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Chapitre 6 :
Convalescence
Dans les jours qui suivirent la discussion sur la magie et Rui, une certaine routine s'installa. Akifumi passait tout son temps avec Kirarin se rapprochant de lui peu à peu. Le petit garçon se détendait plus facilement à son contact, se faisant bien moins inquiet et de plus en plus confiant. L'enfant se laissait faire sous ses gestes d'affections et il cherchait de plus en plus souvent son contact de lui même bien qu'avec beaucoup d'hésitation et d'appréhension. Le jeune homme s'occupait constamment de lui, l'aidant dans tout ce qu'il avait du mal à faire avec ses blessures. Il dormait toujours avec lui, veillant sur son sommeil qui resta malheureusement très agité. Il lui faisait sa toilette et l'occupait toujours. Et ce faisant, il tentait constamment de mieux le connaître et de le mettre à l'aise. Il était toujours avec lui, ne le laissant jamais seul. Rengu lui avait ramené quelques affaires et il attendait toujours que Kirarin dorme pour aller se laver dans la petite salle de bain, laissant la porte ouverte pour garder un œil sur l'enfant. Et chaque jour, le petit garçon lui faisait un peu plus confiance, cherchant sa protection et sa tendresse, se faisant plus serein en sa présence.
Rengu venait tout les les jours et restait plus ou moins longtemps en fonction des rendez vous qu'il avait. Il ne s'approchait jamais trop du petit garçon se contentant de simplement toucher sa main à quelques occasions. Mais il ne faisait jamais plus. Si Kirarin acceptait ce contact, il était toujours très tendu avec lui aussi, craintif et mal à l'aise. Aussi, l'adulte ne le brusquait pas, patient, le laissant se rendre compte lui même qu'il ne lui ferait aucun mal et qu'il pouvait lui faire confiance. Alors il s'installait à côté de son lit pour parler avec lui et Akifumi, le touchant lorsqu'il en avait l'occasion pour qu'il s'y habitue. Mais Kirarin supportait mal tout autre contact que celui d'Akifumi donc il ne forçait jamais cela.
Et c'était flagrant lorsque chaque jour, l'heure des soins arrivait. L'enfant peinait à chaque fois à garder son calme. Il ne se plaignait jamais mais il était très tendu et tremblant sous les mains d'Hideaki et ce même si le médecin déployait des trésors de douceur et de calme pour le rassurer. Le docteur passait parfois un peu de temps dans la chambre lui aussi, s'asseyant près du lit pour discuter un peu et faire connaissance avec l'enfant qui le découvrait ainsi lui aussi davantage. Hideaki espérait le mettre plus en confiance, voulant rendre les soins moins pénibles pour son jeune patient qui n'avait déjà que trop souffert.
Kirarin dormait beaucoup chaque jour, blottit contre son père d'adoption veillant sur son sommeil. Hideaki avait expliqué qu'il lui faudrait beaucoup de temps pour se remettre de tout ce qu'il avait subi. Le petit garçon avait besoin de calme et de repos. Et il resterait longtemps fragile et affaiblis, peu endurant et sensible, aussi, Akifumi veillait à ce qu'il mange, boive et se repose bien. Il le poussait à faire la sieste lorsqu'il le voyait somnoler, l'enfant luttant contre le sommeil de peur de fâcher les adultes présents avec lui s'il s'endormait. Et il lui proposait régulièrement d'aller aux toilettes, de boire et de manger, sachant qu'il ne le réclamerait pas lui même. Kirarin ne demandait jamais rien, il ne se plaignait pas et ne faisait quasiment aucun bruit. Même lorsque Rengu, Hideaki et Akifumi discutaient avec lui, il n'ouvrait la bouche que lorsqu'on lui posait directement une question ou pour saluer, remercier ou s'excuser lorsqu'il croyait avoir fait quelque chose de mal. Et lorsqu'il parlait, ses yeux brillaient de peur et d'appréhension alors qu'il redoutait toujours de donner une mauvaise réponse, de dire quelque chose de trop ou de parler trop fort. Alors généralement, il restait silencieux malgré les efforts de son entourage pour essayer de le faire parler. Il écoutait seulement attentivement. Le bon côté était au moins qu'il se détendait un peu plus chaque jour les rares fois où il prenait la parole.
Il se rassurait très lentement mais un peu plus au fur et à mesure du temps même s'il restait très craintif. Akifumi lui lisait de temps à autre des histoires du livre offert par Rengu, lui expliquant diverses choses sur le Japon et ses légendes. Se faisant, Kirarin découvrit bientôt ses premiers mots de Japonais et rapidement, le jeune homme commença à lui apprendre un peu la langue, le petit garçon montrant beaucoup d'intérêt pour cette activité, y mettant tout son cœur pour retenir et répéter tout ce que son papa lui expliquait. Le japonais découvrit alors qu'il avait une très bonne mémoire et qu'il apprenait très vite. Mais il limitait cependant ces petites séances d'apprentissage, la commotion de l'enfant se résorbant doucement et l'empêchant de se concentrer longtemps sous peine de maux de tête dont-il n'avait pas besoin. Kirarin commençait cependant, à la grande fierté de son père, à utiliser les mots japonais qu'il apprenait. Pour dire bonjour ou merci, papy ou papa, et les adultes l'en félicitaient à chaque fois d'immenses sourires. Et quelque fois, ils parlaient de magie. L'enfant répondait aux questions de son papa sur son amie invisible, ravis de pouvoir le faire et l'adulte lui parlait de Rui.
Akifumi lui présenta aussi Haiko, son meilleur ami et garde du corps. Et celui-ci prit toutes les précautions qu'il pouvait pour ne pas effrayer le petit garçon évitant de s'approcher de trop près, de parler trop fort ou de se montrer trop enthousiaste. Il rencontra aussi Soren, le garde de Rengu et il revit Seigi lorsqu'il revint pour faire quelques papiers. Et à chaque fois, il était extrêmement tendu et stressé, se rapprochant de son père adoptif en quête de protection. Mais tous veillaient à faire attention à leur comportement pour qu'il n'y ait aucun incident. Ils venaient régulièrement, Akifumi ayant demandé à son père de leur dire de passer de temps en temps, voulant que l'enfant s'habitue doucement à voir du monde autour de lui. Et s'il était clairement apeuré en présence d'autres personnes que son père, il ne paniquait pas, se contentant de se rapprocher du japonais en quête d'une protection qu'il recevait indéfectiblement et immédiatement, le rassurant. Une fois où les infirmières étaient entrées pour leur amener leurs repas, Akifumi avait laissé les femmes s'approcher un peu de son fils pour voir sa réaction. Mais à sa plus grande peine, le petit garçon semblait autant craindre les femmes que les hommes, réagissant tout aussi intensément à la présence féminine.
