Valeur et vertu,

Avant tout, tous mes meilleurs vœux pour 2023. Si vous voulez me souhaiter quelque chose, souhaitez moi d'avoir la motivation et la discipline de terminer cette histoire cette année.

Un grand merci à drou, Guest, Michtochondrie, Sarah MAES, Jiwalumy, Isabelle Pearl, plinchy, Carlita, Lestrange-maria et Fleur d'Ange pour vos reviews qui m'ont fait super plaisir ! Ça fait du bien de recevoir des retours.

Récap utile des chapitres précédents :

Narcissa a été mise au courant par Daphné Greengrass des ''écarts'' de Draco avec une Sang-Impure. Le couple Malfoy fait face à des problèmes au sein de leur entreprise et une enquête a été ouverte pour des opérations prétendument frauduleuses de Lucius. (chap. 45)

Narcissa a autorisé Draco et Ginny à poursuivre leur relation à condition que Draco prétende de courtiser Astoria Greengrass et que Ginny, désormais sous la tutelle de Narcissa, continue son espionnage de la Gouverneure.
Lors de cette conversation, Narcissa a mentionné à Ginny l'ancienne relation intime de Draco avec Daphné Greengrass (chap 49)

Playlist/montage sur mon profil.

Bonne lecture !

LII. Il était une fois… La Sorcière

Narcissa serra sa plume avec une poigne plus forte qu'il n'était nécessaire, laissant une tache disgracieuse sur son parchemin. Elle réprima un juron en réalisant que l'encre noire maculait désormais ses doigts. La mine courroucée, elle agita sa baguette pour nettoyer le désordre causé et reposa sa plume dans l'encrier. Elle se laissa aller contre le dos de sa chaise, fermant les yeux, s'efforçant de calmer ses nerfs agités.

Lorsqu'elle rouvrit de nouveau les yeux, elle réalisa que cela ne servait à rien. Elle ne serait pas productive et tenter de réviser le contrat posé devant elle serait inutile. Son esprit était submergé par un amas de pensées parasites qui l'empêchaient de se concentrer sur une tâche quelconque.

Narcissa se laissait rarement consumer par ses émotions. Elle s'était toujours vantée d'avoir un contrôle total sur elles, aussi intenses fussent-elles. Les temps qui couraient étaient toutefois bien différents de tout ce qu'elle avait connu jusqu'à présent. Elle était sur le point de remplir des objectifs de vie cruciaux, après une longue attente et une planification minutieuse. Elle ne devait pas laisser ses troubles l'empêcher d'arriver à son but.

Elle devait cependant admettre que son monde habituellement organisé à la perfection menaçait de lui échapper. Si les choses s'étaient déroulées comme prévu, elle aurait seulement eu à gérer la situation critique qui agitait Machinations Malforescentes, suite aux allégations d'opérations financières illégales de Lucius.

Ses plans avaient été complètement bouleversés lorsque Daphné Greengrass était venue la trouver pour lui révéler les activités secrètes de Draco. Puis, la mort subite d'Abraxas l'avait complètement ébranlée, lui faisant perdre pieds.

Après une longue retraite qui, aux yeux du monde extérieur, ressemblait à celle d'une femme endeuillée, Narcissa était revenue à la case départ pour minutieusement réfléchir à ses prochains coups, plus cruciaux que jamais. Il était inutile de se lamenter sur ce qui n'était plus. Au fil du temps, une fois sa vision débarrassée du brouillard de ses émotions intenses, ces contretemps s'étaient transformés en opportunités pour elle.

Narcissa avait toujours eu un talent certain pour tirer avantage des circonstances. Elle préférait tourner toutes les épreuves qui survenaient dans sa vie, aussi difficiles soient-elles, en leçons. Et ces évènements ne faisaient pas exception.

Elle aimait toutefois prendre son temps pour conspirer et réfléchir aux éventualités de ses actes. Le caractère soudain de ses changements la rendait plus nerveuse qu'elle voulait ne l'admettre.

Des coups à la porte la sortirent de ses pensées profondes. Narcissa se redressa sur son bureau, retrouvant sa posture droite.

« Entrez. » dit-elle.

Allegra pénétra dans la pièce, un air insondable sur le visage. Elle referma soigneusement la porte derrière elle avant de s'approcher du bureau. Les yeux bleus de Narcissa étaient fixés sur elle, l'observant d'un air inquisiteur.

« Alors ? » demanda Narcissa d'un ton avide, incapable patienter plus longtemps

« C'est fait. » confirma Allegra tandis que son visage se fendait en un sourire.

À ces mots, une vague de soulagement et d'euphorie traversa Narcissa. Elle laissa échapper une longue expiration, éliminant toute la nervosité accumulée pendant les dernières semaines.

Enfin, songea-t-elle avec un plaisir non dissimulé. Les cartes commençaient enfin à s'aligner. Cela avait pris du temps, beaucoup trop de temps, mais cela lui importait peu. Elle s'approchait enfin de son objectif et la sensation était des plus grisantes.

Le visage heureux, Narcissa se leva avec grâce et d'un pas léger, fit le tour du bureau. Elle s'approcha d'Allegra et glissa ses mains sur sa taille, l'attirant vers elle. Leurs lèvres se rencontrèrent dans un baiser fébrile. Les bras d'Allegra s'enroulèrent autour de sa nuque et Narcissa se laissa perdre dans ce baiser passionné, enivrée par le goût de l'interdit et du danger. Lorsqu'elles s'écartèrent, le souffle court, elles échangèrent un regard brûlant et empli de désir.

« Tu me manques. » souffla Allegra.

Leurs rencontres secrètes s'étaient faites plus rares à cause des évènements récents. Plus que jamais, Narcissa ne pouvait pas se permettre de laisser le moindre doute planer sur elle. Son image serait décisive pour les temps à venir. Elle était si près du but. Elle ne laisserait pas un désir passager lui ravir ce pour quoi elle avait travaillé près de deux décennies.

« Je sais, mais nous n'avons pas le choix. Tu sais ce qui est en jeu. » lui rappela Narcissa d'un ton entendu.

Allegra hocha la tête, lui signifiant qu'elle comprenait. Narcissa remit de l'ordre à sa robe, la plissant soigneusement. Elle saisit son rouge à lèvres dans sa pochette posée sur le bureau et appliqua méticuleusement le bâtonnet sur ses lèvres.

« Une fois que cela sera terminé, tout sera différent. » affirma-t-elle avec satisfaction, remuant ses lèvres pour égaliser la couleur.

Allegra acquiesça, une lueur convaincue dans ses yeux sombres.

« Dans ce cas, je vais me remettre au travail et m'assurer que ce soit le cas. » indiqua-t-elle d'un ton mutin, qui contrastait avec l'attitude sérieuse qu'elle affichait généralement devant ses pairs.

Narcissa caressa lentement sa joue et Allegra ferma les yeux à son toucher. Lorsqu'elle les rouvrit, elle adressa un regard flamboyant à Narcissa avant de quitter la pièce.

Quelques heures plus tard, Narcissa se présenta devant la porte d'un bureau de l'Augurey Magistral.

« Valeur et vigueur, Mère. » salua Draco, à son entrée.

