Sometimes, everythings freeze for a second. And this exact second feels like a million years.
Merci à : Kiwi le kiwi.! (Faut que j'arrête de remercier mes peluches moi. Un jour.)
Regarde moi, mais pas avec tes yeux, avec ton cœur : Je me suis perdue dans les mots, perdue dans l'histoire. Ce chapitre a été un plaisir à écrire et j'espère qu'il sera un plaisir pour vous à lire. Je parlerais un peu de ma longue absence dans ma note de fin de chapitre pour ceux que ça intéresse. Et sinon :
BONNE ANNEE LES CHATONS !
Wizard's Hunt
Chapitre six
Gia
Je la regarde danser au milieu de son salon. Sur la table, verres et bouteilles à moitié vidés, côtoient la cendre éparse débordant de cendriers improvisés. Casque sur les oreilles, un simple t-shirt recouvrant à peine ses fesses nues, Gia se contrefout du désordre ambiant.
Ses mains courent sur son corps, jouent dans ses cheveux. Une clope semi-consumée entre les lèvres, les yeux clos, elle se donne à la musique qu'elle seule perçoit. Je ne suis qu'un spectateur consenti à la scène, non pas acteur.
Seul indice sur ce qu'elle écoute, les quelques paroles qu'elle laisse s'échapper, la langue alourdie par l'alcool. Parfois elle ouvre les yeux, juste un instant. Son regard sombre parcoure mon corps, en détaillant chaque contour. Appréciateur et affamé.
Gia a juste ce truc, vous savez ? Il suffit d'un regard de sa part pour sentir tous ses sens s'embraser. Comme si elle exhalait le désir par tout les pores de sa peau. Alors Gia fait la fête chez elle, dans son appartement habituellement impeccable.
Parce que les hommes prennent ce qu'ils veulent et qu'elle en a eu assez de subir. Elle s'est réfugiée entre ces quatre murs, cachant sa personnalité chaleureuse sous une froideur apparente. Aussi glacée que les pages sur lesquelles on imprime son corps chaque semaine.
Elle hait ça autant qu'elle aime ça. L'adulation, l'impression d'être unique, spéciale. Suivie de la réalisation brutale qu'elle n'est qu'un corps, un morceau de chair qu'ils se disputeront et oublieront une fois l'acte consommé. Pouvoir éphémère, illusoire.
Alors Gia boit et danse dans son salon, chassant les démons par une fête perpétuelle. Je l'ai rencontré au Wizard's Hunt, avant, quand elle sortait encore. Quand elle y croyait encore. C'est elle qui est venue à moi, elle m'avait reconnu.
Ça arrive de temps à autre, évidement, en général des fans à qui le staff rappelle poliment de me laisser tranquille. Mais Gia était différente, elle ne cherchait pas ma lumière. Elle cherchait cette part sombre qui grandissait chaque jour un peu plus en elle.
Elle cherchait quelqu'un qui comprenne ce qu'elle traversait. Qui voit au delà de l'image qui lui collait à la peau, au point de l'étouffer. Gia était belle, belle à en crever. Et elle en crevait. Ces regards, ces murmures sur son passage, étaient autant de couteau plantés en plein cœur.
Salope ! Encore une qui est passée sous le bureau. Suce moi, petite pute ! Je vais te baiser si fort que tu pourras plus marcher. De toutes façons, elle a usé de magie esthétique. Je suis sûr qu'elle a rien dans le crâne. Juste bonne à écarter les cuisses et fermer sa gueule. Sale chienne.
Encore et encore. Gia se taisait et faisait la sourde oreille. Parfois elle s'imaginait leur parler de son premier shooting alors qu'elle n'avait que treize ans. Du philtre glissé dans le verre de jus d'orange qu'elle avait accepté dans une vaine tentative de se détendre.
Leur raconter son réveil quelques heures plus tard, déambulant dans les rues de Londres, sa culotte introuvable et cette sensation qu'on lui avait arraché les entrailles à vif. Comment elle s'était effondrée en pleurs, en pleine rue, réalisant que quelque chose de terrible s'était produit sans savoir quoi.
