Valeur et vertu,

Un énorme merci à Jiwalumy, Sarah MAES, Fleur d'Ange, drou, plinchy et Guest pour vos reviews **coeurs sur vous**

Montage/playlist à retrouver sur mon profil.

Warnings: Idéalisation de l'automutilation, pensées suicidaires

LIV. Tractations

Astoria Greengrass adorait les bals.

Elle adorait les salles de banquet fastueuses, les décorations somptueuses, les tenues éclatantes. Elle appréciait l'atmosphère onirique et sophistiquée, la bonne humeur des invités, les discussions enthousiastes et les danses effervescentes.

Sa sœur Daphné, quant à elle, n'avait jamais dissimulé son aversion pour eux. Elle considérait ces occasions comme des traditions désuètes et affligeantes, peu dignes de son temps. Elle ne se rendait aux évènements importants que pour des raisons d'image et de réseautage, préférant laisser Astoria représenter le clan Greengrass lors des occasions moins prestigieuses.

Toute sa vie, Astoria avait toujours été soucieuse de plaire à sa sœur et d'agir selon ses désirs. Parfois, il lui arrivait de ne pas savoir ce qui lui plaisait vraiment. Certaines de ses activités de loisirs ou de ses opinions avaient été gravées dans son esprit par les mots de sa sœur, et avec le temps, elles étaient tellement entremêlées qu'elle ignorait ce qui provenait de son propre esprit ou de celui de sa grande sœur.

Elle ne s'interrogeait jamais longtemps sur la question. Après tout, Daphné n'avait que son intérêt à cœur. Elle lui avait appris à toujours se montrer à son avantage en société. Et, par-dessus tout, pour qu'elle soit perçue comme la candidate idéale aux yeux d'un bon parti.

Astoria suivait scrupuleusement ses conseils. Elle avait appris à prononcer les mots justes, à adopter la bonne attitude. Savoir se taire et écouter patiemment son interlocuteur tout en lui accordant un intérêt poli. Toujours sourire et faire preuve d'agréabilité. Ne jamais hausser le ton. Éviter les sujets qui pouvaient mener à la controverse.

Alors que Daphné se préparait à prendre la place de son père à la tête de son empire immobilier et au rôle de gouverneur, Astoria, elle, s'appliquait à endosser parfaitement son rôle de débutante pour obtenir la meilleure union possible afin de fortifier les alliances de sa famille.

Même son apparence était soigneusement travaillée. En passant par les tissus et les matières jusqu'aux couleurs. La façon dont ses cheveux étaient coiffés. Les accessoires qu'elle revêtait.

Chaque détail de sa vie était planifié en fonction de ce but. Cela englobait même ses passe-temps, comme le clavecin, et la spécialité qu'elle avait choisie pour ses études en Médicomagie.

« Hors de question que tu deviennes Chirurmarge. » avait décrété Daphné en laissant échapper une exclamation dédaigneuse. « Ce n'est pas compatible avec une vie de famille et ça demande beaucoup de travail. »

Astoria avait dû abandonner les spécialités considérées trop masculines, comme les sortilèges, et s'était orientée vers la psychomagie, avec une spécialité pour les enfants et les adolescents. Cela lui donnerait une image maternelle et protectrice, qui serait appréciée par un futur partenaire.

Sa sœur avait toujours clamé que la séduction était un art. C'était la force de la femme dans ce monde impitoyable et dominé par les hommes. Sa chance d'accéder à une vie confortable et privilégiée.

« Tu feras un si beau mariage. » lui avait inlassablement assuré Daphné. « Tu seras heureuse, avec une famille à chérir et tu continueras à fortifier la lignée Greengrass de cette manière. »

Astoria n'avait aucune raison de mettre en doute ces paroles. Après tout, sa sœur n'avait-elle pas tenu toutes ces promesses ? C'était grâce aux enseignements de Daphné qu'elle se trouvait désormais au bras de Draco Malfoy, l'un des meilleurs partis du pays. Alors pourquoi Astoria ressentait-elle cette étrange sensation ? Cette appréhension qui la mettait autant en doute ?

À sa grande surprise et contre toute attente, Draco s'était montré courtois. Astoria devait admettre qu'elle avait craint leurs retrouvailles. Leur dernière interaction, l'année précédente, lui avait laissé un gout amer dans la bouche. Lors de la soirée d'anniversaire de Pansy Parkinson, à laquelle il l'avait pourtant invitée, Draco s'était montré indifférent à son égard, lui manifestant peu d'attention et semblant totalement désintéressé par ce qu'elle avait à dire.

Son attitude l'avait profondément chagrinée et ses signaux contradictoires l'avaient rendu confuse. Pourquoi l'avoir invité à une occasion privée, devant son cercle intime, si elle ne comptait que pour un fantôme ?

La dispute verbale entre Daphné et Pansy n'avait pas amélioré la situation. La soirée avait pris fin plus tôt que prévu pour Astoria. Draco n'avait même pas daigné la raccompagner, ce soir-là.

Les choses étaient cependant différentes et elle voulait laisser ces souvenirs dans le passé. Astoria dut admettre que son angoisse avait disparu peu de temps après le début de la soirée. Draco Malfoy s'était montré un parfait gentleman envers elle. De sa manière de l'accueillir à son arrivée, en passant par ses compliments polis sur son apparence lorsqu'elle était sortie de sa diligence. Ou encore la manière dont il avait pris son bras pour l'escorter jusqu'aux lieux des festivités. Elle s'était demandée quel Billywig l'avait piqué et ce qui avait changé pour justifier ce revirement de situation soudain.

Après une première expérience décevante avec Draco Malfoy, elle avait abandonné la méthode de sa sœur, car elle ne semblait pas aussi efficace que Daphné le prétendait. C'est ainsi qu'elle avait fait la connaissance d'Edmund Crabbe. Il avait semblé aimé l'élan de naturel d'Astoria, et l'idée d'un charme sans artifice et sans prétention.

"Sembler" était le mot approprié.

À en croire sa lettre, Edmund ne voulait plus d'elle. Ses explications avaient été si vides de sens qu'elles avaient laissé une sensation douloureuse dans la poitrine d'Astoria.

Elle secoua la tête, essayant d'ignorer la douleur qu'elle ressentait quand elle repensait à Edmund et à leur romance qui avait eu l'air si prometteuse. Elle avait commis une erreur en se laissant éblouir par ce qu'elle pensait être sa gentillesse, son sourire charmant et ses paroles séduisantes.

Daphné avait raison. Les hommes mentaient. C'était pour cette raison qu'Astoria devait faire preuve de vigilance et réfléchir de manière rationnelle, sans se laisser entraîner par ses émotions. Edmund ne réalisait pas sa valeur et elle n'allait pas continuer à se morfondre plus longtemps pour un homme qui ne l'appréciait pas à sa juste valeur. Le souvenir de l'une des chroniques de Pansy Parkinson, entendue à la radio, lui revint en mémoire :

« L'amour est bien plus qu'un jeu. C'est un combat. Une arène dans laquelle seuls les meilleurs sortiront vainqueurs. » avait clamé cette dernière à ses auditrices.

Naturellement, Astoria s'était gardée de répéter ces mots à sa sœur, consciente du conflit entre cette dernière et Parkinson. Elle suivait généralement la chronique de cette dernière en secret.

À l'époque, Astoria n'avait pas saisi l'entière portée de cette phrase. Elle avait balayé cette affirmation d'un geste de la main, refusant de croire que quelque chose d'aussi pur et de beau que l'amour puisse être calculé et manipulé. Elle était toutefois forcée d'admettre que les choses étaient plus complexes et nuancées que ce qu'elle croyait. Elle l'avait appris à ses dépens avec Edmund.

Après cette expérience frustrante, Astoria avait décidé de ne plus faire confiance au naturel et à la spontanéité comme elle l'avait fait avec Edmund. Il était naïf de croire qu'il suffisait d'être soi-même pour attirer un homme et surtout d'obtenir un engagement de sa part. Elle ne commettrait pas la même erreur avec Draco Malfoy. Elle ferait honneur à sa famille en gagnant ses faveurs et en obtenant une proposition de mariage de sa part.

C'était son devoir.

Draco Malfoy était un homme difficile à cerner. Derrière son visage extrêmement séduisant, il laissait peu d'émotion transparaître. Elle n'aurait pas été la personne la mieux qualifiée pour analyser ce genre de choses, de toute façon. C'était une compétence que Daphné maitrisait mieux.

En jetant un bref coup d'œil à l'homme qui l'accompagnait, Astoria réalisa qu'elle avait rarement vu des hommes de ce type. Elle devait admettre qu'il l'intimidait parfois.

Ils marchèrent derrière le cortège et traversèrent une allée large, ponctuée de grands arcs ornés de fleurs qui oscillaient doucement. Les fleurs émettaient des sons doux et mélodieux dès que des invités se trouvaient sous les arcs.

Le bal de la Roseraie était l'évènement préféré d'Astoria durant la haute saison. Il avait lieu chaque année dans un grand jardin botanique sur le domaine de la famille Rosier, mettant en valeur le talent et le savoir-faire des concepteurs à travers des figures faites de fleurs et de plantes. L'expérience était à chaque fois un éveil des songes. En plus d'offrir une vue spectaculaire, l'odorat était agréablement stimulé par des parfums délicieux. Les allées étaient éclairées par des lanternes et des guirlandes lumineuses, et les invités pouvaient se promener parmi les massifs de fleurs, admirant les pétales veloutés et les épines acérées.

La piste de danse était installée sous un grand chapiteau, avec des roses grimpantes et des glycines recouvrant celui-ci. Les musiciens jouaient des mélodies entraînantes pour les invités qui dansaient sous les étoiles et les pétales tombant des arbustes.

Astoria se sentait comme une princesse dans sa robe de satin bleue et son diadème agrémenté de zircons et de fleurs argentées qui mettaient en valeur son chignon. Elle scruta les environs, éblouie par les lumières et la splendeur des lieux. Le bal était un enchantement pour tous ses sens et elle ne pouvait pas s'empêcher de sourire, se sentant heureuse et vivante, oubliant presque son appréhension.