Les jours défilèrent, Kirarin guérissant lentement mais sûrement. Il retrouvait un peu plus de mobilité chaque jour, ses douleurs s'estompant progressivement. Et ce faisant, Hideaki diminua aussi les médicaments qu'il lui donnait pour la douleur, les remplaçants par un antalgique plus léger qui soulageait les côtes cassées se ressoudant doucement. Il laissa cependant la perfusion avec encore quelques remèdes pour empêcher les infections, combler ses carences et pour palier aux divers problèmes de son organisme mis à rude épreuve. Mais au moins, le petit garçon n'était plus aussi engourdis, désormais un peu plus libre de ses mouvements et l'esprit un peu plus clair, ce qui malheureusement, avait tendance à renforcer ses réactions craintives. Alors tous prenaient garde à ce qu'ils faisaient et disaient.
Chaque jour, il y avait quelque chose d'un peu spécial pour le petit garçon. Il avait été immensément heureux quand Akifumi lui avait de nouveau donné un ou deux chocolats, et lorsque la petite boîte avait été vidée, Rengu avait ramené une petite boite de bonbons artisanaux, puis des boissons un peu plus spéciales comme des sodas et des jus de fruit que l'enfant n'avait jamais goûté, et il avait aussi ramené des pâtisseries. Il n'y avait jamais plus d'une de ces choses par jour, ne voulant pas rendre le petit garçon malade mais ainsi, Kirarin pouvait enfin goûter à ces choses auxquelles il n'avait jamais eu droit et qui étaient pourtant si simples. Et à chaque fois l'enfant semblait au paradis, les remerciant sans fin avec un magnifique petit sourire.
Le jeune garçon ne lâchait d'ailleurs plus la peluche offerte par son père adoptif, en prenant grand soin et semblant beaucoup aimer la serrer contre lui. Il prenait aussi grand soin du livre de Rengu, tournant les pages avec déférence et veillant à ne pas l'abîmer. Il avait été aussi très ému lorsque Akifumi lui avait fait changer de pyjama, lui en passant un autre propre et de tout aussi grande qualité que le premier, lui expliquant qu'il en avait acheté plusieurs pour lui et que s'il préférait une couleur ou une autre, il devait lui dire pour les prochains vêtements. L'enfant s'en était trouvé bouleversé.
Et chaque jour, les adultes découvraient un peu plus les nombreuses et profondes blessures du petit garçon. Rien, aucun aspect de la vie quotidienne n'avait semblé avoir été épargné par le comportement abjecte des Dursley. C'était à croire que chaque petite chose, même l'action la plus banale, avait un jour été sujet à punition violente pour Kirarin. C'est ainsi qu'un jour, Akifumi, Haiko et Seigi avaient découvert pourquoi le petit garçon qui paraissait vraiment intelligent pour son âge, avait eu de si mauvais résultats scolaires. Ce jour là, Haiko avait voulu égailler un peu Kirarin et il avait amené un petit jeu de société pour l'amuser. Seigi qui passait par là à ce moment avait été entraîné dans la première partie avec le nouveau papa, tout deux en profitant pour se rapprocher un peu de l'enfant qu'ils espéraient voir se détendre dans le jeu. Et pour lui faire plaisir, les trois hommes avaient voulu le laisser gagner.
Seulement, au lieu de se réjouir en comprenant qu'il allait gagner, Kirarin avait presque paniqué, les regardant comme s'il avait fait quelque chose de mal. Il avait fallu beaucoup de douceur et de patience d'Akifumi pour qu'il leur explique ce qui n'allait pas. Et c'est ainsi qu'il leur avait dit d'une voix tremblante que les seules fois où il avait joué à ce genre de jeux, il fallait qu'il laisse Dudley gagner et il devait perdre, sinon, il était puni et c'était pareil pour les notes, recevant punition lorsqu'il surpassait les piteuses de son cousin. Autant dire que les trois adultes avaient été révoltés d'entendre ça et Akifumi avait patiemment expliqué à l'enfant ce qu'il en était vraiment, qu'il pouvait gagner et qu'il pouvait avoir de bonnes notes. Et le petit garçon avait terminé la partie en vainqueur, n'y prenant cependant aucun plaisir.
Malgré tout, Kirarin passait la majeure partie de son temps avec son papa, se laissant câliner en se reposant. Et pratiquement, deux semaines passèrent ainsi, l'enfant réalisant peu à peu qu'il ne rêvait pas et se rassurant chaque jour un peu plus devant l'attitude calme et sympathique de tous avec lui. Il profitait de chaque chose qu'on lui offrait comme le plus précieux des cadeaux. Au bout de deux semaines, Hideaki jugea qu'il pouvait sortir de l'hôpital et c'était justement aujourd'hui. Akifumi avait expliqué à son fils qu'ils iraient à l'hôtel encore une semaine avant de rentrer au japon, laissant encore un peu de temps à l'enfant pour reprendre des forces avant le long voyage et le changement de pays et d'ambiance, de famille et de maison.
Ce matin, Hideaki avait retiré la perfusion et vérifié ses blessures qui étaient en bonne voie de guérison nécessitant moins d'attention même s'il faudrait encore un moment pour qu'elles soient entièrement guéries. Les plaies et les brûlures de l'enfant avaient été graves et le mauvais états de son corps et l'abondance de problèmes n'accéléraient nullement la cicatrisation. Cela faisait deux trois jours que Kirarin avait recommencé à sortir de son lit pour marcher un peu, aidé de son père adoptif qui ne le lâchait pas de peur qu'il tombe et se blesse de nouveau, ses côtes n'étant pour le moment que précairement recollées. Et l'enfant y arrivait sans trop de peine restant cependant faible et peu endurant.
Akifumi était présentement en train d'habiller le petit garçon. Rengu était là aussi et il se ravissait de voir son petit fils d'adoption regarder avec émerveillement les vêtements qu'il avait acheté pour lui. Ce n'était rien d'extraordinaire mais Kirarin était une fois de plus bouleversé qu'on ait acheté quelque chose pour lui. Il y avait une paire de chaussettes et baskets noires, un jean bleu sombre, un tee-shirt vert et une veste noire qui viendrait assurer qu'il n'aurait pas froid. Parce que si les températures d'été étaient présentement des plus agréables, la faiblesse de l'enfant pouvait le rendre frileux. Ce fut donc toujours avec patience que le jeune homme habilla son fils d'adoption qui se laissait faire entre ses mains dans une relative confiance. L'adulte boucla ensuite le sac du petit garçon contenant ses affaires, celui-ci attendant patiemment assis au bord du lit. Son bras plâtré avait été placé dans une écharpe médicale soutenant bien le membre entièrement immobilisé, enfermé dans un plâtre un peu lourd de l'épaule au poignet. Sa veste de ce côté était simplement posée sur son épaule. Et il tenait sa peluche contre lui de son bras valide.
