Valeur et vigueur,
Petit moment émotion - votre cousine Fearless vient de se fiancer. Comme quoi, même les auteures sadiques trouvent chaussures à leurs pieds !
A part ça, un grand merci à plinchy, coeerinnee, DI5M, Fleur d'Ange & Carlita pour vos reviews !
Voici un nouveau chapitre pour la rentrée.
J'espère qu'il vous plaira !
Warning : Un passage sensible dans ce chapitre
XLVI. Mal en Point
Ce furent de légers crépitements qui réveillèrent Hermione. Elle garda les yeux clos, peinant à bouger. Son corps était endolori, comme si elle avait couru pendant des heures, sans interruption.
Son esprit, lui, était vaporeux, comme lorsqu'elle se réveillait d'une longue sieste. Elle ouvrit finalement les yeux et ce fut seulement une obscurité sinistre qu'elle rencontra. Elle distinguait uniquement la forme d'arbres imposants. Des dizaines d'arbres, peut-être même des centaines. Se trouvait-elle dans les bois qui bordaient leur nouvelle maison ? Comment s'était-elle retrouvée dans cet endroit ? Les questions fusaient à toute vitesse dans son esprit encore confus.
Un souvenir lui revint alors en mémoire. Elle se rappela de sa terrible dispute avec Théodore, le départ de ce dernier et ce bruit étrange qu'elle avait entendu dans l'obscurité. La dernière chose qu'elle avait aperçu avait été un jet de lumière aveuglant. Il l'avait heurté de plein fouet, l'assommant sur-le-champ. Elle se demanda si elle s'était cogné la tête en chutant. Le côté droit de son crâne la tiraillait violemment.
Hermione entendit un nouveau crépitement et tourna la nuque lentement. Elle distingua un feu discret à plusieurs mètres d'elle, contrastant avec l'obscurité qui l'entourait. Sa vue était toujours trouble et elle dut plisser les yeux pour apercevoir deux silhouettes humaines à l'autre extrémité du feu. Elles portaient des longues capes de voyage et leurs visages étaient dissimulés par des capuches imposantes. Hermione esquissa un geste pour bouger ses jambes afin de s'assurer qu'elle disposait toujours de sa mobilité. Elle constata avec soulagement qu'elle n'était pas coincée par un quelconque sortilège.
Ces deux individus l'avaient attaquée. Elle savait pertinemment que leurs intentions à son égard ne pouvaient être que néfastes. Elle devait trouver un moyen de s'échapper, au plus vite. Depuis combien de temps se trouvait-elle ici ? Théodore s'était-il déjà rendu compte de son absence ? s'interrogea-t-elle, anxieuse.
« Quand va-t'on se remettre en route ? » lança une voix graveleuse.
C'était l'un des inconnus - un homme - qui avait posé cette question
« Patience. Personne ne doit nous voir. C'était la condition. » répondit la voix d'un second homme.
« Qui est cette fille, exactement ? Tu ne m'as toujours rien expliqué. »
« Ça ne nous regarde pas. Notre boulot est de la ramener d'un point A à un point B sans être vus par qui que ce soit. On ne pose pas de questions. Si tu veux durer dans ce business, il va vraiment falloir que tu arrêtes avec tes questions. On se fiche de qui elle est et pourquoi ils la veulent. On se contente de faire ce qu'on nous demande, on empoche la maille et on passe à autre chose. » le sermonna l'autre d'un ton bourru, qui n'admettait pas de protestations.
Le premier homme grommela quelque chose dans sa barbe qu'Hermione n'entendit pas. Ces paroles lui provoquèrent une angoisse profonde et son estomac se tordit. Cette attaque n'avait pas été le fruit d'un hasard. Quelqu'un l'avait commanditée, songea-t-elle avec horreur.
Aussitôt, elle comprit l'urgence de la situation. Elle devait s'enfuir au plus vite. Elle tourna de nouveau la tête, discrètement, observant ses alentours avec nervosité. Elle ignorait où elle se trouvait. Probablement au milieu d'une forêt.
Un mouvement bref de ses mains lui prouva qu'elles n'étaient pas attachées. Elle avait le contrôle de tout son corps. Elle tâtonna discrètement autour d'elle, ainsi que ses poches. Sa baguette magique avait disparu, constata-t-elle avec découragement. Ses yeux scannèrent les alentours. Si elle parvenait à se lever discrètement, elle pourrait se ruer dans les bois et tenter de s'enfuir.
Elle n'avait pas le temps d'essayer de fomenter un plan plus sophistiqué. Elle ignorait de combien de temps elle disposait avant que ses ravisseurs ne se rendent compte qu'elle était éveillée. Une chance pareille ne se présenterait peut-être plus. Elle devait la saisir malgré la peur qui lui tordait le ventre.
Alors saisie par une adrénaline soudaine, Hermione propulsa son corps en avant, se hissant sur ses jambes et se rua vers les bois sombres. Elle entendit à peine le hurlement de l'un des ravisseurs. Elle ne jeta pas un seul regard en arrière tandis qu'elle courait à en perdre haleine, s'enfonçant dans la forêt sinistre, le cœur battant à toute allure. Elle vit un jet de lumière la frôler, la ratant de peu. Elle laissa échapper un hoquet terrifié avant de changer de cap. Elle distinguait les hurlements furieux des deux hommes qui s'étaient jetés à sa poursuite, lui hurlant de s'arrêter, entre deux jurons. Elle accéléra le pas en direction d'un arbre au tronc large pour s'y cacher. Elle posa une main sur sa bouche pour éviter de respirer trop bruyamment. Elle savait qu'elle ne pourrait pas les distancer à la course. Se cacher serait sa meilleure alternative.
De nouveau, elle aperçut le jet illuminé d'une baguette à quelques mètres, scrutant les alentours, à sa recherche. Elle ferma les yeux, tentant de reprendre le contrôle de sa respiration saccadée, affolée à l'idée d'être découverte. Son corps tremblait de tout son long.
Le faisceau de lumière s'éloigna, prenant la direction opposée et elle resta immobile quelques secondes, jusqu'à ce qu'il disparaisse totalement. Elle décida alors de sortir de sa cachette et s'enfoncer plus profondément dans la forêt sombre.
Pourtant, dès qu'elle fut sortie de sa cachette, elle entendit le craquement d'une branche et une voix hurla un sort dans sa direction. Immédiatement, des lianes jaillirent autour d'elle, enserrant son corps et l'empêchant d'esquisser le moindre geste. Elle laissa échapper un gémissement de douleur. Les lianes la comprimaient tellement au niveau de la cage thoracique qu'elle peinait à respirer.
Elle vit l'un des ravisseurs surgir devant elle. Dans l'obscurité, elle distinguait seulement sa silhouette. Sa baguette était tendue vers elle mais elle n'était pas allumée. Contrairement à son compagnon, il l'avait gardée éteinte, anticipant sans doute son cheminement de pensée.
« Trouvée. » murmura-t-il d'un ton désapprobateur. « Lumos. »
Cette fois, une lumière aveuglante heurta les yeux d'Hermione.
« Smooth ! » hurla l'homme, sa voix résonnant dans l'immensité de la forêt. « Par ici ! Je l'ai retrouvée. »
Il abaissa sa baguette en direction du sol et Hermione ouvrit les yeux, apeurée, son cœur battant la chamade après cette course folle. Quelques instants plus tard, le dénommé Smooth les rejoignit.
« Bien joué, Lucky. J'ai bien cru qu'on l'avait perdue. » dit-il avec un rire nerveux.
« Tu n'avais qu'un seul putain de boulot, espèce de bras cassé. Je t'avais demandé de t'assurer qu'elle ne pourrait pas s'enfuir. » rugit Lucky d'une voix furieuse.
« Le sort a dû s'estomper plus vite que je ne le pensais. » se justifia Smooth. « Désolé, mon vieux. Je ferai plus attention, la prochaine fois. »
De la crainte était audible dans sa voix. Il était évident que le dénommé Lucky était le chef de leur duo de malfaiteurs.
« Attrape-la. Il faut qu'on bouge. Tout ce grabuge a dû attirer des gens. » dit Lucky en observant ses alentours avec méfiance.
Smooth s'approcha d'Hermione, fronçant ses sourcils broussailleux. Il l'attrapa fermement par les cheveux, la faisant grimacer.
