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Chapitre 4 :
Papa, papy et chocolat
Ce fut avec un sourire sadique que Seigi se dirigea vers la maison des Dursley. Ces gens le dégouttaient profondément. De l'extérieur, ils avaient vraiment l'air normaux et respectables. Seulement, la réalité était tout autre. Il sentait encore l'odeur de sang qui l'avait assailli lorsqu'il avait découvert ce petit placard dans lequel le jeune Harry avait sûrement vécu. Il avait déjà vu plusieurs affaires de maltraitance et il n'avait aucun mal à deviner ce qu'il y avait pu avoir de plus que la violence physique : la maltraitance morale, l'exploitation... C'était horriblement courant dans ce genre de cas. Il détestait les gens capable de faire de telles choses. Autant les affaires sur les adultes avaient du mal à l'émouvoir, autant celles sur les enfants prenaient rapidement une dimension différente. Il revoyait l'image de l'enfant inconscient dans son lit d'hôpital et cela suffit à stimuler sa colère.
Il allait bien s'amuser avec ces gens. Cela faisait quelques heures maintenant que son patron, Akifumi, l'avait appelé et on était maintenant en fin d'après midi. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour déterminer la marche à suivre afin d'obtenir la garde de l'enfant. Le plus simple serait que les Dursley cèdent d'eux même la garde du petit brun. Cela accélérerait et faciliterait significativement les choses. Restait à l'obtenir. Il avait réfléchit à ça. Harry était maltraité depuis longtemps, certainement exploité, affamé et Hideaki lui avait aussi dit, à sa plus grande horreur, qu'il avait été violé. Il savait comment abordé la chose pour les faire céder. Ce genre de personne n'était pas difficile à convaincre lorsqu'il s'agissait de les débarrasser de ce qui pourrait leur amener d'énormes problèmes si c'était découvert. Dans le cas des Dursley qui s'étaient vu imposer la garde de l'enfant, Harry devait être une gêne, une chose indésirable dans leur petite vie bien normale. Une chose qu'ils seraient certainement heureux de voir disparaître. Il fallait juste savoir comment s'y prendre et pour ça, il était doué.
Il pouvait faire cela de deux manières : soit de la manière forte en les menaçant de prévenir la police de ce qu'ils faisaient ou de choses encore pires, ou bien de la manière douce en utilisant une combine et quelques mensonges doucereux. Laquelle prendre ? Tel était la question. Après réflexion, il avait opté pour la deuxième solution. Avec ça, non seulement il éviterait certainement une situation tendue même si cela ne lui faisait pas peur, mais il pourrait peut-être en apprendre plus sur ce qu'avait vécu l'enfant et il y aurait aussi un bonus non négligeable de les faire tomber de haut une fois qu'il aurait définitivement mis l'enfant en sécurité. Après sa visite, les Dursley croiraient qu'ils étaient débarrassés d'un problème et ils ne se douteraient pas que l'enfer se déchaînerait sur eux ensuite. Ça leur tomberait dessus sans prévenir. Ça serait bien plus drôle.
Il se tenait donc devant leur maison, voulant s'occuper de la tutelle d'Harry au plus vite. Il avait pris quelques précautions afin que personne ne puisse jamais retrouver l'enfant ou identifier ceux qui l'avaient emmené. Il le faisait non seulement pour éviter que l'enfant ne soit retrouvé mais aussi parce que son patron, de par son travail de business man influent, avait des ennemis qui pourraient se servir de cette affaire. Il était venu avec une berline noire de location, louée sous une fausse identité évidement. Il avait mis une perruque blonde de cheveux courts, il avait utilisé du fond de teint pour cacher sa couleur de peau nettement asiatique, il portait une paire de lunette de soleil qui cacherait ses yeux bridés et son anglais parfait du quel il avait éliminé son accent ne renseignerait pas sur ses origines. À aucun moment son patron ne serait cité, à aucun moment il ne donnerait de nom ou d'indices pouvant conduire à eux, au contraire. Bref, personne ne pourrait retrouver le jeune garçon ou savoir qui l'avait sorti de chez les Dursley.
Il s'avança vers la maison un dossier sous le bras. Il était vêtu d'un costard noir, portant aussi des gants de cuirs. Il marcha vers la porte et toqua. Il savait que seul Vernon était là. Sa femme et son fils étaient sortis quelques minutes avant qu'il ne se décide sortir de sa voiture alors qu'il était garé là depuis un moment. Il attendit quelques secondes avant d'entendre quelqu'un arriver. La porte s'ouvrit pour laisser place à Vernon Dursley qui l'analysa rapidement du regard.
- Bonjour, commença Seigi la voix aimable et un léger sourire sur les lèvres, monsieur Dursley je suppose.
- En effet, répondit l'homme d'un ton sec et hautain qui eu tôt fait d'énerver le japonais. Et vous êtes ?
- Robert Smith, répondit Seigi. Mon employeur ma mandaté pour venir vous parler en son nom. Mon patron travail pour une grande entreprise internationale et il a une proposition à vous faire. Puis-je entrer ? Demanda-t-il en souriant.
Après son petit discours, l'homme sembla tout d'un coup beaucoup plus poli et enclin à lui parler après un moment de surprise.
- Bien sûr, bien sûr, approuva-t-il en s'écartant du passage, entrez je vous en prie.
- Je vous remercie, répondit Seigi dissimulant son dégoût pour l'homme derrière une façade avenante.
L'homme le conduisit au salon où il le pria de s'asseoir. Il s'installa en face de lui alors que le japonais observait cette pièce qu'il avait déjà vu. Il glissa discrètement sa main dans la poche de sa veste, allumant l'enregistreur vocal qu'il avait prit avec lui.
- Vous avez une charmante maison monsieur Dursley, complimenta-t-il d'une voix faussement agréable.
Cette maison était tout simplement hideuse, terriblement ennuyante, du point de vu du japonais mais bon, il n'était pas là pour dire ce qu'il pensait sinon il aurait pointé une arme sur la tête du porc face à lui.
- Je vous remercie monsieur Smith, répondit l'homme d'une voix exagérément polie.
- Bien, je n'ai pas beaucoup de temps alors je vous propose de tout de suite passer à l'affaire qui m'amène, dit-il avec le sourire.
- Avec plaisir, répondit l'homme. Pour qui travaillez vous au juste ?
- Mon employeur est un homme d'affaire Américain mais je ne suis pas autorisé à vous en dire plus. Il aime la discrétion, répondit le japonais.
- Je comprend. Je comprend, approuva l'homme. Je vous écoute.
Seigi, déposa son dossier sur ses genoux et l'ouvrit. Il en sortit un petit rectangle de papier, un chèque. Un chèque où était inscrit une somme absolument obscène. Un chèque obscène qui attiserait la convoitise de Vernon. Un chèque qui serait sa perte. Un faux chèque, évidemment, mais un faux chèque qui faisait très vrai pour tout les gros naïfs, avares et intéressés. Et il ne se rendrait compte que dans un mois qu'il était faux. Ces gros chèques spéciaux étaient malheureusement longs à traiter. Dursley aurait le temps de faire des projets, de prendre des engagement avant de se rendre compte qu'il était faux et qu'il n'aurait pas un centime. Jouissif pour Seigi qui s'imaginait sa tête en découvrant le poteau rose. Sans un mot, il déposa le bout de papier sur la table basse qui les séparaient et il le poussa vers lui, se redressant ensuite. Vernon, se pencha, observant le chèque qu'il prit entre ses doigts l'air intrigué. Sous le regard scrutateur du japonais, il écarquilla les yeux en comprenant ce qu'il avait dans les mains et lâcha une exclamation en découvrant certainement le chiffre. Il y eut un petit moment de silence mais Seigi reprit la parole :
- En faîte, mon employeur souhaiterait acheter quelque chose qui vous appartient, dit-il.