Son ton était dépourvu d'enthousiasme, comme s'il s'agissait d'une obligation agaçante pour lui. Il était probablement ennuyé par l'information qu'elle avait donnée à Ginny Weasley au sujet de ses liens intimes avec Daphné Greengrass.

Depuis, il s'était montré aux abonnés absents, manquant tous les dîners de famille, prétextant une charge de travail importante. Depuis l'annonce du testament d'Abraxas, les relations entre Draco et Lucius étaient plus tendues que jamais. Narcissa savait également que son fils était toujours passablement affecté par la mort de son grand-père, un pilier dans sa vie.

« Que me vaut le plaisir de cette visite soudaine, Mère ? » demanda Draco d'une voix traînante.

En temps normal, elle lui aurait fait remarquer qu'elle n'appréciait pas son ton mais elle ne voulait pas accroître cette distance récente entre eux. D'autre part, sa visite avait un motif spécifique. Narcissa prit place sur le siège face à lui.

« Une tasse de thé ne serait pas de refus. » dit-elle d'une oui tranquille, sans répondre à sa question.

Draco semblait se retenir de lever les yeux au ciel. Il activa toutefois son miroir à double sens pour réclamer un service de thé à sa réceptionniste.

« Le conseil d'administration nous a convoqués pour présenter les résultats de l'audit externe. Il serait utile que tu y participes étant donné les récentes… évolutions. »

Elle faisait référence au testament d'Abraxas qui léguait ses parts chez Machinations Malforescentes à Draco directement.

« Tu nous as prouvé que tu étais prêt à gérer des projets de grande envergure. Je pense donc qu'il est important que tu commences à te familiariser avec la gestion de certains dossiers. » poursuivit Narcissa.

Draco sembla surpris par sa suggestion. Jusqu'ici, on lui avait refusé toute responsabilité au sein de l'entreprise. En lui confiant les rênes de l'Augurey Magistral, Narcissa avait voulu lui faire obtenir davantage d'expérience. A sa grande surprise et fierté, les choses se passaient bien mieux qu'elle l'avait espéré.

« Et cela implique de rencontrer les membres du conseil d'administration. » ajouta-t-elle.

Draco hocha la tête, semblant dérouté mais satisfait. Après un bref instant de réflexion, il lança :

« Pas certain que Père apprécie cela. »

« J'ai bien peur que ton père n'ait bientôt plus son mot à dire sur la situation. Il est plus que probable que le conseil d'administration demande à ce qu'il soit… écarté. » indiqua Narcissa d'une voix grave.

« Ce qui signifie que tu prendras le relais à sa place. » devina Draco.

« Cela dépendra de la décision du conseil. » répondit Narcissa d'un ton plat. « En attendant, c'est l'occasion parfaite de t'impliquer davantage et de montrer aux membres du conseil que notre famille a toujours la main sur l'entreprise. Nous devons prouver que nous sommes dignes de confiance et disposés à collaborer davantage avec eux. Ce qui n'a pas été le cas, ces dernières années. »

Lucius était constamment en conflit avec le conseil d'administration. Il avait des opinions radicales sur les stratégies à mettre en place, diamétralement opposées à celles, plus prudentes, du conseil. Narcissa avait endossé le rôle d'arbitre pour temporiser la situation.

« Très bien. » accepta Draco avec aplomb.

« Je sais que nous avons été très exigeants envers toi ces dernières années, Draco. Mais c'était pour te préparer à ce qui arrive. Je ne regrette pas d'avoir été stricte en voyant ce que tu es devenu. Tu as les épaules. » assura Narcissa.

Ses mots semblèrent déstabiliser Draco. Elle savait qu'ils auraient une grande importance pour lui. Il avait toujours souffert du manque de reconnaissance de la part de ses parents. Cela avait été en partie volontaire de la part de Narcissa. Elle savait plus que quiconque que l'excellence ne s'atteignait pas facilement. Et dans cet univers de requins, seuls les plus forts et les plus disciplinés arrivaient à rester à la surface.

« Merci, Mère. » répondit Draco.

L'intonation de sa voix témoignait d'un mélange de reconnaissance et de soulagement, comme si un poids accablant venait d'être retiré de ses épaules. Elle esquissa un léger sourire.

« Et au sujet de notre dernière conversation… » reprit Narcissa. « As-tu déjà réfléchi à une stratégie pour te rapprocher d'Astoria Greengrass ? »

Elle observa attentivement Draco dont le visage sembla se fermer à cette question.

« Non. Je n'ai pas encore eu le temps de m'y pencher. » répondit-il d'une voix neutre, veillant à adopter un ton diplomatique.

Narcissa lui adressa un regard peu convaincu. Elle connaissait trop bien son fils. Il était du genre à traîner les pieds lorsqu'il devait accomplir une tâche qui ne l'enchantait guère. Et si elle avait longtemps cédé à certains de ces caprices telle la mère conciliante qu'elle était parfois, d'autres choses étaient non négociables.

« Je veux que tu comprennes la gravité de la situation, Draco. Si les Greengrass commencent à parler autour d'eux de tes indiscrétions… »

« Je sais, Mère. » coupa-t-il, irrité.

Narcissa réprima le reste de ses avertissements. Elle savait qu'il comprenait parfaitement les retombées potentielles.

« Je t'ai certes autorisé à continuer de voir Miss Weasley, mais si cela t'empêche de te concentrer sur tes vraies responsabilités, je peux tout aussi bien vous retirer ce privilège. » indiqua Narcissa

Malgré le ton agréable de sa voix, la menace était évidente.

« Vas-tu utiliser cette carte à chaque fois que nous aurons le moindre désaccord, Mère ? » ironisa-t-il.

« Non. Seulement à chaque fois que tu ne vaqueras pas à tes devoirs. » répliqua-t-elle.

Cette fois, il ne sembla pas avoir de répartie adaptée.

« Le bal annuel organisé par les Rosier approche. Je veux que tu invites officiellement Miss Greengrass. Je compte sur toi pour endosser ton rôle avec sérieux pour faire croire à ces gens que tu es vraiment intéressé à l'idée d'épouser leur fille. » ordonna-t-elle.

Elle ne pouvait pas se permettre de laisser des rumeurs courir en ces temps troublés. Ils assistaient en direct à la ruine des Nott. Aucune dynastie n'était hors risque.

« Il est d'ailleurs grand temps que tu réfléchisses à ta future union. Nous avons besoin de renforcer nos alliances, plus que jamais. Avec les incartades de ton père et la mort de ton grand-père, les vautours cherchent la moindre faiblesse de notre part. »

Le Coven sacré s'était formé sur des dynasties puissantes à la pureté exemplaire. La famille était le pilier du régime. Socialement, et passé un certain âge, il était mal vu de ne pas être marié, même pour un homme. A la tête d'un clan ou d'une entreprise, on voulait l'image d'un homme responsable, aux valeurs traditionnelles. C'était également une condition d'entrée aux cercles fermés de l'élite, dans lesquels on acceptait seulement des personnes qui avaient des choses à perdre. Un homme sans famille et sans responsabilités était considéré comme peu digne de confiance et comme une menace par les autres. Lorsqu'ils s'adonnaient à leurs activités répréhensibles, ils voulaient être certains de prendre les mêmes risques. Ce plafond de verre était une règle tacite parmi l'élite de la société. Désormais, elle devait préparer Draco à prendre la suite de l'entreprise et s'assurer qu'il soit dans les meilleures conditions pour le faire.

