The monster inside never show up outside. But in the moonless night, I could be a knight.

Merci :aux gentils humains qui ont mis des reviews à mon dernier OS. Je suis contente qu'il ai plu.

You can't touch this : J'ai voulu tenter un truc avec ce chapitre. C'est une des raisons qui fait qu'il a pris du temps. Ca et le fait que j'ai la capacité d'attention d'un chiot sous weed. Enfin j'ai jamais vu un chiot sous weed mais vous avez l'idée. Bref, j'ai tenté un truc. Soyez indulgents quand vous déciderez de me lancer des tomates, ça tâche et j'ai tellement la flemme de faire la lessive que j'ai arrêté de m'habiller pendant mon covid juste pour l'esquiver (et je l'ai eu pendant cinq semaines).

Bonne lecture les chatons !


Wizard's Hunt

Chapitre quatre

After


Dans le silence du petit matin résonne les tapotements furieux d'une machine à écrire. Assis face au bureau poussiéreux de l'antique maison des Blacks, une silhouette écrit, courbée à demi sur la machine à écrire.

Le regard injecté de sang, la chemise, autrefois impeccable, froissée et à moitié déboutonnée, le teint grisâtre dans la lumière de l'aube qui laisse deviner un début de barbe, l'ancien héros du monde sorcier : Harry Potter.

« Ambiance faussement subversive et même assortiment d'étudiants paumés et de trentenaires cherchant à se prouver qu'ils sont toujours jeunes, la seule chose changeante chez le Wizard's Hunt, c'est la qualité des cocktails. »

Peut-on lire, par exemple, sur le papier autrefois vierge. Le jeune homme écrit au fil de ses souvenirs, déroulant ses pensées brutes. La nuit lui revient par flashs, embrumée par les vapeurs de l'alcool de piètre qualité et additionnée d'une touche d'un excitant quelconque sniffé sur le dos d'une gamine.

« Me voilà embarqué pour une after. Situé en plein centre de Londres, l'hôtel particulier est majestueux. Une foule clinquante se presse déjà à l'intérieur, contrastant avec l'élégance raffinée des lieux. Dissonance sonore, une musique pop résonne.

Des serveurs endimanchés propose aux invités des coupes de champagne et un assortiment divers de poudre virginales et de cachets colorés. Ceux-ci ne boudent pas leur plaisir et se servent avec un enthousiasme inlassable probablement alimenté par le contenu des plateaux.

Sur une causeuse antique une jeune femme danse lascivement sur les genoux d'une sexagénaire au sourire figé, ses jarretières dorés scintillant à la lueur des bougies flottant au plafond. A mes côtés, le maître des lieux m'abreuve d'anecdotes sur l'endroit.

Mais qui s'intéresse au fait que le lieu ai appartenu à Nicolas Flamel au cours du vingtième siècle quand un tas d'aristocrates coincés se lâche soudainement à quelques mètres de soi ? Sur les murs les dorures font pâles figures face à la débauche de sequins et de pierreries garnissant les robes moulantes des jeunes princesses de Londres.

Loin du Bal des Débutantes, les jeunes femmes twerkent en fixant d'un regard vide les tableaux outragés de certains des plus grands noms de l'histoire magique. »

Harry se passe une main moite sur le visage, reprenant une gorgée de son thé désormais froid. Contemplant un instant d'un air absent le soleil tentant une timide sortie, il pousse un juron en avisant l'horloge sorcière indiquant neuf heures largement passées.

Repoussant une mèche rebelle sur son front d'un geste impatient, il se penche sur son œuvre inachevée. Les tapotements reprennent avec une ardeur renouvelée alors que de nouveaux flashs l'assaillent.

« Un Magistrat en vue traverse la foule en poursuivant une jeune héritière aux pieds nus. Mais ce qui retient mon attention, c'est le double escalier monumental menant vers les étages. A son sommet vient de s'éclipser l'un des PDG les plus importants du monde sorcier.