« Tu pensais vraiment pouvoir te faire la malle comme ça, ma jolie ? » se moqua-t-il, à quelques centimètres de son visage.
L'odeur putride de son haleine parvint aux narines d'Hermione. Elle laissa échappa un nouveau hoquet de douleur à cause des lianes qui l'enserraient avec force, des larmes au coin des yeux.
« S… S'il-vous-plaît… » commença-t-elle à plaider d'un ton saccadé, les larmes aux yeux.
Avant qu'elle ne puisse ajouter quoi que ce soit, Lucky dressa sa baguette en direction de son visage, murmurant un sort. Immédiatement, elle sentit ses lèvres se sceller, l'empêchant de parler. Smooth ricana.
« On devrait lui donner une petite leçon pour lui ôter l'envie de recommencer. » suggéra Smooth d'une voix vicieuse. « Ils l'ont réclamée vivante. Ils n'ont pas dit qu'on ne pouvait pas lui couper un doigt, ou sa langue. Quand dis-tu Lucky ? »
Il avait suggéré cela avec un rire gras, une lueur excitée dans les yeux.
« Ce n'est pas le moment pour tes délires pervers, Smooth. Tu veux vraiment avoir des problèmes avec ces gens ? » demanda Lucky d'un ton sévère.
« C'était juste une petite blague. On ne peut jamais rigoler avec toi, Lucky. » déclara Smooth avec un soupir déçu.
Il adressa un sourire malveillant à Hermione.
« C'est vrai qu'elle aura sûrement besoin de ses doigts et de sa langue, là où on l'emmène. » fanfaronna Smooth avec un gloussement.
Cette fois, même Lucky lâcha un rire gras devant la remarque. Sans cérémonie, Smooth poussa fermement Hermione, manquant de la faire trébucher.
« Allez, avance. Et pas de coup fourré, cette fois. Sinon tu vas le regretter. » assura-t-il en enfonçant sa baguette entre ses côtes, pour la forcer à se mettre en marche.
Hermione s'exécuta, peinant à marcher à cause des lianes qui enserraient tout son corps, y compris le haut de ses cuisses. Elle suivit les hommes en silence, des larmes coulant abondamment sur ses joues, la peur la rongeant désormais de l'intérieur.
L'adrénaline qui l'avait poussée à agir quelques instants plus tôt était totalement redescendue. Elle ressentait désormais un désespoir angoissant s'insinuer en elle, remplissant chaque parcelle de sa peau. Elle était terrifiée à l'idée de ce qui l'attendait.
Ses pensées se tournèrent vers Théodore, le cœur serré. S'était-il rendu compte de sa disparition ? Après leur dispute, il s'était dirigé vers la maison et elle ignorait s'il s'y trouvait encore.
Une culpabilité monstrueuse se mêla à son désespoir. Elle ignorait ce qui l'attendait aux mains de ces inconnus dérangés. Et son esprit se préparait déjà au pire. Réaliser que sa dernière conversation avec Théodore avait été cette dispute était insupportable. Et pourtant, elle était la seule fautive.
Ils marchèrent pendant des heures. Visiblement lassés de la voir lutter pour avancer, ses ravisseurs consentirent à ôter les lianes au niveau de ses jambes. Hermione observa ses alentours avec désespoir tout au long de la marche, comme pour identifier l'endroit où elle se trouvait mais ce fut sans succès. Ils parcoururent de nombreux kilomètres de forêt, traversant de temps à autres des routes peu fréquentées, sans jamais s'y arrêter.
Hermione prétendit soudainement avoir une envie pressante. Smooth insista pour l'accompagner, ne voulant pas lui donner l'occasion de s'enfuir à nouveau. Hermione détourna les yeux d'humiliation tandis qu'il la fixait d'un œil vicieux alors qu'elle se soulageait auprès d'un arbre. Il accepta toutefois de desserrer ses liens et Hermione arracha discrètement un morceau de laine de son gilet et le laissa tomber au sol.
Si Théodore s'était déjà rendu compte de son absence, peut-être se lancerait-il à sa recherche ? Lui laisser un indice de son passage dans cet endroit pourrait être utile. Malgré le peu d'espoir qu'elle avait, elle devait tenter.
Ils reprirent leur marche interminable. Ce fut seulement quelques heures plus tard qu'ils quittèrent la forêt, se retrouvant à l'abord d'un sentier, où des traces de roues étaient visibles, semblables à celles de diligences. A la fin du chemin, ils arrivèrent devant un imposant portail, qui protégeait une bâtisse impressionnante, à la façade soignée et chargée de fenêtres ornés d'arcs.
Lucky fut le premier à s'approcher du portail. Un homme apparut de l'autre côté et échangea des paroles avec ce dernier pendant de longues minutes. Hermione risqua des regards hâtifs vers ses alentours, à la recherche d'une quelconque échappatoire. Derrière elle, Smooth semblait s'impatienter, jetant des cailloux sur les arbres environnants. Quelques instants plus tard, le portail s'ouvrit dans un grincement sinistre et Lucky leur fit signe de le rejoindre. Smooth enfonça davantage l'extrémité de sa baguette dans le dos d'Hermione pour la forcer à reprendre sa marche. Elle s'engouffra à son tour dans l'ouverture.
La façade était en briques, d'une teinte sombre qu'elle n'avait jamais vu auparavant sur un bâtiment. Un malaise la parcourut. Cet endroit lui donnait un mauvais pressentiment. Pourquoi était-il perdu au beau milieu de nulle part, sans voisinage à plusieurs kilomètres à la ronde ?
Ils pénétrèrent dans le bâtiment, et une musique lente et suave, provenant d'un piano retentit. Ils traversèrent un long couloir qui lui parut interminable, faiblement éclairé avec des lampes à huile, où leurs ombres étaient reflétées sur les murs de pierre. Ils s'arrêtèrent finalement devant une porte.
Elle s'ouvrit - faisant apparaitre dans l'encadrement une femme immense. Elle dépassait les deux hommes d'une tête et sa taille n'était que plus accentuée à cause des talons interminables qu'elle portait. Elle paraissait avoir une cinquantaine d'années malgré l'aspect lisse de sa peau. Son visage était étiré d'une manière peu naturelle, rappelant à Hermione ces femmes moldus qui faisaient appels à des interventions en tout genre pour masquer les signes de l'âge. Ses mains, toutefois, flétries et ridées, renseignaient sur son âge avancé. Son visage était très pale, comme s'il voyait rarement le soleil, et ses yeux sombres luisaient d'une lueur intelligente et calculatrice. Elle portait une robe noire avec des finitions en dentelle, qui étreignait sa silhouette plantureuse. Un large chapeau noir recouvrait ses cheveux d'un noir de jais. Ses lèvres d'un rouge carmin s'étirèrent en un rictus satisfait.
« Messieurs, bienvenue à l'Ambrosia. » accueillit-elle d'une voix profonde.
Hermione remarqua qu'elle avait un fort accent germanique. Son aura avait quelque chose d'envoûtant et dangereux à la fois, lui rappelant vaguement celle de Bellatrix Lestrange, qu'elle avait brièvement croisée pendant le GAGE. La femme s'effaça, leur intimant de pénétrer dans la pièce. Hermione eut l'impression d'être la proie d'une araignée tueuse qui les accueillait dans son antre. Les yeux sombres de la femme la détaillèrent avec attention, de la tête aux pieds.
« Je vous en prie, mettez-vous à l'aise, chers visiteurs. La route a dû être longue. » susurra la femme.
Un bureau imposant se dressait dans la pièce. Elle désigna le côté opposé, où un coin salon avait été aménagé, avec des fauteuils en velours d'un violet foncé.
« Puis-je vous offrir des rafraîchissements ? » interrogea-t-elle avec politesse.
« Ça ne serait pas de refus, M'dame. C'est vrai que la route a été longue. » dit Smooth avec un sourire contrit.
« Krista ! » appela la femme d'une voix mélodieuse.
La porte s'ouvrit, faisant apparaitre une jeune femme blonde au physique avantageux, vêtue d'une robe près du corps.
« Apporte des rafraîchissements à nos visiteurs. » lui ordonna la femme.
« Tout de suite, Madame van Detta. » répondit la dénommée Krista avec un sourire avenant, avant de s'exécuter.
Elle adressa un sourire éclatant aux deux hommes.