- On y va mon ange ? Demanda ensuite Akifumi en souriant.
Kirarin acquiesça timidement, son appréhension de quitter cette pièce se sentant. Le japonais l'arrêta lorsqu'il voulut se lever et il vint plutôt le prendre dans ses bras, le calant contre lui avec précaution.
- Je vais te porter mon cœur, annonça-t-il en s'attristant de le trouver encore excessivement léger. Tu ne dois pas faire trop d'efforts, dit-il doucement en déposant un baiser sur sa tempe.
L'enfant sourit sous l'attention, ne se tendant presque plus à l'approche de son nouveau papa, et il posa sa tête sur son épaule, rassuré d'être dans ses bras, s'y sentant en sécurité. Souriant à cette confiance qu'il avait acquise doucement, Akifumi l'installa tranquillement et confortablement contre lui pour qu'il soit bien. Rengu attrapa le petit bagage de l'enfant, lui souriant alors qu'il le regardait faire.
- Allez on y va les enfants, lança l'aîné en faisant ricaner son fils et doucement sourire son petit fils.
Ils sortirent de la pièce, Soren et Haiko les attendant dans le couloir. Kirarin regarda autour de lui avec une curiosité timide pour finalement rapidement se blottir contre Akifumi, accrochant sa petite main libre à sa peluche avec plus de fermeté lorsqu'ils commencèrent à croiser du monde.
- N'ai pas peur mon cœur, lui murmura son père. Je te garde tout le temps dans mes bras et je ne laisserais personne te toucher. D'accord ?
Le petit garçon acquiesça d'un petit signe de tête mais il resta caché contre l'adulte, tendu et anxieux. Rengu prit le parti de marcher à côté d'Akifumi, du côté du petit garçon. Parce que si celui-ci était encore très mal à l'aise et apeuré par les contacts avec tout autre que son père, l'homme se dit qu'il serait plus rassuré d'avoir une personne qu'il connaissait à ses côtés qui empêcherait un inconnu de venir trop près. Il douta cependant que l'enfant ne s'en aperçoive alors qu'il restait caché contre le jeune homme. Ils avancèrent vers la sortie, les infirmières qu'ils croisaient les saluant et souriant avec douceur face à l'enfant caché dans les bras d'Akifumi. Après avoir remercié le directeur de la petite clinique qui était venu les voir pour leur départ, ils sortirent à l'air libre, rejoignant tranquillement la berline noire qu'ils utiliseraient. Soren ouvrit la portière arrière pour permettre à Akifumi d'entrer avec son fils dans les bras, puis il referma derrière lui. Rengu mit le sac du petit garçon dans le coffre avant d'aller prendre place à côté de son fils. Les deux gardes s'installèrent à l'avant, Haiko prenant le volant et ils se mirent en route.
Le nouveau papa lui, était entièrement concentré sur Kirarin, celui-ci osant de nouveau risquer un regard autour de lui en comprenant qu'ils étaient dans la voiture.
- Ça va mon ange ? Demanda doucement l'adulte.
Le petit garçon acquiesça et ce fut ensuite Rengu qui prit la parole :
- On a une petite surprise pour toi bonhomme, annonça-t-il en attisant sa curiosité.
Il n'en dit cependant pas plus alors que l'enfant semblait intrigué mais n'osant pas poser de question. Il se contenta donc de rester calé contre Akifumi, tenant sa peluche de son bras libre. Parce qu'en effet, Rengu et son fils avaient prévu une journée spéciale pour sa sortie d'hôpital. L'aîné prenait l'avion le soir même pour rentrer au Japon et il voulait faire un petit quelque chose avec Kirarin avant de partir. Soren rentrerait avec lui tandis que Seigi resterait en Angleterre avec Akifumi pour finir de régler la paperasse concernant l'enfant. Haiko resterait aussi et Hideaki en ferait de même pour s'occuper du petit garçon. Rengu lui rentrait au Japon comme prévus, se chargeant de préparer l'arrivée de son petit fils et surtout d'en parler à leur famille qui ne savait encore rien de cette histoire. Mais en attendant, il voulait passer du temps avec son petit fils, s'étant déjà énormément attaché à lui comme tout leur petit groupe d'ailleurs.
Ils roulèrent un moment dans le silence, Akifumi jouant distraitement avec les cheveux de son fils, celui-ci ayant fermé les yeux pour profiter pleinement du câlin. Et ils arrivèrent finalement à destination alors qu'il était l'heure du déjeuner. Ce fut tout d'abord dans un petit restaurant caché mais très agréable et de haute qualité qu'ils allèrent. Le jeune papa, portait toujours son fils dans ses bras et celui-ci regardait timidement autour de lui alors qu'ils entraient dans l'établissement. Il se cacha cependant de nouveau lorsqu'une serveuse particulièrement énergique vint les accueillir. Rapidement, ils furent installés dans un coin tranquille du restaurant, Kirarin sur les genoux de son père. Ils commencèrent par commander à boire, Akifumi prenant son temps pour détendre un peu le petit garçon blotti contre lui.
Et bientôt, il ouvrit le menu pour que l'enfant puisse le voir, lui demandant ensuite ce qu'il aimerait manger. Encore une fois, les adultes ne purent que constater qu'il ne s'attendait pas à ce qu'on l'intègre au repas. Il regarda la carte sans trop savoir à quoi pouvait se rapporter les intitulés des plats. Il lança alors un timide coup d'œil à son père qui saisit immédiatement l'appel à l'aide. L'homme commença alors à lui parler des plats tranquillement, lui expliquant ce que c'était avec patience. Il fallut petit moment pour que l'enfant se décide, apeuré de dire ce qu'il avait envie de manger, redoutant toujours une quelconque réaction négative. Les adultes lui laissèrent tout le temps dont il avait besoin, comprenant sa peur alors qu'ils le voyait très tendu, mordillant sa lèvre et leur jetant des coups d'œils appréhensifs, se collant autant qu'il pouvait à son père d'adoption. Mais il désigna finalement silencieusement ce qu'il voulait essayer et Akifumi le commanda.
Le repas se passa dans le calme et la bonne humeur même si le petit garçon n'ouvrit pas la bouche pour parler, se contentant de piocher timidement dans son assiette. Et à chaque fourchette, il observaient les adultes comme s'ils allaient lui crier dessus mais évidemment, cela n'arriva pas. Et s'ils n'avaient pas manqué de remarquer ses craintes, aucun ne fit de remarque, évitant de trop le regarder pour ne pas le mettre d'avantage mal l'aise, faisant comme si tout était normal. Mais cela leur faisait mal au cœur de le voir presque terrorisé simplement parce qu'il mangeait. Akifumi veilla à constamment le garder contre lui pour le rassurer, l'encadrant de ses bras. Il lui parlait aussi d'une voix murmurante et apaisante, coupant ses aliments pour l'aider. L'angoisse de l'enfant céda cependant un peu de terrain alors qu'il se régalait, mettant occasionnellement un petit sourire frêle sur ses lèvres. Et ils purent clairement voir un éclair de gourmandise dans ses yeux lorsqu'ils arrivèrent au dessert et qu'il eut une pâtisserie au chocolat devant lui. Une fois de plus, il fallut le convaincre que c'était bien pour lui mais ce fut avec attendrissement que les quatre hommes le virent déguster le dessert avec émerveillement.
