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Chapitre 3 :
Papa super héros
Une fois Harry endormi, Akifumi s'éclipsa un court moment de la chambre. Il alla manger à la cafétéria de la clinique en compagnie d'Haiko. Il informa son ami du fait qu'il comptait rester là pour la nuit et qu'il pouvait rentrer à l'hôtel sans lui. Le garde du corps protesta évidemment. Comment pouvait-il faire son travail dans ces conditions ? Mais il céda devant l'argument que de toute manière, personne ne savait qu'il était là. Il appela ensuite son père pour le prévenir à son tour, lui expliquant aussi comment s'était passé le réveil de son petit protégé et celui-ci s'en attrista, furieux de comprendre à travers l'explication de son fils que l'enfant était brisé. Ils se souhaitèrent une bonne nuit après un long moment de discussion, l'aîné assurant à son enfant qu'il n'avait pas besoin de lui pour leurs affaires et qu'il pouvait rester s'occuper du jeune garçon qui avait visiblement bien besoin de lui.
Akifumi reprit ensuite le chemin de la chambre de Harry. Il ouvrit doucement la porte pour ne pas déranger l'enfant qui dormait sûrement et entra. Cependant, son visage perdit son sourire lorsqu'il regarda vers le lit. Au dessus de celui-ci, les néons étaient restés allumés, donnant à la pièce un éclairage tamisé permettant au japonais de voir très clairement son petit protéger. Celui-ci se débattait dans son lit faiblement, son visage marqué de peur et de douleur alors qu'il semblait encore endormi, visiblement en proie à un cauchemar. Prestement, Akifumi referma la porte et s'approcha du lit, très inquiet. Son cœur se brisa alors qu'il entendait les gémissements de terreur et de souffrance que poussait l'enfant. Il gardait cependant les dents serrées, comme s'il cherchait à réprimer des cris. Il tremblait et gesticulait laborieusement, semblant vouloir échapper à quelque chose ou quelqu'un et le japonais eut rapidement une idée du genre de rêve qui pouvait le tourmenter.
Immédiatement, Akifumi s'assit au bord du lit. Il avança une main et se mit à caresser doucement les cheveux du jeune garçon, l'appelant d'une voix calme pour le réveiller. C'est avec tristesse qu'il vit Harry se tasser un peu plus sur lui même à son contact, tremblant plus fort et mordant sa lèvre au sang pour retenir ses cris. Akifumi sentit une nouvelle fois sa haine s'embraser à l'égard de ceux qui avaient pu malmener ainsi un enfant, mais il se força au calme pour tenter de réveiller rapidement Harry qui risquait non seulement de rouvrir ses blessures et de se faire mal, mais aussi et surtout pour le tirer de cette terreur et de cette douleur imprimée sur son visage. Il lui fallut un long moment pour parvenir à le sortir de son cauchemar mais finalement, l'enfant ouvrit ses yeux paniqués en sursautant violemment, cherchant immédiatement à fuir la main caressant ses cheveux et regardant frénétiquement autour de lui. Lorsque ses iris émeraudes semblèrent capter une seconde le japonais, ses paupières se refermèrent hermétiquement et il se tassa sur lui même une fois encore, semblant vouloir disparaître alors qu'il tremblait terriblement, respirant avec peine et mordant sa lèvre, s'immobilisant autant qu'il put.
Cette vue fendit le cœur d'Akifumi en deux. Il recula sa main, conscient qu'il fallait d'abord qu'il rappelle au jeune garçon sûrement déboussolé par son cauchemar où il était et avec qui. Il s'arma de toute sa douceur et de tout son calme pour ne pas effrayer davantage Harry, puis il commença à parler lentement et tranquillement :
- Harry, tout va bien, dit-il. Tout va bien. Tu as fait un cauchemar. C'est fini. Tu te souviens de moi. Akifumi, rappela-t-il. Je ne laisserais plus personne te faire du mal. Tout va bien bonhomme. Tu ne retourneras jamais là bas c'est promis. Calme toi, tu es en sécurité.
Il lui parla ainsi un long moment et il vit l'enfant se calmer un peu mais gardant ses yeux résolument clôt, la tête rentrée dans les épaules. Le japonais attrapa ses lunettes avant de le prévenir doucement :
- Je vais te mettre tes lunettes sur le nez pour que tu puisses voir clair. N'aies pas peur, je ne te ferais aucun mal.
Très délicatement, il mit en place l'objet en continuant à lui parler d'un flot de mots rassurants.
- Tu veux bien ouvrir les yeux s'il te plaît, demanda-t-il ensuite.
Il attendit avec patience et fut récompensé un instant plus tard lorsque son petit protégé releva doucement les paupières.
- C'est bien, félicita le japonais un sourire doux plaqué sur les lèvres. Tu veux bien me regarder maintenant ? Demanda-t-il ensuite.
Avec beaucoup d'hésitation et tremblant avec force, Harry dirigea doucement son regard vers lui et lorsque ses yeux arrivèrent sur son visage calme, doux et souriant, il sembla surpris un moment.
- Tout va bien, d'accord ? Rassura le japonais en observant ses magnifiques iris émeraudes. Tu vois, tu es toujours là avec moi. Tu as fait un cauchemar. Tu es en sécurité maintenant et je ne laisserais plus personne te faire de mal.
Très lentement et laissant le temps au jeune garçon de voir ce qu'il faisait, il avança de nouveau sa main vers son visage. Harry se tendit davantage et trembla de plus belle, retenant un gémissement avec peine. Mais le japonais ne recula pas et alla poser délicatement ses doigts contre sa joue, allant ensuite caresser ses cheveux avec tendresse. L'enfant releva alors un regard incertain et très surpris sur lui.
- Je ne te ferais jamais de mal, dit doucement l'adulte en lui souriant. Tu n'as pas besoin d'avoir peur de moi d'accord ? Je te protégerais, assura-t-il.
Et ses mots eurent l'air d'enfin tranquilliser un peu le gamin qui trembla moins fort, semblant se calmer un peu mais le stress et la peur générés par son cauchemar finirent par avoir raison de lui et les larmes apparurent dans ses yeux alors qu'il éclatait en sanglot. Très ému par la détresse de l'enfant, Akifumi ne put se retenir plus longtemps. Il avait terriblement envie de le rassurer. Très doucement mais avec détermination, il vint donc s'installer près de son petit protégé. Le lit spacieux était bien assez grand pour les accueillir tout les deux. Le japonais était mince et Harry ne prenait guère de place. L'adulte vint donc s'allonger près de lui, sur le côté, avant de se remettre à caresser ses cheveux tranquillement pour le rassurer, lui parlant continuellement avec douceur et calme. Il fut ravi lorsque le jeune garçon tourna sa tête vers lui, semblant rechercher sa présence mais paradoxalement, il tremblait aussi de peur et d'appréhension alors qu'il avait refermé les yeux.
Il fallut un long moment pour qu'il se calme. Mais finalement, ses sanglots disparurent et ses larmes cessèrent. Il rouvrit un peu les paupières, relevant un regard apeuré et hésitant sur le japonais qui lui sourit simplement.
- Tout va bien bonhomme, rassura-t-il une fois encore alors qu'il venait essuyer les traces de larmes sur ses joues. Tout va bien, je te protégerais c'est promis. Tu ne retourneras jamais chez ces monstres et tu ne les reverras jamais. Je vais m'occuper de toi à partir d'aujourd'hui. N'ai pas peur.