- Je ne pense pas avoir une chose de cette valeur, remarqua l'homme incrédule. Mais dîtes m'en plus.
- Voilà quelques jours, mon employeur se baladait non loin d'ici et il est tombé sur un enfant. Un enfant qui s'est avéré être votre neveu, dit-il d'une voix neutre.
Il vit immédiatement l'homme se crisper et se redresser, le visage rougissant :
- Ce petit impertinent, s'écria-t-il. Il s'est enfui. Il ne fait que causer des problèmes, nous l'avons cherché partout, dit-il alors que Seigi savait pertinemment que c'était faux. J'espère qu'il n'a pas ennuyé votre employeur. Il sera puni de manière exemplaire pour vous avoir dérangé, continua-t-il en refaisant monté la colère du japonais qui se doutait bien de ce que l'homme pensait faire subir à l'enfant en guise de punition. Il passe même son temps à se battre. Et dire que nous avons même prévenu la police et que tout le monde le cherche.
Seigi ricana gentiment, l'air amusé bien qu'intérieurement furieux :
- Allons, allons monsieur Dursley, dit-il. Vous et moi savons tout deux que vous n'avez pas prévenu la police. Vous ne le cherchez pas du tout, vous vous en fichez éperdument.
- Quoi ! S'écria l'homme. Comment osez vous ?!
- Calmez vous monsieur Dursley, pria le japonais en levant une main en signe d'apaisement. Je ne suis ni la police ni les services sociaux ni rien du tout, rigola-t-il. Je me fiche royalement de la manière dont vous avez traité votre neveu et si vous aviez prévenu la police, je ne serais pas là avec ce chèque. J'aimerais régler cette affaire en toute discrétion.
- Que voulez vous ? Demanda Vernon sur ses gardes mais tenant toujours le chèque dans ses mains.
- Je vous l'ai dit : mon patron souhaiterait acheter quelque chose qui vous appartient, dit-il calmement. Il se trouve qu'il aime beaucoup les enfants, continua-t-il d'une voix chargée de sous entendu qui ne trompait personne. Il a trouvé votre neveu tout à fait à son goût et il souhaite l'adopter. Si vous voyez ce que je veux dire.
Le sous entendu était plus que clair et visiblement, Vernon avait bien compris vu la tête qu'il faisait et il n'avait pas l'air choqué, juste intrigué et intéressé.
- Je crois que je vois ce que vous voulez dire, répondit l'homme.
- Bien sûr que vous voyez ce que je veux dire, reprit Seigi. Nous avons bien vu que vous aviez déjà joué à certains « jeux » avec lui, remarqua le japonais en s'attirant un regard très tendu. Oh ne vous en faîte pas, je ne vous reproche rien. Je ne suis pas un saint et mon employeur non plus, bien au contraire. Voilà ce que je vous propose : je vous débarrasse de cette gêne qui représente un danger pour vous et votre charmante famille et je vous laisse ce chèque en compensation. Nous concluons cette affaire et vous ne me reverrez plus jamais moi ou ce gamin. Qu'en dîtes vous ? Cette somme vous convient-elle ?
Dursley le regarda avec suspicion un moment, alternant entre lui et le chèque. Vernon lui, avait un peu de mal à croire ce qu'il se passait. Mais peut-être était-ce une chance ? Oui, ce chèque à six chiffres était indubitablement une chance. Cet homme lui offrait de se débarrasser du petit monstre contre une somme à six chiffres. Le monstre ne valait pas autant mais il n'allait quand même pas le dire. Il devait avouer que cela le débarrasserait d'un problème. Le gamin pouvait lui attirer de très gros ennuis. Il était dangereux, anormal. C'était d'un danger pour sa famille. Il se fichait bien de ce qu'un vieux fou en robe de chambre avait pu un jour dire sur le fait qu'il devait garder le gamin. Il n'en voulait pas lui. Il lui faisait peur. Il était dangereux. Il se passait des choses bizarres autour de lui. Cette proposition était sûrement une très bonne chose. Et puis c'était une somme à six chiffres ! Et le petit monstre ne serait plus là pour l'ennuyer constamment et lui coûter de l'argent. Il n'aurait qu'à déménager et les autres anormaux n'en sauraient rien. Bon, il serait privé de son petit passe temps mais c'était une somme à six chiffres !
- Cette somme me convient, répondit-il finalement avec un sourire intéressé.
- Excellent, s'exclama Seigi intérieurement dégoutté.
Cet argent ne valait certainement pas la vie d'un enfant. Tout l'argent du monde ne valait pas une vie.
- Dans ce cas, si vous le voulez bien, j'aurais quelques papiers à vous faire signer histoire de que rendre le passage de tutelle officiel et légal. Ainsi, personne ne sera inquiété par les autorités et notre petite affaire pourra rester entre nous. Notre arrangement passera inaperçu et personne n'en aura connaissance, expliqua-t-il.
Il ouvrit calmement son dossier et en sorti quelques papiers qu'il glissa sur la table. Dursley les regarda avec prudence et se mit à les lire rapidement.
- Mais ne faut-il pas une raison pour ce genre de chose ? Demanda l'homme.
- Oh vous savez, ce n'est qu'un détail. Les parents du gosse sont morts d'après nos recherches et nous n'aurons qu'à dire que mon patron était un ami de ses parents et qu'ils souhaitaient qu'ils en soit ainsi. Comme ils sont morts, personne ne nous contredira, dit-il avec un sourire de connivence.
- Bien bien, répondit Vernon avec un sourire. Où dois-je signer ? Demanda-t-il.
Retenant son dégoût et sa colère en affichant un sourire satisfait, Seigi lui montra patiemment et l'homme alla chercher un stylo, s'empressant ensuite d'apposer sa signature sur les documents pré remplit par le japonais pour accélérer la chose.
- Il nous faudra aussi la signature de votre femme, remarqua le japonais.
- Elle rentrera d'ici quelques minutes si vous voulez bien patienter un moment. Ainsi nous pourrons conclure cette affaire sans délais, avança l'homme obèse d'un air courtois.
- Je vois que nous nous comprenons, répondit le japonais. En attendant, accepteriez vous de me parler un peu de l'éducation de ce petit morveux, histoire de savoir ce qu'il doit encore apprendre pour être un... bon garçon, dit-il sans chercher à cacher ce qu'il voulait insinuer par là.
Dursley le regarda d'un air suspicieux, observant aussi le chèque qu'il tenait encore.
- Ne vous en faîtes donc pas ainsi, rassura l'asiatique d'une voix amicale. Il ne sera pas le premier gosse que mon patron... prend avec lui. Disons simplement que j'aimerais savoir si encore des choses à lui apprendre sur... la bonne conduite à adopter pour... être un gentil garçon. Vous voyez ce que je veux dire, bien sûr. J'ai pu voir que vous aviez déjà, comment dire, travaillé sur ses bonnes manières.
L'homme le regarda encore un peu avant de se décider à ouvrir la bouche en constatant que son interlocuteur était parfaitement détendu et souriant, ne semblant pas du tout gêné par la conversation. Mais si tout ce que le blond avait dit été vrai, lui et son patron n'était pas des saints. L'employeur en question semblait d'ailleurs avoir le même genre de passe temps que lui. Alors pourquoi pas. Le petit monstre n'aurait que ce qu'il méritait et il s'en réjouissait. Il avait de la chance aujourd'hui. Il se débarrasserait de son plus gros problème contre une belle somme d'argent et le gamin disparaîtrait pour ne plus jamais venir l'ennuyer.
- Il n'a plus grand chose à apprendre, commença-t-il. Je suis sûr qu'il amusera beaucoup votre patron, dit-il d'un ton qui laissait clairement imaginer ce à quoi il pensait. Il est très bon pour ça, ajouta-t-il alors que le japonais devait se retenir de lui sauter à la gorge. Même s'il a eu du mal à l'apprendre, il a apprit à se laisser faire sans protester et sans se plaindre.
