Katsuki ne savait pas pourquoi Izuku lui parlait comme ça, mais plus il se concentrait pour répondre et moins il voulait manger, alors ce n'était peut-être pas une mauvaise idée. Le court éclat de rire avait touché Katsuki. Joli rire. Joli rire. Joli rire.
— Tu as quel âge ? interrogea Izuku.
— Vingt-quatre ans.
— Comme moi, s'exclama l'infirmier comme si c'était absolument incroyable.
Katsuki voulait le manger, mais il se mit aussi à le scruter. L'homme qui l'avait soigné avait des cheveux verts, une coupe désordonnée. Ses yeux avaient l'éclat de l'émeraude et son regard était franc – quand bien même il devait avoir peur. Ses joues rebondies étaient mouchetées de taches de rousseur. Il avait un côté un peu gamin, mais même en zombie, Katsuki pouvait se rendre compte de sa beauté. Sa mère aurait dit « trognon », mais il n'était pas sa mère.
On s'en fout, mange-le.
Pensez à sa mère l'aida à couvrir la voix. Mitsuki Bakugo était une femme caractérielle, qui menait son monde à la baguette. Katsuki tenait d'elle son caractère de merde et sa force d'esprit. Ils avaient l'habitude de s'engueuler, Katsuki traitait sa mère de vieille sorcière, mais cette dernière finissait toujours par avoir le dernier mot. Mitsuki aimait son fils, elle se vantait à tous ses amis qu'il était pompier, elle avait la mauvaise habitude de regarder l'album photo de Katsuki quand il était un bambin.
Et maintenant ? Quelle photo pourrait-elle prendre de lui ? Il était vert bordel, vert pourri et puant.
Il manquerait à sa mère. Qu'est-ce qu'elle pourrait bien dire de lui à la fin ? « Il s'est transformé en monstre ».
Non. Non. Nonononononononononon !
Jamais.
Sa mère le pleurerait peut-être, mais parce qu'il serait mort en héros, pas en bouffeur de cervelle.
— Izuku, appela-t-il.
Le garçon attentif à lui fit :
— Oui ?
— Sauve-moi.
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Ces simples mots remuèrent Izuku. Katsuki était sincère. Et jamais, jamais Izuku n'abandonnerait quelqu'un qui voulait être sauvé (déjà qu'il n'abandonnerait pas quelqu'un qui ne voulait pas l'être).
— Je ferai tout ce que je peux, jura-t-il.
Et là Katsuki secoua la tête :
— Tu ne comprends pas, grommela-t-il.
Izuku cligna plusieurs fois des yeux. Qu'est-ce qu'il ne comprenait pas ?
— Tue-moi. Pour me sauver, il faut me tuer.
Izuku blêmit. Katsuki ne voulait pas devenir un monstre, il préférait mourir. Mais le tuer ? Alors qu'il avait encore une conscience ? Alors qu'il était toujours un peu là ? C'était impossible.
— Je ne peux pas, murmura-t-il. On va trouver une autre solution.
Ochaco eut moins de scrupule, elle se rapprocha pour attraper à nouveau le tabouret et le leva le plus haut possible pour frapper Katsuki au crâne. Ce dernier se mit à genoux et tendit sa tête en offrande.
Le corps d'Izuku réagit avant son cerveau. Il se retrouva à sauter sur Katsuki, le protégeant de son corps du coup qu'il allait se prendre. Ochaco eut tout juste le temps de lâcher le tabouret avant qu'il n'atteigne l'infirmier. Elle hurla et se pencha vers Izuku pour voir s'il était blessé et si Katsuki n'en profitait pas pour le mordre.
Mais Izuku se fit repousser brutalement par le zombie et retomba plus loin, sur les fesses.
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Une fureur sourde gronda sous la peau de Katsuki. Une rage qui n'appartenait pas à sa condition de zombie. Il se leva et hurla :
— Pourquoi m'as-tu sauvé ? Tu veux te faire bouffer crétin ?
