Valeur et vigueur mes chers,
Nouveau chapitre tout frais - j'espère qu'il vous plaira, c'est mon favori jusqu'à maintenant !
Merci beaucoup à drou, Fleur d'Ange et pcam d'avoir pris le temps de me laisser des reviews ! Plein de coeurs sur vous. Vos reviews me motivent à écrire/poster plus rapidement, donc merci !
VII. Consensus
Gideon Cunningham vouait une aversion particulière au manque d'organisation. Il était un homme préparé, trouvant une satisfaction certaine dans l'ordre et la structure. Si l'expérience lui avait enseigné une chose, c'était que rien de bon ne survenait jamais des réunions de dernière minute du Coven des Treize sacrés.
Le hibou était arrivé la veille, à vingt-deux heures et trois minutes, l'heure à laquelle il préparait généralement son coucher. Comme tous les aspects de sa vie, Gideon possédait un rituel strict qu'il suivait à la lettre chaque soir. Il brossait ses dents, s'accordait un quart d'heure pour discuter avec son épouse Catriona, puis lisait quelques pages de son livre du moment avant de souffler la bougie qui éclairait la chambre et s'endormir.
Il était tard lorsque Gideon avait reçu la missive, scellée par une estampille officielle du cabinet du Ministre de la Magie lui-même. La mention Urgent avait été apposée sur la l'enveloppe qui le convoquait à une réunion obligatoire le lendemain, à quatorze heures tapantes. Son rituel du soir s'était retrouvé chamboulé. Premièrement parce qu'il avait passé le reste de la soirée à s'interroger sur ce qui pouvait nécessiter une réunion aussi urgente. Ensuite, d'une manière plus opérationnelle, cela signifiait qu'il devrait faire des changements drastiques sur son emploi du temps du lendemain pour assister à la réunion.
Gideon avait à peine écouté les paroles de Catriona qui avait semblé s'irriter par l'indifférence de son mari face au récit de son dernier passage au Cours Écarlate. Elle avait qualifié d'urgence la recherche d'un revêtement parfait pour la volière de leur gigantesque domaine du Yorkshire.
Le lendemain, Gideon se leva une heure plus tôt qu'à l'accoutumée. Lorsqu'il entra dans les locaux de Magicore, l'entreprise dont il était à la tête, il reçut quelques regards surpris de la part des employés qu'il croisa. Gideon était un homme sans surprise, dont la vie était régie par des rituels inflexibles et tous ceux qui le fréquentaient en avaient conscience.
Après une brève réunion avec son assistant pour déplacer ses divers rendez-vous, son anxiété baissa d'un cran. A la fin de la matinée, il s'autorisa un déjeuner bref dans son bureau, une pièce large à la décoration minimaliste. Gideon abhorrait les intérieurs chargés. Il aimait travailler dans un décor sobre, lumineux et épuré. La seule décoration affichée dans la pièce était un imposant portrait familial représentant sa famille - lui-même, son épouse Catriona et leur fils Magnus. Sous le tableau, la devise des Cunningham était apparente en lettres espacées :
- Par le travail, la consolation -
Deux heures plus tard, Gideon se présenta dans le Hall du Ministère de la Magie, escortés par deux Aurors. Il trouvait ses responsabilités de Gouverneur particulièrement pénibles. Il tentait d'y accorder un nombre d'heures minimal, préférant se concentrer sur les travaux grandioses et révolutionnaires de son entreprise Magicore. Il n'avait qu'une hâte - transférer la responsabilité à son fils Magnus.
Contrairement à son père, Gideon n'avait jamais apprécié la politique. C'était sa sœur, Cressida, qui avait hérité de l'attrait pour le sujet. Dès son plus jeune âge, elle avait été attirée par les hautes sphères du pouvoir et avait espéré avec impatience pouvoir devenir Gouverneure à son tour. L'opportunité s'était présentée plus tôt que prévu pour Cressida. Elle s'était mariée à Casparus Warrington, héritier d'une autre dynastie royale. C'était en changeant d'allégeance familiale qu'elle avait obtenu le statut tant convoité. Sans surprise, Cressida menait la barque dans son mariage comme dans tous les aspects de sa vie.
La réunion avait lieu dans une salle secrète du Département des Mystères. Il était rare que le Coven se réunisse plus d'une fois par trimestre – généralement pour ratifier des nouveaux projets de loi. Ces six derniers mois pourtant, les réunions s'étaient faites plus nombreuses, à cause d'un climat politique troublé.
Lorsque Gideon entra dans une large pièce du Département des Mystères, où se dressait une imposante table en bois brûlé, la majorité des gouverneurs formant le Coven étaient déjà présents. Il prit place entre Cressida Warrington, sa sœur ainée, et Georgius Greengrass.
« Pur soit le sang. » salua brièvement Gideon.
« Victorieuse soit sa venue. » répondit Greengrass d'un ton distrait, son attention rivée sur un miroir à double sens.
Il fit tourner distraitement sa petite cuillère dans la tasse de thé face à lui, fronçant ses épais sourcils noirs. Sans doute était-ce son visage particulièrement fermé, ou ses traits durs, mais Georgius Greengrass paraissait toujours contrarié. Il était un homme occupé, sans le moindre doute. Un magnat des affaires, à la tête de la société immobilière la plus importante du pays.
« J'aimerais connaître la raison de cette réunion inopinée. » dit-il d'une voix bourrue, ses doigts épais tapant impatiemment sur le bord de son miroir à double sens.
Pour Georgius Greengrass, le temps était de l'argent. Lorsqu'il s'agissait de s'enrichir, il faisait preuve d'une créativité inégalée. Sa dernière idée de génie avait consisté à profiter de la bulle immobilière pour acheter en masse des terrains situés dans les quartiers modestes de Londres. Il avait fait construire des édifices gigantesques, tous remplis par des logements minuscules, comparables à des cages d'hippogriffe. Des Sang-Impurs s'entassaient désormais dans ces constructions miséreuses, vivant dans des conditions précaires, pour un loyer prétendument abordable.
« Probablement des nouvelles importantes. » répondit Gideon, jetant un regard anxieux au reste de l'assemblée.
Les gouverneurs avaient tous des emplois du temps chargés et il était difficile de trouver un créneau pour tous les réunir. Les réunions de dernière minute de ce type apportaient souvent leur lot de problèmes. Surtout lorsqu'elles étaient sollicitées par Kingsley Shacklebolt.
La porte s'ouvrit brusquement, laissant entrer le Ministre de La Magie lui-même, suivi par Bellatrix Lestrange, la Procureure. Kingsley prit place à la tête de la table et posa son regard sombre sur l'assemblée. Lorsqu'il entrait dans une pièce, il imposait le respect. Son calme à toute épreuve et son leadership ferme et juste avaient été plébiscités par ses pairs. Son visage habituellement impassible reflétait toutefois une expression fatiguée que Gideon lui avait rarement vue.
