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Chapitre 5 :

Magie

La discussion sur la nourriture dura un moment, Harry semblant fasciné par tout ce dont son nouveau papa et son nouveau papy lui parlaient. Il s'était détendu un peu plus chaque minute, sa curiosité grandissant avec les paroles des deux hommes. Il essayait de s'imaginer des images, des odeurs et des goûts mais il n'y arrivait pas. Toutefois, son papa et son papy lui avaient promis qu'ils l'emmèneraient goûter à tout ça et il espérait vraiment qu'ils le feraient. Il se sentait bien avec eux, son amie invisible chantonnant presque de bonheur, détendue et heureuse, pas du tout inquiète. Il avait envie de leur faire confiance. Ils étaient si gentils et il avait tellement peur d'être de nouveau seul, d'avoir de nouveau mal. Il ne le supporterait pas. Ils discutèrent ainsi un moment et finalement, Rengu changea de sujet :

- Au faite bonhomme, dit-il en regardant Harry.

Le petit garçon n'avait pas beaucoup parlé pendant leur discussion mais il semblait désormais plus ou moins à l'aise avec les deux hommes. Il était resté collé à Akifumi et sa main était encore dans celle de Rengu. Lorsque l'un d'entre eux parlait, il l'écoutait religieusement, posant sur eux un regard attentif. Aussi lorsque l'aîné l'interpella ainsi, il tourna les yeux vers lui instantanément. Il le regardait avec une certaine curiosité mais aussi et toujours avec une certaine crainte et de l'appréhension clairement visibles dans ses iris d'émeraudes. Mais Rengu ne s'en formalisa pas, sachant qu'il faudrait du temps pour que l'enfant n'ait plus peur d'eux. Il lui sourit doucement et attrapa le sac qu'il avait amené avec lui. Sous le regard du petit brun, il le posa sur le lit et commença à fouiller dedans en reprenant la parole :

- Je suis allé faire quelques courses avant de venir et j'ai un petit cadeau pour toi, dit-il.

Les deux hommes regardèrent l'air éberlué du petit garçon. Sa surprise était sans bornes alors que Rengu lui disait qu'il avait un cadeau pour lui. Il observait l'homme comme s'il se moquait de lui. Il était évident que pour lui, il ne pouvait pas recevoir de cadeau. C'est donc figé de stupeur qu'il regarda Rengu sortir un livre de son sac et le tendre vers lui. Le petit brun regarda le livre les yeux ronds. Sur la couverture, il y avait le dessin d'un arbres aux fleurs roses. Il releva ensuite les yeux vers son papy, confus.

- C'est pour toi, insista l'aîné en tendant un peu plus le livre vers l'enfant.

- Pour moi ? Demanda celui-ci alors qu'il semblait complètement déstabilisé.

- Pour toi, confirma Rengu avec un sourire doux. C'est un livre sur le Japon, expliqua-t-il. Il y a beaucoup de photos dedans. Comme ça tu pourras voir à quoi ressemble le pays où tu vas venir vivre avec nous. Et il y a pleins de petites histoires dedans.

Il s'agissait d'un livre pour les enfants, pleins d'images et racontant en de petites histoires simples les grandes légendes du japon, faisant aussi découvrir quelques spécificités du pays avec de fins dessins. Il y avait des dessin représentant des paysages tel que le mont Fuji, d'autres avec des personnages en kimono, des maisons traditionnelles, ou encore des créatures du folklore japonais. Rengu avait pensé que le petit brun pourrait peut-être aimer les contes qui s'y trouvaient.

Harry lui n'en revenait pas. Encore un cadeau pour lui ! Il avait vraiment du mal à y croire. Pourtant, son nouveau papy lui tendait toujours le livre en souriant. Avec beaucoup d'hésitation et tremblant un peu, il leva sa main valide et l'avança vers l'ouvrage, s'attendant à se le voir retirer à la dernière seconde. Dudley lui avait souvent fait cette blague. Il scruta Rengu avec appréhension, les deux hommes s'attristant un peu de le voir ainsi. Les enfants, normalement, ça se jetait littéralement sur les cadeaux qu'on leur offrait, pourtant lui, il semblait croire qu'il n'avait pas vraiment le droit d'y toucher.

Mais finalement, ses doigts touchèrent le livre. Il releva le regard vers son grand père, cherchant son approbation et lorsqu'il reçut un petit signe de tête, il prit l'objet. Rengu soutint l'ouvrage jusqu'à ce qu'il soit posé sur les cuisses de l'enfant. Celui-ci l'observa alors l'air fasciné et jetant de temps à autre un coup d'œil anxieux sur Akifumi et son père comme s'ils allaient lui retirer le cadeau d'une seconde à l'autre. Pourtant, ça n'arriva pas et il caressa la couverture de l'index, émerveillé. Il adorait les livres, il y avait toujours des choses intéressantes dedans. Il avait pu en voir à l'école et il avait beaucoup aimé lire. Ça lui changeait les idées et ça lui permettait d'apprendre des nouvelles choses. Oubliant un peu les deux hommes qui l'entouraient, il observa le livre sous toutes les coutures, ses yeux pétillants de bonheur alors que les deux japonais l'observaient avec un sourire. Il releva finalement les yeux vers Rengu :

- C'est vraiment pour moi ? Demanda-t-il timidement.

- Oui mon bonhomme, confirma le nouveau grand père. C'est juste pour toi et personne ne te le reprendra.

Harry le regarda, son émotion plus que visible sur son visage.

- Merci beaucoup, dit-il de sa petite voix alors qu'il avait les larmes aux yeux. Merci papy, osa-t-il sans vraiment s'en rendre compte.

Akifumi sourit, se retenant de rire devant le visage euphorique de son père de s'être fait appeler « papy ». Il ressemblait à un gamin à qui on aurait offert un parc d'attraction. Son visage détonnait clairement de sa froide expression de business man. Il avait l'air très heureux.

- De rien, répondit-il avec un sourire faisant le tour de sa tête. J'espère qu'il te plaira.

- J'aime beaucoup les livres, avoua le petit garçon.

- Je prends note, remarqua Akifumi sans que l'enfant ne comprenne.

Les minutes suivantes s'écoulèrent dans la découverte du livre, le petit brun l'ouvrant et tournant les pages avec une très grande délicatesse et beaucoup d'attention et de précaution. Il semblait complètement émerveillé, faisant sourire les adultes qui l'observaient. Ce petit moment tranquille fut pourtant rapidement brisé par quelqu'un toquant à la porte. Harry sursauta violemment et se tendit, jetant un regard apeuré vers la porte. Immédiatement, Akifumi caressa ses cheveux dans un geste rassurant et l'enfant se cala timidement contre lui en quête de protection. Attendri par ce geste, Rengu serra délicatement la petite main qu'il tenait :

- Je vais voir qui c'est, dit-il en se levant lentement du lit.

Il alla ouvrir la porte, suivi par le regard de l'enfant blotti contre Akifumi qui souriait, l'entourant d'un bras et caressant ses cheveux pour le rassurer. Bientôt, Rengu faisait entrer Seigi. L'aîné revint vers le lit mais Seigi resta au niveau du salon, n'approchant pas d'un pas alors que le petit garçon l'observait avec une crainte palpable. Il lui sourit doucement, il comprenait et il ne voulait pas l'effrayer. Il savait, il avait entendu de la bouche de ce gros porc de Dursley ce qu'avait subi l'enfant. Et alors qu'il regardait le petit garçon tremblant craintivement en le regardant, il n'avait qu'une envie : retourner à Privet Drive et tuer ce salopard. Il resta loin du lit, s'éloignant même encore pour ne pas faire peur au petit garçon. Il rejoignit le salon et attendit, observant Rengu qui s'asseyait au bord du lit. Akifumi, apprenant par son père que l'homme avait à lui parler et l'ayant déjà deviné, il se concentra sur Harry :

- Mon ange, appela-t-il doucement en recevant immédiatement l'attention qu'il demandait. Tu vois le monsieur là bas, dit-il en désignant Seigi. Il travaille pour moi, expliqua-t-il, et c'est grâce à lui que tu vas pouvoir devenir mon fils officiellement et ensuite, plus personne ne pourra dire le contraire.

