Breath. There's nothing to be scared about.
Merci à :vous, toujours à vous les chatons. Pour me suivre dans toutes les conneries que je raconte.
Life is fucking weird : Je me suis retrouvée à fixer ma table cassée en me disant qu'elle était l'allégorie parfaite de ma vie en ce moment. Cabossée, bancale, ne faisant aucun putain de sens. Pourtant contrairement à ma table, je ne la remplacerais pour rien au monde. Certains pensent qu'on écrit quand on ne vit rien soi même. Je ne crois pas, je crois qu'on écrit pour essayer de donner un semblant de sens au chaos qui nous entoure. Une pause bienvenue me permettant de respirer au milieu de la pure folie qu'est mon existence. Et si je dois écrire mes mémoires un jour, je crois qu'elles paraîtront bien plus improbable que tout ce que j'aurai pu inventer.
Vivre. Ressentir. L'écrire.
Bonne lecture !
Wizard's Hunt
Chapitre dix
Friendship
Les Serpentards ont envahi notre box, délaissant leur table habituelle. La bouteille de champagne a déjà diminué de moitié et Dean les écoute, fasciné, alors qu'ils racontent des anecdotes de nos soirées passées ici. Je jure que s'il prononce encore une fois les mots "Sérieux ?! Harry a fait ça ?", je lui lance un stupéfix.
Pansy et Blaise, assis du côté de Dean, sont visiblement ravis d'avoir un public aussi investi et ne cessent de surenchérir. Malfoy lui s'est glissé à mes côtés et reste étrangement silencieux, sirotant son verre avec lenteur et contrastant avec l'énergie bourdonnante et joyeuse de ses camarades.
Je sens son regard sur moi, guettant mes réactions, alors que je descend un énième cuba libre en espérant vaguement faire un black out. La collision s'est produite, je ne peux plus qu'observer le désastre en cours. Mon agent se tourne vers moi, un immense sourire aux lèvres :
"Ils sont géniaux ! Pourquoi tu nous as caché ça ?"
Je secoue la tête, me retenant de lui lancer un "T'es con ou quoi ?", bien senti. J'adore nos amis mais ce n'est tellement pas leur genre. On parle de gens pompettes au bout de deux mimosas et accro aux brunchs. Je ne juge pas, évidemment, mais il y a bien une raison pour laquelle ils ne sont jamais revenus ici.
Ils ont leur vie de famille, leur carrière florissante et aucune envie d'épicer un peu les choses. Sans compter que sans haïr les anciens Serpentards, ils n'en sont clairement pas fans. Pas démonté pour un sous par ma réponse, Dean reprends :
"Faut absolument qu'on vienne avec Seamus, la prochaine fois. Ca va être dément !
- La prochaine fois ?"
Parce qu'il croit qu'il y aura une prochaine fois ? J'ai accepté de l'amener une fois et je le regrette déjà, je n'ose imaginer la même scène avec Seamus en prime. J'entends d'ici leurs commentaires lors de la prochaine réunion entre ex-Gryffondors. Hors de question que ça arrive.
Ignorant ma question, il a repris sa discussion avec la plus célèbre célibataire de Londres qui à ma grande horreur me lance un clin d'œil. Traumatisé par les événements, je fixe mon verre, ne sachant comment m'extirper de cette situation. C'est le moment que choisi Malfoy pour me glisser à l'oreille :
"Tu es charmant quand tu es en colère.
- Charmant ?"
Bordel, qu'est-ce qu'il me prends à répéter ce que disent les autres comme un imbécile ? J'ai autant de répartie qu'un bambin sous crack ! Me flagellant mentalement, j'essaye d'ignorer la chaleur suspecte m'envahissant alors qu'il rectifie : "Bandant".
Je reprends mon cocktail, ne sachant comment répondre. Une part de moi espérait que Malfoy prétende que la semaine dernière n'était pas arrivée. Une autre, le maudit d'avoir utilisé ce terme exact, mon cerveau se souvenant un peu trop bien de la dernière fois qu'il l'a prononcé.
Sa main se posant sur ma cuisse achève positivement de me faire bander. Putain de Dean ! Je savais qu'il ne fallait pas que je revois Malfoy. C'était une mauvaise idée de revenir. Je bois, cherchant à noyer mon trouble dans l'alcool mais évidemment, il ne m'en laisse pas le loisir.