Bellatrix prit place entre le Ministre et son mari, le Gouverneur Rodolphus Lestrange. Gideon les observa du coin de l'œil tandis qu'ils échangeaient des paroles brèves. Ils formaient probablement le couple le plus antipathique qui lui ait jamais été donné de rencontrer. Si une chose était certaine, c'était qu'ils s'étaient bien trouvés. Même leur devise leur ressemblait parfaitement :
- Par la crainte, inspirons le respect -
Rodolphus, le Gouverneur, était le chef du Bureau des Aurors au Ministère. Son leadership conservateur se traduisait par une sévérité particulière pour la criminalité. Par mesure de dissuasion, prétendait-il. Son épouse, Bellatrix, occupait le poste de Procureure, et représentait les intérêts du gouvernement face aux instances judiciaires – notamment le Magenmagot. Il s'agissait de la deuxième fonction la plus importante du régime. Ses vues sur la pureté du sang étaient sans aucune doute les plus extrémistes du Coven. Bellatrix avait passé son existence entière à idolâtrer Lord Voldemort de manière aveuglée, agissant parfois comme si elle avait personnellement connu le Mage noir, pourtant disparu bien longtemps avant sa naissance. Elle était à l'origine de mesures extrêmes comme les exécutions publiques par Feudeymon pour les Nés-Moldus et les Dissidents ou encore les avortements forcés des fœtus cracmols.
Bellatrix Lestrange était une femme mégalomane, dénuée de la moindre once d'empathie. Gideon se plaisait à la décrire de psychopathe de haut vol, capable de garder ses troubles parfaitement maîtrisés pour fonctionner en société. La plupart du temps, du moins. Il avait déjà assisté à une crise de névrose de sa part et l'expérience l'avait conduit à craindre cette femme particulièrement déséquilibrée.
Contrairement à sa sœur Cressida qui se complaisait dans les intrigues politiques du régime, Gideon n'appréciait guère les jeux de pouvoir qui se menaient parmi les membres du Coven sacré. Il se contentait de remplir ses responsabilités et rentrait ensuite pour se concentrer sur son vrai intérêt - son entreprise Magicore, dont les innovations magiques devenaient chaque année plus importantes.
« Merci pour votre présence. » s'éleva la voix calme mais puissante du Ministre Shacklebolt. « Je suis conscient que le délai de mon invitation est particulièrement court. »
« Invitation ? » répéta Cressida à voix basse, l'air sceptique, près de Gideon. « Et moi qui pensait que nous étions convoqués. »
« Les circonstances requièrent toutefois une gestion de crise. » poursuivit Kingsley d'un ton grave.
Dans la pièce, un silence tendu s'était installé et certains gouverneurs échangèrent des regards interrogatifs. Kingsley tourna la tête vers Bellatrix, comme pour lui donner la parole. Cette dernière agita sa baguette d'un geste nonchalant mais gracieux. Immédiatement, une figure allongée et transparente se matérialisa sur la longue table de réunion, lévitant à quelques centimètres de la surface. Gideon se redressa, tentant de reconnaître le visage qui gisait à quelques mètres de lui. Autour de la table, d'autres gouverneurs l'imitèrent.
« Depuis la semaine dernière, trois Mangemorts ont été retrouvés morts. » indiqua Bellatrix, une lueur insurgée brillant dans ses yeux noirs.
« Est-ce supposé être un évènement ? » interrogea une voix croassante.
Gideon tourna la tête vers la propriétaire de la voix. Il s'agissait de la Gouverneure Walburga Black, connue parmi ses pairs pour sa négativité et son scepticisme à toute épreuve. Comme à l'accoutumée, la moitié de son visage était couvert par un voile opaque, qu'elle portait toujours en public depuis le décès de son mari Orion Black, troisième du nom. Gideon avait eu peu d'interactions avec Walburga, précédée par une réputation de marâtre exécrable. Les Black formaient l'une des familles originelles des Treize sacrés et leur devise, fièrement portée, en témoignait :
- Toujours Pur -
La dynastie Black avait toutefois perdu de sa superbe à travers les décennies, secouée par des scandales divers et variés. Le dernier en date était probablement la disparition soudaine du fils de Walburga - Sirius. Les rumeurs, jamais confirmées et fermement démenties par ses parents, indiquaient qu'il s'était associé à des Dissidents du régime.
« Elle n'a pas été gâtée avec sa descendance. Un traître et un sodomite. On assiste probablement à la dernière génération des Black. » avait un jour commenté Cressida à Gideon, sur le ton de la confidence. « Et pour combler le tout, ils n'ont même plus un sous en banque. Quelle tragédie. »
La fierté de Walburga l'avait toutefois contrainte à s'efforcer de sauver les apparences. Gideon savait que seuls le passé illustre et la grandeur d'antan des Black leur accordaient l'indulgence du Coven. Il était plus diplomatique d'attendre l'extinction de leur dynastie, manifestement imminente, plutôt que de chercher à les éjecter du Coven.
L'autre branche de la famille Black n'existait désormais plus. Les nièces de Walburga, Bellatrix et Narcissa, avaient rejoint d'autres familles royales par union, ce qui transférait automatiquement leur loyauté envers leur nouveau clan.
"Les rapports d'autopsie ont déterminé qu'il s'agissait d'actes criminels. Les Mangemorts en question ont été assassinés. » répondit Gouverneur Rosier d'un ton froid.
Evan Rosier était le chef de la Section Sécuritaire, communément appelée la S.S, une faction composée de Mangemorts, formés pour identifier et punir les crimes liés à la pureté du sang. Gideon vit la mâchoire d'Evan se contracter, probablement sous l'effet de la contrariété.
« Les auteurs du crime ont laissé une inscription sur le corps du troisième Mangemort. » continua-t-il.
Bellatrix Lestrange agita de nouveau sa baguette et le corps translucide qui lévitait sur la table leva un bras. Au-dessus de la Marque des Ténèbres tatoué sur l'avant-bras, des mots avaient été gravés sur la peau livide.
« Liberté et Dignité. » lut la Gouverneure Amara Zabini à haute voix.
Immédiatement, des exclamations stupéfiées jaillirent de toute part, autour de la tablée. Liberté et Dignité était l'une des phrases attribuées aux Dissidents.
« Silence. » s'exclama Kingsley de sa voix rauque.
Immédiatement, le silence revint dans la pièce.
« Rodolphus, poursuivez, s'il-vous-plaît. » plaida Kingsley.
« Nos espions au Département des Mystères ont réussi à identifier et capturer l'un des terroristes après une opération de longue haleine. » expliqua Rodolphus. « Nous avons pu obtenir certaines informations avant sa mort. »
La séance de torture avait probablement mal tournée, pensa Gideon.
« Pardonnez-moi, Gouverneur Lestrange… » intervint Cressida. « Mais n'aurait-il pas été plus habile de garder la personne captive vivante ? »
Son ton était poli mais Gideon distingua clairement l'once de condescendance dans ses paroles. Sa sœur aînée était une professionnelle de la critique dissimulée. Elle pouvait se montrer particulièrement passive-agressive et savait adresser des piques bien placées de manière innocente, si bien que son interlocuteur n'osait pas y déceler une quelconque insulte.
« Sa mort n'a pas été de notre fait. » répliqua froidement Rodolphus. « Il a commencé à parler après trois jours de torture. Il a très vite commencé à s'étouffer et il est mort peu de temps après. Les experts pensent qu'il s'agit d'une variante du sort Fidelitas. »
Il s'agissait probablement d'un moyen que les dissidents utilisaient pour empêcher les trahisons en cas de capture, réalisa Gideon avec intérêt. Il se renseignerait pour obtenir les informations de l'autopsie du prisonnier. Magicore, son entreprise, était spécialisée dans la recherche et le développement de sortilèges et dispositifs magiques novateurs.
