Steel fingers on a glass skin. Like a winter morning.
Merci à :cette étincelle d'inspiration. Cela faisait si longtemps.
I lost myself once and never find the way back : Longue absence, trop de travail, trop de merde à gérer et ma douce échappatoire m'a échappé. Mais j'y reviens toujours, n'est ce pas ? En espérant que cette reprise ne vous décevra pas.
Bonne lecture, les chatons !
Wizard's Hunt
Chapitre quinze
Café banal
Je l'observe de l'autre côté de la table et je m'interroge. Après ces années que nous avons passés à nous haïr, ces soirées stupides au Wizard's Hunt et cette dernière nuit, que foutons-nous à prendre un banal café dans un café banal ?
Ça ne nous ressemble pas. Déjà parce qu'il fait jour. Douloureusement jour, il m'a donné rendez-vous à l'heure parfaitement indécente de huit heure du mat', invoquant une sombre histoire de réunion avec des fournisseurs pour justifier ce terrible manque de tact.
Et certes, le jour lui va bien, il a l'air frais et reposé, très élégant -trop pour le lieu- dans un énième costume sombre et le soleil levant mets de l'or dans sa chevelure pâle. Il est superbe, évidemment. Il l'est toujours et ça en est exaspérant.
Mes cernes font dix kilomètres de long, mes cheveux n'ont pas eu le temps de sécher mais ont visiblement décidé de faire sécession et je n'ai remarqué la tâche sur mon pull qu'en arrivant. Je suis minable, évidemment. En particulier parce qu'il se tient si près de moi. Par contraste.
Je noie mon malheur dans ma tasse de chocolat. Oui j'ai légèrement déformé la réalité un peu plus tôt, je ne bois pas de café. Et je n'ai aucune foutue idée de ce qu'il a bien pu commander. Dans un italien parfait, évidemment. Il ferait bander un ange.
Et lui donnerais probablement des envies de meurtres aussi. J'ai envie de le baiser là, tout de suite, sur la table, histoire de voir si j'arriverais enfin à le désarçonner. Il a toujours l'air si imperturbable et je me demande si même dans cette situation il y parviendrait.
Et s'il réussirait à convaincre tous les clients de ce banal café que c'est un spectacle parfaitement naturel et acceptable à huit heure du matin pour accompagner leur café banal. Probablement mais je ne tenterais pas le sort.
Par miracle, Dean semble avoir fermé sa grande gueule pour la première fois de sa putain d'existence. Hors de question, que les autres l'apprennent par le biais d'un gros titre genre « CHOC ! Le PGD de Malfoy's Potions and co se tape le Sauveur dans un café londonien ! » ou pire encore.
Les journalistes sont passés experts dans l'art des accroches vulgaires et racoleuses et une telle histoire serait du pain béni pour eux, ça s'écrirait tout seul comme on dit. Je ne leur offrirais pas cette joie. Ce n'est pas parce que j'ai rejoint leurs rangs que je les apprécie.
Et puis, je crache sur les gens certes mais je les anonymise, je ne balance pas que la fille du Ministre des Sports Magiques adore se foutre des fruits dans la chatte, ce que tout le monde ne sait que trop bien au Wizard's Hunt puisqu'il arrive qu'on voit tomber des myrtilles de sous sa jupe quand elle danse.
Ni que le chanteur des Bizarr' Sisters est obsédé (platoniquement, Merlin merci) par une Hyppogriffe au point d'avoir tenté à plusieurs reprises de la ramener dans la boîte. Chacun ses lubies et étrangetés, tant que ça ne fait de mal à personne, ça ne concerne que soi.
Bref, je m'éloigne du sujet. Lui et notre présence inattendue en ces lieux ce mardi matin. Pour être honnête, je n'en mène pas vraiment large. Le hibou que j'ai reçu hier était laconique, une heure, un endroit, de vagues explications sur le pourquoi du comment mais rien de clair et concret à se mettre sous la dent.
