Hello ! :)
Nous sommes le 31 octobre 2023. Ai-je besoin de vous rappeler que cela fait 42 ans que nous avons perdu James et Lily ? :(
Bref, pour leur rendre hommage, le chapitre 19 arrive en avance.
Bonne lecture.
CHAPITRE 19 – Le premier jour du reste de votre vie
Olivier aurait pu apprécier retourner à Poudlard. Il avait prévu de s'y rendre une semaine plus tard pour la remise des diplômes de Violet et Erine. Retourner à Poudlard aurait dû réveiller les souvenirs de ses sept années. C'était de la pure logique. Enfin, c'était ce qu'il croyait. La logique lui avait toujours échappé.
Il n'était rien de tout cela. Pas de nostalgie, pas de sourire, pas de curiosité. Rien.
Jamais, Olivier n'aurait pu prévoir l'incident qui avait eu lieu quelques heures plus tôt. Jamais, il n'aurait pu imaginer revenir à Poudlard pour les circonstances actuelles.
Quelques minutes plus tôt, Tonks s'était introduit chez lui par conduit de cheminée. Olivier ne le fermait pas. Aujourd'hui, il réalisait que c'était mieux ainsi. Tonks n'avait pas détaillé les événements. Elle avait mentionné une Bataille au Ministère dont Violet et Erine avaient pris part. Olivier n'avait pas saisi le pourquoi. Et comment auraient-elles pu se rendre au Ministère ? Cela n'avait aucun sens.
Encore une fois, le sens – d'autre chose que les règles du Quidditch – avait toujours échappé à Olivier.
Tonks avait prié Olivier de la suivre à Poudlard. Erine et Violet avaient été conduites à l'infirmerie de Poudlard. Plus rapide qu'un Eclair de Feu, Olivier s'était exécuté. Cette nouvelle lui déplaisait. Olivier n'avait que de mauvais souvenirs des deux filles dans ce lieu.
Olivier et Tonks – dont les cheveux n'avaient jamais été aussi ternes – avançaient dans les couloirs déserts de Poudlard. Le silence était plombant, même le bruit de leurs pas s'étouffaient dans la pierre. Tonks ne prononçait pas un mot, tête baissée. L'inquiétude d'Olivier s'accentua, ce n'était pas le genre de Tonks. Devant l'infirmerie, il l'arrêta :
— Tonks ?
Elle se tourna vers lui – les iris aussi noirs que ceux d'Erine. Olivier recula d'une pierre.
— Est-ce qu'il y a quelque chose dont tu ne m'as pas parlé ? demanda-t-il.
— Violet est gravement blessée et...
La porte de l'infirmerie s'ouvrit. Le visage défait de Remus les accueillit et aucun son ne sortit de sa voix calme. Remus l'observa de longues secondes, interminables selon Olivier.
Remus se décala et désigna les lits d'infirmerie – qu'Olivier connaissait très bien. Au fond de la salle, Madame Pomfresh n'avait jamais été aussi débordée, pourtant Erine l'aidait. Sa meilleure amie paraissait bien fatiguée, mais obéissait à chacun des ordres de l'infirmière d'une aisance naturelle. Sa voie était toute tracée.
Un linge rincé dans une bassine, Erine jeta un coup d'œil vers l'entrée. Elle le repéra. Erine courut le rejoindre, elle s'accrocha à son cou. Malgré tout ce qu'il se passait autour d'eux, Olivier était soulagé de constater par lui-même qu'Erine leur était revenue. Il lova sa meilleure amie contre lui, elle lui avait manqué.
Erine s'échappa et le tira par l'avant-bras vers un lit d'infirmerie où un hoquet d'horreur glaça son sang.
Sa Violet, inconsciente. Un gros morceau de verre planté dans son épaule.
De grosses gouttes d'un rouge pourpre s'écoulait. Le tissu de sa robe collait à sa robe, imbibé du sang. Un long tube s'implantait dans le creux de son coude. L'estomac d'Olivier se retourna, si madame Pomfresh avait recours à cette technique, Violet était mal au point. Olivier se tourna vers Remus, impuissant.
— Pourquoi n'est-elle pas à Sainte-Mangouste ? s'étrangla Olivier.
— Le risque est élevé… marmonna Remus, son visage entre les mains.
Olivier jura. Bien sûr. Violet ne pourrait jamais se rendre à Sainte-Mangouste.
La main de Remus caressa les cheveux humides de Violet, il ne la regardait pas. Olivier conclut que Remus ne devait plus supporter de voir sa fille dans un tel état. Il comprenait. Lui-même n'était pas certain d'être capable d'endurer cette vue trop longtemps.
— C'était une nuit atroce... murmura Erine à côté de lui. Violet s'est évanoui à la fin de la Bataille. Remus l'a portée jusqu'ici. On vient d'arriver. Madame Pomfresh a mis sous perfusion Violet, car c'était… urgent. Puis, elle a endormi Ron, elle a pris garde à ce que le reste des blessures soient superficielles. Là, elle s'assure que Hermione est stable. Ginny a la cheville cassée. Violet sera la priorité, elle a perdu beaucoup de sang, mais ne t'en fais pas. Elle va s'en sortir.
Le dos de l'index d'Olivier caressa la joue de Violet. Elle était bien translucide pour une personne qui allait s'en sortir. Erine perçut son doute, ses yeux onyx le persuadèrent d'avoir confiance. Dans la pièce, Olivier compta les personnes dans la pièce. Ron, Hermione, Erine, Violet, Ginny, il y avait aussi Luna et Neville. Il constata l'absence d'Harry et d'Holly, il était inimaginable qu'ils n'accompagnent pas cette troupe.
— Où sont Holly et Harry ? demanda-t-il, inquiet qu'il y ait des cas plus graves encore.
— Holly est au dortoir, je lui avais demandé de rester à Poudlard. Et Harry... Il… Je ne sais pas. Je ne l'ai pas revu, depuis que Violet courait après lui. Il est avec Dumbledore je crois... Il s'est passé autre chose...