« Entendu. » céda finalement Draco, sans grand enthousiasme.

Narcissa hocha la tête, satisfaite, avant de prendre une nouvelle gorgée de sa tasse de thé. Elle observa longuement son fils. Selon les elfes, il avait passé les dernières nuits au manoir, chose rare depuis ces derniers mois.

Pendant ses absences nocturnes, Narcissa avait longtemps pensé qu'il restait à l'hôtel à cause de son emploi du temps chargé. C'était en apprenant la vérité sur sa liaison que Narcissa avait réalisé que ses nuits d'absence étaient en réalité passées en compagnie de Ginny Weasley.

Elle s'était demandée s'ils étaient toujours en froid depuis l'entrevue à laquelle elle les avait convoqués. Elle avait mentionné la relation intime de Draco avec Daphné Greengrass, ce qui avait grandement contrarier la jeune femme.

Le fait que Draco n'ait pas découché une seule fois depuis ce jour-là prouvait qu'il n'avait toujours pas réussi à se faire pardonner.

« Comment se porte Miss Weasley ? » demanda innocemment Narcissa, feignant la nonchalance, sans quitter son fils des yeux.

Elle ne manqua pas son expression frustrée à l'entente du nom de Ginny. Il reposa sa plume, sans la regarder :

« Je l'ignore. Elle refuse de me voir. »

Malgré le ton qu'il essayait de rendre détaché, Narcissa y décela de l'affliction. Il était évident qu'il était plus ennuyé par la situation qu'il n'y paraissait.

« On dirait que cette jeune femme est particulièrement entêtée quand elle le souhaite. » commenta Narcissa.

Elle se rappelait de sa première conversation avec Ginny Weasley. Elle avait été déstabilisée par sa témérité.

« Le terme est faible. » assura Draco.

Il poussa un long soupir et referma son dossier, comme s'il ne parvenait pas à se concentrer.

« Puis-je t'aider davantage, Mère ? » demanda-t-il. « J'ai une réunion dans quelques instants et j'aimerais la préparer. »

Narcissa savait que c'était une façon polie de la congédier. Elle se releva, reposa sa tasse de thé sur le plateau qui lévita lentement vers le bar. Elle se rapprocha du bureau et posa une main affectueuse sur l'épaule de son fils.

« A plus tard, mon chéri. » dit-elle avec tendresse avant de prendre congé.

Tandis qu'elle quittait les murs de l'Augurey Magistral, elle décréta qu'elle n'aimait pas voir son fils dans cet état d'abattement. Elle ressentait une vague culpabilité. Après tout, c'était en partie de sa faute.

Elle décida de se rattraper. Elle avait toujours fait preuve de faiblesse lorsqu'il s'agissait de son fils unique. Elle n'aimait pas le voir en difficulté ou attristé. Elle savait que certaines leçons de vie étaient primordiales, mais une partie d'elle aimait s'assurer de son bien-être et lui éviter toute contrariété.

Et une fois de plus, Narcissa se décida à intervenir dans la vie de son fils unique. Et si cela signifiait convaincre Ginny Weasley de lui pardonner, alors elle ne lésinerait pas sur les moyens.

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« Valeur et vigueur, chères auditrices. Vous êtes de retour sur ''Il était une fois… La Sorcière'' une émission préparée par une femme pour d'autres femmes. » récita la voix joyeuse de Pansy Parkinson devant le magnétophone qui lévitait devant son visage, suivant chacun de ses gestes.

Un jingle bref passa à l'antenne en guise de transition.

« Comme vous le savez, le thème du jour est 'L'adultère : comment le gérer pour qu'il nous profite' » indiqua Pansy. « Nous retrouvons à l'antenne notre auditrice Ismelda, qui avant la page publicitaire, nous avait exposé sa situation. Je vais résumer pour les auditrices qui viennent de nous rejoindre. Ismelda a récemment été contactée par une femme prétendant être l'amante de son époux, avec qui elle est mariée depuis cinq ans. Pouvez-vous nous indiquer comment cette femme vous a contactée, Ismelda ? »

« Elle s'est présentée dans ma boutique. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'une cliente avant qu'elle m'avoue qu'elle voyait mon mari depuis six mois. » répondit la dénommée Ismelda.

« Et comment avez-vous réagi ? »

« Je n'ai pas su quoi dire. J'étais tellement choquée. J'ai un peu perdu mes moyens et je lui ai demandé de partir. Elle m'a laissé ses coordonnées en me demandant de la contacter car elle avait beaucoup de choses à me dire. »

« Avez-vous parlé de cela à quelqu'un ? Votre mari ? » demanda Pansy.

« Non, à personne d'autre. »

« Pensez-vous qu'elle dit la vérité ? »

« Oui. Et elle m'a donné quelques détails au sujet de mon époux. » répondit la femme d'une voix affligée. « Des détails intimes. »

« Savait-elle qu'il était marié ? »

« J'ai cru comprendre que oui. »

Pansy laissa échapper un long soupir.

« Sincèrement, Ismelda, n'allez surtout pas la contacter. Pour quelle raison veut-elle vous parler ? Elle a grimpé votre mari pendant six mois et tout d'un coup elle souhaite vous dire la vérité ? » demanda Pansy avec un rire ironique. « Je peux vous assurer qu'elle a quelque chose en tête. »

Elle gribouilla quelques notes sur le parchemin face à elle.

« Ne vous abaissez jamais à aller parler à la maîtresse. Même si la curiosité vous ronge. Vous savez déjà que votre mari vous trompe, Ismelda. De quels détails supplémentaires avez-vous besoin ? Les positions qu'ils aiment faire ensemble ? Les hôtels dans lesquels il l'a emmenée ? L'argent qu'il dépense dans ses cadeaux ? Qu'est-ce que ça changera à la situation, à part vous faire souffrir davantage ? »

« Probablement rien. » admit Ismelda d'une voix bouleversée.

« Maintenant, réfléchissez à ce qu'elle pourrait y gagner. Quelqu'un qui ne vous connaît pas vient vous révéler une nouvelle qui va détruire votre vie. Sans aucun tact et sans aucune empathie. Elle n'a eu aucun scrupule à coucher avec lui pendant six mois. A-t-elle développé une conscience morale, tout d'un coup ? Je n'y crois absolument pas. Qui vous dit qu'elle n'essaie pas de vous pousser à le quitter pour pouvoir le récupérer ? Croyez-moi, certaines femmes sont prêtes à tout. J'ai tout entendu dans mon métier. » assura Pansy.

« Je ne sais pas quoi faire, Pansy. »

« Ce que vous devez faire, Ismelda, c'est réfléchir à ce que vous voulez. Vous voulez rester dans votre mariage ? Voulez-vous divorcer ? Réfléchissez longuement à vos propres désirs et la manière dont vous allez procéder. Cela doit être votre décision, pas celle de cette femme ni celle de votre mari. Si vous leur en parlez avant d'avoir réfléchi à votre plan d'actions, leurs opinions vont vous manipuler. » indiqua Pansy. « Lorsque vous aurez décidé de le quitter ou de rester avec lui, contactez à nouveau l'émission et nous pourrons réfléchir ensemble à votre plan d'évasion ou à la meilleure façon de renforcer votre mariage et de sortir gagnante de cette situation. »

D'autres auditrices partagèrent leurs témoignages sur l'adultère. On assista même à un retournement de situation lorsqu'une femme qui se trouvait dans la position de l'amante se présenta à l'antenne.