Après ces paroles, Harry cessa enfin de trembler, le regardant avec reconnaissance et espoir malgré la peur certaine qui planait encore dans ses yeux. Mais il semblait complètement épuisé aussi. En de lents gestes, Akifumi attrapa la peluche de panda roux qui avait été rejeté au bout du lit et la déposa entre lui et l'enfant. Délicatement, il prit ensuite sa main gauche dans la sienne et la déposa sur la peluche, la couvrant ensuite de ses doigts.
- Dors tranquille, dit-il doucement en caressant encore les cheveux bruns de sa main libre. Je reste avec toi tout le temps, je ne laisserais personne te faire mal et si tu fais encore un cauchemar, je te réveillerais d'accord ?
Timidement, l'enfant acquiesça d'un petit signe de tête. Il tourna le visage vers le japonais qui lui sourit encore avant de venir déposer un délicat baiser sur son front, le geste figeant l'enfant de stupeur. Il bougea un peu sa petite main sur le jouet et l'adulte la serra doucement en réponse, assurant sa présence. Quelques minutes plus tard, Harry se rendormait, épuisé. Akifumi le regarda sombrer lentement, se détendant au fur et à mesure que le sommeil le gagnait. Il continua ses caresses et lorsqu'il fut sûr qu'il dormait profondément, il posa sa tête sur son bras, remuant doucement pour bien s'installer, puis il chercha son sommeil à son tour mais bien décidé à veiller sur l'enfant.
Et la nuit fut très longue. Harry fit des cauchemars à répétition et Akifumi dû le réveiller de nombreuses fois, passant beaucoup de temps à le rassurer. Il se demandait si toutes les nuits de l'enfant se passaient ainsi. Sûrement vu ce qu'il avait vécu et cela le fit encore davantage enrager contre ses tortionnaires. À chaque fois qu'il avait senti l'enfant se tendre ou se mettre à trembler, Akifumi s'était réveillé promptement. Il le sortait de ses cauchemars et le rassurait à grand renfort de douceur et de caresses tendres, lui assurant à chaque fois qu'il était en sécurité, qu'il le protégerait et que plus personne ne lui ferait de mal. Il était très surpris de ne pas entendre de cris mais Harry semblait mettre beaucoup d'ardeur à s'empêcher de crier même dans son sommeil, mordant sa lèvre et serrant les dents sans toutefois pouvoir retenir de petits gémissements. Et après réflexion, Akifumi supposa tristement qu'il avait dû apprendre à retenir ses cris. S'il criait la nuit à cause de cauchemars, cela avait dû lui attirer encore plus de problèmes. Il avait donc appris à ne pas faire de bruit même en cauchemardant. S'en était terrifiant de voir à quel point il était terrorisé. Le seul bon côté que le japonais trouva à cette nuit affreuse fut qu'au bout du énième cauchemar, Harry commença à rechercher instinctivement son réconfort en se réveillant, se rassurant en le regardant et se détendant plus ou moins rapidement sous ses caresses et en écoutant sa voix calme et réconfortante. Aussi, ce fut donc étroitement serré contre son petit protégé que Akifumi termina sa nuit, l'une de ses mains tenant sa petite homologue et l'autre posée dans les cheveux bruns.
Ce fut une main sur son épaule qui le réveilla un peu plus tard. Encore fatigué par cette nuit agitée, l'homme eut besoin d'un moment pour émerger et son premier réflexe fut de vérifier que Harry dormait tranquillement. Et en effet, l'enfant dormait profondément. Il avait le visage tourné vers Akifumi et de sa main gauche, il serrait désespérément les doigts de l'adulte, comme s'il avait peur qu'il s'en aille. Mais il dormait paisiblement et le japonais sourit en le constatant. Regardant autour de lui, il remarqua que les rideaux étaient toujours tirés devant les fenêtres mais il pouvait voir que le soleil était déjà bien levé. Reprenant définitivement ses esprits, il regarda par dessus son épaule pour voir qui l'avait réveillé et il trouva Hideaki qui lui souriait doucement.
- Ohayou gosaimasu Akifumi-sama (Bonjour monsieur Akifumi), salua-t-il en japonais d'une voix murmurante pour ne pas réveiller l'enfant.
- Ohayou Hideaki-sensei, répondit celui-ci d'une voix basse et ensommeillée.
Il ne bougea pourtant pas de sa place, ne voulant pas déranger Harry qui dormait toujours.
- La nuit s'est-elle mal passée ? Demanda le médecin en avisant les marques de fatigue sur le visage de l'homme.
- Oui, il a fait des cauchemars toute la nuit, expliqua Akifumi en reportant son regard sur l'enfant et se mettant à caresser machinalement ses cheveux. J'ai dû le réveiller de nombreuses fois et il était en panique après chaque cauchemar.
- Je vois. Je vais voir si on ne peut pas lui donner quelque chose pour l'aider à mieux dormir, avança Hideaki.
- Ce serait bien. Je doute qu'il arrive à se reposer correctement avec des nuits pareilles. Et en se débattant dans ses cauchemars, il risque de rouvrir ses blessures et de se faire mal, murmura-t-il avec inquiétude.
- Je vais voir ce qu'on peut faire. En attendant, on va le laisser dormir encore tant qu'il est serein. Je vais juste vérifier que tout vas bien, dit-il en observant la tension de l'enfant suivi en permanence sur un moniteur avec d'autres constantes.
Il changea aussi les perfusions vides sans faire de bruit alors qu'Akifumi avait reposé sa tête près de celle de son petit protégé, l'observant pensivement en jouant avec ses mèches brunes. Finalement, Hideaki revint près de lui, lui parlant en murmurant :
- Tout vas bien pour le moment. Il vaut mieux qu'il dorme encore un peu tant qu'il est tranquille, il en a besoin. Essayez de vous reposer encore un peu vous aussi, il est encore tôt. Vous n'aurez qu'à demander aux infirmières le petit déjeuner lorsque vous serez réveillé.
- D'accord, répondit-il ravi à la perspective de dormir encore un peu. Ah, je voulais aussi vous demander si je pouvais lui donner un peu de chocolat aujourd'hui ? Il m'a dit hier qu'il n'en avait jamais mangé et qu'il aimerait goûter, expliqua-t-il.
- Un petit morceau ne lui fera pas de mal, répondit le médecin avec un sourire.
- Merci, répondit l'homme.
- Dormez encore un peu maintenant, poussa l'aîné en voyant que tout deux en avaient bien besoin.
Il n'en fallut pas plus à Akifumi pour refermer les yeux et se rendormir promptement, serrant toujours délicatement une petite main dans la sienne. Ce fut un petit corps bougeant très légèrement contre lui qui le tira de son sommeil un moment plus tard. Il se réveilla immédiatement, pensant tout d'abord que Harry faisait de nouveau un cauchemar, mais il se détendit en l'observant. L'enfant remuait un peu, son visage s'animant doucement alors qu'il semblait se réveiller tranquillement. Cette fois, il n'y avait pas une trace de mauvais rêve sur ses traits. Attendri par le fin visage angélique s'éveillant progressivement, Akifumi resta simplement confortablement installé, sa tête posée sur son propre bras près de celle du jeune garçon, leurs deux visages se faisant face. Il se remit à caresser tendrement sa tête, signalant sa présence par la même occasion. Il en fit de même avec les doigts qu'il tenait et sourit en constatant que l'enfant resserrait son étreinte sur sa main au fur et à mesure qu'il se réveillait. Les lunettes étaient restées à leur place sur son nez, l'adulte en ayant décidé ainsi pour qu'il puisse le voir clairement rapidement à chaque fois qu'il avait dû le réveiller durant la nuit.