« Selon les informations données par le captif, plusieurs groupes de dissidents se seraient récemment alliés. Il semblerait qu'ils soient actuellement en train de se réorganiser. » révéla Rodolphus.
« Comment est-ce possible ? » interrogea le Gouverneur Lucius Malfoy de son éternel ton dédaigneux. « Il est de notoriété publique qu'ils n'ont jamais réussi à s'entendre et qu'ils sont décimés par des conflits internes. »
Après la fin du Grand Conflit, les sorciers opposés au régime de Voldemort étaient partis en cavale pour échapper à l'exécution. Pendant les décennies suivantes, d'autres sorciers venant de zones colonisées par l'empire purifié avaient fait de même. Plusieurs groupes de dissidents s'étaient donc formés à travers le pays. Ces factions étaient toutefois hétérogènes, et elles ne partageaient pas les mêmes causes et revendications. Malgré quelques actes terroristes isolés, l'impact des opérations menées par les Dissidents restait relativement minime.
« Selon le captif, cette tentative de réorganisation est l'œuvre d'un récent leader. Il aurait convaincu des factions de s'allier sous un groupuscule appelé le F.L.O.P. » poursuivit Rodolphus.
« Le FLOP ? » répéta Georgius Greengrass, ses épais sourcils tellement rapprochés qu'ils formaient une ligne interrompue. « Qu'est-ce que ça signifie ? »
« Le Front de Libération de l'Ordre du Phoenix. » indiqua Rodolphus d'un ton sombre.
« Avons-nous des informations sur ce fameux leader ? » interrogea Lucius d'une voix traînante.
« Le captif est mort avant de pouvoir donner davantage d'informations. » répondit Bellatrix en levant les yeux au ciel.
Elle avait prononcé ces paroles d'un ton ennuyé, comme une petite fille qui n'avait pas obtenu le cadeau tant promis.
« Comme vous l'avez compris, il s'agit d'une menace inédite, à laquelle nous n'avons jamais été confrontés jusqu'à maintenant. Du moins de manière sérieuse. » indiqua Kingsley d'un ton harassé. « Nous ne savons pas l'ampleur que peut prendre ce nouveau rassemblement ni les dégâts qu'il pourrait causer. »
« Comment allons-nous procéder ? » demanda Lucius Malfoy.
« Pour le moment, faire profil bas. Les gouverneurs Rosier et Lestrange établiront une opération spéciale. En attendant, aucune indication d'un quelconque rassemblement ou d'une menace éventuelle ne doit fuiter. Le public doit rester dans l'ignorance la plus totale. » insista le Ministre.
Il se tourna vers Pius Parkinson, dont la famille était à la tête de la presse du pays. Ce dernier hocha la tête pour signifier qu'il avait compris. Kingsley Shacklebolt se releva, observant tour à tour les représentants du Coven d'un air intense.
« Il s'agit d'une situation inattendue qui nécessitera un traitement particulier. Sachez toutefois que votre Ministère reste plus fort que jamais. » assura-t-il avec fermeté.
Il croisa les bras devant son torse d'un geste vigoureux, exécutant le signe de Voldemort. Immédiatement, les autres l'imitèrent.
« Que Voldemort nous préserve. Puisse sa vigueur nous éclairer en ces temps troublés. » dit-il d'une voix assurée.
« Voldemort vaincra ! » répondit-ils, tous en chœur.
/
Les pas de Draco Malfoy résonnèrent sur un sol parfaitement lustré tandis qu'il entrait dans les locaux de Sorcière-Hebdo, situés dans un immeuble imposant de Magipolis, le quartier des affaires de Londres.
Une file composée de visiteurs et d'employés s'était formée près d'une cabine de sécurité. Ils attendaient tous de présenter leurs baguettes et d'obtenir l'accès aux étages supérieurs. Draco ne prit pas la peine de se présenter au poste de sécurité et s'engagea directement vers la porte, surveillée par deux gardes.
« Bienvenue M. Malfoy. » salua-t-il l'un d'eux d'un ton formel, en s'empressant d'ouvrir la porte pour le laisser passer.
Suivi de la Mangemort qui l'escortait pour la journée, Draco pénétra dans le hall d'entrée du magazine, puis vers l'ascenseur.
« Troisième Étage. Station d'enregistrement et Département Technique. » annonça la voix de l'ascenseur dès qu'il s'arrêta à l'étage demandé.
Draco traversa une pièce spacieuse et bondée où régnait une agitation manifeste. Il se dirigea vers une salle dont les murs étaient des vitres transparentes. A l'intérieur, une table ronde dominait la pièce, chargée de matériel d'enregistrement en tout genre. Son regard se posa sur une jeune femme à la chevelure sombre, installée sur un siège. Elle parlait à travers un microphone qui lévitait devant sa bouche et qui suivait les moindres mouvements de son visage, à la manière d'un aimant. Draco jeta un regard rapide vers le témoin lumineux allumé, prévenant d'une émission en cours. Le système permettait d'éviter les entrées intempestives ou trop bruyantes, susceptibles de perturber la diffusion.
Il ouvrit silencieusement la porte, faisant signe à la Mangemort de rester à l'extérieur, puis pénétra à l'intérieur du studio. Il s'installa discrètement sur un siège et observa distraitement l'animatrice pendant qu'elle s'exprimait.
Pansy Parkinson animait une émission de radio quotidienne surnommée 'Il était une fois… La Sorcière', dans lequel elle offrait des conseils divers et variés à sa niche d'auditrices, généralement des femmes entre 20 et 45 ans.
« Nous allons prendre notre dernier appel de la matinée. Qui avons-nous à l'antenne ? » demanda Pansy d'une voix joyeuse, observant ses ongles parfaitement manucurés.
''Valeur et vigueur, Pansy. Je suis Petronilla. » lança une voix émanant de l'un des instruments posés sur la table.
« Pouvoir et pureté, Petronilla. » répondit Pansy avec enthousiasme. « Pouvez-vous vous présenter à nos auditrices ? »
« Bien sûr ! Je vis à Bury St-Edmunds et j'ai 43 ans. Je suis fonctionnaire au Ministère. J'écoute votre émission tous les jours Pansy, je n'arrive pas à croire que je vous parle. » s'extasia l'invitée.
« Merci de votre fidélité, Petronilla, elle me va droit au cœur. Qu'est-ce qui vous pousse à demander conseil, aujourd'hui ? » interrogea Pansy avec satisfaction. « Dites-moi tout. »
« Eh bien… Mon mari et moi sommes un peu distants en ce moment. Nous sommes tous les deux très occupés entre nos emplois respectifs et nos deux enfants. Il y a quelques semaines, j'ai réalisé qu'une collègue de travail ne cessait de lui envoyer des hiboux à notre domicile. Je veux savoir si je dois m'inquiéter. » expliqua l'auditrice d'une voix agitée.
« A quelle fréquence reçoit-il ces hiboux ? » demanda patiemment Pansy.
