Viens, on y va. Où ? Là où toute cette merde n'a pas d'importance.
Merci à : mon supermarché local qui a décidé de vendre des bouteilles de kirsch, mon péché mignon. J'aime l'alcool et la cerise, je ne pouvais qu'aimer le combo des deux.
Rythme de publication : aléatoire les chatons, même si je vais quand même tenter de tenir un rythme à peu près hebdomadaire. Soyons honnêtes, je bosse sur plus de cinq projets en même temps, j'ai un travail à côté et une vie personnelle chaotique, mon appartement a connu son premier coup de balai en un mois aujourd'hui. Je suis un mess, les gars. Alors on mets en alerts si on veut la suite.
My name is : Mary J. Anna. Répétez après moi, parce qu'un jour (dans mes rêves) il sera connu mondialement. Je vais pas mentir, je m'éclate à écrire cette histoire, à jouer avec les personnages et visiblement j'ai réussi à convaincre quelques humains à me suivre dans mon délire. Donc continuons, jusqu'à mon prochain burn out.
FUME LA VIE AVANT QU'ELLE TE FUME.
Bonne lecture !
Wizard's Hunt
Chapitre deux
Sunday Morning
« Ça va, Harry ? »
La question de Ron me sort de mes pensées. Je focalise mon attention sur la tablée soudainement silencieuse. Neville, à mes côtés, a le nez plongé dans son assiette, se concentrant sur ses œufs au plat avec insistance. Luna est prise dans une grande conversation près du buffet, montrant le plafond à son interlocuteur.
Hermione et Ron me font face, me fixant tout deux avec attention. Je détourne le regard, feignant de m'interroger sur ce que peuvent bien faire Hugo et Rose. Ils ne sont pas dupes mais Ron se lève en quête de sa progéniture tandis que je sens le regard d'Hermione sur moi.
Le brunch dominical est une tradition à laquelle je ne peux déroger. Et soyons honnêtes, ils sont aussi l'idéal pour faire passer une gueule de bois persistante. Si on réussi à passer outre les cris des enfants.
Sans déconner, j'adore mes filleuls mais parfois je rêve de leur lancer un Silencio afin de pouvoir décuver tranquillement le dimanche matin. Bien sûr, je pourrais prendre une potion pour soigner ma gueule de bois mais je m'y refuse.
Premièrement, le remède le plus efficace est commercialisé par Malfoy lui-même et il est hors de question que je me pointe dans sa boutique huppée sur le Chemin de Traverse. J'ai bien failli craquer une fois, la meute de journaliste qui m'a assailli à peine entré m'en a dissuadé.
L'empire Malfoy repose énormément sur la communication et les journalistes sont donc les bienvenus partout à mon grand désarroi. Je pourrais aussi demander à quelqu'un d'autre de les acheter pour moi mais je ne me vois pas expliquer à mes amis ce que je vais faire au Wizard's hunt chaque semaine.
Deuxièmement, je soupçonne que je me punis moi-même en acceptant d'endurer les conséquences de mon abus de cuba libre. J'ai mérité chaque seconde de cette souffrance et j'en ai profondément conscience. Tout ce que je paye actuellement, ce sont les conséquences de ma propre faiblesse.
Et une part de moi espère toujours que je finirais par réaliser que ça n'en vaut pas la peine. Alors j'accepte ma gueule de bois, je la bénis, sinon qui sait … Je finirais peut être par m'y pointer dès le vendredi soir ou -Merlin nous en préserve- dès le jeudi.
Je me respecte encore suffisamment pour ne pas tomber aussi bas. Alors j'empoigne mon mimosa avec autant de courage que mon estomac troublé me le permet et le tends vers ma meilleure amie.
« Félicitations pour ta promotion, Hermione ! »
Celle-ci, peu dupe entrechoque nos verres tandis que Neville relève enfin la tête de son assiette pour se joindre aux réjouissances. Je descends la coupe, priant pour que mes organes acceptent cette dernière offense. Mon ventre a un soubresaut que je maquille habillement en une légère quinte de toux.