- Pour de vrai ? Demanda le petit brun avec espoir en regardant brièvement Seigi.

- Pour de vrai, je te l'ai promis. Je vais être ton papa et tu vas être mon fils et ce monsieur, Seigi, il va s'occuper de tout les papiers qu'il faut faire pour ça, expliqua-t-il. C'est pour ça qu'il est venu me voir. Je vais aller lui parler un petit moment mais je reste là. Je ne serais pas loin et tu pourras me voir. D'accord ? Et papy va rester avec toi, dit-il en s'amusant avec le mot papy.

À contre cœur, Harry acquiesça. Il était inquiet de voir Akifumi s'éloigner même un peu. Il avait l'impression que s'il s'en allait, il ne reviendrait jamais. Et il avait terriblement peur de ça. Maintenant qu'il y avait goûté, maintenant qu'il avait eu droit à cette douceur, à cette réalisation des rêves qu'il avait toujours fait, il ne voulait plus être seul. Il voulait encore se sentir bien, se sentir protégé. Ce fut donc avec un regard inquiet qu'il le regarda se lever doucement, sentant soudain sa chaleur disparaître. Il frissonna, autant à cause de la fraîcheur qui l'atteignit alors que de son angoisse qui resserrait son étau sur lui. Il sursauta lorsqu'il sentit sa main être prise par une autre. Il se tourna alors vers son papy qui lui souriait doucement, assis au bord de son lit :

- Il va revenir vite ne t'en fait pas, rassura celui-ci avec douceur. Regarde, il reste juste là, dit-il en se tournant vers son fils qui avait rejoint Seigi dans le salon de la chambre.

- Ohayou gosaimasu Akifumi-sama, (Bonjour monsieur Akifumi)salua Seigi en s'inclinant légèrement.

- Konbawa, (Bonsoir), salua-t-il a son tour en l'invitant à s'asseoir dans les canapés. As-tu du nouveau ? Demanda-t-il en poursuivant en japonais après s'être installé.

- Oui monsieur. J'ai voulu utiliser la démarche la plus simple pour vous obtenir la garde du jeune Harry, à savoir en obtenant un accord de plein grès des Dursley vous cédant la garde. Ce que j'ai obtenus sans mal. Avec mes petits arrangements bien sûr. J'ai ici tout les papiers nécessaires signés des Dursley. Je suis allé les voir cet après midi même. Après votre coup de fil, j'ai réuni tout les documents et j'y suis allé. Je les ai embobiné un peu et j'ai obtenu sans mal leurs signatures. Il ne manque plus que votre signature puis j'irais faire enregistrer le tout et d'ici quelques jours, vous serez officiellement son tuteur de manière irrévocable.

- C'est très bien, répondit Akifumi satisfait. Merci beaucoup. Occupons nous de ça immédiatement.

Dans les minutes qui suivirent, Seigi sortit les papiers. Akifumi prit le temps de les lire patiemment et minutieusement, puis il les signa avec un petit sourire satisfait. L'homme de main rangea ensuite précieusement les documents.

- J'ai aussi préparé ces documents, dit-il en sortant d'autres feuilles. Ce sont les procédures pour l'adopter officiellement si vous le désirez. Pour le moment avec cela, vous serez son tuteur mais si vous le souhaitez, vous pouvez l'adopter aussi.

Il se tut alors qu'encore une fois, Akifumi lisait attentivement le dossier, appuyant son dos dans le fauteuil. Puis il le remplit et le rendit à Seigi qui approuva d'un sourire, avant de sortir un dernier document :

- Celui-ci est pour changer son prénom. Une fois l'adoption validée, ce qui sera rapide et simple au vu de l'accord passé, son nom deviendra automatiquement Uizado mais vous pouvez aussi changer son prénom avec ça. Je me suis dit qu'il aimerait peut-être, pour commencer une nouvelle vie.

- Bonne idée, merci Seigi. Je vais en discuter avec lui tout à l'heure pour en décider. Je t'appellerais lorsqu'on aura décidé et rempli ça, dit-il en désignant le papier. Comment s'est passé ta... visite chez les Dursley ? Demanda-t-il ensuite avec sérieux en le fixant dans les yeux.

- J'ai enregistré la conversation pour que vous puissiez voir par vous même, dit-il en sortant l'enregistrement et en le posant sur la table. Je dois vous dire qui j'ai beaucoup de mal à ne pas tuer cet homme. Heureusement, il est d'une naïveté incroyable et un peu de baratin a suffi à l'embobiner. Je n'ai eu aucun mal à obtenir ce que j'étais venu chercher.

- Très bien. Je vais écouter ça, répondit Akifumi en prenant l'enregistreur.

- Je pense qu'il serait mieux de ne pas écouter près de l'enfant, annonça Seigi. J'ai réussi à faire parler Dursley sur sa manière de le traiter et ce n'est pas agréable à entendre.

- J'attendrais qu'il soit endormi pour écouter ça avec mon père, annonça-t-il d'une voix neutre.

Il comprenait très bien ce que voulait dire Seigi. Ce qu'il allait entendre n'allait pas lui plaire et risquait fort de le mettre en colère. Il n'était pas judicieux d'être à côté d'Harry qui était terriblement fragile et qui ne manquerait pas de prendre sa colère pour lui.

- Merci pour ton travail Seigi. Tu as été très rapide, félicita-t-il. Autre chose ?

- Non, c'est tout pour le moment. Je vais m'occuper de toute cette paperasse et d'ici quelques jours, vous serez devenu son père officiellement. Je m'occuperais aussi des passeports et autres dont-il aura besoin pour aller au Japon.

- Je te fais confiance, dit-il en se levant.

Seigi suivit le mouvement, s'inclina et salua Rengu de loin alors que l'homme s'était tourné vers eux. Il regarda ensuite le petit brun qui n'avait pas lâché Akifumi des yeux pendant tout leur entretient, comme s'il avait peur qu'il disparaisse. Et il pouvait comprendre. Il lui adressa un petit sourire et un signe de main, recueillant un regard très surpris, puis il s'en alla tranquillement. Akifumi s'avança de nouveau vers le lit, souriant à l'enfant qui le regardait en mordillant sa lèvre d'angoisse. Il regagna sa place près de lui sur le matelas, lentement pour être sûr de ne pas l'effrayer, puis il repassa un bras autour du petit garçon tendu comme un arc. Au bout de quelques secondes et après quelques caresses dans ses cheveux, Harry se détendit et se blottit de nouveau près de lui, soupirant de soulagement et faisant sourire les deux adultes.

- Seigi a tout réglé, expliqua finalement Akifumi, tout les papiers sont remplis et d'ici quelques jours, plus personne ne pourra dire que tu n'es pas mon fils.

- Merci, bredouilla le petit brun avec émotion.

- De rien mon ange. Tu fais partis de notre famille maintenant et on ne laissera plus personne te faire de mal, dit-il en déposant un bisou dans ses cheveux. Il nous reste encore une chose à voir. Ton nom.

- Mon nom ? Demanda le petit brun en le regardant.

- Oui. Quand je t'aurais adopté, ton nom de famille va changer. Tu vas garder celui de Potter mais ton nom principal sera le mien, Uizado. Et puis si tu en as envie, on peut changer ton prénom aussi. Mais si tu ne veux pas on ne le fait pas. Qu'est-ce que tu en dis ? Un tout nouveau nom pour une toute nouvelle vie ou on garde Harry ?

À l'étonnement des deux hommes, le petit brun n'hésita pas une seconde et opta pour un nouveau nom. C'était compréhensible, son prénom actuel ne devait pas lui rappeler de bons souvenirs. Un nouveau nom, c'était un nouveau départ.

- Alors, tu as une idée de comment tu veux t'appeler ? Demanda Akifumi.

Le petit garçon réfléchit un peu mais il secoua finalement la tête en signe de négation, regardant son père d'adoption comme une demande d'aide qu'il n'osait formuler.

- Tu veux un coup de main pour choisir ? Demanda le jeune homme avec un sourire.

Le petit garçon acquiesça, l'air soulagé d'avoir de l'aide.