« Rassurez-vous, Nina, je ne suis pas là pour faire la morale à qui que ce soit. Je suis là pour aider toutes mes clientes, peu importe du côté où elles se trouvent. » assura Pansy.

Pansy lui prodigua des conseils pour soutirer le maximum de ressources de la part de l'homme marié qu'elle fréquentait.

« Aux yeux des autres, vous avez le mauvais rôle et vous allez être jugée sévèrement alors autant en profiter pour en tirer quelque chose. » décréta-t-elle

Cette prise de position aurait pu être choquante mais l'auditoire de Pansy la connaissait pour ses approches controversées, qui allait souvent à l'encontre de ce qu'on entendait généralement.

Le thème de l'émission sembla déchaîner les passions. Les demandes de mise à l'antenne se bousculèrent. De nombreuses auditrices semblaient vouloir donner leur opinion.

Pansy se lança alors dans une grande tirade sur la fidélité dans le couple.

« Je ne suis pas comme l'une de ces chroniqueuses sans intérêt qui vous mentent toute la journée, avec des conseils irréalistes. J'essaie tous les jours de vous faire comprendre le monde dans lequel nous vivons. Tous les jours, sans exception, mon courrier est inondé d'histoires d'adultères. Ne faites jamais l'erreur de penser qu'un homme ne pourra jamais vous tromper, mes chères auditrices. Vous pourriez être la femme parfaite et vous faire tromper quand même. Contrairement aux femmes, il est bien plus facile pour les hommes de séparer l'amour et le sexe. Un homme peut vous aimer, vouloir être avec vous pour toujours, vous tromper et tout faire pour cacher ses infidélités. Beaucoup d'hommes ont un instinct de chasseur. Ils sont animés par la perspective de la nouveauté et du défi. » indiqua-t-elle.

« Certaines d'entre vous sont trop naïves. Une auditrice est récemment tombée de haut en apprenant que son mari voyait régulièrement des prostituées. Quand je lui ai demandé si elle avait vu des signes, elle m'a répondu qu'elle ne s'était doutée de rien car son mari était en sa compagnie toutes les soirées et toutes les nuits depuis des années, sans exception. Vous êtes tellement à la traîne mesdames, vous avez encore beaucoup à apprendre sur les hommes. Ils connaissent vos aprioris et les clichés que vous écoutez habituellement chez d'autres chroniqueuses dont je tairais le nom. Je suis là pour vous dire la vérité, aussi dure soit-elle à entendre. J'ai dû expliquer à cette bonne dame que son mari allait probablement voir des professionnelles pendant sa pause déjeuner et rentrait le soir de bonne heure pour ne pas éveiller de soupçons. Un homme est capable d'aller voir une prostituée ou sa maîtresse, rentrer à la maison, et vous embarrasser vous et vos enfants avec cette même bouche. Soyez-en conscientes, mesdames. »

Le thème de l'émission du jour provoqua un goût amer dans la gorge de Ginny qui écouta les paroles de Pansy dans un silence particulièrement déprimé, incapable de se concentrer sur la tâche qu'elle réalisait.

Tout cela lui rappelait sa propre situation. Elle était frustrée de ne pas pouvoir vivre sa relation au grand jour avec Draco. Et avec la demande récente de Narcissa Malfoy, elle serait condamnée à rester dans l'ombre encore très longtemps. Entendre qu'elle allait devoir supporter de le voir courtiser Astoria Greengrass provoquait en elle une jalousie perçante. Le fait qu'il ne soit pas intéressé par cette femme et qu'il agisse seulement par devoir ne l'atténuait pourtant pas.

Pire encore, Ginny savait qu'elle n'était pas en position de réclamer quoi que ce soit. Par miracle, Narcissa Malfoy les avait autorisés à continuer à se fréquenter après avoir eu vent de leur relation. Ginny était en position de faiblesse et ne pouvait rien faire d'autre qu'accepter ce nouvel arrangement.

Pourtant, si elle pouvait comprendre le besoin de Draco de se rapprocher d'Astoria, apprendre qu'il lui avait menti au sujet de Daphné l'avait mis dans une colère noire. Elle avait déjà eu des doutes à l'époque. Elle lui avait même demandé s'il se passait quelque chose entre eux.

Elle se souvenait encore de la conversation qu'ils avaient eue, l'année précédente, peu après la soirée d'anniversaire de Pansy. En se rendant à l'Augurey Magistral pour s'entretenir avec Draco au sujet de Théodore et Hermione, Ginny avait vu Daphné sortir de son bureau, un air furibond sur le visage.

Ginny connaissait très bien cette expression. Elle-même l'avait affichée à maintes reprises pendant sa relation avec Olivier Dubois. C'était le visage d'une femme dupée.

Ce jour-là, Ginny s'était montrée particulièrement froide avec Draco. Ils vivaient encore les prémisses de leur rapprochement et Ginny s'efforçait de gérer ses sentiments contradictoires envers Draco. Une attirance évidente mêlée à une méfiance naturelle.

« Désolée de venir ainsi, à l'improviste. » avait-elle dit avec froideur. « J'ai croisé l'une des sœurs Greengrass qui sortait d'ici. »

« Daphné. Elle a réclamé une entrevue de dernière minute. » avait répondu Draco d'un ton détaché, comme s'il faisait référence à une réunion de travail.

« Elle n'avait pas l'air très heureuse. » avait fait remarquer Ginny.

« La discussion n'a pas été très agréable, je dois l'admettre. » avait admis Draco.

Ginny avait simplement hoché la tête et avait gardé le silence pendant de longues secondes. Elle avait hésité à poser davantage de questions, ne parvenant pas à se défaire de ce pressentiment horrible qu'elle avait au sujet de Greengrass. Elle avait été surprise par la jalousie et l'insécurité qui s'étaient immiscées en elle. Même s'ils s'étaient laissés à leurs pulsions en s'embrassant passionnément lors de cette soirée, il n'y avait rien entre eux. Ils ne se devaient rien. Pourquoi réagissait-elle donc ainsi ?

« Elle essaie de jouer les entremetteuses entre sa sœur et moi depuis des lustres. » avait finalement indiqué Draco avec lassitude, comme s'il avait saisi sa volonté d'obtenir davantage de détails. « Sans grand succès. »

Ginny avait été surprise de cette admission. A cette époque, Draco avait toujours été très secret sur sa vie privée et le fait qu'il lui révèle cette information l'avait prise au dépourvu.

« Donc il n'y a rien entre vous. » avait deviné Ginny d'une voix lente. « Toi et sa sœur, je veux dire. »

« Rien que les convenances n'admettraient pas. » avait déclaré Draco en s'enfonçant dans son fauteuil, ses doigts tapant distraitement sur le bras en cuir.

« Et Daphné ? » avait insisté Ginny, observant attentivement son visage.