Hermione ne me lâche pas du regard. Elle a flairé le truc pas net, j'en mettrais ma main à couper, elle n'abandonnera pas. Ça ne loupe pas, à peine son verre reposé, elle revient à la charge. Mine inquiète et compatissante de rigueur, elle souligne ma fatigue apparente.
«Oh tu sais, c'était la pleine lune hier soir. Je n'ai pas beaucoup dormi.
Ça fait des mois que tu as l'air fatigué au brunch, Harry. »
Ok, mon explication était nulle mais j'ai encore plus de rhum que de sang dans les veines. On ne juge pas. Et j'ai dormi trois heures. Par Merlin, c'est une foutue performance que je livre actuellement.
Neville replonge vers son assiette. Ses œufs ne ressemblent plus à rien mais il persiste. Je ne peux m'empêcher d'admirer sa détermination. Luna fait glisser son assiette pleine de muffins sur la table avant de s'installer aux côtés d'Hermione.
« Laisse Harry tranquille, s'il voulait en parler il le ferait. »
Je tourne mon regard vers ma sauveuse, prêt à lui déclarer ma reconnaissance éternelle. Mais avant que j'en ai l'occasion, pile au moment au Ron revient avec les deux marmots braillards sur les talons, celle-ci poursuit.
« Après tout, sa vie amoureuse ne concerne que lui. »
Elle m'adresse un clin d'œil complice alors que les regards curieux de mes camarades se tournent vers moi. Même ce traître de Neville a de nouveau cessé de feindre de l'intérêt pour ses œufs. Pendant un instant, j'envisage de les lui jeter à la figure pour faire diversion.
Je repousse l'idée, trop puérile et ça ne ferait qu'éveiller encore plus les soupçons. Il faut dire que depuis ma rupture avec Ginny, j'ai pris le parti de garder cette part de ma vie secrète. Je ne me suis pas encore remis d'avoir vu jusqu'à mes sorties à la boulangerie locale disséquées dans Sorcière Hebdo.
Bien entendu, j'ai fait mon coming-out auprès de la bande et ma bisexualité a depuis longtemps cessé d'alimenter leurs conversations mais je n'évoque que rarement mes aventures. Celles-ci dépassant rarement quelques mois et Ron ne jugeant de toutes façons personne digne de succéder à sa sœur, je n'en vois pas l'intérêt.
Pourtant à leurs mines avides, je regrette de ne pas avoir été plus prolixe sur le sujet. Ça aurait peut être eu le mérite de contenir leur curiosité. Trop tard pour les remords désormais. Je finis mon mimosa, intimant à mes tripes de se contenir encore un peu.
« J'ai juste commencé un nouveau travail. »
Un silence surpris tombe sur l'assemblée. Sujet encore plus tabou que ma vie amoureuse : ma vie professionnelle. Ou plutôt son absence. Ces dernières années, je me suis contenté de suivre les directives de mon conseiller financier et d'en apprécier les bénéfices.
Ce qui explique que je possède une part non-négligeable des entreprises Malfoy, bien que je doute que l'intéressé lui-même s'en doute, mais surtout que depuis ma sortie de Poudlard je ne me suis pas préoccupé de ma carrière.
Cet état de fait a récemment changé mais je ne comptais pas divulguer l'info si tôt. Il va falloir la jouer fine, en donner suffisamment pour les détourner du sujet initial sans pour autant dire exactement en quoi consiste mon gagne-pain actuel.
Ce n'est pas que j'ai honte de ce que je fais, je pense simplement que mes amis ne comprendraient pas. Entre Hermione qui grimpe les échelons du gouvernement, Neville qui est l'un des botanistes les plus respectés du pays et Ron qui enchaîne les récompenses en tant qu'Auror, je me sens petit.
Même Luna, qui a repris le Chicaneur, peut se vanter d'avoir redorer la réputation du journal et de l'avoir exporté en dehors des frontières du pays. Si vous aviez mes amis, vous aussi vous auriez la pression.