Les invités étaient annoncés de manière grandiloquente, comme le voulait la tradition du bal de la Roseraie.

« Monsieur Melchior Orpington et Mrs. Nelys Orpington. » annonça une voix pompeuse à l'entrée du couple devant eux.

Astoria se redressa, consciente des regards qui convergeaient vers eux tandis qu'ils s'approchaient de l'arc.

« Monsieur Draco Malfoy et Miss Astoria Greengrass. » annonça-t-on à leur passage.

L'intérieur du chapiteau était aussi majestueux que les jardins. Vantant ses origines françaises, la famille Rosier se targuait d'accueillir le plus prestigieux évènement de la saison. Chaque année, le bal était thématisé autour d'une plante en particulier qui était présente dans toute la décoration. Le choix s'était porté sur le Cœur de Marie, rendant l'effet décoratif tout simplement exceptionnel.

Tout était pensé dans les moindres détails. Les uniformes des serveurs arboraient des boutons de roses discrets, et les invitations envoyées quelques semaines plus tôt dégageaient un parfum floral particulier, un avant-goût de la soirée à venir.

« Cet endroit est merveilleux. » commenta Astoria avec émerveillement.

Draco fit un léger mouvement de tête tandis qu'ils faisaient un tour du chapiteau immense. Astoria remarqua immédiatement les regards que les autres portaient sur eux. Elle savait que leur arrivée commune susciterait des conversations et des ragots — ce qui était une bonne chose.

Elle devait se montrer à la hauteur des attentes. Peut-être était-ce aussi une occasion pour Draco de l'évaluer et de voir si leurs caractères étaient compatibles. Elle aurait presque souhaité que Daphné soit présente pour la guider, comme elle le faisait souvent.

Daphné devait toutefois gérer une négociation importante. Elle avait pourtant pris le soin d'insister auprès d'Astoria quant à l'importance de cette soirée, lui rappelant qu'elle devait être parfaite sur tous les points.

Astoria savait que son père serait également présent à la fête. Il ne serait cependant pas accompagné par son épouse. Renata avait une santé fébrile et ce genre d'événement, rempli de monde, ne faisait qu'empirer ses angoisses. Elle ne se présentait plus en société depuis bien longtemps.

Astoria saisit un verre d'hydromel sans alcool sur le plateau que leur présenta un serveur. Elle avait décrété qu'il s'agissait de la meilleure option. Elle ne voulait pas laisser l'alcool l'empêcher de penser clairement. Elle avait la fâcheuse tendance à être trop bavarde quand elle était éméchée et à en dire un peu trop. Une chose peu appréciée par les hommes, disait Daphné. Surtout pour une personne comme Draco Malfoy qui semblait peu volubile. Elle était consciente que tout ce qu'elle disait pouvait être jugé.

Draco observa son geste d'un air pensif, mais ne fit aucun commentaire. Il l'interrogea poliment sur sa résidence à l'hôpital et Astoria fut heureuse de lui en dire davantage. Elle trouvait ce sujet passionnant. Elle fit attention toutefois à ne pas trop s'étendre sur le sujet, et de régulièrement retourner l'attention sur lui en lui posant des questions. Il était crucial qu'il se sente important et valorisé. Trop parler d'elle lui donnerait l'image d'une femme vaniteuse et égocentrique.

Astoria ne put s'empêcher de penser à Edmund avec qui les conversations avaient été plus faciles et plus relaxantes. Elle était consciente que les deux hommes avaient un pedigree différent et que les attentes divergeaient.

Avec Draco, elle avait l'impression que chacune de ses questions pouvait lui faire perdre des points. On n'obtient rien de valeur sans efforts, affirmait Daphné. Il ne serait jamais facile d'obtenir les faveurs d'un héritier tel que Draco Malfoy. Cela venait avec son lot de difficultés. Elle serait toutefois gagnante sur le long terme. Une fois mariée, elle serait soulagée de s'être prêtée à l'exercice.

Astoria avait toujours imaginé que l'amour qu'elle partagerait avec son futur époux serait simple et naturel. Limpide et sans difficulté. Mais il s'agissait encore de sa naïveté. Durant la conversation, elle ne put s'empêcher de lui poser une question qui la taraudait depuis qu'elle avait reçu son invitation.

« Je dois admettre que j'ai été agréablement surprise de recevoir ton invitation. » avoua-t-elle.

Draco se tourna vers elle.

« Pour quelle raison ? » demanda-t-il, décontenancé.

« Eh bien, lors de notre dernière rencontre… » commença-t-elle d'un ton hésitant. « J… J'ai eu le sentiment que tu n'étais pas… intéressé. »

Daphné aurait probablement été furieuse si elle avait entendu ce commentaire, mais Astoria avait besoin de comprendre.

« Je ne voulais pas te donner cette impression. J'avais d'autres préoccupations... personnelles à régler. Je suis désolé de ne pas t'avoir accordé l'attention que tu mérites. » répondit-il d'une voix neutre.

Astoria sentit une légère rougeur monter à ses joues et porta vivement son verre à ses lèvres, agréablement surprise par ces mots. Elle réalisa avec soulagement que cela n'avait donc rien eu à voir avec elle. Elle avait cru pendant des mois avoir fait quelque chose de mal.

« Ce n'est rien. Je comprends. » assura Astoria en lui adressant un sourire radieux.

« Tu es certaine de ne pas vouloir un verre d'hydromel ? » demanda-t-il en levant un sourcil parfaitement arqué. « Ces évènements sont toujours mortellement ennuyeux. C'est la seule chose qui rend la soirée un peu plus supportable. »

Il avait dit cela avec une ironie évidente tout en saisissant un autre verre sur un plateau. Astoria réalisa que lui aussi, à l'instar de Daphné, n'aimait pas ce genre d'évènements. Elle esquissa un sourire timide et échangea son verre contre une flute d'hydromel.

Ce serait un compromis, décréta-t-elle. Elle prendrait soin de boire avec modération. Comme elle ne consommait pas souvent d'alcool, les effets se faisaient rapidement ressentir. Elle ne voulait pas agir de manière inappropriée en sa présence.

« Mais la situation a changé, depuis. J'aimerais que l'on apprenne à se connaitre davantage. » ajouta-t-il d'un ton calme.

Cette fois, Astoria ressentit un pincement excité dans son abdomen à l'entente de ses paroles. Daphné avait peut-être raison au sujet de ce revirement de situation. Elle avait prétendu que le fait de la voir avec Edmund lors du GAGE avait réveillé quelque chose chez Draco.

Daphné affirmait souvent que les hommes avaient un esprit de conquête prononcé. De nature, ils étaient des chasseurs et la compétition était un élément qui les motivait. La voir recevoir autant d'attention de la part d'Edmund avait peut-être décidé Draco à la prendre au sérieux.

Lors du diner, galvanisée par son attitude, elle en profita pour lui poser davantage de questions. Elle ne savait presque rien de lui, hormis les détails que tout le monde connaissait. Draco semblait toujours arborer un masque qui suggérait une certaine froideur. Elle se demanda si, en étant attentionnée et bienveillante, elle réussirait à briser ce mur qu'il avait érigé entre lui et le reste du monde.

« Daphné a toujours eu beaucoup de bien à dire à ton sujet. Elle m'a parlé de vos relations. » indiqua Astoria avec enthousiasme.

Draco leva un sourcil face à ce commentaire.

« Et qu'a dit Daphné au sujet de nos relations ? » demanda-t-il avec un intérêt poli.

« Vous êtes des amis proches depuis Poudlard. » expliqua Astoria.

Leur amitié semblait s'être renforcée après leur sortie de l'école, et ils échangeaient régulièrement des conseils dans leurs domaines professionnels respectifs. Tous deux avaient des postes à hautes responsabilités à un jeune âge, ce qui devait certainement leur donner des points communs.

Il laissa échapper un petit rire, bref et presque moqueur, qu'elle ne comprit pas. Elle ne se posa pas longtemps la question, car Draco l'invita à danser, et elle fut ravie d'accepter. Il posa une main sur sa taille, à distance raisonnable, mais avec fermeté.

« Que penses-tu de l'idée d'un mariage de convenance ? » demanda Draco d'une voix trainante tandis qu'il menait la danse.

Elle fut étonnée par le caractère direct de sa question.

« Eh bien, je suppose qu'il est important que les intérêts de deux familles se rejoignent dans une union. Je pense que des sentiments peuvent se développer avec le respect mutuel et la familiarité. » répondit Astoria.

« Tu as des idéaux romantiques concernant ce type de relation. » avança-t-il.

« Je crois qu'il faut travailler pour que l'union soit agréable. » affirma-t-elle.

Les questions étaient directes. Elle ne s'attendait pas à ce que l'on lui demande de telles choses et elle craignait que ses réponses ne soient pas conformes à ce que l'on attendait d'elle.

« Je crois que Voldemort fait parfaitement les choses et que si un couple se forme par sa volonté, quel qu'il soit, alors c'est toujours un excellent choix. Les sentiments peuvent évoluer avec le temps, à mesure que deux personnes apprennent à se connaitre et à s'apprécier mutuellement. Mais, cela doit être un effort commun et désiré. » dit-elle.

Draco lâcha un rire bref tandis qu'il la faisait tournoyer.

« C'est une façon intéressante de voir les choses. » se contenta-t-il de répondre. « Veux-tu des enfants ? »

« Ce serait un rêve et un honneur pour moi de pouvoir devenir mère. J'ai toujours rêvé de voir trois enfants courir dans les jardins. » admit Astoria avec un sourire.

« Dans la famille Malfoy, on ne fait généralement qu'un seul héritier. » commenta Draco avec détachement.

« Oh… Un seul enfant est aussi très bien. » se hâta-t-elle de répondre. « J'espère avoir une petite fille à chérir. »

« Les héritiers Malfoy sont quasiment toujours des mâles. »

« Ce… Ce serait une bénédiction de Voldemort, également. Tant que je peux vivre les joies de la maternité, je serai comblée. La famille est-ce qu'il y a de plus important pour moi. »

« Ne crois-tu pas que cela pourrait poser des problèmes avec ta carrière ? J'ai cru comprendre que les Médicomages ont un emploi du temps très chargé. »

« Mon travail me passionne, et j'apprends beaucoup. « Mais une fois mariée et mère, je me concentrerai entièrement sur ma vie de famille. », assura Astoria.

