Looking at the mirror. Seeing your reflection. Yeah I knew every spells. Except this one.

Merci à : une bien belle invention : les congés payés.

Feels like it worth it, in my mind : Et la magie a opéré à nouveau, les mots s'écoulant, décrivant les images défilant dans mon esprit. L'oubli de l'écriture n'a nul pareil en ce monde. J'ai pourtant testé un tas d'échappatoires diverses à la réalité mais aucune à mes yeux n'arrivera jamais à la cheville de celle-ci. Parce que je n'y échappe pas réellement. Je la façonne, la transforme, artiste habitée par la fantaisie étrange de créer d'autres mondes du bout de ses mots.

Bonne lecture !


Wizard's Hunt

Chapitre huit

Recognition


Je me sers un nouveau verre d'eau sous le regard perçant d'Hermione. La soif me taraude et une migraine sourde ronge mes pensées alors que j'essaye d'ignorer les cris résonnant dans la salle bondée.

Nouveau brunch, nouvelle épreuve. Je n'ai pas dormi et si les sorts cosmétiques peuvent cacher mes cernes, la descente, elle, me frappe de plein fouet. Je tente de rassurer Hermione d'un sourire. Son regard m'indique clairement que la tentative a échoué.

Je détourne les yeux, fixant mes œufs brouillés. Mauvaise idée, cette fois c'est la nausée qui m'assaille. Je relève la tête, fixant un point intangible derrière l'épaule de Luna. Luttant pour maintenir le maigre contenu de mon estomac en place.

Neville, à mes côtés, prends le contrôle de la conversation. Ses explications sur sa dernière découverte botanique détourne l'attention d'Hermione à ma plus grande satisfaction. Même si je dois admettre que le détail me passe largement au dessus de la tête.

Je me jure d'arrêter ces foutues substances pour la énième fois. Les premières fois, j'y croyais réellement. Désormais, ça tient plus du vœu pieux. J'ai trop conscience que j'y retournerais encore, qu'importe la dureté de ma gueule de bois.

Des flashs de la nuit me reviennent. Épaule dénudée dans le clair de lune, draps froissés, lèvres écarlates d'avoir été trop embrassé. Je me surprends à bander, j'ignorais que mon corps en était encore capable dans cet état.

J'essaye de me concentrer sur les paroles de Neville, piètre tentative de calmer mes ardeurs. Les flashs continuent. Gémissements sourds dans mes oreilles. "C'est trop bon, Potter …" Traits figés de plaisir. Je sursaute en sentant la main de Ron s'abattre sur mon épaule.

Sorti brutalement de mes rêveries éveillées, je cligne des yeux. Tentant de me focaliser sur la tablée. Tout le monde me fixe et je ne peux m'empêcher de laisser échapper une exclamation incrédule. Bon point tout de même, son intervention a eu l'avantage de me faire débander.

« Je te demandais où en était ton fameux bouquin. »

J'adresse un sourire coincé à Ron, ne sachant si je dois le remercier d'avoir répété la question ou le haïr de l'avoir posé en premier lieu, ramenant l'attention sur moi. L'intervention d'Hugo, me sautant sans ménagement sur les genoux, achève de me convaincre du bien fondée de la seconde option.

Maudits soient les Weasley et leur engeance incapable de reconnaître quand on a besoin de tranquillité. J'accuse le coup en silence, me rappelant à temps que jeter à terre un enfant de moins de dix ans n'est pas socialement acceptable.

« Oh, j'ai bien écrit mais tu connais Dean, avec ses corrections qui n'en finissent pas … On est encore loin de la publication »

J'agite la main vaguement pour signifier que le sujet est clos. Je me ressers, la langue râpeuse, et bois avec avidité, autant pour enfoncer le clou que parce que j'ai l'impression de me dessécher sur place. Putain d'ecsta.

Hugo redescend brusquement de mes genoux, prenant son élan en s'appuyant sur mon estomac. Par Merlin ! Je jure que j'aime mes filleuls mais ils ne me rendent clairement pas la tâche aisée. Je garde un visage impassible alors que j'ajoute intérieurement quelques malédictions supplémentaires pour faire bonne mesure.

Mes amis eux se marrent, visiblement peu compatissants envers mes souffrances. Seule Luna se tait, la tête penchée sur le côté, elle me fixe songeusement. Comme si elle tentait de résoudre une énigme particulièrement ardue.

J'attrape un toast dans mon assiette et fait mine d'y étaler mes œufs brouillés afin d'échapper à son regard inquisiteur. Fort heureusement, la nausée s'est calmée. Je ne mangerais probablement pas mais je peux au moins regarder mon assiette sans menacer de rendre le contenu de mon estomac.