Madame Pomfresh apparut, interrompant Erine. Olivier était sur le point de rugir. Allait-il toujours être interrompu quand on lui annonçait les événements de cette nuit ? Pourquoi étaient-ils au Ministère ? Qu'était-il arrivé à Violet ? Pourquoi avait-elle couru après Harry ? Où était Harry ? Son rugissement s'arrêta à ses lèvres, car les œillades sévères de l'infirmière le dissuadèrent de se rebeller.
— Hors de ma vue le temps que j'enlève ce morceau de verre, ordonna-t-elle. Personne ici n'a besoin de voir cela.
— Je... tenta Olivier, optimiste.
— Dubois, ne commencez pas ! le coupa-t-elle. Vous n'êtes plus élève à Poudlard, cela ne m'empêche pas de vous donner des ordres.
Olivier ouvrit la bouche, mais Erine attrapa sa cape pour l'attirer à l'entrée de l'infirmerie où discutaient Tonks et Remus. Il constata la proximité entre ces deux derniers et ne put qu'approuver les remarques qu'Erine avait faites à Violet.
Remus, Tonks et Erine étaient sonnés. Les regards fuyants et anxieux. Olivier aurait-il le fin mot de cette histoire ?
— Je peux tout te raconter, déclara Erine.
Tous la regardèrent, tête relevée. Ils comprirent qu'elle était la plus disponible à réaliser cette tâche. Erine restait cette personne forte, Olivier l'admirait. Aux visages de Remus et Tonks, Olivier déduisit qu'elle était aussi la moins perturbée, pourquoi ?
Pourtant, Remus s'en occupa malgré le mal perceptible dans sa voix :
— Voldemort a réussi à pénétrer dans l'esprit d'Harry et à y poser une vision fausse. Harry a vu Sirius, la voix de Remus se brisa un peu plus, se faire torturer au Département des Mystères. Tous les huit sont donc partis à sa recherche... C'était un piège, bien entendu, et ils se sont retrouvés face aux Mangemorts. Nous avons été prévenus par Rogue et par le Patronus de Violet. Nous avons pu intervenir... Nous l'avons vu Olivier, Lord Voldemort était là. Mais aussi...
Remus inspira une bouffée d'air, comme s'il n'avait pas respiré depuis des années. Sa voix resta coincée dans sa gorge, Tonks commença à pleurer à côté de lui. Erine prit le relais :
— Sirius était là aussi... Il est mort, Oli. Sirius est mort.
Un troupeau de centaures aurait été plus agréable que le coup qui s'écrasa sur Olivier. Sirius n'avait pas le droit de sortir du quartier général, Sirius ne pouvait pas être mort. C'était impossible.
Pourtant, la réalité la rendait possible. Tonks étaient secouée de sanglots. Erine se frottait les yeux. Remus portait un masque pour ne pas révéler ses émotions.
C'était donc vrai. Sirius était mort. Ce n'était pas juste. Sirius venait tout juste de retrouver sa famille, sa famille qu'Olivier voyait effondrée.
Il n'osait imaginer ce que devait ressentir Remus. Après avoir cru pendant treize ans que son meilleur ami était un traître, il l'avait retrouvé et le perdait deux ans plus tard. Aucun d'eux n'avait pu profiter de retrouvailles. Olivier pensa à Violet et Harry qui perdaient, à nouveau, un membre de leur famille.
Accrochez-vous et gardez ce que vous avez entre vous, vous n'imaginez pas à quel point tout cela est précieux dans une vie. Les mots de Remus résonnaient dans son esprit comme s'il les avait entendus hier, et il ne réalisait que maintenant à quel point tout cela était vrai.
Des larmes perlèrent le long de ses joues et il les essuya de sa manche. Il appréciait Sirius. Sirius l'avait toujours bien accueilli, Sirius l'avait souvent fait rire et Sirius était une partie de sa famille à lui aussi. Il eut mal à l'estomac entre l'état de Violet et la perte de Sirius. Il accepta l'étreinte que lui proposa Erine.
Il ne restait plus qu'à attendre le réveil de Violet.
Pendant de longues heures, ils restèrent au chevet de Violet. Un bandage entourait son épaule, sa clavicule, son omoplate et sa poitrine. Madame Pomfresh était catégorique, elle avait réussi à soigner les parties les plus inquiétantes. Violet ne garderait aucune séquelle de cette blessure. Olivier était soulagée.
Quand elle cligna enfin des yeux, ils soupirèrent, rassurés. Quoi de mieux que son réveil comme preuve qu'elle irait ? Violet sembla être éblouie par la lumière. Madame Pomfresh éteignit toutes les bougies, sauf celles près d'eux. Les lèvres de Violet bougèrent. Les mots étaient peu articulés, mais ils comprirent sa demande :
— Harry... Où est Harry ?
Remus s'assit au bord du lit de Violet, Olivier s'éloigna de trois pas. Il aimait Violet plus que tout au monde, mais c'était à Remus d'être auprès d'elle. Remus avait besoin de s'assurer que sa fille était toujours là, et personne ne pouvait mieux parler à Violet que lui.
— Harry va bien, ma Violet, chuchota Remus tout en caressant les boucles défaites de Violet. Il est avec le Professeur Dumbledore. Il devrait bientôt arriver, d'accord ?
L'air de Violet le laissa perplexe. Elle paraissait perdue comme non convaincue par les mots de son père. Remus l'embrassa sur le front. Malgré l'abattement, le visage de Remus reprenait de ses couleurs. Il savait que Remus tiendrait du moment que Violet allait bien.
— Je l'ai vu, papa. J'ai vu Voldemort le tuer. Harry ne peut pas aller bien.
Un lourd silence, plus bruyant qu'une Finale de Coupe du Monde de Quidditch, éclata.