Izuku le regarda, et semblant pris de colère lui aussi, il cria :
— On peut t'aider, on peut te soigner. Si tu meurs, tout est fini !
— Et comment tu comptes me soigner ? Ta copine a raison, on va tous crever ici. Autant que je meurs avant de vous bouffer !
— Je ne sais pas, hurla Izuku les larmes aux yeux, je ne sais pas, mais tu n'as pas le droit d'abandonner le combat !
Katsuki fixa cet homme qui le regardait en pleurant et en lui hurlant dessus. Il l'avait protégé. Lui, un zombie, il lui avait sauvé la vie (si on pouvait vraiment sauver la vie d'un mort). Et il se rendit alors compte que la voix avait disparu, elle ne l'emmerdait plus à lui insuffler l'envie de manger. C'était comme si son explosion de colère avait chassé sa partie zombie (au moins un temps). Il retrouvait le sens de la réalité. Il pouvait vivre. Il pouvait vivre sans tuer, peut-être même pouvait-il guérir ?
Un bête espoir s'enroula autour de son cœur alors qu'Izuku se relevait et essuyait furieusement les larmes qui coulaient sur ses joues. Ochaco se tenant derrière Katsuki, murmura :
— On devrait le tuer.
— Personne ne va tuer personne, s'écria Izuku, on va s'entraider et se sortir de là. Si Katsuki voulait nous faire du mal, il en avait mille fois l'occasion, c'est donc qu'il arrive à se contrôler. En plus, il parle et semble réfléchir beaucoup plus facilement, c'est bien qu'il n'est pas tout à fait zombie.
— Pour le moment, fit remarquer Ochaco.
— Pour le moment, c'est suffisant pour réfléchir à un plan.
Katsuki grogna :
— Vous savez que je suis là et que je vous entends ? Arrêtez de parler de moi à la troisième personne où je vous bute.
Ce n'était qu'une façon de parler, mais Ochaco le pointa du doigt :
— Tu vois, il nous menace.
Izuku l'ignora et se rapprocha de Katsuki. Ce dernier le regarda faire sans bouger. Oui, sa mère aurait bien utilisé le terme « trognon » pour le décrire, mais mignon, chou, adorable, fonctionnaient parfaitement aussi. Izuku avait cette beauté quasi angélique, et peut-être que c'était pour cette raison que Katsuki n'avait pas tant que ça envie de le manger.
L'infirmier prit ses mains dans les siennes et tendit son cou :
— Bouffe-moi, vas-y !
— Tu me prends pour un foutu vampire ? Moi c'est ta cervelle que je veux !
— Peu importe, fais-le.
Mais Katsuki ne pouvait pas. Enfin peut-être qu'il pouvait, mais il ne voulait pas. Il n'avait plus si faim. Peut-être que s'il se tournait vers la fille à tête d'œuf, il aurait à nouveau la dalle, peut-être qu'il la boufferait elle, mais Izuku… Pas Izuku.
— Tu vois, tu sais te contenir, dit Izuku en souriant.
Une attaque de plein fouet, un coup bas. Izuku avait un très joli sourire. Trop.
— Tu vas vraiment m'aider alors que je suis un zombie ? interrogea Katsuki dubitatif.
— Oui, répondit Izuku sans aucune hésitation.
— Tu crèves pas de trouille ?
— Un peu, mais j'ai l'impression que tu as retrouvé tes esprits.
Katsuki se regarda, ses vêtements déchirés, ses plaies pansées. Sa peau était toujours vert pâle et il était sûr de puer, mais dans sa tête, les choses étaient plus claires. La voix s'était tue et il espérait que c'était définitif. Il arrivait à parler normalement, il tenait debout et avait cessé de baver.
— D'accord, dit-il, on va essayer, mais au moindre signe suspect, tu me butes okay ?
Ochaco intervint :
— Je m'en chargerai.