"Viens."
Je m'étouffe à moitié de surprise en sentant sa main se glisser dans la mienne et me tirer vers la piste. J'ai le temps d'apercevoir le regard surpris de Dean avant que la foule se referme sur nous. A ma grande surprise, Malfoy ne s'arrête pas et m'entraîne encore plus loin.
Ce n'est qu'en arrivant devant les toilettes que je comprends enfin. Je n'ai pas le temps de protester qu'il nous fait entrer dans une cabine vide. Verrouillant derrière nous, ses lèvres capturent les miennes avec violence. Je perds pied, laissant l'alcool, la colère et le désir me submerger.
Je le sens bander dur contre ma cuisse et ses mains déboutonnent avec précipitation ma chemise. Je mords sa lèvre brusquement et il recule d'un pas. Ses yeux se sont assombris de plusieurs tons et un curieux mélange d'envie et de rage déforme ses traits. Il est superbe.
On se dévisage un instant sans un mot, déjà à bout de souffle et de nerfs après ce baiser. La tension est telle que j'ai la sensation que mon sang bourdonne dans mes veines, comme du temps de Poudlard. Un sourire appréciateur étire lentement ses lèvres.
"Putain, Potter !"
C'est comme un signal. Nos deux corps s'entrechoquent alors qu'il reprends possession de mes lèvres. Nos mains s'activent, cherchant la peau nue sous nos vêtements. Nos ébats sont précipités, emprunt d'une urgence que je n'avais jamais ressenti jusqu'alors.
Je n'ai pas envie de lui, non. C'est mon corps entier qui réclame le sien sans me laisser le loisir de protester. Exactement comme du temps de Poudlard sauf que nous ne nous battons plus avec nos poings. Nous laissons libre cours à cet impérieux désir qui nous rongent depuis si longtemps.
Toutes les barrières qui nous retenaient encore ont cédé et nous faisons l'amour exactement comme nous nous étions fait la haine. Avec violence, rage et passion. La jouissance me fauche par surprise alors que ses dents imprime une nouvelle marque au creux de ma gorge.
Nos souffles résonnent forts dans le silence suivant nos orgasmes respectifs. Nos corps s'éloignent et je n'ose me retourner de peur de croiser son regard. Après tout, il vient de me prendre directement contre la porte des chiottes de ce bar minable. Ce n'est pas mon moment le plus glorieux.
"Eh bien, ce n'était définitivement pas l'ecsta."
Un rire nerveux me secoue tandis que je me rhabille maladroitement. Je sens son corps se rapprocher et d'un geste délicat, il m'invite à lui faire face, m'appelant par mon nom d'une voix étrangement sérieuse. La rage a disparu de son visage, remplacée par une expression presque timide.
Il glisse les doigts sur mon cou, retraçant ce que je devine être les contours de la morsure qu'il m'a infligé plus tôt. Il esquisse une grimace désolée alors que ses yeux remontent vers mon visage. Il ouvre la bouche avant de se raviser. Milles pensées paraissent défiler dans son regard.
La douceur de ses gestes et son apparente vulnérabilité me bouleversent complètement. J'aimerais le rassurer mais je ne sais pas quoi dire, ni même ce que je ressens moi-même. Alors je l'embrasse, impulsivement, sans me laisser le temps d'y penser plus avant.
Mes bras se referment autour de lui alors qu'il reste inerte contre moi. Je m'arrête, cherchant sur son visage un indice sur ce qu'il ressent. Il se penche et dépose un léger baiser sur mes lèvres, comme une excuse. Il me rends enfin mon étreinte, posant sa tête au creux de mon cou.
Je le soupçonne de chercher à se soustraire à mon regard. Mais ses bras me serrent fort et je n'ai pas le cœur à lui en tenir rigueur. Il a toujours été tellement sûr de lui, arrogant même. Il me montre une facette de lui totalement différente ce soir et je ne sais comment y réagir.
"On devrait y retourner, nos amis nous attendent."