« Que puis-je vous offrir ? » demanda-t-elle d'une voix suave. « Whisky pur feu ? Vodka pure glace ? »
Smooth et Lucky l'observèrent avec un air un peu béat.
« Whisky pur feu. » réclama Smooth d'un ton joyeux.
« La même chose. » réclama son acolyte.
« Et que souhaite la demoiselle ? » demanda la dénommée Madame van Detta à l'attention d'Hermione.
Tous les regards se tournèrent vers elle, comme si sa présence était finalement remarquée. Elle était assise entre les deux hommes, les mains et les bras toujours liés. La femme l'observa avec insistance, comme si elle attendait une réponse de sa part. Hermione remua les lèvres mais le sort qui scellait sa bouche était toujours présent, l'empêchant de s'exprimer.
« Vous pouvez la détacher, messieurs. Il n'y a pas de place pour de telles grossièretés dans mon établissement. » lança la femme d'un air autoritaire à l'attention des deux hommes.
« Mais c'est qu'elle risque de s'enfuir… Elle nous a déjà fait le coup et… » commença à se plaindre Smooth.
« Comme je l'ai dit, ce ne sera pas nécessaire. » interrompit-elle d'un ton qui n'admettait pas de refus, visiblement peu intéressée par ses justifications.
Sa voix, calme mais autoritaire, commandait l'attention. Smooth se tourna vers Lucky comme pour demander silencieusement des instructions. Son acolyte se contenta de hocher la tête. Smooth saisit alors sa baguette et libéra Hermione de l'emprise des lianes qui l'enserraient et du sort sur ses lèvres. Elle sentit ses membres se détendre. Les liens avaient été particulièrement douloureux et des traces rougeâtres étaient visibles sur sa peau.
Madame van Detta se releva, ses yeux sombres rivés sur Hermione.
« Il est temps pour l'inspection. » déclara-t-elle d'un ton solennel avant de se tourner vers Krista.
Cette dernière hocha la tête, et s'approcha d'Hermione pour la saisir par la main. Hermione se laissa faire, avançant avec nervosité vers la femme, ne désirant que s'écarter au plus vite de ses deux ravisseurs. Elle fut conduite devant Madame van Detta dont la taille imposante l'intimida. Elle faisait presque deux têtes de plus qu'elle. La femme entreprit alors de l'encercler, l'examinant de haut en bas d'un air critique, comme on observait une marchandise qu'on s'apprêtait à acheter. Elle attrapa Hermione par le menton et observa son visage sous tous ses angles. Elle repoussa ses cheveux volumineux et désormais sans forme derrière ses épaules. Hermione s'efforça de rester calme malgré les palpitations incontrôlables qui martelaient dans sa poitrine.
Sans crier gare, la femme saisit une baguette et la pointa sur d'Hermione, fissurant sa blouse de haut en bas. Le vêtement tomba au sol. Elle lâcha un hurlement, tandis qu'elle se retrouvait ainsi exposée devant des inconnus. Ignorant les protestations apeurées d'Hermione, la femme reproduisit le mouvement, cette fois vers son pantalon, la laissant seulement en petite tenue.
« Qu'est-ce que vous faites ? » s'écria Hermione avec panique, tentant désespérément de se couvrir à l'aide de ses bras.
Elle regardait la femme d'un air implorant. Pourtant, ce ne fut qu'un regard froid et austère qu'elle rencontra.
« Que… Qui êtes-vous… Que voulez-vous de moi… » s'écria-t-elle d'une voix suppliante, des larmes coulant librement sur ses joues.
« Mon nom est Vivienne van Detta. Je suis la propriétaire de cet établissement. » répondit la femme froidement. « Quant à ce que je veux de toi… »
Elle agita une nouvelle fois sa baguette, faisant disparaître le reste des vêtements d'Hermione.
« C'est simple. Absolument tout. » acheva la femme avec un rictus.
Les pleurs d'Hermione s'intensifièrent et elle tenta de reculer pour échapper à ses griffes. Du coin de l'œil, elle vit les deux hommes bondirent de leurs sièges et se ruer vers elle pour l'attraper, l'empêchant de bouger. Hermione hurlait, tentant de se débattre de toutes ses forces. Elle abaissa la tête, mordant violemment un bras qui se retrouva devant son visage. Elle mordit tellement fort qu'elle sentit le goût métallique du sang lui remplir la bouche. Smooth laissa échapper un juron vulgaire, et son visage se tordit en une expression de douleur. Lucky saisit les bras d'Hermione et les plaça derrière son dos de manière brutale. Elle hurla de douleur et arrêta de se défendre.
Toujours en larmes, sa nudité exposée à la vue de tous, Hermione releva la tête et croisa les yeux perçants de Vivienne van Detta.
Elle saisit la main d'Hermione et l'observa d'un ton pensif avant d'attraper son annulaire. Hermione écarquilla les yeux de panique en comprenant ce qu'elle s'apprêtait à faire.
« Non ! » s'égosilla Hermione, entre ses larmes. « N'y touchez pas ! »
Ses cris implorants furent toutefois vains et la femme retira son alliance. Elle l'observa avec un mélange de fascination et de répulsion. Les deux ravisseurs tenaient toujours fermement Hermione, l'empêchant de bouger. Elle avait toutefois arrêté de se débattre, et ses sanglots désespérés s'intensifièrent.
Van Detta l'attrapa alors par le menton, plantant ses longs ongles pointus dans la peau d'Hermione. Elle approcha son visage du sien.
« Tu vas apprendre la règle la plus importante de ma maison. L'obéissance totale. » assena Van Detta dans son oreille.
Elle tendit sa main en direction de Krista qui s'empressa de placer quelque chose dans sa paume. Van Detta força alors Hermione à ouvrir la bouche et plaça ce qui ressemblait à une fiole sur le coin de ses lèvres. Elle la força à boire le contenu. Hermione, la tête forcée en arrière par l'un des deux hommes, déglutit à contrecœur.
Une sensation étrange parcourut son corps. Comme une vague intense de relaxation. Elle cessa de se débattre et ferma les yeux pendant que son corps était traversé par ses élans d'euphorie puissants. Elle sentait à peine les mains posées sur elle qui la maintenait immobile. La douleur qu'elle ressentait à cause des lianes se dissipa lentement et bientôt, elle ne ressentit plus rien à part une exultation inexplicable. Que lui avait-on donné ?
« Voilà qui est mieux. » dit Van Detta avec satisfaction. « Relâchez-là. Elle ne nous posera plus de problèmes, dans cet état. »
Lucky relâcha lentement Hermione, gardant un œil prudent sur ses gestes, comme s'il s'attendait à ce qu'elle tente de nouveau quelque chose.
« Merci pour votre aide, messieurs. Je crois que votre mission ait terminée pour aujourd'hui. Vous avez fait un long voyage. Que diriez-vous de profiter du divertissement qu'offre la maison avant de reprendre votre route ? Je suis certaine que vous trouverez quelque chose à votre goût. » suggéra la femme à l'attention des deux hommes.
Smooth hocha la tête frénétiquement, visiblement content de la proposition.
« Nous avions autre chose à récupérer avant. » rappela Lucky d'un ton entendu, gardant son air sérieux.
« En effet, j'oubliais. » concéda Van Detta.
Elle se tourna vers Hermione et lui ordonna de prendre place sur l'un des sièges du bureau. Hermione s'exécuta sans aucune protestation, l'esprit embrouillé. Pourquoi obéissait-elle ainsi ? songea-t-elle vaguement. Pourquoi n'avait-elle plus aucune envie de résister ? Pourquoi résister, d'ailleurs ? Elle devait simplement obéir. C'était le seul choix qui lui paraissait logique.
D'une démarche robotique, elle s'avança vers le bureau et prit place sur un siège. Van Detta se pencha dans sa direction et posa devant elle une plume et un parchemin, avant de lui ordonner d'écrire une note. Et cette fois encore, Hermione s'exécuta sans protester.
Van Detta s'empara du parchemin et le parcourut rapidement des yeux avant de le tendre à Lucky. Il fit de même avant de le placer dans la poche intérieure de sa cape.
« Merci, Madame. Nous avons tout ce qu'il nous faut. » dit-il avec satisfaction. « Que Voldemort vous préserve. »
« Puisse sa vigueur nous guider en toute chose. Krista, emmène donc ses messieurs au Salon de la Joie. » ordonna Van Detta à l'attention de la femme blonde qui hocha la tête avant d'inviter les hommes à la suivre en dehors de la pièce.