— Je t'ai pas sonné la tête d'œuf, grogna Katsuki.
La jeune femme s'offusqua et croisa les bras. Izuku relâcha les mains de Katsuki :
— Tu as une grande force de caractère, dit l'infirmier, c'est sans doute pour ça que tu arrives à lutter.
Katsuki acquiesça, il ne savait pas si c'était ça ou autre chose, les soins que lui avait prodigué Izuku, ou un mélange de trucs, mais s'il arrivait à se contrôler alors… Alors il y avait peut-être une chance de s'en sortir.
— Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ? questionna la jeune fille pour la deuxième fois.
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Izuku avait un plan suicidaire. Selon lui il fallait faire une prise de sang à Katsuki, puis trouver les laboratoires au sein de l'hôpital et espérer que tout n'était pas détruit, mais aussi qu'un laborantin serait là pour les aider. Peut-être qu'on pourrait mettre au point un antivirus de cette façon. Katsuki ne cessait de dire que c'était non seulement des grosses conneries, mais qu'en plus c'était suicidaire.
— Il a raison, fit Ochaco, même si on arrive à faire ça, créer un vaccin ne prend pas quelques minutes. Il faut des années, on sera mort avant même de trouver une solution.
— Alors qu'est-ce que tu proposes ? demanda Katsuki hargneux.
— Te laisser ici, et fuir avec Izuku dans un endroit protégé.
— Et sur la route vous aurez l'occasion de vous faire bouffer par tous les zombies qui doivent rôder.
— C'est toujours mieux que l'idée d'Izuku, rétorqua-t-elle.
Izuku les laissa se disputer, réfléchissant. Se morigénant. Réfléchis Izuku, réfléchis, réfléchis, réfléchis.
Il y avait une autre solution, trouver la police ou l'armée, ou les gens qui devaient tenter d'arrêter l'infection et leur livrer Katsuki. Il pourrait… l'utiliser pour trouver plus vite un vaccin.
— Tu proposes que je fasse rat de laboratoire ? s'agaça Katsuki.
Izuku ne s'était pas rendu compte qu'il réfléchissait à voix haute.
— Je n'en sais rien, j'essaye de peser toutes les solutions.
On ne savait même pas d'où venait le virus, d'où étaient arrivés les zombies. Mais ils avaient bien choisi leur jour. Halloween, c'était plutôt cocasse.
— Ça ne me fait pas rire moi, gronda Katsuki.
Izuku serra les dents pour arrêter ses marmonnements et essayer de réfléchir dans sa tête. Il y avait une dernière solution, faire ce qu'Ochaco avait dit, s'enfuir, trouver un endroit où ils pourraient être en sécurité et emmener Katsuki avec eux.
— Ça ne va pas ? intervint Ochaco (oui Izuku avait encore chuchoté), cela mettrait en danger les civils !
— Katsuki n'est pas un danger, assura Izuku.
Ochaco secoua la tête. Elle adorait Izuku, et elle aussi était du genre à vouloir aider les gens. Mais Katsuki était un zombie. Un zombie. On ne pouvait pas mettre en danger toute une population pour sauver une seule personne.
— Tu m'abandonnerais si c'était moi ? interrogea Izuku en fixant la jeune femme.
— Ce n'est pas la même chose et tu le sais.
— Je ne vois pas la différence, sauver une personne c'est sauver une personne, il ne devrait pas y avoir de sélection.
— Et si en plus d'être devenu un zombie, c'était un tueur en série ? Une mauvaise personne ? Est-ce que tu y as réfléchi ?
Izuku regarda Katsuki puis à nouveau Ochaco.
— Je le ferais, je l'aiderais quand même. Et tu sais pourquoi.
— Parce que tu as zéro instinct de survie ? tenta Ochaco.
— Parce qu'on doit sauver tout le monde, ce n'est pas à nous faire justice.
