Where are you now ? Somewhere darker than the space.

Merci au : Karma. Karma is a bitch, yeah. But every bitch has a master. (Et je ne suis pas sûre d'assumer cette vanne).

Mary is back bitches ! Et j'espère que je vous ai manqué autant qu'à mes charmantes alters qui m'ont laissé un appartement dans un état euh ... Disons que le ménage et l'organisation ne font pas partie des compétences les plus fréquentes dans notre système. Bref, les dernières semaines ont été intéressantes et visiblement inspirantes.

Bonne lecture, les chatons !


Wizard's Hunt

Chapitre treize

Masquerade


Parfois je m'interroge alors que le soleil se lève sur la ville. J'observe la foule hétéroclite du dimanche matin, les joggers et les travailleurs épuisés et je me demande : ai-je fais les bons choix ? Qui serais-je si j'en avais fait d'autres ? Serais-je une part de celle-ci ou toujours cet observateur silencieux derrière la vitre ?

Et je m'interroge encore alors que j'observe ta silhouette endormie éclairée par le soleil levant. Ai-je fais le bon choix hier ? Cela semblait juste sur le moment mais est-ce que je le penserais encore dans quelques jours, quelques semaines, quelques mois ? Est-ce que ça a la moindre importance ?

Je repense à ma conversation avec Luna. Est-ce qu'il ne serait pas temps que je prenne le risque d'essayer vraiment ? D'essayer d'être heureux ? De prendre les choses comme elles viennent sans chercher à leur donner un sens immédiatement ? Tellement de questions dont j'ignore les réponses.

C'est peut être le truc, cesser de tout vouloir savoir, tout vouloir contrôler et vivre à la place. Laissez la place à l'inattendu. Te laisser la possibilité de me surprendre. Pourquoi ces fêtes constantes, Malfoy ? Je sais pour Pansy, nul ne l'ignore, je le devine pour Blaise sans en être certain mais toi c'est différent.

Les fêtards sont des clowns tristes, c'est une réalité que je connais trop bien. Alors je m'interroge sur toi aussi, sur ce qui te pousse à remplir ces fichues coupes de champagne chaque week-end. Quelles sont ces blessures secrètes que tu cherches si désespérément à masquer par cette joie artificielle ?

Assis sur le rebord intérieur de la fenêtre, la joue contre la vitre, je m'interroge. Cherchant dans les traits de ton visage endormi un quelconque indice. Tu es superbe mais ce serait ridicule de te le dire, tu en as parfaitement conscience et je doute que tu ais la moindre insécurité dans ce domaine.

Je sursaute avec toi quand la sonnette retentit dans l'appartement. Ton regard ensommeillé se pose sur moi et après une seconde d'hésitation un lent sourire s'étire sur tes lèvres. Un instant je reste paralysé, hypnotisé par ces lacs argentés dont l'éclat me promet plus d'une noyade.

On sonne à nouveau et je me secoue, t'intimant de rester là le temps que j'aille voir. Je passe à tes côtés et tu m'arrêtes, posant ta main sur mon bras. Tu tires dessus et me vole un baiser rapide. "Reviens vite", voix rauque, ensommeillée. Bandante.

A la porte, l'ambiance se refroidit brusquement tandis que j'aperçois Dean à travers le judas. La mort dans l'âme je lui ouvre, me préparant au très probable sermon qu'il est venu me délivrer de si bon matin.

"Tu te fiches de moi ?"

Une sensation de déjà vu me traverse alors que je reçois le dernier exemplaire de Sorcière Hebdo en plein visage. Je le ramasse avant de m'écarter pour le laisser entrer.

"Baisse d'un ton, s'il te plaît.

- Je hurle si je veux, on a un foutu contrat toi et moi, Harry !"

Je lance un regard équivoque en direction de ma chambre, avant de lui faire les gros yeux, espérant qu'il comprendra le subtil message. Visiblement oui, il écarquille les yeux et murmure "Qui ?". Je secoue la tête et lui indique la direction de la cuisine.

M'ignorant, il s'avance vers la porte entrouverte de la chambre. Je lui attrape le bras et le force à avancer dans le couloir. Trop tard, je le crains, j'ai eu le temps d'entrevoir un éclat blond avant de me détourner. La journée va être longue.

Je commence à préparer le thé tandis qu'il s'installe en silence. Je sens son regard curieux sur moi.

"J'ai merdé, je sais, mais j'ai écrit l'article en retard, je n'avais plus le temps de te l'envoyer.

- Tu aurais pu m'envoyer un hibou pour me prévenir."

Je soupire et me frotte les yeux d'un geste las tandis que je m'écroule sur la chaise face à lui. Il faut vraiment qu'il perde cette habitude de se pointer à l'aube. Je n'ai jamais été du matin.

"Au cas où tu ne l'aurais pas déjà compris seul, j'étais assez occupé hier.

- Je ne savais pas que tu avais un faible pour les blonds."