- Alors, tu préfères un nom occidental, un nom d'ici ou alors un nom japonais ? Demanda l'adulte. Comme moi et papy ?

L'enfant réfléchit une seconde puis se disant que se serait génial d'avoir un nom comme son nouveau papa, il répondit :

- Un nom japonais, dit-il timidement.

- Bon alors, réfléchissons, commença Akifumi. Il y a pleins de noms qui pourraient t'aller à merveille mais il en faut un vraiment spécial, dit-il en réfléchissant un moment. Que dirais tu de... Kirarin ? Ça signifie « étoile étincelante », expliqua le jeune homme.

- Kirarin ? Répéta le petit brun en imitant presque parfaitement l'accent japonais de son père d'adoption qui sourit à cette constatation.

- Oui, c'est un joli nom, reprit Akifumi, et puis il montre bien ce que tu es : une belle étoile brillante.

- Je ne suis pas une étoile, murmura l'enfant en baissant le regard.

- Si tu es une petite étoile mon ange, contra Akifumi en le serrant doucement.

- Tout les enfants sont de petites étoiles bonhomme, ajouta Rengu qui tenait sa main. Parce que tout les enfants sont précieux et importants.

- Et toi, tu es une petite étoile pour moi, continua le jeune homme. Une petite étoile que je suis très heureux d'avoir rencontré. C'est pour ça que je veux devenir ton papa. Et tu es ma petite étoile étincelante.

- C'est vrai ? Demanda le petit garçon d'une voix timide.

- Je n'ai pas l'habitude de mentir, répondit Akifumi avec un sourire doux.

- Merci, bredouilla le petit garçon aux anges alors qu'il se blottissait un peu plus contre l'homme.

Il se sentait si bien à cet instant. Il se sentait exister, il se sentait important. Ça le réchauffait, ça faisait tant de bien. Il sourit sans s'en rendre compte alors qu'il se laissait aussi gagner par le bonheur de son amie invisible qu'il sentait tout autour de lui. Il était bien là, si bien. Il avait fermé les yeux sans s'en rendre compte, se blottissant un peu plus contre Akifumi. Les deux adultes sourirent et le plus jeune des deux resserra encore son étreinte sur l'enfant, déposant un baiser dans ses cheveux. Après quelques minutes de silence léger, le jeune homme reprit doucement la parole :

- Alors, que penses tu du prénom Kirarin mon ange ? Demanda-t-il.

- Je le trouve très beau, murmura-t-il.

- Alors est-ce tu veux t'appeler comme ça ? Questionna Akifumi. Ou tu veux un autre nom peut-être ?

- Non. Kirarin me plaît beaucoup, répondit l'enfant.

- Très bien. Alors à partir d'aujourd'hui, ton prénom sera Kirarin ou Kira si on veut faire plus court, annonça solennellement Akifumi.

- C'est un très joli nom, remarqua Rengu avec un sourire. Kirarin Uizado, bienvenu dans la famille mon bonhomme, dit-il en s'attirant un regard étincelant du petit brun.

- Merci, murmura celui-ci des larmes pleins les yeux.

Il continua à murmurer des « merci » à la chaîne alors qu'il se mettait aussi à pleurer. Akifumi le tînt alors tendrement contre lui, déposant un baiser dans ses cheveux avant d'y poser sa joue pendant que Rengu caressait la paume de sa petite main de son pouce. Il ne fallut pas très longtemps pour qu'il se calme restant néanmoins blotti contre son père d'adoption, souriant. Rengu décida finalement d'aller chercher le repas, laissant son fils câliner doucement l'enfant qui se laissait faire avec un bonheur visible, profitant.

Sortant, il croisa Hideaki et se mit à discuter avec lui alors qu'il descendait à la cafétéria. Il parla au médecin du nouveau nom de l'enfant avant de lui demander plus de précisions sur l'état physique de son nouveau petit fils, demandant s'il aurait besoin de plus de soins une fois ses blessures guéries. Ils discutèrent un moment puis Rengu reprit le chemin de la chambre. Il amenait avec lui deux repas achetés à la cafétéria pour lui et son fils et récupéra le repas de Kirarin auprès des infirmières. Ce fut avec le sourire qu'il regagna la chambre, trouvant Akifumi et l'enfant comme il les avait laissé. Il les rejoignit et se rassit au bord du lit, distribuant les repas. Ils mangèrent dans la bonne humeur, le jeune homme aidant son fils adoptif. Et lorsqu'ils eurent terminé, le petit garçon avait une fois de plus un léger sourire aux lèvres, l'air repu et heureux.

Ils se remirent à discuter tranquillement mais bientôt, on entendit de nouveau toquer à la porte. Ce fut Hideaki qui entra cette fois. Il referma la porte derrière lui avec calme et s'avança lentement vers le lit, souriant à l'enfant qui s'était invariablement tendu dans les bras d'Akifumi.

- Bonsoir bonhomme, salua le médecin d'une voix engageante.

- Bonsoir Hideaki-sensei, répondit timidement le petit garçon.

- Est-ce tu vas bien ? Demanda-t-il ensuite.

L'enfant acquiesça en silence.

- Est-ce tu es fatigué ? Il est bientôt l'heure de dormir je crois.

- Oui, Hideaki-sensei a raison, répondit Akifumi. Il est déjà tard et tu as besoin de dormir.

Le petit brun releva alors un regard craintif vers lui, l'air terrorisé. Akifumi déposa un baiser sur son front, lui souriant d'un air rassurant :

- Ne t'en fais pas, je reste dormir avec toi et je chasserais les cauchemars. D'accord ?

L'enfant approuva l'air soulagé, se serrant un peu plus contre lui.

- J'ai justement ramené quelque chose pour t'aider à dormir tranquillement, intervint Hideaki en sortant une petite seringue de sa manche. Je vais injecter ça là dedans, expliqua-t-il en montrant la perfusion. Et ça va t'aider à te détendre et ça va éloigner les cauchemars pour que tu puisses dormir sans problème.

Kirarin fit un signe de tête pour dire qu'il avait compris puis ce fut Rengu qui prit la parole :

- Je reste là jusqu'à ce que tu t'endormes et ensuite je vais rentrer à l'hôtel, mais je reviens te voir demain matin. Ok ?

Une fois de plus, l'enfant acquiesça.

- Allé, il est l'heure de dormir maintenant, remarqua Akifumi. Bonne nuit mon cœur, dit-il en embrassant sa tête.

- Bonne nuit, ajoutèrent ensuite Rengu et Hideaki.

Le médecin injecta ensuite le médicament et quelques minutes plus tard, le petit garçon s'endormait profondément.

- Voilà, ça devrait lui permettre de dormir assez profondément pendant un moment pour éviter la phase de sommeil paradoxal pendant laquelle on rêve, expliqua le médecin.

- Merci Hideaki-sensei, répondit Akifumi.

- Je vais rentrer dormir mais n'hésitez pas à m'appeler s'il y a quoi que ce soit, continua l'homme.

Le jeune homme acquiesça puis le médecin salua les deux hommes avant de quitter la chambre. Un léger silence s'étira, le père et le fils regardant simplement l'enfant dormir un moment mais finalement, Akifumi prit la parole :

- Seigi a été chez les Dursley cette après midi pour obtenir sa garde, expliqua-t-il à son père qui l'écoutait, il l'a obtenu sans mal et il a aussi réussi à en savoir plus sur la manière dont il a été traité. Il a enregistré la conversation. Veux tu l'écouter avec moi ? Demanda-t-il.

- Allons-y pendant qu'il dort profondément, proposa Rengu.

Akifumi approuva et se leva délicatement. Il installa correctement Kirarin dans le lit qu'il baissa de nouveau. Il le couvrit avec soin et remit sa peluche prés de lui, embrassant son front avant de s'en aller vers le salon avec son père. Ils s'assirent l'un à côté de l'autre et branchèrent une paire d'écouteurs sur le petit appareil laissé par Seigi. Même si le petit brun dormait, surveillé de loin par les deux adultes, aucun d'eux ne voulait lui faire entendre la voix de son tortionnaire. Ils s'installèrent donc pour écouter avec un peu d'appréhension, le visage grave et bientôt, Akifumi mettait en route l'enregistrement.