Il fallut plusieurs minutes, mais finalement Harry ouvrit les yeux et invariablement, il se tendit d'appréhension devant Akifumi. Cependant la nuit pénible qui venait de passer semblait avoir permis à l'homme de gagner une grosse dose de confiance de la part du jeune garçon qui ne se mit pas à trembler compulsivement comme la veille. Il restait néanmoins très tendu et appréhensif, lui jetant de petits coups d'œil sans vraiment le regarder, se ratatinant un peu sur lui même. Le japonais ne s'en formalisa pas, plutôt ravi qu'il ne réagisse pas aussi violemment que la veille. Il appuya un peu plus ses caresses dans ses cheveux avant de prendre la parole d'une voix douce et souriante :
- Bonjour mon ange, dit-il en s'attirant un regard complètement surpris.
Il se doutait bien que le surnom provoquerait une telle réaction. L'enfant ne devait jamais avoir eu droit à ce genre de chose. Mais Akifumi ne pouvait pas s'en empêcher et ne voyait pas de raison de le faire. Harry méritait amplement un peu de tendresse et il ressemblait véritablement à un petit ange pour l'adulte.
- Bonjour, finit par répondre timidement le petit brun visiblement angoissé à l'extrême de faire une bêtise.
Mais il se détendit un peu lorsque le japonais lui répondit d'un sourire doux.
- Comment te sens tu ce matin ? Demanda l'aîné. Tu n'as mal nul part ?
Le jeune garçon fit un petit signe de négation de la tête. Comme la veille, il se sentait juste encore engourdit et malgré quelques picotement, il n'avait mal nul part. De toute manière, il était bien loin de penser à ça ce matin. Non, tout ce qui occupait son esprit était la nuit qui venait de passer. Comme d'habitude, il y avait eu ses cauchemars, sauf que cette fois-ci, Akifumi l'avait réveillé et rassuré à chaque fois. Au début, alors que ses rêves sombres le tourmentaient, il avait cru avoir imaginé sa rencontre avec l'homme. Mais non, il était toujours là, bien présent alors qu'il sentait la chaleur de son corps près du sien, l'étreinte douce de sa main sur ses doigts. Cette nuit, il avait d'abord été terrorisé en se réveillant d'un cauchemar face à lui. Oncle Vernon avait toujours été en rage lorsqu'il le réveillait à cause d'un cauchemar. Pourtant, le japonais n'avait pas crié, il ne l'avait pas puni, il ne lui avait pas fait mal. Non, il l'avait câliné et rassuré doucement sans jamais avoir semblé être en colère. Lui il souriait toujours. Et au fil de la nuit, sa peur à l'égard de l'homme s'était vue dépassée par son besoin de réconfort et de chaleur. Deux choses que Akifumi lui avait offert sans restriction ces dernières heures. Ça faisait du bien et ce matin, il se demandait si ça pouvait continuer encore un peu.
Mais il avait terriblement peur aussi, ne sachant pas à quoi s'attendre avec le japonais. Pourtant, il lui avait dit des dizaines de fois cette nuit qu'il ne lui ferait jamais de mal, qu'il le protégerait et qu'il s'occuperait de lui. Il avait tellement envie d'y croire. Et son amie invisible faisait confiance à l'adulte, elle rayonnait de bonheur lorsqu'il était près de lui. Il espérait vraiment qu'il disait vrai, qu'il ferait vraiment tout ce qu'il avait avancé mais une petite voix vicieuse au fond de lui lui répétait sans cesse que ce n'était qu'un rêve. Ça l'angoissait horriblement. Il avait peur, terriblement peur que tout d'un coup, Akifumi change de comportement pour faire comme son oncle.
Il arrêta cependant d'y penser lorsqu'il sentit les caresses dans ses cheveux s'intensifier un peu, comme pour attirer son attention. Il releva le regard vers le visage souriant du japonais et il pria pour que ce ne soit pas un rêve. La douceur de l'homme était si agréable et tellement réconfortante. Il se sentait mieux qu'il ne l'avait jamais été avec lui. La nuit pénible avait stimulé sa confiance à l'égard de l'adulte alors qu'il avait assurément pris goût au sentiment de sécurité qu'il avait commencé à lui faire ressentir.
- Ça va ? Lui demanda doucement Akifumi.
Il acquiesça doucement et après un peu d'hésitation et avec beaucoup d'angoisse, il serra très discrètement les doigts qu'il tenait encore. Il se détendit pourtant rapidement en sentant l'adulte en faire de même, caressant le dos de sa main de son pouce. Il se figea d'appréhension en voyant l'homme bouger un peu, lentement, mais la peur laissa place à la surprise, puis à une douce chaleur lorsqu'il comprit qu'il embrassait son front. Il n'aurait jamais cru qu'un si petit geste puisse être si agréable. Et pendant les minutes qui suivirent, Akifumi continua ses cajoleries dans un silence léger, le détendant et l'apaisant progressivement.
Ce ne fut que lorsqu'il trouva l'enfant tout à fait calme et bien réveillé que l'adulte bougea de nouveau :
- Que dirais tu d'un petit déjeuner ? Proposa-t-il gaiement mais sans brusquerie. Je meurs de faim, et toi ?
Après un moment de surprise, Harry approuva timidement. Allait-il vraiment avoir droit à un petit déjeuner ? Rien que d'y penser le faisait saliver mais peut-être que l'homme mangerait sans rien lui donner, c'était comme ça d'habitude. Il avait tellement faim. Akifumi sourit à sa réponse et commença à se redresser tranquillement, sans lâcher sa main. Il s'assit au bord du lit avant de reprendre la parole :
- Je vais redresser ton lit pour que tu sois assis, expliqua-t-il.
Il attendit patiemment de recevoir un petit signe d'approbation de la part du brun, puis il saisit la télécommande du lit et le releva, asseyant ainsi l'enfant qui était resté allongé sur le dos.
- Ça va ? Demanda-t-il une fois l'opération terminée.
Il reçut un petit hochement de tête en réponse et sourit encore pour détendre son petit protégé qui restait très tendu malgré tout. Mais il ne tremblait pas et ne semblait pas au bord de la panique comme la veille. Ce matin, il était très inquiet et angoissé mais pas terrorisé, c'était un mieux non négligeable.
- Je vais aller chercher le petit déjeuner, annonça-t-il calmement. Je reviens très vite, assura-t-il, je n'en n'ai pas pour longtemps.
Harry approuva encore une fois d'un petit signe, sentant tout de même un nouveau sentiment étrange poindre en lui. Celui d'être tout seul et de voir Akifumi s'en aller pour peut-être ne plus revenir. Il était soudain terrorisé à l'idée que le japonais disparaisse. Ce fut avec angoisse qu'il lâcha sa main, se mettant inconsciemment à mâchouiller sa lèvre inférieure alors qu'il se crispait à nouveau visiblement. Ce que ne manqua pas de voir l'adulte. Il avança alors lentement sa main, faisant sursauter l'enfant perdu dans ses pensées lorsqu'il caressa ses cheveux. Le regard d'émeraude plein d'inquiétude se posa sur lui :
- Je reviens très vite ne t'en fais pas, rassura-t-il. Je ne te laisserais pas tout seul très longtemps, c'est promis.