Elle était au courant que les Malfoy étaient très traditionnels. Elle avait entendu par Daphné que Lucius avait toujours critiqué l'ambition professionnelle de sa femme. La conversation la rendait nerveuse, mais le fait qu'il lui pose ces questions était bon signe. Cela signifiait qu'il la mettait réellement à l'épreuve et que l'idée d'une union potentielle l'intéressait.

Astoria s'aperçut que l'alcool commençait à lui monter à la tête. Elle avait tourné trop rapidement pendant leur danse. Alors qu'ils se promenaient dans les jardins, elle trébucha à deux reprises. Draco la retint pour éviter qu'elle ne tombe. Elle s'excusa profusément, un peu gênée.

« Je… Je suis navrée. Je ne suis pas habituée à consommer de l'hydromel. Je crois que je n'aurais pas dû prendre ce second verre. » avoua-t-elle.

« Pourquoi se priver des plaisirs de la vie ? » commenta-t-il, le regard rivé devant lui.

Elle resta quelques instants silencieuse, ignorant comment répondre.

« Je suppose que je serai disposée à les expérimenter avec la bonne personne. » dit-elle d'une voix un peu timide.

Il se tourna vers elle, un peu surpris par cette réponse et Astoria sentit ses joues s'empourprer violemment. Sa réponse était-elle trop audacieuse ? Elle ne voulait pas flirter trop ouvertement. Après tout, c'était aux hommes de faire preuve d'initiative et d'être direct. Le flirt des femmes était plus subtil. On laissait toujours un homme venir à soi. Draco l'observa de son regard impassible, comme si la jaugeait. Il tourna finalement la tête.

« Il commence à se faire tard. » dit-il en regardant sa montre. « Je devrais te raccompagner à ta diligence. Et puis, il n'est pas approprié pour une femme non mariée de rester trop tard à ces évènements. »

Même si elle était déçue de devoir écourter la soirée, elle ne put s'empêcher de trouver adorable sa façon de s'inquiéter d'elle et de sa réputation. Il savait se montrer galant et elle appréciait ce trait de caractère.

« J'ai passé une excellente soirée et j'ai beaucoup apprécié notre conversation. » avoua-t-elle alors qu'ils se dirigeaient vers la zone où se trouvaient les moyens de transport des invités.

Draco acquiesça.

« J'aimerais t'inviter à prendre le thé au manoir Malfoy, prochainement. Ce serait également l'occasion de rencontrer officiellement ma famille. » indiqua-t-il.

Astoria ouvrit grand les yeux, surprise par cette proposition. Elle avait dû faire une excellente impression pour qu'il lui propose de la revoir dans un cadre familial et plus intime.

« Ta compagnie a été très agréable, ce soir, Astoria. » dit-il.

L'entendre prononcer son nom lui procura une joie plus grande qu'elle n'aurait pensé.

« Et la tienne, également. Comptes-tu rester plus longtemps ? » demanda-t-elle tandis qu'ils atteignaient sa diligence et que le Mangemort qui l'escortait lui ouvrait la porte.

« Non. Je n'ai plus de raisons de rester ici. » répondit-il avec détachement.

Sa réponse la fit rougir. Il ne trouvait plus d'intérêt à rester si elle n'était plus présente. Le reste des festivités l'indifférait.

« Que Voldemort t'accompagne. » salua Draco.

« Puisse sa vigueur nous préserver. » répondit-elle avec un dernier sourire tandis qu'elle entrait dans la diligence.

Pendant tout le trajet du retour, Astoria ne put s'empêcher de rejouer toute la soirée dans sa tête, un sourire excité aux lèvres. Elle brûlait d'impatience de pouvoir en discuter avec Daphné.

En pénétrant dans le grand salon, elle y trouva Daphné, assise sur un fauteuil, absorbée par une épaisse pile de parchemins. Sa sœur lui jeta un regard déconcerté.

« Pourquoi es-tu rentrée aussi tôt ? » demanda-t-elle d'un ton désapprobateur, les sourcils froncés. « Est-ce que ça s'est mal passé ? »

« Oh non, Daphné, bien au contraire. La soirée a été merveilleuse, je suis tellement surprise. » se réjouit Astoria avec plaisir en s'asseyant à ses côtés.

Elle lui raconta avec fierté comment s'était déroulé le bal, et lui mentionna l'invitation de Draco au manoir Malfoy. Daphnée sembla agréablement surprise par son récit et la félicita chaleureusement.

« Je savais que ton charme finirait par opérer, Tori. » dit-elle avec satisfaction. » en caressant la joue de sa sœur, avec un très grand sourire.

/

« Cette zérémonie était tellement romantique. » commenta Fleur avec un long soupir béat. « J'adore les mariages. »

Elle exécuta un tour sur elle-même, sa longue robe rose satinée flottant autour d'elle, une lueur d'excitation dans ses grands yeux bleus. Elle s'approcha de Bill et lui saisit affectueusement le bras, en évitant de toucher l'avant-bras, dissimulé dans un plâtre, à cause d'une entorse recouvrée au travail.

« Za me donne presque envie de renouveler nos vœux, mon hippogriffe. Qu'en penses-tu ? » dit-elle d'un ton débordant d'espoir.

L'expression blasée de Bill fut suffisante pour témoigner de son sentiment au sujet de l'idée. Ginny réprima un petit ricanement.

« On verra dans quelques années, mon amour. » répondit Bill, faisant preuve de sa diplomatie légendaire.

Ginny savait que son frère priait probablement pour que l'idée sorte de la tête de son épouse. Fleur devenait extrêmement obsessionnelle lorsqu'elle avait une idée en tête. Elle ne lâchait pas l'affaire avant d'avoir obtenu ce qu'elle voulait. L'école privée de Victoire en était un exemple parfait. Elle avait soumis son mari à un harcèlement quasi quotidien pendant deux ans. Heureusement, Ginny avait pu faire intégrer Victoire dans une école de renom grâce à Draco.

« Ça me laizze du temps pour perdre du poids. » dit Fleur, la mine résolue.

Elle se plaignait régulièrement des kilos qu'elle avait amassés après ses deux grossesses et qui lui avaient fait "perdre sa silhouette de guêpe''.

« Tu es parfaite, ma chérie. Si ce n'est plus belle. » assura Bill.

« Flatteur. » commenta Fleur en souriant, avant de se mettre sur la pointe de ses talons pour poser un baiser sur sa joue.

Ginny n'était pas convaincue que son frère essayât de la flatter. Fleur était aussi belle et rayonnante qu'avant, malgré les changements que les années avaient apportés. Sans doute ses gènes de Vélane.

« Et je zuis zure ans quelques années, nous pourrons nous rabattre sur un autre mariage. N'est-ce pas Ginny ? »

Fleur s'était tournée vers elle, arquant un sourcil parfaitement dessiné.

« À vrai dire, Neville et moi avons justement quelque chose à vous annoncer. » commenta Ginny d'un ton formel, faisant écarquiller les yeux de Fleur.

Ginny saisit rudement le bras de Neville qui se trouvait à ses côtés, remuant les lèvres comme si elle allait l'embrasser. Ce dernier, déstabilisé et un peu choqué, la repoussa, les joues rouges.

« Elle plaisante. » assura Neville d'un ton embarrassé.

Ginny pouffa de rire et les visages de Bill et Fleur s'adoucirent.

Ginny était toutefois soulagée d'avoir pu changer de sujet. Sa vie amoureuse était un sujet qu'elle évitait de mentionner. Elle se demandait comment sa famille réagirait s'ils apprenaient la vérité sur sa relation avec Draco. Bill aurait sans doute une crise cardiaque.

Elle eut un petit pincement au cœur à la pensée de Draco. Depuis cette conversation mouvementée dans son appartement, ils ne s'étaient pas adressé la parole. Il était parti en trombe, visiblement irrité.

Elle était un peu déçue d'être de nouveau en froid avec lui, si peu de temps après leur réconciliation. Elle avait rapidement appris que les choses étaient constamment mouvementées entre eux, que ce soit dans le positif ou dans le négatif. Il n'existait pas de juste milieu. Ils vivaient une histoire faite de hauts et de bas, de moments d'intense passion et de profonds déchirements. Elle s'efforça de ne plus y penser. Elle ne voulait pas laisser son humeur se détériorer. Elle s'était jurée de passer une bonne soirée en compagnie de ses proches.

Ils venaient d'assister à la cérémonie de mariage de Cédric Diggory et de sa fiancée. Ginny et Bill avaient été recueillis par la famille Diggory après la destruction du Terrier. Ces derniers vivaient à quelques kilomètres seulement de leur maison d'enfance. Le père de Cédric, Amos, s'était chargé de fournir à Ginny une éducation magique afin de compenser les lacunes de celle qu'elle recevait à Néréide.

Les Diggory étaient des Sang-Pur, mais partageaient secrètement les mêmes idées que les Weasley sur le régime de Voldemort. Ils avaient pris soin de dissimuler leurs opinions politiques et n'avaient pas eu à subir les mêmes conséquences que les Weasley, des opposants assumés, lors de l'invasion des Mangemorts. Son épouse, Adelaïs, avait été une amie proche de Molly Weasley et avait même joué un rôle de mère de substitution pour Ginny jusqu'à son entrée à Néréide, à ses onze ans. Après avoir pris la décision de prendre son indépendance, Bill avait insisté pour prendre la responsabilité complète de Ginny, alors adolescente.

Elle considérait les Diggory comme des membres éloignés de sa famille et même s'ils ne s'étaient pas souvent vus ces dernières années, hormis durant quelques événements familiaux, elle entretenait de bonnes relations avec eux. Cédric et sa fiancée, que Ginny avait rencontrée à deux reprises, semblaient très heureux et leur cérémonie avait été touchante.