Olivier analysa Erine. Il la connaissait du manche du balai à la pointe des brindilles. Il aurait tout appris dans son expression, ce fut le cas. Elle était aussi troublée que lui. Erine n'avait pas connaissance de cette histoire, Remus leur avait volontairement omis
Remus soupira sans décrocher des yeux Violet.
La logique n'était pas point fort d'Olivier. Cela ne l'empêcha de tisser tous les liens. Les phrases qu'il avait entendues au retour de Sirius prirent tout leur sens. Il savait que Remus s'abstenait de révéler ce secret, crucial, qui entourait Violet et Harry.
— Harry est vivant, crois-moi, reprit Remus. Ce que tu as vu est réel, mais les effets du sort n'ont eu aucun impact sur Harry... Tu... Tu dois simplement retenir qu'Harry va bien.
— Elle doit savoir, n'hésita plus Olivier.
— Tu es là, murmura Violet, affaiblie.
Il était resté en retrait assez longtemps. Olivier se précipita sur elle et s'accrocha à sa main.
Cinq paires d'yeux étaient fixés sur lui, les plus surpris étaient ceux de Remus.
Parce qu'Olivier n'était pas censé savoir. Ce n'était pas pour rien qu'ils le maintenaient à l'écart de l'Ordre du Phénix. Le secret entourant le frère et la sœur n'était connu que de l'Ordre. Personne n'aurait dû être au courant.
— Quand j'ai dormi chez vous la première fois, je vous ai entendu parler avec Sirius.
La lèvre de Violet trembla et il enveloppa sa main avec force.
— Je sais que vous leur cachez un élément essentiel, mais je ne sais pas lequel il est. J'ai préféré ne pas savoir.
Cette phrase était pour Violet.
Elle ne devait pas penser que, lui aussi, lui cachait des choses. Non, il avait toujours refusé d'en faire partie. Violet caressa le dos de sa main, Olivier sut qu'elle ne lui en voulait pas. Cependant, ses yeux marron se posèrent sur Remus, déstabilisé. Tonks lui murmurait quelques mots à l'oreille, il ne réagissait pas. Sa révélation bousculait tout leur plan, mais il s'était tu assez longtemps.
— Je dois discuter avec le Professeur Dumbledore, décida Remus. Nous en parlerons lors de votre première réunion dans l'Ordre. Il est temps. Pour le moment, tu dois te reposer, Violet. Vous avez assez vécu cette nuit.
La curiosité était la plus grande qualité de Violet, tout comme son plus grand défaut. Cependant, Violet n'avait plus la force de tenir tête à son père. Elle était assez affligée. De plus, au fil des années, elle avait saisi que si le Professeur Dumbledore était impliqué, elle n'aurait jamais le dernier mot.
Toutes les secondes au Ministère défilèrent en accéléré dans sa tête. Ses yeux s'humidifièrent et son cœur palpita. Madame Pomfresh s'approcha pour vérifier ses constantes. Rien n'était urgent, juste le chagrin qui poignardait son corps.
Sirius ne serait plus jamais là. Vioelt n'entendrait plus jamais son rire semblable à un aboiement, elle ne vivrait plus sa morosité, elle ne serait plus jamais gênée par ses interventions, elle ne connaîtrait plus ses éclats de rébellion. Elle n'aurait jamais plus ses étreintes et tout l'amour qu'il leur apportait.
Sirius avait été présent dès les premiers jours de vie de Violet, il était son oncle. Ils auraient dû être une famille, mais tous ceux qui formaient sa famille disparaissaient un à un. Dans son entourage, tout le monde finissait par partir.
Son père devait avoir capté ses pensées car il portait le même masque qu'aux funérailles de Lyall. Ses yeux bleus trahissaient toute cette façade. Il s'avança pour la prendre dans ses bras en prenant soin de ne pas appuyer sur son épaule. Il la serra fort contre lui.
— On va s'en sortir, ma Violet. On va s'en sortir, comme toujours.
La porte de l'infirmerie s'ouvrit.
Harry était là. Anéanti. Harry était là. Il était vivant.
Remus expira. Violet le connaissait assez pour savoir qu'il faisait preuve de grand courage. Il balayait sa peine pour Harry. Son père aurait tout faire pour Harry et elle.
Harry se figea. Madame Pomfresh alluma une bougie sur deux. Harry s'approcha de ses deux meilleurs amis pour s'assurer qu'ils se portaient bien. Violet l'observa avancer vers elle, et il s'arrêta.
Remus et Tonks s'engagèrent à sa rencontre, Harry les rejeta. Il alternait son regard entre chacune des personnes présentes. Violet regretta de ne pas être en mesure de bouger, elle n'aurait pas hésité, aux yeux des autres elle était son amie. Vu les circonstances, personne n'aurait pu avoir de doute.
— Monsieur Londubat, Miss Lovegood et Miss Green, désamorça la situation Madame Pomfresh. Retournez à votre dortoir maintenant. Vous avez besoin de dormir et j'ai bien assez de monde ici. Monsieur Dubois...
— Je peux rester ? tenta Olivier. J'ai un entraînement demain, je partirai à la première heure. Je vous le promets.
— Bien. Restez. Je vais examiner, Monsieur Potter, s'il me le permet.
La tête de Harry tomba sur son torse, comme si elle était trop lourde. Madame Pomfresh en profita pour panser ses blessures tandis qu'Erine, Luna et Neville quittaient l'infirmerie.
— J'ai fermé les yeux, mon corps était prêt à mourir. J'ai ressenti une grosse douleur, foudroyante. J'ai ouvert les yeux, j'étais vivant. Dumbledore m'a dit que c'était normal.
— C'est normal, Monsieur Potter. C'est bon pour moi.
Harry se dirigea vers elle et jamais elle n'aurait pu se préparer à ce qu'il fit.
Il s'assit côté d'elle. Violet plongea dans les yeux émeraude de son frère. Ces derniers auraient pu être comparés à de l'herbe dont la rosée du matin s'accumulait depuis des jours. Les joues de son frère se teintèrent de rouge et il se laissa tomber sur elle.