Ils écoutèrent en silence, leurs visages se fermant un peu plus à chaque seconde qui passait et à chaque nouveau mot qu'ils entendaient. C'est plein de colère qu'ils écoutèrent chaque information qu'avait obtenu Seigi. C'est ainsi qu'ils apprirent ce qu'avait été la vie de l'enfant. Ils apprirent qu'il n'avait eu droit qu'a des repas de pain et d'eau, comprenant un peu plus la joie que le petit brun éprouvait avec ses simples repas hospitaliers. Ils entendirent médusé Dursley expliquer comment il corrigeait l'enfant pour tout et rien, comment il le forçait au silence, comment la famille se servait de lui pour toutes les tâches ménagères, comment ils ne lui autorisait un accès que très restreint aux sanitaire et seulement à l'eau froide. Ils découvrirent comment l'homme avait forcé le petit brun à une obéissance totale, docile et silencieuse sous peine de lourdes punitions. Akifumi et Rengu eurent bien du mal à se contenir lorsque Vernon révéla le nombre de fois où il avait osé toucher le petit garçon.

Écouter cette conversation fut une véritable épreuve de contrôle de soi pour les deux hommes et lorsqu'ils eurent enfin terminé, un long silence lourd s'étira alors que tout deux tentaient de juguler leur colère. Au bout d'un moment, Akifumi sortit son portable et composa un numéro :

- Seigi, dit-il lorsque l'homme décrocha, je viens d'écouter l'enregistrement, prévint-il. Je veux que tu démolisses cette famille Dursley, dit-il d'une voix où sa colère raisonnait encore. Quand à ce monstre qui a osé faire du mal à cet enfant, pousse le à bout, complètement. Je veux qu'il désespère au point de vouloir mettre un terme à sa misérable vie lui même.

« Ce sera avec grand plaisir Akifumi-sama. », répondit l'homme qui avait eu mainte fois envie de tuer Vernon lorsqu'il était allé à Privet Drive.

- Et nous nous sommes décidé pour le nouveau prénom. Je vais remplir les papiers et tu pourras venir les chercher.

« Très bien monsieur. » Acquiesça-t-il.

Akifumi raccrocha ensuite, respirant profondément pour se calmer. Il attrapa les papiers restés sur la table basse pour changer le prénom de son fils et les remplit pour se détourner un peu de ce qu'il venait d'entendre. Lorsqu'il eut terminé, il se redressa et s'appuya dans le fond du fauteuil comme l'avait fait son père. Un nouveau silence s'étira et ce fut cette fois Rengu qui le brisa :

- Tu as entendu cette histoire de phénomènes étranges se passant autour de lui, remarqua-t-il en évitant les sujets qui risquaient de les mettre hors d'eux pour le moment.

- Oui, il faudra qu'on en discute avec lui. Il pourra peut-être nous en dire davantage. C'est peut-être cela qui a provoqué la réaction de Rui à son égard, répondit-il.

- Parler de magie et de contes avec un enfant ne devrait pas être compliqué.

- J'essaierais demain, peut-être en lui lisant l'une des histoires de ton livre, avança le jeune homme.

- Tu as le temps.

- Ces gens sont des monstres, ragea le plus jeune qui n'y tenait plus.

- Je suis tout à fait d'accord, répondit Rengu. Et ils vont le payer très cher. Laissons faire Seigi et nous, nous nous occuperons de Kirarin.

- Tu as raison, approuva Akifumi.

- Je vais rentrer à l'hôtel, annonça ensuite l'aîné. Je reviendrais vous voir demain matin.

- D'accord, bonne nuit papa, salua le jeune homme alors qu'ils se relevaient tout les deux.

- Bonne nuit Aki, répondit Rengu avec un sourire.

Il sortit ensuite et son fils alla faire un rapide brin de toilette dans la salle de bain de la chambre. Il se rafraîchit, faisant retomber sa colère et terminant de se calmer puis il retourna près de son fils d'adoption. Il éteignit les lumières principales de la pièce, ne laissant que les néons au dessus du lit afin de pouvoir rassurer rapidement le petit brun en cas de cauchemar. Il vint ensuite s'installer à ses côtés dans le lit, l'entourant d'un bras. Il resta ainsi à réfléchir un moment, observant l'enfant mais il finit par s'endormir à son tour.

Lorsqu'il se réveilla le lendemain, ce fut mi-satisfait, mi-inquiet. Cette seconde nuit s'était mieux déroulée que la première mais ce n'était toujours pas ce que l'on pouvait appeler une nuit tranquille. Les premières heures avaient été calmes mais les cauchemars avaient vite fait leur retour, forçant Akifumi à réveiller plusieurs fois Kirarin, le rassurant patiemment à chaque fois. Et ce fut serré l'un contre l'autre que tout deux avaient fini la nuit, le bras de l'adulte calant la tête de l'enfant contre son épaule. Ce fut machinalement qu'il se mit à caresser les cheveux bruns alors qu'il se réveillait tranquillement, les yeux rivés sur son fils qui dormait encore paisiblement. Dehors, le soleil était déjà levé largement mais il n'était pas vraiment tard, le jour se levant tôt au mois d'août. Akifumi, resta simplement allongé près de son enfant, profitant volontiers de ce calme réveil. Il n'était pas du genre à sauter hors de son lit en ouvrant les yeux.

Il resta donc ainsi un moment, souriant légèrement en voyant Kirarin se nicher contre lui dans son sommeil. Il le regarda sans s'en lasser, le câlinant avant d'être interrompu par quelqu'un toquant à la porte légèrement. Il regarda par dessus son épaule pour voir son père passer la tête dans la porte entrouverte avec discrétion, voulant visiblement éviter de les réveiller s'ils dormaient. Il sourit en voyant son fils éveillé, entrant lorsque celui-ci lui fit signe. Akifumi remarqua alors qu'il était accompagné d'Hideaki qui entra à sa suite. Les deux hommes veillèrent à ne pas faire de bruit en comprenant que le petit garçon dormait encore, s'approchant du jeune homme en silence. Ils le saluèrent, Rengu s'asseyant dans le siège près du lit alors que Hideaki faisait quelques vérifications auprès du petit garçon sans toutefois déranger son sommeil.

Précautionneusement, Akifumi commença alors à se redresser, veillant à ne pas bousculer Kirarin et réinstallant sa tête sur l'oreiller avec douceur. Sentant sa source de chaleur s'éloigner, le petit garçon remua un peu, grimaçant d'inconfort mais il se calma et se rendormit complètement lorsque l'adulte désormais assis au bord du lit se mit à caresser ses cheveux. Une fois sûr qu'il dormait bien, le nouveau papa se tourna vers ses deux aînés.

- Comment s'est passée cette nuit ? Demanda le médecin en murmurant.

- Un peu mieux, répondit Akifumi à voix basse. Il a bien dormi en début de nuit mais il a recommencé à faire des cauchemars vers deux trois heures du matin. Ça fait moins d'une petite heure qu'il est tranquille, expliqua-t-il.

- Je vois. Ce serait peut-être une bonne idée d'aller voir un psychologue lorsqu'il ira mieux, proposa Hideaki.

- Suzumi pourra sûrement s'en occuper, remarqua Rengu. Je suis sûr qu'elle acceptera. Elle a fini ses études mais elle ne s'est pas encore mise au travail alors elle a le temps.

- Je lui demanderais mais je ne sais pas, ça risque de prendre du temps pour qu'il accepte de parler un peu, remarqua Akifumi. Enfin, Suzumi arrivera sûrement à le mettre à l'aise, sourit-il.

Suzumi était la plus âgée de ses sœurs, la deuxième enfant de Rengu de deux ans sa cadette. C'était une jeune femme très douce et calme qui adorait les enfants. Peu intéressée par le monde des affaires de son père, elle avait fait des études de psychologie spécialisés dans les enfants. Étude qu'elle venait de terminer avec brio, prenant une année sympathique pour faire une pause après de longues études éprouvantes mais aussi pour monter tranquillement son cabinet. Mais pour le moment, elle se reposait surtout et Akifumi espérait qu'elle accepterait de l'aider un peu avec Kirarin et il doutait sérieusement qu'elle refuse, ce n'était pas vraiment son genre. Il attendrait de toute manière d'être rentré au Japon et que son fils adoptif se soit fait à la vie là bas et à son nouvel entourage pour commencer une telle chose.