Je m'écarte précipitamment, prenant brusquement conscience de la situation. Dean, putain ! Il va sûrement m'interroger sur ce que j'ai pu foutre pendant tout ce temps. J'acquiesce cramoisi et sors sans attendre de la cabine. Je retourne à notre table, traversant la foule sans oser vérifier si Malfoy me suit ou non.
C'est avec soulagement que je constate la disparition de Dean et Pansy. Blaise m'accueille en me tendant un nouveau cuba libre.
"Il est arrivé pendant ton absence donc il n'est peut être plus très frais."
Qu'importe, je le bois avec avidité. Evitant son regard, je scrute la foule à la recherche des trois absents. Je repère vite la chevelure blonde de Malfoy près du bar, il semble en grande discussion avec un petit groupe de femmes. Il ne reviendra sûrement pas avant un petit moment.
Soulagé, je le suis encore plus en avisant les deux autres dansant ensemble sur la piste. Dean a l'air passablement éméché et totalement pris dans la musique, ce qui me donne l'espoir qu'il n'ai pas remarqué mon absence prolongé.
"Bien joué, Potter. Pansy ne va plus me lâcher maintenant. "
Je me tourne vers l'avocat, interloqué par sa remarque. Il descend à petite gorgée un whisky-pur-feu, m'empêchant de déchiffrer correctement son expression. Je lui demande des explications et il repose son verre. Il esquisse un sourire amusé.
"Draco et toi. Pansy m'a assuré que vous y viendrez et je refusais d'y croire."
Il a un léger rire. Toute cette conversation me paraît si surréaliste. Je commence à nier, lamentablement je dois le reconnaître. Où est donc passé ma foutue répartie ce soir ? Il m'arrête d'un geste.
"Je ne suis pas aveugle, Potter. Ta tignasse est encore plus en bordel qu'habituellement et la chemise de Draco est en vrac."
Je rougis violement, me traitant d'imbécile. J'étais si pressé de m'éloigner de Malfoy, de l'inévitable conversation que nous aurions dû avoir après ce qu'il s'est passé dans les toilettes, que j'ai complètement oublié de couvrir nos traces. Blaise lui enfonce le clou :
"Sans mentionner que tu n'avais pas cette trace dans le cou en début de soirée."
Dans un réflexe vain pour la cacher, je couvre la marque de ma paume ce qui a le don de faire rire mon interlocuteur. Je lis dans son regard : un peu tard pour ça, Potter ! Vexé, je laisse retomber ma main et me concentre sur mon verre.
Le cocktail tiède est vaguement écœurant mais qu'importe. Ma dignité perdue mérite bien un toast.
"Ok, c'est arrivé et alors ?
- Rien, ça ne concerne que vous. J'espère juste que ça ne changera rien à notre dynamique de groupe."
Je le dévisage interloqué. Il me sourit l'air gêné.
"On t'aime bien, Potter. Quand tu as commencé à sortir avec nous, on en a discuté. On avait tous envie que tu rejoignes notre groupe. Une grande première."
Il rit à nouveau, toujours aussi gêné. Je me sens étrangement touché par cette révélation. Je n'y avais jamais réfléchi avant mais je suis effectivement le seul à avoir réellement intégré leur bande. Je les ai bien entendu déjà vu avec d'autres personnes mais je suis le seul à être déjà arrivé avec eux et à qui un siège permanent a été attribué à leur table.
La discrétion des Sang-Purs, ils ne m'ont jamais dit qu'ils m'appréciaient avant ce soir mais leurs actes le disaient. Et je réalise que je les apprécie aussi, sincèrement. Au fil des soirées, j'ai appris à mieux les connaître et me suis attaché à eux.
Ils ne sont pas ceux que j'aurai cru à première vue. Je les pensais froids, intéressés, calculateurs. Et oui, ils peuvent l'être si ça s'avère nécessaire mais entre eux les maîtres mots sont entraide, soutien et respect. Ils font front ensemble et n'hésite pas à prendre des risques pour protéger l'un des leurs.
Ils n'ont rien à voir avec mes amis, ils ont un humour bien plus cynique et âpre, peuvent avoir un sens de la morale ambigu mais c'est justement ce qui me plaît chez eux. Je ne me sens pas jugé avec eux, un peu comme quand je suis avec Luna.