Tout le monde fut décontenancé par cette attitude, Violet la première. Malgré leur rapprochement pendant les vacances, il avait gardé une certaine distance qu'il avait décidé de céder.
— Je suis désolé. Tout est ma faute. Je n'aurais pas dû te dire tout cela. Je...C'est ma faute si Sirius est mort... Et je sais... Je sais que je t'ai encore toi, c'est toi ma seule famille restante, Violet. Je suis désolé si nous n'aurons jamais la famille qu'on s'était promis. Je suis désolé, Violet.
Il s'accrocha à elle. Harry versa un flot de larmes, incontrôlable. Violet lova son frère contre elle, de son bras libre. Ils étaient toujours tous les deux malgré la séparation qu'on leur avait fait subir. Aujourd'hui, ils pouvaient être là l'un pour l'autre.
— Ce n'est pas ta faute Harry, murmura-t-elle de la même douce voix que leur mère. Tu ne peux pas croire cela, car ce n'est pas ta faute.
Harry secoua la tête pour signifier le non, il se sentirait responsable peu importait les mots qu'elle lui accorderait. Il aurait toujours ce sentiment de culpabilité, elle ne pouvait qu'être là pour lui. Elle avait été bien trop absente dans sa vie.
— Je suis contente que tu sois en vie, ajouta-t-elle. Je suis là.
Le brouhaha dans la pièce derrière la Grande Salle augmentait au fil des minutes. Malgré cet aspect insupportable, Violet se délectait de chaque dernier moment à Poudlard, avec ceux qui avaient partagé son monde pendant sept ans.
Cette dernière semaine, Violet était restée à l'infirmerie – comme un dernier souvenir de ce lieu – le temps que son épaule cicatrise. Merlin merci, la magie la guérissait à merveille. Son bras était en écharpe et une vilaine cicatrice – dont elle n'aurait jamais honte – était dessinée sur sa peau. Madame Pomfresh lui assurait qu'après quelques semaines de repos, elle retrouverait toute sa mobilité. Le Quidditch ne s'arrêtait pas pour elle, pas maintenant.
La soirée au Ministère défilait dans ses esprits, imprégnée dans ses pensées. La veille, Harry, Ron, Hermione, Neville, Ginny, Luna, Erine et elle s'étaient de nouveau réunis, tous les huit, liés par un fil qu'ils ne sauraient se défaire. Holly était là, bien sûr. Elle ne comptait plus les abandonner, avec ou contre l'avis de sa grande sœur.
La grande nouvelle était que le Ministre de la Magie – Cornelius Fudge – avait enfin reconnu publiquement que Lord Voldemort était de retour. Il n'avait pu feindre cette idée, après tout il l'avait vu de ses propres yeux.
Le temps du déni était terminé et la guerre était déclarée.
Le Professeur Dumbledore avait demandé à Cornelius Fudge de démettre Dolores Ombrage de ses fonctions, le Ministre s'était exécuté. Ils avaient pu dire au revoir à ce crapaud avec beaucoup de joie. Bien que Violet gardait un goût amer de tous les actes de Dumbledore, elle admettait être satisfaite qu'il dirige leur remise de diplôme. Le Professeur Flitwick avait retrouvé ses fonctions de Professeur de Sortilèges et cela, Violet en était plus qu'heureuse.
La Professeure Trelawney, Hagrid et la Professeure McGonagall étaient présents, eux aussi.
Poudlard était de nouveau Poudlard.
Hier après-midi, Madame Pomfresh avait autorisé Violet à sortir de l'infirmerie pour le match amical. Ils en avaient beaucoup discuté avec l'équipe de Gryffondor, Lee et Flavius Lim. Ils étaient tombés d'accord : le monde continuait de tourner, Cedric n'aurait pas aimé qu'ils abandonnent la tradition qu'ils avaient voulu adopter.
Le match a pris une plus grosse tournure qu'ils n'auraient pu l'imaginer. Ils étaient bien plus nombreux. Les équipes au complet de Gryffondor et de Serdaigle avaient été présents, avec en plus quelques membres des remplaçants des Serdaigle. Heidi MacAvoy et Flavius s'étaient joints à eux avec quelques septième année qui souhaitaient rendre hommage à Cedric.
Malgré l'état de Harry, il avait aussi participé. Il n'était pas dans son meilleur jeu et avait la tête ailleurs mais il n'aurait pas raté ce moment de partage. Violet s'était assise aux côtés de Lee et avait pris plaisir à commenter ce match – à défaut d'y participer. Quelques élèves des trois maisons – Serdaigle, Gryffondor et Poufsouffle – étaient venus par curiosité. Les Professeurs avaient été spectateurs dès le début cette fois.
Contrairement au premier match, d'il y a deux ans, plusieurs équipes avaient été créées et les matchs écourtés – mais pas le bonheur.
Les Elfes de Maison avaient apporté boissons et collations, à la demande de la professeure McGonagall. Hermione avait collecté quelques Noises que certains avaient dans leur poche pour les Elfes. Cela en avait fait sourire plus d'un.
L'ambiance avait été festive et joyeuse, tout ce dont ils avaient besoin pour les temps à venir.
Les résultats des ASPIC étaient tombés le matin même. Maintenant, Violet y était. Elle allait recevoir son diplôme. Dès demain, elle quitterait Poudlard définitivement.
Peut-être qu'un jour elle reviendrait : en tant que sélectionneuse pour une équipe, ou bien en tant que professeure lors d'une reconversion, peut-être même qu'elle pourrait participer à la remise des diplômes d'Harry en tant que sœur. Beaucoup de peut-être.
Mais aujourd'hui, elle était encore là.
Elle était entourée d'Erine, Lee, Angelina et Alicia. Roger et Connor étaient juste à côté d'eux et le reste des Serdaigle, Gryffondor et les Poufsouffle n'étaient pas bien loin.