- Excellent, répondit Seigi l'air heureux mais se débattant pour rester calme et maîtrisé.
Il avait envie de tuer ce type tout de suite et sans sommation. Mais il se retint, extérieurement satisfait et détendu, souriant :
- Autre chose ? Demanda-t-il l'air sérieusement intéressé.
Enhardis par l'attitude de son interlocuteur, Dursley poursuivit en se détendant un peu :
- Il ne vous coûtera pas grand chose en nourriture. Il a été habitué à un ou deux repas par semaine. Un peu de pain sec suffit. C'est déjà bien généreux.
- Je suis bien d'accord monsieur Dursley, approuva Seigi en jouant son rôle du mieux qu'il pouvait.
Bien qu'au bord du meurtre, le japonais se força au calme. Il voulait en avoir le cœur net, en apprendre le plus possible sur ce que ce monstre avait fait subir à ce pauvre enfant. Et ensuite, il lui ferait payer très cher. Il allait bien s'amuser.
- Je lui ai appris à se taire bien évidemment, continua Vernon l'air fier de lui. Il n'ira rien dire à personne. C'est déjà arrivé quelque fois à l'école par exemple mais nous avons fait croire qu'il était... dérangé, expliqua-t-il.
- Très intelligent, félicita le japonais. Nous fonctionnons aussi ainsi à l'occasion.
- Les gens sont tellement naïfs, ricana l'autre.
- Tellement naïfs en effet, approuva Seigi qui lui attribuait surtout cela au gros porc face à lui.
- Et puis dans ces cas là, une punition a vite fait taire le gosse. Il a rapidement comprit qu'il valait mieux pour lui qu'il se taise. Il a apprit à se taire en toute circonstance et à obéir. Il fera toutes les tâches que vous voudriez lui faire faire. Il s'occupait du jardin et de la maison ici. Il sait faire à manger aussi. Il a apprit à faire toutes les tâches ménagères sans rechigner et parfaitement. Il sait se taire et se faire discret aussi.
- Tout cela me semble bien, approuva le japonais l'air appréciateur. Et en ce qui concerne d'autre genre de... d'occupation, pose-t-il des problèmes ?
- Oh non, répondit l'homme. Il sait qu'il doit se laisser faire, ricana-t-il. Il ne décevra pas votre patron de ce côté là, je vous assure. Vous faites même une très bonne affaire.
- A-t-il beaucoup d'expérience ?
- Six ou sept, répondit l'anglais.
À cette annonce, Seigi dû faire appel à tout son self contrôle pour ne pas le tuer sur le champ et de manière plus que douloureuse. Ce monstre avait osé violer l'enfant sept fois ! Il allait le pousser en enfer pour ça.
- C'est plutôt pas mal, répondit-il en se maîtrisant. Je pense que ce petit accord sera profitable à tout le monde. J'aurais juste encore une petite question : a-t-il quelques particularités ?
- Que voulez vous dire ?
- Et bien on m'a parlé de ce qui était écrit dans son dos, alors je me demandais... ? Expliqua-t-il en voyant Vernon se crisper un peu plus et visiblement pour lui confirmer qu'il y avait bien quelque chose.
Il y avait quelque chose avec ce gosse qui avait provoqué une haine féroce et viscérale. La réaction de ce gros porc lui prouvait qu'il y avait quelque chose. Il voulait savoir quoi. Pourquoi avait-il gravé précisément ces mots dans le dos de l'enfant : « monstre », « anormal », « démon » ? Pourquoi ces termes ? Avait-il peur du gamin ? L'homme semblait clairement sur ces gardes avec cette question, comme s'il avait peur qu'il découvre quelque chose.
- Ce serait un sérieux plus pour mon employeur, dit-il pour essayer de le mettre à l'aise et de le pousser à la confidence. Il aime particulièrement les bizarreries. Ça l'amuse beaucoup et je suis autorisé à rajouter un autre chèque, dit-il en sortant un autre bout de papier de son dossier et en l'agitant, si le gosse avait quelque particularités ou bizarreries, n'importe quoi. Le mot démon m'a particulièrement intrigué. Si le morveux avait quelque chose d'anormal, ça pourrait être une prime pour moi et ce chèque supplémentaire pour vous, dit-il avec un sourire. Il adore observer et étudier ce genre de chose.
Dursley l'observa, jetant de petits coups d'œils au second chèque, clairement intéressé. Et après hésitation, il ouvrit la bouche :
- Il y a peut-être quelque chose, commença-t-il prudemment. Il se passe parfois des choses étranges autour de lui quand il a très peur.
- Très intéressant, encouragea le japonais en se penchant un peu en avant pour marquer son intérêt. Pouvez vous m'en dire plus ?
- Il y a parfois des objets qui bougent tout seuls, des ampoules qui éclatent, des choses qui disparaissent sans laisser de traces... Une fois, son institutrice l'a trouvé sur le toit de l'école et il a dit, lorsque je l'ai ramené ici, qu'une bandes d'enfant le poursuivait dans la cour et qu'il avait regardé le toit pour s'y retrouvé la seconde d'après. Mais je ne sais pas si c'est vrai. Ce petit monstre ment beaucoup, il mériterait encore quelques leçons de ce côté là, argua l'obèse.
- Et bien je pense que je peux vous donner ce second chèque monsieur Dursley, dit-il en tendant le dit chèque à l'homme qui le prit sans se faire prier. Je vais sûrement avoir une petite prime pour ce gosse, je vous remercie.
Vernon se détendit visiblement devant son attitude. Ils discutèrent un moment, Seigi louant sa maîtrise de lui même alors qu'il devait se retenir chaque seconde un peu plus de ne pas commettre un meurtre, suivi d'une résurrection et d'un autre meurtre douloureux et ainsi de suite jusqu'à ce que se porc ait payé ses actes. L'homme finit par tellement être en confiance qu'il lui raconta plusieurs choses qu'il avait fait subir au gamin pour le « dresser ». le japonais loua le ciel lorsque la porte d'entrée s'ouvrit, Pétunia et son fils rentrant. Ils entrèrent dans le salon et avisèrent l'inconnu avec curiosité.
- Vernon ? Appela sa femme.
- Oh, Pétunia. Je te présente monsieur Smith, présenta-t-il avec un immense sourire. Monsieur Smith est ici pour affaire. Il va changer notre vie, dit-il l'air très heureux.
Seigi ne put s'empêcher de ricaner intérieurement. Oh oui, il allait changer leurs vies, mais pas du tout dans le sens qu'il l'espérait.
- Veux-tu bien venir signer ces documents ma chérie ? Demanda l'obèse.
La femme s'exécuta l'air intrigué, posant un regard interrogatif sur son mari. Mais elle signa la où Seigi pointait son doigts sans même poser de question. Pathétique. L'homme de main trouva cela parfaitement pathétique. Jamais il n'aurait signé de document sans le lire scrupuleusement avant.
- Et bien tout me semble en ordre désormais, remarqua le japonais en rassemblant et rangeant précieusement les papiers qui donnerait la garde de Harry à Akifumi sans retour en arrière possible. Je pense que notre affaire et bel et bien conclue désormais pour notre plus grand bienfait à tous.
- Vernon ? Interrogea Pétunia l'air curieuse.
- Ne t'en fait pas Pétunia. Je t'expliquerais, lui dit-il. En attendant, je pense que monsieur Smith souhaiterait s'en aller, supposa-t-il en voyant l'homme se lever.
- En effet. J'ai encore beaucoup de travail. Madame Dursley, salua-t-il poliment. Monsieur Dursley. Comme promit, vous n'entendrez plus parler de moi ou de notre affaire. Profitez bien de notre cadeau, préconisa-t-il ensuite.