« Merci d'être venu, j'ai dû partir précipitamment hier et il y a certaines choses que j'aurai voulu aborder avec toi. »
Tu déposes délicatement une pile de documents sur la table. J'y jette un œil circonspect.
« Tu veux que je signe un accord de confidentialité ? »
Je ne sais pas si je suis scandalisé ou sous le choc de ne pas y avoir pensé avant. Je ne compte plus le nombre de rumeurs lancées par un coup du soir un peu trop bavard, ça aurait été bien utile à l'époque. Mais je ne suis pas un coup du soir bavard. Enfin, je crois, non ?
Ok, je crois que je suis scandalisé. Je suis Harry putain de Potter, le Sauveur du foutu Monde Sorcier, pas le clampin moyen avide de célébrité. Je m'apprête à lui dire ce que j'en pense quand il poursuit d'un air timide.
« Le contrat nous protège tous les deux. Je sais que ça peut paraître froid mais j'ai envie d'apprendre à te connaître sans avoir à gérer une armée de journalistes qui tentent de s'immiscer dans notre relation. »
Il lève une main pacificatrice, m'invitant à le laisser poursuivre son raisonnement jusqu'au bout. Boudeur, je le laisse pourtant faire. Je n'ai pas non plus envie d'un esclandre, il est beaucoup trop tôt pour ces conneries.
Je regrette presque que ce ne soit pas un brunch, au moins ils servent de l'alcool pendant ceux-ci. Wow, je viens de vanter les brunchs. On va dire que je souffre de folie passagère suite au manque de sommeil. Huit heures, bon sang ! Qui a des rendez-vous à cette heure-là ?
Ok tout le monde sûrement mais je suis un rentier qui écrit pour passer le temps, j'ai mes petites habitudes incluant le fait de ne pas me lever avant quatorze heure. Et je sonne comme un connard à mes propres oreilles. Génial …
« Je pense qu'on a tous les deux suffisamment souffert de l'attention médiatique et je préfère qu'on établisse quelques règles générales de prudence dont ce contrat. Et se retrouver dans des établissements Moldus comme ce café.
- On s'est envoyé en l'air dans les toilettes du Wizard's Hunt ! »
Le regard scandalisé que me lance un petit vieux distingué me fait dire que j'ai peut-être légèrement manqué de discrétion mais je me devais de souligner l'absurdité de sa requête, s'il voulait être discret, il aurait peut être pu essayer de l'être avant de me traîner dans les chiottes du bar le plus hype chez les sorciers.
« Raison de plus, Harry ! Le Wizard's Hunt a une politique très stricte de confidentialité mais ce n'est pas le cas de la plupart des lieux public et je n'ai pas envie d'apprendre à te connaître uniquement enfermé dans Le Manoir ou dans ton … appartement ? »
Il prononce le dernier mot avec hésitation comme s'il ne l'avait jamais prononcé avant. Et c'est peut être le cas, en fait. J'avais réussi à l'oublier pendant les soirées au bar mais dans ce café, sobre, je réalise : Malfoy est un putain de snob, élitiste et bourgeois.
Qu'est ce qui m'a pris de croire qu'on pourrait avoir quoi que ce soit d'intéressant à se dire ou à vivre ensemble ? C'est Malfoy, bon sang, un aristo coincé et je suis … Un rentier qui ne sait même plus à quoi ressemble le matin. Merde.
Oubliez ce que je viens de dire. Il a raison et ça m'énerve alors je cherche n'importe quel prétexte pour lui en vouloir mais il a juste raison. C'est une excellente idée de vouloir nous protéger et assez touchant qu'il admette avoir envie de me voir ailleurs que dans une chambre à coucher.
Mais c'est tellement Serpentard de sa part. Froid, calculateur, même quand il gère sa vie intime, il agit comme avec son entreprise, en sortant un contrat au détour d'un rendez-vous à huit heure du mat'. Le summum du romantisme, il y a pas à dire.