Seuls manquaient à l'appel Fred et George. Comme toujours, ils avaient pris leur destin en main. Leur absence créait un vide parmi eux, mais ils étaient tous fiers de se dire que leur commerce fonctionnait.
Luke Taylor était lui aussi absent. Cela, tout le monde s'en trouvait soulagé. Il était parti de Poudlard avec ses parents dès les résultats d'ASPIC qu'il avait malheureusement réussis.
Et il y avait Cedric... Personne ne l'oubliait.
Alors que la Professeure McGonagall donnait les consignes pour leur entrée sur l'estrade, Flavius Lim vint à sa rencontre, accompagné de quelques Poufsouffle. Leur intention était masquée, la curiosité de Violet quand Flavius demanda :
— Est-ce qu'on pourrait te demander un service ?
Les yeux de Violet parcoururent la Grande Salle à la recherche de ses proches. Il n'y aurait pas le visage de son père. L'Ordre du Phénix enchaînait les réunions. Sans compter que son père aurait dû subir tous les regards des parents – voire pire. Mais elle trouva celui d'Olivier, qui s'était libéré pour son jour.
Elle s'installa sur le siège entre Anna et Sara. Son sourire s'étendit quand elle remarqua que Ruth et Sebastian s'étaient eux aussi déplacés. Quelques jours plus tôt, Violet les avait invités, leur présence comptait énormément pour elle, et ils étaient là.
A côté d'Olivier, Holly s'agitait. Violet devina qu'elle ne savait où donner de la tête : solliciter Olivier ou ses parents ? Henri et Victoria avaient, exceptionnellement, fait un pas dans le monde sorcier. Erine les avait suppliés, ils avaient craqué. Heureusement pour eux, la remise des diplômes n'était pas l'événement le plus magique.
Le Professeur Dumbledore se leva. Il tendit ses mains et alluma – sans même avoir besoin d'utiliser sa baguette magique – les bougies pétillantes. Les banderoles des quatre Maisons vacillaient au rythme d'une brise enchantée.
— Bonjour à tous ! déclara d'une forte voix Dumbledore. Après cette année bien particulière pour nos chers élèves et pour moi-même, je suis ravi de vous accueillir dans notre maison qu'est Poudlard. Cette année peut se terminer dans la grande joie grâce à nos tout nouveaux diplômés.
» Je connais chacun de mes élèves. Chacun d'entre eux a laissé son empreinte à Poudlard à sa manière. Chaque élève a son importance dans cette école. Chaque élève que j'ai vu grandir jusqu'à devenir des sorciers parfaitement accomplis m'a prouvé ses qualités pour parcourir notre monde et garantir le bien que nous attendons.
» Je m'émerveille de leurs yeux pétillants et leurs sourires qui illuminent cette Grande Salle pourtant bien rayonnante. Je suis certain qu'ils ont de beaux discours à prononcer, des mots qui donneront espoir à quiconque ici. Après cette année, je n'ai qu'une envie : les entendre.
» J'invite donc les Directeurs de Maison à appeler leurs élèves pour leur remettre le diplôme qu'ils méritent tant. Professeur Flitwick, je vous laisse la parole pour appeler notre Majore de Promotion.
Leur Professeur de Sortilèges à la tignasse blanche bondit pour trouver le sol. Violet se dressa, aussi droite qu'un manche à balai. Elle observa Olivier, dont les pupilles étaient figées sur elle. Violet ne doutait pas qu'il épiait un moindre signe qui lui apporterait une réponse : avait-elle réussi ?
— Comme le veut notre tradition, nous commençons la remise des diplômes avec l'élève qui a reçu le plus d'ASPIC et les meilleures notes, commença la petite voix fluette du Professeur Flitwick. Avec ses neuf ASPIC sur neuf, mais surtout avec les neuf Optimal dont elle a tant rêvé : je demande à la capitaine de l'équipe de Quidditch des Serdaigle, qui a apporté la Coupe cette année à notre Maison, poursuiveuse depuis sa troisième année, élève qui a beaucoup apporté à notre école de me rejoindre :
» Violet Hope Lupin.
Aussi fière que Percy deux ans plus tôt, Violet rejoignit le devant de l'estrade sous les applaudissements. Elle tenta de dissimuler son grand sourire, lèvres pincées, ce fut bien dur. Devant le Professeur Flitwick qui – elle en était sûr – venait d'essuyer une petite larme, Violet sourit de toutes ses dents, faisant concurrence à celui d'Erine.
Le Professeur Flitwick s'était perché sur un petit escabeau, Violet put l'étreindre comme il se devait.
— Merci, merci, merci, murmura-t-elle dans son oreille.
Elle n'aurait pas tant accompli sans lui. Le Professeur Flitwick lui frotta le dos pour la conforter dans l'idée qu'il était un professeur des plus attentifs, puis elle reçut ce morceau de parchemin, qui signait la fin de ses années à Poudlard.
— Félicitations Miss Lupin, lui dit son Professeur. Vous le méritez, profitez de ce moment.
Elle remercia encore une fois, puis elle trouva le pupitre. L'heure de son discours avait sonné. D'autant plus qu'elle avait une nouvelle tâche qu'elle n'avait pas pu préparer, elle devait être digne de la demande de ses camarades.
— Bonjour tout le monde, débuta-elle, les joues rouges de timidité. Avant de commencer à parler de moi, j'aimerais dire quelques mots sur un autre élève. Nous nous sommes concertés avec mes camarades, nous estimons qu'il mérite cet hommage aujourd'hui. Nous aurions tous aimé partager ce moment avec Cedric Diggory.
» Cedric aurait dû être présent avec tous les Poufsouffle, avec toutes ces personnes qui ont été sa famille pendant six années. Il n'a pas cette chance. Il n'a pas la chance de recevoir son diplôme avec nous. Nous souhaitons qu'il soit dans nos pensées, qu'il soit avec nous en ce jour.