« Quoi donc ? »

« Était-elle aussi furieuse au sujet de sa sœur ? » avait insisté Ginny, pas convaincue. « Qu'est-ce qu'il y a entre vous ? »

Irritée par son silence, Ginny avait insisté :

« Est-ce que tu couches avec elle ? »

Sa question directe avait semblé le surprendre. Elle n'avait pourtant pas pu s'en empêcher. Son expérience désastreuse avec Olivier Dubois avait créé un traumatisme certain chez elle. Elle avait attendu sa réponse avec appréhension, ses yeux brillants rivés sur lui.

« Non. » avait finalement répondu Draco, après ce qui avait semblé une éternité pour Ginny.

Il avait prononcé ces paroles d'un ton calme en la regardant dans les yeux, sans sourciller. Elle avait alors décidé de le croire.

Apprendre qu'il lui avait délibérément menti lors de cette conversation était incroyablement blessant pour la jeune femme. Depuis que la situation entre eux avait radicalement changé, elle ressentait même un sentiment de trahison.

Après cette entrevue singulière et inattendue avec Draco et Narcissa, Ginny avait quitté le café, le cœur battant, furieuse de ce qu'elle avait appris.

Sa colère ne fit que grandir pendant les jours suivants et elle refusa toutes les tentatives de Draco pour la contacter. Elle ignora ses hiboux, ses appels par miroir interposés et laissa la porte résolument close lorsqu'il se présenta à son domicile, actionnant la sonnerie pendant près d'une heure, sans interruption. Elle jeta un sort de silence à la porte pour ne pas l'entendre appeler son nom.

Lorsqu'elle en parla à Pansy, Ginny fut étonnée de réaliser que cette dernière n'était pas au courant du passé de Draco avec Daphné Greengrass. Il avait probablement décidé de lui mentir car il connaissait leurs relations tendues depuis Poudlard. Même si Pansy détestait également Greengrass, elle ne sembla pas s'émouvoir des griefs de Ginny sur la situation.

« Ne sois pas naïve, Ginny. Tu penses vraiment qu'il allait te dire la vérité s'il pouvait l'éviter ? Draco Malfoy ? » rappela Pansy en levant un sourcil, sur le ton de l'évidence. « Soyons honnêtes, tu n'es pas tombée amoureuse de lui parce qu'il est transparent et intègre. Draco a les qualités de ses défauts, aussi dur que cela puisse être à entendre. »

Les opinions de Pansy sur les relations amoureuses n'étaient pas agréables à entendre. Elle avait le talent pour souligner des vérités désagréables.

Ginny savait pertinemment que Draco Malfoy n'était pas un prince charmant. Plus que quiconque, elle était consciente de sa propension à utiliser des moyens peu communs pour atteindre ses objectifs et obtenir ce qu'il désirait. C'était même l'une des choses qu'elle trouvait attirantes chez lui. Pourtant, se retrouver elle aussi victime de ses mensonges était blessant. Elle n'était pas les autres. Elle avait besoin de savoir qu'il était honnête lorsqu'il s'agissait d'elle et leur relation.

Ginny fut heureuse de pouvoir terminer sa journée de travail. La chronique controversée de Pansy avait été le sujet de discussion parmi les employés du plateau de presse de Sorcière-Hebdo. Alors qu'elle sortait du bâtiment, une figure masquée se posta devant elle, la faisant sursauter. Un Mangemort, reconnut-elle, mal à l'aise. Elle comprit immédiatement qu'il réclamait qu'elle le suive. Elle grimaça en apercevant une diligence qu'elle n'avait jamais vue par le passé. Probablement Draco, pensa-t-elle immédiatement. Avait-il oublié les requêtes de sa mère ? Elle leur avait formellement interdit de s'afficher ensemble en public.

Elle avait mis fin à toutes ses tentatives de contact. C'était sûrement la seule solution qu'il avait trouvée, malgré les risques qu'ils encouraient avec sa mère. Ginny monta dans la diligence. Elle savait qu'elle ne pourrait pas l'ignorer éternellement.

Il avait au moins pris le soin de prendre une autre diligence, différente de celle qu'il utilisait habituellement. Sans doute un moyen supplémentaire de ne pas être facilement reconnu. A son entrée, Ginny écarquilla des yeux en constatant que ce n'était pas Draco qui se trouvait à l'intérieur mais Narcissa Malfoy. Ginny se figea, un pied sur la première marche et la main serrée sur la poignée de la portière, hésitant à entrer.

« Pouvoir et pureté, Miss Weasley. » salua Narcissa d'un ton courtois. « Montez-donc, je vous raccompagne à votre domicile. »

Son ton était agréable mais Ginny ne manqua pas l'intonation claire qui n'admettait pas de refus. Elle monta finalement à bord à et s'installa sur la banquette face à Narcissa. Le Mangemort ferma la porte derrière elle et la diligence se mit en route.

Ginny l'observa avec appréhension. Toutes les conversations qu'elle avait avec cette femme la déstabilisaient. Lors de sa dernière visite en date, Narcissa l'avait autorisée à voir Draco, chose qu'elle n'aurait jamais pu imaginer dans ses rêves les plus fous.

« Comment s'est passée votre journée ? » demanda-t-elle.

« Très bien. » répondit Ginny, un peu décontenancée par ces banalités.

Immédiatement, elle fixa son regard sur un point derrière le visage de Narcissa, s'efforçant de bloquer son esprit.

« J'aimerais que nous commencions à nous voir régulièrement pour discuter de vos rapports avec la Gouverneure Warrington. Je vous enverrai prochainement une invitation pour convenir d'une date. En attendant, j'ai besoin d'être briefée sur ce que vous avez accompli jusqu'à maintenant. J'aimerais que vous me fassiez parvenir un rapport avec ces informations. » indiqua Narcissa.

Elle sortit une pochette de son sac à main sophistiqué en peau de dragon et la tendit à Ginny. Cette dernière en parcourut les pages brièvement. Il s'agissait de parchemins à remplir.

« J'ai jeté un sort de dissimulation à cette pochette pour éviter qu'on puisse la consulter si jamais elle tombe entre de mauvaises mains. » prévint Narcissa.

De nouveau, Ginny hocha la tête, signifiant qu'elle avait compris, avant de la ranger dans son propre sac.

« Mais ce n'est pas la raison pour laquelle je suis venue vous trouver aujourd'hui, Miss Weasley. Notre dernière rencontre s'est terminée sur une mauvaise note, j'en suis navrée. » admit Narcissa.

Ginny lui jeta un regard médusé.

« Vous… Vous n'avez rien fait. Si quelqu'un doit s'excuser, c'est votre fils. » assura Ginny d'une voix pleine de rancœur. « C'est lui qui vous envoie ? »

Était-ce une nouvelle stratégie de la part de Draco pour se faire pardonner ? se demanda-t-elle. Il avait tenté de communiquer avec elle par tous les moyens possibles. Il avait même fait parvenir dans l'appartement de Ginny plusieurs bouquets de fleurs. Il était étonnant qu'il sache se montrer romantique lorsqu'il avait des choses à se reprocher.