Une fois qu'elles furent seules, van Detta prit place devant le fauteuil face à Hermione, l'observant avec hauteur.
« Tout ça pour ça. » souffla-t-elle avec dédain, la fixant avec un dégoût non dissimulé. « Comment quelqu'un comme toi peut causer autant de chaos ? »
Elle croisa ses jambes interminables. A travers ses longs doigts, elle faisait tourner une baguette magique – celle d'Hermione. Elle se tourna ensuite vers la cheminée et jeta la baguette magique à l'intérieur du feu qui s'attisa davantage.
« A partir d'aujourd'hui, tu travailleras pour moi. Ton ancien nom, ton ancienne vie, tout cela n'a plus aucune importance. Désormais, c'est-à moi que tu appartiens. Ton esprit, ton âme, ton corps sont ma propriété. Tu seras qui je te demande d'être et tu feras ce que je te demande sans discuter et sans protester, tu entends ? »
Hermione resta silencieuse, les yeux complètement vides.
« Commençons d'ailleurs par te trouver un nouveau nom. » décréta Van Detta.
Elle observa Hermione longuement, la mine pensive.
« Je sais… » annonça-elle finalement avec satisfaction. « On t'appellera Lila. »
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« Est-ce que tu regrettes de m'avoir épousé ? »
La question, à peine audible, glissa des lèvres de Théodore. Une sensation déplaisante l'avait envahi et son cœur avait semblé arrêté de battre dans sa poitrine tant la réponse à sa propre question le terrorisait. Il fixait Hermione d'un air presque suppliant, lui implorant intérieurement de le libérer de cet horrible doute qui le tiraillait actuellement. Il ne voulait pas laisser cette incertitude atroce qui lui tordait l'estomac se matérialiser.
Hermione écarquilla les yeux, totalement prise au dépourvu devant sa question. Elle paraissait plus déstabilisée que jamais.
« T… Théodore. » balbutia-t-elle.
Le cœur de Théodore se mit à palpiter à toute allure dans sa poitrine en l'entendant prononcer son prénom de cette manière. Cette question était pourtant des plus directes. Elle n'attendait qu'une réponse simple. Un seul mot serait suffisant pour le sortir de son malaise. Après tout, lui n'aurait pas hésité une seule seconde devant une telle interrogation. Et pourtant, le fait qu'elle ne réponde pas immédiatement ''Non'' lui provoqua une panique profonde.
Il ne pouvait plus attendre. L'attente le faisait suffoquer. Les mots d'Hermione seraient décisifs, il le savait. Il était à la fois impatient et terrifié à l'idée de les entendre.
« Est-ce que tu penses que c'était une erreur, Hermione ? » demanda-t-il, sa voix désormais tremblante. « Est-ce que tu regrettes ? »
Il paraissait sans doute désespéré mais il s'en moquait. Il ne pouvait patienter davantage. Les yeux brillants, il observa la jeune femme qui semblait s'être figée.
Les secondes passèrent à une lenteur anxiogène.
Théodore réalisa que ce n'était pas des mots qu'il aurait dû craindre. On disait parfois que le silence valait mille mots. Et Théodore réalisa avec douleur que cette phrase était tragiquement vraie.
Le silence d'Hermione devant sa question fut assourdissant.
Il sentit son cœur chuter dans sa poitrine. C'était comme s'il s'asphyxiait. Il eut l'impression de le sentir se briser violemment en mille morceaux.
Sans un mot, il tourna les talons et s'éloigna en direction de la maison, la démarche machinale et désorientée, comme s'il n'habitait pas son propre corps. Il était incapable de lui faire face plus longtemps. Il ressentait le besoin vital de s'enfuir et de se retrouver seul pour pouvoir extérioriser les émotions intenses et destructrices qui l'assaillaient. Il craignait ses propres réactions. Il ignorait s'il avait envie de secouer Hermione pour lui demander pourquoi, ou s'il voulait pleurer comme un petit garçon.
Lorsqu'il atteignit la maison, Théodore se dirigea vers le hall d'un pas titubant. Il attrapa sa cape et la revêtit en silence, avec des gestes machinaux. Il ouvrit la porte principale, écoutant à peine les paroles de Zéphyr qui lui demandait où il allait, visiblement préoccupée par la mine dévastée sur son visage.
« Fais préparer ma diligence. » se contenta-t-il de lui ordonner.
Quelques instants plus tard, il grimpa à bord du véhicule qui s'envola dans les airs, survolant le ciel illuminé du comté. Après une éternité, la diligence ralentit finalement et se déposa avec grâce devant le Théâtre de Damasus le Décadent.
Lorsque Théodore pénétra dans la grande salle du théâtre, il sentit son cœur se serrer. Son esprit pensa immédiatement à cette nuit pendant laquelle ils s'étaient exposés à la vue de tous pour la première fois, à l'occasion du GAGE. Pourtant, dans cette salle pleine, remplie de personnes hostiles, il n'avait vu qu'Hermione. Et tandis qu'ils dansaient, ignorant ce qui les entourait, son regard avait suffi à lui rappeler pourquoi il était prêt à tant sacrifier pour être à ses côtés.
Et c'était pourtant ce même regard qui lui avait rendu le cœur en miettes.
Théodore erra dans les couloirs du théâtre. Il trouva finalement une bouteille de liqueur au bar et retourna s'installer dans la scène principale, sur le banc du piano, dépité. C'était sur ce banc qu'ils avaient échangé leur premier baiser. Il s'empressa de poser la bouteille sur ses lèvres. La première gorgée le fit grimacer. Il ne s'arrêta toutefois pas de boire, enchaînant les gorgées, jusqu'à ce que ses pensées deviennent de plus en plus confuses. Il voulait à tout prix oublier cette conversation qu'il n'aurait jamais pensé avoir en se levant le matin même.
Merlin, que ça faisait mal.
Les gens disaient vrai lorsqu'ils prétendaient que c'étaient les personnes à qui l'on tenait le plus qui avaient le potentiel de nous faire le plus souffrir.
Il l'aimait tellement. De cet amour qui lui faisait oublier tout ce qui l'entourait. Qui lui faisait palpiter le cœur à chaque fois qu'il voyait. De se sentir en paix et euphorique lorsqu'elle était à ses côtés.
Il sentit des larmes apparaître au coin de ses yeux et il les laissa couler librement, une main tremblante serrée sur la bouteille.
Pendant la majorité de sa vie, il avait souffert de cette apathie continuelle. Ces pensées parasites qui le remplissaient régulièrement, s'insinuant dangereusement en lui, pour lui murmurer à quel point sa vie était dénuée de sens. Que jamais il ne trouvait le bonheur. Qu'il vivrait cloitré dans sa culpabilité.
L'arrivée d'Hermione dans sa vie lui avait fait obtenir une perspective différente. La sensation était difficile à expliquer. C'était un sentiment intense et grisant. Elle l'avait rendu plus heureux que jamais.
Et pourtant, la chute lui semblait toute aussi intense. Il avait l'impression d'avoir atteint brutalement le sol après une chute interminable. Et il ignorait comment se relever.
Il essuya ses yeux avec sa manche, se laissa glisser sur le parquet lustré de la scène, sa tête posée contre le banc du piano.
Ce fut dans cette position inconfortable qu'il émergea de nouveau, quelques heures plus tard. Théodore se redressa, un peu désorienté. Un mal de crâne violent le tiraillait et son estomac était nauséeux.
« Monsieur Nott ? » demanda une voix surprise.
Il releva la tête et croisa le regard d'Agatha, la directrice du théâtre. Elle l'observait avec un mélange de stupéfaction et de gêne. Théodore jura intérieurement. Il devait avoir l'air tellement pathétique dans cet état totalement échevelé. Lorsqu'il se redressa, la bouteille de liqueur glissa sur le sol, roulant en direction de la femme. Elle posa le pied dessus pour l'empêcher de rouler davantage.
« Vous devriez probablement prendre votre journée, Monsieur Nott. » suggéra la femme. « Vous avez l'air souffrant. »
Elle était probablement encore plus gênée que lui par la vision pitoyable qu'il offrait. Évidemment, elle ferait tout pour dissimuler sa réelle opinion sur la situation - ce que Théodore appréciait grandement.
« Vous avez raison. » répondit-il d'une voix rauque.
