Gauvain sursauta et laissa tomber le livre qu'il essayait de lire. Arthur venait encore une fois de débarquer dans sa chambre en trombe. Il faisait les cents pas, donnant des coups de pieds dans son mobilier. Mais comme cette dernière année, ça avait été scène assez récurrente que celle ci, Gwaine se contenta de ramasser son livre et de se rallonger sur son lit, une main soutenant sa tête, un brin de paille entre les dents. Il tentait de n'être pas distrait par la présence d'un roi furibon dans ses appartements privés. Pourquoi Perceval aimait tant ce livre ? Il n'y comprenait rien. Et puis cela faisait au moins quatre fois d'affilée qu'il relisait la même phrase. Il n'en pouvait plus. Il n'avait jamais été très patient alors il finit par parler le premier.
- Quelle raison de votre colère aujourd'hui messire ? La reine est bien ronde, c'est pour bientôt. Ce n'est pas une bonne nouvelle ?
- Bien sûr que si c'est une bonne nouvelle. se calma Arthur, restant immobile une minute avant de se pincer les lèvres et de demander. - Il est encore seul hein ?
- Je veille à ce qu'il ne rencontre personne comme vous me l'avait dit, mais honnêtement je ne sers pas à grand-chose, il ne semble vraiment pas désireux d'avoir une relation.
- Tant mieux ... soupira Arthur.
- Combien de temps encore lui infliger ça ? Il pense que vous avez tout oublié alors que tout vous est revenu assez vite en réalité. À votre mariage déjà vous vous souveniez de beaucoup ... Pourquoi ne lui avoir rien dit ?
- Je ne voulais pas qu'il croit être un mauvais magicien... Répliqua Arthur tout en s'asseyant sur un coin de table.
- Merlin est le meilleur magicien qu'il soit, si son sort d'oubli et d'amour n'ont pas marché c'est que vous avez tout fait pour lutter contre. Jusqu'à vous vriller la tête. Vos migraines ont commencé avec tout cela.
Arthur ferma les yeux. C'est vrai qu'une chose terrible ne cessait de tambouriner dans sa tête depuis des mois. Il avait fait un rêve peu de temps après avoir été si gravement malade. Un rêve dans lequel il prenait un bain avec son serviteur. Et pourtant ce rêve totalement incongru avait semblé bien trop réel pour ne pas avoir été. Et à partir de là, il avait creusé. Tenté de se souvenir, des heures durant. Et petit à petit, tout lui était revenu. Tout. Il avait fini par arracher la poupée de paille qui pendait sous son lit et à feindre son attirence pour sa fiancée qui maintenant était sa femme.
- Alors ? La vraie raison pour laquelle vous ne lui avez toujours rien dit après tout ce temps ?
- Il me fallait un héritier.
- Oui mais dès qu'il sera né vous serez père en plus d'être roi. Alors ça ne changera rien à la situation, bien au contraire, vous n'en aurez que moins de temps pour Merlin.
- Tu te trompes. Quand cette enfant naîtra je serai libre. Avec un héritier, Guenièvre aura le droit d'assurer la pleine régence. Elle est bien plus douée que moi en tant que reine. Ça ira. Moi j'irai chasser, je prendrai Merlin avec moi. Et jamais nous ne réapparaîtrons.
Gauvain dévisagea son roi. Il avait l'air déterminé. Il avait pensé à tout.
- Vous laisserez votre enfant derrière ?
- Avec le père que j'ai eue, comment pourrais-je en être un bon ? Comment pourrais-je regarder mon fils ou ma fille dans les yeux chaque jour et le ou la préparer à un avenir que je ne voulais même pas pour moi ? Je n'ai pas la force de faire ça. Je partirai en sachant que cette enfant ne manquera de rien. Ce château l'élèvera. Il aura une mère incroyable, elle se mariera sûrement après une période de veuvage descente et il y aura ma garde rapprochée que je lui laisse. Les hommes en lesquels j'ai le plus confiance veilleront sur elle et mon enfant. Je ne m'en fais pas.
Gauvain eut un petit sourire face au compliment. Mais il ne pouvait s'empêcher de demander.
- Je vois que tout cela est bien pensé. Êtes vous sûr de ne pas le regretter.
- N'ai je pas fait assez pour ce royaume ? N'en avons nous pas fait assez Merlin et moi ? On à éloigner le mal et la maladie. Supprimé la famine, réduit les inégalités, bannit les truants, stopper la peine capitale. Fait de ce royaume un endroit où on peu être qui l'on est à condition de respecter la loi ! J'ai fais de ce royaume un état unifié et prospère ! Que puis-je faire de plus ? Je suis fatigué à présent.
- C'est un royaume incroyable que vous avez construit messire. Un royaume que je suis très fière de défendre. C'est un royaume de tous les possibles dis t-on. Un roi peut épouser une servante. Et pourtant jamais il ne pourra épouser un servant.
Arthur eut un demi sourire épuisé.
- Certaines choses ne peuvent être changées, c'est pour ça que je pars. Parce que moi, je ne peux pas et je ne veux pas changer.
Et voilà... C'est la fin d' "Une saison dans le stupre"... Ce devait être de base une petite fanfic de moins d'une dizaine de chapitres mais comme vous le voyez je me suis très largement laisser emporter... Je sais que la fin est pas hyper hyper joyeuse mais bon... Vu comment se termine la série de base c'est pas trop mal on va dire... En tout cas j'éspère vraiment que cette histoire vous aura plû. Merci