Le jeune garçon acquiesça et agrippa sa peluche de sa main désormais libre, son autre bras emprisonné dans le plâtre ne lui permettant presque aucun mouvement. Akifumi se leva alors et commença par se diriger vers les fenêtres d'un pas lent et calme. Il ouvrit les rideaux, laissant le soleil inonder la chambre et la réchauffer. Puis il sortit de la pièce, laissant le petit garçon avec un sentiments de solitude et d'insécurité lancinants. Harry baissa alors le regard vers sa peluche, ce concentrant sur elle et sa douce fourrure, ayant encore du mal à croire qu'elle était à lui. Mais il ne put s'empêcher de jeter de fréquent coup d'œil sur la porte, guettant les bruits qu'il ne parvenait pas à entendre à l'extérieur.
Il sursauta violemment lorsqu'elle s'ouvrit de nouveau, l'amenant presque au bord de la panique. Mais il se calma un peu en constatant que c'était Akifumi qui revenait avec un grand plateau en équilibre sur une main. Il se sentit soulagé en le voyant, l'homme ne l'avait pas abandonné, il était vraiment revenu comme il l'avait dit. Il le regarda s'avancer calmement vers le lit, souriant. Il tira une table à roulette qu'il arrêta près du matelas, y déposant son chargement. Il s'assit ensuite près de l'enfant et reprit délicatement sa main dans la sienne, voulant le rassurer.
- Je n'ai pas été trop long ? Demanda-t-il doucement.
Harry répondit d'un signe négatif mais il serra tout de même la main de l'adulte. Ce fut dans un silence tranquille entrecoupé de questions douces que Akifumi fit manger son petit protégé, prenant son temps alors qu'il avalait lui aussi le repas que Hideaki avait eu la gentillesse de prévoir pour lui. Il posait de temps en temps une question, essayant de savoir si ce qu'il mangeait plaisait à Harry mais celui-ci acquiesçait systématiquement. L'adulte se demandait alors s'il aimait vraiment, ce qui serait peu surprenant pour un enfant privé de nourriture comme il l'avait été, ou s'il lui donnait la réponse qu'il pensait être la meilleure pour ne pas risquer sa colère. Il n'était pas sûr. Mais de toute manière, manger semblait plaire au jeune garçon vu les soupirs de bien être qu'il laissait échapper de temps en temps faisant sourire le japonais.
Une fois le repas terminé, l'adulte essaya d'engager la discussion avec l'enfant. Il lui posa quelques questions triviales pour essayer de découvrir ses goûts, mais aussi pour tenter de le faire parler un peu. Cela s'avéra pourtant très difficile. Harry ne lui répondait que part des signes de têtes ou de simples mots, osant à peine le regarder et jamais très longtemps. Il décida alors de changer de stratégie et se mit à parler un peu de lui même. Il lui expliqua qu'il vivait au Japon et lui décrivit un peu le pays, lui parlant des différences qu'il y avait avec l'Angleterre. Et il fut ravis de constater que son petit protégé se détendait, l'écoutant avec une grande attention et posant sur lui de longs regards curieux sans pour autant oser poser ses questions. Mais il semblait apprécier de simplement écouter, oubliant peu à peu sa peur alors qu'il se prenait dans les histoires de l'homme. Akifumi ne lâcha jamais sa main, faisant de petits ronds avec son pouce sur sa peau alors qu'il parlait calmement en souriant.
Ce ne fut qu'un long moment plus tard que leur petite bulle fut brisée par quelqu'un toquant à la porte. L'enfant sursauta violemment, se tendant de nouveau comme un arc à la vitesse de l'éclair alors qu'il jetait un regard paniqué vers la porte. Akifumi ne sut dire si c'était conscient ou non mais Harry serra sa main de toutes ses maigres forces.
- Mon ange, appela alors doucement l'adulte.
Le surnom fit immédiatement son effet, attirant l'attention du jeune garçon sur lui alors qu'il le regardait comme pour confirmer que l'appellation lui était bien destinée, l'air très étonné.
- Calme toi, continua tranquillement l'adulte en lui souriant. Tu n'as pas besoin d'avoir peur, personne ici ne te fera de mal et je ne laisserais personne te blesser, d'accord ?
Le petit brun acquiesça, restant cependant très visiblement apeuré et se tassant un peu sur lui même pour se faire tout petit. Akifumi lui adressa un sourire rassurant, caressant encore le dos de sa main puis il autorisa la personne qui avait frappé à entrer. Ce fut Hideaki qui apparut. L'enfant lui jeta un rapide coup d'œil, découvrant un homme asiatique relativement grand, aux épaules carrées et aux cheveux poivre et sel coupés courts. Et comme à son habitude, le médecin était vêtu d'un kimono et d'un haori dans les ton gris ce jour là. Rapidement, Harry détourna les yeux, s'en tenant là et fixant son regard sur la main d'Akifumi tenant la sienne alors qu'il ne pouvait s'empêcher de se mettre à trembler doucement.
Le médecin quand à lui, s'appliqua à entrer dans le calme le plus total dans la chambre de son jeune patient, se doutant qu'il devait désormais être réveillé. Il tira un petit chariot derrière lui avant de refermer doucement la porte. Abandonnant son chargement où il était pour l'instant, il se tourna ensuite vers le lit, souriant tranquillement afin d'essayer de ne pas effrayer le jeune garçon. Il constata cependant avec tristesse que c'était déjà le cas. Le jeune garçon était recroquevillé sur lui même autant que cela lui était possible, la tête rentrée dans les épaules, le regard baissé et tremblant visiblement de peur. Le médecin échangea un regard peiné avec Akifumi, puis celui-ci reporta son attention entière sur l'enfant. Hideaki avança doucement, veillant à faire claquer ses chaussures au sol légèrement afin que le jeune garçon se rende compte qu'il approchait.
- Harry, appela doucement Akifumi. Calme toi mon ange. Tu n'as pas besoin d'avoir peur, dit-il avec assurance et tranquillité. Tu ne risques rien, c'est promis.
Hideaki resta silencieux, l'observant faire. Il s'immobilisa près du jeune homme, laissant une certaine distance entre lui et le petit brun qui tremblait en serrant fortement la main de son sauveur. Pendant plusieurs minutes, Akifumi lui parla tranquillement tentant de le rassurer, et finalement, l'enfant accepta de regarder le nouveau venu. Ce fut avec ravissement que le médecin découvrit ses splendides yeux d'émeraude, mais il perçut aussi sans mal sa crainte profonde et son appréhension. On ne devrait pas voir de telles choses dans les yeux d'un enfant.
- Je te présente Hideaki-sensei, présenta le jeune homme en souriant. Sensei, ça veut dire qu'il est docteur en japonais. C'est mon médecin depuis que je suis tout petit et c'est lui qui t'a soigné quand je t'ai trouvé, expliqua-t-il patiemment.
- Bonjour bonhomme, sourit l'aîné d'une voix douce et avenante.
Il lui fit un petit signe de main pour tenter de le détendre un peu mais il n'y parvint pas.
- Bonjour, bredouilla néanmoins l'enfant d'une voix tremblante avant de rebaisser les yeux sur sa peluche.
- Hideaki-sensei est très gentil, continua Akifumi. Si tu ne te sens pas bien ou si tu as mal quelque part, tu peux me le dire à moi mais tu peux aussi lui dire à lui. Et comme c'est le meilleur médecin du monde, dit-il en faisant sourire le dit médecin, il fera en sorte que ça aille très vite mieux. D'accord ?
L'enfant hocha la tête sans un mot. Akifumi prit ensuite son courage à deux mains, sachant que ce qui allait suivre allait sûrement être pénible pour son petit protégé. Mais c'était un passage obligé. Il savait parfaitement pourquoi le médecin était là.