Il se releva, non sans difficulté, prenant appui sur le banc pour ne pas chuter. Il ramassa la bouteille et sa cape laissée au sol avant de descendre les marches de la scène, s'efforçant de garder le peu de dignité qui lui restait, sous le regard scrutateur de la directrice.
Lorsqu'il remonta dans sa diligence et qu'elle se mit en route, Théodore lutta contre l'envie de déverser tout le contenu de son estomac à ses pieds.
Il fut soulagé lorsqu'ils déposèrent de nouveau pied sur la terre ferme. Quand le véhicule roula à travers le large portail donnant accès à leur maison, Théodore sentit son ventre se serrer.
Cette fois, il le savait, il ne s'agissait pas des effets de ses abus d'alcool. Il était nerveux à l'idée de ce qui allait suivre. Il savait qu'ils devraient de nouveau se faire face après les évènements de la veille et il redoutait sérieusement cette conversation.
Il savait toutefois qu'ils ne pourraient pas y échapper. Il ignorait la manière dont ils allaient traverser cette passe. Il n'était même pas certain de ce que cela signifiait pour leur futur. Il avait toutefois besoin de comprendre. Il voulait entendre Hermione être totalement honnête avec lui.
Pendant la soirée de la veille, il n'avait cessé de s'imaginer tous les scénarios imaginables et de se poser des questions auxquelles il n'avait évidemment pas les réponses.
D'un geste résigné, il soupira tandis qu'il entrait dans la maison. Immédiatement, Zéphyr l'accueillit, visiblement rassurée de son arrivée. Elle avait toujours agi comme une seconde mère pour lui, s'inquiétant lorsqu'elle ne savait pas où il se trouvait. Il lui adressa un faible sourire, même si le cœur n'y était pas vraiment.
Il remonta l'escalier, se dirigeant vers la chambre à coucher. Hermione ne s'y trouvait pas. Elle était probablement déjà levée. Il entra dans la salle de bain pour prendre une longue douche, espérant que ça l'aiderait à se réveiller et à accélérer la descente de sa terrible gueule de bois.
Un peu revigoré par sa douche, il se mit à la recherche de sa femme. Elle ne se trouvait ni dans la bibliothèque, ni dans le séjour, ni dans le jardin.
« Où est Hermione ? » demanda-t-il à l'attention de Zéphyr.
Était-elle sortie de bonne heure pour ne pas le croiser à son retour ? Son cœur se serra davantage à cette pensée.
« Zéphyr n'a pas vu maîtresse depuis hier soir. » répondit l'elfe. « Zéphyr pensait qu'elle était sortie avant vous, maître. »
« Non. Elle était encore là à mon départ. » répondit Théodore.
« Zéphyr ne l'a pas vue de la matinée. » s'excusa l'elfe, visiblement contrariée de ne pas pouvoir répondre à sa demande convenablement.
« Très bien. Je vais simplement attendre son retour. » dit-il d'un ton las.
Elle avait sans doute besoin d'espace, comme lui l'avait fait la veille. Il retourna dans son bureau, s'efforçant de travailler sur sa composition. A chaque bruit qu'il entendait, Théodore guettait l'arrivée d'Hermione. Elle ne fut toutefois pas de retour pendant les heures qui suivirent, et en fin d'après-midi, il commença à s'inquiéter.
Il trouvait étrange qu'elle n'ait pas au moins prévenu Zéphyr de son départ. Hermione n'aimait pas beaucoup sortir, surtout dans les environs, qu'elle ne connaissait pas. Et même lorsqu'elle s'absentait, elle prenait toujours soin de prévenir Zéphyr lorsque Théodore était absent.
Il ordonna à son elfe d'aller la chercher dans les alentours de leur maison, pour aller vérifier qu'elle n'était tout simplement pas dans un établissement du village voisin. Pendant ce temps-là, il interrogea le Mangemort qui faisait office d'escorte pour lui. Hermione n'avait pas encore obtenu sa propre escorte. Le Ministère leur avait indiqué que cela prendrait encore quelques jours.
Théodore ressentit un vague élan de préoccupation lorsque le Mangemort lui indiqua qu'ils n'avaient aucun moyen de savoir où elle se trouvait. Le fait que Zéphyr ne l'ait pas vue ni entendue sortir était étrange. Les protections n'étaient pas encore installées autour du domaine, ce qui signifiait qu'il n'y avait pas d'historique d'entrées ou sorties. Quant au Mangemort qui était présent sur place pour des raisons de sécurité, il avait escorté Théodore la veille pendant son escale au théâtre.
L'inquiétude de Théodore commença à se transformer en véritable panique lorsque Zéphyr lui indiqua qu'elle n'avait pas trouvé la moindre trace d'Hermione. Sur ordre de Théodore, le Mangemort contacta ses collègues pour lancer une recherche.
Théodore saisit son miroir à double sens et contacta son père pour lui demander s'il avait eu le moindre signe d'Hermione. Ce dernier secoua la tête et en voyant la mine de son fils, lui indiqua qu'il passerait dès sa réunion au théâtre terminée.
Bientôt, la maison fut remplie. Les Aurors avaient été contactés, sous l'insistance de Théodore et ces derniers lui posaient désormais des questions sur les dernières heures qu'il avait passé avec sa femme.
Il distingua un désintérêt évident dans leur façon de collecter les informations, comme s'ils ne semblaient pas particulièrement inquiets de la situation. Cela le rendit hors-de-lui. Il fallut que Theodius temporise la situation, écartant son fils qui n'était habituellement jamais aussi nerveux.
« Ils agissent comme si elle était allée faire une simple promenade. Ils ne prennent pas ça au sérieux ! » s'emporta-t-il avec contrariété. « Quelque chose a dû lui arriver. Elle n'aurait jamais pu disparaître ainsi, sans prévenir. Ce n'est pas son genre. »
Il fut heurté par la réalité de la situation. Malgré leur union, Hermione restait une Sang-Impure aux yeux de ces gens. Ils la considéraient comme une sous-personne. Ils faisaient mine d'agir par pure obligation envers lui et son statut sacré.
Theodius écouta son fils avec un sang-froid impressionnant.
« La disparition de ma femme n'a pas l'air de t'inquiéter plus que ça. » critiqua Théodore avec fureur.
Plus les minutes avançaient, plus un horrible pressentiment grandissait en lui.
« Théodore. » déclara son père d'une voix calme. « Peut-être devrais-tu te poser un instant et penser à toutes les… éventualités. »
« Toutes les éventualités ? » répéta Théodore en l'observant avec incrédulité. « De quelles éventualités, parle-tu ? »
« Eh bien, si j'ai bien compris ce que tu as expliqué aux Aurors, vous avez eu une… dispute. Peut-être qu'elle est partie… volontairement. » suggéra Theodius.
Prise de court, Théodore observa son père d'un air abasourdi.
« Volontairement ? »
Son père haussa les épaules.
« Théodore, tu es le mieux placé pour savoir que cette jeune femme éprouve énormément de difficultés dans notre milieu. » rappela-t-il gravement.
« Non. » réfuta immédiatement Théodore.
Il comprenait où son père voulait en venir et il n'allait pas le laisser sous-entendre qu'Hermione était partie de son plein gré. Jamais elle n'aurait fait une chose pareille.
Cette dispute avait été un moment difficile, mais rien qu'ils ne pourraient pas surmonter ensemble après une longue discussion à cœur ouvert. Hermione était peut-être en danger et il refusait de perdre du temps en écoutant les discours ridicules de son père.
Theodius sembla remarquer qu'il était allé trop loin car il n'aborda plus cette théorie, et se contenta de coordonner les Aurors pour reprendre la recherche d'Hermione. Le temps était probablement compté.
Malgré le fait qu'il ne croit absolument pas aux suggestions de son père et qu'il ne voulait pas les laisser le déphaser dans cette période angoissante, Théodore ne put s'empêcher de ressentir une once de doute. Il remonta dans leur chambre et observa les lieux avec appréhension avant d'ouvrir les placards d'Hermione.
Il n'y trouva rien de particulier. Tout lui sembla en place. Pourquoi serait-elle partie en laissant toutes ses affaires personnelles derrière elle ? Il avait vu Pattenrond, le chat tigré d'Hermione, marcher paresseusement à travers la maison, observant les visiteurs d'un air blasé. Hermione adorait son chat. Jamais elle ne l'aurait abandonné ainsi, se persuada-t-il.