« Tous les deux, trois jours, je dirais. » répondit la femme.
« Et quel est le ton de ces messages ? » s'enquit Pansy, arquant un sourcil parfaitement dessiné.
« Je n'ai rien lu d'inapproprié pour le moment. » admit la femme. « Elle se plaint beaucoup de leur responsable et cherche conseil auprès de mon mari. »
« Elle fait appel à son côté preux chevalier. Typique. » commenta Pansy avec un sourire ironique au coin des lèvres.
« Nous nous sommes un peu éloignés ces derniers mois, je dois l'avouer. » ajouta Petronilla d'une voix préoccupée.
« A quelle fréquence sont vos rapports sexuels ? » interrogea Pansy, de but-en-blanc, sans aucun filtre.
« Plutôt rares ces derniers temps. » répondit l'auditrice d'une petite voix, visiblement gênée devant la question intrusive. « J'ai peur qu'il ait une aventure extraconjugale ou qu'il pense à le faire. »
« Écoutez Petronilla. De ce que j'entends, vous et votre mari traversez une période compliquée, ça arrive avec tous les couples. Est-ce que vous l'aimez toujours ? Est-ce que vous voulez rester dans votre mariage ? » interrogea Pansy.
« Oui absolument. » assura l'auditrice.
« Très bien alors mettez-vous au travail. Vous avez 43 ans, et vous êtes déjà passée par deux grossesses, ce qui vous place dans votre seconde vie. J'imagine que vous n'êtes probablement plus au top de votre apparence physique, comme à vos vingt-cinq ans ? Ce n'est pas un problème, Petronilla. Retournez faire du sport, portez vos plus jolis vêtements et soignez votre apparence. Il est primordial de rappeler à votre mari ce qu'il a à la maison. » assura Pansy.
D'un geste distrait, elle fit léviter un parchemin froissé à l'aide de sa baguette.
« Quand vous sortez à l'extérieur, mettez-vous sur votre trente-et-un. Que ce soit pour accompagner vos enfants à leur entraînement de Quidditch ou pour aller acheter des nouveaux chaudrons sur le Chemin de Traverse. Déployez tous vos efforts d'élégance. Mais ne vous arrêtez pas là, non. Rendez visite à votre mari sur son lieu de travail sous votre meilleur jour. Vous gagnerez des points si ses collègues ou son chef vous lorgnent un peu trop longtemps. Il est important qu'il voie que vous êtes désirée et que vous avez des options à part lui. Croyez-moi, en vous voyant ainsi, même cette fameuse collègue apprendra à vous craindre. »
Elle enchaîna :
« Petronilla, vous êtes en position de force, gardez cela en tête. Après tout, c'est vous qu'il a épousé. Reprenez le contrôle. Allez-vous vraiment divorcer parce que votre mari a reçu quelques hiboux insistants de la part d'une gourgandine ? Absolument pas. Vous étiez occupée, votre mari avait besoin d'un peu d'attention et cette femme était là pour lui en donner, parfait. Mais maintenant, vous êtes de retour, et vous devez le faire savoir. » indiqua-t-elle d'une voix ferme.
Draco écouta le reste de la chronique mi-amusé, mi-dépassé. Les conseils de Pansy étaient généralement sans tact et parfois un peu extrêmes, à l'image de sa personnalité haute en couleur. Pourtant, son lectorat et ses auditrices semblaient les adorer. Sa chronique jouissait d'un succès impressionnant.
Lorsque l'émission arriva à son terme et que le témoin lumineux s'éteignit pour prévenir de l'arrêt de l'enregistrement, Pansy repoussa son microphone et l'objet lévita seul en direction d'une étagère avant de s'y poser délicatement. Elle tourna la tête en direction de Draco et lui adressa un sourire éclatant.
« Je vois que tu es encore en train de sauver des mariages avec ta psychologie de comptoir, Pansy. » lança Draco d'un ton moqueur.
« Je suis beaucoup moins chère qu'une thérapie de couple. Les prix de ces psychomages sont exorbitants. Et je sais de quoi je parle, j'ai deux thérapeutes. » ajouta-t-elle.
« Ils méritent leur salaire. Je ne sais pas quel humain pourrait supporter de t'écouter pendant une heure, sans être payé en conséquence. » dit Draco avec morgue.
« Ta pique serait sans doute plus blessante si je n'avais pas été élue la chroniqueuse favorite des sorcières britanniques, deux années de suite. » répliqua Pansy avec hauteur.
Draco hocha la tête, ne trouvant pas de répartie spirituelle pour répondre à sa meilleure amie. Il était difficile d'avoir le dernier mot face à Pansy. La jeune femme héla son assistante qui mettait de l'ordre au studio d'enregistrement.
« Quel est mon programme pour l'après-midi ? » questionna-t-elle.
« Vous avez rendez-vous avec Poppy Chapman à 13:30, puis vous avez une séance photos pour le reste de l'après-midi. » informa l'assistante en observant son agenda.
« Je vais déjeuner avec Draco. Repoussez mon rendez-vous avec Poppy à demain. » ordonna Pansy d'un ton distrait. « Je serai de retour pour la séance. »
« Entendu, Miss Parkinson. Je vous ai réservé une table à la Méduse Royale. » informa l'assistante en s'empressant d'aider Pansy à revêtir son épais manteau en fourrure de boursouflet rose.
« Je croyais vous avoir demandé de réserver une table aux Délices Enchantés ? » fit remarquer Pansy avec ennui.
L'assistante parut mortifiée.
« Mais Miss Parkinson, vous m'avez dit la semaine dernière… » commença-t-elle.
« J'ai changé d'avis, suivez le mouvement. » interrompit Pansy avant de suivre Draco dans le couloir de l'étage, ignorant la réponse de l'employée.
Immédiatement, Galileo, l'agent de sécurité personnel de Pansy, les rejoignit, semblant surgir de nulle part. Cela était particulièrement étonnant car il était impossible de manquer la silhouette imposante du surhomme. La Mangemort qui escortait Draco eut un mouvement de recul en apercevant Galileo.
« Encore une nouvelle assistante ? A chaque fois que je viens ici, c'est une nouvelle personne. » lança Draco avec un rictus moqueur tandis qu'ils rejoignaient l'ascenseur.
« Ils sont tous affreusement incompétents. » assura Pansy, visiblement blasée. « Je pourrais faire ce travail mieux que ces incapables. »
« Je n'en doute pas. Personne d'autre ne saura mieux te satisfaire que toi-même. » rappela Draco avec amusement.
Jamais il n'avait rencontré quelqu'un d'aussi maniéré et difficile à vivre que Pansy Parkinson. Des années d'adulation par ses parents qui la gâtaient à outrance depuis sa naissance, ainsi qu'une société qui s'inclinait à ses pieds depuis toujours grâce à son statut, l'avaient rendue particulièrement capricieuse. Elle avait toutefois conscience de cet état de fait, et semblait même en jouer.
Draco le savait, Pansy était une femme intelligente et pleine de ressources. Elle savait toutefois qu'agir comme une petite princesse capricieuse était parfois une meilleure stratégie pour parvenir à ses fins, car on la sous-estimait.