- Mon ange, appela-t-il calmement alors que le surnom avait encore le même effet que les fois précédentes. Il faut que Hideaki regarde tes blessures pour les soigner, expliqua-t-il. Tu veux bien ?
Les deux adultes virent l'enfant se tendre encore et trembler un peu plus, mais il approuva finalement. Et cette fois-ci, Akifumi fut sûr qu'il le faisait parce que c'était la réponse qu'ils attendaient et qu'il ne voulait pas les mettre en colère. Il était plus qu'évident que la perspective des soins le terrorisait. Hideaki alla chercher le chariot qu'il avait amené avec lui et sur lequel se trouvait tout ce dont-il aurait besoin alors que le jeune homme était concentré sur l'enfant. Il avança très lentement une main vers lui et s'attrista de le voir sursauter de nouveau lorsqu'il le toucha. Il saisit son petit menton de deux doigts et l'incita délicatement à relever le visage vers lui. Harry suivit le mouvement sans résister et bientôt il regardait le japonais dans les yeux. Celui-ci lui sourit :
- Ne t'inquiète pas, ça va aller, tenta-t-il de rassurer. Hideaki va faire très attention et si ça ne va pas, tu peux me le dire et on arrête. Mais il faut de l'on soigne tes blessures sinon elles risquent de ne pas guérir correctement. Tu comprends ?
Encore une fois, l'enfant approuva d'un signe de tête. Sans brusquerie, Akifumi vint s'asseoir plus près de lui et alla caresser ses cheveux tendrement, essayant de détendre l'enfant tremblant de peur.
- Je reste tout le temps avec toi, rassura l'homme, et si ça ne va pas tu me le dis.
Hideaki s'approcha avec son chariot, s'installant de l'autre côté du lit, à la gauche de l'enfant. Il vérifia d'abord les perfusions, s'assurant que les produits antidouleurs passaient bien. Entre les trois côtes brisées qui bougeaient un peu à chaque respiration, son bras trois fois cassés, ses brûlures et ses autres diverses blessures, le petit brun en avait plus que besoin. Le médecin savait qu'avec ce qu'il lui avait donné, il ne devait pas avoir mal même s'il devait se sentir très engourdi. Mais c'était mieux que la douleur pour un enfant de son âge. Il savait aussi que grâce aux médicaments et en étant délicat, il y avait peu de chance que les soins soient vraiment douloureux pour le jeune garçon.
Il commença par relever la couverture afin de pouvoir atteindre les jambes du jeune garçon, lui expliquant tout ce qu'il faisait d'une voix douce et tranquille pour essayer de le rassurer. Il avait rapidement décidé de commencer par ses jambes et donc par les brûlures. Ces pansements devaient être changés tout les jours, les brûlures devaient être suivies de près. Il était donc indispensable qu'il fasse au moins celles là. Les autres blessures pouvaient attendre un peu si l'enfant ne supportait pas les soins. Ce n'était pas vraiment la douleur physique que craignait le médecin puisqu'il s'était assuré qu'il ne souffrirait pas, mais la peur viscérale qu'avait visiblement son petit patient de ceux qui l'entouraient et le touchaient pouvait être un problème. C'était plus que normal vu ce qu'il avait vécu. Il ne voulait surtout pas provoquer de crise de panique qui serait plus que mal venue. Il devait donc être prudent et commencer par les priorités.
Il remonta délicatement le pantalon de pyjama un peu trop grand, révélant la jambe bandée. Les trois quart de la cuisse, le genou et le haut du tibia étaient couvert de bandes blanches pour la gauche et juste la cuisse pour la droite. Avec attention, le médecin défi tranquillement le premier pansement ignorant calmement les tremblement du jeune garçon dont-il sentait le regard suivre ses gestes. Les brûlures n'étaient pas belles à voir. Il s'agissait de brûlures du second degrés superficiel et profond suivant les endroits. Elles laisseraient certainement des cicatrices. La peau était rougie et très gonflée, parsemée d'impressionnantes cloques dont certaines s'étaient rompues. Avec concentration et douceur, Hideaki inspecta soigneusement les blessures avant de les nettoyer pour ensuite appliquer diverses crèmes. Et d'une oreille, il surveillait les réactions de son petit patient tremblant et tendu.
Akifumi lui, était entièrement concentré sur son petit protégé, caressant ses cheveux. Lorsque Hideaki retira les pansements, l'enfant ne put s'empêcher de fixer ses jambes. Et s'il n'avait pas mal alors que le docteur s'en occupait, en voyant les blessures, il ne put s'empêcher de se souvenir comment il les avait reçu. Des images de son oncle en rage lui revinrent alors en tête avec la peur et la douleur ancrée en lui pour un bon moment. Il se sentit paniquer à ces souvenirs, se faisant submerger rapidement. Et Akifumi ne rata pas cela alors qu'il le surveillait. En voyant cette douleur et cette terreur sur le visage angélique, le jeune homme n'avait qu'une envie : rassurer et protéger le petit ange qu'il avait trouvé. Il s'était déjà tellement attaché à lui. Depuis qu'il l'avait trouvé, il se demandait ce qu'il allait faire pour assurer son avenir et lui donner une vie heureuse. À ce moment, alors qu'il le voyait perdu et terrorisé, les larmes envahissant ses yeux magnifiques mais voilés par ce qu'il avait subi alors qu'il serrait sa main comme une bouée de sauvetage l'empêchant de se noyer, Akifumi prit sa décision. Et elle était irrévocable. Il savait ce qu'il allait faire, ne restait plus qu'à demander son avis au principal concerné.
Avec tendresse, il vint poser sa main libre sur sa joue, l'incitant à tourner le visage et le regard vers lui. En lui posant la question maintenant, il détournerait assurément son attention de ses blessures et des soins. Mais l'enfant semblait ne pas pouvoir détourner les yeux de ses jambes, son regard devenant progressivement un océan de panique et de douleur.
- Harry, mon ange, appela-t-il doucement.
Encore une fois, le surnom eut l'effet escompté et l'enfant sembla sortir de ses souvenirs pour se recentrer sur le présent.
- Ne regarde pas tes jambes, dit doucement l'adulte. Regarde moi moi, pria-t-il en souriant.
Le jeune garçon tourna son regard vers lui alors qu'il caressait sa joue du pouce.
- Ça guérira ne t'en fais pas, et je te l'ai promis : tu ne retourneras jamais chez ces montres qui ont osé te faire ça, assura-t-il encore une fois. Tu n'as pas besoin d'avoir peur. Mais comme tu n'iras plus là bas, il va falloir te trouver une nouvelle maison, annonça-t-il en suscitant une certaine curiosité chez le jeune garçon mais aussi et surtout une immense appréhension qu'il voulut tout de suite balayer. Alors je me demandais si tu aimerais venir vivre avec moi au Japon, proposa l'homme en souriant. Est-ce que tu serais d'accord pour que je sois ton papa ? Demanda-t-il.
