Partie 2 : Faire son choix.
Katsuki aida Izuku à pousser le bureau de devant la porte. Ils avaient récupéré des seringues et des aiguilles pour s'en servir d'armes, mais un fusil aurait été quand même bien plus pratique. Ils allaient devoir faire avec ce qu'ils avaient. Ils étaient un peu comme des héros de seconde zone. Une infirmière et un infirmier seulement en formation, accompagnés d'un zombie pas tout à fait zombie. Quelle équipe de choc, songea ironiquement Katsuki. Ils allaient se faire buter au premier tournant et l'histoire serait finie. Est-ce que ce serait si mal finalement ? Katsuki avait vu assez de films et de jeux sur les zombies, et les humains finissaient par devoir survivre tant bien que mal dans un monde pourri. Même quand ils s'en sortaient, leur vie était tellement merdique que ça ne valait pas le coup.
Mourir vite pouvait avoir ses avantages.
Mais c'est comme si j'étais déjà mort, songea Katsuki.
Une seconde, il eut une pensée pour ses potes, Kirishima et Kaminari, il espérait qu'ils s'en soient mieux sortis que lui, mais peut-être ne le saurait-il jamais.
Ochaco se tenait derrière les deux garçons, et comme Katsuki était celui qui risquait le moins, puisqu'après tout il ne pourrait pas devenir de nouveau un zombie, c'est lui qui ouvrit la porte. Dehors il n'y avait personne, le couloir était vide. Ou presque. Quelques cadavres jonchaient le sol, des humains trop endommagés pour pouvoir se transformer. Autant Ochaco qu'Izuku, se mirent la main sur la bouche, comme s'ils allaient vomir. C'était vrai que le spectacle était dégueulasse, et y assister en vrai pouvait donner des haut-le-cœur.
Mais Katsuki était un zombie et il était pragmatique.
Il fallait avancer. On vomirait ou pleurerait plus tard.
Ils marchaient doucement dans les couloirs, attentifs au moindre bruit. Ochaco attrapa la main d'Izuku et celui-ci la laissa faire. Il chuchota pour la rassurer :
— On va sortir d'ici.
Alors que personne n'en savait rien.
Ils décidèrent de prendre les sorties de secours pour quitter plus vite le bâtiment. L'hôpital était assez grand, et même si Ochaco et Izuku l'avaient traversé de long en large, il était facile de s'y perdre. Surtout sous le coup de la panique. Ils évitaient de regarder les gens réellement morts qu'ils croisaient. Ils ne croisèrent pas de zombie. Peut-être que ceux-ci avaient déserté l'endroit pour aller chasser ailleurs, là où il y aurait encore à manger.
Devant la dernière porte qui les mènerait vers l'extérieur, un cadavre se tenait là, bel et bien mort, pas du tout beau à regarder. Les deux infirmiers réagirent en même temps, mettant leur main sur la bouche en soupirant de surprise.
— Quoi ? fit Katsuki.
— C'est… C'est la cheffe infirmière Chiyo Shuzenji, couina Izuku.
Ochaco déglutit difficilement et Katsuki les regarda :
— On n'a pas le temps, dit-il, vous chialerez après.
— Tu as raison, souffla Izuku qui avait quand même les larmes aux yeux.
Ochaco s'énerva :
— Elle nous a toujours soutenues, elle a toujours été là pour nous, tu ne peux pas comprendre combien ça fait mal !
Izuku posa sa main sur l'épaule de la jeune fille qui tremblait. Si elle se mettait en colère, c'était à cause de la tristesse et de la peur. Katsuki grogna :
— Je m'en fous, si on ne se grouille pas, vous allez finir dans le même état !
Katsuki bougea le corps qui les empêchait de passer. Il prit le poignet d'Izuku pour le forcer à avancer, ce dernier attrapa de nouveau la main d'Ochaco.
Katsuki ouvrit la porte et ils se retrouvèrent dans la rue. Si l'hôpital avait été plutôt vide, c'était autre chose à l'extérieur. Des zombies marchaient de long en large, d'une démarche étrange. Certains perdaient des bouts de peaux, il manquait des membres à d'autres, ils avaient tous les yeux dans le vague, le regard vide, à attendre qu'on les nourrisse de cervelles humaines. Certains étaient en train de manger et on entendait les cris des gens encore vivants.
Katsuki se tourna vers les deux humains. Aucune phrase ne tonna dans sa tête « manger cerveaux ». Rien du tout. Il était maître de lui-même. Dire qu'il pourrait être là-bas, à ne plus savoir qui il était, à ne désirer que de la nourriture, à être un foutu monstre incapable de réfléchir par lui-même. Il avait conscience qu'Izuku l'avait sauvé d'une certaine manière. Sans lui, Katsuki aurait fini par craquer et il se serait transformé en bouffeur de cervelle. Il était vraiment reconnaissant à Izuku. Alors, c'était décidé, il le protégerait du mieux qu'il pourrait. Il aiderait aussi la tête d'œuf, parce qu'il n'allait pas la laisser crever, même s'il se fichait de cette meuf.
— On y va, souffla-t-il, restez près de moi. Avec un peu de chance, ils vous prendront pour des zombies et n'attaqueront pas.
Essayant d'éviter le plus possible les endroits éclairés et les zombies qui se trouvaient sur le chemin, ils avancèrent tous les trois. Ils ne couraient pas, ne voulant pas attirer l'attention, mais c'était difficile de seulement marcher alors qu'ils étaient entourés de zombies.
Ils avaient réfléchi avant de quitter l'hôpital. Le mieux était de quitter la ville, Ochaco serait plus à l'abri dans les montagnes. Ils espéraient ne pas être les seuls à avoir eu cette idée, et que la jeune fille pourrait être prise en charge par un groupe dans un endroit moins dangereux.
Mais traverser la ville n'était pas une partie de plaisir. Il fallait contourner les zombies, les cadavres, les voitures à l'arrêt, et tout un tas de bordel. Au bout de seulement cinq cents mètres, alors qu'ils faisaient tous très attention, Izuku trébucha sur une bouteille par terre. Elle roula sur le trottoir et le bruit qu'elle fit leur parut tonitruant. Les zombies qui ne faisaient pas attention à eux relevèrent le nez. Ils étaient peut-être complètement débiles, mais pas sourds.