- Vous pensez qu'il pourra se débarrasser de ces cauchemars ? Demanda Akifumi.

- Malheureusement, j'en doute, répondit honnêtement Hideaki, mais ils pourraient s'atténuer de beaucoup. Cependant, en général, les personnes ayant vécu ce genre de choses font des cauchemars toute leur vie. Ils deviennent toutefois plus rares au fil que le temps passe.

- Je vois, murmura tristement Akifumi en regardant l'enfant endormi et en caressant ses cheveux.

- Ça va aller Aki, voulu rassurer son père. On fera tout ce qu'il faut pour qu'il soit le mieux possible. Suzumi pourra sûrement t'aider et tout le monde à la maison en fera autant.

Le jeune homme approuva, espérant qu'il réussirait à guérir le plus possible le petit garçon de tout ce qu'il avait vécu. Ils discutèrent calmement un long moment mais s'arrêtèrent lorsque Kirarin commença à se réveiller. Akifumi tourna alors toute son attention sur lui, l'une de ses mains tenant celle de l'enfant sur sa peluche et l'autre caressant ses cheveux. Il fallut quelque minutes pour que l'enfant émerge, les adultes observant l'éveil progressif et doux de son adorable visage. Et tous constatèrent qu'il serrait de plus en plus des doigts de son père adoptif en reprenant ses esprits comme s'il avait peur qu'il s'en aille. Il ouvrit finalement les yeux, dévoilant ses splendides émeraudes encore embrumées de sommeil. Akifumi attrapa rapidement ses lunettes qu'il déposa sur son nez pour qu'il puisse voir clair, se remettant ensuite à caresser ses cheveux pour l'inciter à se réveiller complètement. Lorsque le petit garçon eut l'air d'avoir repris ses esprits, il prit la parole :

- Bonjour mon ange, dit-il avec douceur.

Immédiatement, l'enfant se tendit un peu, terminant de se réveiller un peu brusquement et tournant son attention entière sur l'adulte.

- Du calme mon cœur, tout va bien, rassura le jeune homme la voix douce.

Le petit garçon le regarda d'un air craintif, semblant ensuite se souvenir de l'endroit où il se trouvait et avec qui, se rassurant face au sourire de son père adoptif.

- Bonjour papa, bredouilla-t-il en se tendant davantage et en évitant le regard de l'adulte.

- Bonjour Kirarin, répéta alors celui-ci en se penchant pour déposer un baiser sur son front.

Invariablement, l'enfant se tendit à son approche mais il ferma doucement les yeux sous l'attention, un tout petit sourire se dessinant sur ses lèvres. Les trois adultes ne purent que sourire devant cette vision, attendris. Akifumi se redressa ensuite :

- Tu as bien dormis ? Demanda ensuite l'homme.

Le petit garçon acquiesça mollement puis le japonais redressa doucement son lit pour l'installer presque assit. Et ce fut alors que l'enfant remarqua la présence des deux autres hommes, se tendant automatiquement d'appréhension et de peur. Mais ils ne s'en formalisèrent pas.

- Bonjour bonhomme, salua Rengu avec un grand sourire avant d'être suivis par le médecin.

- Bonjour papy, bonjour Hideaki-sensei, répondit l'enfant en tremblant l'air peu sûr de sa réponse.

Les caresses de son père et les sourires des deux hommes le rassurèrent cependant rapidement. Akifumi lui offrit un peu d'eau, remarquant ensuite que le petit garçon semblait un peu inconfortable. Il réfléchit un instant à ce qui pouvait provoquer ça avant d'avoir une illumination.

- Est-ce que ça va ? Demanda-t-il doucement en espérant qu'il lui dise ce qui n'allait pas.

Mais le petit brun se contenta d'approuver d'un signe de tête, n'osant visiblement pas dire ce qui n'allait pas. Akifumi décida alors de prendre les choses en main, sûr et certain que le petit garçon avait bien un problème.

- Tu es sûr ? Demanda-t-il. Tu as peut-être faim, ou soif, ou envie d'aller aux toilettes ?

Et il était quasiment sûr que l'enfant avait besoin de la dernière possibilité. C'était évident en réfléchissant, il n'y avait pas été la veille, n'ayant pas mangé depuis un moment mais il devait en ressentir l'envie maintenant. Et il sut qu'il avait tapé juste lorsque Kirarin releva le regard vers lui avec un peu de soulagement mais n'osant toujours pas dire ce qu'il y avait.

- Dis moi, poussa doucement l'adulte avec un sourire rassurant.

- J'ai envie d'aller aux toilettes, avoua l'enfant en se ratatinant sur lui même.

- On y va alors, sourit Akifumi en recevant un regard soulagé de la part du petit garçon, je vais t'aider, annonça-t-il.

Hideaki annonça qu'il allait demander aux infirmières de changer les draps du lit pendant que l'enfant allait aux toilettes alors que Rengu aidait son fils. Doucement, mesurant tout leurs mouvements attentivement surveillés par l'enfant tendu comme un arc. Ils écartèrent les couvertures, Akifumi expliquant tranquillement à Kirarin qu'il allait le porter jusqu'à la salle de bain et l'aider puisqu'il était encore engourdi par les médicament et très certainement gêné par son plâtre, ses bandages et sa perfusion en plus d'être encore particulièrement faible. Très doucement et très délicatement, faisant bien attention, le jeune homme prit le petit garçon dans ses bras, celui-ci tendu à l'extrême et tremblant visiblement, se laissant toutefois faire sans protester. Il ne pesait vraiment rien aux yeux du japonais qui l'installa précautionneusement contre lui, veillant à ne pas lui faire mal. Il se mit ensuite en route vers la salle de bain, son père faisant rouler la perche des perfusions derrière eux. Il les accompagna jusqu'à la petite pièce, refermant la porte derrière eux pour les laisser tranquille.

Il ne fallut que quelques secondes pour que deux infirmières entrent dans la chambre, saluant Rengu avant de changer les draps du lit qu'elles refirent soigneusement. Elles s'en allèrent ensuite alors que Hideaki avait amené un chariot de soins pour s'occuper des blessures de son petit patient. Il fallut un moment pour que Akifumi revienne avec Kirarin qui était encore plus tendu qu'avant de partir. En effet, l'opération avait été pénible pour lui puisque son père d'adoption avait dû l'aider pour tout alors qu'il n'arrivait pas à se débrouiller tout seul dans son état, seulement, cela n'avait pas manqué de lui rappeler de mauvais souvenirs alors qu'il conservait son semblant de calme avec peine, écoutant la voix rassurante du japonais qui n'avait pas cessé de lui parler.

Ce fut donc avec tristesse que Hideaki et Rengu le virent revenir, tremblant comme une feuille, recroquevillé sur lui même dans les bras d'Akifumi et les yeux fermement clos. Le médecin attrapa la perche alors que le jeune homme retournait vers le lit. Très délicatement, il déposa son fils adoptif sur le matelas, lui parlant doucement et le couvrant soigneusement. Il s'assit ensuite à côté de lui, rapprochant sa peluche et tenant sa petite main, s'éloignant volontairement un moment pour le laisser respirer.

- Ça va mieux mon ange ? Demanda-t-il finalement.

Le petit brun releva un regard tendu vers lui, acquiesçant silencieusement et serrant sa main.

- Les infirmières ont amené ton petit déjeuner, remarqua ensuite joyeusement Rengu.

