Bonsoir ! Je vous présente le grand retour des aventures d'Albert Pichon, source de suspens, d'aventure et de drame !
Merci beaucoup à Dreamingindividual, Petite Dilly, ViMiKi et Adaline's blue pour leurs reviews sur les chapitres précédents (Et potentiellement à d'autres, le site semble avec quelques bugs en ce moment) C'est super d'avoir des retours comme ça !
Merci de suivre encore les déboires d'Albert et bonne lecture !
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Albert avait ouvert sa boutique avec précisément cinq minutes d'avance en ce lundi matin. Il avait décidé de repartir du bon pied pour cette nouvelle semaine et cela commençait par empêcher Camus de le reprendre sur le moindre retard. Tout était prêt : les pains, les pâtisseries, les viennoiseries. Dans un sac séparé attendaient l'habituelle baguette et duo de croissants que viendraient lui réclamer son compatriote ou son camarade grec. Et caché derrière le comptoir, sa toute nouvelle création dédiée à quelqu'un de bien spécial. Un sandwich tapenade-confiture de fraise conçu par ses soins pour l'énergumène qui venait chaque jour lui réclamer un déjeuner : Masque de mort. Si son fameux fromage-beurre avait dissuadé ses amis de venir, pas lui. Le boulanger multipliait les tentatives affreuses pour le faire fuir mais rien n'y faisait, pas même un fêta-moutarde… Chaque jour offrait une nouvelle opportunité de création culinaire horrible à monsieur Pichon.
Plusieurs clients se pressèrent dès l'ouverture mais il dut attendre huit heures trente pour voir apparaître son couple secret d'habitués. Étrangement, Milo ne le gratifia pas d'un sourire à son entrée et Camus paraissait encore plus renfrogné que d'habitude.
« -Bonjour ? Lança-t-il tout de même. »
Le français y répondit en pinçant les lèvres et le grec s'adossa négligemment à un de ses présentoirs en soupirant.
« -Qu'est-ce que vous avez fait Monsieur Pichon ?
-Qu'est-ce que j'ai fait quoi ? Tout ce que j'ai fait pour la matinée est devant vous. Après si vous vouliez quelque chose qui n'est pas là, je peux vous le préparer pour ce soir !
-Nous ne vous parlons pas de pain, s'agaça son compatriote. Vous savez quand quelle situation vous nous avez mis ?
-Eh bien non justement, mais si vous m'expliquiez, je pourrais peut-être vous aider à arranger les choses ? »
Il commençait à en avoir marre de ces jeunes qui venaient jusqu'à lui uniquement pour l'accuser de tous leurs malheurs en haussant la voix.
« -Saga nous a tenu la jambe pendant presque deux heures ce matin pour savoir si l'un d'entre nous aurait une relation avec une personne extérieure au sanctuaire. Sachant que c'est d'abord lui qui s'était fait accuser de fréquenter un spectre et que tout cela venait de vous. Qu'avez-vous fait Monsieur Pichon ?
-Nous savons que vous l'avez vu hier. »
Ce pauvre monsieur Pichon se retrouvait dans une situation bien embêtante. D'un côté il ne voulait pas risquer de mettre Kanon dans l'embarras en avouant que c'est lui qu'il avait vu, de l'autre en ayant donné une description trop bague il avait rendu tous les hommes aux cheveux longs des environs potentiellement coupables. Et donc les deux tourtereaux face à lui.
« -Eh bien oui je l'ai vu, notre discussion à ce sujet le tourmentait et je lui ai donc dit que j'avais dû me tromper pour le rassurer. »
Un tout petit mensonge…
« -C'est Kanon que vous avez vu ce soir-là c'est ça ? Coupa net Milo
-Vous ne vouliez pas le dénoncer à son frère je suppose. »
Mais les deux autres avaient apparemment plus de jugeote que Saga. Il n'arriverait donc pas à les mener en bateau.
« -Comprenez que c'est une situation délicate, explique-t-il tout de même.