Ces monstres se dirigèrent vers Izuku, Ochaco et Katsuki, les bras en avant, les bouches grandes ouvertes, prêts à se nourrir. Katsuki se mit devant les deux infirmiers pour les protéger. Il était déjà un zombie, on ne pourrait pas lui faire de mal. D'ailleurs les morts-vivants l'évitèrent comme s'il n'était pas là, essayant d'attraper les deux humains pour s'en nourrir. Izuku donna un coup de pied au zombie le plus proche, mais ce dernier n'eut même pas l'air de sentir la douleur.
— On va mourir, murmura Ochaco morte de trouille.
— On ne va pas mourir, s'énerva Katsuki, on va courir.
Pour la deuxième fois, il prit le poignet d'Izuku qui attrapa la main d'Ochaco. Cela devenait une habitude.
— On va courir, répéta Katsuki en criant.
Et sans leur laisser le temps de réagir, il démarra, entraînant Izuku et Ochaco dans sa course. Par chance les zombies avaient faim, mais avaient aussi du mal à courir. Ils trébuchaient, se prenaient les pieds dans des objets ou dans leurs propres pieds. Les plus endurants n'allaient pas aussi vite que Katsuki (qui s'en sortait très bien) et les deux humains.
Traversant le pont au-dessus du fleuve, Katsuki hurla :
— On va sauter.
C'était dangereux, mais ils n'avaient pas vraiment le choix. Ochaco fut la première à y aller, Izuku en deuxième. Ni l'un ni l'autre n'avaient réfléchi. C'était ça ou se faire bouffer. Katsuki passa en dernier, moins sûr de lui que les deux autres.
Peut-être qu'il allait se dissoudre dans l'eau, vu que son corps pourrissait, peut-être qu'il allait mourir pour de vrai, mais il ne pouvait pas laisser les deux autres seuls. Il voulait les protéger. Sans doute que c'était dû à son boulot de pompier. Peu importait, il bondit et se retrouva dans la flotte. Il ne perdit ni peau ni membre, son corps tint parfaitement le choc.
En revenant à la surface, il aperçut Ochaco et Izuku en train de nager vers la berge, il fit de même.
Un trente et un octobre, l'eau était glacée, et les deux infirmiers, une fois qu'ils se retrouvèrent sur la terre ferme, tremblèrent de froid. Katsuki, lui, ne semblait plus ressentir le froid.
— Il faut continuer insista-t-il.
Et il les entraina avec lui. Marchant au bord du fleuve. Il n'y avait pas de zombie dans les parages, sans doute craignaient-ils l'eau et préféraient attaquer les humains dans les rues ou directement chez eux.
Alors qu'ils faisaient la route en silence, les deux infirmiers serraient leurs corps avec leurs bras comme pour se préserver du froid et se réchauffer. Mais ils ne se plaignaient pas. Katsuki les entendait claquer des dents et se demandait s'ils n'allaient pas mourir de froid. Ça aurait été bête, alors qu'ils avaient réussi à survivre aux zombies.
La nuit devenait de plus en plus sombre, la lune cachée par les nuages n'éclairait pas leur route. Et les zombies ne voyaient pas plus dans le noir que les humains. Ils allaient devoir faire une pause.
Ils cassèrent les branches d'un buisson pour les rassembler, et pour une fois Izuku remercia les gens de polluer la planète, car ils trouvèrent de vieux journaux et même un briquet presque vide avec lesquels ils pourraient démarrer un feu.
Ochaco et Izuku se collèrent l'un à l'autre devant leur petit feu de fortune, essayant de se réchauffer. Katsuki s'assit en face d'eux en les regardant. Il finit par demander :
— Vous deux, vous sortez ensemble ?
Il put voir grâce aux flammes qui l'éclairait les joues d'Ochaco rougirent. Mais Izuku répondit très naturellement :
— Pas du tout.
— Bah vous devriez, si ça se trouve il ne vous reste pas beaucoup de temps pour vous rouler une pelle et en profiter.
Ochaco s'empourpra encore plus alors qu'Izuku secouait la tête :
— Tu te trompes, on est juste amis.
La jeune fille baissa la tête, sans doute déçue d'entendre ça. Mais peut-être qu'elle s'en doutait déjà, c'était pour ça qu'elle restait silencieuse.
— Bon alors, vous avez déjà couché avec quelqu'un ? demanda Katsuki.
Cette fois-ci ce fut au tour d'Izuku de rougir :
— C'est quoi ces questions ? Tu es censé être un zombie et grogner « manger cerveau » pas parler de sexe.
La plaisanterie tomba à plat, parce que personne n'avait le cœur à rire. Kastuki reprit :
— Et bien je suis un zombie deuxième génération, voilà tout. N'évite pas ma question.
— Non, répondit finalement Izuku, et je ne crois pas que ce soit le plus important dans la vie.
— Et qu'est-ce qui est plus important ?
— Je ne sais pas. Finir le travail sans que le monde ne soit tout à coup dévasté par une horde de zombies.
— Pas bête, sourit Katsuki.
Ochaco restait silencieuse. Peut-être préférait-elle écouter, ou qu'elle ne voulait pas s'en mêler.
— Moi non plus je n'ai jamais rien fait, dit Katsuki, vous vous rendez compte ? J'attendais la bonne personne et maintenant c'est trop tard. J'aurais bien voulu au moins rouler une pelle à quelqu'un. Ça me semble compromis maintenant avec cette haleine de chacal et cette puanteur que je dégage.
— On va trouver une solution, assura Izuku.
— Pour mon haleine ?
— Mais non, pour que tu redeviennes humain.
Katsuki haussa une épaule, pas très sûr.
— Si tu veux mon avis, je suis foutu.
Izuku le regarda avec ses yeux tout brillants, l'air déterminé :
— Tu es capable de parler comme nous, tu ne nous as pas mangés, tu nous as aidés, je suis sûr qu'on peut te faire retrouver ton humanité toute entière. Tu n'es pas destiné à rester un zombie.