- Je le ferais avec plaisir. Je vous remercie monsieur Smith et remerciez aussi votre patron pour moi, passez lui mes amitiés.
- Je n'y manquerais pas, assura Seigi.
Il fut raccompagné à l'entrée et très poliment salué. Il se dirigea ensuite vers sa berline, observé par la famille, il s'assit au volant, éteignant son enregistreur vocal et posant le précieux dossier sur le siège à côté de lui. Puis il s'en alla, des projets de vengeance pleins la tête. Il faudrait qu'il demande à Akifumi s'il ne pouvait pas simplement descendre ce gros porc. Il était fou de rage. L'homme avait très sérieusement parlé de l'enfant comme d'une marchandise, comme d'un animal qu'il avait dressé, comme un esclave, comme une source de divertissement sexuel. Il ne s'en était même pas caché. Et il avait vendu le gamin contre une somme dérisoire en comparaison d'une vie. Il voulait le tuer.
Mais avant de s'occuper des Dursley, il devait assurer l'avenir de l'enfant. Il devait faire signer quelques papiers à son patron pour rendre tout cela officiel, puis il effacerait les traces et une fois tout cela fait, il pourrait s'occuper de la vengeance. Et ce fut donc en faisant de multiples projets là dessus qu'il s'en alla.
Après avoir appelé Seigi et son père, Akifumi passa simplement son temps près d'Harry. Il était toujours assis à côté de lui sur le matelas, un bras passé autour de sa tête alors que ses doigts jouaient avec ses cheveux. Son autre main tenait celle de l'enfant, caressant sa paume du pouce. Le petit brun dormait tranquillement. Il y avait bien eu quelques début de cauchemars mais l'homme n'avait même pas eu besoin de le réveiller. Quelques câlins et quelques paroles douces avaient calmé le sommeil du petit garçon. Celui-ci s'était d'ailleurs blotti un peu plus près de lui après le dernier début de cauchemar. Et comme il ne pouvait pas beaucoup bouger, l'homme avait pris le partit de se rapprocher de lui. Il s'était installé encore plus près, l'enfant collé contre son corps, son visage tourné vers lui. Et Akifumi ne pouvait s'empêcher de le regarder. Il était tellement plus mignon lorsqu'il n'y avait pas de signe de peur ou de tension sur son visage. Les seules choses qui n'allaient pas étaient sa peau trop pâle, ses yeux cernés, ses joues creusées, les bleus et les égratignures qui entachaient ses traits. Et il se promit que c'était la dernière fois qu'il voyait cela sur lui. À partir d'aujourd'hui, tout irait un peu mieux chaque jour.
Akifumi resta là tranquillement, observant son bientôt fils adoptif avec un léger sourire, continuant à le cajoler presque continuellement en espérant lui épargner les cauchemars. La peluche de panda roux était toujours entre eux, soutenant leurs deux mains. Il l'observa en silence et ce ne fut qu'en fin d'après midi qu'il fut dérangé. Il entendit toquer doucement à la porte et après avoir vérifié que le petit brun dormait toujours profondément, il donna l'autorisation d'entrer. En entendant le bruit, le petit garçon bougea un peu, serrant d'avantage sa main mais s'immobilisant lorsque l'homme lui rendit son étreinte, se rendormant complètement et se détendant. Akifumi reporta alors son attention sur la porte, souriant en voyant son père entrer.
Le grand homme aux épaules carrées s'était débarrassé de sa cravate, avait déboutonné sa veste et les premiers boutons de sa chemise, se donnant un air nettement plus ouvert et avenant que lorsqu'il avait son costard cravate porté de manière formelle. Le sourire doux plaqué sur ses lèvres lui donnait aussi l'air particulièrement accueillant comparé au froid visage qu'il abordait dans les affaires et qui lui donnait des airs d'ancien militaire. Là, il ressemblait à un gros nounours. Akifumi remarqua qu'il avait un sac en papier avec lui et devina immédiatement qu'il avait fait quelques courses avant de venir. Rengu, referma la porte en silence avant de s'approcher du lit, souriant en voyant l'enfant endormi et blotti contre son fils.
Il posa une main sur l'épaule de son aîné, la pressant doucement pour le saluer. Il s'assit ensuite dans le siège de cuir toujours présent près du lit, prenant place juste à côté de son fils. Il sortit une petite boîte de chocolat de son sac, la tendant à son fils qui lui sourit et la déposa sur la table de chevet. Et il regarda tranquillement l'enfant, posant son sac à coté de lui :
- Comment va-t-il ? Questionna le plus âgé dans leur langue natale d'une voix murmurante.
- Il se repose depuis trois quatre heures et il en a besoin. La nuit a été très longue. Et les soins de ce matin ont été difficiles à supporter pour lui. Il a du mal avec les contact physiques, ça le fait paniquer. Tout à l'heure, quand Hideaki soignait son dos, je pouvais presque voir passer ses souvenirs de torture dans ses yeux. C'était... très troublant et...
- Douloureux ? Supposa le plus vieux alors que son fils acquiesçait en caressant les cheveux bruns. Je peux l'imaginer, dit-il avec tristesse. Ça a l'air d'aller avec ton contact à toi, remarqua-t-il ensuite avec un sourire doux.
- Ça va. Mais pas toujours, après les soins, j'ai été obligé de m'éloigner pour qu'il se calme. Je suis sûr qu'il ne demande qu'un peu d'attention et de réconfort mais il a terriblement peur de ce qu'on pourrait lui faire. Il est terrorisé et il a peur d'avoir encore mal. Je pense aussi qu'il ne peut pas s'empêcher de superposer nos gestes, tout nos gestes avec ce qu'il a subi. Il a peur du moindre de nos mouvements comme s'il s'attendait à être frapper sans prévenir à tout instant.
- C'est probablement le cas malheureusement mais avec du temps et de la patience, on devrait pouvoir le guérir et lui montrer qu'il peut nous faire confiance, assura Rengu. Visiblement, il te fait déjà un peu confiance.
- Un peu, sourit Akifumi. Je crois que ça fait longtemps qu'il rêve d'avoir quelqu'un pour lui. Tu sais ce qu'il m'a demandé lorsque je lui ai proposé de l'adopter ?
- Non, dis moi, demanda-t-il l'air curieux.
- Il m'a demandé si je serais son papa super héros qui le protégerait des méchants, dit-il en souriant avec douceur.
- Il en a bien besoin, répondit Rengu avec un sourire attendri. Tu as eu raison de prendre cette décision. Tu seras un papa parfait pour lui.
- Tu sais, j'ai vraiment l'impression que Rui m'a conduit à lui et... hier quand il s'est réveillé il y a eu autre chose. Au début, je n'arrivais pas à le calmer, il était paniqué et au bout de quelques minutes, mon pendentif de Rui autour de son cou s'est illuminé comme l'autre soir lorsqu'il m'a conduit vers lui. Il s'est illuminé et ça a calmé Harry. Il s'est détendu pendant qu'il brillait et ce n'est qu'ensuite qu'il a accepté de me regarder et de m'écouter.
- Tu lui as déjà parlé de Rui ? Demanda l'aîné.
- Pas encore mais je le ferais. Il est très curieux et il aime bien les histoires. Je suppose qu'une histoire de dragon devrait lui plaire.
- Peut-être qu'il a déjà vécu des choses extraordinaires ou qu'il a senti quelque chose lorsque ton pendentif brillait. On lui demandera en douceur avec une petite histoire, ça devrait l'amuser assez pour ne pas qu'il s'inquiète. On verra bien. Dans tout les cas, je pense sincèrement que votre rencontre est une bonne chose. Pour lui, dit-il en regardant l'enfant tendrement, et pour toi aussi. Tu vas être un merveilleux papa, sourit-il.
- Et toi ?
- Moi ? Je vais être un merveilleux grand père, s'extasia-t-il. Depuis le temps que je veux entendre un adorable bambin m'appeler papy, dit-il l'air très enthousiaste et faisant sourire largement son fils.