Katsuki applaudit et d'un air ironique lança :
— Que de belles paroles. La logique voudrait que vous m'abandonniez ici et sauviez votre peau !
Ochaco le pointa du doigt :
— Je suis d'accord avec lui.
Izuku secoua la tête et fixa son amie. Ils étaient embrouillés, et il semblait qu'aucun des deux n'arriverait à trouver un accord. Ils s'étaient toujours bien entendus, et Izuku comprenait le choix d'Ochaco, mais il refusait de laisser Katsuki.
Il ignorait tout de lui.
Sa vie, son passé.
Mais il ne pouvait pas le laisser derrière, il ne pouvait pas le sacrifier. Pas alors que le zombie faisait de son mieux pour rester humain.
— Très bien, dit-il. Ochaco, on va te sortir de là et ensuite, on se séparera.
— Q…quoi ?
— On va te trouver un endroit où tu seras prise en charge et où tu pourras être en sécurité. Et moi je vais rester avec Katsuki jusqu'à trouver une solution.
— C'est hors de question ! lâcha la jeune femme.
— Mais c'est ce qu'on va faire.
— Tu ne peux pas rester avec lui, toi aussi tu dois te mettre en sécurité.
— Je le ferai quand j'aurai trouvé un moyen d'aider Katsuki.
Le zombie blond râla
— Arrêtez de faire ça, je suis toujours là. Et je peux décider par moi-même, pour le moment.
Les deux amis se tournèrent alors vers lui, l'air de dire « quel est ton choix ? ».
— Je refuse de devenir un rat de laboratoire, commença Katsuki, et je ne veux pas non plus mettre en danger des civils. Le meilleur moyen serait de me tuer ou de m'abandonner à mon sort, mais… s'il y a une chance, même minime, de pouvoir me sauver et me soigner alors… Je te suis Izuku.
Son discours avait changé.
Il ne voulait plus mourir.
Il voulait vivre à tout prix et détruire sa condition de zombie. Il avait les idées plus claires pour le moment, il espérerait que ça durerait, mais peut-être que bientôt la voix reviendrait, plus forte, trop forte et qu'il lui faudrait manger. Mais il trouverait une solution coûte que coûte.
— Mais je te préviens, ajouta-t-il à l'attention de l'infirmier, si tu as le moindre doute, si tu me voix attaquer des gens, si tu sens que ma part zombie prend le dessus, tu dois me tuer. Promets-le-moi.
Izuku serra les dents. Tuer quelqu'un n'était pas chose aisée, c'était difficile de dire « oui » pour lui.
— Dis-toi que je ne serais plus un humain, je serais juste un cadavre ambulant et tu pourras sauver des vies.
Les paroles firent leur bonhomme de chemin dans le cerveau d'Izuku et il finit par acquiescer :
— D'accord je te le promets.
Ochaco intervint :
— Izuku, je ne suis pas d'accord pour qu'on se sépare.
— Mais c'est ce qu'on va faire. Tu seras en sécurité Ochaco.
— Et toi ?
— C'est mon choix, fit Izuku.
— Et tu as pensé à ta famille, tes amis, tout le monde ?
— Je ne vais pas mourir si facilement, tenta de la rassurer Izuku.
Mais Ochaco n'en croyait pas un mot. Seulement elle savait qu'il ne changerait pas d'avis, il était trop têtu et était du genre à se sacrifier pour les autres. Elle se jeta alors dans ses bras en pleurant.
— Izuku fais attention à toi.
L'infirmier rougit jusqu'aux oreilles de gêne. Aucune fille ne l'avait jamais enlacé.
— D'accord, dit-il simplement.
Ochaco se recula, essuya ses larmes et hocha la tête, déterminée.
— On y va, dit-elle.
À suivre.
L'autatrice : voilà cette première partie s'achève ici, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez et merci d'avoir au moins lu jusque-là.
Média : le média imposé était une image de Bakugo transformé en zombie.