Katsuki faillit lui dire qu'il était trop optimiste, mais devant la flamme dans les yeux d'Izuku, il préféra se taire. Ce gars, il avait une foi à toute épreuve, il était déterminé à le sauver. Cela fit plaisir à Katsuki. Il était un zombie, mais il y avait au moins une personne qui s'inquiétait sur son sort.
— Vous pouvez dormir, dit-il à l'adresse d'Izuku et d'Ochaco, je vais monter la garde.
Ochaco fronça les sourcils. Elle ne lui faisait pas confiance. Elle avait sans doute raison, peut-être que Katsuki profiterait de leur sommeil pour les dévorer. Izuku, lui, hocha la tête et le remercia. C'était clairement un idiot, pourtant Katsuki se sentit content qu'il lui fasse confiance.
Les deux infirmiers habitués à s'endormir n'importe où restèrent collés l'un contre l'autre, et fermèrent les yeux. La joue de la tête d'œuf tomba sur l'épaule d'Izuku. Ce dernier appuya sa joue contre le crâne de la jeune femme et ne tarda pas à s'endormir également.
Pas en couple, mon cul ! songea Katsuki amer.
Pendant qu'ils dormaient, le zombie prenait soin du feu. De loin, il entendait des cris et des grognements. Il espérait que personne ne verrait la lumière se dégageant du feu, mais dans le cas contraire, il était prêt à se battre et à protéger Izuku – et sa meuf. La nuit passa doucement. À aucun moment, la voix ne réapparut dans la tête de Katsuki. Il était vraiment lucide. Si seulement il pouvait le rester.
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Les premiers rayons de soleil réveillèrent Izuku. Il avait froid, il se sentait courbaturé, et il se demanda en ouvrant les yeux où il se trouvait. Puis ses yeux croisèrent ceux de Katsuki, et toute l'histoire lui revint en mémoire. La veille le monde avait implosé à cause d'une attaque zombie et maintenant, ils étaient en route pour la montagne afin de trouver de l'aide pour Ochaco.
— Tu as dormi ? interrogea doucement Izuku.
— Et bien apparemment, les zombies ne dorment pas. Si nous survivons à tout ça, je pourrai écrire un manuel sur notre espèce. Qui sont vraiment les zombies ?
Izuku eut un petit rire et les lèvres de Katsuki s'étirèrent un peu. Ochaco ne tarda pas à ouvrir les yeux à son tour. Elle se souvint assez vite d'où elle se trouvait et avec qui. Elle soupira :
— Ce n'était pas un cauchemar.
Et non.
Ils se remirent assez vite en marche, continuant de suivre le fleuve jusqu'à la sortie de la ville. Ils eurent la chance de ne pas rencontrer d'autres zombies sur leur chemin. Pourtant, ils entendaient les grognements et les cris depuis où ils étaient. Izuku chuchotait sans s'en rendre compte, sur les gens qui étaient en train de mourir, sur tout ce qui se passait d'horrible.
— Ta gueule, grogna Katsuki au bout d'un moment, pour le moment on s'occupe de survivre, on viendra en aide ensuite si on peut.
Izuku ferma la bouche, mais Ochaco s'énerva :
— Tu étais sans cœur avant ou après être devenu un zombie ?
Katsuki lui offrit son majeur comme toute réponse.
Ils arrivèrent finalement à la sortie de la ville et grimpèrent jusqu'à la route forestière pour rejoindre la montagne. Les zombies ne semblaient pas être encore allés jusque-là, car on n'entendait pas un bruit.
— Et si là-bas aussi il y a des zombies, et s'il n'y a aucun endroit où être en sécurité ? interrogea Ochaco.
Izuku tenta de la rassurer et de se rassurer lui-même :
— Je suis sûr qu'on n'est pas les seuls à trouver un moyen de survivre.
Et il avait raison, bien sûr, mais rien n'indiquait qu'ils avaient fait le bon choix. Peut-être que la montagne était tout aussi infestée que la ville. Peut-être qu'ils se jetaient droit dans la gueule du zombie.
Le chemin devenait de plus en plus accidenté, peu entretenu, mais sans monstre pour leur bouffer le cerveau.
— Ils ont dû rester en ville pour le moment, commenta Izuku, c'est là qu'ils peuvent se nourrir plus facilement d'une certaine façon. Il paraît n'y avoir personne en montagne, donc ils ne viennent pas.
Il stressait beaucoup, donc parlait, parlait, parlait. Ochaco le laissa faire, et bizarrement Katsuki ne lui demanda pas une nouvelle fois de fermer sa gueule.
Ils marchèrent longtemps, jusqu'à entendre des bruits autres que les branches qui craquaient sous leurs pieds ou des animaux qui n'avaient pas l'air atteint par l'attaque zombie. C'était des bruits de pas, de gens, de discours. Des bruits humains. Cependant ils n'étaient pas sûrs. Izuku et Ochaco craignaient que ce soit une horde de zombies, donc Katsuki les planta là et alla vérifier.
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Discrètement Katsuki s'approcha de l'endroit d'où venaient les bruits. Caché par la forêt, il put observer un troupeau de gens. Pas de zombie, pas de cris. Ces personnes s'étaient réunies et semblaient prêtes pour une attaque. Ils avaient des armes, ils avaient de la nourriture également. Ils semblaient préparés à cette attaque zombie comme s'il savait qu'elle allait avoir lieu, mais peut-être qu'il s'agissait simplement de personnes qui réagissaient vite.
Il y avait des militaires et des policiers dans le tas, reconnaissables à leurs tenus, et ils s'occupaient de la discipline du groupe. Les civils paraissaient plutôt effrayés, mais obéissaient à ce qu'on leur ordonnait. Ils commençaient à bien s'organiser pour contrer l'attaque zombies.
Katsuki en avait assez vu, il revint sur ses pas et prévint Izuku et Ochaco.
— Ochaco sera protégée dans ce groupe, je pense, ils ont l'air de savoir ce qu'ils font. Ils sont armés.