- Tu veux être papy à ton âge ! Tu n'as que cinquante cinq ans, ricana-t-il.
- Et alors ? C'est un bon âge pour devenir papy. Et les papy peuvent faire plein de bêtises avec leurs petits enfants et leur raconter toute sorte d'histoires sur l'enfance de leur parents qui les ferait rougir d'embarras. C'est très drôle, s'amusa-t-il en faisant doucement rire son fils.
Si Rengu Uizado pouvait paraître aussi froid que la glace en public, avec sa famille, il était un papa gâteau proche de ses enfants qu'il adorait par dessus tout et il pouvait avoir un comportement très enfantin. Mais il était un bon père qui avait parfaitement élevé ses enfants. Il savait se montrer strict et doux à la fois, autoritaire et calme, tendre, joueur et aussi donneur de leçons quand s'était nécessaire. Mais il était toujours calme avec les enfants. Akifumi ne l'avait jamais vu être brutal même un tout petit peu en agrippant un bras ou autre, il n'avait jamais reçu de gifle de son père et il n'avait jamais eu un mot plus haut que l'autre, il n'avait jamais élevé la voix. Non, Rengu préférait parler et expliquer pourquoi tel ou tel bêtise était mal. Il parlait alors d'une voix autoritaire et sérieuse sans aucun sourire et son attitude imposante et ses explications, en plus d'une ou deux corvées, avaient toujours suffi. Lorsqu'il voyait la vie du petit brun, Akifumi était terriblement heureux d'avoir eu son père et il espérait maintenant pouvoir être un père semblable pour Harry.
- Il va falloir que l'on prévienne ta mère et tes frères et sœurs, remarqua Rengu.
- On va attendre un petit peu, sinon maman va débarquer ici pour tuer les Dursley, ricana le jeune homme.
- Tu as sûrement raison, s'amusa son père. Une vrai louve lorsqu'il s'agit de protéger des enfants, c'est aussi pour ça que je l'aime. Comment veux-tu faire ?
- Et bien, Hideaki dit qu'il devrait rester à l'hôpital au moins deux semaines pour surveiller son état. Comme ça, on pourra bien soigner ses blessures et traiter ses carences. On va commencer à lui faire reprendre du poids aussi et veiller à ce qu'il guérisse bien. Il va rester encore au moins deux semaines ici mais Hideaki préférerait attendre trois semaines avant de prendre l'avion pour le Japon. D'ici là, ses côtes seront consolidées et sa commotion sera guérie. Ses brûlures et blessures devraient l'être aussi presque entièrement. Il n'y aura plus que son bras cassé. Dix semaines de plâtre.
- Nous étions supposé rentrer dans deux semaines alors il n'y aura qu'à repousser d'une semaine, répondit Rengu simplement.
- En faîte, je me demandais si tu ne voudrais pas rentrer comme prévu ? Demanda son fils. Comme ça tu pourrais expliquer à tout le monde la situation et leur parler de lui. Leur expliquer qu'il est traumatisé et qu'il ne faut pas le brusquer.
- Tu es sûr que tu ne veux pas que je reste ? Demanda Rengu.
- Non ça ira. Et puis il faut que l'un de nous rentre pour l'entreprise et je ne veux pas le laisser ici même pour une semaine.
- D'accord, répondit l'aîné. Je rentrerais comme prévus et je raconterais son histoire à la maison pour que tout le monde soit prêt quand il arrivera. Et je lui ferais préparer une chambre, j'achèterais des jouets et des vêtements. Je suis sûr que ta mère et tes sœurs seront ravies de faire les boutiques pour lui, s'amusa-t-il.
- Je n'en doute pas, rigola Akifumi.
Tout à leur discussions, ils n'avaient pas remarqué qu'ils avaient cessé de murmurer pour parler un peu plus fort, réveillant doucement le petit brun qui remua un peu. Cependant, cela fut immédiatement remarqué par Akifumi qui reporta toute son attention sur lui, se reprochant de l'avoir réveillé par leur manque d'attention. Immédiatement, Rengu se tut, reportant son attention sur le petit garçon et mettant un sourire doux sur ses lèvres. Il resta tranquillement assis se disant que le fait que Akifumi se trouvait entre eux le rassurerait un peu.
Le jeune homme se concentra sur son petit protégé qui se réveillait doucement. Il caressait ses cheveux et tenait toujours sa main. Bientôt, Rengu put voir l'enfant ouvrir des yeux ensommeillés. Ses iris étaient absolument magnifiques, aussi splendides que les plus belles émeraudes du monde. Mais il le vit aussi se tendre significativement alors que ses traits se faisaient inquiets, son regard reflétant peur et appréhension. Il était crispé et avait automatiquement rentré la tête dans les épaules dans une attitude défensive et soumise. C'était effrayant de voir un enfant réagir ainsi sans raison apparente, juste par instinct et par peur. Cela ne fit que renforcer la colère du père de famille pour ceux qui avaient fait ça. Il regarda faire son fils, attendri par son extrême douceur avec le petit garçon. Il caressait ses cheveux avec une certaine insistance pour que l'enfant le sente bien alors qu'il clignait des yeux pour se réveiller :
- Mon ange, appela-t-il avec tendresse et calme.
Presque immédiatement, Harry leva le regard vers lui, comme happé par le petit surnom.
- Coucou, fit Akifumi en souriant lorsqu'il capta son regard.
Le petit garçon ne lui répondit pas mais il serra un peu plus sa main, semblant se rassurer en le trouvant près de lui.
- Tu as bien dormi ? Demanda le japonais.
Il reçut un petit signe de tête positif silencieux mais il ne s'en formalisa pas, espérant quand même qu'un jour, le petit brun serait un peu plus bavard.
- Tu n'as pas fait de cauchemar ? Demanda-t-il.
La réponse fut cette fois-ci négative et un très petit sourire courba les fines lèvres, ravissant les deux adultes par le petit bijou que cela représentait.
- Merci, bredouilla-t-il d'une toute petite voix en regardant l'adulte avec appréhension.
Il semblait se demander s'il avait le droit de parler, s'il n'avait embêté personne en remerciant, s'il avait fait ce qu'il fallait... Il semblait plein de questions et plein d'appréhension. Cherchant à savoir s'il ne faisait pas d'erreur et surtout, il semblait guetter tout signe d'attaque comme une proie. Rengu en avait mal au cœur de voir ça.
- Mais de rien mon ange, répondit Akifumi en souriant et en caressant doucement sa joue. Je t'avais dit que je te réveillerais si tu faisais un cauchemar. Et puis j'ai aussi promis d'être ton papa super héros qui chasserait les cauchemars. Est-ce que j'ai réussi ? Demanda-t-il légèrement.
- Oui, répondit timidement l'enfant avec un très léger sourire. Merci, répéta-t-il.
- De rien mon cœur, murmura l'homme en allant lentement déposer un baiser sur le haut de sa tête.
Invariablement, le petit brun se crispa à l'approche de l'homme et sembla infiniment surpris du geste. Rengu l'observa attentivement alors que l'enfant ne l'avait pas encore vu. Il avait peur et il était très surpris de l'attention, comme si c'était impossible qu'on lui donne cela. Mais il y avait aussi autre chose alors que Akifumi déposait ce baisé dans ses cheveux. Il y avait un petit éclat dans son regard d'émeraude, un petit éclat de bonheur et de bien être, d'espoir. C'était splendide et l'homme qu'était Rengu se trouva très ému par ce regard si expressif et si profond.
- Je serais toujours là maintenant pour chasser les cauchemars, ajouta Akifumi en le regardant dans les yeux et en lui souriant.
- Mon papa super héros ? Demanda l'enfant dans un murmure à peine perceptible.