Ginny et les autres suivirent la foule qui marchait lentement dans la direction de la gigantesque tente déployée pour accueillir le reste des festivités. Ils prirent place à leur table tandis que Fleur posait une multitude de questions à Bill sur les traditions de mariage britanniques. En dehors de leur propre mariage, elle n'avait jamais assisté à un mariage britannique. Les amis qu'elle s'était fait à son arrivée au Royaume-Uni pour son échange scolaire l'avaient tout simplement rejetée en apprenant sa relation avec un homme au statut inférieur.

Le dîner de noces se fit dans une ambiance particulièrement festive. Des danseurs traditionnels se déplacèrent entre les tables, une fumée épaisse se dégageant de leurs pieds à chaque pas de danse. Des vers luisants, enfermés dans des bocaux, lévitaient dans les airs pour éclairer le chapiteau, changeant de couleurs de temps à autre.

« Tu as vu Olivier ? » chuchota Neville à l'oreille de Ginny. « Il n'arrête pas de te regarder depuis notre arrivée. »

Ginny hocha les épaules, désintéressée. Elle avait repéré Oliver Dubois plus tôt dans la journée, en compagnie de Katie Bell, une autre concurrente du Parcours de la Mort, avec qui il avait trompé Ginny pendant leur relation.

Elle ne leur avait pas porté attention. Elle n'avait pas vu Olivier depuis des mois et n'avait pas eu une seule pensée pour lui depuis très longtemps. Ginny était même surprise du sentiment que sa présence lui inspirait – une indifférence totale.

Elle suivit le regard de Neville et aperçu Olivier, installé à une table non loin de la leur. Leurs regards se croisèrent et il lui adressa un sourire auquel elle répondit davantage par politesse et obligation qu'autre chose. Elle avait même perdu tout désir de se montrer désagréable envers lui. Elle eut le temps de remarquer le regard brûlant de Katie, assise aux côtés d'Olivier, sur elle, avant de détourner les yeux.

« C'est de l'histoire ancienne. Pourquoi ne parle-t-on pas plutôt de ce jeune homme que tu n'arrêtes pas de regarder depuis la cérémonie ? » demanda Ginny d'un ton entendu. « J'ai cru voir de la bave au coin de ta bouche, Nev. »

Les joues de Neville prirent une teinte écarlate.

« Tu racontes n'importe quoi, je ne bavais pas. » protesta-t-il.

« Pas encore. » se moqua Ginny.

Neville était si facile à taquiner, même si elle le faisait toujours avec bienveillance. L'attirance de Neville envers les hommes n'était pas une information qu'il souhaitait divulguer. Il redoutait particulièrement l'opinion de sa grand-mère, Augusta Londubat, avec qui il vivait toujours. C'était une femme particulièrement castratrice qui l'empêchait de prendre son envol.

« Il est mignon. Tu devrais l'inviter à danser, tout à l'heure. » suggéra Ginny en lui faisant un clin d'œil. « Je suis certaine de l'avoir vu te regarder.»

« Je n'aurais jamais ce courage. » se plaignit Neville en secouant la tête, horrifié.

« Tu as juste besoin de courage liquide. » assura Ginny.

Elle remplit leurs verres avec une dose généreuse d'hydromel.

« Il est hors de question que je boive comme la dernière fois que l'on a passé une soirée ensemble. J'ai vomi toute la journée, le lendemain. » rappela Neville avec une grimace, se remémorant un souvenir désagréable.

« Promis, on sera sage. » assura Ginny avant de lui tendre son verre. « À quoi veux-tu trinquer ? »

« À trouver l'homme de notre vie ici, ce soir ? » suggéra Neville.

Ginny ricana.

« Nev, ne te fais pas trop d'illusions » dit-elle avec ironie.

« Je n'en suis pas si sûr. Olivier n'est pas le seul type qui te dévore des yeux. Je crois que tu as plusieurs admirateurs, ce soir. » fit remarquer son ami.

Ginny se contenta de sourire. Elle avait bien remarqué les regards insistants qu'elle avait reçus. Il fallait dire que la robe qu'elle portait était particulièrement éblouissante et la mettait en valeur. A son arrivée, Bill avait paru sur le point de faire un commentaire à sa soeur, mais avait été interrompu par son épouse qui avait vivement complimenté Ginny sur son apparence.

« Tu es fabuleuse, Ginny. Très chic. » s'était extasiée Fleur.

Elle n'avait pas prévu que sa tenue ferait autant d'effet. Elle aurait dû s'en rendre compte en observant la réaction de Draco lorsqu'elle avait essayé la robe quelques jours plus tôt. Elle n'avait pas réagi, habituée qu'elle était à son côté possessif.

Deux heures plus tard, Ginny et Neville dansaient joyeusement sur la piste de danse improvisée de la tente. Du coin de l'œil, elle vit le jeune homme avec qui Neville avait échangé des regards furtifs toute la journée. Avant que son ami ne puisse réagir, elle le poussa délicatement en avant. Il bouscula l'homme et se retourna vivement, prêt à s'excuser. Neville se figea en le reconnaissant. L'homme inconnu poursuivit sa danse, invitant Neville à le rejoindre. Ginny afficha un sourire satisfait avant de s'éloigner, les laissant tous les deux. Neville était un garçon réservé qui n'avait pas l'habitude de sortir de sa zone de confort ou de prendre des initiatives. Un petit coup de main – ou d'épaule - lui serait bénéfique.

Ginny sortit de la tente afin de prendre l'air. Elle attrapa un verre d'eau au passage. L'air était lourd et immobile. Aucun courant d'air ne dissipait la chaleur, à l'inverse de ce qui se passait à l'intérieur de la tente où un sort avait été lancé. Elle emprunta une allée pavée qui menait vers un petit chemin.

« Ginny ? » entendit-elle derrière son épaule, quelques instants plus tard.

Elle fit volte-face et son regard croisa celui d'Olivier Dubois. Elle s'empêcha de souffler. Que lui voulait-il ? Elle passait une excellente soirée et elle n'avait pas le désir de la gâcher par sa faute.

« Olivier. » dit-elle avec un soupir de lassitude.

« Hey, Gin. Comment vas-tu ? Ça fait un bail que je ne t'ai pas vue. Tu ne vas plus au Chaudron Baveur ni aux courses. »

Suivait-il vraiment ses faits et gestes pour en arriver à cette conclusion ? Dans une vie antérieure, elle aurait sûrement posé cette question à voix haute. Elle n'en fit pourtant rien. En réalité, elle s'en moquait profondément.

« J'ai un travail prenant. » répondit-elle d'un ton plat.

« Je t'ai envoyé plusieurs lettres et tu n'as répondu à aucune d'elles. Je suis même passé te voir, mais tes voisins ont dit qu'ils ne te voyaient plus. » indiqua-t-il.

« J'ai déménagé. » annonça simplement Ginny.

Elle trouvait curieux de ne pas avoir reçu ses lettres. Draco avait souscrit une prestation auprès des services postaux pour que son courrier soit redirigé vers son nouvel appartement.

Olivier resta silencieux quelques instants, cherchant ses mots. Il semblait soudainement intimidé, ce qui la surprit. Il avait toujours eu l'air sûr de lui. Il aimait se montrer et être le centre de l'attention. À l'époque, Ginny avait trouvé flatteur d'être la petite amie du garçon populaire.

Elle se rendait compte à présent à quel point elle détestait cette attitude. Ce qu'elle avait pris pour de la confiance excessive n'était en fait qu'une quête d'admiration et d'approbation de la part des autres. Il était très loin d'avoir la confiance tranquille mais pourtant si éloquente de Draco, qui n'avait pas besoin de dire quoi que ce soit pour se faire respecter.

« Ça me fait plaisir de te voir. » admit Olivier avec un sourire. « Avec qui es-tu venue ? »

Le ton était neutre, mais elle sentit de l'attente derrière ses paroles.

« Neville. » informa Ginny.

« Oh, cool. » répondit-il.

Elle ne manqua pas l'expression de soulagement qui se glissa sur son visage.

« À vrai dire… Je… Si je voulais te voir, c'était pour m'excuser de ce qui s'est passé entre nous. Je sais que tu dois encore me détester et je suis désolé pour ce que je t'ai fait endurer. Si je pouvais revenir en arrière, je ferais les choses différemment. Tu me manq… »

« Olivier, arrête. » coupa Ginny, peu disposée à entendre la suite.

Ses excuses auraient dû arriver plus tôt. Elle n'en avait désormais plus besoin.

« Crois-moi, je ne te déteste pas. « Cela a été le cas pendant un moment après notre rupture, mais cela m'est passé quand j'ai réalisé quelque chose. » admit-elle.

« Réalisé quoi ? demanda-t-il, confus.

« Tes infidélités n'avaient rien à voir avec moi. Pendant très longtemps, je me suis demandée pourquoi je ne te suffisais pas. Pourquoi tu étais toujours infidèle. Je me suis demandée si le problème venait de moi. » admit-elle. « Mais j'ai réalisé que non. Tu as des problèmes, Olivier. Ton attitude n'avait rien à voir avec ce que je faisais ou non. J'aurais pu être la petite amie parfaite sur tous les plans, et tu serais quand même allé voir ailleurs. Tu as un problème que tu dois résoudre et je ne pense pas que passer constamment d'une femme à une autre te rendra heureux. »

Olivier ne répondit pas, visiblement heurté par ses mots. Elle vit à son visage que la situation le perturbait.

« Je ne veux plus perdre de temps à ressasser le passé. Je te souhaite beaucoup de bonheur. Et si c'est avec Katie que tu le trouveras, tant mieux pour toi. Quant à moi, je suis passée à autre chose. Définitivement. »

Elle avait insisté sur ce dernier mot.

« Au revoir, Olivier. » dit-elle avant de s'éloigner.

Elle n'avait pas imaginé que cette dernière conversation lui serait utile. Elle réalisait maintenant qu'elle avait besoin de tourner la page une bonne fois pour toutes, et c'était désormais chose faite.

Elle fit demi-tour et se dirigea vers le chapiteau. Elle eut une grimace en croisant Katie Bell, qui semblait furieuse. Elle cherchait probablement son petit ami. Ginny ne connaissait que trop cette situation pour l'avoir vécu pendant des années. Le chaperonner constamment. S'imaginer le pire lorsqu'il était absent. Ce stress et ce doute permanents avaient été particulièrement pénibles à vivre.