Izuku hocha la tête, rassuré pour la jeune fille.
— Tu devrais y aller, lui dit-il.
La tête d'œuf, bien sûr, secoua la tête :
— Viens avec moi Izuku, on y va tous les deux, on sera en sécurité ensemble.
Katsuki grinça des dents, mais il admit qu'elle avait raison.
— Vas-y dit-il à Izuku, je me débrouillerai seul. De toute façon les zombies n'en ont pas après moi. Et si jamais je sens que je commence à redevenir un de ces monstres bouffeurs d'humain, je m'arrangerai pour en finir.
— Oui viens Izuku ! supplia la jeune femme.
Mais l'infirmier eut un regard déterminé, le genre qui disait « rien ne me fera changer d'avis », et secoua la tête.
— Je suis désolé Ochaco, tu devrais y aller, je vais rester avec Katsuki.
Il avait pris sa décision.
— Mais pourquoi ? demanda la jeune femme.
— Parce qu'il est peut-être la clé pour sauver la population.
Ouais super, bien sûr, je ne suis que la clé, songea Katsuki déçu. Il n'aurait pas pu dire que c'était parce qu'il appréciait ma compagnie ? Évidemment que non. Qui apprécierait un mec zombie ?
— Alors, emmenons-le avec nous, peut-être que des scientifiques pourraient s'occuper de son cas.
— Et il ne deviendra qu'un rat de laboratoire dans le meilleur des cas, fit Izuku, ils pourraient le disséquer ou je ne sais faire quelle expérience sur lui et c'est hors de question. Non, Ochaco, je suis désolé, mais je vais rester avec lui.
La tête d'œuf se jeta dans ses bras – encore - et pleura contre son épaule.
— Fais attention à toi, supplia-t-elle.
— Je ferai attention.
— On se retrouvera ?
— Bien sûr qu'on se retrouvera, promit Izuku comme si c'était vrai alors qu'en fait il n'en savait rien.
— Bon grouillez-vous, râla Katsuki agacé par leur proximité.
Ochaco l'ignora. Elle se sépara de son ami et lui avoua :
— Je t'adore Izuku, prends soin de toi.
L'infirmier rougit, mais acquiesça :
— Je prendrai soin de moi, promit-il. Et je suis avec Katsuki, il ne m'arrivera rien.
— Avec ce mec à tes côtés, tout peut arriver, morigéna-t-elle.
— Je t'emmerde, grommela Katsuki.
Izuku passa un bras devant le zombie, et intervint :
— Mais ça va aller Ochaco, ne t'inquiète pas.
Il sourit à la jeune femme pour la rassurer et elle laissa tomber.
Ils finirent par se séparer. Ochaco eut un sourire, un dernier sourire à offrir à l'infirmier. Puis elle leur tourna le dos et se dirigea vers le camp. Seule.
Izuku et Katsuki restèrent plantés là quelque temps, espérant qu'elle n'allait pas se faire rejeter, qu'elle serait incluse dans le groupe d'humains. Les deux hommes préférèrent attendre, car si elle revenait sans qu'ils ne soient là, elle serait complètement seule. Ce n'était pas un problème pour le zombie, mais l'infirmier y tenait.
Les minutes défilèrent. Ochaco ne revint pas, Katsuki et Izuku considérèrent que c'était bon, et firent demi-tour pour retourner en ville. Sans trop savoir ce qu'ils allaient faire désormais. Katsuki se demandait comment Izuku allait l'aider, quelles solutions il allait pouvoir trouver pour le faire redevenir complètement humain.
Parce que même s'il était lucide, pouvait réfléchir par lui-même, même s'il ne voulait dévorer personne. Sa peau avait toujours cette étrange couleur vert pâle. Et peut-être qu'il était en train de pourrir, il n'en savait rien. Pour l'instant il tenait bon, mais il était possible que ce ne soit pas définitif.
Aux abords de la cité, ils s'arrêtèrent et observèrent le paysage. Les voitures étaient à l'arrêt, le paysage était déjà apocalyptique alors que l'attaque venait à peine de commencer.
— C'est la fin, mesura Izuku.
— Ou le commencement d'autre chose, ajouta Katsuki pour le rassurer ou pour se rassurer lui-même.
Izuku fit un pas en avant, prêt à retourner en ville, mais Katsuki l'attrapa par la blouse pour l'arrêter :
— Avant d'y aller, je vais camoufler ton odeur, si on te prend pour un zombie, on te laissera tranquille.
C'était une bonne idée et Izuku se demanda pourquoi le zombie n'y avait pas pensé quand ils étaient trois avec Ochaco. Katsuki défit un de ses pansements, trempa ses doigts dans son sang et l'étala sur les bras et le visage d'Izuku. Puis il raccrocha son pansement.
— Voilà, espérons que ça fonctionne.
— Sinon tu me protégeras, sourit Izuku.
— C'est ça, fais confiance à un zombie et tu ne vivras pas très longtemps.
— Tu n'es pas qu'un zombie, tu es Katsuki.
Izuku sortit de leur abri, et commença à marcher en ville. Les maisons étaient barricadées ou abandonnées. Où est-ce qu'ils devaient aller maintenant ? Où est ce qu'ils pourraient trouver une solution pour Katsuki ? Et s'il n'y avait rien à faire ? songea le blond et cela le déprima.
Sans réfléchir, Katsuki suivait Izuku qui paraissait savoir où il allait et ce qu'il faisait.,
— Où on va ? demanda le zombie alors qu'ils déambulaient dans les rues, ignorant les zombies qui se baladaient et ne faisaient pas attention à eux, les prenant pour des congénères.
— Chez moi, répondit Izuku.
— C'est une très mauvaise idée. Très très mauvaise idée. Réagit Katsuki.
— Je ne vois pas pourquoi, je veux juste m'assurer que ça va pour mes parents et les mettre en sécurité s'il le faut. Je leur indiquerai le chemin vers la montagne.
Katsuki ne le sentait pas.
Il y avait des zombies partout. Des cadavres aussi. Et personne n'était à l'abri.