« Absolument pas. Il serait d'ailleurs contrarié d'entendre que je me mêle de sa vie privée, une fois encore. » révéla Narcissa avec un léger rictus. « Je viens de mon propre chef. »

Ginny hocha la tête, déconcertée, ne sachant pas quoi répondre. Elle devait admettre qu'elle était particulièrement intimidée par cette femme. Narcissa Malfoy éludait une grâce et une prestance certaines. Elle se rappelait encore de leur première rencontre, une année plus tôt. Ginny s'était rendue au manoir des Malfoy en compagnie de son ancien employeur, Caractacus Burke afin de discuter des modalités d'une commande à l'occasion de l'inauguration de leur palace - l'Augurey Magistral.

Ce jour-là, Ginny avait été frappée par sa beauté froide, sa classe indéniable et son charisme envoûtant. Lorsqu'elle parlait, Narcissa commandait l'attention. Tout chez elle était élégant et irréprochable. Elle avait cette aura qui forçait les gens à s'arrêter pour la regarder et l'écouter.

« J'aimerais que vous compreniez quelque chose, Miss Weasley. Mon fils est l'héritier de l'une des seules dynasties originelles de notre pays. Beaucoup de femmes désirent attirer son attention. Son mariage sera considéré comme l'union de la décennie, à n'en pas douter. Vous savez également qu'il est conscient de son charme et de son influence. » ajouta Narcissa d'une voix entendue tandis qu'elle retirait les gants blancs délicats qu'elle portait.

Elle les plaça soigneusement sur son sac.

« Bien évidemment, fréquenter un homme de ce calibre, apporte son lot de … difficultés. J'imagine que vous en êtes déjà consciente. » dit Narcissa en levant un sourcil interrogateur vers elle. « Draco est et sera toujours plébiscité par une kyrielle de femmes. Des femmes bien plus attirantes, bien mieux nées, et bien plus préparées que vous ne le serez jamais. »

Ginny resta silencieuse devant ces paroles, se sentant traversée par un élan de découragement.

« Draco est désormais en âge de se marier et beaucoup de prétendantes le savent. Les Greengrass ne sont qu'un exemple parmi tant d'autres. Vous m'avez assuré vouloir rester avec mon fils. Avez-vous vraiment réfléchi à ce que cela implique, Miss Weasley ? Êtes prête à assumer l'attention constante qu'il reçoit ? Êtes-vous vraiment prête à accepter les choses qui accompagnent sa position ? » demanda Narcissa d'un ton entendu.

Elle se tourna vers la vitre, le regard pensif.

« Lorsque je me suis mariée, j'ai très vite compris certaines réalités sur les relations hommes-femmes. Malgré ma perspicacité, je n'étais finalement qu'une jeune fille naïve avec des idéaux utopiques. J'étais persuadée que quelqu'un comme moi pourrait être suffisante pour un homme. En particulier un homme qui avait déployé tant d'efforts pour obtenir ma main. J'ai rapidement déchanté. » admit-elle.

Elle se tourna vers Ginny, la fixant intensément de grands yeux bleus.

« Si vous voulez une relation avec mon fils, vous allez devoir cesser d'être naïve et commencer à comprendre précisément ce que cela implique. Comprendre ce à quoi vous pouvez prétendre, et ce qui est, au contraire, hors de portée. » poursuivit Narcissa avec sévérité.

Le malaise de Ginny était présent. Elle n'arrivait pas à décider si cette femme tentait de l'aider ou si elle s'efforçait de la décourager davantage.

« Les hommes savent quelle femme ils peuvent aimer en secret et qu'elle femme il doivent montrer au grand jour. Je sais que vous êtes suffisamment intelligente pour comprendre que vous n'aurez jamais droit à un conte de fée. Vous n'aurez jamais un statut similaire au sien et vous ne pourrez jamais être avec lui de manière officielle. En revanche, cela ne vous empêche pas d'obtenir l'affection discrète de mon fils, une protection et une sécurité financière de sa part. Pour vous et votre famille. Et compte tenu de vos origines, cela serait déjà une ascension remarquable. » avança Narcissa.

Elle dévoilait enfin ses intentions. Garder Ginny éternellement dans l'ombre de son fils, en échange de privilèges.

« Mon fils devra être convaincant lorsqu'il courtisera Miss Greengrass. Il en va de la réputation de ma famille. Je ne permettrai pas qu'il ne s'acquitte pas de cette tâche correctement parce qu'il veut épargner vos sentiments. »

Elle avait prononcé ce mot avec un dédain évident, montrant combien peu elle accordait d'importance aux états d'âme de Ginny.

« J'entends la difficulté de votre position. Les choses ne sont pas simples pour vous, je vous l'accorde. Mais je vous demande de faire un effort pour lui rendre la tâche plus simple. Et si vous n'êtes pas prête à le faire, peut-être serait-il plus judicieux pour vous comme pour lui de mettre un terme à cette relation dès maintenant. » acheva Narcissa.

Ginny resserra les mains qu'elle avait posées sur ses genoux, désormais moites. Elle sentait un poids oppressant sur sa poitrine. Elle avait le sentiment d'être prise au piège. La bénédiction de Narcissa sur leur relation ne venait pas sans condition. Elle était en réalité un cadeau empoisonné.

« Et je suppose que vous voulez éviter toute retombée de la part des Greengrass qui pourrait avoir un impact sur Draco. » devina Narcissa.

Ginny hocha la tête, impuissante. Cette femme savait parfaitement comment la manipuler. Elle avait trouvé les boutons à appuyer pour la faire fléchir. Ginny avait cet horrible sentiment d'être une marionnette entre ses mains. Narcissa allait s'assurer de la faire plier, de gré ou de force.

« Je savais que nous finirions par trouver un terrain d'entente, Miss Weasley. » indiqua Narcissa, avec un sourire satisfait.

Cette femme était une manipulatrice hors pair, réalisa Ginny, ébranlée. Elle comprenait chaque jour un peu mieux de quoi Narcissa Malfoy était capable. Elle ne voulait pas s'en faire une ennemie.

La diligence s'arrêta finalement devant l'immeuble de Ginny et Narcissa lui adressa un sourire éclatant.

« Bonne soirée, Miss Weasley. Que Voldemort vous accompagne. » salua-t-elle.

Lorsque Ginny entra dans son appartement, quelques instants plus tard, elle laissa son dos contre la porte, encore un peu secouée par l'échange. La conversation avait été difficile mais avait eu le mérite de remettre les choses en place, rappelant certaines vérités à Ginny.

Elle avait accepté ce marché avec Draco dans l'unique but d'obtenir un pardon pour son frère et sa famille. Avec le temps, elle avait perdu cet objectif en vue. L'amour et l'attachement s'étaient immiscés dans l'équation, rendant la situation plus alambiquée que jamais. Il était difficile pour elle de voir les choses comme une simple transaction alors qu'elle était si impliquée émotionnellement.

Il était naïf de sa part de penser qu'elle pouvait continuer à agir de cette manière avec Draco et réclamer de lui ce qu'elle voulait d'un petit-ami normal, surtout en vue des conditions que Narcissa avait placées sur eux. Elle allait devoir faire des concessions qui la rendaient profondément mal à l'aise.

/

Daphné extirpa sa tête des flammes verdoyantes de la cheminée, épousseta les centres maculant les épaulettes de sa veste et se dirigea son bureau en poussant un soupir.