» Cedric Diggory était l'attrapeur de l'équipe de Poufsouffle. Il était leur capitaine et leur préfet. Avec Cedric, nous nous croisions dans les couloirs et dans les cours que nous partagions. J'ai réellement commencé à faire connaissance avec lui lors de notre cinquième année. Nous étions alors tous les deux de nouveaux capitaines, il a été très encourageant. Il a formé une excellente équipe ! Ensemble, nous avons uni nos équipes à celle de Gryffondor pour la victoire de la Coupe. Je tenais à ce que mes amis l'emportent et Cedric aussi.
» Car Cedric était ainsi, il était très attachant. Cedric a toujours été une personne travailleuse, fair-play et extraordinairement gentille. Il représentait les valeurs de Poufsouffle à la perfection. C'est grâce à Cedric que la tradition du match amical de fin d'année est née. Je compte sur les prochaines promotions pour perpétuer cette tradition, en hommage à Cedric Diggory. J'espère de tout cœur que chaque année, cette journée aura lieu. Je vais maintenant exécuter la demande de mes camarades.
Violet attrapa sa baguette et la pointa vers le plafond. Elle pensa très fort au Lumos et une lueur en surgit.
— J'aimerais que tout le monde lève sa baguette en l'honneur de Cedric Diggory.
Sa demande fut respectée. Toutes les personnes avec une baguette la levèrent. L'émotion gagna Violet. Cedric méritait qu'ils lui apportent cette attention. Pendant une minute, ils gardèrent leur baguette vers le ciel.
— Une personne que j'aime énormément et qui nous a quittés elle aussi trop tôt m'a dit un jour, elle souffla pour contenir ses larmes. « Ceux qui nous aiment ne nous quittent jamais vraiment. » Je suis certaine que Cedric sera toujours présent avec nous. Merci Cedric, nous ne t'oublions pas. Jamais.
Violet entendit des reniflements derrière elle. Des personnes sortaient des mouchoirs de leur poche. Elle-même dût reprendre sa respiration sans quoi elle ne terminerait pas son discours. Elle essuya les larmes qui fuyaient de ses yeux. Elle expira et poursuivit les yeux rougis.
— Pour ma part, je suis extrêmement fière de me tenir ici devant vous en tant que Majore de Promotion. J'ai toujours travaillé du mieux que je pouvais pour rendre fier mon père. J'ai redoublé d'efforts en cinquième année quand je devais allier Quidditch et BUSE. J'ai d'ailleurs peu apprécié qu'il manque un Optimal à mes BUSE. Mes meilleurs amis vous le confirmeront.
— C'est le cas de le dire, commenta Erine, assez fort pour qu'elle l'entende et un discret rire lui échappa.
— Je suis donc satisfaite d'avoir réussi pour mon examen final ET d'avoir remporté la Coupe de Quidditch grâce à ma formidable équipe !
» Je remercie mes professeurs pour leur soutien et leur présence auprès de nous pendant ces sept années. Plus particulièrement mon Directeur de Maison, le Professeur Flitwick, elle se tourna vers lui, il devait voir qu'elle était sincère. Je vous remercie d'avoir cru en moi. Je vous remercie d'avoir été aussi présent quand j'en avais besoin. Je vous remercie de vous être battu pour moi face à Ombrage. Je ne vous remercierai jamais assez pour tout ce que vous m'avez apporté. Je suis fière d'être parmi les Serdaigle, surtout grâce à vous.
» Je tiens aussi à remercier notre infirmière, Madame Poppy Pomfresh, et cette fois-ci elle se tourna vers l'infirmière. Madame Pomfresh est une personne essentielle à Poudlard, elle a toujours pris soin de n'importe lequel d'entre nous et Merlin sait qu'elle en voit de toutes les couleurs. J'admets que j'ai participé à tout cela. Merci Madame Pomfresh.
L'infirmière la remercia d'un signe de tête et Violet vit que ses yeux étaient humides. Elle était satisfaite d'avoir pu lui faire ce plaisir de ces quelques mots. Elle retrouva l'assemblée. Elle avait encore tant à dire, elle espérait ne pas les endormir.
— Poudlard a été ma deuxième maison. Elle est notre deuxième maison. Poudlard va me manquer. J'espère avoir de formidables occasions pour revenir !
» Je remercie mes camarades de maison pour ces sept années. Je remercie mes camarades des autres maisons avec qui j'ai aussi pu tisser des tiens. Je remercie mon équipe de Quidditch et mes supers poursuiveurs avec qui j'ai fait équipe pendant quatre années. On était la « Dream Team », comme dirait mon amie Erine Green.
» J'en viens donc à ces personnes que j'aime plus que tout au monde. Je remercie mon père de m'avoir toujours poussé plus haut et de toujours avoir été si présent. Il n'a pas pu venir aujourd'hui, mais je tenais à lui dire que je l'aime.
» Je remercie mes meilleurs amis, Fred et George Weasley, qui ne sont pas là aujourd'hui par choix. Ils ont toujours su qui ils étaient et ils sont restés eux-mêmes pour leur sortie de Poudlard. Je les remercie de m'avoir faire rire, de NOUS avoir fait rire.
» Je remercie ma meilleure amie, Erine Green, pour son magnifique sourire que vous aurait la chance de connaître. Merci pour ce sourire qui illuminait chacune de mes journées à Poudlard. Je te remercie d'être une si formidable amie même si tu es é-pui-sante.
Violet fit une courte pause pour poser toute son attention sur Olivier. Même d'aussi loin, elle se perdait dans ses yeux marron foncé. Elle sourit d'autant plus, prête à faire l'annonce dont les journaux n'étaient pas encore au courant. Olivier lui avait permis de lui faire cet honneur à Poudlard.
— Et je remercie Olivier Dubois, que vous connaîtrez, dès demain, comme le gardien titulaire du Club de Flaquemare.