Ce n'était pas une bonne idée, mais c'était trop tard, Izuku s'arrêta soudainement sur le trottoir comme foudroyé. Et merde, Katsuki savait bien qu'il aurait dû l'arrêter.
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Izuku ne pouvait pas en croire ses yeux et pourtant. Juste à quelques mètres de lui, pas loin de sa maison, son père était là. Il était là et mangeait le cadavre d'un homme. Izuku faillit vomir, mais il était trop sous le choc pour y arriver. Paralysé il ne pouvait plus faire un pas, il avait même cessé de respirer.
Et puis au bout d'un moment, il lâcha :
— Papa ?
il s'approcha :
— Papa, c'est moi, c'est Izuku.
Après tout ça avait marché avec Katsuki qui était un inconnu, alors ça devait fonctionner avec son propre père. Celui-ci retrouverait ses esprits et Izuku ferait en sorte de le sauver quoi qu'il arrive.
L'homme leva le nez, un bout de cervelle dépassait de sa bouche qui mâchouillait. Il regarda Izuku, les yeux complètement vides, ne le reconnaissant pas du tout.
— Papa, c'est moi, insista l'infirmier, tu te rappelles ? Je suis ton fils. Izuku. Ne t'inquiète pas tout va bien se passer, on va te sauver.
L'infirmier continua d'avancer jusqu'à ce que quelqu'un le retienne par le bras.
— N'y va pas, fit Katsuki, c'est trop tard.
— Non, souffla Izuku, je vais lui parler et il va se souvenir, il va…
— C'est trop tard, insista Katsuki.
Izuku fit un geste brusque pour que le blond le relâche et hurla à l'adresse de son père :
— Papa je suis là, c'est moi Izuku, tu me reconnais hein ? Tu me reconnais ? Papa !
L'homme commença à s'approcher et Izuku, les larmes aux yeux, tendit les bras vers lui :
— Papa, c'est moi, viens, viens.
Et l'homme venait. Izuku retrouva le sourire. Voilà, il venait, il allait pouvoir être sauvé, il le reconnaissait, il était son fils.
— Papa…
L'homme ouvrit alors grand la bouche et se jeta sur son fils pour le mordre. Katsuki fut plus rapide et d'un coup de poing il repoussa l'homme en arrière, puis d'un coup de pied, il le jeta au sol plus loin. Ensuite il agrippa Izuku.
— On y va viens ! Ce n'est plus ton père !
Mais Izuku hurlait et pleurait en même temps :
— Papa ! C'est moi, c'est Izuku.
Katsuki fut obligé de le tenir de toutes ses forces pour l'empêcher de se jeter dans la gueule grande ouverte de celui qui avait été son père.
Ils attiraient l'attention, il fallait fuir. Katsuki cria à l'oreille d'Izuku :
— Ce n'est plus lui Izuku, je suis désolé, mais ton père est mort, il est mort !
Izuku tenta de se débattre encore et encore.
— Lâche-moi, je dois aller le sauver !
— Il n'y a plus rien à sauver, c'est trop tard ! C'est trop tard, je t'en prie Izuku arrête, il voudrait que tu vives, il ne voudrait pas te mordre, c'est trop tard, il faut partir.
L'infirmier hurla encore à l'adresse de son père, mais celui-ci avait le regard mort, il n'y eut aucune étincelle de lucidité dans ses yeux, il était déjà mort. L'épuisement et l'horreur d'Izuku lui firent rendre les armes. Katsuki se retrouva avec un humain tout mou entre les bras. Il le ceinturait toujours, au cas où ce soit une feinte, mais Izuku se laissa entraîner par Katsuki. Le zombie blond le portant à moitié, il se mit à courir pour les mettre en sécurité dans un endroit plus calme. Il eut l'idée d'entrer dans une voiture, il déposa Izuku sur la banquette arrière et s'assit à côté de lui avant de refermer les portes et de les verrouiller.
Izuku resta catatonique tout du long.
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Katsuki ne savait pas quoi faire. Ce qui arrivait était bien plus horrible qu'il n'avait pu l'imaginer. Sans doute que sa mère à lui aussi était transformée en zombie ou complètement morte, sans doute était-il orphelin. Cela lui fit un coup, il eut mal, il était un zombie, mais il pouvait ressentir la douleur d'une perte. Lui aussi avait envie de crier et de pleurer, mais pour Izuku, il tint bon. Même s'il ne savait pas comment consoler quelqu'un alors que la vérité était trop atroce.
— Mon père, murmura soudain Izuku. Mon père…
— Je suis désolé, lui dit Katsuki, je suis vraiment désolé.
Izuku se tourna vers lui et commença à le frapper avec ses poings.
— Pourquoi ? Pourquoi tu m'as empêché de le sauver ? Pourquoi ?
— Izuku, il était en train de manger quelqu'un, c'était trop tard. Je suis désolé.
Le garçon craqua et se mit à pleurer, posant son front contre le torse de Katsuki. Ce dernier passa une main dans les cheveux de l'infirmier sans réfléchir.
— Pourquoi je n'ai pas pu le sauver, couinait Izuku. Pourquoi ?
Katsuki n'avait aucune réponse à lui donner, alors il le laissa simplement se vider de ses larmes dans ses bras.
Dans une autre histoire, Katsuki aurait eu des super pouvoirs, il aurait sauvé le père d'Izuku, il aurait sauvé tous ces pauvres gens. Mais être un zombie n'offrait que peu d'avantages au final. Pas de super vues, pas de super forces non plus, pas de super rapidités. Il n'avait qu'un corps pourri qui puait et il était en quelque sorte immortel vu qu'il était déjà mort d'une certaine façon.
Katsuki avait envie de tout faire exploser tellement il était en colère. Izuku était un bon gars, il ne méritait pas de souffrir autant. Il voulait tout faire péter. Et en y réfléchissant, c'était sans doute ce qui allait se passer. Pour protéger la planète, le gouvernement ou l'armée allait sacrifier la ville de tous ses habitants, zombies ou non. Ils allaient tout faire sauter et Izuku mourrait, pour rien.