Et bon, j'ai aussi un petit peu honte. Être chroniqueur mondain pour Sorcière Hebdo n'a rien de glorieux à côté de leurs CV. Sans compter que je devrais me justifier après avoir autant fustigé la presse à scandale par le passé.
Mon point de vue en soi n'a pas changé d'ailleurs. Ma carrière tient plus d'un concours de circonstances que d'un plan bien huilé. Honnêtement, j'ai parfois du mal à croire qu'elle existe vraiment mais chaque lundi, j'en tiens la preuve entre les mains.
Olivar Trotter, mon alter-ego journalistique, est apparu il y a quelques mois. Juste après ma sortie hebdomadaire au Wizard's Hunt et avant le fameux brunch dominical, l'esprit encore bien embrumé, je me suis mis à raconter ce que j'avais observé la veille.
Couples mal-assortis, coup de com' foireux, cocktails ratés, un énième pervers harcelant les courageuses osant se confronter à la bar de pole-danse et évidement le fameux trio d'ex-Serpentard, j'avais tout déversé sur la vieille machine à écrire de Sirius.
Pris d'une inspiration alcoolisé, j'avais envoyé le portrait au vitriol à Sorcière Hebdo sous le pseudonyme d'Olivar. C'est avec surprise que je l'avais découvert dans la rubrique « Vos témoignage » le lendemain.
Peu après, devant le succès immense de cette première missive, je reçus un hibou du journal me demandant si je désirais tenir une chronique hebdomadaire. M'étant déjà admis que je ne pouvais résister à l'attrait du club, je décidais de réitérer l'essai sans conviction.
A ma grande surprise, le second article enthousiasma tout autant les foules que le premier et je découvris que j'appréciais réellement écrire. Il y a quelque choses de cathartique dans le fait de confier ces soirées à la page.
Comme si elles devenaient plus qu'un simple secret honteux mais une véritable réflexion sur le monde m'entourant et donnant un sens à mes errances des derniers mois. Quand le magazine me proposa un contrat quelques semaines plus tard, je n'hésitais pas et signa.
C'est aussi assez amusant de savoir que ceux qui m'ont dénigré si férocement fût un temps, me laissent désormais carte blanche pour écrire ce que je désire dans leurs colonnes. Évidemment, mes employeurs ignorent tout de ma véritable identité.
J'écris et envoie mes articles uniquement depuis l'ancienne maison de Sirius et non de ma résidence principale à Godric's Hollow. Celle-ci n'évoquant rien pour la presse et ayant l'avantage de se situer à Londres, elle me permet un anonymat relatif et et est un point de chute plus qu'appréciable.
J'ai donc pris l'habitude d'y passer mes dimanches matins et le hibou résidant dans la volière du lieu s'est habitué à faire suivre le courrier que j'y reçois. Aujourd'hui ne faisant pas exception à la règle, j'ai envoyé l'article de la semaine juste avant de me rendre au brunch.
Je préfère écrire en rentrant, quand les souvenirs sont encore frais dans ma mémoire et avant que la gueule de bois frappe. Avec plusieurs grammes d'alcool dans les veines, je me sens plus honnête que je n'ai jamais été. J'aime ce moi là, qui tape où ça fait mal en se fichant des conséquences. Autant que je le méprise.
Il y a quelque chose de profondément hypocrite à faire les choux gras de la presse en tant que chroniqueur alors que je détestais ça quand j'en étais la cible. Pourtant tout comme je ne peux m'empêcher de transplaner au Wizard's chaque samedi, je ne peux m'empêcher d'écrire le dimanche venu.
Mes doigts parcourent la machine antique et je déverse enfin le mélange de fascination et de dégoût que m'inspire cet endroit, m'interrogeant sur ce qui pousse tant d'autres comme moi à revenir dans cet antre du paraître. J'ai renoncé à m'expliquer ce phénomène, c'est ainsi, c'est tout.