Être quelqu'un de bien n'est pas important autour de leur table, ils acceptent que les autres fassent des erreurs et s'ils peuvent se taquiner sur le sujet, ça ne va jamais plus loin. Et s'ils se dévoilent rarement frontalement, j'ai appris à comprendre pourquoi ils agissaient comme ils le faisaient, les failles qu'ils dissimulent derrière leur arrogance.
Pansy qui joue les femmes fatales et a eu recours à la magie esthétique pour réparer son ego brisé après Poudlard. Sept années à se faire traiter de bulldog, même si on est coriace comme elle, ça laisse des traces. Blaise qui se bat si fort pour faire respecter son nom après avoir été humilié plus qu'à son tour sur la vie privée de sa mère.
Et bien entendu Draco qui fait tout pour que le monde oublie les crimes de ses parents et qu'on lui laisse une chance de prouver qu'il est différent.
"Je vous aime bien aussi, Blaise. Plus que ce que j'aurai cru."
Il rit et ajoute qu'il n'y aurait pas cru non plus. Oui, notre amitié est improbable et en même temps ça fait sens. Je me sens plus libre avec eux, je ne ressens pas le besoin de cacher la noirceur qui m'habite sous une couche d'optimisme comme avec mes amis.
Ils savent trop bien qu'on dissimule tous une part sombre. Ils ont fait de la leur un bouclier, une arme pour se défendre contre les autres et en un sens j'admire ça chez eux.
"Tu peux m'envoyer chier mais il te plaît vraiment ou c'est juste comme ça ?"
Je le sens à nouveau mal à l'aise. Je devine que ça en lui coûte de me poser une question aussi intime, ça va à l'encontre de son éducation, nous ne sommes pas assez intimes. C'est justement ce qui m'incite à lui répondre sincèrement, s'il a posé la question, ce n'est pas par curiosité mal placée mais parce qu'il tient à Draco.
"Vraiment."
Je fini mon verre, incapable de m'étendre plus sur le sujet. Ce simple mot m'a déjà épuisé. Je n'étais pas forcément prêt à me l'admettre alors le dire à voix haute, à quelqu'un d'autre de surcroît, c'est beaucoup.
"Bien. Je ne peux pas l'affirmer, tu le connais il est très secret sur le sujet, mais Pansy pense que tu lui plais depuis très longtemps. Je n'aimerais pas devoir changer d'avis à ton sujet."
Il a prononcé ces derniers mots d'un ton léger mais je sens très bien la menace dissimulé entre les lignes. Oui, ils ont accepté de m'intégrer à leur groupe mais ils n'hésiteront pas à m'en éjecter si je blesse Draco. Je le comprends, ça fait plus d'une décennie qu'ils prennent soin les uns des autres.
"J'espère que tu n'auras pas à le faire.
- Parfait."
Il me sourit à nouveau et se lève pour rejoindre Pansy sur la piste de danse. Ce fut une conversation instructive mais déroutante. Je n'ai pourtant pas le temps de m'en remettre. Malfoy, enfin débarrassé des femmes l'ayant abordé, se dirige droit vers moi alors que Dean me fait signe qu'il va me rejoindre puisqu'il a perdu sa cavalière.
A cet instant, Félix dépose un nouveau cuba libre devant moi. Timing parfait. Tout est putain de parfait.
A suivre ...
Posté le 18 juillet à environ 04h52 (j'ai les horaires les plus improbables du game, tu peux pas test).
Je ne pensais pas encore découper la scène au bar avec Dean mais après avoir écrit tout ça, mon cerveau a planté et réclamé une pause. Il faut croire que la situation m'inspire et j'espère vous surprendre bientôt avec la suite. Si ma vie veut bien arrêter de partir en couille deux secondes que j'ai le temps d'écrire. Enfin bon vous avez l'habitude, j'ai la stabilité mentale d'un bilboquet.
See you soon, kitties !
Britney (si c'est drôle, c'est de moi), co-consciente avec Mary (si ça fait sens, c'est grâce à moi).
"Et si nos vies sont écrites, alors je fais confiance à l'imbécile qui a écrit la mienne. Des fois je me dis qu'il avait un sacré sens de l'humour." No Name parce que "La vie c'est des cycles, c'est pour ça que je retombe sur les mêmes mots" Orelsan