Surpris par le ton venimeux de sa voie, je lui lance un regard noir et me lève pour retirer la bouilloire du feu. Je nous sers en silence, reposant peut être celle-ci un peu plus brutalement que nécessaire.

"Je préfèrerais que ça ne s'ébruite pas, justement.

- Tu as combien de secrets au juste, Harry ? Olivar, tes sorties au Wizard's Hunt, ton amitié avec les Serpentards et maintenant ça ? Qu'est ce que tu nous caches encore ?"

Je hausse les épaules, soufflant que j'aime simplement que ma vie privée reste privée. C'est à son tour de me fusiller du regard. Je fixe le fond de ma tasse de thé tandis qu'un long soupir résigné m'échappe.

"Je ne sais pas quoi te dire, Dean mais au vu de ta réaction peux-tu vraiment me reprocher d'avoir garder certaines choses pour moi ?"

Il recule, un air blessé sur le visage. Je passe une main dans mes cheveux et détourne le regard. C'est l'heure de vérité, j'imagine, je savais qu'elle finirait par arriver un jour mais je préférais ne pas y penser.

"Je t'adore, tout comme j'adore toute la bande mais ... Je ne sais pas, parfois je n'ai pas l'impression que vous me comprenez.

- Difficile de le faire quand on ignore tout un pan de ta vie et pas des moindres."

La pique fait mouche et on se regarde en chiens de faïence. Si j'avais dû parier sur qui découvrirais ma double vie en premier, je n'aurai jamais misé sur Dean et je n'aurai jamais pensé que ça le blesse autant. Il faut croire que moi non plus je ne les connais pas aussi bien que je le croyais.

"Malfoy putain, je savais que t'avais rien contre les mecs mais je pensais pas que tu pourrais tomber aussi bas."

Je le fixe, interdit, ne sachant quoi répondre à une attaque d'une telle bassesse. Un instant j'envisage de le virer de chez moi sans autre forme de procès mais un raclement de gorge attire notre attention.

L'objet de son mépris se tient justement dans l'encadrement de la porte, impeccable dans le costume qu'il portait la veille. Ce n'est pas possible, ils doivent être enchantés ma parole, ce type n'a jamais de vêtement froissés ou même vaguement mal ajustés !

"Excusez-moi de vous interrompre mais j'ai un rendez-vous important et il me faut partir.

- Oui, bien sûr. Je te raccompagne à la sortie."

Je défie Dean du regard de dire quoi que ce soit. Il adresse un au revoir glacial à Malfoy, mais ses yeux ne me quittent pas un instant. Je me détourne, vaguement écœuré par son attitude. A la porte, Malfoy m'arrête avant que j'ouvre la porte.

"Ça va allez ? J'ai entendu la fin de votre conversation.

- Oui, Dean s'en remettra. Et sinon tant pis, ce sera sa perte."

Je hausse les épaules, affichant plus d'assurance que je n'en ressens. Je ne crois pas qu'il soit dupe mais il se contente de se pencher vers moi pour me voler un second baiser. Ses bras se referment sur moi et je me laisse aller un instant contre lui.

La réaction de Dean me déçoit, évidemment mais j'ai pris une décision hier et je ne compte pas revenir en arrière. J'en assumerais les conséquences quelle qu'elles soient, j'aurai simplement aimé avoir un peu plus d'une nuit pour me préparer à ce genre de scène.

Il me serre un peu plus fort avant de s'éloigner d'un pas. Il dépose un dernier baiser rapide sur mes lèvres et transplane sur un dernier sourire. Dans la cuisine, Dean repose brusquement le Sorcière Hebdo qu'il feuilletait, l'air vaguement coupable. Je lève les yeux au ciel, il serait temps qu'il cesse de prétendre qu'il n'aime pas lire ce journal.

"Où en étions-nous ?

- Tu jugeais ma vie sexuelle comme si tu avais quoi que ce soit à en dire, je crois."

Je lui adresse un sourire ironique et il a le bon goût d'avoir l'air un minimum gêné.

"Comprends moi, ce type nous a pourri la vie à Poudlard, personne ne prendra bien ce qu'il se passe entre vous.

- Luna l'a fait, à vrai dire elle m'a même encouragé.

- Oui mais c'est Luna ..."

Il se tait, me lançant un regard entendu, un petit sourire méprisant aux lèvres. Je lui demande ce qu'il veut insinuer, tentant de me contenir du mieux que je peux.

"Tu sais ... Elle a toujours été un peu dérangée cette fille."

Cette fois, c'en est trop. Qu'il insulte Malfoy passe encore, ils n'ont jamais été amis effectivement mais Luna, ça dépasse les bornes. Je me lève brusquement.

"Dégages ! On parlera plus tard mais je ne te permets pas de venir de bon matin pour me juger, moi et mes fréquentations."

Il me regarde, surpris par ma réaction. Il ne fait même pas mine de se lever alors je l'attrape par le bras et le force à le faire, ça le réveille enfin.