Je m'excuse auprès de mon hôte et m'empare d'une nouvelle coupe malgré mon aversion pour le champagne, avant d'entreprendre mon ascension. Devant esquiver les nombreux couples ayant élus domiciles sur les marches, mon avancée est compliquée.

Finalement j'atteins la dernière marche et m'engage dans le couloir tamisé où j'ai vu disparaître l'homme d'affaire. Une porte entr'ouverte d'où s'échappe de la lumière retient rapidement mon attention. Je m'avance et reste muet face au spectacle qui s'offre à moi.

Une brune à peine majeure, vêtue uniquement d'un ensemble de lingerie dorée et de bas retenus par un porte-jarretelle à la dentelle assortie se tient au milieu de la pièce. Un genou calé sur un fauteuil de cuir luxueux, les mains accrochant le cuir solide, elle offre sa chute de rein à un quadragénaire en complet.

Il sniffe avec avidité une des poudres offertes en libre-service directement sur le dos de la femme. Celle-ci me gratifie d'un clin d'œil complice avant de m'enjoindre à faire de même. L'homme relève la tête, un sourire déforme ses traits alors qu'il rejoint ses exhortations.

Curieux et surtout déchiré, je m'avance d'un pas hésitant. Le quadra me glisse une minuscule paille dans la main, je m'accroche à la taille fine pour me donner un semblant d'équilibre alors que je me penche vers la poudre.

Je recule sous la surprise alors que la substance me pique l'intérieur de la narine. J'étouffe un juron avant de reprendre, décidé à aller au bout de l'expérience. Le duvet fin de la jeune femme me chatouille le nez et un goût amer envahi ma bouche alors que je termine la fine ligne de poudre.

Un rire ironique me fait tourner la tête vers la porte. Le fameux PDG se tient à celle-ci, un sourire narquois sur les lèvres. »

Reculant son siège, Harry ferme les yeux alors qu'un nouveau flash plus clair que les autres l'envahis.

Le rire de Malfoy me fait redescendre sur terre. Je le regarde me toisant à l'entrée de la pièce.

« Alors, on s'amuse Potter ? »

Son ton ironique ne m'échappe pas. Il semble se délecter de la situation. Je me relève complètement, me rapprochant de lui d'un pas vacillant. La drogue ne fait pas encore effet mais l'alcool rends mes gestes gourds.

Je m'accroche au mur près de la porte d'un geste que j'espère nonchalant. Hors de question de le laisser voir à quel point je suis cuit alors que lui semble encore parfaitement sobre. Question de fierté.

« De la coke et des putes … Je n'aurai pas cru que c'était ton genre.

- Ce n'est pas de la coke. »

Je crois. J'interroge l'homme qui observe la scène d'un regard torve et il me réponds un nom absolument imprononçable. Je ne savais même pas que cette drogue existait. Pas que je sois un expert. Enchanté, je me retourne vers Malfoy et lui assène l'évidence.

« Tu vois ce n'est pas de la coke. »

Il rit, glissant un bras autour de ma taille et m'entraînant vers le couloir.

« Allez, viens Potter, je vais te montrer où se situe la vraie fête. »

Secouant la tête, Harry modifie quelques détails de la scène précédente -profitant du confort d'écrire sur une machine enchantée permettant de le faire- afin de la rendre moins reconnaissable. Jetant désormais des coups d'œil réguliers à l'horloge, il poursuit son récit, se maudissant d'être rentré si tard ce matin.

« Ma nouvelle escorte m'entraîne dans une pièce à l'écart de la musique. Une fumée épaisse de cigares a envahi les lieux où une petite foule éclectique s'adonne à divers jeux d'argents. Black-jack, poker, roulette -additionnés de petits twists magiques- sont à l'honneur.