Et la perspective du repas eut tôt fait de remonter le moral de l'enfant qui se fit un plaisir d'avaler ce que son père d'adoption lui donnait, mangeant avec lui. Rapidement, les adultes le virent s'inquiéter en jetant de petits coups d'œil vers Rengu et Hideaki. Après l'épisode du chocolat de la veille, Akifumi n'eut aucun mal à comprendre ce qui le tracassait, s'empressant de lui expliquer que les deux hommes avaient déjà mangé et qu'ils n'avaient plus faim, rassurant le petit brun. Le repas se passa dans le calme puis ce fut l'heure des soins. Lorsque Hideaki tira le chariot de soin amené un peu plus tôt, l'enfant se tendit très visiblement sans pour autant souffler le moindre mot. Akifumi prit doucement sa petite main, attirant son attention.

- Tout vas bien mon cœur, rassura-t-il en souriant doucement. Hideaki-sensei va faire très attention, comme hier et si ça ne va pas ou que tu as mal quelque part, tu me le dis. D'accord ?

Le petit garçon acquiesça très légèrement restant toutefois très visiblement inquiet et cela n'échappa pas aux trois adultes. Hideaki procéda comme la veille, décidant de commencer par ses jambes et ses brûlures. Akifumi s'installa près de lui, à sa droite alors que le médecin était de l'autre côté, et il prit sa main gauche pour essayer de le rassurer. Rengu resta calmement assis dans le fauteuil observant et réfléchissant à un moyen de détourner l'attention du petit garçon qui suivait avec une attention craintive les gestes du docteur. Celui-ci dégagea lentement ses jambes des couvertures avant de relever son pantalon pour accéder aux bandages et fatalement, l'enfant se mit à trembler comme une feuille, attristant les trois hommes. Le jeune homme se mit à lui parler doucement alors que Hideaki commençait mais il ne parvint pas à attirer véritablement son attention.

Kirarin le regardait une seconde avant de tourner les yeux vers ses jambes et Hideaki, alternant rapidement entre eux avec angoisse, sans savoir sur quoi se fixer. Et cela ne faisait que l'inquiéter davantage alors que Akifumi pouvait voir de nouveau ses terribles souvenirs revenir voiler ses yeux d'émeraudes alors que ses blessures étaient visibles une fois les bandages retirés. Et ce fut sur elles que l'enfant s'arrêta finalement. Il serrait les dents, tremblant et terriblement tendu. Akifumi réfléchit à toute allure pour essayer de détourner son attention, affligé de le voir trembler de tout son corps, terrorisé alors que Hideaki prenait toutes les précautions possibles pour ne pas lui faire mal. Mais le véritable problème n'était pas la douleur mais les souvenirs, la peur du contact, de la douleur et de la violence. Réfléchissant, le jeune homme se dit que peut-être, le sujet de la magie détournerait l'attention de l'enfant, bien loin de se douter de la réaction qu'il allait provoquer. Aussi il entreprit d'aborder le sujet espérant l'amuser un peu :

- Kirarin, appela-t-il doucement, mon cœur, est-ce que tu aimes la magie ? Demanda-t-il.

Il sursauta presque lorsque le petit garçon se tourna brusquement vers lui, visiblement alerté par sa question mais pas vraiment dans un bon sens. Il avait l'air soudain complètement paniqué et terrorisé, figeant les trois adultes surpris par cette réaction. Son visage manquant déjà de couleur sembla pâlir encore plus et ses tremblements s'accentuèrent encore davantage. Échappant aux mains d'Hideaki, il replia ses jambes contre lui rapidement dans un geste évident de protection. Il se roula en boule en une seconde, enroulant son seul bras libre de mouvement autour de ses genoux, y posant la tête. Il tremblait au bord des convulsions, extrêmement tendu. Les trois hommes, franchement alertés par cette réaction, purent l'entendre murmurer quelque chose sans comprendre ce que c'était.

- Kirarin, appela doucement Akifumi franchement inquiet.

Il avança une main vers lui, mais il recula rapidement. À peine avait-il effleuré l'enfant que celui-ci avait reculé pour lui échapper, se tendant encore plus si c'était possible alors que de petits gémissements de terreur lui échappaient. Le jeune garçon était lui complètement paniqué. Le mot « magie » était un mot banni, synonyme d'immenses douleurs pour lui. Il avait pris ses pires corrections après avoir osé prononcer ce mot. Les adultes détestaient ce mot. Il ne fallait pas le dire, ça n'existait pas. Il était terrifié alors que le souvenir des réactions très violentes de son oncle et sa tante à ce terme lui revenaient en mémoire, anéantissant les dernières miettes de calme qu'il peinait à maintenir pendant les soins. Il avait peur, terriblement. Pourquoi son nouveau papa demandait ça ? Est-ce qu'il allait le piéger ? Est-ce qu'il allait se mettre en colère ? Il ne voulait pas avoir mal encore, il ne voulait pas que son nouveau papa lui fasse mal. Il ne voulait pas qu'il arrête d'être gentil et souriant. Il paniquait de plus en plus, persuadé qu'il n'allait pas tarder à recevoir une bonne correction. Il ne voulait pas, il ne supporterait pas. Il était terrorisé, paniqué, alors que ses souvenirs de douleur et de peur submergeaient son esprit, le coupant presque de la réalité.

Aussi, dés qu'il sentit quelqu'un l'effleurer, il réagit immédiatement, cherchant à s'éloigner pour échapper à la douleur. Il sentit les larmes lui brûler les yeux, complètement affolé et il ne les retint pas, ses épaules commençant à être agitées par ses sanglots. Il était tellement perdu dans ses craintes qu'il sentit même son amie invisible se mettre à paniquer avec lui. Parce que si elle pouvait le calmer, quand ses émotions étaient trop fortes elle s'en imprégnait autant que lui pour réagir de la même manière. Et cette fois-ci, elle s'imprégnait de sa profonde panique et de son désespoir de voir la douleur revenir, de perdre son tout nouveau papa, sa douceur, sa chaleur et sa tendresse, de perdre cet espoir d'une vie différente, d'avoir encore mal, faim, soif, froid. Il se sentait de plus en plus gagné par la terreur, attendant avec résignation que le rêve se brise définitivement.

- Kira, qu'est-ce qu'il y a mon cœur ? Demanda le jeune homme affolé de voir le petit garçon réagir si violemment.

Le petit garçon ne répondit pas, alors que l'on entendait ses pleurs. Il tremblait effroyablement, serrant ses jambes d'un bras et se roulant en une boule serrée. Les trois hommes échangèrent un regard perdu et inquiet, mais Akifumi recentra rapidement son attention sur le petit garçon terrorisé. Et en écoutant attentivement, il commença à saisir ce qu'il murmurait en boucle d'une voix chevrotante.

- Ça n'existe pas, ça n'existe pas, ça n'existe pas... répétait-il avec panique.

- Qu'est-ce qui n'existe pas mon ange ? Demanda le japonais d'une voix calme pour tenter de l'apaiser. La magie ? Demanda-t-il devant le silence du petit garçon.

- Ça n'existe pas, répéta l'enfant avec affolement en pleurant de plus belle sous les regards angoissés des adultes.

- Bien sûr que si mon cœur. La magie ça existe, répondit Akifumi.

- Non ! S'écria le jeune garçon en se recroquevillant davantage.

Une vague de panique plus intense le traversa, persuadé que ça allait mal se finir et sa magie réagit à sa peur. Elle s'échappa de son corps pour faire clignoter les lumières de la pièce. Un vent léger se mit à souffler alors que ni les fenêtres ni la porte n'étaient ouvertes, quelques objets se mirent à trembler et le verre sur la table de chevet se fendit. Akifumi et Rengu se regardèrent, très surpris mais ressentant une étrange sensation. Ils regardèrent autour d'eux, comprenant soudain qu'ils avaient sûrement à faire à ces fameux phénomènes étranges entourant l'enfant. Et ces manifestations semblèrent s'intensifier avec sa panique.

Kirarin sembla soudain se rendre compte de ce qu'il se passait et ses pleurs redoublèrent alors qu'il semblait vouloir disparaître.

- Kira, appela doucement Akifumi en voyant le phénomène prendre une ampleur inquiétante.

- Je suis désolé, je suis désolé, s'excusa le petit garçon au milieu de ses sanglots déchirants. Je suis désolé...

- Calme toi mon cœur, pria le jeune homme en avançant une main vers lui.