Une fois le repas fini, ce fut un timide « merci » du petit garçon qui les fit sourire. Rengu régla la note et ils se remirent en route pour une autre petite sortie. Lorsqu'ils y arrivèrent, tous observèrent la réaction du petit garçon, espérant que ça lui plairait. Kirarin regardait encore une fois timidement son environnement et Akifumi finit par lui expliquer où ils étaient, voyant qu'il ne savait pas vraiment.
- C'est un aquarium Kirarin, expliqua-t-il. Un zoo pour les poissons. On va aller voir les requins, les hippocampes, les pieuvres et pleins d'autres animaux.
- Pour de vrai ? Demanda l'enfant de sa petite voix basse mais le visage éclairé d'enthousiasme.
- Pour de vrai mon ange, sourit-il.
Le petit garçon eut l'air ravi et bientôt, ils commencèrent leur visite tranquillement. Au début, le petit garçon osait à peine regarder les bassins, plus préoccupé par le monde circulant partout et s'accrochant à son père qui le cajolait doucement. Cependant, Akifumi faisait attention à ne pas s'approcher trop près des autres et son père et leurs gardes les entouraient, éloignant les inconnus du petit garçon. Et celui-ci se détendit un peu, relevant finalement la tête pour observer les poissons et se laisser peu à peu gagner par un émerveillement enfantin. Le jeune père s'approchait de chaque bassin pour qu'il puisse bien voir, lui lisant les écriteaux et lui parlant des divers animaux qu'ils voyaient. Le petit garçon se détendit un peu, écoutant et observant en oubliant peu à peu le monde. Et ses yeux pétillaient de joie bien qu'il reste immobile et silencieux dans les bras d'Akifumi, tenant sa peluche de sa main valide.
Le summum de la visite pour Kirarin, fut lorsqu'ils arrivèrent devant les bassins où l'on pouvait toucher les raies et autres. Il ne fut pas très difficile de convaincre le petit garçon émerveillé de lâcher sa peluche pour caresser les poissons. Les animaux venaient d'ailleurs naturellement vers lui alors qu'il faisait preuve de beaucoup de douceur dans ses caresses, souriant un peu plus franchement et oubliant un instant ses craintes. Cette activité sembla réellement lui plaire aussi, les adultes s'éternisèrent un peu plus longtemps devant les bassins.
Ils passèrent une bonne partie de l'après midi à observer les poissons. Puis ce fut une pause glace que le jeune garçon fut ravi de déguster. Akifumi l'emmena ensuite faire un tour de manège alors qu'un grand carrousel avait pris place non loin de l'aquarium. Et ce fut donc une après midi de choses toutes nouvelles pour Kirarin. Celui-ci resta silencieux sauf pour remercier. Il demeura très tendu et anxieux, lové dans les bras protecteurs de son père mais ses yeux pétillaient d'un magnifique petit éclat de bonheur qui ravit les adultes. En fin d'après midi, ils furent finalement de retour dans leur voiture, roulant vers l'hôtel. Et une petite voix finit par briser le silence léger de l'habitacle, entendue par tous :
- Merci Soren, merci Haiko, merci papy, merci papa, remercia le petit garçon en les faisant sourire.
- De rien bonhomme, répondit Rengu. Tu t'es bien amusé ?
- Oui, dit-il simplement avec un petit sourire.
- Tu as aimé les poissons ? Demanda Akifumi.
- J'ai tout aimé, annonça le jeune garçon de sa petite voix. Merci.
- Je suis heureux que ça t'ai fait plaisir mon cœur, répondit son papa en déposant un baiser sur sa tête. On refera d'autres sorties un peu plus tard c'est promis. Tu es fatigué ?
- Un peu, avoua-t-il alors qu'il somnolait sur ses genoux.
- On va rentrer à l'hôtel maintenant bonhomme, expliqua Rengu. Tu vas pouvoir te reposer.
Kirarin acquiesça et quelques minutes plus tard, il s'endormait avec un petit sourire, serrant sa peluche et l'oreille posée contre la poitrine d'Akifumi, semblant écouter son cœur. L'homme avait remarqué qu'il aimait bien faire cela et il savait que c'était une chose qui rassurait les enfants. Ça avait un effet apaisant sur son fils d'adoption alors il le laissait toujours s'installer la tête contre son cœur.
Ce soir là, ce fut aussi l'heure du départ pour Rengu et il fut ému de voir que ça inquiétait son petit fils. Avant de partir, il vint s'accroupir devant le fauteuil dans lequel était assis Kirarin dans la suite d'Akifumi. Il posa une main sur celle valide de l'enfant, le faisant sursauter et se recroqueviller un peu. Mais il ne s'en formalisa pas, sachant que c'était instinctif et incontrôlé et que malgré tout, l'enfant avait encore peur de lui.
- Je vais devoir m'en aller maintenant bonhomme, mais on se revoit dans une semaine dans ta nouvelle maison, expliqua l'homme.
- Promis ? Demanda le petit garçon qui semblait craindre de ne plus le voir alors qu'il tenait les doigts de l'homme.
- Promis, assura l'homme. Je serais là quand tu arriveras avec papa. Juste une petite semaine, dit-il alors que Kirarin montrait qu'il avait compris d'un signe de tête. Est-ce que je peux avoir un bisou avant de partir ? Tenta l'homme.
Le petit garçon se tendit à la demande, hésitant très visiblement. Mais il finit par s'avancer doucement vers l'homme qui lui tendait la joue avec patience, y déposant un timide bisou qui fit sourire Rengu de toutes ses dents. Puis il recula précipitamment, remettant de la distance entre eux.
- Merci bonhomme. Tu vas me manquer, dit-il doucement.
- Tu vas me manquer aussi ojichan (« papy » en japonais), murmura-t-il avec inquiétude.
- Une petite semaine ce ne sera pas très long bonhomme, rassura-t-il.