-Mais oui on sait bien, on fera comme si on ne savait rien, rassura le grec, après tout on vous doit bien ça. Mais à l'avenir si quelqu'un vous pose une question à ce sujet, dites que vous n'en avez aucune idée. Parce que là ça va finir par remonter aux oreilles du Pope et de la Déesse… »
Et les voilà qu'ils repartaient dans leur élucubrations illuminées sur Athéna et leur organisation suspecte. Ils n'avaient pas le droit d'avoir une vie amoureuse sur le côté ou quoi ? Qu'est-ce que ça pouvait bien leur faire qu'un des leur sortent avec un de leur ancien adversaire ? Au contraire cela prouvait qu'une paix était bien possible, selon Albert !
« -Quelle idée a eu Kanon de se taper ce spectre franchement, marmonna Milo plus pour lui-même que pour les autres.
-Vous savez des fois l'amour ça vous tombe dessus comme ça, assura le boulanger comme s'il en savait quelque chose. J'ai moi-même une romance déçue avec la vendeuse de l'autre boulangerie de mon village à mes débuts, mais ils nous ont volé notre recette de galette des rois et nous avons dû nous séparer. »
Sa tragique histoire ne sembla pas convaincre les deux autres hommes qui semblaient plutôt agacés par les déboires amoureux de leur camarade.
« -Ne parlez plus de cette histoire à personne, conclut simplement Camus en saisissant le sachet qui leur était destiné.
-On n'a pas pensé à prendre de monnaie avec tout ça, on vous paiera demain. Au revoir monsieur Pichon.
-Mais je ne fais pas crédit ! »
Ça phrase ne fut cependant même pas entendue, ses clients disparurent à la vitesse de l'éclair. Apparemment si, il faisait crédit maintenant, et peut-être même qu'il allait commencer à tenir une liste avec le nom des gens qui lui devaient de l'argent car cela commençait à faire beaucoup.
Le vide dans sa boutique ne fut que de courte durée et un homme bondit immédiatement dans sa boutique dès que son duo préfère fut parti. Il avait l'air normal au premier abord : cheveux courts châtains bouclés, mais vue la manière dont il était rentré, il y avait anguille sous roche.
« -Bonjour mon bon monsieur, que puis-je pour vous ?
-Je voudrais des informations, répondit l'autre d'un ton inquisiteur.
-Ah vous avez dû vous trompez de boutique alors, je crois que l'épicière vend des journaux si vous voulez ! »
Son trait d'humour ne sembla pas fonctionner puisque l'autre lui répondit simplement par un froncement de sourcil. Tant pis pour lui, il ne lui avait même pas dit bonjour de toute façon.
« -Je ne vois pas trop qu'elles informations je pourrais vous fournir hélas, à part pour la cuisson du pain éventuellement.
-Vous connaissez Milo et Camus non ? »
D'accord il comprenait mieux… Encore un énergumène de leur petite bande qui se croyait tout permis.
« -Ce sont des clients réguliers oui, répondit poliment monsieur Pichon en modifiant l'organisation de certains gâteaux dans une vitrine pour s'occuper les mains
-Et ils viennent toujours ensemble ? Continua d'investiguer l'autre.
-Non pas toujours, des fois je ne vois que l'un ou que l'autre. »
Qu'est-ce qu'il cherchait à savoir exactement celui-là ? Albert le voyait venir et il ne dirait rien.
« -Vous êtes un de leur amis ? Se permit-il d'interroger en retard.
-Évidemment.
-Et vous êtes qui exactement ?
-Aiolia, le chevalier d'or du Lion.''
Ah mais oui il le replaçait dans les histoires qu'il avait entendu celui-là ! Le premier de douze gugusses dorés à avoir prêter allégeance à la déesse Athéna ou quelque chose comme ça.
« -Et donc vous êtes jaloux que deux de vos collègues sortent sans vous pour aller acheter des viennoiseries ?