Mais encore une fois, il l'eut à peine effleuré que l'enfant cria presque de peur, se reculant encore en se rapprochant de plus en plus du bord du lit et il continuait à s'excuser dans une litanie désespérée et déchirante. Le petit garçon sembla atteindre le summum de la panique désemparant les adultes qui ne savaient que faire pour l'apaiser. Et ce fut alors qu'il se passa une chose extraordinaire qui les laissa tous sans voix. Une douce lumière blanche apparut, venant de l'enfant et en y regardant de plus près, tous purent voir que c'était le médaillon de Rui qu'il portait qui brillait, les émerveillant. La lumière s'intensifia rapidement, pulsant lentement en de douces ondes.

Le jeune garçon lui, se retrouva vite envahis d'une puissante vague de calme et de tendresse, de chaleur et de protection. Et immédiatement, il se calma un peu, se sentant à l'abri et un peu anesthésié. Il sentait cette présence semblable à celle de son amie invisible qui l'entourait une nouvelle fois, comme lorsqu'il s'était réveillé. Il avait l'impression d'être dans une étreinte rassurante, comme si rien ne pouvait lui arriver. Il se calma alors progressivement avec sa compagne de toujours, rassuré par cette présence qui semblait prendre elle même la décision de chasser sa panique et sa peur.

De l'extérieur, tous purent voir la lumière briller sans discontinuer et toutes les manifestations étranges s'arrêtèrent complètement. Les trois hommes purent voir aussi l'enfant se calmer un peu, semblant s'apaiser. Et sous leurs yeux fascinés, une légère fumée blanche s'échappa de la lumière. Elle prit rapidement la forme grossière d'un petit dragon japonais qui s'enroula autour du jeune garçon. Il alla frotter sa tête contre celle de Kirarin et une sorte de ronronnement apaisant s'élevait dans l'air. Rengu, Hideaki et Akifumi observèrent le phénomène la bouche ouverte, émerveillés par ce qu'ils voyaient. Et ils constatèrent aussi que l'enfant se détendait, se calmant. Ses tremblements s'apaisèrent progressivement sous le ronronnement entêtant et les cajoleries du dragon vaporeux, finissant par cesser totalement. Il relâcha un peu son étreinte sur ses jambes sans pour autant quitter sa position.

Personne n'osait bouger mais finalement, l'image du dragon releva la tête, semblant regarder Akifumi. À cet instant l'homme agit sans vraiment réfléchir, happé par une force douce, chaude et protectrice qui l'attirait vers son fils adoptif. Il s'approcha, s'avançant vers sur le lit et il tendit les mains vers la silhouette frêle et roulée en boule du petit garçon. Il scruta sa réaction, redoutant qu'il prenne peur une fois de plus. Lorsqu'il le toucha enfin, Kirarin se crispa de nouveau violemment et le ronronnement qui avait diminué reprit de plus belle, la silhouette de fumée frottant sa tête contre le petit garçon. Le jeune homme poursuivit alors son geste en constatant qu'il restait plutôt calme et il l'attira précautionneusement dans ses bras. Et une fois qu'il fut bien installé contre lui, enfermé dans son étreinte, le dragon se redressa, il effleura la joue d'Akifumi du museau, celui-ci se sentant parcourut d'une satisfaction qui n'était pas la sienne, mais aussi de gratitude et de protection. Puis la silhouette s'évapora dans les airs, disparaissant complètement. La lumière du médaillon diminua progressivement elle aussi pour finir par s'éteindre complètement, le phénomène prenant fin.

Le silence plana alors un moment mais Akifumi eut tôt fait de sortir de son étonnement alors que son fils adoptif sanglotait contre lui, encore crispé. Il pleurait encore doucement, les yeux fermement clos.

- Calme toi mon ange, pria-t-il en déposant un baiser dans ses cheveux la voix douce et sereine.

- Je suis désolé, hoqueta le petit garçon. Je suis désolé.

- Tu n'as pas besoin de t'excuser mon cœur, tu n'as rien fait de mal je t'assure, répondit l'adulte. Qu'est-ce qui te fais peur comme ça ? Demanda-t-il. Est-ce que c'est parce que j'ai parlé de magie ? Tu as peur de la magie ?

- Ça n'existe pas, affirma l'enfant d'une voix terrifiée en se remettant à trembler et à pleurer plus fort.

- Là mon cœur, là. Calme toi, tempéra immédiatement Akifumi en le cajolant. Pourquoi tu penses que la magie n'existe pas ? Demanda-t-il alors qu'ils venaient justement d'avoir une preuve que ça existait bel et bien.

- C'est... c'est oncle Vernon qui l'a dit et.. et tante Pétunia aussi, expliqua l'enfant hoquetant encore entre ses larmes. Ils ont dit que... que la... magie ça n'existait pas et qu'il ne fallait pas dire le mot, dit-il en tremblant. Ils... ils sont très en colère quand je le dis ou que les lumières clignotent ou qu'il y a des choses anormales. Je suis toujours beaucoup punis quand ça arrive, dit-il alors qu'on sentait clairement sa panique.

Les adultes comprirent alors sa soudaine terreur à l'évocation de ce sujet. Et sachant maintenant parfaitement ce dont avait été victime le petit garçon, ils pouvaient s'imaginer la punition. Il était alors normal qu'il ait eu si peur, s'imaginant certainement qu'ils allaient réagir de la même manière que les Dursley.

- Je ne te ferais jamais de mal mon cœur et tu ne retourneras jamais chez les Dursley. Ils ne t'approcheront plus, assura d'abord le japonais en câlinant son fils terrorisé. Je vais te raconter une petite histoire, annonça-t-il ensuite en caressant ses cheveux. Tu sais, il y a longtemps des personnes de ma famille qui étaient en danger ont été sauvé par un grand dragon blanc à la crinière azur, conta-t-il. Le dragon était très gentil et sage, il s'appelait Rui. Il a sauvé des personnes de ma famille et il les a protégé. Pour le remercier, les Uizado, ma famille, ont promis de toujours se souvenir de lui et de garder une place pour lui dans leur cœur. Ils ont promis de toujours suivre ses conseils et ses mises en gardes. Ils ont promis de protéger les terres de Rui. Et Rui qui les aimait beaucoup, a dit qu'il protégerait toujours notre famille.

Dans ses bras, le petit garçon se détendait, ses pleurs se calmant alors qui constatait que son nouveau papa n'était pas en colère. Au contraire, il lui faisait un câlin, le serrant dans ses bras. Sa voix était toujours sereine et chaude, caressante. Aussi, il se détendit progressivement, écoutant attentivement l'histoire de son père d'adoption. Celui-ci continua d'ailleurs, souriant en constatant que Kirarin l'écoutait, s'apaisant.

- Depuis, Rui a toujours protégé notre famille avec sa magie, reprit-il. Ça fait longtemps qu'on ne l'a pas vu mais on sait qu'il est toujours là avec nous. Quand une nouvelle personne entre dans notre famille, on lui offre un médaillon béni par Rui. C'est ce collier, dit-il en dégageant doucement le bijou qu'il avait mis autour du cou du petit garçon.

Celui-ci recula légèrement, regardant le petit dragon de métal que son père tenait entre ses doigts. Il ne l'avait même pas vu jusque là.

- Il est beau, murmura-t-il en levant sa main valide pour le toucher.

Akifumi l'abandonna à ses petits doigts en souriant, reprenant son histoire.

- Tu sais, moi je pense que la magie ça existe, dit-il. Grâce à ce petit bijou, Rui nous protège où que l'on soit grâce à sa magie. Il est toujours avec nous et il veille toujours sur nous. Et c'est grâce à lui que je t'ai trouvé, dit-il en attisant visiblement la curiosité du petit garçon. Le soir où je t'ai trouvé, je me promenais quand mon collier s'est mis à briller tout seul. Il a plané dans les airs et il m'a conduit jusqu'à toi. C'est grâce à lui que je t'ai trouvé.

- Alors c'est Rui qui t'a conduis jusqu'à moi ? Demanda l'enfant timidement.