- Ton papa super héros, confirma une fois encore l'adulte. Pour toute la vie. C'est promis et je le promettrais encore des milliers de fois si tu me le demandes.
- Merci monsieur, répéta encore l'enfant en choquant cependant un peu les adultes par l'appellation.
- Tu sais mon ange, tu n'es pas obligé de m'appeler monsieur, dit-il tranquillement en ne voulant pas brusquer le petit garçon qui avait sûrement été forcé d'utiliser ce genre titre pour se référer aux adultes. Tu peux m'appeler Akifumi ou Aki et si tu en as envie, tu peux m'appeler papa aussi, dit-il doucement.
Le petit garçon écarquilla les yeux, l'air de ne pas y croire. Il avait l'air complètement halluciné et surpris. Akifumi continuait à caresser ses cheveux machinalement, le regardant avec tendresse.
- Je peux vous appeler papa ? Demanda le gamin comme si on allait lui dire que c'était une blague.
- Je te l'ai dit, je veux être ton papa alors bien sûr que tu peux m'appeler papa. Ça me ferait même très très plaisir. À partir d'aujourd'hui je suis ton papa à toi, c'est normal que tu m'appelles comme ça. Mais tu n'es pas obligé si tu n'as pas envie, c'est comme tu veux. Est-ce que tu en as envie ? Demanda-t-il avec douceur.
Le petit brun se mordilla la lèvre, ayant visiblement peur de répondre. Mais le visage calme et rassurant du japonais sembla le rassurer un peu et il approuva d'un timide signe de tête, s'attirant un immense sourire de la part d'Akifumi.
- Alors tu peux le faire quand tu veux mon cœur et tu peux me tutoyer aussi, c'est quand même beaucoup plus sympa tu ne crois pas ?
Harry approuva, l'air très heureux et détendu avec le bras de l'homme autour de lui alors qu'il serrait sa main. Il était rassuré par son attitude calme et souriante, douce et tendre, protectrice. C'était tout nouveau pour lui et tellement agréable et chaud. Il allait vraiment pouvoir l'appeler papa ? Il en avait tellement envie. Il voulait tellement un vrai papa.
- Tu veux essayer ? Demanda le japonais.
- Je peux ? Demanda une fois encore l'enfant.
- Bien sûr, répondit patiemment l'adulte. Tu peux parler quand tu veux, comme Hideaki-sensei et moi te l'avons dis tout à l'heure. Tu peux parler comme tu veux et quand tu veux. Tu peux poser toutes les questions que tu veux, tu peux demander ce que tu veux et faire autant de bruit que tu en as envie. Et tu peux m'appeler papa n'importe quand, dés que tu en as envie, même pour rien juste comme ça. Ok ?
Harry le regarda dans les yeux une petite minute, l'air de vouloir s'assurer qu'il avait bien compris et qu'il pouvait vraiment. Une fois de plus, le sourire et les caresses de l'adulte semblèrent le rassurer.
- Oui papa, murmura-t-il tout bas et n'osant pas regarder Akifumi.
Il se tendit affreusement et ferma très fort les yeux lorsque le japonais se rapprocha de lui, serrant les dents et tremblant un peu, se disant qu'on lui avait tendu un piège pour avoir une raison de le punir. Mais il se figea de surprise et de soulagement en comprenant que l'homme embrassait une fois de plus ses cheveux, le serrant délicatement dans une étreinte chaleureuse et protectrice. Il posa ensuite sa joue sur sa tête et Harry se sentit si bien ainsi qu'il était partant pour l'appeler papa tout le temps. Il adorait ça, c'était tellement agréable. Il ne se sentait plus tout seul ainsi. Il se détendit et soupira de bien être. Il tourna le visage vers Akifumi et il se retrouva le nez dans son cou. Le japonais sentait bon. Il avait une odeur qu'il ne connaissait pas mais il ne l'oublierait jamais.
Rengu de son côté, avait tout observé sans un bruit, terriblement attendri. L'enfant était si mignon et touchant. Très fragile. On avait terriblement envie de le protéger en le regardant. Akifumi déployait des trésors de tendresse et de compréhension. Et le petit brun en avait clairement plus que besoin. L'aîné nota dans un coin de sa tête de ne pas hésiter à lui répéter régulièrement ce qu'il avait le droit de faire afin de le rassurer. Il était si mignon cet enfant, mais il était aussi tellement blessé, ses réactions parlaient pour lui. Il semblait brisé à tout point de vu, osant à peine parler. Et s'inquiétant du moindre geste ou mot venant de lui ou des autres. Pour un homme comme lui qui avait toujours eu des enfants pleins de vie courant dans sa maison, c'était un sacrilège d'avoir mis ce bout de chou dans cet état. Avec un sourire attendri, il regarda son fils aîné faire un câlin à l'enfant qui se serrait contre lui en quête évidente de tendresse. Et finalement, Akifumi reprit doucement la parole sans s'éloigner de Harry.
- Mon ange ? Appela-t-il.
- Oui ? Bredouilla le petit garçon restant blotti dans son cou.
- J'aimerais te présenter quelqu'un, annonça-t-il tranquillement en caressant ses cheveux. Regarde par là tu veux bien, dit-il en se tournant vers Rengu qui souriait doucement.
Le petit garçon rouvrit les yeux qu'il avait fermé et tourna le regard dans la même direction que son nouveau papa. Et immédiatement, lorsqu'il vit l'inconnu dont il n'avait pas détecté la présence jusque là, assis pas très loin de lui, il se tendit à l'extrême, détournant immédiatement le regard, fermant les yeux avec force, se tassant sur lui même et se mettant à trembler, brisant le cœur de Rengu un peu déstabilisé par une telle terreur alors qu'il n'avait pas fait un geste. Akifumi se remit à cajoler l'enfant, le rassurant d'une voix tranquille et douce :
- Tu n'as pas besoin d'avoir peur ainsi mon ange, dit-il. Calme toi, calme toi, pria-t-il d'une voix chantante et réconfortante. Tu ne risques rien. Je t'ai promis que plus personne ne te ferait de mal et je tiens toujours mes promesses. Je te promet que chaque personne qui entrera dans cette pièce sera très gentille avec toi et je serais toujours avec toi. Il ne t'arrivera rien.
Il continua ainsi un petit moment et l'enfant se calma progressivement, semblant reprendre un contrôle sur lui même. Mais il resta tout contre Akifumi, légèrement tremblant. Le japonais le félicita pour son courage puis il demanda :
- Tu veux bien regarder encore le monsieur s'il te plaît ? Pria-t-il calmement.
L'enfant leva d'abord les yeux sur son papa d'adoption, semblant chercher un soutient chez lui et l'adulte lui assura une nouvelle fois que tout irait bien. Harry tourna alors un regard hésitant sur Rengu, l'observant avec crainte et angoisse. La forte carrure de l'homme n'était pas pour le rassurer pourtant, son visage souriant avait quelque chose de réconfortant qui surprit un peu l'enfant. Son sourire était indubitablement sincère et chaleureux. L'homme lui fit un petit signe de main sans geste brusque :
- Coucou mon bonhomme, commença-t-il avec un immense sourire et une voix douce. Je m'appelle Rengu, se présenta-t-il. Et toi c'est Harry c'est ça ?
Tremblant légèrement, l'enfant finit par acquiescer.
- Bonjour, bredouilla-t-il en recevant un autre sourire qui le détendit un peu.
- Ce monsieur, reprit Akifumi qui continuait à cajoler le petit brun, c'est mon papa super héros à moi, dit-il en faisant sourire l'homme touché d'être nommé ainsi par son fils.
- Ton papa ? Demanda l'enfant en regardant le plus vieux avec un peu plus de curiosité.
- Oui, mon papa. Il est très très gentil. Et donc si maintenant je suis ton papa, lui, c'est ton grand père.
- C'est vrai ? demanda l'enfant incrédule et complètement surpris.
