Prompt : Comme si aujourd'hui était ton dernier jour
Note : possible spoils.
Toi aussi tu es important.
Ils se préparaient pour la guerre. Ils étaient jeunes, inexpérimentés, ils avaient encore tant à découvrir, à apprendre, à vivre. Mais peut-être que demain, demain serait leur dernier jour. On ne les avait pas mis en première ligne, les super héros expérimentés seraient ceux qui se battraient pour éviter le pire. Mais tous savaient que ça ne voulait rien dire, qu'ils n'étaient pas à l'abri, que le monde pouvait s'écrouler juste sous leurs pieds. Ils pouvaient mourir, voilà tout. Alors tout se terminerait pour eux, et ceux qui resteraient devraient reconstruire un monde sur le cadavre de leurs amis, familles, mentors. C'était horrible de prendre conscience de ça, de se rendre compte que si c'était vachement cool de rentrer à Yuei, au final ils n'étaient que des enfants qui pouvaient être sacrifiés dans une stupide guerre.
Ils feraient de leur mieux, ils garderaient la tête haute et demain ils se battraient de toutes leurs forces.
Mais ce soir.
Ce soir seulement.
Ils avaient le droit de n'être que des adolescents sans problème, sans mission. Pas en danger de mort, pas sur le point de partir au combat.
Mineta couinait dans son coin, ils n'allaient pas y arriver et ils ne toucheraient jamais une fille de sa vie et c'était comme si tout était foutu. Pour une fois, personne ne l'engueula, mais on l'ignora.
Momo faisait des exercices de respiration. Iida vérifiait que tout était prêt, les costumes, les armes, les gens. Kyoka écoutait de la musique. Kirishima s'était rapproché de Mina et ils discutaient tous les deux, se remémorant des souvenirs du collège.
Il y en avait qui était prostré, on entendait Toru la fille invisible pleurer, mais personne ne se moqua ou ne lui fit de remarque.
Pour la plupart, ils avaient envie de faire comme elle.
Et puis il y avait Bakugo, dans son coin, les bras serrés sur sa poitrine, qui attendait. Il avait le visage plutôt colérique et tout le monde pensait qu'il était sans doute le seul à ne pas avoir peur, le seul à être prêt pour ce qui allait se passer.
Ce qui était complètement faux.
Bakugo cachait sous sa mine furieuse qu'il crevait de trouille, qu'il détestait cette attente insupportable et qu'il aurait voulu que tout soit déjà terminé. Que les super héros soient vainqueurs, qu'il y ait le moins de blessés possible, le moins de dégât également. Qu'ils ne soient pas au bord d'une possible fin du monde comme on le connaissait.
Ses idées roulaient dans sa tête et par intermittence il serrait les poings. Il n'avait pas peur pour lui-même, pas vraiment non plus pour les autres. Son regard s'arrêta sur Deku. Le nerd relisait ses notes comme si elles allaient lui donner la solution pour tout arrêter. Mais la vérité c'était que c'était trop tard. Deku avait l'air grave et ça ne lui allait pas. Bakugo préférait le voir sourire ou pleurer (pas par sadisme, mais parce que c'était une expression sincère). Là, il était difficile de savoir ce que cet imbécile avait en tête. Enfin difficile pour les autres.
Bakugo savait exactement à quoi Deku pensait.
Comment sauver le plus de monde possible, quitte à se sacrifier lui-même.
Le blond bondit de son siège et des regards se tournèrent vers lui. On pensait qu'il allait s'énerver, gueuler un bon coup contre tout le monde, mais il n'en fit rien. Il resta debout là un instant, se fichant du monde autour de lui. Ses yeux ne lâchaient pas Deku.
Iida eut peur d'une confrontation et tenta d'intervenir :
— Bakugo ce n'est peut-être pas….
Bakugo le coupa dans sa phrase avec un geste de la main qui signifiait « ta gueule je réfléchis ». Le blond se retrouva en face de Deku qui leva le nez de ses notes.
— Kacchan ?
— Je t'interdis de te la jouer solo, maugréa Bakugo, on travaille ensemble ou alors je t'attache dans une cave et je t'y abandonne jusqu'à la fin du combat.
Deku fronça les sourcils. Bakugo savait déjà la suite :
— Tu ne peux pas faire ça, je dois être là et les arrêter.
— Pas si c'est pour te sacrifier.
— Tout va bien se passer, tenta Deku avec son faux sourire de plus en plus emmerdant.