- J'en suis persuadé, répondit l'adulte en souriant. C'est grâce à Rui que j'ai pu te sauver. Alors tu sais, moi, je pense que les dragons et la magie ça existe vraiment mon cœur. Et jamais je ne te punirais parce que tu parles de magie. Moi j'aime bien parler de magie.

- C'est vrai ? Demanda Kirarin.

- Bien sûr, assura-t-il.

- Alors je peux dire... magie ? Questionna-t-il en hésitant très visiblement sur le mot fatidique.

- Autant que tu veux, sourit Akifumi. Est-ce que tu as déjà vu de la magie ? Demanda-t-il. Par exemple est-ce que ça arrive souvent que les lumières clignotent ?

Immédiatement, l'enfant se tendit de nouveau d'un coup, se remettant à trembler.

- Je suis désolé, dit-il alors que les larmes lui montaient de nouveau aux yeux. Je...

- Là mon ange, chantonna l'adulte, ce n'est pas grave c'est promis. Tu n'as pas besoin de t'excuser, tu n'as rien fait de mal, d'accord ? Rassura-t-il alors que l'enfant approuvait timidement en se calmant de nouveau devant sa sérénité. Alors, ça t'est arrivé souvent ? Redemanda-t-il précautionneusement.

- Quand j'ai très très peur, expliqua le petit garçon. Quand j'ai très peur, les lumières clignotent parfois et il y a du vent et..., il hésita.

- Et... ? Poussa tranquillement l'aîné.

- Et il y a parfois des objets qui bougent tout seuls et des verres qui éclatent et des vitres qui se brisent, dit-il.

- Quand tu as très peur ? Demanda Akifumi alors que le petit garçon approuvait de la tête. Il y a autre chose ?

- Une fois, à l'école, quand Dudley et ses copains jouaient à la chasse au Harry, dit-il en interpellant les adultes qui comprirent rapidement ce dont-il pouvait s'agir, je courrais dans la cour et j'avais peur qu'ils m'attrapent et en une seconde je me suis retrouvé sur le toit de l'école, raconta-t-il d'une toute petite voix. Et je peux parler avec les serpents, avoua-t-il.

- Avec les serpents ? Releva le japonais étonné.

- Oui, je comprend ce qu'ils disent et ils comprennent ce que je dis. J'ai parlé avec une couleuvre une fois dans le jardin. Ce n'est pas bien ? Demanda-t-il en appréhendant la réaction de son papa.

- Et bien, tu es la première personne que je connais qui peut parler aux serpents, expliqua l'adulte.

- Je suis un monstre, murmura le petit garçon avec tristesse.

- Non, bien sûr que non, contra Akifumi. Tu n'es pas un monstre mon cœur, tu es spécial, un petit miracle, assura-t-il. Et tu sais, au Japon, il y a une très veille histoire qui dit qu'il existe de gigantesques serpents magiques et que ces serpents, quand ils ont fait pleins de choses gentilles, peuvent se transformer en dragon comme Rui. Alors c'est très bien de pouvoir parler avec eux, dit-il pour rassurer l'enfant de son mieux.

- C'est vrai ? Demanda l'enfant plein d'espoir.

- C'est vrai, confirma Akifumi en obtenant un léger sourire qui le ravit. Est-ce qu'il y a autre chose de spécial ? Questionna-t-il en continuant ses câlins.

- J'ai une... une amie, hésita-t-il.

- Une amie ? Releva l'adulte. Qui ça ?

- Il n'y a personne qui peut la voir mais moi je sais qu'elle est là, elle est toujours avec moi, expliqua-t-il comme il pouvait.

- Est-ce... qu'elle te parle ? Demanda Akifumi peu sûr de lui.

- Non. Elle ne parle pas mais je sens quand elle est triste ou contente ou quand elle est en colère ou qu'elle n'aime pas quelqu'un. Elle déteste les Dursley, elle était toujours furieuse quand j'étais puni, raconta-t-il. Mais elle t'aime bien et elle aime bien papy aussi, dit-il en les faisant sourire. Elle est contente quand je suis avec toi, murmura-t-il. Et puis quand j'ai très très peur, elle aussi elle a très très peur et il se passe des choses, expliqua-t-il.

- Est-ce qu'elle a fait des choses pour toi ? Demanda l'adulte.

- C'est elle qui m'a aidé à partir de chez les Dursley, raconta doucement l'enfant. Je ne savais pas où je pouvais aller mais je ne voulais plus que oncle Vernon me fasse mal, dit-il en se serrant un peu plus contre son père qui le cajola volontiers pour le rassurer et l'inciter à poursuivre. Et elle voulait que je parte aussi alors j'ai décidé de m'en aller. Mais je ne pouvais pas bouger parce que j'avais mal et j'étais enfermé. Alors elle a enlevé les verrous du placard et elle m'a aidé. Elle a ouvert la porte aussi et elle m'a porté, je ne sais pas où et puis j'ai dormi et je me suis réveillé avec toi.

- C'est tout mon cœur ? Demanda Akifumi déjà très surpris par tout ce qu'il venait d'entendre.

- C'est tout, murmura-t-il.

- Merci de me l'avoir raconté mon ange, remercia l'adulte sans douter de ce qu'il avait dit après les différents phénomènes auxquels il avait assisté. Je veux que tu saches que tu ne dois pas avoir peur de moi. Je te ferais jamais de mal, c'est juré. Tu peux me parler de tout ce que tu as envie et je ne me fâcherais pas d'accord ? Tu ne seras pas puni même si tu parles de magie. Je te protégerais toujours alors il ne faut pas avoir peur comme ça. Si tu as peur, tu peux me le dire et on fera en sorte que tu n'aies plus peur. Tu as compris Kirarin ? Demanda-t-il doucement.

- Oui papa, bredouilla-t-il en se serrant contre lui.

Il était soulagé que son papa reste gentil même s'il y avait eu de la magie. Il était heureux d'avoir pu en parler enfin. Il l'aimait bien lui son amie invisible. Il aimait bien les choses magiques alors il était content que son nouveau papa aime aussi et qu'il veuille bien parler de magie avec lui. Il était rassuré de ne pas être puni. Son papa n'avait pas crié et il ne s'était pas mis en colère, il ne lui avait pas fait mal, non, il lui faisait un câlin et ça faisait du bien. Il se sentait en sécurité dans ses bras, c'était chaud et agréable. Il avait eu très peur que son papa devienne méchant comme oncle Vernon mais non, son papa était gentil et il aimait bien la magie. Et puis cette force qui ressemblait à son amie, est-ce que c'était Rui ? Il avait l'impression de sentir la même chose en tenant le beau bijou de son papa. Et le collier était béni par le dragon blanc alors c'était peut-être lui. Et si c'était lui, il lui en était vraiment reconnaissant de lui avoir fait rencontrer son papa.

Mais pour l'instant, il voulait juste un câlin. Il avait eu très peur et les câlins lui faisaient du bien. Aussi, il resta blotti contre l'homme, souriant légèrement. Akifumi continua volontiers ses cajoleries, rassuré de voir l'enfant se détendre enfin complètement. Il jeta ensuite un coup d'œil sur son père qui semblait réfléchir à tout ce qu'il venait de se passer, à tout ce qu'il venait d'entendre. Le silence plana un moment, léger, alors que le jeune homme câlinait son fils et que les adultes réfléchissaient à tout ça. Mais finalement, Hideaki intervint, soucieux des blessures de l'enfant :

- Je peux continuer à soigner tes jambes bonhomme ? Il faut que je termine, dit-il doucement.

Le petit garçon acquiesça, se tendant néanmoins. Décidant qu'il avait eu assez d'émotions comme ça, Akifumi s'installa de façon à permettre à Hideaki de le soigner tout en le gardant contre lui. Délicatement, le médecin attrapa ses pieds l'un après l'autre, l'incitant à déplier ses jambes alors qu'il était encore roulé en boule. Kirarin obtempéra sagement et il reprit ses soins, le jeune homme le gardant contre lui pour ne pas qu'il se perde de nouveau dans ses souvenirs sombres. Et il en fut ainsi tout le temps que durèrent les soins, le petit garçon y réagissant comme la veille mais néanmoins un peu plus calme dans l'étreinte de son nouveau papa.