Foutu Malfoy avec sa stratégie de la transparence. Je tuerais pour un de ces fichus remèdes contre la gueule de bois. Mais je ne peux pas. Surtout pas après cette nuit. Je ne sais déjà pas si j'oserais retourner au Wizard's Hunt la semaine prochaine.

Ce ne serait pas une mauvaise chose d'ailleurs. Si les événements récents réussissent à enfin me tenir éloigné de ce bouge infâme, ce serait une bonne chose. Je n'y allais que pour satisfaire une forme de curiosité malsaine.

Et en un sens, on peut dire que la nuit dernière a satisfait à celle-ci. Peut être un peu trop d'ailleurs, je ne peux m'empêcher de songer alors qu'un nouveau flash m'assaille. Yeux clos, ma langue s'enroule autour de son gland alors que d'une poigne douce mais ferme, il m'encourage à le prendre en bouche.

La voix de Neville me demandant si je vais bien me ramène au présent. Une chaleur coupable m'envahie alors que je hoche précipitamment la tête. Je cherche un sujet à aborder afin de détourner l'attention et fini par demander lamentablement :

« Au fait, que penses-tu de Pansy Parkinson ? »

Je réalise ma boulette alors que mes camarades me fixent interloqués. Les ex-Serpentards ne sont pas réellement un sujet tabou entre nous, nous n'en parlons simplement pas. Ils ne font juste plus partie de notre vie depuis la fin de Poudlard.

Bien sûr, il arrive qu'on échange quelques ragots sur eux ou qu'on les croise à des événements sorciers mais ça s'arrête là. Je me creuse les méninges cherchant un moyen de me dépêtrer du pétrin dans lequel je viens de me fourrer.

« Je l'ai croisé récemment et elle est devenue plutôt jolie ... »

Je hausse les épaules penaud, ne sachant quoi ajouter. Mon cerveau en pleine descente patauge clairement. Mal à l'aise, je trempe les lèvres dans un énième verre d'eau pour m'empêcher d'en dire plus. Qui sait quelle connerie, je pourrais encore sortir.

« C'est vrai qu'elle est plutôt mignonne. »

Luna, mon éternelle sauveuse. Je la couvre de louange silencieusement alors qu'elle continue à parler, s'interrogeant à voix haute sur le potentiel de Pansy en tant que partenaire pour Neville. Ron se mêle à la conversation.

« Laisse tomber vieux, elle enchaîne les divorces. C'est pas pour toi.

- Tu es drôlement bien renseigné, dis donc. »

La pointe de sarcasme dans la voix de Neville n'échappe à personne. Ron pique un fard avant de grommeler de vagues explications impliquant l'ennui, des toilettes et les exemplaires de Sorcière Hebdo qu'Hermione y laisserait traîner. Celle-ci s'esclaffe de bon cœur.

« Tu parles, tu feins de les lire par dépit mais tu t'enfermes avec dès leur sortie. »

Elle ponctue ses mots d'un regard vers le ciel, un petit sourire ironique aux lèvres. Soulagé que l'attention soit enfin détournée de ma personne, j'en profite pour me lever discrètement afin de rejoindre les toilettes les plus proches.

Je m'enferme dans la première cabine disponible, me laissant aller contre la porte tandis que j'évacue les litres d'eau avalés plus tôt. Je n'ai pas la force de me tenir debout sans soutien. Dans le silence relatif, mes pensées dérivent à nouveau.

Nos corps étendus sur les draps dans le clair-obscur. Ma tête repose sur son torse alors que ses doigts tapotent distraitement mon épaule.

« Tu sais, Potter, je crois que je m'interroge sur ce que tu donnerais au lit depuis nos quatorze ans. Cette fougue que tu avais quand on se battait. C'était ... »

Il s'interrompt, se replongeant visiblement dans ses souvenirs. Ses doigts tremblent légèrement contre ma peau nue. Finalement, il achève avec la satisfaction de quelqu'un qui a trouvé le mot parfait pour exprimer sa pensée.

« Bandant. »

Le mot flotte entre nous, faisant écho à mes propres ruminations. Je n'ose lever le regard vers lui de peur qu'il puisse le déceler, ce trouble étrange qu'il a toujours provoqué en moi. Pudeur inutile à ce stade mais à laquelle je me raccroche tout de même.

Lui ne semble pas avoir mes scrupules, il poursuit comme si de rien n'était. Il paraît presque se parler à lui-même, se fichant de mon absence de réaction.

« Pansy se doutait de quelque chose, je crois. On baisait toujours après que je me sois battu avec toi. Et au bout d'un moment, je la surprenais à me regarder. Avec ce regard, tu sais, celui de quelqu'un qui n'est pas dupe un instant et veut que tu le saches. »

Je sens le sourire dans sa voix alors qu'un léger rire le prends. L'ecstasy le rends visiblement bavard. Ça ne m'étonne guère à vrai dire. Malfoy parle peu en général et j'ai remarqué que les personnalités habituellement mutiques se transforment en moulin à parole sous ecsta.