La fureur de Bakugo le faisait presque trembler, mais Deku lui tenait tête. Il n'avait même pas les jambes flageolantes. Il était déterminé. Plus têtu que jamais, il irait se tuer dans cette foutue guerre, tout ça parce qu'il ne pensait jamais à lui-même.
— Je vais te buter si tu meurs, jura Bakugo.
— Ça ira, certifia Deku.
Comme si c'était vrai alors que c'était un gros mensonge. Personne ne savait vraiment si ça allait aller, tout le monde avait peur, mais ils étaient des futurs super héros, et ils avaient mis leur vie au service de la société et des gens.
Personne n'aurait osé se plaindre, et personne n'aurait hurlé qu'ils n'étaient pas que de la chair à canon, ils étaient des ados. Avec des rêves pleins la tête. Ils avaient envie de vivre, de sortir, et même pourquoi pas de tomber amoureux.
Bakugo donna un coup de front à Deku. Ils savaient que tout le monde les regardaient, vérifiait que la discussion n'allait pas trop loin, que Bakugo ne ferait rien de dangereux.
Pourtant, tous savaient que Bakugo avait changé, il avait évolué, il avait grandi. Certes il gardait son sale caractère explosif et impulsif, mais il était devenu plus proche de Deku, il était moins fier.
Et présentement, il avait la trouille. Pour ce maudit Deku.
— Comment te faire rentrer dans la tête que ta vie est importante ? beugla-t-il.
Derrière eux, les autres acquiescèrent, quelqu'un lança même « oui Deku tu es important ». Le garçon aux cheveux verts ne paraissait pourtant pas enregistrer ce qu'on lui disait.
Son regard était toujours déterminé.
Il n'avait rien à perdre, il voulait juste gagner, même au prix le plus cher.
Bakugo serra les poings.
— Oh putain ! lâcha-t-il. Si aujourd'hui devait être ton dernier jour, il y a un truc que je voudrais que tu saches.
Deku ouvrit grand les yeux.
— Ce n'est pas mon dernier jour, essaya-t-il de rassurer Bakugo.
— Il y a un truc que je voudrais que tu saches, insista le blond.
Deku finit par demander :
— Quoi ?
Bakugo resta silencieux si longtemps, que Deku eut l'impression qu'il ne donnerait jamais sa réponse. Autour d'eux, les plus curieux retenaient leur souffle. Même les mouches semblaient s'être arrêtées dans l'attente. Le temps était figé. Bakugo ouvrit finalement la bouche, et rien n'en sortit. Il n'était pourtant pas du genre à hésiter alors c'était étrange de le voir tergiverser ainsi.
— Je…
Commença-t-il, sans qu'aucune suite ne vienne compléter la phrase. Deku ne le quittait pas des yeux, feux incandescents contre détermination curieuse.
— Oh et puis merde ! lâcha Bakugo.
Il attrapa Deku par son tee-shirt et grogna :
— Si tu veux tout arrêter c'est maintenant ou jamais.
Deku ne bougea pas d'un millimètre. Parce qu'il était dans l'incompréhension la plus totale ou parce qu'il savait ce qui allait se passer ? Personne ne le sut.
Mais les lèvres de Bakugo se posèrent sur celles de Deku. Pas violemment, mais pas doucement non plus. Dans un entre-deux.
Tout le monde attendait.
Que Deku repousse Bakugo, que Bakugo change d'avis.
Mais le baiser s'approfondit.
Mineta fit une remarque stupide et graveleuse, certains se couvrirent les yeux comme si c'était beaucoup trop intime, et la plupart détournèrent les yeux considérant que ça ne les regardait pas.
De toute façon Deku et Bakugo ne savaient plus rien des autres, ils étaient dans leur bulle, dans ce baiser qu'ils échangeaient. Si aujourd'hui était leur dernier jour, alors s'aimer était un bon choix.
Quand ils se séparèrent, Bakugo serra Deku contre lui et murmura :
— Fais attention à toi demain, sinon ça aura été notre premier et dernier baiser.
— Je ferai attention, jura Deku.
Et pour une fois, dans son ton, Bakugo sentit qu'il était sérieux. Peut-être qu'il avait réussi à toucher la fibre de Deku, peut-être que celui-ci comprendrait doucement que lui aussi était important.
Fin.
L'autatrice : j'ai écrit cette fic avant d'arriver au tome 34. Je me disais que s'ils devaient partir se battre, je voulais au moins qu'ils s'embrassent une fois.