Katie s'arrêta devant elle et Ginny réprima un grognement de frustration. Elle n'avait pas consommé suffisamment d'alcool pour tolérer ces conversations désagréables.

« Que veux-tu à Olivier ? » rugit la jeune femme, en colère. « Encore combien de temps vas-tu lui tourner autour ? Il est avec moi, maintenant. »

Ginny la fixa longuement, ahurie. Dans d'autres circonstances, l'éclat de cette femme l'aurait mise hors d'elle. En effet, la situation était des plus cocasses. Katie était anxieuse, car elle savait quelles circonstances avaient entouré le début de sa relation avec Olivier. Elle craignait sûrement de subir le même traitement qu'elle avait infligé à Ginny.

« Je t'arrête tout de suite, Bell. Je ne te dois rien. » répondit Ginny d'un ton sec. « Si tu as des questions, c'est à lui qu'il faut s'adresser. C'est lui qui m'a suivie jusqu'ici et qui cherche toujours à me contacter. »

Le visage de Katie se décomposa.

« Si ça peut te rassurer, je ne veux plus de lui. Et très sincèrement, je te plains. C'est à ton tour de gérer ses infidélités continuelles. Si tu penses avoir gagné quelque chose avec lui, laisse-moi te dire que tu te trompes lourdement. Il ne s'intéresse qu'aux choses qu'il ne possède pas. C'est pour cette raison qu'il est venu me voir ce soir. »

Olivier était en quête permanente de nouveauté. Dès qu'une situation devenait trop stable et acquise à son goût, il partait à la recherche d'autre chose. Les cartes étaient inversées. Désormais qu'il était en couple avec Katie, il ne pouvait s'empêcher de retenter sa chance avec l'ex qui ne voulait plus de lui. Il n'avait aucun respect pour Katie, mais elle ne s'en rendait pas compte. Peut-être refusait-elle de voir la réalité, comme Ginny l'avait fait pendant de nombreuses années.

« Es-tu prête à subir tout ça pendant les prochaines années ? Personnellement, je refuse de le faire et c'est pour cette raison que je l'ai quitté et que je ne le reprendrais jamais. Alors par pitié, laissez-moi tranquille. » répondit-elle avec agacement avant de s'éloigner, sans donner à Katie l'occasion de répondre quoi que ce soit.

À son retour sous la tente, Neville vint à sa rencontre.

« Tu m'as tendu une embuscade. » l'accusa-t-il, faussement contrarié.

Elle esquissa un sourire navré.

« Ne prétends pas que tu es malheureux du résultat, Nev. » se moqua-t-elle en lui tirant la langue. « Alors, comment est-il ? »

« Incroyable. » commenta Neville avec enthousiasme. « Il s'appelle Corey et il est assistant fabricant de baguettes. »

« Un homme qui sait utiliser ses mains. Sexy. » commenta Ginny avec approbation.

Elle reçut un coup de coude de la part de Neville et éclata d'un rire bruyant.

« C'est un Sang-Pur. » dit Neville avec déception.

« Et alors ? »

« Que va-t-il penser en apprenant mon statut inférieur ? Je crois qu'il vaut mieux en rester là. » décréta Neville, la mine défaitiste.

« Neville. Qui ne tente rien n'a rien. Peut-être qu'il se fichera complètement de ton statut. Qui sait ? Regarde Bill et Fleur. » insista-t-elle.

Son ami ne parut pas convaincu.

« Ce n'est qu'une conversation. Ça ne veut pas dire que tu vas rester avec lui pour toujours. Peut-être que tu devrais le laisser jouer avec ta propre baguette, sans attaches. »

« Ne sois pas si vulgaire, Ginny. »

Cette dernière retenait désormais un fou rire et elle passa les minutes suivantes à faire des blagues douteuses sur la spécialité de l'homme. Une heure plus tard, elle vit arriver à leur table le dénommé Corey, sourire aux lèvres.

« Je vous laisse. » dit Ginny d'un ton entendu à l'attention de son ami, lui envoyant un clin d'œil avant de se relever. « On dirait que Bill et Fleur me cherchent. »

Elle sourit à Corey en lui faisant signe de s'asseoir à la table, ce qu'il fit en lui adressant un regard reconnaissant. Elle traversa la piste de danse, où la fête était en pleine effervescence, pour retrouver son frère et sa belle-sœur. Elle aperçut finalement Bill et Fleur à l'entrée du chapiteau. Cette dernière était dans un état d'ébriété avancé et elle avait du mal à rester debout. Bill, comme à son habitude, était sobre et observait avec amusement les frasques de son épouse. Il ne consommait jamais d'alcool pour une raison que Ginny ignorait.

« Je crois que nous n'allons pas tarder. » indiqua Bill à la vue de Ginny. « Fleur a bu assez d'hydromel pour une année entière. »

Fleur émit un grognement étrange et peu féminin qui contrastait avec son apparence tirée à quatre épingles et qui les fit rire.

« Je t'aide à la raccompagner ? » demanda Ginny en désignant son plâtre.

« Ça ne serait pas de refus. » accepta Bill avec reconnaissance.

Ginny saisit le bras de Fleur et Bill fit de même avec son bras valide. Ils se dirigèrent vers le chemin menant au poste de cheminées temporaires, installé pour l'occasion.

« Tu pourras te débrouiller pour le reste du trajet ? » demanda Ginny.

Son frère hocha la tête.

« Embrasse les filles de ma part. Je viendrais chercher Victoire pour notre petite soirée pyjama, comme promis. » prévint Ginny.

« Par pitié, oui. Elle nous bassine avec cette histoire. »

Ginny hocha la tête et posa une bise sur la joue de son frère et étreignit brièvement sa belle-sœur avant qu'ils ne sautent dans l'âtre de la cheminée et disparaissent dans une flambée verte.

Alors qu'elle se remettait en route, elle réalisa que ses pieds la faisaient souffrir après des heures passées à marcher et à danser sur ses talons hauts. Elle ralentit le pas. Ginny entendit des bruits de roues derrière elle et se retourna promptement. Elle vit une diligence qu'elle connaissait rouler lentement derrière elle et s'arrêter à son niveau. Elle fronça les sourcils, perturbée par cette arrivée impromptue.

La porte de la diligence s'ouvrit, et Draco apparut à l'intérieur. Elle jeta des regards paniqués autour d'elle. Quelle imprudence de sa part de se présenter ici après la promesse qu'ils avaient faite à sa mère – celle de ne jamais être aperçus ensemble en public.

Il n'y avait personne dans les environs hormis quelques invités. Ils étaient suffisamment éloignés pour ne pas voir qui se trouvait à l'intérieur du véhicule. Elle se concentra sur Draco, partagé entre la frustration et la surprise.

« Valeur et vigueur, Ginevra. » dit-il d'une voix plate.

« Que fais-tu ici ? » demanda-t-elle un peu froidement, sans répondre à sa salutation. « Je croyais que tu étais à ce bal. Et comment savais-tu où j'étais ? »

Il savait qu'elle assisterait au mariage de Cédric, mais elle n'avait pas donné de détails sur les lieux des festivités.

« Monte. » se contenta-t-il de répondre.

Ginny se raidit aussitôt, n'appréciant guère la manière dont était formulée la requête.

« Pour quoi faire ? Je dois rejoindre mes amis et les festivités. » dit-elle en croisant les bras.

« S'il te plait, Ginevra. Monte. »

Son ton ne sonnait pas comme un ordre. Il lui parut presque quémandeur, ce qui était inhabituel avec lui. Elle hésita pendant de longues secondes. Elle n'avait pas l'énergie de se lancer dans une énième dispute. Le fait qu'il ait écourté son bal pour la rejoindre ici lui parut toutefois curieux.

Elle finit par céder et monta à bord de la diligence, en prenant soin de claquer la porte derrière elle. Elle s'installa sur la banquette face à Draco, gardant ses distances, les bras toujours croisés.

« Je suis désolé. » dit finalement Draco après un long silence. « Pour mon comportement, la dernière fois. »

Elle le contempla avec stupéfaction, surprise qu'il s'excuse sans détour ni marchandage, chose qu'elle peinait à obtenir de lui en général. Une partie d'elle voulait rester fâchée, mais elle n'y parvenait pas. Elle en avait assez de se quereller. Elle savait qu'elle avait sa part de responsabilité dans la situation. Elle l'avait provoquée volontairement.

« Je te pardonne. » dit-elle finalement en se détendant.

Un petit silence s'installa.

« Alors… Comment s'est passé ta soirée ? » demanda Ginny avec curiosité.

« Mortellement ennuyeuse. » répondit-il en levant les yeux au ciel.

Elle ressentait un élan de soulagement. Même si elle ne voulait pas l'admettre, elle avait craint qu'il s'amuse avec cette femme.

« Et la tienne ? » demanda Draco en l'observant attentivement.

« Très bien mais tout le monde est ivre, ça commence à devenir un peu intense. » révéla-t-elle.

« Est-ce que tu veux rentrer ? » proposa-t-il.

Bien qu'il ait formulé sa question de manière diplomatique, elle savait pertinemment qu'il espérait qu'elle réponde par l'affirmative. Il ne voulait cependant pas lui imposer quoi que ce soit, ce qu'elle appréciait grandement. Le fait qu'il se déplace pour s'excuser, écourtant sa propre soirée, aidait également à faire passer la pilule. En toute honnêteté, elle n'avait pas envie de rester plus longtemps. Neville était en bonne compagnie et ne serait probablement pas dérangé par son absence.

« Très bien. » céda finalement Ginny. « Tu as du parchemin ? »

Draco ouvrit un tiroir situé sous la vitre de la diligence, dans lequel se trouvait un carnet. Il déchira une page qu'il lui tendit. Ginny s'empara de sa baguette et ensorcela le papier qui prit la forme d'un volatile. Elle marmonna quelques mots au papier avant d'ouvrir la diligence et de le lancer dans l'air. Le volatile s'élança en direction de la tente. Le message avertirait Neville de son départ. Elle avait prétexté être rentrée au même moment que Bill et Fleur. Elle se tourna vers Draco.