Quand l'infirmier se calma un peu après plusieurs heures à pleurer et crier, Katsuki murmura :
— On a été bête, on n'aurait pas dû revenir. Toi, tu aurais dû suivre Ochaco.
— Et toi ? interrogea Izuku en se cramponnant à lui.
— Moi je serais resté en ville, dit-il.
— Mais tu es la clé, murmura Izuku, on pourra les guérir grâce à toi.
— Je ne sais pas Izuku, je crois que c'est foutu. Je crois que j'ai juste eu un peu plus de chance que les autres parce qu'un mignon infirmier a voulu soigner mes blessures.
Izuku se recula. Il avait les joues rouges d'avoir tant pleuré, et les yeux encore humides.
— Et si je soignais les blessures des autres zombies et si je…
Délicatement, Katsuki posa un doigt sur la bouche d'Izuku pour le calmer.
— Tu sais comme moi que ce ne sera pas aussi facile.
Izuku se mit à trembler, mais il capitula et Katsuki retira son doigt.
— Je suis désolé Izuku, j'ai voulu y croire moi aussi. Peut-être que j'aurais dû accepter d'être un rat de laboratoire finalement.
Izuku secoua la tête.
— On peut peut-être retourner à l'hôpital, je ferai les recherches, je suis sûr qu'on va trouver une solution, il faut qu'on trouve une solution.
Katsuki lui prit la main.
— D'accord, on va essayer.
Mais le zombie savait que c'était foutu.
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Cela faisait trois jours qu'ils étaient à l'hôpital. Les zombies les laissaient plutôt tranquilles vu qu'ils puaient la mort tous les deux. Katsuki parce qu'il était un zombie et Izuku parce qu'il était proche de lui. Izuku avait fait plusieurs prises de sang à Katsuki qui l'avait laissé faire sans résister. Mais Izuku n'était qu'un infirmier en formation, pas un laborantin, il ne savait pas étudier le sang, il ne savait pas comment l'utiliser pour guérir la population.
— Dans un film, ça marcherait, murmura Izuku en testant le microscope pour la millionième fois.
— Peut-être que tu devrais partir, proposa Katsuki pour la millionième fois lui aussi.
Mais Izuku refusait de l'abandonner.
— Pour toi je ne suis qu'une clé, ça n'en vaut pas la peine, va là où tu seras en sécurité.
— Tu n'es pas qu'une clé, tu es Katsuki. Tu comptes et je ne t'abandonnerai pas.
Le zombie écarquilla les yeux, comme s'il n'y croyait pas. Izuku répéta pour qu'il l'enregistre bien :
— Tu comptes.
— Dommage que je pue la mort, marmonna Katsuki, ou je t'aurais embrassé.
Izuku commença à répondre :
— Tu ne sens pas tant que ça…
Avant de comprendre la fin de la phrase. Il devint rouge écrevisse, et essaya de changer de sujet en reposant son œil sur le microscope. Il se mit à chuchoter, tenta de comprendre ce qu'il voyait, mais la phrase de Katsuki le perturbait de trop et il avait du mal à rester concentrer.
— Ça ne sert à rien, lui dit Katsuki, tu le sais autant que moi.
— Alors on fait quoi ? Essaya de se reprendre Izuku.
— Tu pars, je reste.
— Non, option rejetée.
— On part et j'accepte de me faire disséquer.
— Pas possible.
— Izuku, qu'est-ce que tu veux faire ? Tu ne comprends pas toi-même ce que tu vois dans mon sang, tu ne sais pas créer de vaccins, tu sais comme moi qu'on tourne en rond et qu'on doit prendre une décision.
— On n'a pas encore tout essayé, insista Izuku.
— Si, on a tout essayé.
— Je pourrais… Je pourrais m'injecter ton sang et voir ce que ça donne, peut-être que…
— Alors ça, c'est une très mauvaise idée, coupa Katsuki.
— Et pourquoi ?
— Parce que ça va te tuer et que tu sais pour moi aussi tu comptes et je ne veux pas être responsable de ta mort.
À nouveau, Izuku se retrouva écarlate. Ce qui amusa Katsuki.
— Allez, abandonne Izuku.
— Je ne peux pas.
Katsuki lui prit doucement la main et serra ses doigts.
— Tu sais ce qu'il va se passer si on reste ici.
Ils en avaient parlé. La réaction la plus logique était de bombarder la ville, ce serait bien entendu le dernier choix, mais aussi le plus décisif. Ceux qui prenaient les décisions devaient retarder cette solution, mais s'ils ne trouvaient rien d'autre pour sauver le plus de monde possible, ils allaient tout faire exploser.
Combien de temps leur restaient-ils ? Izuku n'en savait rien.
— On part, décida Katsuki. On part.
— On part où ?
— Je ne sais pas, on se trouve un chalet en montagne et on vit ensemble jusqu'à ce que je sois tellement pourri que tu m'enterreras dans le sol et referas ta vie avec quelqu'un de bien vivant.
Izuku regarda longuement Katsuki en silence. Avant de prendre sa décision. À son tour, il serra les doigts du zombie et dit :
— On fait comme ça, d'accord.
Au fond, aucun des deux ne croyait à cette solution, mais c'est main dans la main qu'ils quittèrent l'hôpital.
Ils arrivèrent à la lisière de la ville sans trop de soucis, mais remarquèrent que la forêt était entourée de barbelés, on ne pouvait plus s'enfuir comme on le voulait. Les gens (l'armée sans doute) s'étaient bien organisés. C'était sans aucun doute pour empêcher les zombies de sortir de la ville et de se rendre dans la montagne, mais Izuku et Katsuki y étaient bel et bien coincés aussi. Ils longèrent la barrière espérant y trouver un défaut pour s'enfuir. Ils tombèrent sur une petite guitoune où des gars armés jusqu'aux dents faisaient la surveillance. Katsuki attrapa Izuku par le bras et le força à se retourner vers lui.
— Tu vas y aller Izuku.
— Pas sans toi.
— Si j'approche, ils nous tireront dessus tous les deux, je ne peux pas aller avec toi.