Il serra de nouveau sa main, lui disant au revoir puis il alla en faire de même avec son fils qui les observaient non loin de là. Il s'en alla ensuite avec Soren. Et quelques minutes plus tard, ce fut un Kirarin en pleurs que Akifumi dut consoler, le petit garçon semblant croire qu'il ne reverrait plus son papy. Le jeune papa compris sans mal : l'enfant avait encore du mal à croire qu'ils ne l'abandonneraient pas, croyant qu'ils finiraient pas se lasser de lui. Il lui faudrait un peu de temps pour vraiment s'approprier sa nouvelle vie. Ce fut donc avec patience et à grand renfort de câlins que le jeune homme le consola, lui assurant qu'il reverrait Rengu dans quelques jours. Parce que s'il avait encore peur et beaucoup de mal à accepter le contact physique avec l'homme, il ne faisait aucun doute qu'il aimait déjà beaucoup son papy. Et la soirée passa en démonstrations de tendresses de la part de l'adulte envers l'enfant accroché à lui comme s'il avait peur qu'il disparaisse.
Le lendemain et le jour suivant furent des journées de repos pour le petit garçon qui dormit beaucoup dans l'immense lit de la suite de son père, celui-ci restant à ses côtés. Hideaki passa un peu de temps avec eux, en profitant pour faire les soins de son petit patient et vérifier qu'il allait bien. Ils prenaient leurs repas dans la chambre et y passaient leur temps. Akifumi lui fit découvrir la télévision qu'il n'avait jamais eu le droit de regarder, lui lisait des histoires ou veillait simplement sur son sommeil. Le jour suivant, ils firent de nouveau une sortie accompagné d'Haiko. L'adulte l'emmena dans un magasin de vêtements pour lui acheter une ou deux tenues supplémentaire, lui expliquant qu'ils en achèteraient d'autres au Japon. Et une fois de plus, l'enfant fut très ému que l'adulte lui achète quelque chose, osant à peine donner son avis même si on lui demandait. Akifumi prit son temps, achetant quelques vêtements pour commencer à l'habiller et terminer le séjour à Londres. Ils allèrent ensuite déjeuner dans une petite pizzeria puis ils allèrent dans un magasin de jouet.
Le jeune père voulait faire un petit cadeau supplémentaire à son fils, d'une part pour lui faire plaisir et d'autre part pour qu'il puisse s'occuper un peu alors qu'il passait beaucoup de temps à se reposer, restant tranquillement dans le lit ou les fauteuils. Akifumi avait remarqué qu'il pouvait rester des heures sans bouger et sans faire un bruit et il s'était dit qu'un jeu ou autre pourrait l'égayer un peu pour qu'il puisse s'occuper et s'amuser. Il l'avait donc emmené dans ce magasin mais malgré le fait qu'il lui ait demandé de lui montrer ce qui lui faisait envie, le petit garçon n'osa pas se manifester alors qu'ils déambulaient tranquillement dans les allées. Perché dans les bras de son père, il regardait les rayons avec émerveillement mais jamais il n'osa désigner quelque chose. Akifumi scrutait attentivement son visage pour voir ce qui attirait le plus son attention. Et ce fut indubitablement le rayon des livres qui suscita le plus visiblement son intérêt. Le japonais s'y était alors arrêté, espérant qu'il lui demande. Mais Kirarin ne dit rien malgré l'envie évidente qui brillait dans ses yeux. Ce fut donc l'adulte qui prit le parti de lui demander si un livre lui plairait, demandant ensuite lequel il préférait.
Pendant ce temps, Haiko lui, s'était amusé à regarder le comportement des gens qui l'entourait. Les mamans débordés par leurs bambins criant et courant partout, réclamant tout ce qu'ils voyaient, regardaient Kirarin comme un ange tombé du ciel. Elles souriaient avec attendrissement devant le petit garçon blotti contre son père, très calme et silencieux et semblant plus préoccupé par le fait de rester contre l'adulte que de réclamer un jouet. Ils étaient finalement repartis avec un livre de contes, un autre sur les animaux et un cahier de coloriage avec une pochette de feutres. Et ces petites choses avaient suffis pour faire pleurer le petit garçon qui n'en revenait pas d'avoir eu tout ça. Ils étaient ensuite rentré et la journée suivante avait été une nouvelle journée de repos. Akifumi et Hideaki avaient convenu que s'il était bien de faire sortir l'enfant pour qu'il prenne l'air et continue à avoir un contact avec le monde, il valait mieux ne pas le faire trop souvent pour le moment, le petit garçon fatiguant très vite. Il lui laissait donc une journée de repos entre deux sorties. Le nouveau papa et son fils passèrent alors leur temps dans les fauteuils de leur suite, lisant les livres achetés la veille.
Et le lendemain, ce fut une sortie dans un parc, une balade tranquille avec un goûter de crêpes qui avait ravi le petit garçon. Ils n'avaient fait qu'une simple et longue balade ce jour là, Akifumi portant le jeune garçon une grande partie du temps même si celui-ci avait marché un peu, mais l'enfant avait été ravi. Il avait semblé simplement aimer le soleil et le vent, et il était impressionnant de redécouvrir les choses simples avec lui, Akifumi et Haiko voyant à quel point elle pouvaient faire du bien. Ils avaient donc passé quelques heures à se promener simplement, Kirarin marchant un peu de lui même. Mais lorsqu'il le faisait, il tenait la main de son père de toutes ses forces, restant collé à sa jambe et lui jetant de fréquent coups d'œils anxieux. Akifumi n'avait pas manqué de le remarquer et si l'enfant ne disait rien, ses regards, ses expressions, ses gestes et son comportement parlait pour lui : il était terrifié à l'idée que son nouveau papa l'abandonne là et disparaisse. Au bout de quelques minutes pendant lesquelles il avait aisément perçu les sentiments tourbillonnant de son fils, le japonais n'y avait plus tenu, voulant le rassurer et effacer sa panique et sa douleur laissée par elle. Aussi, il avait simplement repris le petit garçon dans ses bras, le serrant contre lui en silence. Et il avait senti l'enfant tremblant se calmer doucement dans son étreinte, se serrant contre lui et tenant ses vêtements de sa main valide.
Et la semaine était ainsi passée rapidement, rapprochant encore davantage Kirarin de son père d'adoption. Cela faisait maintenant un peu plus de trois semaines depuis le jour où Akifumi avait trouvé l'enfant dans ce parc et Hideaki avait dit que sa guérison avançait bien. Ses côtes s'étaient ressoudées et commençaient à se consolider, ne le faisant plus souffrir et sa commotion s'était entièrement résorbée. Ses ecchymoses et bleus s'étaient en grande partie effacés même s'il restait encore les traces des plus impressionnantes. Ses égratignures étaient guéries mais il n'en était pas de même pour ses plaies profondes et ses brûlures qui, si elles cicatrisaient bien, prenaient tout leur temps. Hideaki avait expliqué que le mauvais état de son organisme et le fait que certaines plaies avaient commencé à s'infecter lorsqu'ils l'avaient trouvé, faisait que sa guérison serait plus lente que pour une personne ordinaire. Donc les blessures les plus graves étaient encore protégés par des pansements ceux-ci se faisant cependant bien plus rares sur son corps à présent, pour le plus grand bonheur de tous. Quand à son bras droit, il resterait plâtré encore au moins sept semaines mais l'enfant s'était fait à cette immobilisation, son père l'aidant lorsqu'il ne s'en sortait pas avec une seule main.