Des applaudissements se répercutèrent dans la pierre des murs de la Grande Salle pour le féliciter. Les Professeurs étaient les plus emballés, si on ne comptait pas Lee, Erine et l'ancienne équipe de Gryffondor. Holly secoua Olivier. Le pauvre dut enlever les mains d'Holly de son épaule pour la calmer. Violet était heureuse pour lui. Elle discerna son sourire et elle lui dédia les prochains mots :
» Oli, je te remercie pour tout ce que tu m'as apporté, de toujours m'avoir soutenue tout en me respectant. Je te remercie pour tout cet amour ! Je te remercie d'être toi, même s'il n'est pas toujours simple de te suivre. Je te remercie pour tous ces entraînements. Sans toi, je n'en serai pas là.
» En effet, je suis fière de vous annoncer à tous que j'ai signé un contrat ce matin en tant que poursuiveuse titulaire.
Le temps s'était arrêté. Il n'y avait plus de murmure, que le silence et l'ébahissement. Violet en était fière, peu de personnes parvenait à être titulaire dès leur sortie de Poudlard. Elle l'avait fait. Elle contempla, du mieux qu'elle pouvait, les yeux Olivier. Il était accroché à ses lèvres, déjà fou de joie pour elle. Il ne tenait plus en place, comme une Holly au masculin.
— Moi aussi au Club de Flaquemare.
— OUAIS !
Le cri d'Olivier aurait pu masquer n'importe quelle parole tant il sortait du cœur. Il avait bondi et l'applaudissait à perdre ses mains, ce qui aurait été dommage pour un gardien de Quidditch. Tout le monde le suivit. Erine surgit de derrière Violet et lui sauta au cou, se moquant de savoir si cela était convenable ou non.
Encore plus heureuse qu'à ses premiers pas sur l'estrade, Violet rejoignit sa place. Elle avait encore les discours de tous les autres diplômés à écouter, tous les projets futurs à imaginer. Connor annonça qu'il rejoignait le Département de la Justice Magique et qu'il comptait monter les échelons petit à petit jusqu'au poste tant rêvé. Roger rejoignait la formation de la Brigade de Police Magique dans le but de devenir Tireur d'Élite.
Au tour d'Erine, Violet s'enthousiasma de la voir sautiller jusqu'au professeur Flitwick. Le parchemin qui lui ouvrait les portes au Monde Sorcier, Erine trouva le pupitre. Elle y déposa le parchemin et s'accrocha au rebord du pupitre.
Violet n'avait pas accès au visage de sa meilleure amie, juste à sa queue de cheval qui valsait à chacun de ses mouvements, cependant elle était certaine que son sourire rayonnait.
— Quand j'étais petite, mes parents me racontaient des histoires de licornes et de sorcières. J'écoutais et épluchais tous les livres qui me transportaient dans un monde à part. J'étais fascinée. Avec ma petite sœur, nous nous déplacions sur les balais de la maison et nous faisions semblant de voler. Je ramassais les branches par terre pour avoir ma propre baguette magique.
» J'ai toujours été une bonne élève, mais je fuyais toujours la réalité dans un autre monde. Un monde qui m'inspirait et qui m'aidait à m'envoler autrement que sur le faux balai magique.
» Alors quand j'ai commencé à réaliser que les lumières qui s'éteignaient et s'allumaient sans raison apparente, que les fleurs que je faisais tourbillonner dans ma main n'avait rien à voir avec la brise d'Angleterre, que les verres qui explosaient étaient dus à ma colère, tout a changé. Quand une chouette est venue toquer à la fenêtre de ma chambre pour m'apporter la lettre pour Poudlard, je croyais à une blague de mauvais goût. Et puis, la Professeure McGonagall est venue à la maison. Toute ma vie a changé. Ma vie est devenue un véritable conte de fées.
» Qui aurait cru que les baguettes magiques existaient ? Qui aurait cru que je volerai pour de vrai sur un balai et que je pratiquerai un sport sur cet objet ? Qui aurait cru que les licornes et que les vampires n'étaient pas une légende ? Moi, j'y croyais. Depuis, tout m'a semblé plus magique de jour en jour.
» Poudlard ne m'a pas laissé le temps de m'ennuyer. Il y a d'abord eu le jour où j'ai été pétrifiée par un basilic. Il y a aussi une bataille contre des Mangemorts, Erine s'arrêta aux raclements de gorge de la Professeure McGonagall, même les rires de leurs camarades ne l'incitèrent pas à continuer. Mais je suis heureuse d'être ici et extrêmement fière d'être diplômée !
» Ces années à Poudlard m'ont permis de rencontrer les personnes les plus extraordinaires que je connaisse. Celles qui m'ont fait ressentir des émotions et des sentiments encore plus magiques que la magie elle-même.
» Tout d'abord, il y a mes deux meilleurs amis : Olivier Dubois et Violet Lupin, ou Violivier pour les intimes. Couple star de Poudlard, qui deviendront le Couple star du Quidditch, j'en suis persuadée. Vous allez faire rêver des milliers d'enfants et d'adultes. Vous allez battre tous les records et je serai au première loge pour voir cela.
» Mais aussi mes jumeaux préférés, les sorciers facétieux bien connus de l'école et qui vont devenir les maîtres de rire. Fred et George Weasley vont accomplir de grandes choses dans leur spécialité. Je vous invite à participer à cela en vous rendant dans leur boutique sur le Chemin de Traverse, vous ne serez pas déçus !
» Bref, je suis fière de les avoir comme amis, je vous adore ! elle fit un petit cœur avec ses doigts qu'elle adressa à Olivier, puis à Violet.
» Je souhaite aussi à ma petite sœur de la réussite pour ses prochaines années à Poudlard. Je ne serai pas là ces trois prochaines années, mais tu n'as jamais eu besoin de moi pour être merveilleuse. Tu es la meilleure, Holly ! Continue d'être la personne pétillante et talentueuse que tu es, j'ai hâte d'être dans trois ans pour me tenir à ta place et t'applaudir quand tu recevras ton diplôme. Je t'aime, Holly.
— JE T'AIME AUSSI ! cria Holly et leurs parents se cachèrent le visage dans leurs mains.