Elle revoit encore le visage de la jeune moldue qui l'avait ramassé et emmené dans un café proche. Elle lui avait prêté sa veste et offert un chocolat chaud, ainsi qu'une cigarette. C'était sa première mais pas sa dernière.
La moldue lui avait parlé de son père qui glissait des somnifères dans son verre de lait du soir avant de la rejoindre dans son lit. Et elle avait mis un mot sur la souffrance de Gia. Un mot qui la hante encore parfois la nuit, quand les souvenirs se font vivaces. Un mot qui ne serait jamais à la hauteur de sa souffrance.
Gia avait été violé. Son innocence arrachée brutalement sans aucune chance de retour en arrière. Et elle ne pouvait plus que composer avec. Elle avait pleuré dans les bras de cette inconnue. Elle avait promis d'aller voir la police, de parler.
Mais quelques jours plus tard, après une vingtaine de douches qui la laissait toujours aussi sale, les photos étaient sorties dans la presse et Gia était devenue une superstar. Parce qu'elle avait ce foutu truc, sa malédiction et sa bénédiction. Ce truc qui faisait qu'on ne pouvait détacher son regard d'elle.
Les hiboux avaient plu, ses parents étaient ravis. Ils étaient à deux doigts de perdre leur maison, ce soudain succès était providentiel. Alors Gia s'était tue, son frère et sa sœur avaient besoin d'elle ainsi que ses parents. Elle ne pouvait pas dire la vérité.
Elle n'a plus jamais accepté de boire ou manger durant un shooting. Elle s'est composée cette persona solitaire et froide. Et a caché sa douleur sous des lunettes de soleil extra-large. Bien sûr, d'autres hommes ont cherché à profité d'elle, parfois avec succès mais souvent non.
Et plus difficile à admettre, parfois Gia le cherchait. Cherchait la douleur, à reproduire le mal originel comme pour s'en désensibiliser. Elle m'a raconté tout ça -sur ce même canapé où je suis assis- le soir-même de notre rencontre.
Elle m'a embarqué avec elle, sous les coups de trois heure du matin. Elle m'a embrassé puis s'est effondré en larmes. Une cigarette entre les doigts, le nez rouge et des grands traits de maquillage barrant son visage, elle avait commencé à parler.
Elle était superbe parce que Gia est toujours superbe. Mais ce soir là, j'ai entrevu sa véritable beauté. Cette âme écorchée par la vie et qui ne s'excusait pas de l'être. On a baisé après ça. Une baise désespérée et violente, à l'image de nos deux êtres.
Juste l'oubli d'un instant, se perdre dans la sensation, extérioriser cette douleur interne par des gestes. C'était glauque et cru, comme la vie l'est souvent. Sans concession. On s'est revu plusieurs fois après, jamais au Wizard's Hunt, toujours chez elle.
On fume et boit, se perdant ensemble. Parfois un peu d'ecstasy. C'est elle qui me l'a fait découvrir. Un demi-cachet et on croit atteindre la paix intérieure. Tout devient soudain clair autour de soi. On aime la vie, on aime les autres, on croit que rien de mal ne nous arrivera jamais.
Et on baise, frénétiquement, comme si nos vies en dépendaient. Nos corps brûlant se mêlant avec frénésie, ses lèvres traçant des sillons de feu dans mon cou. Ses yeux noirs me hurlant de la prendre, ici, maintenant, sur le sol s'il le faut. Et qui suis-je pour lui refuser ?
Pendant des heures, on oublie tout le reste. Il n'y a plus que le plaisir, intense, interminable. Cette soif terrible aussi. Rien n'est plus jouissif que de sentir l'eau fraîche humecté mon palais en plein trip. Si ce n'est le corps de Gia chevauchant le mien, me faisant gémir comme un possédé.