- Tout à fait mon bonhomme, confirma Rengu en le regardant avec un sourire doux. À partir d'aujourd'hui, si tu veux bien, je serais ton papy, dit-il gaiement.
- Et je suis sûr qu'il sera un super papy super héros. Lui aussi il te protégera des méchants, assura Akifumi.
Le petit brun regard le plus vieux d'un air curieux et craintif. Un papy ? Un papy pour de vrai ? Il devait être en plein rêve. On le soignait, on était gentil avec lui, on ne lui demandait rien, on le laissait se reposer dans un bon lit, on lui donnait à manger et à boire, on lui avait fait un cadeau génial avec la peluche, personne ne criait, personne ne lui faisait mal, on lui souriait. Et puis il avait un papa. Un papa qui lui faisait des câlins et qui éloignait les cauchemars. Et maintenant, il allait avoir un papy ? Pour de vrai ? C'était un peu beaucoup pour lui en peu de temps. Il avait vraiment du mal à y croire alors qu'il regardait Rengu d'un air complètement perdu.
L'aîné se leva doucement et vint s'asseoir au bord du lit près des jambes de son fils, voulant se rapprocher un peu du petit brun. À sa plus grande tristesse, l'enfant se tendit très visiblement, tremblant et rentrant la tête dans les épaules. Pourtant, Rengu continua de sourire doucement. Il avança lentement une main et la fit glisser sous celle de l'enfant posée sur sa peluche. Les petits doigts furent alors pris entre les mains des deux adultes. L'enfant les regarda tour à tour, ne comprenant pas alors qu'il tremblait toujours horriblement.
- Écoute moi bonhomme, demanda doucement Rengu qui reçut immédiatement une attention craintive de la part de l'enfant. À partir d'aujourd'hui, tu vas avoir une vraie famille, expliqua-t-il. Une famille qui sera toujours là pour toi et qui te protégera. Nous ne te ferons jamais de mal et nous ne laisserons plus jamais qui que ce soit te blesser. Plus jamais bonhomme. Tu n'as pas besoin d'avoir peur de moi, je ne te ferais rien du tout. Sauf des câlins si tu en as envie, dit-il avec un grand sourire. Ça fait très longtemps que j'ai envie d'être papy, alors est-ce que tu veux bien que je sois ton papy ?
Le petit garçon le regarda l'air ébahis et vraiment très ému, plein d'espoir. Il fit voyager son regard d'émeraude entre les deux adultes qui avaient tout deux une expression calme et douce au visage. Ils attendaient patiemment sa réponse, laissant les paroles de Rengu faire leur chemin dans son esprit. Et puis il regarda le plus âgé et il acquiesça timidement mais d'une manière tout à fait mignonne et craquante, touchante.
- Merci beaucoup bonhomme, répondit Rengu en le surprenant beaucoup. Je suis vraiment heureux que tu veuilles bien que je sois ton papy, dit-il. Ça fait longtemps que j'en avais envie.
Ce fut avec plaisir qu'il accueillit le tout petit sourire que lui adressa le petit brun. Akifumi souriait, heureux de voir que son père n'avait pas trop de mal à se faire accepter. Il avait de l'expérience après tout en matière d'enfant et c'était de lui que son aîné tenait son calme et sa sensibilité, sa patience. Un silence léger s'installa, le petit brun se détendant alors qu'il regardait tour à tour les deux japonais détendus et tranquilles. Au bout de quelques minutes, il reposa sa tête sur l'épaule de son nouveau père, heureux de recevoir des caresses en réponse. Après un moment, Akifumi lâcha la main de l'enfant qui se retrouva dans celle de Rengu qui restait assis au bord du lit, et il attrapa la petite boite de chocolat qu'il avait déposé sur la table de chevet un peu plus tôt. Il l'amena dans le champs de vision de l'enfant et prit la parole :
- Je t'avais promis du chocolat il me semble, dit-il avec un sourire.
Harry le regarda avec intérêt et surprise, ne s'attendant pas à vraiment avoir du chocolat. Et rapidement, il baissa les yeux sur la petite boîte que l'adulte était en train d'ouvrir alors que les deux homme pouvaient désormais voir une impatience et une gourmandise tout enfantine dans son regard. Mais il lançait aussi des coups d'œil anxieux à Akifumi, semblant croire qu'il allait lui faire une blague et lui retirer la boîte au dernier moment. Mais évidemment, l'homme ne le fit jamais. Il ouvrit la boîte et en sortit un premier chocolat.
- C'est un chocolat au lait praliné, expliqua-t-il à l'enfant qui avait visiblement l'eau à la bouche en regardant la gourmandise. Tu ouvres la bouche? Demanda Akifumi en ne voulant certainement pas le faire languir.
Il s'imaginait bien qu'il avait dû languir de nombreuses fois devant des choses qu'on lui refusait. Le regardant avec inquiétude, Harry ouvrit la bouche et avec un sourire, le jeune homme y glissa le chocolat qu'il poussa de l'index avant d'observer la réaction de l'enfant, Rengu en faisant de même. Harry lui, avait décidé de prendre son temps. C'était son premier chocolat, il voulait en profiter. Il referma la bouche alors qu'il sentait déjà la gourmandise fondre doucement. C'était doux amer et sucré. En croquant, il découvrit que le cœur du chocolat était plus mou que le tour et plus crémeux aussi avec des petits éclats durs. Ça fondait tout seul et qu'est-ce que c'était bon. Il lâcha un soupir de bien être sans même sans rendre compte, concentré sur le goût qu'il avait dans la bouche. C'était encore meilleur que tout ce qu'il avait imaginé toutes ces années en voyant Dudley se gaver de ces petites douceurs. Il laissa la gourmandise fondre doucement dans sa bouche, en profitant le plus longtemps possible.
Les deux adultes eux, le regardaient déguster, puisque c'était bien le mot approprié, déguster ce chocolat tout simple comme si c'était l'ambroisie des dieux. Il était plus qu'évident qu'il n'avait jamais eu droit à ces douceurs. Il semblait analyser le goût avec beaucoup d'application, l'air presque fasciné. Ils sourirent en le voyant soupirer de bien être en mangeant le chocolat. Ses yeux brillait de bonheur. C'était incroyable de voir l'effet que pouvait avoir un chocolat tout simple sur ce petit garçon. Ils le laissèrent savourer, ses yeux brillants, regardant cette joie enfantine sur son petit visage marqué des traces de la violence qu'il avait subi. Et lorsqu'il sembla avoir fini, Akifumi demanda :
- Alors, tu aimes ?
- Oui, répondit immédiatement le gamin avec bonheur dans un petit élan d'enthousiasme.
Puis se rendant compte qu'il avait parlé un peu plus fort que d'habitude, il se ratatina sur lui même, tremblant.
- Je suis désolé, dit-il avec peur et précipitation.
Un peu choqués et ne comprenant pas cette soudaine réaction, les deux adultes se regardèrent, Akifumi caressant sa tête pour le rassurer.
- Pourquoi tu t'excuses mon ange ? Demanda-t-il doucement en se voulant parfaitement calme.
- Je... J'ai parlé trop fort, je le referais plus, je suis désolé, bredouilla-t-il avec peur.
- Mais ce n'est rien mon cœur, rassura l'homme en le serrant contre lui. Je te l'ai dis, tu peux parler comme tu veux et quand tu veux et faire autant de bruit que tu en as envie.
- Tu n'as pas besoin de t'excuser, continua Rengu. Tu n'as rien fait de mal bonhomme.