-Non pas du tout, mais…
-Vous voudriez qu'ils vous en ramène à vous aussi ? Je vous rajouterai un petit quelque chose dans leur prochaine commande si c'est ça que vous voulez
-Ils commandent toujours pour eux deux ? »
Clairement il n'était là que pour enquêter et ignorerait toutes les tentatives de diversion d'Albert.
« -Oui, ce sont deux bons amis vous voyez. Ils se partagent un petit déjeuner vers sept heures quand vous devez commencer votre service je suppose.
-Leurs temples sont bien loin l'un de l'autre…
-Écoutez, vous n'avez qu'à leur demander vous-même mon brave, je ne suis pas vraiment au courant de tout ça…
-Pourtant il paraît que vous savez beaucoup de choses… Vous auriez vu Saga avec un spectre.
-Je me suis trompé à ce sujet, je ne sais pas ce que j'ai vu. »
Il commençait à lui courir sur le haricot celui-là avec ses questions. Pourquoi il cherchait à le coincer à ce sujet en plus ?
« -Vous n'avez rien vu ou vous défendez Kanon ? Tout le monde a compris qu'il s'agissait de lui, on ne dit rien pour éviter qu'il s'attire les foudres de Saga.
-Grand bien vous en fasse, je ne sais rien de cette histoire. »
Monsieur Pichon était au fond ravi d'apprendre que tout le monde s'était inconsciemment concerté pour faire comme si de rien n'était. Cependant il préférait faire mine de rien, juste au cas où.
« -Milo et Camus sortent ensemble, pas vrai ?
-Mais non puisque je vous le dis !
-Vous semblez bien sûr de vous…
-Mais c'est vous qui vous acharnez ! »
Le boulanger se décomposait de plus en plus face à la détermination de son ennemi. Et puis si Aiolia était si sûr de lui, pourquoi il venait jusqu'à sa boulangerie pour avoir confirmation ?
« -Ils vont m'entendre ces deux-là, grogna-t-il en français, pas fichus d'annoncer qu'ils sont en couple et ça retombe sur qui ? Albert évidemment. »
Très bon moyen que de passer ses nerfs que de râler en français dans un pays où les gens ne le parlait pas. Les seuls personnes dans les environs qui le parlaient devaient être Milo, Camus et lui, certainement pas ce gaillard clairement grec devant lui. Du moins c'est ce qu'il croyait…
« -Je le savais ! Évidemment, c'était évident !
-Vous parlez français ! S'étrangla ce pauvre monsieur Pichon.
-À votre avis, Milo a forcé qui à venir apprendre le français avec lui quand il a commencé à faire une fixette sur Camus ? À bibi ! Son meilleur ami de toujours à qui il ne dit même pas qu'il a un petit-ami alors que même le nouveau boulanger est au courant. Elle est belle notre amitié de plus de quinze ans ! »
D'accord, il était venu enquêter uniquement pour son propre égo parce qu'un de ses amis gardait une part de vie privée. Quelle ville de fous… Exaspéré, monsieur Pichon remplit à ras bord un sachet de chouquettes et le lui tendit.
« -Écoutez mon pauvre, vous devriez en parler directement avec Milo. Prenez-ça pour votre peine, c'est un cadeau de la maison. »
La remarque sembla légèrement calmer le chevalier du lion qui offrit un sourire contrit avant de saisir le paquet et repartir la queue entre les jambes.
« -Désolé, marmonna-t-il en franchissant la porte. »
Ils allaient tous lui faire avoir une attaque à force. Plutôt que leurs délires de dieux grecques, c'est leur histoire de cœurs qui viendraient à bout de lui. Même les feux de l'amour avaient des intrigues amoureuses moins tarabiscotées que ça.
Ce pauvre monsieur Pichon était bien loin de ce douter que cette histoire s'étendrait plus loin qu'au sanctuaire d'Athéna.
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Et c'est tout pour aujourd'hui ! Bonne fin de journée, de semaine, de mois à tout.e.s ! Et bisous à toutes les boulangères et boulangers !