Pas d'orgasme cependant, on ne peut pas en avoir sous ecsta mais ça n'a pas grande importance quand on vit une extase perpétuelle. On parle aussi, sans barrière, sans crainte. La redescente est aussi rude que la montée. Mais on y revient quand même. Parce que pendant un moment, tout semblait parfait.
On n'est pas amoureux et c'est bien mieux ainsi. Elle a été trop cabossé par des hommes qui voulaient faire d'elle leur chose. Dans notre relation, c'est elle qui mène la danse, quand elle en a envie et besoin, je suis à sa disposition.
Oreille attentive ou amant dévoré par le désir, je suis celui qu'elle souhaite et m'abandonne à ses ordres. Il y a quelque chose d'apaisant à laisser les rênes à quelqu'un d'autre et je sais que Gia ne me fera jamais de mal.
On ne s'aime pas mais on se respecte et s'estime, ce qui est encore plus important. On ne se juge pas non plus, on accepte l'autre avec ses failles et ses cicatrices, sans attente. Ce ne sont que des moments éparpillés à travers le temps, des moments d'accalmies au milieu du tourbillon infernal.
Pas de flash, pas de question, ni de réponse. Juste l'instant présent. Et sa main s'attarde sur mon bras, me faisant revenir à celui-ci. Un sourire tordu aux lèvres, elle glisse sa cigarette entre mes lèvres. Je tire doucement dessus.
Je prends le temps d'apprécier la sensation du tabac envahissant mes poumons, la légère détente de mes muscles, avant de relâcher la fumée. Ses traits se brouillent un instant et je capture ses lèvres d'un geste maladroit.
Mes mains glissent dans ses cheveux et j'entends le casque tomber à terre. Elle hausse les épaules et rit. Un rire alcoolisé, qui déraille sur la fin. Il y a des larmes dans les yeux de Gia alors qu'elle me rends mon baiser.
Elle ne pleure pas pourtant. Gia ne pleure jamais. Elle dit que ces connards ne méritent pas ses larmes et qu'elle rira pour chaque coups qu'on lui a porté. J'admire ça chez elle, sa résilience, sa volonté de ne pas se laisser définir par sa souffrance, de vivre envers et malgré tout.
Elle s'assoit à califourchon sur moi, l'odeur de sa peau m'enivrant. J'ai une gaule d'enfer et un goût salé sur les lèvres. La suite, vous la connaissez déjà. Nos corps imbriqués et nos cris étouffés. C'est une histoire vieille comme le monde, aussi taboue que connue.
A la fois banale et mémorable, répétitive et pourtant singulière. On s'offre un peu d'oubli ensemble, un peu de joie, un peu de chaleur, un peu de mort. Et ça soulage quelque part, ça verse un peu de douceur sur des plaies trop longtemps ignorées.
Je ne parle pas de Gia aux autres. Dean et Seamus ferait des blagues graveleuses sur ce qu'ils voudraient lui faire. Neville rougirait de gêne. Ron me féliciterait comme si elle était un putain de trophée. Hermione demanderait pourquoi.
Sauf à Luna. Parce qu'elle comprends, tout comme elle avait su trouver les mots la première fois que j'ai vu les Sombrals. Luna écoute simplement, sans juger, ni poser de question. La plupart des gens pensent que Luna n'est pas réellement dans la réalité.
Je crois qu'au contraire elle voit les choses plus clairement que les autres. Elle ne rejette pas ce qu'elle ne comprends pas en niant son existence, elle part du principe que si ça existe, elle ne peut que l'accepter. Ça en fait une confidente extraordinaire.
Elle sait aussi me ramener sur terre quand il le faut. Sans jamais me faire la leçon ou me juger, elle se contente d'énoncer des faits de sa voix neutre et douce. Elle ne cherche même pas à convaincre et je crois que c'est pour ça qu'elle arrive si facilement à m'atteindre.
Je ne lui dis pas tout pour autant. Elle ignore que je me rends chaque semaine au Wizard's Hunt. Mon identité journalistique. La noirceur qui m'habite. Il y a juste des choses que je ne me sens pas prêt à dire à voix haute parce que ça les rendrait réelles.