Hideaki sourit largement en entendant cela. Il savait qu'on en arriverait là depuis le début. Il connaissait Akifumi par cœur, il l'avait mis au monde après tout et l'avait vu grandir. Alors lorsqu'il avait observé le regard protecteur et tendre du jeune homme pour l'enfant, son inquiétude pour lui, son attitude douce et attentionnée, il avait vite compris qu'il voudrait s'occuper de lui en personne. Il était évident que l'instinct paternel d'Akifumi s'était définitivement réveillé au contact du petit brun brisé. Il savait qu'on en arriverait là et il s'en réjouissait. Akifumi ferait un père merveilleux, et il serait aussi le père dont avait besoin ce petit bout chou fragile. Le jeune homme était l'aîné d'une tribu de sept petits monstres dont le plus jeune avait dix ans à l'heure actuelle. Les enfants, ça le connaissait puisqu'il s'était beaucoup occupé de ses cadets. Et puis il était d'une patience, d'un calme et d'une sensibilité extrême qui en faisait la meilleure personne pour aider l'enfant terrorisé qu'était Harry. Oui, Hideaki était persuadé qu'il ferait un père excellent, cela avait toujours été une chose évidente pour son entourage. Seulement, Rengu avait pensé que jamais son aîné ne lui donnerait de petits enfants puisque celui-ci était désespérément laissé indifférent par les femmes, ou même par les hommes d'ailleurs, et préférait visiblement le célibat à la vie de couple. Finalement, Rengu aurait peut-être tout de même un petit fils plus vite qu'il ne le pensait même si ce n'était pas par le sang. De toute manière Hideaki savait que ce critère là n'avait pas d'importance pour lui, depuis le temps qu'il rêvait de se faire appeler papy. Restait à savoir ce qu'en pensait le principal intéressé.
L'enfant lui, avait totalement oublié le médecin et les soins, figé et paralysé dans une stupeur sans nom alors que sa peur s'était envolée avec ses tremblement. Il n'y avait plus que les mots d'Akifumi qui résonnaient dans sa tête : « Est-ce que tu serais d'accord pour que je sois ton papa ? ». Un papa. Avait-il bien entendu ? Ou avait-il rêvé ? Un papa. Il savait qu'il en avait eu un un jour mais il ne s'en souvenait plus et il n'était plus là. Il était mort. Son oncle et sa tante lui avait assez répété. Il n'avait plus de papa, ça aussi on lui avait assez dit. Pourtant, il avait tellement souhaité en avoir un. Dans les histoires qu'il avait entendu à l'école, les papas, c'étaient les super héros qui sauvaient toujours leurs enfants. Ils leur lisaient des livres et leur faisaient des câlins. Ils les protégeaient des gens méchants et ils étaient toujours gentils. Il avait tant de fois prié pour avoir un papa lui aussi.
- Mon papa ? Bredouilla-t-il avec incrédulité sans oser croire ce qu'avait dit Akifumi.
- Ton papa oui. Je t'ai promis de te protéger et de m'occuper de toi, c'est ce que font les papas, répondit doucement l'adulte en souriant alors qu'il se sentait soudain anxieux à l'idée d'être rejeté.
Il était peut-être un peu tôt pour proposer cela au jeune garçon. Mais maintenant qu'il était lancé, il ne pouvait plus reculer et il n'en avait de toute manière aucune envie.
- Alors si tu veux, je peux devenir ton papa, répéta-t-il patiemment à Harry qui semblait ne pas y croire.
Un long silence s'étira alors que le médecin se faisait discret et profitait de cette remarquable et très efficace diversion pour faire ce qu'il avait à faire avec soin. Il s'appliquait aussi à se fondre dans le décor pour ne pas gêner cet instant privilégié. Au bout d'un moment, l'enfant reprit la parole l'air complètement perdu :
- Mais... mais oncle Vernon a dit que... il a dit que... que j'étais un monstre et que... que je n'avais pas le droit d'avoir ça, dit-il laborieusement alors qu'un sanglot brisait sa voix pendant que les deux adultes écoutaient stupéfaits ce que ces gens avaient osés lui faire croire. Il a dit... Il a dit que se serait mieux si je n'étais pas là, continua-t-il l'air complètement perdu, il a dit que les monstres comme moi devaient... devaient juste obéir et me taire... pas faire de bruit, ne toucher à rien et que... et que si j'étais méchant alors... alors il... il me tuerait et... et... tante Pétunia a dit que... que... les répugnant petits monstres comme moi n'avaient... n'avaient pas le droit d'avoir une gentille famille et... et que je méritais d'être puni parce que... parce que j'étais dangereux et feignant et... et que j'étais méchant. Elle a dit que les méchants avaient pas le droit de manger et... et de boire et... qu'ils n'avaient pas le droit d'avoir une famille et que personne... personne... personne ne voudrait de moi et...
Il ne put poursuivre alors qu'il n'arrivait définitivement plus à parler entre ses larmes qui cascadaient désormais sur ses joues pâles. Il semblait complètement désemparé et perdu alors qu'il avait dit tout cela sans s'arrêter. Akifumi et Hideaki étaient eux complètement horrifiés parce qu'ils venaient d'entendre. Comment pouvait-on dire tout ça à un enfant ? Le menacer ouvertement de mort ? Ils échangèrent un regard plein de colère, de tristesse et d'horreur mais rapidement, Akifumi reporta toute son attention sur l'enfant en larme.
- Mon ange, appela-t-il avec une douceur et une tendresse extrême. Écoute moi mon cœur tu veux bien ? Demanda-t-il patiemment.
Harry releva un regard plein de larmes et de détresse vers lui, montrant qu'il écoutait.
- Tu n'es pas un monstre mon bonhomme. Les monstres, ce sont les Dursley. Toi tu n'as rien fait de mal, assura-t-il. Tu n'es pas un monstre, tu es un petit ange, dit-il avec un sourire rassurant. Tu as les plus beau yeux du monde et regarde, dit-il en pointant ses lèvres, depuis que tu es là, je n'ai fais que sourire. Tu n'es pas méchant, tu es très sage. Et ce n'est pas vrai, tu ne mérites pas d'être puni ou d'être privé de boire et manger. C'est complètement faux mon cœur. Et je ne laisserais plus personne te punir ou te priver de nourriture et d'eau. Et je ne laisserais personne te tuer non plus. Tu es un petit garçon exceptionnel. Un petit ange, mon petit ange, dit-il en souriant alors qu'il caressait sa joue délicatement. Et tu as le droit d'avoir une famille, une gentille famille pour s'occuper de toi tout le temps. Et ce n'est pas vrai que personne ne voudrait de toi. Moi je veux et je suis sûr que beaucoup de monde voudrais t'avoir dans sa famille. Moi je veux devenir ton papa, ton papa pour toujours.
- Le papa super héros qui protège des méchants ? Demanda timidement l'enfant plein d'espoir. Comme dans les histoires ? Questionna-t-il en faisant sourire les adultes.
- Oui, répondit Akifumi avec un grand sourire. Le papa super héros qui protège des méchants, qui chasse les cauchemars, qui fais de gros câlins et qui sera toujours là pour toi, tout le temps. Alors, est-ce tu veux que je sois ton papa super héros ? Redemanda-t-il doucement.
Le petit brun le regarda encore un moment et de nouveau les larmes firent leur apparition. Mais cette fois, ce n'était pas des larmes de douleur. Il hocha la tête frénétiquement de haut en bas, faisant sourire de plus belle le japonais. Celui-ci s'approcha doucement du jeune garçon et très délicatement, il déposa un baiser sur son front avant de venir y accoler le sien en caressant ses cheveux.
- Ça va aller maintenant mon ange. Je te promet que tu auras une belle vie à partir d'aujourd'hui, murmura-t-il.
Il le laissa pleurer un moment, l'enfant se libérant de son angoisse alors que l'adulte le cajolait tendrement, lui murmurant de douces paroles. Hideaki termina ses soins sur les jambes de son jeune patient, remettant son pyjama et la couverture en place. Puis il observa calmement le duo, souriant à la scène attendrissante. Il attendit patiemment que l'enfant reprenne ses esprits et se calme, mais lorsque Akifumi recula un peu, tout deux purent voir un petit et mince sourire sur ses lèvres, un sourire sincère. Il illuminait littéralement le visage du petit brun. C'était très beau à voir. Akifumi essuya les traces de larmes sur ses joues en lui souriant.