Narcissa et Adrina, la mère de Pansy, étaient des amies proches depuis leur scolarité à Poudlard. C'était même Narcissa qui avait présenté Adrina à Pius Parkinson, un héritier des Treize Sacrés. Elles avaient vécu leur première grossesse au même moment. Naturellement, leurs enfants avaient grandi ensemble et ils étaient devenus inséparables avec les années. Pansy prétendait souvent que Draco était le grand-frère qu'elle aurait dû avoir.
Ils utilisèrent la cheminée privée du bureau de Pansy pour se rendre à la Méduse Royale. Ils furent accueillis en trombe par un serveur qui s'empressa de les conduire vers une zone isolée du restaurant, plus exclusive, et à l'abri des regards.
« Un Triton Citronné avec double dose de vodka pure glace et un quartier de citron vert. » demanda Pansy à l'attention du serveur.
Draco lui jeta un regard blasé tandis que le serveur s'éloignait après avoir noté leur commande.
« Quoi ? » demanda-t-elle, croisant le regard de son ami.
« Ce n'est pas un peu tôt pour commencer à boire ? Il est midi, Pansy. » fit-il remarquer.
« Justement. » répondit Pansy comme si ça répondait à la question. « Mets-ça sur le compte de ma nouvelle assistante. Mon anxiété est au plus haut à cause de ses bêtises. J'ai besoin de me détendre. »
Ses yeux semblèrent pétiller d'excitation lorsqu'on lui servit son cocktail, décoré d'une paille en forme de trident.
« D'ailleurs, je viens de réaliser que je ne me rappelle même plus de son prénom. » poursuivit Pansy d'un ton pensif.
« Je ne suis pas certain qu'il soit utile que tu l'apprennes. Elle sera probablement renvoyée avant ma prochaine visite. » se moqua Draco.
Pansy hocha la tête, comme si elle approuvait ses paroles.
« J'ai l'impression que ça fait des lustres que nous n'avons pas discuté, tous les deux. » lança Pansy sur le ton de la critique après avoir bu une longue gorgée de sa boisson. « Tu m'as terriblement manqué. »
« Depuis l'inauguration, plus exactement » répondit Draco, levant les yeux au ciel devant le dramatisme de la jeune femme. « Ça ne fait que cinq jours. »
Pansy haussa les épaules, puis secoua sa main, comme pour lui signifier que ça n'avait pas d'importance.
« Que veux-tu ? J'ai de sérieux problèmes de codépendance. Mais je travaille là-dessus. » assura-t-elle avec un sérieux qui ne lui ressemblait guère.
Elle se tourna ensuite vers Draco, un grand sourire mutin apparaissant sur ses lèvres rouges
« En parlant de cette soirée… Par Voldemort, tu t'es vraiment surpassé, chaton. Il ne manquait plus qu'une danseuse du ventre. » complimenta-t-elle.
Sa remarque arracha un sourire amusé à Draco. Il hocha la tête avec satisfaction et laissa son dos s'enfoncer sur le siège confortable, dont la forme imitait un coquillage ouvert, suivant le thème marin de l'établissement.
L'inauguration avait été un succès fulgurant. L'engouement autour de l'ouverture de l'hôtel, qui aurait lieu trois jours plus tard, était à son apogée.
« On dirait que tu es en bonne voie pour grimper l'échelle hiérarchique et accéder aux échelons supérieurs de Machinations Malforescentes. » fit remarquer Pansy d'un ton calculateur.
A la fin de soirée, Narcissa lui avait adressé un sourire entendu, signe de son approbation. Même Lucius n'avait fait aucune remarque déplacée suite à l'évènement, n'ayant visiblement rien à critiquer.
« Et devoir travailler avec mon père ? Plutôt avaler une portée entière de doxys sauvages. » répondit Draco avec une grimace. « J'ai d'autres projets en tête. »
Les yeux de Pansy scintillèrent de curiosité devant le ton mystérieux qu'il avait employé.
Après un déjeuner particulièrement alcoolisé (du moins pour Pansy) Draco prit la direction du Ministère de la Magie.
« Niveau 5 - Département de la coopération magique internationale. » annonça la voix de l'ascenseur.
A son arrivée au service du Registre des Entreprises, le réceptionniste s'empressa de l'accueillir.
« Vos documents sont prêts, M. Malfoy. Si vous voulez bien patienter un instant. » dit-il. « Puis-je vous offrir quoi que ce soit en attendant ? Une tasse de thé ? »
« Je suis pressé. » répondit Draco d'un ton froid.
L'homme hocha la tête et se dirigea vers l'un des box pour récupérer les documents réclamés. Narcissa avait demandé à Draco de finaliser l'enregistrement de l'Augurey Magistral auprès des autorités compétentes, en vue de l'ouverture de l'hôtel.
Il sentit une vibration au niveau de sa jambe et extirpa son miroir à double sens de sa poche. Les extrémités du miroir scintillaient, lui signifiant qu'on voulait entrer en communication avec lui. Il quitta le hall du cabinet, et se dirigea vers le couloir de l'étage pour plus d'intimité. Draco posa la pointe de sa baguette sur le miroir à double sens. Son propre reflet disparut, et le visage de Pansy Parkinson apparut à sa place. Elle ne semblait toutefois pas observer son propre miroir et sermonnait bruyamment des individus que Draco ne pouvait pas voir.
« Je me rappelle clairement vous avoir demandé de m'apporter des vêtements tendances pour l'amour de Voldemort. Des pièces qui crient style ! Glamour ! Élégance ! » s'exclama-t-elle d'une voix contrariée. « Il faut vraiment tout faire par soi-même ici. Pourquoi je perds mon temps avec cette bande d'incompétents ? »
Pansy reporta alors son attention vers le miroir et afficha un sourire joyeux, perdant son expression furieuse.
« Draco, chaton, tu ne devineras jamais qui est de retour au bercail. » s'exclama-t-elle d'un ton surexcité, comme si elle s'apprêtait à lui partager un commérage particulièrement palpitant.
« Qui ça ? »
« Théodore Nott. » annonça Pansy. « Apparemment, il est de retour depuis… »
Draco ne l'écoutait toutefois plus. Il avait relevé la tête en entendant des bruits de pas dans le couloir. Son regard tomba sur Cressida Warrington qui était en compagnie d'une jeune femme dont le visage lui paraissait étrangement familier.
« Draco ?! Tu m'écoutes ? » insista son amie à travers le miroir.
« Je te recontacte, Pansy. » dit distraitement Draco avant de stopper la communication et ranger son miroir à double sens dans sa poche.
En retrait, il observa les deux femmes discuter. Il était toutefois trop loin pour entendre le contenu de la conversation. Un tel échange lui paraissait inconcevable. Pourquoi une Gouverneure échangeait-elle avec une prolétaire comme Ginevra Weasley ? Draco sentit une curiosité grandissante lui traverser l'esprit.
Finalement, la Gouverneure Warrington s'éloigna, un Auror sur ses talons, prenant la direction opposée. Quant à Weasley, elle s'engagea dans le corridor, s'approchant de Draco, les yeux rivés sur le sol, visiblement plongée dans des pensées profondes. Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, Draco se plaça devant elle, l'empêchant d'avancer davantage. Elle sursauta et leva les yeux vers lui, désarçonnée. Elle sembla le reconnaître immédiatement et il distingua clairement une lueur de malaise apparaître dans ses yeux noisette.