Le lendemain de leur balade dans le parc, une certaine tension régnait sur l'enfant, mêlée à de l'excitation. Parce qu'aujourd'hui, ils allaient au Japon, dans sa nouvelle famille. Ils avaient prévu de prendre l'avion dans la soirée et après avoir dormis longtemps dans la matinée, la journée avait été consacrée à faire les valises. Et Akifumi avait passé du temps à lui parler de la maison où il vivrait et des personnes qu'il rencontrerait. L'homme lui en parlait depuis plusieurs jours déjà afin qu'il puisse se faire une petite idée. Il avait décri chaque membre de la famille alors que tous vivaient au manoir ancestral de leur lignée. Il lui avait aussi parlé des gens y travaillant et le concept de domestiques avait été une chose difficile à comprendre pour l'enfant abusé. Son père lui avait patiemment expliqué qu'il s'agissait de leur travail, qu'ils étaient payés pour le faire, que personne ne les maltraitait et qu'ils ne travaillaient qu'un nombre limité d'heures par jour. L'enfant avait cependant du mal à saisir, superposant son propre vécu sur le travail des domestiques. Akifumi avait réussi à le rassurer un peu mais il savait qu'il faudrait qu'il le voit de ses yeux pour vraiment être tranquillisé.
Ce jour là, Kirarin ne dormit pas autant qu'à l'habitude, angoissé et excité à l'approche du départ. Il ne fut cependant ni agité, ni plus bruyant, ne manifestant aucun des comportements que les enfants montraient dans ce genre de situation. On le voyait simplement dans son regard, dans le fait qu'il ne parvint pas à faire ses siestes comme il le faisait chaque jour, surtout après la sortie de la veille, dans le fait que son appétit déjà restreint le soit encore plus ce jour là et dans la tension plus forte qui régnait sur lui. Ce n'était que dans la soirée que leur petit groupe constitué de Akifumi, Kirarin, Haiko, Hideaki et Seigi quitta l'hôtel pour se mettre en route vers l'aéroport. Une fois là bas, l'enfant se cachant dans les bras de son père en voyant le monde qu'il y avait là, ils allèrent remplir les diverses formalités. Puis ils furent emmenés vers un jet privé dans lequel ils prirent place pour le long voyage jusqu'au Japon. Et ils avaient décollé, l'enfant clairement amusé par cela, regardant les lumières de la villes par le hublot.
Il se faisait tard, aussi une fois qu'ils furent à haute altitude, Akifumi voulut coucher l'enfant dans la chambre du jet pour qu'il dorme un peu. Et il s'était installé avec lui comme ils en avaient l'habitude. Seulement, Kirarin ne parvint pas à trouver le sommeil dans son appréhension. Aussi, le japonais finit par se mettre à lui lire des histoires ou à simplement le câliner pour le détendre. Mais rien n'y fit, le petit garçon ne parvenant pas à s'endormir malgré sa fatigue évidente. Il n'avait pas fait une seule sieste de la journée comme il le faisait ces trois dernières semaines et il était très tard. Aux trois quart du voyage, Akifumi le ramena dans la cabine principale pour manger quelque chose. Il s'installa ensuite dans un siège avec l'enfant dans ses bras. Et ce n'était qu'une petite heure avant l'arrivée que l'enfant s'était endormi, sa peluche contre lui, vaincu par sa fatigue et son grand besoin de repos. Et le jeune père se dit que ce n'était pas plus mal, ça leur permettrait une arrivée en douceur s'il dormait.
L'avion finit par se poser au Japon où il était environ vingt heure trente avec le décalage horaire. Ce fut avec un Kirarin complètement et profondément endormis que Akifumi quitta l'engin pour la limousine qui était venue les chercher avec les trois hommes qui l'accompagnaient. Et ils se mirent en route pour le manoir des Uizado, le chauffeur de la famille leur précisant qu'ils y étaient très attendus. Le trajet se fit en silence alors que tous veillaient à ne pas réveiller le petit garçon épuisé. Et finalement, la demeure implantée sur un grand domaine à l'écart des villes fut en vue. La voiture y entra pour aller se garer devant l'entrée de la grande construction traditionnelle japonaise. Akifumi sourit en voyant que tout le monde les attendait. Il y avait ses parents ainsi que ses trois petites sœurs et ses trois petits frères. Il savait que Hideaki, Seigi et Haiko s'éclipseraient rapidement pour le laisser retrouver sa famille en toute intimité.
Il replaça précautionneusement son fils profondément endormi dans ses bras alors que les trois autres quittaient la voiture, puis il sortit à son tour, attirant tout les regards sur lui. Parce qu'en effet, l'arrivée du petit garçon était très attendue. Lorsque Rengu était revenu, tous avaient été surpris de ne pas trouver Akifumi et les autres avec lui. L'homme avait alors rassemblé sa petite famille pour leur expliquer la situation. Il leur avait raconté comment Akifumi avait trouvé le petit garçon, expliqué la terrible vie qu'il avait eu et la décision de son aîné de l'adopter. Autant dire que tous avaient été révoltés d'apprendre ce qu'avait subi le petit garçon mais ils avaient aussi été surpris d'apprendre que Akifumi l'avait adopté. Rengu leur avait dit que ça avait été une évidence pour le jeune homme et qu'ils comprendraient tous très vite la relation spéciale qui s'était établie entre lui et l'enfant lorsqu'ils les rencontreraient. Il leur avait longuement parlé du petit garçon gardant la version la plus difficile à entendre pour sa femme, ses deux filles aînées et son second fils et expliquant d'une manière plus légère à ses trois cadets. Il leur parla aussi des différentes manifestations de Rui autour de l'enfant, attisant l'intérêt général même s'ils eurent du mal à le croire. Et surtout, il leur avait beaucoup parlé de la très grande fragilité de Kirarin, les priant d'être très précautionneux avec lui et de ne pas le brusquer.
Dans tout les cas, tous étaient très impatients de découvrir le nouveau membre de leur famille. Impatients et excités alors que tous avaient approuvé la décision d'Akifumi. Ils étaient donc tous rassemblés pour l'accueillir, Rengu pressé de retrouver le petit garçon. Le jeune homme sortit finalement de la voiture, tenant sa précieuse charge avec attention. Et immédiatement, il vit les regards de tous converger vers l'enfant endormi contre lui et serrant sa peluche. Akifumi sourit alors qu'il voyait les regards de sa mère et ses sœurs se faire attendris et celui-ci de ses frères se faire protecteurs face au jeune garçon blessé. Ce fut son père qui réagit le premier. Il s'approcha, souriant en regardant son petit fils. Il salua tout d'abord son fils la voix basse pour ne pas déranger Kirarin :
- Il dort depuis longtemps ? Demanda-t-il ensuite en japonais.