Pas de jetons, les billets sont posés ostensiblement sur les tables et s'échangent avec plus ou moins d'aisance. Près de l'entrée, un homme en noir veille, sa baguette menaçante à la main. Une serveuse en costume me contourne et j'en profite pour rafler un verre de whisky-pur-feu.

J'ai à peine le temps d'y tremper les lèvres que le PDG me pousse vers une table où une nouvelle partie de poker se prépare. Les sommes de départs me font ouvrir grands les yeux mais mon partenaire d'un soir sors des liasses de sa poche sans sourciller.

Pour ce tour, je ne fais qu'observer. Le poker sorcier est plus visuel que le moldu mais c'est surtout de la poudre aux yeux. De mini feux d'artifices éclatent à chaque cartes révélées. C'est joli bien qu'un peu trop ostentatoire à mon goût.

J'observe les joueurs en sirotant mon whisky. Face à moi un vieil homme à l'air absent joue comme si rien ne pourrait plus l'ennuyer, il ne détache pas son regard de sa coupe de champagne et fini par se coucher rapidement.

A ses côtés, un jeune noir à l'allure élégante contraste particulièrement par l'exubérance de ses réactions. Il dévoile son jeu avec théâtralité, prédisant à ses camarades sa victoire écrasante. Il attire la sympathie autant que l'exaspération de certains.

Son voisin est pourtant celui qui retient mon attention. Habillé modestement d'un simple pull et jean, il tire sur son cigare le visage impassible. Silencieux, une lueur de froide intelligence brille dans son regard. Chaque carte est posée d'un geste implacable et calculée.

Les deux autres joueurs font pâle figures à côté de ces trois là, bruns, âge moyen, costume classique. Ils se couchent peu après le vieillard et reste muets jusqu'à la fin de la partie, se fondant dans le décor. Comme quoi l'argent ne permet pas de tout acheter. Une personnalité entre autre.

Les trois derniers joueurs en lice se défient du regard. Le malicieux jeune homme annonce tapis en riant. Son voisin adresse un regard glacial au PDG à mes côtés, indiquant qu'il le considère comme son seul véritable adversaire.

Celui-ci se fend d'un sourire prédateur avant d'avancer son argent à son tour. La tension est palpable dans les secondes qui précèdent la révélation des cartes. Un véritable déluge d'artifice entoure soudainement l'homme noir qui laisse éclater sa joie bruyamment.

Mon voisin encaisse en silence, annonçant dignement qu'on ne peut pas gagner à tout les coups. L'autre homme hausse les épaules et son visage s'éclaire d'un sourire radieux, le premier de la partie. Il félicite chaleureusement son adversaire, sa physionomie transformée. »

Il sourit à ce souvenir, sachant que la partie de poker sera le clou de son article. Il conclut rapidement en résumant ses impressions de la soirée.

« Si j'espérais être surpris, au final, les afters friquées sont exactement ce que l'imaginaire collectifs s'imagine. Des fêtes exubérantes tirant plus vers le vulgaire que le luxe. L'abondance y règne certes mais passé les premiers instant de surprise, on se lasse rapidement.

Autant se pinter chez soi en regardant une émission sur les châteaux français ou une rediff de Gossip Girl, la différence sera minime et la distance pour atteindre le lit en fin de soirée, infiniment plus pratique.

On sous-estime trop le nombre de contusions probables sur ce trajet. En bref, ne sortez pas et faite gaffe au fauteuil traîtreusement placé entre le canapé et votre lit. Excellent élément de déco certes, mais obstacle infranchissable avec 3 grammes dans le sang. »

Satisfait, il relit ce premier jet, modifiant le tout afin de le rendre moins descriptifs et un peu plus dynamique. Son esprit est ailleurs pourtant, au prise avec un dernier souvenir dont l'article sera expurgé.

"Le fameux Harry Potter ! C'est un honneur de vous rencontrer."