« Tiens, tiens. Décidément, tu es partout, Weasley. Même là où on ne t'imaginerait pas. » fit-il remarquer d'une voix trainante en la jaugeant longuement. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Il la vit hésiter, puis jeter des regards alertés autour d'elle, comme si elle réfléchissait aux moyens d'échapper à la conversation.
« J'avais un rendez-vous. » répondit-elle finalement à contrecœur.
Draco laissa échapper une exclamation dédaigneuse.
« Je t'ai vue discuter avec la Gouverneure Warrington. Qu'aurait-elle à dire à quelqu'un de ton genre ? » demanda-t-il, mesquin.
Il vit une lueur de contrariété défiler dans le regard de la jeune femme.
« On dirait que la compagnie de quelqu'un de mon genre ne semble pas la déranger. » répliqua-t-elle, une once de défi dans la voix.
Draco ne répondit pas immédiatement, l'observant avec réflexion. Il pouvait sentir à son attitude et sa posture qu'elle était dans une position de défense. Il savait qu'il n'obtiendrait pas les informations qu'il désirait s'il continuait à se montrer aussi intimidant.
« Visiblement. » déclara-t-il finalement, d'une voix plus neutre. « Je voulais m'assurer que tu n'importunes pas mes invités. »
Les deux femmes s'étaient rencontrées pendant son inauguration, la semaine précédente. Narcissa voulait s'assurer que Cressida Warrington pense que les Malfoy étaient disposés à employer des personnes de rang inférieur.
« C'est Mrs. Warrington qui m'a demandé de venir ici. Je n'ai rien réclamé. » s'empressa de se justifier Ginny. « Monsieur. »
Elle avait ajouté ce mot comme si elle était persuadée que cela aurait l'effet de rendre ses paroles plus polies.
« Je te crois. » répondit-il.
Ginny écarquilla les yeux, visiblement interloquée par sa réponse. Elle sembla finalement se détendre et Draco réprima un sourire satisfait. Il avait opté pour la bonne stratégie car elle semblait plus encline à parler. Sans qu'il ne lui demande quoi que ce soit, elle poursuivit :
« Figurez-vous que la Gouverneure m'a proposé un travail à mi-temps pour l'aider sur un décret. Elle voulait spécifiquement quelqu'un dans mon genre. »
Draco ne manqua pas l'ironie dans sa voix. Elle avait repris ses propres mots contre lui. Il aurait presque trouvé cela amusant s'il n'était pas aussi sidéré par ce qu'il entendait. Une Gouverneure demandant l'aide d'une Traîtresse à son sang sans intérêt ? Cela n'avait aucun sens. Avant que Draco ne puisse dire quoi que ce soit, une voix s'éleva :
« Monsieur Malfoy ? »
Draco se retourna et vit le réceptionniste du Registre des Entreprises apparaître dans le couloir.
« Vos documents sont prêts. » prévint l'homme.
« Très bien. »
« Nous avons besoin de quelques signatures de votre part pour tout finaliser. » continua l'homme.
« J'arrive. » répondit Draco d'un ton impatient, irrité d'avoir été interrompu.
Le réceptionniste hocha la tête et disparut de nouveau. Draco se retourna vivement vers Weasley. Il ouvrit la bouche de stupeur en réalisant qu'elle n'était plus là. Il vit sa longue chevelure rousse disparaître au détour d'un couloir, quelques mètres plus loin. Draco réprima un juron.
Lorsqu'il quitta le Ministère, quelques instants plus tard, il se tourna vers la Mangemort qui le suivait.
« Contactez Caractacus Burke. » ordonna-t-il d'un ton sombre avant de monter dans la diligence.
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Ginny laissa échapper un long bâillement à fendre l'âme tandis qu'elle s'installait plus confortablement dans le fauteuil moelleux.
« J'ai l'impression qu'il manque quelque chose. » fit remarquer Fleur, les bras croisés contre sa poitrine, une lueur pensive sur son visage.
Elle se mordit la lèvre tandis qu'elle jetait des regards successifs aux différents meubles entreposés dans la pièce. Finalement, elle agita sa baguette vers le berceau en bois de chêne pour changer sa disposition. Le meuble lévita à l'autre extrémité de la pièce et se posa délicatement près de la table à langer.
« Parfait. » commenta Fleur avec plaisir, observant la pièce avec satisfaction.
Après sa journée de travail aux Bons Breuvages de Burke, Ginny s'était directement rendue à la Chaumière aux Coquillages, afin d'aider Fleur à terminer la décoration de la nurserie. Bill et Fleur avaient décidé de l'installer dans l'ancienne chambre que Ginny avait occupée lorsqu'elle vivait encore avec eux. La pièce était désormais prête à accueillir leur nouveau-né. La décoration était particulièrement adorable, avec ses tons pastel, et les licornes représentées sur le papier peint, gambadant joyeusement dans une prairie calme. De temps à autre, les créatures traversaient les murs de la pièce afin de trouver un autre coin pour brouter de l'herbe fraîche.
Ginny s'était portée volontaire pour aider Fleur. Cette dernière se plaignait de ne pas recevoir suffisamment d'aide de la part de Bill car il travaillait trop. Fleur était particulièrement sensible à cause de ses hormones. Elle avait même fondu en larmes, se lamentant de ne pas pouvoir passer assez de temps avec son mari. Son éclat soudain avait laissé Bill et Ginny totalement désemparés.
« Pourquoi je ne t'aiderais pas à décorer la nurserie ? Après tout, j'ai beaucoup plus de goût que Bill. » avait fait remarquer Ginny sur le ton de l'humour. « Et il faut que la nurserie soit parfaite pour mon adorable nièce. J'ai du temps demain. Je peux passer après le travail. »
Bill lui avait lancé un regard empli de reconnaissance. Ginny savait que Bill avait décidé d'augmenter ses heures supplémentaires. Il travaillait d'arrache pieds pour subvenir au besoin de sa famille grandissante. L'arrivée d'un second enfant serait une responsabilité financière non négligeable. Ginny éprouvait une certaine peine à voir son frère s'épuiser ainsi à la tâche. Elle était toutefois fière des efforts qu'il faisait. Bill avait toujours été un pourvoyeur et à ses yeux, rien n'était plus important que le confort de sa famille.
Fleur se tourna vers Ginny, semblant bien plus heureuse que la veille. Elle caressa distraitement son ventre arrondi, avant de mettre de l'ordre aux vêtements dans la commode.
« J'ai hâte qu'elle arrive. » dit-elle en soupirant. « Je n'en peux plus. Et j'ai l'air d'être un ballon gonflable. »
« Vous avez déjà trouvé un nom ? » demanda Ginny avec enthousiasme.
Fleur secoua la tête.
« Pas encore. Mais nous avons quelques idées. » dit-elle en souriant.
Elle fronça soudainement les sourcils.
« Où est Victoire ? La maison est bien silencieuse. » remarqua-t-elle. « Ça ne lui ressemble pas. »
Elles retrouvèrent la petite fille dans le jardin du cottage, occupée à déterrer des gnomes marins dans le sable. Lorsqu'elle se releva, sa robe jaune à pois et ses mains étaient maculées de terre.