« Elle ne l'a jamais dit, évidemment. C'est une Sang-Pur après tout, on l'a éduqué à taire ce genre de choses. Elle n'a jamais admis non plus qu'elle se réjouissait secrètement de notre séparation. Sacré Pansy ! »

La tendresse et la nostalgie transparaissent dans son ton. Ça aurait pu m'étonner il y a quelques semaines mais loin d'être juste un soutien de façade, les Serpentards tiennent réellement les uns aux autres. En tout cas, le trio du Wizard's Hunt, j'ai pu le constater à de nombreuses reprises depuis que je les fréquente.

A vrai dire, même si elle est plus subtile, leur camaraderie me fait penser à celle me liant à Ron et Hermione. Ils sont simplement moins enclins à l'exprimer par de grandes effusions. Certainement un autre effet de la fameuse éducation des Sang-Purs dont nous avons tout trois été fort heureusement dispensé.

« Mais oui, pour en revenir à ce que je disais, ça me travaillait depuis un bon moment. Ce que ça pourrait donner toi et moi dans un lit.

- Et alors ? »

La question m'a échappé. Je ne peux m'empêcher d'être curieux, surtout alors que Malfoy a l'air si enclin à s'épancher. Une fois encore, le silence se prolonge un moment, signe qu'il cherche à nouveau ses mots pour exprimer au mieux sa pensée. J'attends patiemment.

Ses doigts tracent désormais des motifs abstraits sur ma chair, m'arrachant des frissons de plaisirs impalpables. Mon corps est encore hyper-réactif à cause de l'ecsta, je suis sur le point de me perdre dans la sensation quand il réponds enfin.

« Encore plus jouissif que de te foutre mon poing dans la gueule. Et Merlin sait que j'aimais ça. »

Je grogne et lui donne une petite tape sur le torse. Il se contente de rire en retour, continuant à me caresser distraitement. Il ajoute sur un ton plus sérieux.

« C'est peut être l'ecstasy qui parle après tout. »

Il hausse les épaules, sa main cessant soudain ses mouvements sur mon bras. Je lève le regard vers lui. Il semble très pensif, presque mélancolique brusquement. Finalement, il baisse la tête vers moi, une lueur indéchiffrable dans ses prunelles métalliques.

« Mais j'en doute. »

Ses lèvres capturent les miennes, m'ôtant toutes possibilités de répondre. Je le laisse mêler nos corps à nouveau sans protester. Peut être parce que je suis de toutes façons trop défoncé pour faire autrement. Peut être parce que j'ai peur d'admettre que je suis parfaitement en accord avec ses mots.

Je tire la chasse mécaniquement et sors de la cabine. Je me lave les mains consciencieusement, me passant de l'eau froide sur le visage pour remettre de l'ordre dans mes pensées. Je vérifie que mes sorts cosmétiques sont toujours en place.

Je soupire profondément, tentant d'expier une bonne fois pour toutes les souvenirs de la nuit dernière en même temps. Je replace une mèche de cheveux rebelles et fini par me tourner vers la sortie. Je ne peux prolonger mon absence plus longtemps.

Il est temps de revenir auprès de mes amis. Je m'attarde pourtant un instant supplémentaire, jetant un dernier coup d'œil à mon reflet. J'abaisse discrètement le col de ma chemise, dévoilant une légère trace rouge sur le côté de ma gorge.

La marque est peu étendue, il serait facile de la confondre avec une simple irritation ou une coupure de rasage. Je sais pourtant qu'il n'en est rien. Ce sont les dents de Malfoy qui l'ont imprimé dans ma chair, dernier souvenir tangible de la nuit. L'ancrant définitivement dans la réalité.

Et je sais soudain, avec une certitude glaçante que ce n'est que la première et non la dernière qu'il m'infligera.

A suivre ...


Posté le 12 Avril 2022 à approximativement 06h09.

Je dois admettre que je suis la première surprise d'avoir écrit ce nouveau chapitre aussi rapidement. Le truc c'est que quand on a plusieurs projets en cours comme moi, on a un peu de mal à évaluer sa productivité puisque chaque projet avance en parallèle, parfois je me concentre sur un, puis sur un autre, ce qui me donne l'impression de n'avancer sur aucun. Mais au final, ça avance. J'espère que ce chapitre "surprise" vous aura plu.

A la prochaine, les chatons !

Olivia

"Tu gagnes à chaque seconde que je perds à essayer de me convaincre que je m'en fous." Confessions.