« Allons-y. » dit-elle.

Il hocha la tête et frappa contre la vitre de la diligence. Aussitôt, le véhicule se mit en route, roulant quelques instants avant de s'élever dans les airs. Draco tendit sa main vers elle et Ginny la saisit, le rejoignant sur sa banquette.

Il la prit sur ses genoux et elle enroula ses bras autour de sa nuque. Il observa sa tenue de haut en bas.

« Tu es spectaculaire. » la complimenta-t-il avec appréciation.

« Pourtant, la dernière fois, tu ne semblais pas l'apprécier », taquina-t-elle en lui caressant affectueusement les cheveux.

Heureusement pour Ginny, elle avait pu faire appel en urgence au tailleur de Pansy qui avait réussi à restaurer la robe. Draco eut l'élégance de paraître navré. Il enfouit son visage dans sa nuque, respirant l'odeur de ses cheveux.

« Je crois que je l'apprécierai davantage quand je pourrai la retirer. » dit Draco à son oreille.

Son souffle lui provoqua un frisson agréable dans la nuque. Elle lui adressa un sourire entendu avant de déposer ses lèvres sur les siennes, l'embrassant passionnément tandis qu'il resserrait son étreinte sur sa taille.

Lorsqu'ils sortirent de la diligence, plus tard, Ginny lança un regard gêné au Mangemort qui escortait Draco tandis qu'elle ajustait sa robe. L'apparence de Draco n'était pas des plus élégantes non plus. Ses cheveux étaient en bataille, les trois premiers boutons de sa chemise étaient ouverts et il n'avait plus son nœud papillon. Il garda cependant son air impassible alors qu'il sortait derrière elle.

Elle s'était demandée si la diligence n'était pas arrivée depuis un moment à sa destination. Après tout, le trajet n'était pas si long. À l'intérieur, elle avait eu l'impression que les mouvements de vol avaient cessé et que seuls d'autres mouvements l'avaient secoué. Elle fut embarrassée un instant en comprenant que le Mangemort avait probablement attendu patiemment qu'ils terminent leurs activités.

Elle se demandait parfois ce que cela faisait que d'occuper une telle position. Ils suivaient leur protégé en silence, sans se faire remarquer, suivant la moindre de leurs instructions. Un quotidien de servitude, presque semblable à celui des elfes de maison. Draco lui avait expliqué que les Mangemorts signaient un vœu de servitude au profit du régime.

Selon ses dires, ils ne devaient rien révéler sur les faits et gestes de leur protégé que dans l'exercice de leur fonction. Cela avait pour but de garantir la confiance entre les deux parties et que les protégés ne tentent pas de s'échapper pour mener des activités secrètes ou répréhensibles, ce qui pourrait mettre leur sécurité en danger.

Ginny avait compris depuis qu'elle était dans ce milieu que, malgré les grands principes de l'élite du régime, la plupart d'entre eux n'étaient pas aussi parfaits et innocents qu'ils voulaient bien le faire croire.

Ginny fut ravie de pouvoir enfin se glisser dans ses draps, plus tard dans la nuit. Elle ferma les yeux de contentement lorsque Draco l'enlaça par-derrière.

« Je peux te poser une question ? » demanda-t-elle.

Elle ignorait si elle allait le regretter. L'alcool qu'elle avait ingéré lui donnait un courage factice.

« Hm hm. »

« Tu n'as pas de réticences à fréquenter cette fille ? Greengrass. »

Il garda le silence, comme s'il hésitait à répondre. Elle se retourna pour lui faire face.

« Non. Ma mère me l'a demandé. C'est important pour nous. C'est tout ce qui m'importe. » répondit-il finalement, après un bref silence.

« Certes, mais qui te dit qu'elle ne tombera pas amoureuse de toi. »

L'année dernière, elle avait brièvement conversé avec Astoria lors de l'anniversaire de Pansy. Elle avait trouvé la jeune femme charmante et agréable, contrairement à sa sœur ainée.

« Je n'ai aucun intérêt pour elle, et n'en aurai jamais. »

« Comment tu peux en être si certain ? » insista Ginny.

Leur propre relation n'avait pas eu un début prometteur. Et pourtant, à force de fréquenter l'autre, les choses avaient pris une autre tournure.

« Tu te souviens de notre première rencontre ? » demanda Ginny.

« Comment oublier ? » demanda-t-il d'un ton sarcastique.

Elle ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire.

« Qu'as-tu pensé de moi ? » demanda Ginny avec curiosité.

« Cette fille est incroyablement jolie mais tellement insolente que ça gâche tout. » répondit Draco avec un soupir dramatique.

Ginny lui donna une tape, faussement vexée, et il esquissa un sourire.

« Je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas réagi à ton insolence, ça ne me ressemble pas. » dit-il.

« Avant ton entrée dans la boutique, j'ai renversé des potions de confusion. J'imagine que tu as dû en inhaler involontairement, » avoua-t-elle avec un sourire gêné.

Elle se souvenait encore du sermon qu'elle avait reçu de la part de son ancien patron, Caractacus Burke.

« Que faisais-tu là-bas, d'ailleurs ? » demanda Ginny.

Elle était surprise de le voir accomplir cette tâche lui-même. Maintenant qu'elle le connaissait, elle savait qu'il avait des personnes à disposition pour exécuter ce genre de tâches pour lui.

« Je récupérais un colis important pour ma mère. » répondit Draco. « Elle insistait pour que j'y aille. J'étais déjà pressé et irrité par son insistante et évidemment il a fallu que tu en rajoutes une couche ce jour-là. »

Ginny laissa échapper un rire.

« Qu'as-tu pensé de moi ? » demanda-t-il.

« Que tu étais incroyablement irritant. Qui aurait cru qu'on en serait arrivé là, et que tu te retrouverais dans mon lit après tout ce temps. », dit-elle en soupirant longuement et en secouant la tête, comme si elle ne parvenait pas à y croire.

Draco se redressa et de la pointe de son pouce, caressa lentement les lèvres de Ginny.

« Cette bouche… Si insolente... » mumura-t-il.

« Tu étais un amateur du ''Sois belle et tais-toi ?'' » se moqua-t-elle.

« Non. Je suis heureux que tu n'aies jamais voulu te taire. Aussi frustrant que cela puisse être parfois, c'est ce que j'aime chez toi. Tu ne te prives pas de me dire des choses désagréables. Tu n'es pas intimidée par mon statut. C'est... rafraichissant. » admit Draco d'un ton pensif.

Il reporta son attention sur elle.

« Tout ça pour dire qu'Astoria Greengrass ne m'intéresse pas parce qu'elle n'est pas toi. » dit-il.

Sa réponse la prit de court.

« C'est ce que tu voulais entendre ? » ironisa-t-il.

« Je n'en espérais pas autant, mais je ne vais pas prétendre que ça ne me fait pas plaisir. » avoua-t-elle avec un sourire en coin.

Elle écarta une mèche de cheveu qui tombait sur son front. Draco se rallongea à ses côtés et Ginny se tourna, plaçant son dos contre sa poitrine.

« Je sais que tu sais ce que tu fais. Je te fais entièrement confiance. Je ne t'embêterais plus avec ça. » assura-t-elle. « Je t'aime. »

En guise de réponse, il resserra son étreinte sur elle.

/

« Il est temps pour toi de payer pour tes péchés, Sang-de-Bourbe. » annonça la voix grave de l'Exécuteur.

Hermione jeta des regards affolés autour d'elle, entourée par des figures masquées. Ils étaient serrés en un cercle autour d'elle, leurs baguettes pointées dans sa direction.

Elle poussa un cri en sentant une personne lui saisir fermement les bras et la tirer brutalement vers un grand bûcher qui se trouvait au centre d'un cercle.

« Par pitié... » sanglota-t-elle entre ses larmes. « Je ne veux pas mourir. »

« Nous ne te laisserons pas souiller notre sang sacré plus longtemps. » poursuivit l'homme d'une voix menaçante.

On l'attacha au bûcher, ignorant ses supplications. Elle lutta de toutes ses forces, sans succès.

« Aujourd'hui, Voldemort m'en soit témoin, tu brûleras sous les flammes de la justice et de la pureté. » annonça l'Exécuteur.

Il pointa sa baguette en direction d'Hermione et hurla une incantation, faisant apparaître des flammes peu naturelles. Elles prirent la forme d'une chimère et se dirigèrent vers Hermione.

Hermione ouvrit brusquement les yeux, son cœur battant à toute allure. Il lui fallut plusieurs secondes pour réaliser qu'elle ne se trouvait pas dans cet endroit terrifiant, attachée à un bûcher, sur le point de brûler vive.

Encore ce cauchemar horrible qu'elle faisait depuis des années. Pendant son séjour à l'Ambrosia, les drogues avaient altéré son esprit, lui faisant oublier tous ses rêves.

À mesure que son sevrage progressait, ses rêves faisaient de nouveau surface. Et ses cauchemars, également. Une fois qu'elle eut surmonté son désarroi, Hermione se rendit compte que c'était la première fois depuis son arrivée ici qu'elle se réveillait sans avoir ces horribles sensations de manque auxquelles son corps s'était habitué.

Depuis sa fuite de l'Ambrosia, elle avait dû lutter pendant que son organisme s'adaptait à l'absence du cocktail du bonheur de Van Detta. Avec le temps, les sensations désagréables et handicapantes étaient devenues plus supportables. Elles avaient désormais disparu et Hermione se sentait mieux. Du moins, physiquement.

Depuis son arrivée, elle n'avait pas quitté les quatre murs qui l'entouraient. Trop absorbée par son sevrage, elle n'avait pas eu la tête à poser des questions. La dénommée Marlène agissait comme une guérisseuse et semblait avoir ses habitudes dans l'infirmerie. Pendant sa convalescence, Hermione l'avait même vue examiner une femme enceinte dans la pièce.

Hermione avait simulé dormir à ce moment-là, essayant d'entendre leur conversation. Elle n'avait rien entendu d'intéressant sauf une complainte interminable de la femme au sujet du père de son bébé et de leurs relations conflictuelles.