Le lendemain, aux premières heures du matin, malgré les moyens déployés par les Aurors, ils n'eurent aucune nouvelle d'Hermione. Théodore n'avait pas pu fermer l'œil. Il était agité, le visage dans les mains, tandis que son père et Zéphyr tentaient de prononcer des paroles positives.
Les Aurors avaient déjà épuisé la plupart des pistes potentielles - son ancien appartement, désormais inoccupé, ses anciens lieux de travail, et même le Manoir des Nott. On interrogea des anciens voisins et ses anciens employeurs, sans succès.
Théodore réclama qu'ils observent également la famille Deauclaire. Malgré le sort d'oubli que Sleezer avait placé sur eux, il voulait s'assurer d'explorer toutes les pistes. Cette piste ne sembla rien donner au premier abord.
Théodore leur demanda également de vérifier si les sœurs Hillicker pouvaient être impliquées d'une quelconque manière. Après tout, c'était Hermione qui les avait démasquées. Il n'était pas improbable que les deux sœurs, professionnelles dans l'art de la tromperie, ait pu s'en prendre à elle, dans un plan machiavélique de vengeance.
Cette piste s'avéra malheureusement peu concluante. Après investigation, les Aurors lui confirmèrent que les sœurs Hillicker étaient toujours incarcérées et qu'elles n'avaient reçu aucune visite particulière depuis le début de leur peine, qui leur aurait permis d'organiser un tel enlèvement.
Le cœur de Théodore se fendit davantage à l'entente de ces réponses. Ils étaient désormais à court de pistes et le temps qui passait le terrorisait. Plus les heures défilaient, plus la probabilité qu'Hermione soit dans une position critique augmentait. Il ne voulait pas penser au pire, mais ne il ne pouvait s'en empêcher.
Il sortit de nouveau son miroir à double sens. Il avait contacté Pansy qui lui avait indiqué ne pas savoir où Hermione se trouvait. Il avait également tenté de contacter Ginny à plusieurs reprises, mais elle n'avait pas répondu à ses appels.
Incapable de rester plus longtemps dans la maison, Théodore décida de sortir, demandant à son elfe de le prévenir si une quelconque information survenait. Il arriva au siège de Sorcière-Hebdo, dont les locaux venaient visiblement à peine d'ouvrir leurs portes pour la journée. Pansy lui avait indiqué que Ginny y serait sans doute avant elle.
Il trouva la jeune femme rousse dans le hall d'entrée, dans lequel elle patientait avec d'autres employés pour passer le stand de sécurité afin de pouvoir entrer dans les locaux.
« Théodore ? » dit-elle, un peu surprise.
« As-tu vu Hermione depuis hier ? » demanda-t-il aussitôt, sans même la saluer.
A la mention du nom d'Hermione, la jeune femme sembla se tendre.
« Non. » répondit-elle d'un ton un peu sec. « Je ne suis pas au courant de ses allées et venues. »
« Hermione a disparu. » dit-il immédiatement, sa voix hystérique.
Les yeux de Ginny s'écarquillèrent.
« Q… Quoi ? Depuis quand ? »
« Ça fait plus de trente-six heures qu'elle n'est pas rentrée et que personne ne l'a vue. » répondit-il d'une voix découragée. « Je… J'ai peur qu'il lui soit arrivé quelque chose. »
Ginny quitta la file d'attente et le mena dans un coin isolé. Les regards curieux de quelques employés étaient rivés sur eux, alarmés par le comportement agité de Théodore. Il était désormais dans un état d'angoisse pesante. Il était persuadé que malgré les récents problèmes de leur amitié, Ginny serait la seule à prendre la disparition d'Hermione avec autant de sérieux que lui. Nerveusement, il lui relata les derniers évènements en date lui confessa la dispute qu'ils avaient eu la veille.
« Est-ce que tu as la moindre idée de l'endroit où elle aurait pu aller ? » l'interrogea-t-il avec désespoir.
Ginny fronçant les sourcils, paraissant réfléchir.
« Non. » dit-elle après quelques instants. « Mais… »
« Mais quoi ? » insista Théodore.
Elle semblait hésiter à lui révéler quelque chose.
« Est-ce que tu as pensé au fait qu'elle ait pu partir… de son propre chef ? » dit-elle finalement.
« Q… Quoi ? Non. Bien sûr que non. Elle n'aurait jamais fait ça. » réfuta-t-il immédiatement.
D'abord son père, et désormais Ginny ? Pourquoi étaient-ils autant persuadés qu'Hermione aurait pu partir ainsi, sans le prévenir ?
« Théodore, tu l'as dit toi-même. Elle t'a dit qu'elle regrettait votre union. » dit Ginny d'une voix lente, comme si elle hésitait à lui dire ces paroles.
« Non. Elle n'a pas dit ça. » nia-t-il en secouant fermement la tête. « Elle… Elle ne m'a pas répondu quand je lui ai posé la question. »
Ginny l'observa avec once de pitié et il réalisa à quel point il devait lui paraitre désespéré et plein d'illusions. La vérité était pourtant qu'il en était venu à la même conclusion que Ginny après le silence d'Hermione.
« Je sais que ça ne va pas être facile à entendre mais toi et moi savons à quel point les changements récents ont été difficiles à gérer pour elle. Tout le monde l'a vu, le soir du bal, elle était malheureuse parmi ces gens. Et… »
Elle s'interrompit.
« Et quoi ? » insista Théodore.
« Nous avons discuté le jour du GAGE. Elle m'a dit que toute cette vie ne lui ressemblait pas et qu'elle fantasmait parfois sur le fait de pouvoir tout quitter… Et partir loin. » admit Ginny en l'observant avec inquiétude, comme si elle savait que ces mots auraient un impact lourd sur lui.
Ce fut le cas. Théodore sentit son visage se décomposer de nouveau. Son entourage semblait persuadé que le départ d'Hermione était volontaire. Il était le seul à ne pas y croire. Ils étaient des personnes externes. Ils ne connaissaient pas la profondeur de leur amour. Ils ne savaient rien de ce qu'ils avaient vraiment traversé. Comment pourraient-ils comprendre ?
Et pourtant, Théodore ne put se détacher de ce sentiment désagréable qui l'assiégea. Celui qui se demandait s'il avait été trop naïf, et trop aveuglé par son amour pour entrevoir les signes évidents du malheur d'Hermione.
C'était sans doute pour cette raison que leur dernière conversation l'avait tellement meurtri. Il ne se serait jamais imaginé un seul instant qu'elle puisse éprouver du regret. Entendre les paroles de son père, puis celles de Ginny, était douloureux.
« Ce que je vais te dire va te paraître horrible mais… si j'ai réalisé quelque chose à propos d'Hermione, c'est qu'elle a du mal à prendre en compte les émotions des autres car elle est trop focalisée sur les siennes. » dit Ginny.
Dans sa voix, il pouvait ressentir toute l'amertume qu'elle nourrissait au sujet d'Hermione et de leur dispute. Il n'arrivait pas à croire qu'elle aussi, ait abandonné Hermione.
« J'ai essayé de l'aider. Vraiment. Mais elle n'a fait que me repousser. C'est ce qu'elle a toujours fait avec les autres, depuis que je la connais. Elle se referme sur elle-même car elle a peur. Et je suis désolée que tu doives t'en rendre compte de cette manière. » souffla Ginny d'un ton navré.
Théodore secoua la tête. Il se refusait à le croire.
« Elle ne serait pas partie de cette manière, sans rien me dire. Elle n'a rien emporté avec elle. Elle n'aurait jamais laissé Pattenrond. » énuméra-t-il, en secouant la tête, les yeux vides.
Ginny le regardait désormais avec une pitié sans équivoque. Comme un fou qui se voilait la face.
« Si elle est capable de fuir, en te laissant derrière alors que tu es son mari, je pense qu'elle pourrait faire la même chose avec son fichu chat. » répliqua Ginny avec un agacement soudain, comme si le voir nier de cette manière l'agaçait.
Devant l'expression du visage de Théodore, Ginny afficha un air horrifié, comme si elle réalisait la méchanceté de ses paroles.
« Je suis désolée, Théo. » commença-t-elle à se justifier, visiblement mortifiée.