- Ça va ? Lui demanda-t-il ensuite.
L'enfant acquiesça timidement.
- Bon, on va laisser Hideaki-sensei continuer à regarder tes blessures et après on mangera, annonça l'adulte. Il est l'heure, remarqua-t-il.
Harry approuva de nouveau et regarda le médecin s'avancer lentement. Il se tendit invariablement, ses tremblements revenant sans qu'il puisse s'en empêcher. L'homme ne releva pas, comprenant sa peur plus que légitime. Ça irait sans doute mieux lorsqu'il le connaîtrait davantage et qu'il lui ferait confiance. Akifumi se mit immédiatement à caresser ses cheveux pour le rassurer, installé tout près de lui.
- Tu veux bien me donner ton bras gauche s'il te plaît bonhomme ? Demanda le médecin.
Avec beaucoup d'hésitation et d'appréhension, l'enfant lui tendit sa main, tremblant fortement. Il sursauta violemment lorsqu'il sentit Hideaki le toucher et il se mordit la lèvre pour retenir un gémissement. Il préféra tourner la tête de l'autre côté, vers Akifumi, tentant d'ignorer le médecin et ses mains sur sa peau. Il se concentra plutôt sur son nouveau papa. Il se sentit aussitôt mieux en pensant à ça. Il allait avoir un vrai papa. Il sentait son amie invisible littéralement euphorique et il sut alors qu'il avait bien fait. Tentant d'oublier Hideaki qui retirait délicatement les bandages de son bras gauche, il se focalisa sur les caresses du jeune homme qui se mit bientôt à lui parler de nouveau du japon, détournant son attention des soins qui réveillaient des peurs et des souvenirs plus que douloureux. Bientôt, le médecin reposa doucement sa main gauche sur la peluche qu'il ne lâchait plus, ayant soigneusement vérifié les plaies de défense qu'il avait sur l'avant bras et celle plus profondes près de son épaule.
- Il faut encore que je regarde ton dos bonhomme et ensuite c'est fini, expliqua le médecin avec calme et encouragement.
L'enfant hocha de la tête et le médecin lui expliqua qu'ils allaient le redresser un peu et que Akifumi le tiendrait le temps qu'il soigne son dos. Lorsqu'ils furent sûr qu'il avait compris, le jeune homme s'assit confortablement pour faire face au petit garçon. Lentement et avec précaution, Hideaki passa un bras autour des épaules d'Harry qui trembla de plus belle, très tendu et se débattant avec sa peur et ses souvenirs qui s'insinuaient sournoisement dans ses pensées. Le docteur le redressa avec précaution, demandant à Akifumi de soutenir sa nuque d'une main. Les médicament engourdissaient tellement le petit brun qu'il ne parvenait pas à tenir sa tête droite. Bientôt, son front fut posé contre la poitrine de son vis à vis qui le tenait délicatement assis. Hideaki abaissa le lit et s'assit derrière lui, se mettant au travail avec douceur.
Mais cette fois, ni les paroles d'Akifumi ni ses baisers sur la tempe de l'enfant ne parvint à le calmer. C'était trop pour lui, trop de contacts et il commençait à arriver à saturation. Il tremblait de plus en plus, terriblement tendu. Et cela étonnait le médecin qui n'aurait pas cru cela possible puisque les médicaments auraient plutôt eu tendance à détendre son corps. Il en déduisit que le stress de l'enfant était vraiment très fort. Et celui-ci se débattait d'ailleurs avec ses peurs, priant pour que se soit vite fini. Il avait peur, tellement peur d'avoir encore mal, tellement peur de subir de nouveau ce que lui avait fait Vernon. Les larmes lui montèrent aux yeux alors qu'une image du « petit jeu », comme Vernon l'avait appelé, lui revenait en mémoire. Il se mordit la lèvre et ne put retenir un sanglot lorsque le médecin effleura les mots gravés dans sa peau. Cette fois là avait été particulièrement pénible.
L'aîné activa la cadence en sentant son petit patient à bout de nerf et il ne fallut plus que quelques minutes pour qu'il soit tranquillement réinstallé dans son lit, les soins terminés. Hideaki s'éloigna pour ranger son matériel tout autant que pour donner de l'air à l'enfant. Comprenant aussi que cela avait fait trop pour lui, Akifumi s'était assis un peu plus loin et avait simplement reprit sa main dans la sienne après avoir délicatement effacé ses larmes. Les deux adultes laissèrent le jeune garçon respirer un peu. Le médecin vint s'asseoir dans le fauteuil à droite du lit, Akifumi installé entre lui et l'enfant.
- Ça va ? Demanda finalement le jeune homme d'une voix tranquille.
Harry hocha rapidement de la tête, encore très tendu.
- Tu as été très courageux, félicita le médecin. Tu guéris bien, rassura-t-il ensuite. Ça ira très vite mieux tu verras. D'ici trois semaines, il ne restera plus que le plâtre de ton bras, expliqua-t-il, et tu pourras de nouveau cavaler comme un lapin, dit-il avec un sourire.
- Merci Hideaki-sensei, dit-il timidement avec angoisse en décidant d'appeler l'homme de la même manière qu'Akifumi.
Il se recroquevilla un peu sur lui même sans oser regarder les adultes, ne sachant pas s'il avait le droit de parler ou non et ne sachant pas non plus s'il avait dit ce qu'il fallait. Oncle Vernon se mettait facilement en colère quand il faisait une erreur. Il fallait toujours qu'il se montre poli et respectueux mais il n'avait pas le droit de parler plus.
- Mais de rien bonhomme, répondit-il le médecin avec un sourire doux. Et n'oublies pas : si tu ne te sens pas bien, si tu as mal quelque part, si tu as envie de quelque chose ou si tu as un problème, tu peux nous le dire. Et on fera ce qu'il faut pour que ça aille mieux. N'hésite pas, poussa-t-il doucement. Ça nous ferait vraiment plaisir que tu nous dises quand quelque chose ne va pas. D'accord ?
Encore une fois, l'enfant se contenta d'un hochement de tête mais les deux adultes ne s'en formalisèrent pas et Akifumi ajouta doucement :
- D'ailleurs avec nous, si tu veux parler ou de faire du bruit juste parce que tu en as envie, tu as le droit. Ça ne nous dérange pas.
L'enfant approuva même si les deux autres doutaient qu'il se plaigne, réclame quelque chose ou se mette à faire du bruit pour rien du jour au lendemain. Le petit brun n'aurait sûrement jamais un caractère extraverti et bruyant et il aurait probablement besoin d'être rassuré longtemps sur ce qu'il avait le droit de faire. Le calvaire qu'il avait subi mettrait longtemps à s'atténuer et il ne s'effacerait sûrement jamais complètement. Ils espéraient juste qu'ils gagneraient sa confiance le plus rapidement possible pour qu'il puisse se détendre et se sentir bien avec eux.
