Parfois il faut sauter pour découvrir qu'on savait voler.
Merci à :ce site à la con qui s'est enfin décidé à envoyer les notifs des MP. Il était temps, putain.
Tu connais la chanson, non ? Je pourrais vous dire que j'ai vécu deux ruptures au cours des derniers mois, que j'ai bossé 192h en mai et que mes cernes actuels ressemblent à des cocards. Je pourrais ajouter que je travaille actuellement sur trois sites différents et que j'ai à peine été chez moi les derniers mois. Mais soyons honnêtes les chatons, tout ceci est effectivement vrai mais si j'avais passé moins de temps à boire de la fisher au bois de Vincennes en pleine après midi, j'aurai peut être écrit ce chapitre plus tôt. Et peut être même que j'aurai pas avalé ma dent (true story). Ceci étant dit, j'ai eu une illumination divine cette nuit et j'ai pondu ça en 2h.
I SAW THE FUCKING LIGHT !
Bonne lecture.
Wizard's Hunt
Chapitre 9
Olivar Trotter
Un choc léger au crâne me fait reprendre conscience subitement. Désorienté, je mets un instant à réaliser que Dean se tient au pied de mon lit. La pénombre ne me permet pas de déchiffrer son expression et je m'apprête à lui demander ce qu'il fout là quand il se met à crier :
"Tu comptais me le cacher encore combien de temps, exactement, Olivar ?"
Je me redresse et allume la lumière, tous les sens en alerte en entendant mon alias. Le mouvement provoque la chute d'un exemplaire de Sorcière Hebdo, éclaircissant par la même occasion le mystère du choc m'ayant réveillé. Dean le récupère et me fout sous le nez le dernier article publié sous l'identité d'Olivar. Il enchaîne sans laisser l'opportunité à mon esprit embrumé de trouver une réponse à sa première question.
"Tu croyais vraiment que je ne reconnaîtrais pas ton style ?"
Je le dévisage, interloqué. Pour être honnête, ça ne m'a jamais effleuré l'esprit que je pourrais avoir un style et encore moins un reconnaissable. Mais le fait que je me sois cru dispensé de lui expliquer quoi que ce soit, provient d'une toute autre raison.
"Depuis quand tu lis Sorcière Hebdo ?"
Je secoue la tête, incrédule. Je l'ai entendu pendant des années se moquer du lectorat de Sorcière Hebdo et dénigrer le journal à toutes les occasions possibles et imaginables. Alors non, je n'ai pas envisagé une seconde qu'il puisse tomber sur mes articles et se rende compte qu'ils étaient de moi. Il se redresse, scandalisé.
"Je ne le lis pas ! Seamus m'a parlé d'une chronique sur une partie de poker clandestine et j'étais curieux."
Il marmonne la seconde partie, le regard fuyant et l'air globalement mal à l'aise. Je lui jette un regard par en dessous, peu dupe, n'osant souligner que ce n'est pas le numéro où cette chronique a été publié qu'il m'a lancé à la figure. Je me lève, tentant de garder un semblant de dignité malgré mon pyjama trop petit et parsemé de vif d'or. D'un geste je l'invite à me suivre alors que je me dirige vers la cuisine.
"Laisse moi boire mon thé et on en reparle, ok ?"
Il acquiesce alors que je prépare le breuvage en silence. On s'attable, attendant patiemment que l'eau chauffe, évitant mutuellement le regard de l'autre. Une pensée me frappe soudain et je m'exclame :
"Mais comment tu as fait pour entrer sans que je t'ouvre ?"
Il m'adresse un sourire coincé et se racle la gorge. La bouilloire siffle soudainement et je lis le soulagement sur son visage alors qu'il se précipite pour aller la chercher. Il nous sert avec empressement, renversant quelques gouttes de thé. Je le remercie avant de reposer ma question. Avec un soupir, il finit par lâcher.
"Tu m'as donné l'autorisation de transplaner ici, ça fait partie de ton contrat.
- Quoi ?!"
Soudain parfaitement réveillé, je me précipite dans le salon pour récupérer le fameux contrat. Je le balance sur la table de la cuisine lui intimant de me montrer la foutue clause l'autorisant à faire ça. Que je puisse la rayer à tout jamais. Et dire que je fais confiance à cet imbécile pour gérer ma carrière.
Ce détail réglé et après des excuses particulièrement vaseuses - les mots "contrat standard" étant prononcés bien trop souvent pour être honnête - c'est à son tour de m'interroger. Le dernier exemplaire de Sorcière Hebdo trône, ouvert à la page de ma dernière chronique, entre nous.