Théodore secoua la tête. Il en avait assez entendu. Il devait partir avant de laisser son cœur être de nouveau écrasé sans aucune pitié. Il ignora les appels de Ginny et quitta les locaux à la hâte.
Les heures suivantes se déroulèrent dans un brouillard terrible pour lui. Il observait les visiteurs - des Aurors principalement - faire des allers retours, lui posant des questions de temps à autre. Théodore répondait à la manière d'un automate. Lorsqu'ils prirent finalement congé, lui indiquant qu'il serait contacté dès qu'ils auraient des nouvelles informations, son cœur chuta dans sa poitrine. Il réalisa que c'était mauvais signe. L'agitation autour de lui ces dernières heures et leur présence, lui prouvaient qu'ils apportaient tout de même une importance à l'affaire. Le fait qu'ils s'en aillent était terrifiant. Pour la première fois depuis près de deux jours, Théodore se retrouva complètement seul. Il avait demandé à son elfe de la laisser tranquille et Zéphyr s'était faite discrète depuis.
Il resta dans le séjour, le regard dans le vide. Ce fut un bruit contre une fenêtre qui le fit sortir de sa léthargie. Il tourna la tête et aperçut contre la fenêtre un hibou inconnu au plumage d'un gris clair. Il se précipita vers la fenêtre, saisi d'un espoir soudain et s'empressa de l'ouvrir. L'animal laissa tomber une enveloppe avant de reprendre son envol. Théodore écarquilla les yeux en reconnaissant l'écriture sur l'enveloppe, avec son nom et l'adresse.
Celle d'Hermione.
Il s'empressa de déchirer l'enveloppe pour en extirper le parchemin qui s'y trouvait. Il parcourut la missive des yeux avec anticipation.
Théodore,
Au moment où tu liras ces mots, je serai sans doute déjà très loin. J'ai décidé de mettre un terme à notre union immorale. Je ne peux pas continuer plus longtemps à provoquer le malheur sur toi et ta famille.
Je suis désolée de ne pas avoir eu le courage de t'avoir fait part de ma décision face à face. J'espère que tu pourras respecter mon choix en n'essayant pas de me retrouver.
Pardonne-moi.
Hermione
Théodore cessa de respirer et sentit son cœur exploser en miettes à chaque mot qu'il parcourait. D'une main tremblante, il relâcha le parchemin et l'enveloppe. Un bruit métallique résonna dans le silence de la pièce. Un objet luisant était tombé de l'enveloppe et gisait désormais sur le sol. Le cœur déjà meurtri de Théodore chuta dans sa poitrine tandis qu'il reconnaissait l'objet.
L'alliance d'Hermione.
/
D'un geste machinal, Ginny apposa le cachet de cire trempé sur un parchemin fraîchement rédigé qui se trouvait devant elle. La cire laissa le nom de Pansy sur le papier, stylisé avec un cœur à la place du A.
Elle agita sa baguette et le parchemin se plia soigneusement avant de se glisser dans une enveloppe sur laquelle l'adresse du destinataire était préremplie. Elle saisit une nouvelle lettre et répéta l'opération.
Répondre au courrier de fan de Pansy était une activité redondante, qui demandait peu de réflexion lorsqu'on y était habitué. Parfois, elle trouvait même dans cette tâche une source de relaxation.
Son esprit était toujours tourné vers la conversation qu'elle avait eue avec Théodore. Elle avait le sentiment d'avoir été détestable envers lui. Elle avait montré peu d'empathie envers une situation qu'elle imaginait difficile pour lui. Elle savait que c'était sa rancœur envers Hermione et leur relation mouvementée qui l'avaient fait réagir de cette manière. Même si elle pensait ce qu'elle avait dit à Théodore, elle aurait dû prendre davantage de pincettes. Après tout, il était évident qu'il était bouleversé.
« Tu crois que j'ai été trop rude avec lui ? » interrogea Ginny d'une voix tracassée, reposant le cachet de cire sur la table.
Pansy, occupée à rédiger sa prochaine chronique laissa échapper un long soupir.
« Tu lui as dit ce que nous autres pensons également. » répondit Pansy en haussant les épaules.
Pansy lui avait révélé avoir eu une discussion avec Hermione le soir du bal pendant laquelle cette dernière avait paru angoissée et sur le point d'abandonner.
« Il est évident qu'elle n'arrivait pas à supporter la pression. Toute cette situation est dramatique, mais c'est la vie. Le mariage est une étape difficile et beaucoup de gens ne savent pas dans quoi ils se lancent en décidant de s'unir. Si on rajoute leurs différences de statuts et leurs détracteurs dans l'équation, ça ne pouvait que se terminer en désastre. » poursuivit Pansy. « Peut-être est-ce mieux ainsi. »
Cette situation avait fait prendre du recul à Ginny concernant sa propre relation avec Draco et sa frustration grandissante à l'idée de vivre ainsi dans le secret. Pendant une période, une partie d'elle avait même jalousé Hermione qui avait le droit de vivre sa relation publiquement. Pourtant, la situation actuelle des Nott n'était qu'une preuve supplémentaire du danger de s'exposer ainsi.
Pendant tout le reste de la journée, Ginny ne put s'empêcher de ressasser sa conversation avec Théodore. Hermione aurait-elle vraiment pu partir ainsi, du jour au lendemain, sans prévenir qui que ce soit ? En vérité, Ginny n'en savait rien. Elle avait l'impression que malgré leurs années d'amitié, elle ignorait bien des choses au sujet de son ex-amie.
Quelques heures plus tard, lorsque Draco lui demanda ce qui n'allait pas, remarquant son air préoccupé, elle lui rapporta sa conversation avec Théodore et la disparition soudaine d'Hermione.
« Tu ne penses pas qu'il aurait pu lui arriver quelque chose de grave ? » demanda-t-elle dans un souffle, l'estomac un peu serré.
« De grave ? » reprit Draco avec flegme. « Non. »
« Comment peux-tu en être certain ? » s'étonna Ginny, un peu prise de court devant son assurance.
« Ils sont unis dans les liens sacrés. Si l'un des partenaires venait à mourir, l'autre le sentirait immédiatement. Leur lien serait brisé par la même occasion. » répondit Draco.
Ginny resta silencieuse, tandis que les paroles de Draco cheminaient dans son esprit, la faisant réfléchir.
« Pourquoi nous retrouvons-nous encore à parler d'eux ? » demanda Draco d'une voix pleine de lassitude. « Je croyais qu'on s'était mis d'accord pour les laisser dans leur coin. Je ne veux pas passer mon temps à gérer leurs problèmes. Quand ils ont besoin d'aide, ils n'ont aucun scrupule à venir la demander. Et pourtant, ça ne les empêche pas de te traiter comme une moins que rien. »
Ginny hocha lentement la tête. Les mots de Draco étaient durs mais il n'avait pas tort. Elle savait qu'il faisait référence à la manière dont Hermione l'avait traitée lors de leurs dernières conversations. Draco avait été le premier à devoir consoler Ginny après la dispute qu'elles avaient eu chez les Nott et après leur discussion houleuse pendant le GAGE.
Ginny devait accepter que leur amitié était belle et bien terminée. Elle ne pouvait pas les laisser continuer à entrer dans sa vie comme ils l'entendaient et uniquement lorsqu'ils avaient besoin d'elle. Elle n'accepterait pas cette amitié à sens unique.
Ses nouvelles résolutions furent toutefois de courte durée. Le lendemain, alors qu'elle se trouvait chez la famille de son frère pour dîner et qu'ils commentaient joyeusement la nouvelle récente du mariage de Cédric Diggory, Ginny sentit son miroir à double sens vibrer dans sa poche. Elle s'excusa et quitta la pièce pour ne pas être entendue au cas où il s'agissait de Draco. Il lui semblait étrange qu'il la contacte à cette heure-ci alors qu'il savait qu'elle avait prévu de dîner avec sa famille, comme toutes les semaines.
Elle fut surprise de voir apparaître le visage de Théodore Nott dans le reflet du miroir. Son visage semblait décomposé et ses yeux étaient rougis.
« Tu avais raison. » dit-il dans un souffle. « Elle… Elle m'a quitté. » articula-t-il difficilement d'une voix tremblante, pleine d'émotions.
Ginny resta figée, choquée par cette révélation. Même si elle savait que la probabilité qu'Hermione ait décidé de tout quitter soit importante, cela n'était resté qu'une supposition. Entendre Théodore le confirmer de cette manière lui fit mal au cœur pour lui.