— Alors je reste avec toi.
— Izuku…
— Katsuki…
Ils se regardèrent longuement et le zombie posa doucement ses lèvres sur le front de l'infirmier.
— Je t'aime beaucoup trop pour te laisser mourir, vas-y maintenant.
— Et toi ?
— Je me débrouillerai.
Izuku secoua plusieurs fois la tête puis s'approchant il embrassa Katsuki sur la bouche d'un bref baiser.
— Tu ne sens pas si mauvais que ça, dit-il.
Katsuki lui sourit. Un sourire doux, apaisé. Il prit Izuku dans ses bras et le serra de toutes ses forces.
— Tu vas me manquer, dit-il.
Izuku s'accrocha à lui. Il y avait forcément une autre solution, ils allaient trouver. Il le fallait.
— Eh ! fit un des gardiens quand il les aperçut.
Katsuki repoussa Izuku de toutes ses forces et s'enfuit en courant. L'infirmier voulut le suivre, mais le garde l'attrapa par le bras et pointa son arme sur lui.
— T'es qui toi ?
Izuku n'avait plus le choix, il se présenta :
— Je m'appelle Izuku Midoriya, je ne suis pas un zombie, j'ai réussi à m'enfuir.
L'autre le regardait comme s'il mentait.
— Et ton copain c'était qui ? Pourquoi il s'enfuit ?
— Euh… Il voulait essayer de retrouver sa famille, mentit Izuku.
— Pauvre gars, il va pas vivre longtemps.
Izuku resta silencieux, on le conduisit jusqu'à la guitoune. Là-bas on prit sa température qui était normale. Izuku n'était qu'un civil, pas un zombie. Il eut le droit d'entrer dans le camp de réfugiés.
Il ne savait pas à quoi s'attendre.
Il y avait plein de gens, beaucoup paraissaient tout aussi paumés que lui, sans doute que la plupart avaient perdu des personnes aimées, et qu'ils ne comprenaient pas comment un tel désastre avait pu avoir lieu.
Izuku était en sécurité, mais il avait du mal à s'en réjouir. Pourtant, tout n'était pas négatif. Il retrouva Ochaco dans le camp et celle-ci se jeta dans ses bras (cela devenait une habitude). Mais la plus grande et heureuse surprise pour Izuku fut d'y voir sa mère, en parfaite santé. Il la serra fort en pleurant et s'excusa pour ne pas avoir pu sauver Hisashi, son père. Elle le consola, le garda dans ses bras. Izuku n'avait pas perdu toute sa famille et la chaleur de sa mère était réconfortante.
Quand l'infirmier commença à prendre ses marques, à connaître les gens et à savoir à qui s'adresser, il demanda à voir quelqu'un de haut placé. Parce qu'il avait quelque chose de très important à confier aux bonnes personnes, quelque chose qui pourrait sauver le monde des zombies, selon lui. On lui rit au nez, bien sûr, mais il insista tellement, tellement, tellement, qu'on finit par le conduire vers un miliaire haut gradé, ne serait-ce que pour se débarrasser de lui. L'homme qu'Izuku rencontra était très grand, une cicatrice barrait son visage et il avait un côté impressionnant. Mais Izuku n'avait pas peur, il était là pour une bonne raison et il lui raconta son histoire, il lui parla de Katsuki et de tout ce qui leur était arrivé. L'homme le regardait sceptique, semblant ne pas croire un mot de ce qu'il disait.
— Ochaco Uraraka qui est dans ce camp aussi pourra témoigner, elle a connu Katsuki, dit Izuku pour convaincre le militaire.
— Ou alors vous affabulez tous les deux et tu me fais perdre mon temps, petit. J'ai beaucoup de choses à régler, je n'ai pas le temps pour des histoires complètement abracadabrantes.
— C'est pourtant la vérité, s'agaça Izuku.
— Et quelle preuve m'apportes-tu ?
— Aucune, si ce n'est ma parole et celle d'Ochaco.
Puis, Izuku sortit de sa poche une seringue pleine du sang de Katsuki :
— Et ça. C'est du sang que j'ai prélevé sur Katsuki, vous devriez l'étudier. Peut-être qu'il est possible de créer un vaccin, je n'en sais rien. Mais cela doit pouvoir aider.
Izuku ne parlait pas comme un fou, mais il était déterminé et tendit la seringue pleine de sang devant lui.
L'homme n'avait toujours pas l'air de le croire, mais prit la seringue quand même. Puis d'un mot il le congédia.
— C'est important, insista l'infirmier, ça peut sauver des vies.
L'autre ne dit rien et on reconduisit Izuku presque de force dans le camp. L'infirmier espéra que le militaire n'allait pas jeter la seringue dans la première poubelle venue et que même sans croire à son histoire, il allait étudier le sang de Katsuki, juste au cas où.
L'infirmier avait fait tout ce qu'il avait pu, maintenant les choses ne reposaient plus sur ses épaules.
Izuku rejoignit son amie et sa mère avec un sourire apaisé. Il avait fait son choix.
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Katsuki était resté aux abords de la forêt. Peut-être qu'il éviterait ainsi les explosions quand on larguerait les bombes, même s'il n'était pas sûr que ce soit une bonne idée de ne pas se laisse exploser. Au moins tout serait bel et bien fini. Izuku lui manquait, c'était bizarre de se retrouver seul. Peut-être qu'il aurait dû retourner en ville et trouver une cervelle à manger, devenir un monstre et tout oublier. Mais il ne pouvait pas.
D'ailleurs rien que l'idée de manger un cerveau le dégoûtait complètement. Tellement ironique pour un zombie. Il en aurait ri s'il ne s'était pas senti aussi amer.
Ces derniers jours, il s'était surtout nourri de boîtes qu'ouvrait Izuku et de friandises. Peut-être que c'était ça la solution, faire manger des bonbons aux zombies pour qu'ils comprennent ce qui était vraiment bon pour eux.
Katsuki eut un petit sourire fatigué. Quelle importance maintenant ? Le compte à rebours avait commencé depuis longtemps. Et sans Izuku pour compter les jours, Katsuki perdait la notion du temps.