Les mots sont chaleureux mais la voix reste froide, presque indifférente. L'homme pose son cigare un instant pour me tendre la main. Sa paume est chaude contre ma main contrastant avec son apparence polaire. A mes côtés, je sens le regard de Malfoy posé sur nous, attentif.

"Charles Witthacker, je crains de ne pas être aussi connu que vous."

De nouveau, ce sourire éblouissant qui transforme toute sa physionomie une seconde, avant de disparaître aussi rapidement. Malfoy pose une main sur mon bras, m'indiquant clairement qu'il est temps de s'éloigner de la table. Intrigué, je m'excuse auprès de Charles et suit mon guide qui nous entraîne hors du casino improvisé.

"C'était qui ?"

Je l'interroge confus, alors qu'il continue à avancer, s'enfonçant dans les méandres de l'hôtel particulier. Il ne se retourne pas et j'ai même l'impression qu'il accélère le pas. J'ai du mal à tenir le rythme, la drogue ayant finalement fait effet. Mes perceptions se délitent, le couloir ondulant autour de nous.

"Le plus grand fabricant d'armes magiques. Il en a vendu autant aux deux camps pendant la guerre. Pas vraiment une fréquentation que je te recommanderais.

- Ce n'est pas comme si tu avais été tout à fait innocent durant la guerre."

Cette fois, il se retourne. Ses yeux sont sombres dans la pénombre, la pupille agrandie et une sourde menace au fond des prunelles. Il se rapproche lentement, j'entends sa respiration légèrement plus rapide et sent l'odeur de son parfum aux notes fraîches et piquantes.

Un frisson me parcoure alors que je me souviens de nos bagarres à Poudlard. Mon corps se tends dans l'anticipation d'un nouveau combat presque par réflexe. Je déglutis, tentant d'ignorer que j'ai une demi-molle à cette idée.

"Peut être mais je n'ai jamais tué ou fait tué qui que ce soit. Peux-tu en dire autant ?"

Sa voix basse sonne étrangement calme alors que son regard me cloue sur place. Son souffle se mêle au mien et je me prends à imaginer ce que ça ferait de simplement le capturer de mes lèvres. Conscient de l'absurdité de ma pensée, je secoue la tête, autant en signe de dénégation que pour m'éclaircir les idées. Satisfait, il recule d'un pas.

"Evite-le simplement, je te le dis pour ton bien."

J'acquiesce distraitement, encore troublé par les réactions de mon corps. Je ne saurai dire si je suis soulagé ou déçu alors qu'il reprend sa marche, augmentant encore la distance entre nous. Je le détaille du regard un instant avant de finalement lui emboîter le pas.

Harry se lève pour accrocher l'article à la patte de la chouette dont il se sert sous son identité journalistique. Il jette un regard à l'horloge indiquant dix heures et demi. Il soupire, réalisant qu'il n'aura définitivement pas le temps pour une petite sieste.

Résigné, il se dirige vers la salle de bain dans l'espoir de pouvoir au moins se débarrasser de l'odeur persistante de cigare et de whisky. Après tout, il a un brunch dominical auquel assister dans moins de trente minutes.

A suivre ...


Posté le 10 décembre 2021 à approximativement 4h30 (pile à l'heure pour accompagner les étudiants rentrant de soirées).

Oui, je vous ai fait attendre alors que j'avais mis du suspense. Oui, je suis sadique et une incorrigible retardataire sur mes deadlines imaginaires. Mais si vous pouviez vous servir de vos petites patounes adorables et donnez votre avis, je vous aimerais très fort. (Oui même toi Cunégonde dans le fond qui me souhaite de mourir de la syphilis, je t'aime aussi et peut être même un peu plus que les autres.)

A la prochaine, les chatons !

(Tant que vous vous plaignez pas, je continue de vous imaginez comme une armée de chatons me lisant.)

Mary J. Anna

"Je me suis perdue quelque part entre deux vacations, happée par la cadence infernale, je ne me suis pas vue disparaître." Night Shift