"Je ne voulais pas être insultant ...

- Trop tard ! La prochaine fois essaye de réfléchir avant d'ouvrir ta grande gueule, ça te rendra peut être moins con."

J'ouvre la porte et le pousse dans le couloir. J'ai le temps d'apercevoir le choc sur son visage avant que la porte ne se referme sur lui. Encore énervé, je m'adosse à la celle-ci, soupirant bruyamment. J'ai toujours su que Dean n'était pas le plus ouvert de mes amis mais je ne pensais pas que c'était à ce point.

Et évidement je sais que beaucoup jugent Luna et ce depuis très longtemps mais je pensais qu'il valait mieux que ça. Ils sont amis après tout. Je ne décolère pas et je ne sais pas quoi faire. Habituellement j'irais voir Luna mais je n'ai vraiment pas envie de lui expliquer ce qu'il vient de se passer et elle a déjà été suffisamment présente hier.

Je crois que pour cette fois, je vais devoir faire sans ses précieux conseils. Et je ne peux m'empêcher de me demander tandis que je vide le thé restant dans la tasse de Dean : combien de temps ? Combien de temps avant qu'il balance aux autres ce qu'il sait ?

Et plus douloureux encore : combien de mes amis réagiront de la même façon que lui ?

A suivre ...


Posté le 14 Décembre 2022 à environ 7h50 (et j'aimerais qu'on admire que pour une fois j'ai mis moins d'un mois à écrire, de peu mais moins d'un mois).

Ce serait mentir de dire que je vais bien, ce serait mentir de dire que je vais mal. C'est étrange, c'est la période la plus heureuse de ma vie et c'est aussi la plus douloureuse. J'ai passé les deux dernières années de ma vie à prioriser ma santé mentale et je ne le regrette pas, ça m'a permis d'avancer sur tellement de points, d'oser tellement plus de choses et d'avoir des relations tellement plus épanouissantes et saines mais à côté, ça a fait ressurgir des choses que j'aurai préféré ignorer.

Mon TDI, un possible trouble du spectre de l'autisme et des traumatismes que je n'aurai jamais imaginé avoir vécu même dans mes pires cauchemars. Alors c'est la pire et meilleure période de ma vie. Un jour, je déborde de joie, le lendemain je me sens écrasée par la douleur. Mais je suis contente d'être de retour à la tête de notre Système, après tout, je suis celle qui l'a le plus occupé ces dix dernières années et ça se ressent.

C'est étrange, vous savez, de partager un corps à tellement d'état de conscience différents. D'avoir conscience que je n'étais pas présente ces derniers temps même si j'en ai les souvenirs, en partie, des souvenirs que je vois à la troisième personne, comme s'ils n'étaient pas les miens et c'est le cas quelque part. C'est foutrement étrange comme maladie le TDI et rares sont ceux qui arrivent à s'imaginer un peu ce que ça peut être.

Je donne l'impression d'aller parfaitement bien, je me sens parfaitement bien, tout ça ne m'atteint pas, c'est arrivé à une autre moi en un autre temps. Parfois des émotions m'envahissent, la douleur, la peine, l'envie de crever mais ce ne sont pas les miennes. Pas réellement. Parce que je suis une Partie Apparemment Normale, sans traumatisme, créée par notre cerveau pour gérer le quotidien justement.

C'est étrange de savoir qu'on a été créé dans un but spécifique. De les entendre et les sentir, ces autres moi, ces autres alters avec qui je partage un corps et une vie. De savoir que je leur ai manqué et qu'elles me sont reconnaissantes pour tout ce que je fais pour nous.

Étrange de vivre avec tous ces points de vue, caractères, façons de pensée et d'agir. De devoir faire des compromis pour satisfaire tout le monde. Sacré responsabilité mais c'est la mienne. D'abord parce que notre cerveau en a décidé ainsi, désormais aussi parce qu'elles me l'ont confié, se moquant gentiment des galères de celles qui ont dû me remplacer parfois au fil des années.

Je suis visiblement difficilement remplaçable. Comme chacune d'entre nous. Nous avons toutes un rôle, une part à jouer. Et quand on nous demande si on ne pourrait pas redevenir une un jour, je le comprends parce que pour les autres c'est étrange mais nous, nous n'avons connu que ça et nous avons déjà mis tellement longtemps à l'accepter. Je ne veux plus revenir en arrière sur ce sujet.

Nous partageons un corps à une quinzaine d'états de conscience et je ne minimiserais jamais les difficultés que ça occasionne mais nous avons appris à nous aimer malgré nos différences et il me paraît impensable de vivre sans elles. Nous sommes toutes une part du même tout. Et c'est aussi terrible que merveilleux.

Et je m'étale mais pour ma défense, je suis restée silencieuse pendant des mois entiers. Alors je dirais simplement que je suis heureuse de ne plus l'être et que j'espère que ce chapitre vous aura plu autant que j'ai aimé l'écriture.

Merci et à bientôt,

Mary (is back)