Je m'apprête justement à lui dire le fond de ma pensée quand soudain ses lèvres se posent sur les miennes. J'oublie tout, où nous sommes et pourquoi. Son pouce caresse doucement ma joue et sa langue effleure la mienne.
Et je bande comme un âne à huit heures du matin dans un stupide et banal café. Il s'écarte, m'adressant un léger sourire gêné.
« Désolé, j'en ai envie depuis que je t'ai vu. Je ne pouvais plus résister. »
Et voilà, la raison pour laquelle je suis quand même venu même si c'est Malfoy. Parce que c'est lui justement et qu'il est le seul à pouvoir me chambouler à ce point d'un seul baiser. Alors j'accepte ce foutu contrat.
Parce que c'est une bonne chose pour tout les deux mais aussi et surtout parce que j'ai vraiment envie d'apprendre à le connaître. Enfin je le signerais après l'avoir fait examiner par Hermione. On ne me reprendra plus à découvrir des clauses comme « peut transplaner chez moi comme si c'était un foutu moulin ».
Un froid glacé m'envahi alors que je repense à Dean, douchant tout à fait mon enthousiasme précédent. Il va falloir que je lui parle et rapidement. Après tout avec lui, j'ai bel et bien signé un contrat.
J'averti Malfoy que j'aimerais quelques jours pour y réfléchir avant de signer, ce qu'il accepte sans broncher. Sa main a attrapé la mienne et je voudrais pouvoir simplement profiter du moment mais le regard de dégoût de Dean me hante.
Il faudra bien que je l'affronte et probablement que j'en parle à Draco mais c'est au-dessus de mes forces actuellement. Trop de choses ont changé en trop peu de temps et j'ai besoin d'un peu de temps pour l'assimiler et agir en conséquences.
Chacun sa manière de gérer, pour Malfoy les réflexes corporates aident, moi il me faut un peu de calme et de réflexion. Et peut être une bouteille de rhum. Et de l'ecsta. Je me suis pas encore décidé, l'avenir nous le dira bien assez tôt.
Quoi qu'il en soit, Malfoy fini par me quitter sur un dernier baiser, devant assister à je ne sais quelle réunion hyper importante dont je n'ai honnêtement rien à foutre. Je ne peux m'empêcher de le regarder s'éloigner, les pans de son costume retombant toujours aussi parfaitement.
Il marque un arrêt en ouvrant la porte du café, le soleil matinal auréolant son visage, accentuant les contrastes de ses traits. Il tourne la tête cherchant mon regard et me gratifie d'un dernier sourire avant de disparaître dans la foule.
Je continue à fixer l'encadrement de porte vide bien après son départ, n'osant me résoudre à rentrer dans mon appartement vide, tentant de trouver un semblant de plan pour régler la situation avec Dean. Je fini par me lever et transplaner à mon tour.
Je ne sais pas si mon plan est bon, encore moins si cela fonctionnera mais au moins j'ai pris une décision.
A suivre ...
Posté le 31 Mars 2023 à environ 7h29.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas fait une pause aussi longue. Trop de travail, des trahisons, une dépression de plus, un épuisement généralisé. On connaît la chanson mais je suis ravie d'enfin reprendre. Je suis auteur, c'est une part de qui je suis, quelque soit le temps que je peux passer sans le faire, ça reste en moi. Mettre une énième chanson en boucle et oublier pendant un temps le reste, simplement créer de mes mots une autre réalité au rythme de la musique, me perdre dans la création, dans mes mondes imaginaires. Tout est simple soudain, facile. L'écriture est tout ce qui comptera toujours à mes yeux, ma première et ma dernière passion. Et je ne peux me sentir complète sans elle.
Et merci si vous continuez à me suivre malgré mon rythme improbable. En espérant que ce chapitre vous a plu.
Mary.
"On ne peut chercher à détruire que ce qu'on ne peut égaler. Alors merci pour le compliment."