Le gamin les regarda tour à tour et commença à se détendre en ne voyant aucune trace de colère sur leurs traits. Il n'avait vraiment pas fait de bêtise ? Pourtant, Oncle Vernon se mettait toujours en colère quand il parlait comme ça quand il ne faisait pas attention. Il disait qu'il faisait trop de bruit, qu'il dérangeait les autres, qu'il était impoli et irrespectueux. Il ne comprenait pas pourquoi son nouveau papa et son nouveau papy n'étaient pas en colère contre lui. Mais c'était peut-être justement parce que c'était ses nouveaux papa et papy. Oncle Vernon était le papa de Dudley et il n'était jamais en colère contre lui lorsqu'il faisait du bruit et il en faisait vraiment beaucoup. Rengu et Akifumi qui avaient bien vu son trouble, décidèrent de lui expliquer.
- À partir d'aujourd'hui, ta vie va changer bonhomme, commença l'aîné.
- Tu pourras faire ce que tu as envie mon cœur et personne ne te fera de mal. Personne, jamais. Si tu fais une bêtise, on en discutera mais personne ne criera et personne ne te blessera. Tu as le droit de faire des bêtises, c'est normal. Mais tu sais parler ce n'est pas une bêtise, alors tu peux parler tant que tu veux. Et tu peux nous dire quand quelques chose ne va pas ou simplement si tu as envie de parler. D'accord ?
- D'accord, répondit l'enfant même s'il n'était pas sûr d'avoir compris.
- Alors tu aimes le chocolat ? Demanda gaiement le père adoptif.
- Oui, répondit le petit brun. C'est très bon, merci, dit-il timidement.
Avec le sourire, l'homme lui en offrit un deuxième sous le regard pétillant et très étonné de Harry qui n'en revenait pas. Et alors que l'enfant mangeait la deuxième gourmandise avec autant de patience et bonheur que la première, le japonais expliqua :
- Tu pourras en avoir d'autres plus tard si tu veux. Mais c'est tout pour le moment sinon tu risques d'être malade et d'avoir mal au ventre, dit-il sous l'écoute attentive du petit brun qui laissait son chocolat fondre dans sa bouche. Il ne faut pas manger trop de sucreries même si c'est très bon parce que ça peut te rendre malade, abîmer tes dents et te faire grossir. Mais juste un petit peu, ça ne fait pas de mal et c'est vraiment très bon. Tu comprends ?
Le petit brun approuva. Oui, ça faisait grossir, il avait vu ça avec Dudley. Il n'arrêtait pas de manger pleins de bonbons et de chocolats mais il était gros à cause de ça. Et puis un chocolat c'était déjà exceptionnel, et là, il en avait eu deux ! Alors il était très heureux et c'était vraiment très bon.
- C'est bien, félicita Akifumi avec un sourire. Mais c'est ta boîte rien qu'à toi alors personne n'y touchera. On va la ranger et comme ça, tu pourras en avoir d'autres plus tard.
- Vous n'en prenez pas ? Demanda le gamin incrédule.
Il avait toujours vu Dudley et les autres prendre des gâteaux dans les boîtes sans demander à personne.
- Ce sont tes chocolats à toi, répondit Rengu. On les a acheté pour toi alors ils ne sont que pour toi et même si tu ne les manges pas tous tout de suite, personne ne les mangera à ta place.
Le petit garçon les regarda un peu perdu, pas du tout habitué à ce genre de chose. Ils avaient acheté ces chocolats juste pour lui ? Comme la peluche ? C'était encore un cadeau pour lui ? Lorsqu'il comprit cela, Harry se sentit encore plus heureux et très touché. Mais il se sentait aussi gêné que les deux hommes ne prennent pas de chocolat. Il n'y avait pas de boîte pour eux. Il se sentit triste. Lui, avait toujours été triste en regardant son cousin manger des bonnes choses sans que lui ne puisse en avoir. Son papa et son papy étaient sûrement tristes de le regarder manger les chocolats. Il ne voulait pas qu'ils soient tristes, ils étaient si gentils avec lui.
- Vous en voulez ? Demanda-t-il timidement avec une bouille charmante.
- Tu veux nous en donner ? Questionna Rengu.
Harry approuva doucement, espérant ne pas faire de bêtise.
- Tu n'es pas obligé mon cœur, rassura Akifumi, ce sont tes chocolats.
Le petit garçon eut l'air très mal à l'aise et presque malheureux, inquiétant les deux hommes.
- Qu'est-ce qu'il y a mon ange ? Demanda le jeune homme. Explique moi ce qui te dérange.
- C'est triste de regarder les autres manger, répondit-il d'une toute petite voix en baissant le regard. Je veux pas que vous soyez tristes.
Les deux adultes se regardèrent, touchés par le discours de l'enfant. Ils comprirent vite que lui s'était senti triste en regardant les autres manger ce à quoi il n'avait pas droit dans le passé et qu'il pensait que c'était pareil pour eux. Bien sûr, il ne pouvait pas savoir et comprendre que s'ils avaient envie de quelque chose, ils pouvaient l'avoir rapidement. Eux, ils n'avaient jamais connu la faim et la privation. Ils n'avaient jamais eu à languir devant les autres. Mais l'enfant ne pouvait pas vraiment se l'imaginer et donc il pensait qu'ils étaient tristes en le regardant manger ses chocolats et il voulait les rendre heureux. C'était très touchant alors qu'on aurait pu croire qu'avec son passé, le petit brun pourrait devenir égoïste de peur de ne plus en avoir et pourtant non, il voulait partager. Et cette histoire de chocolat avait vraiment l'air de le toucher. Aussi, d'un accord tacite, ils décidèrent d'accepter sa proposition pour lui faire plaisir et le rassurer, se promettant de lui expliquer plus tard. Le petit garçon ne comprendrait pas tout de suite, il faudrait d'abord qu'il se rende compte que ça ne rendait pas forcément triste de regarder les autres manger.
- Alors tu veux bien nous en offrir ? Demanda Rengu l'air gourmand. C'est très gentil bonhomme merci.
- C'est très gentil mon poussin, renchérit Akifumi en approchant la boîte de nouveau et en s'attirant un sourire de l'enfant qui avait l'air rassuré de leur en donner. Tu veux bien choisir pour moi ? Demanda l'homme.
- Et pour moi aussi ? Demanda Rengu.
L'air enthousiaste de partager ses chocolats, Harry regarda dans la boîte, sa petite main quittant celle de son papy pour prendre les gourmandises. Les chocolats étaient tous différents dans la boîte et ils avaient tous une forme spéciale. Il y en avait des blancs, des marrons et des noirs. Il regarda un peu et lorsqu'il sut lesquels il voulait leur donner, il releva les yeux sur Akifumi, demandant silencieusement l'autorisation de prendre les chocolats. L'homme lui fit un petit signe de tête en souriant et le petit brun sortit les deux plus beaux chocolats de la boîte, les déposant dans leur main en cherchant leur approbation avec inquiétude.
- Merci beaucoup bonhomme, dit Rengu avec un grand sourire.
- Merci mon ange, ajouta Akifumi.
Ils mangèrent les chocolats sous le regard inquiet de l'enfant. Et s'il avait mal choisi ? Pourtant, il fut vite rassuré, lorsque tout deux lui offrirent de très grands sourires, le remerciant encore une fois et disant que c'était très bon. Harry sourit de toutes ses dents, très heureux. Lui, il aurait vraiment aimé dans le passé qu'on lui offre des chocolats de cette manière, alors il voulait le faire. Ça le rendait heureux de voir que ça faisait plaisir à son nouveau papa et son nouveau papy de manger ces chocolats. La boîte fut ensuite rangée et la discussion s'orienta sur la nourriture. Rengu et Akifumi lui parlèrent de divers plats et desserts, essayant de savoir ce qu'il pouvait aimer mais l'enfant ne semblait pas connaître grand chose en matière de cuisine. Et cela était encore une preuve qu'il n'avait jamais eu droit à grand chose et rien de très spécial. Ils lui parlèrent de beaucoup de choses et aussi de la gastronomie japonaise, lui promettant qu'il pourrait goûter à tout ce qu'il aurait envie.
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