« Je… Je suis tellement désolée, Théodore. » balbutia-t-elle, prise au dépourvu.
Sans même y réfléchir, elle lui proposa de le rejoindre. Il semblait en piteux état et avait visiblement besoin d'une épaule réconfortante et elle n'était pas certaine qu'il ait quelqu'un à ses côtés pour le faire.
Lorsqu'elle fut de retour dans la cuisine, quelques instants plus tard, et qu'elle s'installa à nouveau sur la chaise, Fleur lui adressa un regard interrogateur.
« Est-ze que tout va bien, Ginny ? Tu es toute pâle. » fit-elle remarquer.
« Hermione. » murmura Ginny. « Elle est partie. »
« Partie ? Partie où ? »
« Je ne sais pas. Elle… Elle a quitté son mari. » révéla Ginny d'un ton grave.
La nouvelle scandaleuse du mariage de Théodore et d'Hermione s'était répandue comme une trainée de poudre, même dans les milieux de rang inférieur. Bill et Fleur, qui connaissaient bien Hermione à cause de son ancienne colocation avec Ginny, avaient été choqués de l'apprendre. Fleur avait trouvé cela ''absolument romantique'' mais Bill n'avait pas montré le même enthousiasme à que sa femme. Il avait même été rassuré d'entendre que Ginny et Hermione avaient pris leurs distances. Il pensait probablement que cette union serait une source de problèmes et craignait que Ginny soit dans les alentours.
« Je vais lui rendre visite. » déclara Ginny à l'attention de Fleur. « Dis à Bill que je suis désolée de ne pas pouvoir rester. »
Fleur hocha la tête avant de la suivre dans le living-room où Victoire écoutait une émission enfantine sur le poste de radio. A la vue de Ginny, elle saisit son balai miniature et se rua vers elle, l'air enthousiasmé. Ginny grimaça. Elle avait promis à sa nièce qu'elle l'aiderait à monter son balai après le dîner. Victoire parut déçue lorsque Ginny lui expliqua qu'elle devait partir plus tôt que prévu.
« Je suis désolée, ma chérie. On jouera la prochaine fois. Et on va faire une soirée pyjama rien que toutes les deux, comme je te l'avais promis. » lui jura Ginny, le cœur un peu serré devant la mine déçue de sa nièce.
Lorsqu'elle sortit de la Chaumière aux Coquillages, elle fut surprise de voir une diligence déjà sur place - celle de Théodore. Il lui avait indiqué qu'il l'enverrait pour la conduire à son nouveau domicile. Pendant le trajet, Ginny ressentit une vague de culpabilité à l'idée de devoir reporter une autre promesse faite à sa nièce. Elle ne passait plus autant de temps avec sa famille et elle pouvait sentir que c'était Victoire qui paraissait le plus touchée par son absence.
Elle tapa sa baguette contre son miroir à double sens pour empêcher qu'on puisse la contacter. Draco ne serait probablement pas content d'apprendre qu'elle était allée voir Théodore après leur conversation de la veille. Contrairement à lui, Ginny avait du mal à se montrer aussi catégorique. Voir la mine décomposée de Théo quelques instants plus tôt l'avait bouleversée. Elle prétendrait avoir été occupée avec sa famille et être restée plus tard que prévu si Draco l'interrogeait.
Elle arriva devant une jolie bâtisse blanche dissimulée dans un domaine discret, derrière des arbres imposants. Elle dut montrer sa baguette magique à un Mangemort - sans doute l'escorte de Théodore - avant de pouvoir pénétrer dans la demeure.
Une elfe de maison la conduisit dans un grand living room éclairé. Elle observa ses alentours. La maison évoquait une atmosphère agréable et chaleureuse, bien loin des manoirs formels et gigantesques dans lesquels les Treize habitaient généralement.
Elle trouva Théodore devant la cheminée, son attention perdue dans les flammes qui chatoyaient dans l'âtre. Il ne sembla même pas remarquer son entrée. Elle arriva derrière lui et posa une main sur son bras. Il se retourna et elle sentit son cœur se tordre en voyant ses yeux rougis.
Sans un mot, elle s'approcha de lui pour l'étreindre. Aucune parole ne pourrait lui apporter une quelconque consolation, songea-t-elle, impuissante. Elle se contenta donc de lui tenir compagnie pendant les heures suivantes.
Ses sourcils se froncèrent d'indignation et de stupéfaction lorsqu'elle lut la missive d'Hermione. Elle n'aurait jamais imaginé qu'Hermione puisse disparaître de manière si lâche. Comment avait-elle pu être aussi égoïste ? Après tout, Théodore était son mari. Même si elle regrettait leur union, n'avait-il pas le droit à une dernière explication, face à face ?
Les yeux vides, Théodore observait l'alliance luisante d'Hermione, posée sur la table basse face à eux. Ginny remarqua qu'il n'avait pas retiré la sienne. C'était probablement trop tôt, pensa-t-elle.
Théodore lui avoua qu'il ne parvenait pas à réaliser ce qu'il se passait. Il avait l'impression d'être dans un mauvais rêve. Elle ne pouvait pas lui en vouloir après un départ aussi soudain et inexpliqué.
Ginny connaissait la douleur d'avoir perdu des personnes proches et ignorer tout de leur sort. Sa famille était quelque part à l'étranger, après avoir échappé à une invasion sanglante. Il ne se passait pas une journée sans qu'elle ne pense à eux, se demandant si elle était également dans leurs pensées ou s'ils s'étaient eux aussi résignés à ne plus jamais pouvoir les voir - Bill et elle.
Voir la personne aimée disparaître ainsi devait être une souffrance insupportable. Elle ne voulait pas imaginer que Draco la laisse tomber du jour au lendemain, sans aucune explication, en lui réclamant de ne plus chercher à le voir.
Théodore avait fait un énorme sacrifice pour pouvoir assumer sa relation avec Hermione. Tout cela pour être abandonné de cette manière.
Ginny n'aurait jamais cru pouvoir être encore plus déçue d'Hermione. Penser connaître quelqu'un et réaliser qu'on s'était totalement trompé était difficile à supporter. Elle tombait de haut. Elle avait toujours critiqué le refus de Draco de faire confiance aux autres. Et pourtant, elle devait admettre que cette récente expérience la faisait douter de la confiance aveugle qu'elle plaçait envers ses proches.
Il était près de deux heures du matin lorsqu'elle rentra finalement chez elle. Elle demanda à Théodore de ne pas hésiter à la contacter s'il avait besoin de quoi que ce soit et il la remercia à demi-mots, toujours dévasté.
Lorsqu'elle entra dans le hall de son immeuble, Ginny fut interpellée par un garde qui lui indiqua que Pansy cherchait à la voir en urgence.
Ginny fut un peu étonnée de cette manière de lui passer un message. Elle se rappela ensuite qu'elle avait ensorcelé son miroir à double sens et qu'elle n'avait pas été joignable depuis qu'elle avait quitté la Chaumière aux Coquillages.
Elle soupira longuement. Probablement l'une des demandes farfelues de Pansy. Depuis qu'elle habitait dans son immeuble, c'était elle qui était davantage sollicitée en dehors des heures de travail habituelles.
Ginny se dirigea vers l'ascenseur privé de Pansy qui menait à son appartement-terrasse, au dernier étage de l'immeuble. A son passage, les gardes lui portèrent à peine attention, désormais habitués à sa présence constante. Lorsque Ginny entra dans l'appartement de la jeune femme, elle la trouva dans son living room, l'air préoccupé.
« Ginny ! Ça fait des heures que j'essaie de te joindre. » s'écria Pansy d'une voix un peu hystérique.
« Que se passe-t-il ? » demanda Ginny avec appréhension, alertée par l'air de Pansy.
Il était rare de la voir inquiète.
« Draco… » dit Pansy d'une voix attristée. « Il vient de perdre son grand-père. »
On assiste à tout mon sens du drama dans ce chapitre. Je vous donne l'autorisation de me détester. Franchement, je me demande même si vous avez vraiment envie de lire la suite.
En attendant, dites-moi à quel point je suis une auteure horrible et vicieuse dans une petite review... Je me baignerai dans vos larmes.
Vous pouvez retrouver les liens vers la playlist et le montage du chapitre sur mon profil.
A bientôt,
Fearless