Je ne peux pourtant me contenter de ce début d'explication vis-à-vis de mes anciens camarades. Je me compose donc un sourire penaud et ajoute avec humilité.
« Oh ce n'est pas grand chose, j'écris juste un peu. Vous connaissez Dean, il est persuadé que je gagnerais un Pullitzer mais ce n'est pas grand chose. »
Une semi-vérité de plus. Pris dans l'élan de mes articles, j'ai commencé à rédiger mes mémoires. Dean qui s'est auto-proclamé mon agent en voyant mon désarroi face aux nombreuses sollicitations suite à la guerre, a sauté sur l'occasion.
Il s'occupe majoritairement de ma communication publique et me conseille sur où je dois paraître ou non, mais je dois admette qu'il m'aide grandement dans ce projet. Si je me croyais un critique sévère, j'ai revu mes exigences à la hausse après sa première Beuglante.
Déterminé à en faire le plus grand best-seller de l'histoire de la Magie, il n'a de cesse de m'envoyer ses notes et corrections. Je ne peux qu'admettre que son travail porte ses fruits et au delà de ses espérances. La rédactrice en chef de Sorcière Hebdo elle-même m'a félicité pour mes progrès en tant que rédacteur.
Ron accueille la nouvelle avec un enthousiasme démesuré, remplissant nos verres d'un geste, il propose de porter un toast à cette annonce. Réprimant une vague nausée, je lève mon verre alors que mes amis me félicitent avec emphase.
Je hausse les épaules, entrechoquant mon verre avec les leurs. Les imitant, je bois une gorgée prudente alors que Luna, réhabilitée dans son rôle de sauveuse, enchaîne sur la première sortie du Chicaneur au Japon.
Seule Hermione continue à me scruter du regard, n'acceptant qu'en partie mes explications. Je m'apprête à détourner le regard quand Rose lance un cupcake à la figure de son frère réveillant son instinct d'ancienne Préfète.
Adressant un sourire complice à ma filleule, je me laisse aller sur mon siège. Je regrette un instant d'avoir songé à lui balancer un Silencio, les gosses sont une bénédictions. Enfin tant qu'ils ne sont pas à moi, il ne faut pas pousser non plus.
A suivre ...
Posté le 3 Novembre 2021 à 1h du matin (je vais pas écrire en journée, c'est pas la bonne ambiance).
Merci pour vos retours, vos ajouts en favoris et alerts. Merde depuis 2008 c'est toujours le même frisson en voyant une notif de review dans ma boîte mail. Je pense que je m'y ferais jamais d'être lue par de véritables humains. Je me sens tellement reconnaissante pour cette plateforme, pour cet endroit où je peux être moi. Partager mon univers avec d'autres. On m'a souvent dit que mes récits sonnaient réels mais c'est parce que contrairement à d'autres que je ne citerais pas, cette vie mélangeant alcool, drogues et décisions à la con, je l'ai vécu. Je la vis encore, j'écris sur ce que je connais. Ce n'est pas une façade pour paraître cool parce que sérieux, j'écris pour qu'on ne reproduise pas mes conneries. J'ai vécu des choses horribles et les substances ont été ma salvation mais aussi ma destruction. Je suis juste humaine, tentant d'avancer malgré tout. De trouver un sens à toutes ces merdes que j'ai fait pour oublier. Je vais pas mentir, j'aime autant que je hais ce milieux. Ces gens aussi bousillés que moi. J'ai entendu des histoires à vous faire dresser les cheveux sur la tête, les fêtards tiennent plus des clowns tristes que des épicuriens et c'est cette réalité là que je souhaite dépeindre. Parce que trop capitalisent sur l'aura cool sans comprendre les véritables enjeux derrières les abus de substances. Il y a plus de souffrance que de joie derrière nos gueules de bois quotidiennes.
Merci et à la prochaine, les chatons !
Mary J. Anna
"Pour qu'un jour plus personne n'ai à hurler en silence sur des pages que personne ne lira." Night Shift
"