"Alors tu m'expliques ?"
Je bois une gorgée de thé avant de me lancer dans le récit de mon recrutement inattendue par Sorcière Hebdo. Il m'écoute, attentif et silencieux. Je vois dans son regard les rouages de son cerveau s'activer, une lueur d'intérêt traversant ses prunelles. Je conclus rapidement.
" Les lecteurs sont heureux, le journal aussi et j'admets que j'apprécie écrire ces chroniques. C'est aussi simple que ça.
- Je n'arrive pas à croire que tu vas te pinter la gueule en secret depuis des mois et que personne n'ai rien vu. Autant que les autres n'aient pas capté que tu étais Olivar, c'est normal, ils ne t'ont jamais lu mais que tu ais réussi à te pointer à leur brunch à la con du dimanche sans qu'ils ne soupçonnent rien, j'admire, Potter."
Il siffle pour souligner ses derniers mots. Je grogne, reprenant une gorgée de thé. Je connais assez bien Dean pour percevoir le sous-entendu. Mes chers amis me charrient depuis des années sur ma prévisibilité. Je me garde bien de rétorquer que ça fait des années que je me bourre la gueule sans qu'ils n'en captent rien.
"Au fait qu'est-ce qui m'a trahis ?"
Je lance, autant pour détourner le sujet que par réelle curiosité. Hors de question de le laisser continuer à creuser dans cette direction. Son regard s'illumine alors qu'il me sourit l'air très satisfait de lui-même.
"Un sorcier ne révèle pas ses secrets. Disons juste que tu as un petit tic d'écriture."
J'insiste mais il fait signe de se sceller les lèvres arguant que me le faire remarquer risquerait de me bloquer dans mon écriture. Argument vaseux une nouvelle fois. Je soupçonne qu'il ne veut surtout pas que je le corrige afin de pouvoir le savoir s'il me reprenait l'envie d'écrire sans l'en informer.
Il change de sujet, m'expliquant qu'en tant que mon agent il aurait pu négocier mon contrat avec Sorcière Hebdo à la hausse. Il soupire de contrariété, soulignant qu'il est désormais trop tard pour ça mais qu'à partir de maintenant, il veut que je lui envoie mes articles pour correction avant de les envoyer au journal.
Je proteste vaguement mais il insiste, rappelant les progrès qu'il m'a permis de faire sur l'écriture de mes mémoires. Ne pouvant nier ce fait, j'accepte en maugréant. Il ajoute qu'il veut être tenu au courant de tous mes projets concernant l'écriture.
"Je suis ton agent, Harry, pas ton ennemi. C'est pour ton propre bien."
J'acquiesce, morose. L'impression tenace d'être un gosse à qui on fait la leçon ne me quittant pas. Considérant le sujet clos, je commence à me lever, prêt à prendre une douche amplement mérité. Evidement, Dean ne l'entends pas de cette oreille et ajoute.
"Au fait, je veux bien garder le secret mais à une condition.
- Laquelle ?"
Je le fusille du regard, pressé d'en avoir terminé avec cette conversation. Un sourire qui ne me dit rien qui vaille s'étale sur ses lèvres alors qu'il m'annonce avec excitation son idée.
"Je veux venir avec toi la prochaine fois."
Un silence accueille sa demande. Je me sens acculé, les soirées au Wizard's Hunt sont mon jardin secret mais si je ne le laisse pas venir, je prends le risque que tout mon entourage s'y pointe pour voir ce que je peux bien y faire tout les samedis ou se mettent à décortiquer mes chroniques en quête d'indice pour les moins téméraires du lot.
"D'accord mais interdiction de parler à qui que ce soit de cette soirée et de ce qui s'y passera.
- Des choses à cacher ?"
Son sourire s'est fait félin, je jurerais qu'il se délecte de la situation. Je me retiens de lui hurler qu'évidemment et me contente de lui rappeler que lui non plus ne se vante pas exactement de lire Sorcière Hebdo.
Le sourire laisse place à une moue boudeuse. Je pensais avoir besoin d'insister un peu plus mais il tient réellement à ce que personne ne sache qu'il lit ce torchon. Je note dans un coin de mon esprit qu'il faudra que je le cuisine un jour sur le sujet. Sait on jamais, ça pourrait servir à l'avenir.