« Je suis enceinte, pas souffrante. » s'était plaint la femme enceinte, en passant une main dans sa coupe courte d'un bleu électrique.

« Je sais, Tonks » avait répondu patiemment Marlène. « Laisse-lui du temps. Tu sais comment est Remus. »

« Nous n'avons pas de temps. Le bébé va bientôt arriver. Je refuse d'avoir les mêmes discussions quand il sera là. » dit Tonks d'un ton frustré. « Les choses sont assez frustrantes, ainsi. Ils m'interdisent de participer à quoi que ce soit à cause de ce qui s'est passé chez les Goules Insoumises. »

« Shhh. » réprima Marlène. « Ne parle pas de ça ici. »

« Désolée. Elle dort. » répondit Tonks d'un ton navré.

La conversation en était restée là et Hermione avait compris que c'était à elle que Tonks faisait référence. Elle se demanda qui étaient les Goules Insoumises. Elle n'avait pas revu Ivo depuis son premier réveil. Harry Potter lui avait promis qu'une fois qu'elle se montrerait plus bavarde, ils se reverraient. Le premier jour, Hermione avait catégoriquement refusé de lui révéler quoi que ce soit. Même si ces gens l'avaient aidée à fuir l'Ambrosia, elle ne les connaissait pas et ne leur faisait pas confiance. De plus, leurs attitudes mystérieuses et secrètes éveillaient ses soupçons.

« Comment tu te sens ? Tu sembles en meilleure forme. » commenta Marlène, sortant Hermione de ses pensées.

Hermione se tourna vers elle, surprise. Elle n'avait pas remarqué sa présence dans la pièce.

« Mieux. » avoua-t-elle. « Du moins physiquement. »

Si son corps était guéri, son esprit, lui, était tourmenté. Le cocktail de Van Detta avait pour effet de la déconnecter de la réalité et de l'empêcher de penser à ses soucis, tout en l'enveloppant dans un nuage protecteur. Depuis que son bouclier artificiel lui avait été ôté, elle était confrontée à ses émotions. Et la sensation était brutale.

Ses cauchemars étaient particulièrement atroces. Ils étaient si réels qu'ils lui faisaient peur. Ils mêlaient la réalité et des souvenirs qu'elle avait tenté de refouler - notamment les horreurs qu'elle avait vécues à l'Ambrosia.

Enfermée dans cette pièce, sans aucun moyen de s'occuper ou de penser à autre chose, les souvenirs commençaient à l'envahir, lui tordant l'estomac et la faisant tomber dans un état dépressif profond. Parfois, elle en venait à regretter les douleurs physiques. Elles étaient plus faciles à supporter que les blessures mentales.

« Quand vais-je pouvoir sortir d'ici ? » demanda Hermione dans un souffle, sa voix à peine audible.

« Comme je te l'ai dit la dernière fois, je ne prends aucune décision, ici. » dit simplement Marlène. « Mais si tu es prête à discuter cette fois, je peux appeler Harry. »

Hermione réprima un soupir de résignation. Elle hocha la tête.

« Je vais le prévenir. » annonça Marlène en hochant la tête.

Elle lui tendit la même potion qu'elle lui avait donnée depuis son arrivée pour soulager la douleur de son abdomen, touché par un sort d'un garde de l'Ambrosia. Hermione l'ingurgita d'un trait. La substance lui avait permis de soulager grandement son inconfort. Elle avait hésité à la prendre la première fois vu ses récents antécédents avec des potions mystérieuses, mais la concoction s'était révélée efficace et sans effets secondaires jusqu'à présent.

« Combien de temps vais-je me sentir ainsi ? » demanda Hermione avec frustration.

« Ça dépend. Ça peut prendre des semaines, des mois ou des années. Tu n'as été dépendante que quelques semaines, donc ça ne devrait pas être aussi extrême. Il faut du temps pour que ton cerveau se libère de cette emprise. La dépression est normale après l'arrêt de la consommation. Et, compte tenu de ce que tu as vécu… » chuchota Marlène sans finir sa phrase.

Elle hésita longuement, comme si elle cherchait les mots justes.

« Mais tu dois comprendre quelque chose. Tu resteras toujours dépendante d'une certaine manière. Une fois accro, on le redevient facilement. Ce sera un combat jusqu'à la fin de ta vie. Le sevrage physique, même s'il est horrible, est la partie la plus facile. Le plus dur est maintenant de ne pas replonger. Ne pas céder à ces envies qui pourront survenir. Ne pas céder à la tentation de consommer quelque chose quand tu traverses une mauvaise passe. C'est un travail quotidien. »

« Cela a eu l'air de bien fonctionner pour toi. » fit remarquer Hermione.

« Oui, mais ce ne serait pas juste de ma part de prétendre que c'est facile. J'ai eu des rechutes après ma fuite, avec d'autres substances. Ça fait deux ans que je n'ai rien touché, mais j'ai encore des envies, parfois. » admit Marlène avec sincérité.

Une personne tapa à la porte et Marlène se dirigea vers cette dernière. Hermione vit un homme dans l'embrasure de la porte avant que Marlène ne quitte la pièce.

Dès que la porte fut refermée, Hermione se leva. Elle s'élança vers le sac que Marlène avait laissé sur sa chaise, ouvert. Elle fouilla à l'intérieur, à la recherche de quoi que ce soit. Elle ne trouva que des potions et des ingrédients divers. Elle vit quelque chose dépasser de la poche intérieure du sac. Une paire de ciseaux. Après une courte hésitation, elle s'en saisit et le cacha sous l'oreiller du lit.

Elle ne savait même pas pourquoi elle avait pris cet objet. Probablement parce qu'elle n'avait pas d'arme à sa disposition. La sensation d'être vulnérable et exposée à tout danger pendant sa captivité à l'Ambrosia avait été particulièrement angoissante. Cela lui donnait une vague sensation de protection.

Quand Marlène revint dans la pièce, elle arborait un air ennuyé. Elle rangea rapidement le sac de soins et prit congé, en recommandant à Hermione de se reposer davantage.

La jeune femme tomba dans un sommeil profond. La potion que Marlène lui avait donnée un peu plus tôt commençait à faire effet, et elle avait maintenant une irrépressible envie de dormir.

Son sommeil fut agité par des cauchemars atroces. Cette fois ce ne fut pas au feu brûlant qu'elle rêva, mais à l'Ambrosia. Elle se revit dans l'une des chambres, à la merci de cet homme fou furieux qui avait failli la tuer.

À son réveil, son corps était en sueur et des larmes abondantes coulaient sur ses joues. Les seuls sons audibles dans la pièce étaient ses propres sanglots, désespérés et sans réconfort.

Elle avait le ventre noué à cause de son dégout. Cette impression d'impureté et de souillure la quitterait-elle un jour ou serait-elle condamnée à revivre sans cesse les souvenirs du supplice qu'elle avait vécu ?

Ce jour-là, sous la menace de ce forcené, Hermione avait simplement envisagé d'abandonner. Elle ne s'était pas débattue, espérant pendant un instant qu'elle finirait par tout simplement partir. Elle avait accueilli cette perspective avec un sentiment de bien-être. Cela lui était apparu comme la seule solution à cette situation qu'elle voyait sans issue.

Partir pour oublier. Pour ne plus souffrir.

Hermione glissa sa main sous l'oreiller, et enfouit sa tête dedans, le serrant fermement. Ses doigts touchèrent quelque chose de métallique. Elle prit la paire de ciseaux et observa longuement les lames tranchantes en acier étincelant à la lueur de la bougie sur la table de chevet.

Après une courte hésitation, elle se redressa et se dirigea vers la petite salle de bain attenante à la pièce, puis ferma la porte. Elle se posta devant le miroir et observa son reflet avec difficulté. Elle avait peiné à le faire ces derniers temps. L'image qu'il lui renvoyait était celle d'une autre Hermione. Une femme détruite. Elle voyait toute son angoisse reflétée dans ses yeux et cette vision était des plus insupportables.

Elle baissa les yeux vers les lames tranchantes de la paire de ciseaux, son cœur battant soudainement la chamade dans sa poitrine. Elle ressentit une montée d'adrénaline semblable à celle qu'elle avait ressentie lorsque le cocktail du bonheur de Vivienne van Detta touchait ses lèvres et qu'elle allait ressentir une vague d'euphorie soudaine et libératrice.

Une image forte et accablante s'imposa dans son esprit, le submergeant totalement.

Il serait si simple de déposer la lame du métal luisant sur ses poignets. Les taillader et voir le sang couler. Peut-être qu'elle trouverait enfin le repos. Que ses années de souffrances toucheraient à leur fin ?

Elle ferma les yeux et une autre image s'imposa dans son esprit. Des visages. Celui de Théodore. Ceux de ses parents. Celui de Ginny. Celui d'Ivo. Elle ferait profondément souffrir toutes ces personnes si elle allait jusqu'au bout. N'avait-elle pas déjà suffisamment fait souffrir ces gens ?

Elle rouvrit les yeux, croisant son regard à travers le miroir. Elle leva les ciseaux en direction de son visage, la main tremblante de nervosité. Puis, d'un geste décidé, elle saisit fermement une poignée de cheveux et commença à les couper avec les ciseaux, avec hargne. Ses gestes étaient brutaux et frénétiques, et ses longues boucles serrées tombèrent à ses pieds.

Après avoir terminé, Hermione laissa tomber les ciseaux au sol. Ses joues étaient baignées de larmes et sa respiration était saccadée. Elle ressentait une sensation étrange, grisante.

Et, dans le miroir, son regard se fit plus déterminé. La vérité était qu'elle refusait de renoncer ainsi. Pas après toutes les épreuves qu'elle avait traversées. Sa fuite avait été la preuve ultime de sa volonté de survivre.

Elle fut un peu déstabilisée devant son apparence. Elle avait toujours eu des cheveux longs, volumineux, prenant toute la place autour de son visage. Ses cheveux étaient maintenant courts, lui arrivant au niveau du menton, lui donnaient une toute nouvelle apparence. Elle ouvrit l'eau du robinet et passa sa tête sous le jet. Ses cheveux se rétrécirent, lui collant à la joue. L'eau se mélangea à ses larmes. Il ne s'agissait pourtant pas de larmes de souffrance.