« Je me disais bien que tu étais quelque part, à faire des bêtises. » déclara Fleur en secouant la tête avec lassitude.
En guise de réponse, Victoire lança un regard éclatant à sa mère, prenant un air innocent. Ginny sourit à la vue de sa nièce. Victoire était une petite fille vive et pleine de malice. Elle savait comment charmer son entourage pour éviter de s'attirer des problèmes. Probablement son héritage de Vélane. Seule sa mère semblait pouvoir y résister.
Victoire bondit à toute vitesse, sautillant joyeusement vers les escaliers.
« Vous avez reçu des nouvelles à propos de son école ? » demanda Ginny, en s'installant sur le tabouret du comptoir de la cuisine.
Fleur secoua la tête en signe de négation, un air de déception apparaissant soudainement sur ses traits.
« Non. Et tant que le dossier que nous avons déposé au Ministère reste zans zuite, Victoire ne pourra pas intégrer une bonne école. » dit-elle avec un soupir.
Ginny fut parcourue par un élan de compassion. Même si elle était parfois virulente dans ses convictions et abhorrait profondément le système en place, elle savait que c'était une réalité impossible à éviter. Elle pouvait comprendre la frustration de Fleur. Tout parent voulait offrir le meilleur à ses enfants. Les centres d'éducation primaire pour les enfants de rang inférieur n'avaient pas une bonne réputation.
« Je zais que vous pensez que je zuis totalement naïve. Mais j'ai vraiment espoir. » ajouta Fleur avec un sourire désabusé.
« Tu n'es pas naïve, Fleur. » assura Ginny. « Et après tout, même si ça prend du temps, peut-être que certaines choses vont évoluer. »
Fleur lui jeta un regard interloqué. Il était rare que Ginny fasse preuve d'optimisme à propos du régime.
Ginny s'était même surprise elle-même. Toutefois, ses récents échanges avec Cressida Warrington lui avaient donné une perspective différente sur le régime.
Après l'entretien informel qu'elle avait passé auprès de Cormac McLaggen, le secrétaire général adjoint de la Gouverneure, Ginny avait reçu une convocation officielle pour se rendre à son bureau.
Apparemment, Cressida Warrington voulait favoriser l'embauche de sorciers de rang inférieur dans certains métiers et industries, habituellement réservés aux Sang-Pur. Selon elle, cela favoriserait l'économie du pays et serait un moyen de réduire l'hostilité de Sang-Impurs envers le régime car ils seraient mieux traités.
Évidemment, Ginny avait compris que le projet de la Gouverneure n'était pas complètement désintéressé. Il ne s'agissait pas de faire preuve de charité. Il s'agissait pour elle d'un moyen de favoriser l'économie, et de gagner davantage de profits sur le long terme en étendant le marché du travail à des ressources diversifiées et à des coûts très compétitifs.
Malgré cela, l'initiative restait positive et arrangeante pour bon nombre de Sang-Impurs qui peinaient à trouver des emplois corrects sur le marché du travail. Cressida Warrington avait mandaté Ginny pour l'aider à comprendre certains aspects de l'existence des sorciers de rang inférieur.
Ginny lui avait indiqué qu'elle n'avait pas d'expérience, ce à quoi Cressida avait rétorqué que son expérience dans la vente et le service client chez Burke serait un atout. La Gouverneure s'était montrée très transparente :
« Présenter une Traîtresse à son sang sera un peu mieux perçu qu'une personne de sang-mêlé auprès de certains de mes contacts. Après tout, techniquement votre sang est pur. » avait-elle indiqué d'un air calculateur.
Ginny avait gardé la conversation secrète. Si elle n'avait aucun problème à en parler à Hermione, qui y trouverait probablement un intérêt certain, Ginny savait qu'elle ne pouvait pas en parler à Bill ni à Fleur. Ils avaient assez de choses à gérer et elle ne voulait pas leur ajouter de stress supplémentaire pendant cette période compliquée.
Ginny dina avec Fleur et Victoire et attendit le retour de Bill, aux alentours de neuf heures du soir, pour rentrer chez elle. Elle enfila sa cape.
« Tu es sûre que tu ne veux pas que je t'accompagne ? Il se fait tard, Ginny. » indiqua Bill de son éternel ton inquiet.
« J'ai l'habitude Bill, ne t'en fais pas. Et que va-t-il m'arriver à ton avis ? Tu penses que je vais me faire kidnapper par un déséquilibré en pleine rue ? » interrogea-t-elle avec un sourire ironique.
Bill leva les yeux au ciel face à sa remarque.
« Je pense simplement qu'on devrait connecter votre cheminée à la nôtre. Pour que tu fasses le trajet par poudre de cheminette. » dit-il avec sérieux.
« L'abonnement pour une cheminée privée est hors de prix, Bill. Hermione et moi n'avons vraiment pas les moyens pour ça. » répliqua Ginny.
Elle posa une bise sur la joue de son frère.
« Ne te fais pas de souci pour moi. A la semaine prochaine. » dit-elle avant de quitter la maison, agrippant fermement son vieux balai. « Je vous aime ! »
Elle vola jusqu'au poste de cheminées publiques le plus proche puis tendit deux noises au portier pour voyager jusqu'au Chemin de Traverse. Comme d'habitude, la rue marchande était encore animée, même à cette heure tardive. Les routes se firent plus calmes lorsque Ginny pénétra dans le Quartier des Embrumes. Les allées étaient moins éclairées et parfois un peu lugubres dans la nuit. Elle savait toutefois quels coins éviter. Certaines allées étaient très mal fréquentées une fois la nuit tombée. Tandis qu'elle prenait l'intersection qui menait à la rue de son immeuble, Ginny s'arrêta brusquement en apercevant deux silhouettes encapuchonnées devant elle, lui bloquant le passage. Elle reconnut immédiatement leurs masques argentés et terrifiants. Des Mangemorts.
Les battements de son cœur s'accélérèrent et Ginny le sentit marteler violemment dans sa poitrine. Elle esquissa un mouvement de recul et tenta de détourner les Mangemorts. A sa grande horreur, l'un d'eux lui attrapa fermement le bras.
« Suivez-nous. » ordonna-t-il d'une voix rauque, qui résonna de façon effrayante à travers son masque.
« P…Pourquoi ? » demanda Ginny d'une voix tremblante. « Je n'ai rien fait. »
Elle tenta de garder une voix calme mais elle savait que la panique se ressentait dans ses intonations. Elle avait d'abord pensé que les Mangemorts effectuaient une ronde dans le quartier. Pourtant, Ginny réalisa rapidement que c'était après elle qu'ils en avaient. La panique s'insinua en elle. Elle tenta de se rappeler si elle avait fait quoi que ce soit pour attirer leur attention.
« Suivez-nous. » répéta le Mangemort, ignorant sa question.
Il tira sa baguette de l'étui qu'il portait à la taille et la brandit devant Ginny. La jeune femme saisit la menace informulée et elle cessa immédiatement de s'agiter. Le Mangemort la relâcha et lui fit signe d'avancer. Ginny s'exécuta, apeurée, le cœur battant. Ils marchèrent pendant deux longues minutes, durant lesquelles la jeune femme s'efforça de garder son calme, bien qu'une angoisse paralysante lui remplissait les membres. Ses yeux se posèrent sur une diligence. Les Mangemorts s'arrêtèrent lorsqu'ils furent arrivés au niveau du véhicule.