Enfin, il se décide à partir, me faisant réitérer ma promesse de l'emmener au Wizard's Hunt samedi et je me précipite sous ma douche l'esprit encore embrouillé par les derniers évènements. Et dire que je pensais ne pas revenir dans ce foutu bar de sitôt. Il faut croire que le Destin aime s'amuser avec moi.
Je fixe la tentative pathétique de faire de la pole dance d'une gamine en col roulé. Visiblement mal à l'aise, elle tourne autour de la barre avec l'agilité d'un alpaga s'essayant à la guitare. Je soupçonne que les jeunes gens se marrant à quelques pas d'elle sont ses amis. Et que sa tentative est le résultat d'un défi qu'ils lui ont lancé.
Avec des amis comme ça comme on dit ... En parlant d'amis de piètre qualité, à mes côtés Dean commente d'une voix excité tout ce qui l'entoure. Il est déjà bien bourré, je lui ai proposé d'y aller tôt dans l'espoir qu'il se lasse et décide de repartir avant l'arrivée des Serpentards.
Hélas, ils ne vont plus tarder et Dean n'a de cesse de s'extasier sur le moindre détail du bar. De la faune locale qu'il trouve particulièrement affriolante aux cocktails qui le fascinent complètement, on croirait qu'il n'est jamais allé dans un bar de sa vie.
"Je ne comprends pas pourquoi tes articles sont aussi critiques, c'est génial ici."
Lugubre, je vide d'un trait la fin de mon cuba libre. Il ne se formalise pourtant pas de mon silence et continue à pérorer sur les qualités aussi fantastiques que complètement fantasmagoriques - si on veut mon avis - du lieu. La gamine s'étale sur le sol après avoir tenté une figure timide, m'arrachant le premier sourire sincère de la soirée.
C'est peut être un brin cruel mais une bonne gamelle a toujours eu le don de me faire rire. Je m'apprête à en faire part à Dean quand celui-ci me devance, m'interrogeant sur une soudaine agitation à l'entrée du bar. Mon pouls s'accélère alors que j'aperçois la chevelure sombre de Pansy.
"Ce sont les Serpentards, ils viennent toutes les semaines."
Sur ces mots, Blaise et Draco apparaissent, encadrant Pansy alors qu'ils se dirigent vers leur table. L'élégant homme d'affaire jette des coups d'oeil aux alentours alors que je me recroqueville sur mon siège, tentant de passer inaperçu. Trop tard, son regard s'illumine alors qu'il me repère.
Les Serpentards cessent toute progression alors que le blond murmure à leur oreille, me désignant discrètement. Pansy m'adresse un grand geste de la main auquel je réponds maladroitement un sourire tordu aux lèvres. Je n'ose regarder Dean alors que celui-ci me demande.
"Tu peux m'expliquer pourquoi Parkinson à l'air ravie de te voir ?"
Je continue à sourire nerveusement alors que le trio change de direction, se dirigeant clairement vers nous. Je n'ai pas le loisir de réfléchir à ce que je vais répondre, ils seront à notre hauteur avant que j'ai trouvé une explication convaincante.
"Parce qu'on est amis. Je t'expliquerais plus tard."
Mon sourire se crispe en entendant ma voix partir dans les aigus sur les derniers mots. Je m'autorise un coup d'œil à Dean qui me dévisage interloqué. Je songe qu'il n'est pas au bout de ses surprises alors que je me lève pour saluer les nouveaux arrivants.
Je crains que je ne sois pas non plus arrivé au bout de mes peines et le sourire carnassier de Malfoy ne m'encourage pas à réviser mon jugement. Je frisonne en repensant aux morsures que sa dentition parfaite m'a infligé pas plus tard que la semaine dernière. La nuit va être longue.
A suivre ...
Posté le 14 Juin 2022 à environ 5h42.
J'aimerais vous dire que j'ai beaucoup travaillé sur ce chapitre pour mettre deux mois à l'écrire. Mais en vrai j'ai mis deux heures à l'écrire et je le publie dans la foulée. J'ai la méthode d'écriture la plus pétée de l'univers. Je fous rien pendant des semaines et d'un coup, je me mets à balancer 2000 mots d'une traite. Heureusement que je fais ça pour le plaisir, j'ose pas imaginer si j'avais un éditeur. Par contre, j'ai adoré écrire ce chapitre et j'espère qu'il vous a plu aussi.
See you later, kitty cat !
"On se consomme et se consume. Et nos âmes hurlent, nos âmes s'érodent et s'étiolent." Sév' saura.