— Pour mon avenir, termina Erine, je ne compte pas quitter le Monde Sorcier ! Je suis inscrite et acceptée à la formation de Guérisseuse de Sainte-Mangouste dans le service des Blessures par Créatures Vivantes. Mon objectif serait de travailler dans la recherche afin de trouver un remède contre la lycanthropie.
Les applaudissements furent plus mitigés à l'annonce de cette dernière phrase. Peu importait, Violet savait qu'Erine Green était vouée à réussir. Sa meilleure amie n'avait pas à s'inquiéter de ces avis négatifs, elle seule connaissait les vraies valeurs. Et Erine ne serait jamais seule, elle les aurait toujours, eux, pour la soutenir.
Le reste de ses amis enchaîna : Angelina et Alicia rejoignaient le programme des Aurors. Lee allait suivre une formation de journalisme. Anna rejoignait aussi Sainte-Mangouste avec pour objectif de créer sa propre maison de naissance. Ils avaient tous des projets bien précis et elle était persuadée que tous y parviendraient.
Quand Emily Zobs termina son discours en annonçant qu'elle souhaitait devenir Briseuse de Sorts, le Professeur Dumbledore se leva à nouveau pour clôturer la cérémonie. Il prononça à nouveau quelques mots que Violet n'écouta que d'une oreille – elle lui en voulait toujours – mais elle apprécia sa dernière phrase :
— Le premier jour du reste de votre vie commence dès maintenant.
Sous la pluie de feux d'artifices magiques, Erine et Violet descendirent de l'estrade plus fières que jamais. Elles se faufilèrent parmi la foule pour rejoindre ceux qui comptaient le plus à leurs yeux.
Quand elle trouva ses parents, Erine les enlaça. Elle était si heureuse de se trouver là, son diplôme en main et ses parents pour le vivre avec elle. Jamais, elle n'aurait imaginé qu'ils auraient fait l'effort de venir à Poudlard. Pourtant, ils étaient là. A Poudlard. Pour elle.
L'été passé et tout le reste de l'année avaient été un véritable Enfer. Elle avait vécu les pires moments de sa vie, en pensant ne jamais s'en sortir. Elle avait coulé petit à petit, dans les plus profonds abysses. Erine aurait pu choisir de se noyer et retenir que son année était un cauchemar. Mais elle était Erine Zoey Green et elle avait toujours souhaité ne voir que le meilleur.
Elle choisissait donc le bonheur. Elle était heureuse. La personne qui l'avait brisée était absente, comme promis, et elle s'en sentait libérée. Cedric Diggory n'était pas présent, mais comme l'avait dit Violet, il ne les avait jamais vraiment quittés.
Aujourd'hui, ses parents étaient là dans un monde qui ne leur appartenait pas. Erine avait obtenu tous ses ASPIC avec sept Optimal et deux Efforts Exceptionnels, une grande réussite donc. Violivier était ensemble et ils restaient, tous les deux, ses meilleurs amis. Holly était, comme d'habitude, dans une énergie énergivore pour les autres. Erine ne lui en voudrait jamais, cela lui arrachait un splendide sourire.
A quelques pas d'elle, Violet était entourée des bras d'Olivier qui ne cessait de lui murmurer tous les compliments qu'il avait à sa disposition.
— Tu veux bien partager la Une, Dubois ? plaisanta-t-elle et il l'embrassa sur la mâchoire.
— Si on me présente comme le meilleur de nous deux, sans un brin d'hésitation, Lupin.
Les yeux de Violet se fermèrent pour retenir son rire. Ce fut un échec. Elle s'esclaffa et donna un léger coup de poing dans l'épaule d'Olivier.
— Notre vie commence maintenant, ajouta-t-il pour se rattraper.
— Elle va être exceptionnelle, précisa-t-elle.
Alors que ses yeux avaient toujours brillé comme des étoiles, Violet réalisait que ceux d'Olivier en possédaient les reflets. Ou bien, ils pétillaient autant de joie et de rêves.
Ils avaient encore beaucoup à accomplir, mais leur futur était tout tracé.
Leur rencontre n'avait jamais été un hasard. Ils s'étaient toujours encouragés et ne cesseraient jamais de le faire. Leurs rêves étaient communs, à deux, ils iraient plus loin.
Le saut d'Holly sur elle les détacha. Violet reçut une nouvelle fois de nombreuses félicitations de la part de la petite sœur de son amie. Ruth et Sebastian en profitèrent pour l'étreindre comme ils avaient pu le faire pour Olivier deux ans plus tôt.
— Bravo, Violet ! Tu le mérites ! s'exclama Ruth.
— Tu peux être fière de toi, rajouta Sebastian et elle le confirma d'un haussement de tête.
Erine et Violet coulèrent sur les accolades entre camarades et professeurs. De son appareil photo sorcier et de son appareil photo Moldu, Erine missionna les parents d'Olivier et les siens pour prendre le plus de clichés possibles.
Malgré l'émotion de quitter Poudlard, leurs sept années se terminèrent en beauté.
Et voilà ! :)
Ce chapitre vous a-t-il plu ?
Etes-vous soulagé-es ? Maintenant, la question est : que s'est-il passé ? J'attends vos théories. ;)
Cette remise de diplôme vous a plu ? Les petits discours de Violet et Erine aussi ? :) Je sais que certain-es attendaient Vio chez les Harpies, mais clairement, Violivier se seraient entretué-es ahah ou trop inquiété-es pour être à fond dans leur équipe respective. De plus est, Violet veut battre les records et préfère être meneuse. Elle ne souhaitait pas être "juste" passeuse". Bref...
Une page se tourne. :)
Au prochain chapitre "Les ordres sont les ordres" : Un comité d'accueil. La boutique des jumeaux. Un mur très spécial. Un récit de sentiments. La première réunion. Une confrontation. Un binôme inattendu. Une inscription sur une pierre. Une maison très Moldue.