Hideaki finit par s'en aller, adressant un sourire au jeune garçon qui suivait ses mouvements des yeux avec attention et crainte. Quelques minutes plus tard, Akifumi allait chercher leur repas, faisant ensuite manger son petit protégé tranquillement tout en continuant à lui parler du Japon. Harry semblait littéralement se régaler. Ses repas étaient encore constitués de petites quantités pour ne pas qu'il soit malade alors qu'il avait déjà bien du mal à finir ses assiettes bien qu'il ne se plaigne pas et ne dise rien. Mais au moins, il avait l'air sur son petit nuage à chaque bouchée et Akifumi était heureux de le voir ainsi. Une fois le repas terminé, le japonais vint s'asseoir à côté de l'enfant sur le matelas, lui montrant des photos de son pays natal grâce à son smartphone et il fut ravi de voir que le jeune garçon était tellement prit dans ses histoires qu'il s'était détendu, l'écoutant avec attention. Rapidement cependant, Akifumi le vit bailler, ses petits yeux fatigués se fermant doucement. Pourtant, il tentait de rester éveillé et de l'écouter avec attention.
- Tu es fatigué ? Demanda le japonais d'une voix douce.
Harry fit non de la tête mais il était évident que c'était le contraire.
- Tu as le droit d'être fatigué tu sais, rassura l'homme. Ce n'est rien, c'est même normal dans ton état. Tu as besoin de te reposer. Alors tu peux dormir un peu si tu veux, d'accord ?
Le petit garçon le regarda, comme pour confirmer qu'il pouvait vraiment dormir sans le mettre en colère. Il se détendit un peu en voyant que Akifumi lui souriait toujours doucement, l'air heureux et calme. Il approuva alors de la tête. Il était vraiment fatigué, ses yeux se fermaient tout seul.
- Et si tu veux, je reste avec toi comme ça, si tu fais un cauchemar, je te réveillerais, proposa Akifumi. Tu veux ?
Il ne fallut pas longtemps au petit garçon pour accepter, terrorisé par ses rêves sombres. Il serra un peu plus la main de l'adulte qui lui sourit en caressant sa peau du pouce.
- Alors je reste, dit Akifumi en passant un bras au dessus de sa tête. Tu peux dormir tranquillement, je ne m'en irais pas et si tu fais un cauchemar, je te réveillerais.
- Merci, bredouilla le petit brun.
Il ne fallu ensuite que quelques minutes pour que l'enfant s'endorme, la tête tournée vers son papa d'adoption, sa petite main dans la sienne et posée sur la peluche. Le japonais le regarda avec un léger sourire, Harry était mignon lorsqu'il dormait et qu'il était complètement détendu. Finalement, Akifumi attrapa de nouveau son téléphone, il avait une affaire urgente à régler tout de suite. Il chercha un numéro et l'appela, portant l'appareil à son oreille. Il ne fallut pas longtemps pour que son correspondant réponde :
« Bonjour Akifumi-sama. » Commença-t-il.
- Bonjour Seigi, répondit-il en japonais. As-tu des nouvelles du côté de Harry ?
« Non, les Dursley n'ont toujours pas signalés sa disparition. Je suis allé les observer un peu et ils semblent vivre comme à leur habitude. La femme et l'enfant sont rentrés de voyage hier soir et ils ne semblent pas perturbés. » expliqua l'homme.
- Je vois. J'ai pris ma décision, dit-il ensuite. Je veux la garde d'Harry. Peux-tu t'occuper de cela ?
« Bien sûr » Répondit l'homme après une seconde de surprise.
- J'aimerais que tu t'en charges rapidement. Fais tout ce qu'il faut pour obtenir sa garde mais fait en sorte de brouiller aussi sa piste pour qu'il soit définitivement laissé tranquille par ces gens. Il faudra aussi s'occuper de toute l'administration pour l'emmener au Japon. Je pense que nous rentrerons d'ici trois semaines.
« Aucun problème Akifumi-sama. » Approuva l'homme pas du tout inquiet.
- Je te laisse faire comme tu l'entends, je te fais confiance sur la manière comme d'habitude. Et quand tu auras obtenu sa garde sans marche arrière possible, fais moi plaisir et démolit les Dursley pour moi, demanda-t-il d'une voix froide.
« Se sera avec joie monsieur, je vais m'en donner à cœur joie et ils regretteront d'avoir torturé cet enfant. » Répondit-il alors que l'on pouvait presque voir son sourire sadique résonnant dans sa voix.
- Je veux qu'ils paient cher. Fais tout ce que tu peux pour ruiner leurs existences. Je fais confiance à ton imagination pour cela, tu me parleras juste des résultats.
« Je m'en occupe. »
- Très bien. Je te laisse faire dans ce cas.
Les deux hommes se saluèrent et Akifumi raccrocha avec un sourire sadique. Les Dursley allaient le payer très cher. Seigi ferait ça à merveille. Il s'occuperait d'abord de faire de Harry son fils de manière officielle puis il ruinerait les Dursley. L'homme s'y connaissait très bien en droit, loi et administration. Habituellement, il faisait des recherches pour lui sur telle ou telle personne, sur leur passé, il était capable de découvrir tout et n'importe quoi, de retrouver quelqu'un à l'autre bout du monde, de découvrir tout les petits secrets noirs d'une personne. Il savait jouer des règles et procédures officielles pour obtenir tout ce qu'il voulait et il était capable de créer de très très gros ennuis à n'importe qui. Et pour cela, il utilisait des moyens légaux et d'autres un peu moins mais il savait parfaitement effacer ses traces et jouait de subtilité à merveille. Akifumi appréciait beaucoup ses compétences. Un homme comme lui était très utile, surtout dans le monde du business lorsqu'il devait s'assurer que ses collaborateurs ne trempaient pas dans des affaires louches ou qu'il avait besoin de trouver des choses ou des personnes particulières.
Serein quant à la capacité de son homme de main à régler cette affaire, il appela ensuite son père et lui parla de la décision qu'il avait prise. Rengu approuva immédiatement la chose disant même que lui et Hideaki avaient parié sur le fait qu'il décide cela. Tout deux l'avaient vu venir de loin. Il annonça qu'il passerait en fin d'après midi à la clinique pour se présenter à Harry et prendre de ses nouvelle. Le père demanda aussi s'il avait déjà prit ses disposition pour les procédures officielles et Akifumi lui expliqua qu'il avait confié l'affaire à Seigi et qu'il lui avait aussi demander d'en faire voir de toutes les couleurs aux Dursley. Encore une fois, Rengu approuva, haineux envers la famille qui avait pu malmené ainsi un si jeune enfant.
Ils discutèrent un petit moment, Akifumi racontant comment il avait proposé la chose à Harry et comment l'enfant avait réagi, lui répétant ce que le petit brun en larme lui avait alors dit sur ce que sa famille lui avait fait croire. Il lui parla aussi de sa nuit pleine de cauchemar et des soins pénibles. Il lui décrivit l'état mental du jeune garçon terrorisé, son père s'attristant de la détresse de l'enfant mais assurant à Akifumi que tous ensemble, ils le guériraient et lui offriraient une belle vie. Ils se séparèrent finalement, le japonais se remettant à veiller en silence sur ce petit ange qui allait rapidement devenir son fils adoptif. Il sourit en pensant à cela. Il adorait les enfants mais n'avait aucun intérêt pour la vie de couple. Alors il ne pensait pas devenir père et surtout pas si vite. Mais il était heureux de sa décision. Rui, le dragon protecteur ancestral de leur famille avait sauvé Harry en le conduisant à lui mais il leur avait aussi fait un merveilleux cadeau. L'enfant aurait une famille et Akifumi un fils, déjà très heureux de ce fait malgré la réalité que guérir le petit garçon serait un travail long et constant. Mais cela ne l'effrayait pas du tout. Il le rendrait heureux et il le protégerait alors que le jeune regard d'émeraude l'avait définitivement envoûté.