Elle venait de terminer une entrevue avec une institution pour discuter d'un contrat dont les progrès ne se déroulaient pas aussi rapidement qu'elle l'aurait souhaité. La discussion avait été particulièrement houleuse et elle avait dû faire preuve de tout son self-control pour ne pas montrer son stress face à son interlocuteur.

La plupart de ses interlocuteurs étaient des hommes, généralement plus âgés qu'elle, qui manifestaient souvent un mépris évident à l'idée de parler à une femme de son âge. Le milieu était connu pour sa misogynie. Ni son statut ni son lien de parenté avec son père, le dirigeant de l'entreprise, l'en épargnait.

Même si la plupart de ses collaborateurs n'osaient jamais faire de commentaires déplacés à son sujet, Daphné décelait parfois dans leur attitude ce mépris discret, né de la conviction qu'elle n'était là que par pur népotisme. Elle savait que cela ne serait pas arrivé si elle avait été un homme. Après tout, elle avait perdu le compte des "fils de" qui avaient été placés en position de pouvoir grâce à leurs géniteurs. Personne ne contestait leur nomination.

Elle haïssait ce double standard. Toute sa vie, elle s'était efforcée de travailler d'arrache pieds et de toujours être la meilleure dans ce qu'elle entreprenait mais cela ne suffisait pas à éteindre les préjugés misogynes bien ancrés autour d'elle. Son sexe était son plus grand fardeau, il la ralentissait constamment dans la réalisation de ses plus hautes ambitions.

Il aurait été tellement plus simple d'être comme ces autres femmes de l'élite dont l'unique ambition était de faire un bon mariage et qui consacraient toute leur énergie à cet objectif.

Daphné aspirait à plus. Tellement plus. Elle ne voulait pas laisser le nom d'un homme définir toute son existence. Elle était plus que ça. Parfois, elle avait envie de le hurler au monde qui l'entourait pour se faire entendre.

Elle savait pourtant que c'était futile. Des siècles de coutumes d'une société traditionnelle et patriarcale n'avaient cure des envies égoïstes d'une jeune femme en recherche de modernité et de reconnaissance.

Daphné n'était pas naïve. Elle n'était pas comme ces imbéciles qui pensaient pouvoir changer le monde à la force de leurs complaintes. Elle savait comment fonctionnaient les choses.

Son but était de faire de son cas une exception. Elle avait décidé de miser sur ce qu'elle pouvait contrôler à son niveau. Elle se moquait du destin des autres femmes qui préféraient se complaire dans cette réalité injuste. Elle allait poursuivre ses propres désirs et mettre tout en œuvre pour arriver à ses propres fins.

Daphné reporta son attention sur la masse de documents qui encombraient son bureau. Il était déjà neuf heures du soir. Après une journée de travail chargée, elle avait avalé un diner rapide avant de reprendre son travail au manoir. Elle travaillait énormément mais elle y trouvait de la satisfaction et ne voyait pas les heures passer. Elle avait sans aucun doute hérité de cette vertu par son père. Comme elle, Georgius Greengrass était un acharné du travail. Il priorisait d'ailleurs ce dernier sur sa vie de famille.

Son épouse, Renata, s'était habituée à ce mode de vie et elle n'attendait plus son époux pour partager un dîner autour de la table familiale. Renata avait toujours souffert d'un profond mal de l'âme. Il n'avait fait que s'empirer après ses grossesses. Elle avait également dû essuyer le traumatisme de fausses couches à répétition et de l'accouchement d'un mort-né. Ces tragédies l'avaient plongée dans une dépression profonde qui ne l'avait jamais quittée.

Contre toute attente, Georgius n'avait jamais émis une quelconque contrainte sur son épouse à ce sujet. Il ne se préoccupait guère des considérations du sang, davantage intéressé par la réussite financière.

Renata avait mis une pression importante sur elle-même, encouragée par une éducation familiale qui plaçait sa réussite et sa valeur à travers sa capacité à engendrer une descendance de qualité pour son mari. Son incapacité à enfanter au moins un fils pour son clan avait balayé toute son estime d'elle-même. Elle ne vivait qu'à travers le regard et les attentes des autres, un trait de caractère que Daphné avait toujours méprisé chez sa mère. Sa passivité et son manque de volonté à prendre sa vie en main avait toujours été une source de frustration pour cette dernière. Daphné s'était jurée de tout faire pour ne pas lui ressembler.

Cela expliquait en partie sa proximité avec son père, qu'elle émulait davantage. Ils se ressemblaient sur de nombreux aspects. Daphné avait hérité de sa vigueur, sa détermination à toute épreuve et son ambition sans limite. Des coups discrets contre la porte se firent entendre et Daphné leva la tête, un peu agacée d'être dérangée.

« Entrez. » ordonna-t-elle d'un ton sec.

Un elfe de maison pénétra dans la pièce, portant un plateau argenté sur lequel une pile de lettres était entassée.

« Le courrier, maîtresse Greengrass. » annonça la créature avant de faire léviter les missives sur le bureau de Daphné.

Elle avait l'habitude de gérer le courrier familial et aidait son père qui n'avait pas beaucoup de temps pour s'en occuper. Elle priorisait toujours le courrier, s'occupant d'abord des lettres provenant de personnes importantes, plus susceptibles de lui être bénéfiques. Lorsqu'elle estimait qu'une lettre avait une importance suffisante, elle la transférait à l'assistante de son père, gérant le reste elle-même.

C'était une façon supplémentaire pour son père de la former sur les tâches qu'elle finirait par accomplir, à la tête de leur entreprise mais également dans le rôle de Gouverneure qu'elle obtiendrait lorsque son père se retirerait de ses responsabilités.

Ce fut pourtant une lettre destinée à Astoria qui attira son attention. Son cœur battit d'excitation à la vue du nom du destinataire. Elle s'empressa d'ouvrir l'enveloppe et de lire le contenu du parchemin délicat.

La lettre provenait de Draco Malfoy et invitait officiellement Astoria à l'accompagner à l'un des prochains évènements phares de la saison : le Bal de la Roseraie, un gala de bienfaisance organisé chaque année par les Rosier.

Daphné esquissa un sourire de satisfaction. Décidément, son idée d'aller s'entretenir directement avec Narcissa Malfoy avait été un coup de génie. Elle avait fait davantage de progrès en seulement quelques semaines qu'elle n'en avait fait pendant les années où elle avait tenté de convaincre Draco Malfoy d'écouter ses demandes.

Narcissa était une femme intelligente et sensé. Elle avait la tête sur les épaules. Elle comprenait sans aucun doute à quel point la proposition de Daphné était avantageuse pour toutes les parties impliquées.

Daphné quitta son bureau d'un pas léger, sa bonne humeur retrouvée et traversa le long corridor de l'aile ouest du Manoir afin de rejoindre les quartiers d'Astoria. Alors qu'elle s'apprêtait à frapper à la porte, des bruits étouffés lui parvinrent aux oreilles. Elle stoppa son geste et approcha son visage de la porte, tendant l'oreille.

Elle distingua des pleurs et reconnut la voix de sa sœur. Elle tapa finalement à la porte et les pleurs cessèrent aussitôt. Quelques instants plus tard, elle entendit la voix faible d'Astoria lui demander d'entrer.