- Deux heures à peine, répondit Akifumi. Il est épuisé, il n'a pas fait de sieste et il n'a pas réussi à dormir dans l'avion tellement il était anxieux, expliqua-t-il.
- Autant le laisser dormir tranquillement alors. Vous avez mangé ? Demanda l'aîné.
- Oui, il s'est endormis juste après.
- Tant mieux, approuva Rengu.
Le jeune homme s'avança ensuite vers le reste de la famille qui scrutait toujours son fils avec curiosité. Il salua tout le monde tranquillement et ils lui rendirent bien que toute leur attention soit fixée sur le petit garçon dans ses bras.
- Rentrons, proposa Rengu, il fait un peu frais pour lui, dit-il en regardant son petit fils.
Akifumi acquiesça, lui aussi un peu inquiet que Kirarin prenne froid avec sa fragilité, et tous rentrèrent. Haiko, Hideaki et Seigi s'éclipsèrent après avoir salué tout le monde, laissant la petite famille entre elle. Ils allèrent s'installer dans un salon, Akifumi prenant place dans un grand canapé encadré de ses parents. Il replaça précautionneusement le petit garçon dans ses bras et celui-ci remua un peu. Tous retinrent leur souffle, se demandant s'il allait se réveiller. L'enfant bougea légèrement, se roulant un peu en boule mais il s'immobilisa une fois son oreille posée au niveau du cœur d'Akifumi. Il se rendormit alors profondément en serrant sa peluche, son père d'adoption l'entourant de ses bras avec protection.
- Il est si mignon, remarqua Yuma en souriant doucement.
Yuma était la femme de Rengu et donc la mère d'Akifumi. Elle avait à peu près le même âge que son mari. Fine, elle était très jolie et pas très grande, ses longs cheveux ébènes tombant lisses dans son dos et encadrant son visage doux aux caractéristiques japonaises où quelques traces de l'âge apparaissaient sans que cela ne la gêne, l'embellissant même d'une certaine façon. Elle regardait présentement le petit garçon dans les bras de son fils avec douceur, assise non loin de là.
- Il est adorable, confirma Akifumi regardant son fils avec un sourire tendre.
- Comment va-t-il ? Demanda Rengu.
- Ça va, il se remet lentement. Hideaki a dit qu'il lui faudrait encore beaucoup de temps mais ça va à peu près. Ses côtes sont réparées même si elles doivent encore se consolider et sa commotion est guérie. Pour le reste, ça avance doucement, expliqua Akifumi. Mais il dort encore beaucoup et il fatigue vite.
- Il est si maigre, remarqua tristement Suzumi.
Suzumi était de deux ans la cadette d'Akifumi, ressemblant énormément à sa mère. Elle avait de longs cheveux lisses et noirs présentement relevés en un chignon traditionnel. Et comme sa mère, elle portait un beau kimono sobre. Elle était fine et délicate, élégante.
- Oui, approuva Akifumi, et pourtant, il a déjà commencé à reprendre un peu de poids ces deux dernières semaines.
- Alors maintenant te voilà papa, ricana Masao.
Masao, dix huit ans, était le plus âgé des trois frères d'Akifumi. Comme toute la famille, il avait les yeux et les cheveux noirs, ceux-ci étant coupés courts. Il avait un physique assez sportif.
- Me voilà papa, sourit le jeune homme. Et très heureux de l'être.
Akifumi vit son plus jeune frère se lever pour venir voir Kirarin de plus près, l'air très curieux. Il avait dix ans, ses cheveux ébènes tombant un peu sur ses oreilles. Il avait le physique de son âge, ressemblant plus à son père qu'à sa mère. Il s'approcha pour venir regarder, se postant tout près de son grand frère.
- Il est petit, remarqua-t-il en penchant la tête sur le côté.
- Il a huit ans Setsuna, informa son frère.
- Il en fait à peine cinq ou six, dit Natsuki.
Âgée de quinze ans, elle était la troisième fille de Rengu. Contrairement à sa grande sœur, elle avait prit un peu plus de son père dans son physique. Bien que mince et élégante, elle était assez grande et avait des épaules un peu plus marquées. Ses cheveux charbons étaient coupés en un carré un peu désordonné décoiffé qui habillait parfaitement son visage et elle était vêtu d'une manière plus moderne que sa mère.
- Il a un sérieux retard de croissance, expliqua Akifumi. Ça va se rattraper mais il ne sera jamais très grand et très costaud malheureusement.
- C'est quoi un retard de croissance ? Demanda Setsuna.
- Et bien, papa t'a expliqué qu'il avait été avec des gens méchants ? Demanda doucement son grand frère qui reprit lorsqu'il approuva sérieusement. Ces gens méchants ne lui donnaient pas à manger donc il n'a pas pu grandir comme il faut. C'est ça un retard de croissance. Ça veut dire qu'il n'est pas aussi grand qu'il aurait dû l'être à son âge.
- Pourquoi ils ne lui donnaient pas à manger ? Demanda le petit garçon.
- Parce que c'était des gens méchants, expliqua simplement Akifumi.
- Papa a dit que les gens méchants lui avaient fait du mal, remarqua tristement le petit garçon en s'approchant un peu plus pour voir Kirarin et en s'efforçant de ne pas parler très fort.
- Oui, répondit Akifumi. Ils étaient vraiment très méchants avec lui et ils l'ont beaucoup blessé.
- C'est pour ça que son bras est comme ça ? Questionna Setsuna en désignant le plâtre.
- Oui. Il faudra être très gentil avec lui Setsuna. D'accord? Demanda son grand frère avec la patience et le calme qui lui étaient coutumiers.
- Oui, approuva le petit garçon avec un grand sourire. Est-ce que je peux être son grand frère ? Demanda-t-il en faisant sourire tout le monde.
- En théorie, tu es son oncle, répondit Akifumi avec amusement. Mais tu peux être son grand frère aussi.
- Youpi ! S'écria le petit garçon ravi avant de plaquer ses mains sur sa bouche en se rendant compte qu'il avait crié.
Kirarin remua un peu dans les bras d'Akifumi pour se coller davantage à lui, se roulant un peu plus en boule. Le jeune papa caressa ses cheveux et le petit garçon se rendormit complètement. Alors qu'il avait bougé, le tee-shirt de l'enfant avait été légèrement relevé dans son dos et Yuma étant assise juste derrière lui le vit, ses yeux tombèrent alors sur le début des cicatrices du petit garçon. Elle avança alors lentement une main pour relever un peu plus le vêtement, voulant en voir plus. Akifumi la vit faire mais ne l'interrompit pas. La dame, releva un peu plus l'étoffe avec délicatesse pour ne par réveiller Kirarin et elle retint son souffle en découvrant une bonne moitié du dos du petit garçon.