Le plus important c'était que le petit infirmier était en sécurité, rien ne comptait plus que ça. C'était étrange quand même, avant le trente-et-un octobre il ne le connaissait pas, ils ne s'étaient jamais vus, et ils ne se seraient peut-être jamais rencontrés si Katsuki n'avait pas été mordu. Et voilà qu'Izuku était entré par hasard dans sa vie. Il avait réussi à le guérir d'une certaine façon, et était resté auprès de lui, avait cherché un moyen de sauver tout le monde, mais surtout lui. Ce petit infirmier qui l'avait soigné malgré sa peur qui se lisait sur son visage, qui avait fait le maximum pour Katsuki. Ce petit gars tellement attachant. Oui, il lui manquait énormément.
Ils étaient restés ensemble quoi, une semaine ? Peut-être même moins.
Mais ça avait suffi à Katsuki pour tomber amoureux. De ce petit bout d'homme qui avait une grande âme, un grand cœur, et un sourire à faire fondre. Izuku, ce véritable crétin qui pensait qu'il allait trouver un vaccin à lui tout seul alors qu'il n'avait aucune connaissance sur le sujet. Izuku qui se battait de toutes ses forces et qui tentait de rester optimiste. Izuku qui n'avait pas hésité à l'embrasser sur la bouche, même s'il puait comme un troupeau de dromadaires.
— Tu me manques, murmura-t-il.
Ce fut à ce moment, qu'il entendit la voix de l'infirmier l'appeler, le faisant sursauter :
— Katsuki !
Le dénommé se tourna, et il eut à peine le temps d'ouvrir ses bras qu'Izuku se jetait contre lui et le serrait de toutes ses forces.
— J'ai trouvé la solution, expliqua rapidement Izuku, j'ai donné ton sang là-bas, s'ils l'étudient maintenant, ils pourront créer un vaccin, tout va bien se passer, on peut rester ensemble.
Katsuki serra Izuku dans ses bras et l'écouta babiller sans y croire. Ce mec avait retrouvé la sécurité, et il l'avait quitté pour être avec lui.
— Je ne repartirai pas Katsuki, je resterai avec toi, quoi qu'il arrive. J'ai dit au revoir à Ochaco et à ma mère qui était là-bas.
— Tu es stupide.
— Je m'en fous, sourit Izuku. Je t'aime.
Katsuki serra plus fort le jeune homme. Enlacés l'un contre l'autre, ils ne bougèrent pas pendant de longues minutes. Quand ils se séparèrent, ils s'assirent côte à côte.
— Comment tu as fait pour sortir ?
— J'ai escaladé un mur. De l'extérieur c'est difficile d'y entrer, surtout pour un zombie, mais de l'intérieur, j'ai juste empilé des trucs et voilà.
Izuku lui raconta plus en détail ce qu'il avait fait avant de partir et Katsuki lui sourit :
— Tu es conscient qu'ils ne t'ont pas cru et que si ça se trouve, ils n'étudieront pas mon sang. Et que de toute façon, ils risquent de quand même tout faire péter pour ne prendre aucun risque.
— Et bien ce sera comme un feu d'artifice, au moins je serai avec toi.
Et ils restèrent ensemble.
Comme l'avait prévu Katsuki, ils envoyèrent des bombes sur la ville, quelques heures plus tard. À l'abri assez près des grilles qui entouraient la forêt, ils assistèrent aux explosions en silence. C'était la fin d'une époque, et le début d'une nouvelle. Katsuki se serra un peu plus contre Izuku, et posa sa tête sur son épaule. Il était bien.
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Épilogue.
Le colonel Endeavor avait presque ri au nez de ce gamin qui délirait complètement à propos d'un zombie qui n'en était pas vraiment un. Des histoires abracadabrantes, il en avait entendu dans sa vie, mais celle-là était au sommet. Cependant, il avait gardé la seringue de sang et sans croire un traitre mot de l'histoire du gosse, il l'avait passé aux laboratoires pour qu'il soit étudié.
Sauf que le gamin n'avait pas menti.
Sauf qu'avec l'aide de ce sang, ils allaient peut-être pouvoir guérir ce virus.
Il faudrait du temps, du travail, de la sueur, mais ils pouvaient le faire, ils y arriveraient, il fallait y croire.
Endeavor ordonna quand même le bombardement de la ville, pour se débarrasser des zombies de manière plus rapide, et aussi parce qu'il était sûr qu'on ne pourrait pas sauver tout le monde. Vaccin ou pas.
Valait mieux tous les faire exploser, plutôt que d'attendre que le virus se répande.
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Katsuki et Izuku marchaient main dans la main dans la ville, ou en tout cas ce qu'il en restait. Les explosions avaient épargné quelques endroits, une école était encore debout, un supermarché entier n'avait presque rien eu.
— Au moins on pourra manger, avait commenté Izuku pragmatique.
Ils ne rencontrèrent personne, ni vivants ni zombies. Bien sûr il y avait des cadavres sous les décombres, mais les deux jeunes hommes essayaient de ne pas y prêter attention.
— Finalement on n'aura pas de chalet dans la montagne, mais une ville pour nous tout seul, c'est déjà pas mal non ? s'amusa Katsuki.
— Oui c'est déjà pas mal, sourit Izuku.
Et il embrassa la joue de Katsuki.
Ils vivraient ainsi ensemble, aussi longtemps qu'ils le pourraient.
Lui le zombie plus si zombie que ça, et l'autre tête de mule d'infirmier qui ne prendrait soin que d'une seule personne.
Et malgré tout ce qu'il s'était passé, malgré toute l'horreur de la situation et de ce qu'ils avaient subi, ils seraient heureux. Parce qu'ils pouvaient marcher main dans la main et que, dans le fond, c'était le plus important.
Fin.
L'autatrice : voilà c'est fini. Comme je l'ai dit, j'ai beaucoup aimé écrire cette fic, alors j'espère vraiment qu'elle vous aura plu. N'hésitez pas à me donner votre avis.