« Entrez à l'intérieur. » ordonna l'un deux, d'un ton qui n'admettait pas de refus.
D'une main tremblante, Ginny actionna la poignée de la diligence, ouvrant la porte. Elle pénétra à l'intérieur, l'estomac noué par l'appréhension. Que trouverait-elle à l'intérieur ? Où comptaient-ils l'emmener ? L'image de la statue de Voldemort et du Feudeymon attaquant vicieusement ses victimes pour les brûler vivantes lui revint en mémoire et elle sentit ses poils se dresser sur ses bras. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise lorsqu'elle réalisa que la diligence était déjà occupée.
« Assieds-toi. » ordonna Draco Malfoy de sa voix traînante, visiblement amusé devant son expression ébahie.
Après un court moment d'hésitation, Ginny grimpa sur la banquette molletonnée face à lui. Elle réalisa que ses membres étaient encore tremblants. Draco Malfoy l'observait toujours, visiblement très conscient du malaise de Ginny. L'intérieur de la diligence était sombre mais elle pouvait voir ses yeux gris rivés dans sa direction, la détaillant attentivement. Il semblait prendre un plaisir manifeste à l'intimider de la sorte.
« Je n'ai pas apprécié ton évasion soudaine pendant notre dernière discussion, Ginevra. » dit-il d'une voix lente, penchant la tête sur le côté, faussement déçu.
« Comment saviez-vous où me trouver ? » demanda-t-elle.
« C'est vraiment la question que tu te poses ? » interrogea Draco en roulant des yeux.
« Qu'est-ce que vous me voulez ? » insista-t-elle, mal à l'aise.
« Cette question me semble bien plus pertinente. » affirma-t-il avec satisfaction.
Il s'installa plus confortablement sur la banquette, croisant l'une de ses jambes sur son genou, sans lâcher Ginny des yeux.
« J'ai un marché à te proposer. » annonça Draco.
Ginny ouvrit la bouche, prise au dépourvu. Comment quelqu'un comme elle pouvait-il constituer un quelconque intérêt à un homme comme Draco Malfoy ?
« Comment ça ? » demanda-t-elle finalement, décontenancée.
« Ton petit arrangement avec la Gouverneure Warrington m'intéresse. » indiqua Draco, une lueur calculatrice apparaissant dans son regard acier.
« Je…Je ne comprends pas. » admit Ginny dans un souffle.
« J'imagine que tu vas la fréquenter régulièrement désormais. Je veux connaître les détails de ses initiatives actuelles, les personnes qu'elle rencontre, les choses qu'elle te demande. Et je veux que tu me fournisses un rapport régulier. » déclara Draco.
Sa demande interloqua la jeune femme. Elle l'avait écouté parler, les yeux écarquillés, se demandant s'il s'agissait d'une mauvaise plaisanterie.
« Pourquoi ? » interrogea Ginny, sidérée.
« Ne te préoccupe pas du pourquoi. » rétorqua-t-il d'un ton hautain, comme s'il parlait à une enfant incapable de comprendre une conversation d'adulte.
« Je ne peux pas faire ça. Mrs Warrington ne voudra jamais que… » commença-t-elle à se justifier.
« Elle ne doit rien savoir. Ça restera entre toi et moi. Et tout se fera dans la discrétion la plus totale. » assura-t-il.
Ginny fronça les sourcils. La peur avait disparu, et avait fait place à une contrariété nouvelle. Pour qui se prenait-il ? Avait-il la moindre idée de la folie de sa demande ? Lui faire espionner un membre éminent de la communauté ? Pensait-il réellement qu'elle accepterait sa requête sans poser de questions ?
« Et si elle l'apprend ? Je ne veux pas avoir de problèmes. » dit-elle en grimaçant, secouant la tête.
Draco Malfoy était un Sang-Pur, accessoirement membre d'une dynastie royale du régime. Il avait tous les droits dans cette société. C'était toutefois loin d'être le cas de Ginny. Ce qu'il lui demandait de faire était extrêmement dangereux pour son statut.
« Il n'arrivera rien. Je vais m'en assurer. » affirma Draco d'un ton confiant. « Tant que tu fais ce que je te demande, tout ira parfaitement bien. »
« Comment je peux en être certaine ? » insista-t-elle.
Elle ne plaçait aucune confiance en cet homme. Et le fait qu'il l'ait accosté avec deux Mangemorts terrifiants en pleine nuit lui assurait qu'il était à craindre.
« Je ne laisserai rien t'arriver parce que tu as quelque chose que je veux. » répondit-il simplement.
Sa réponse prit Ginny de court. La manière dont il avait prononcé ces mots ne fit qu'amplifier son malaise. Tu as quelque chose que je veux. Elle s'interrogea. Faisait-il référence à sa relation avec Cressida Warrington, ou à autre chose ?
Elle resta silencieuse devant son regard intense, tentant d'évaluer ses différentes options. Elle n'était pas naïve. Elle savait qu'elle ne pourrait probablement pas refuser, pas après cette discussion. Elle en savait déjà trop. Pire encore, Draco Malfoy ne semblait pas être le genre d'homme à qui l'on disait non.
« Que veux-tu en échange ? » demanda-t-il finalement, brisant le silence, visiblement lassé d'attendre sa réponse.
« Que voulez-vous dire ? » demanda-t-elle d'une voix prudente.
« Je t'ai dit qu'il s'agissait d'un marché. Je te donnerai ce que tu veux en échange. » dit-il en haussant les épaules, sur le ton de l'évidence. « Et si je peux t'offrir quelque chose pour te motiver, je suis disposé à le faire. »
Ginny l'observa longuement, ses pensées défilant à toute vitesse dans son esprit. Sa demande lui paraissait dangereuse et elle craignait les retombées éventuelles malgré sa promesse de protection. Pourtant, dans un coin de son esprit, Ginny ne pouvait pas s'empêcher d'y voir une opportunité. Malfoy avait du pouvoir et elle avait peut-être l'occasion d'obtenir quelque chose en échange. Une occasion pareille n'arrivait qu'une seule fois dans une vie. Surtout pour quelqu'un de son rang. Elle se redressa sur son siège, prenant une posture plus droite et planta son regard dans le sien.
« J'accepte. A une condition. » dit-elle d'une voix plus confiante.
Elle vit un rictus se dessiner au coin des lèvres de Draco Malfoy.
« Je t'écoute. »
J'espère que vous avez apprécié ce chapitre - avec la découverte du Coven des Treize sacrés et la ''menace'' des Dissidents. Quant à Ginny, elle s'apprête à jouer un jeu dangereux mais c'est ça qu'on aime, pas vrai ? :) Ensuite, si vous avez avez lu certaines de mes histoires, vous savez que j'ai un faible pour Pansy Parkinson la diva, c'est toujours un péché mignon pour moi d'écrire des scènes avec elle !
Je vous mijote encore beaucoup de choses - et j'ai hâte de vous les faire lire. En attendant, on se dit à très vite et j'attends vos avis !
(Im)pur soit le sang,
Fearless