Ces larmes étaient celles de la libération.

Une sorte d'exutoire.

Hermione finit par sortir de la salle de bain, soulagée. Elle se raidit en prenant conscience qu'elle n'était pas seule dans la pièce. Harry Potter était installé sur la chaise que Marlène avait occupée plus tôt.

Il jeta un coup d'œil à la paire de ciseaux que tenait Hermione avant de porter son regard sur elle, prudent. Ils se dévisagèrent pendant de longues secondes en silence, une tension palpable dans l'air. Finalement, Hermione lui tendit la paire de ciseaux. Harry la saisit, et son visage se détendit.

« Sympa, ta nouvelle coupe de cheveux. » commenta-t-il d'un ton léger, comme si les secondes précédentes n'avaient pas eu lieu. « Nous n'avons pas vraiment de coiffeur ici, comme tu as pu le remarquer. »

Il passa une main dans sa chevelure noire et ébouriffée, un rictus au coin des lèvres. Hermione se plaça sur le lit, lui faisant face.

« Marlène a dit que tu étais prête à discuter. » fit remarquer Harry en levant un sourcil, comme s'il attendait une confirmation de sa part.

Elle hocha la tête.

« Je suis certain que tu te poses des questions quant à notre identité, mais tu as l'air d'être une personne intelligente. J'imagine que tu as déjà compris. » avança Harry d'un ton qui laissait transparaître une certaine impertinence.

« Vous êtes des dissidents. » répondit platement Hermione.

« Des opposants. » rectifia Harry. « Des personnes qui défendent la liberté et la dignité de tous, sans distinction de statut. Comment as-tu deviné ? »

« Le Phénix. » répondit Hermione.

Harry sembla pris de court par sa réponse.

« C'est le symbole qu'utilisait l'Armée de Dumbledore, il y a deux cents ans, pendant la guerre contre Voldemort. Quand ils ont perdu le conflit, c'est devenu un symbole de la première opposition. » affirma Hermione.

Harry sembla impressionné, manifestement surpris qu'elle détienne cette information.

« Je l'ai lu. » indiqua Hermione, répondant à sa question non formulée.

Peu de citoyens connaissaient cette information. Avec l'avènement du régime de Voldemort deux centenaires plus tôt, le régime avait déployé une large campagne de propagande et de censure. Les faits avaient été biaisés afin de profiter à la version élaborée par le nouveau gouvernement. Avec le temps, les mensonges étaient devenus des vérités, crues aveuglement par la population. À travers ses nombreuses lectures, notamment dans les archives privées des Macmillan et des livres dénichés sur le marché noir, Hermione avait découvert d'autres versions de ces faits historiques, contés par des auteurs bannis.

« Impressionnant. » répondit Harry avec appréciation. « Hermione. »

Elle se figea, choquée qu'il sache son nom.

« Hermione Granger, ou devrais-je dire Mrs Nott. » rectifia avec un sourire obscur.

Hermione resta silencieuse.

« Oui, nous connaissons ton identité. Nous savons que tu es membre d'une famille sacrée et que tu es une Sang-Mêlée. Un mélange inattendu. « J'aimerais comprendre comment cela est possible. », poursuivit-il, l'air pensif.

« Comment… » commença Hermione.

« Nous avons des relations et nous suivons de près ce qui se passe au sein du régime. Ton union a causé un scandale. La nouvelle s'est répandue comme une traînée de poudre, même dans les bas-fonds du pays. » lui apprit Harry.

Hermione, en marge de la vie sociale, n'avait pas conscience que son mariage avait eu un tel retentissement en dehors des cercles des Treize. Elle était cependant en mesure de comprendre les raisons. Aucun membre des Treize n'avait osé s'unir de manière assumée avec une personne impure, avant Théodore.

« Nous luttons pour changer les choses depuis longtemps. Et, lorsque nous t'avons sauvée et que nous avons compris qui tu étais... Nous avons cru que c'était un présent de Merlin. C'est tellement beau que ça paraît être un piège. »

« Et qu'est-ce qui te fait croire que ça n'en est pas un. » répliqua Hermione.

« Ton esprit. Nous avons regardé dedans. C'était un peu confus évidemment, mais suffisamment lucide pour comprendre. » admit Harry avec sérieux.

Il grimaça, comme s'il se remémorait des choses désagréables. Hermione se demanda ce qu'il avait pu voir dans son esprit, outragée par cet acte. Ses pensées et ses souvenirs étaient personnels et l'idée qu'on puisse les voir sans permission la dérangeait. C'était la première fois qu'elle voyait quelqu'un d'utiliser la Légilimancie.

« Comment t'es-tu retrouvée dans cet endroit ? Je ne peux pas croire que les Treize aient pu laisser l'une des leurs dans une telle position. » commenta Harry.

« J'ai été enlevée. » avoua Hermione dans un souffle.

« Enlevée ? Par qui ? »

« Je l'ignore. Mais je sais que c'est lié à mon union. »

Elle eut un pincement au cœur en pensant à Théodore.

« Alors pour répondre à ta question, il semblerait que les Treize Sacrés n'ont rien à faire de mon sort. » rétorqua-t-elle avec rancœur.

Même si elle avait rejoint leur communauté par union, elle n'était pas considérée comme l'une d'entre eux. Ils avaient rendu cela très clair depuis l'officialisation de son mariage avec Théodore. Une ou plusieurs personnes étaient prêtes à prendre de grands risques pour lui faire payer cet affront.

« Vous semblez plus renseigné que moi. De quoi es-tu au courant ? » demanda Hermione.

« Selon nos sources au Bureau des Aurors, ton mari a exigé une enquête sur ta disparition. Mais rien n'a vraiment bougé. On dirait que le Bureau l'a fait par pure formalité. Ils n'ont pas l'air de prendre ça au sérieux. Ils devraient pourtant remuer les pieds et les mains pour retrouver un membre des Treize. » expliqua Harry.

« Probablement pour un Sang-Pur. Pas pour moi. » dit Hermione avec ressentiment. « Au contraire, ils ont probablement quelque chose à avoir là-dedans. »

« C'est également ce que nous pensons. » affirma Harry.

« Pourquoi devrais-je vous accorder ma confiance et croire que vous êtes supérieurs à eux ? Après tout, vous me tenez aussi captive. » accusa-t-elle.

« Nous ne te forçons pas à rester ici, Hermione. »

« Vraiment ? Si je demande à partir, est-ce que je serai autorisée à le faire ? » demanda-t-elle avec sarcasme.

« Absolument. » répondit-il d'une voix sincère. « Nous faisons face à une lutte difficile et le consentement est une notion très importante pour nous. Personne ne te force à rester ici. Maisiras-tu ? C'est la question. Vas-tu rejoindre ton époux et prendre le risque de te retrouver face aux mêmes personnes qui t'ont mise dans cette situation ? Si les personnes qui t'ont enlevé et fait subir toutes ces choses ont pu le faire, je pense qu'elles sont capables de bien pire encore. De plus, je suppose que les gens de l'Ambrosia sont aussi à ta recherche. »

Vivienne van Detta avait dû être furieuse d'apprendre qu'Hermione avait réussi à s'échapper, laissant derrière elle un chaos sans nom. Dans quel état était l'homme qu'elle avait violement assommé ? Ils l'avaient laissé inconscient, baignant dans une flaque de sang. La pensée d'avoir pu ôter la vie d'une personne était anxiogène.
Elle n'avait pourtant eu d'autre choix que d'intervenir. Cet homme était un prédateur sexuel dangereux qui avait été sur le point d'abuser d'un enfant. Il n'était pas innocent et même si Hermione avait toujours critiqué l'idée d'une justice populaire, les épreuves traversées avaient changé sa perspective des choses.

Les mots d'Harry révélèrent une autre peur qu'Hermione nourrissait déjà. Elle avait deviné que son enlèvement était une forme de punition pour avoir osé défier l'ordre établi du régime. En outre, elle craignait que son véritable secret ne soit encore plus en danger maintenant que des personnes haut placées l'avaient dans leur ligne de mire. S'ils découvraient qu'elle était Née-Moldue, elle serait perdue. Théodore souffrirait également des conséquences de son mensonge.

« Si tu restes ici, nous pourrons t'aider et tu seras en sécurité. Tu auras ta place parmi nous, surtout si tu es prête à coopérer. » indiqua Harry en l'observant attentivement derrière ses lunettes rondes.

« Nous ? » répéta Hermione.

« Le reste de mon groupe et moi. Je serais en mesure de te fournir plus de détails si tu acceptes. » promit-il.

« Si j'accepte quoi, exactement ? » demanda Hermione, mal à l'aise. « Qu'attendez-vous de moi ? »

« Que tu rejoignes la Résistance et que tu nous aides à mettre un terme à la dictature des Treize sacrés. » répondit Harry d'un ton déterminé.

/

Les choses s'éclaircissent pour Hermione. Acceptera-t-elle la proposition de la Résistance ? Les chapitres précédents sur la Résistance datent un peu donc je ne m'attends pas à ce que vous vous souveniez en détail de ce qu'il s'est passé. Je vous ferai un résumé des informations importantes quand je posterai le prochain chapitre. Je vois que l'entrée (très tardive) d'Harry Potter fait sensation. Hâte de vous en faire découvrir plus à son sujet.

Ensuite, Astoria qui pense que Draco quitte le bal parce qu'elle s'en va alors qu'il est juste pressé d'aller retrouver sa vraie meuf. Il est franchement triste de voir l'emprise qu'exerce Daphné sur elle.

Et notre Drinny… Ils nous fatiguent ces deux-là mais c'est comme qu'on les aime !

J'avais prévu d'écrire un petit lemon dans la diligence mais je n'ai pas eu le temps car le chapitre était déjà super long et que je devais avancer sur la suite en priorité. Et comme je n'aime pas me précipiter pour écrire ces scènes… (vous savez que j'aime les faire bien :p)

En revanche, si vous le voulez tout de même, je peux l'écrire. Faites-le-moi savoir si c'est le cas, sinon il faudra juste attendre le prochain, dans un futur chapitre.

Je vous dis à la prochaine !

Fearless