Daphné pénétra dans la pièce, trouvant sa sœur installée à sa coiffeuse, dans une robe de chambre en twill de soie bleue. Astoria se tourna vers elle, les yeux rougis.

« Que t'arrive-t-il, Tori ? » interrogea Daphné.

Astoria épongea ses yeux mouillés à l'aide d'un mouchoir délicat et secoua la tête.

« Edmund a décidé de ne pas poursuivre notre relation. » dit-elle d'une voix secouée, ses sanglots reprenant de plus belle.

« Oh, Astoria... » répondit Daphné dans un souffle.

Elle rejoignit sa sœur à la coiffeuse et s'assit sur le bras du siège, plaçant un bras réconfortant autour de ses épaules.

« Que s'est-il passé ? » demanda-t-elle.

« Il n'a même pas pu me donner de raison valable. Il ne se sent pas prêt à se marier. » répondit Astoria d'un ton blessé, une déception évidente sur ses traits.

Daphné resta silencieuse.

« Qu'est-ce qui ne va pas chez moi, Daphné ? » interrogea Astoria avec accablement. « D'abord, Draco Malfoy et maintenant Edmund… Ne suis-je pas assez bien ? »

« Il n'y a rien qui ne va pas chez toi, Astoria. Tu es parfaite et cela intimide les hommes. Tu vaux tellement mieux que cet imbécile d'Edmund Crabbe. Il s'est probablement rendu compte qu'il ne ferait jamais le poids et qu'il ne mérite pas une femme comme toi. » assura Daphné.

« Tu…Tu crois ? » demanda Astoria.

« Absolument. Oublie-le. Il n'en valait pas la peine. Et je sais que tu peux faire tellement mieux que lui. N'aie crainte, ma chère sœur. »

« Merci, Daphné. Je sais que je peux toujours compter sur toi. » chuchota Astoria, reconnaissante.

Elle posa sa tête contre la poitrine de Daphné et enroula ses bras autour d'elle. Cette dernière lui rendit son étreinte, caressant affectueusement ses cheveux pour la consoler.

« Évidemment. C'est ce que font les sœurs entre elles. » assura Daphné. « Elles s'entraident. »

Et pendant que sa sœur pleurait à chaudes larmes, Daphné ne put s'empêcher d'esquisser un sourire plein de satisfaction.

Edmund Crabbe était une incommodité. Dès son entrée en scène, elle avait immédiatement réalisé le problème qu'il représenterait. Et voir la manière et la rapidité avec lesquelles Astoria s'était attachée à lui l'avait interpellée.

Après le GAGE, Edmund s'était rapproché de Daphné et dans la confidence, lui avait annoncé sa volonté de demander la main d'Astoria à leur père, clamant être profondément amoureux d'elle.

Même si Edmund n'était pas le prétendant qu'elle aurait espéré pour sa sœur, il était un excellent parti. Suffisamment pour que leur père puisse accepter, Daphné le savait. Elle avait paniqué, réalisant que le temps était compté et qu'elle devait agir avant qu'il ne soit trop tard. C'était pour cette raison qu'elle s'était empressée de demander une entrevue avec Narcissa Malfoy.

Une fois cette partie de son plan réalisée, et avec la certitude que cette dernière parlerait à son fils, Daphné était allée voir Edmund. Elle l'avait dissuadé de continuer sa relation avec sa sœur, lui indiquant qu'elle pourrait empêcher l'avancement de sa carrière, ce qui le placerait dans une mauvaise posture pour demander la main d'une héritière des Treize. Edmund avait paru choqué par son chantage. Il avait fini par capituler devant ses menaces, visiblement terrifié.

Sa faiblesse n'était plus à prouver. Cela n'avait fait que confirmer à Daphné que cet imbécile ne méritait pas sa sœur. Elle avait ignoré les larmes dans les yeux de l'homme et avait pris congé, sans un regard dans sa direction.

En entendant le récit de leur rupture, Daphné jubila intérieurement. Évidemment, elle ne pouvait pas le montrer à sa sœur. Elle devait jouer le rôle de la sœur consolatrice et empathique. Après quelques instants, Daphné s'écarta et prit le menton de sa sœur entre ses doigts, lui souriant chaudement.

« Sèche-moi ces larmes, mon cœur. » dit-elle avec fermeté. » D'ailleurs, j'ai reçu une très bonne nouvelle qui devrait te faire oublier la sottise de cet imbécile. »

Devant l'air étonné et confus de sa sœur, Daphné lui tendit fièrement l'enveloppe d'invitation. Cette dernière la saisit, une lueur curieuse dans ses yeux embrumés. Elle parcourut la lettre, ses yeux s'agrandissant au fil de sa lecture.

« Draco Malfoy m'invite officiellement au bal des Rosier. » murmura-t-elle, désarçonnée. « Mais, pourquoi ? »

« Enfin, Astoria, c'est évident. Il s'est finalement décidé à te courtiser comme il se doit. » affirma Daphné.

« Il m'a pourtant fait comprendre qu'il n'était pas intéressé. » rappela Astoria, peu convaincue.

« Je te l'ai déjà dit. Draco Malfoy aime se faire désirer. Si tu veux mon avis, il t'a vu avec Crabbe lors du GAGE. Il a dû voir qu'un autre homme te portait de l'attention et ça l'a dérangé. » expliqua Daphné avec assurance. « Tu sais comment peuvent être les hommes. La compétition les réveille. »

Astoria affichait un air troublé, comme si elle ne savait pas quoi penser.

« Le bal de la Roseraie est un bal très important. » souffla-t-elle finalement.

« Exactement. C'est l'un des événements les plus importants de la saison. Et le fait qu'il te veuille à son bras ce jour-là devant tout le monde veut tout dire. » prétendit Daphné avec un sourire.

Astoria hocha la tête. Finalement, un air plein d'espoir apparut sur son visage. Elle observa sa sœur aînée avec l'enthousiasme et l'espoir d'une petite fille. Daphné contempla sa sœur avec un mélange de pitié et de condescendance. Astoria avait toujours été une fille sage et rêveuse. Elle idéalisait ce genre de mariage qu'on lisait dans les livres romantiques. Elle avait une vision naïve et positive du monde. Sa famille l'avait toujours surprotégée, l'épargnant de certaines réalités.

Elle était charmante, polie, et avait été élevée dans le but d'être la parfaite épouse d'un homme de haute stature. Daphné s'en était assurée très tôt. Et elle n'allait pas laisser les caprices de Draco Malfoy et d'une traînée de basse naissance qui ne connaissait pas sa place l'empêcher d'arriver à ses fins.

« Allons-y. » décréta Daphné d'une voix ferme. « Nous avons beaucoup à faire pour te préparer à devenir la prochaine Mrs Malfoy. »


Il était une fois…. La Sorcière… Un chapitre écrit par une femme sur des femmes !

J'espère que vous l'avez apprécié. Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas eu un chapitre ''calme'' (même si le calme, chez moi, est relatif)

Ce que réserve le prochain chapitre - Draco et Ginny s'expliquent et le retour d'Hermione.

En attendant, n'hésitez pas à me laisser votre avis et à bientôt pour la suite !

Fearless