Tout comme je ne lui dirais pas que pendant une seconde, alors que j'étais sur le point de jouir, un autre visage s'est superposé à celui de Gia. Et que l'argent de ce regard m'a hanté bien longtemps après que le jour se soit levé sur Londres.
A suivre ...
Posté le 1er Février 2022 à 05h00.
So what happened ?
Un sacré paquet de choses. Les voici dans un ordre pas vraiment chronologique.
1- J'ai rechopé le Covid fin décembre et ai passé un peu plus de trois semaines en arrêt avec des maux de crâne trop violent pour écrire.
2- Mon bipède préféré a décidé de donner un coup de pouce à ma vie sociale qui a été assez fournie ces dernières semaines. Ce qui est à la fois génial, parce que je vois bien que les gens m'apprécient mais aussi terrible parce que je suis extrêmement introvertie. Les interactions sociales m'épuisent.
3- Je suis tombée amoureuse, aussi soudainement que facilement. Je me sens acceptée et aimée d'une façon que je n'ai jamais ressenti, inconditionnellement. Je ne peux pas décrire ce que je ressens depuis quelques semaines. Le seul mot qui me vient c'est facile, tout est simplement incroyablement fluide et facile entre nous. Et il accepte le fait que je sois polyamoureuse alors que lui est monogame avec une facilité déconcertante. Je crois que je n'avais pas fait mon coming-out ici d'ailleurs. Donc voilà, vous savez maintenant, je suis polyamoureuse et je l'assume depuis 2020.
4- Mon bipède a plus de mal à s'ajuster à la situation. Donc entre le rassurer et prendre le temps d'apprendre à connaître mon nouvel amoureux, je suis un poil occupée. Ces derniers jours, c'est simple, soit je bosse, soit je passe la soirée avec l'un ou l'autre. C'est prenant le polyamour. Pas que je me plaigne, c'est extraordinaire d'aimer deux personnes d'une façon aussi différente et puissante, et de pouvoir vivre ces deux amours en parallèle. Worth every troubles.
5- Ma psy m'a fait part du fait qu'elle soupçonnait que j'ai un trouble dissociatif de l'identité il y a plusieurs mois. Je suis en attente d'un rendez-vous avec un spécialiste pour confirmer et affiner le diagnostic mais on m'a découvert 9 alters (états de conscience alternatifs et oui 9, je vous avez bien dit que ce chiffre me poursuivait). C'est assez difficile d'accepter que mon esprit s'est dissocié en tout un tas de part à cause de ce qu'on vivait enfant, que je ne suis pas la seule au contrôle de ma vie mais on essaye de s'ajuster au mieux, après tout on vit ainsi depuis notre enfance, on ne le savait juste pas.*
Bref les derniers mois ont été intenses, on n'avais juste pas l'énergie, ni le temps de continuer à écrire. On espère que les choses vont se stabiliser sous peu et qu'on parviendra à écrire plus bientôt. Merci en tout cas de continuer à nous lire et nous suivre dans cette histoire. On ne l'abandonnera pas, promis.
Bisous, les chatons et à la prochaine.
Mary J. Anna
*Nous utilisons parfois "je", parfois "on" et on accepte "tu" comme "vous" pour s'adresser à nous. Pour ceux qui nous suivent depuis un moment, Mary et Anna on été validé comme des alters et les co-hôtes (en gros ce sont les alters les plus présentes, Mary s'occupant de la vie courante et Anna gérant les émotions) de notre système. Nous continuerons donc avec ce pseudo qui a probablement été le premier pas vers l'acceptation de notre trouble, possible qu'à l'avenir certains alters signent des chapitres en utilisant leur nom à eux mais globalement on se sent bien avec celui-ci. Merci d'avance pour votre compréhension, je vous demanderais d'être bienveillant envers nous, c'est un diagnostic qui nous fait peur autant qu'il nous soulage.