On voyait beaucoup de cicatrices dont celles qui gravaient les mots « monstre » et « démon » dans sa peau. On pouvait faire la différence entre les anciennes et les récentes alors qu'une d'entre elle, celle qui avait été la plus grave, était toujours protégée par des passements. Le visage de la mère de famille se fit furieux de voir une telle chose.
- Kami-sama (« mon dieu » en japonais), qu'est-ce qu'on a fait à cet enfant ? Ragea-t-elle.
Disant cela, elle attira le regard de tous sur le dos du petit garçon et tous se firent horrifiés. Rengu leur avait expliqué ce qu'avait subi l'enfant mais le voir c'était autre chose. Voir les traces d'une telle violence sur son petit corps frêle était révoltant et terriblement choquant pour eux. Yuma remit finalement en place le vêtement et prise d'un élan d'affection pour le petit garçon, elle leva délicatement une main pour caresser ses cheveux. Sentant le contact étranger, Kirarin se recroquevilla immédiatement contre son père, une expression de peur s'imprimant sur son visage qu'il enfouit rapidement contre la poitrine de l'homme. Yuma recula immédiatement ses doigts et Akifumi la remplaça, caressant ses cheveux.
- Là mon cœur, tout vas bien, lui murmura-t-il.
Et l'effet fut immédiat. Kirarin se détendit et s'immobilisa sans se réveiller, repartant dans son sommeil en restant blotti dans les bras de son père, semblant vouloir se fondre en lui. Le jeune homme reporta ensuite son attention sur sa mère qui regardait le petit garçon avec tristesse :
- Il supporte mal qu'on le touche, expliqua-t-il doucement.
- Il n'y a qu'avec Akifumi qu'il l'accepte, ajouta Rengu. Même après deux semaines je ne pouvais toucher que sa main et encore, ça l'inquiète beaucoup.
- Comment il a su que ce n'était pas toi qui le touchait ? Il dort, remarqua Kahei.
Kahei, treize ans, était le second frère d'Akifumi. Il était plutôt menu et fin, assez grand pour son âge. Ses cheveux ébènes tombant sur ses épaules accentuant le petit côté féminin de son apparence.
- Je ne sais pas comment il le sait, répondit Akifumi. Le fait est que même endormi, il fait la différence entre moi et les autres.
- Il t'aime beaucoup on dirait, remarqua Tsukiyo.
Elle était la deuxième sœur du nouveau papa et du haut de ses dix-sept ans elle était déjà très mature. Fine et assez grande, elle avait déjà les formes d'une femme. Ses cheveux de charbon étaient coupés à la garçonne, lui donnant un petit air rebelle qui lui allait parfaitement alors qu'elle était toujours habillée de manière branchée et moderne.
- Il ne demande qu'un peu d'attention et de douceur, sourit Akifumi. Et il en a plus que besoin après tout ce qu'il a vécu.
- Tu ne veux pas aller le mettre au lit pendant qu'on discute ? Demanda sa mère. Il y sera mieux pour dormir.
- Non, il ne vaut mieux pas. Il risque de faire des cauchemars si je ne suis pas là et il est trop épuisé pour que je cour le risque. Il a vraiment besoin de dormir et ses cauchemars sont très violents, expliqua-t-il.
Tous regardèrent le petit garçon avec tristesse mais la discussion reprit bientôt calmement. Akifumi répondit à toute les questions qui lui étaient posées, câlinant machinalement le petit garçon endormis sous les regards attendris de toute sa famille, tous comprenant qu'il était déjà parfaitement dans son rôle de père pour l'enfant. Mais le jeune homme ne resta pas très longtemps, lui aussi fatigué par le long voyage et le décalage horaire. Il finit donc par gagner sa chambre avec son fils. Délicatement, il lui retira ses chaussures et son pantalon avant de le déposer sur le futon placé sur des tatamis dans la pièce. Il se dépêcha ensuite de se changer lui même avant de rejoindre le petit garçon qu'il prit dans ses bras avant de s'endormir pour un repos mérité.
Ils dormirent longtemps le lendemain, et ce fut lorsqu'il sentit Kirarin commencer à remuer légèrement contre lui que Akifumi ouvrit les yeux pour voir que l'enfant se réveillait lentement. Comme à son habitude, il se mit à caresser ses cheveux tranquillement le temps qu'il ouvre les yeux. Et finalement, il put voir les deux magnifiques pupilles d'émeraudes du petit garçon qui termina comme toujours de se réveiller un peu brusquement en portant son attention sur son père. Mais lorsqu'il se rendit de nouveau compte de où il se trouvait et avec qui, tombant dans le regard de son papa, il se calma et sourit légèrement, allant timidement se caler contre lui.
- Ohayou (« bonjour » en japonais), murmura-t-il.
- Ohayou, répondit Akifumi en souriant. Tu as bien dormis mon ange ?
Kirarin acquiesça simplement, se réveillant tranquillement comme il en avait pris l'habitude avec son papa, celui-ci caressant ses cheveux tendrement. Et lorsqu'il fut vraiment réveillé, il regarda autour de lui, pour voir une chambre traditionnelle japonaise qu'il ne connaissait pas du tout. Il se rappela alors du voyage et du fait qu'ils devaient être au japon. Il se tendit alors visiblement alertant immédiatement Akifumi.
- Qu'est-ce qu'il y a mon ange ? Demanda celui-ci.
- Je suis désolé, je me suis endormis, s'excusa le petit garçon d'une voix tremblante.
- Mais ce n'est pas grave mon cœur, tu étais très fatigué. Ce n'est rien, tu n'as pas besoin de t'excuser, assura-t-il doucement.
L'enfant le regarda, se rassurant rapidement face à son expression douce et calme. Akifumi lui sourit tranquillement, sachant que le petit garçon avait constamment besoin d'être rassuré sur tout les aspect de la vie. Après tout, il n'avait pas manqué de constater que chaque petite chose avaient été sujet à punition pour lui alors forcément il pensait toujours qu'il était susceptible de recevoir punition pour tout et n'importe quoi. Il fallait donc lui montrer que ce n'était pas le cas. Le japonais finit par se redresser doucement avec son fils dans ses bras qui se laissa faire, celui-ci lui faisant désormais confiance, s'étant habitué à laisser l'adulte s'occuper de lui et s'y pliant avec plaisir. Il se sentait rassuré et important ainsi, aimé et en sécurité alors qu'il profitait de la douceur et de la tendresse de son nouveau papa.
Le petit garçon regarda autour de lui une fois assis. L'ambiance de l'endroit était calme et sereine apaisante et il se surprit même à ressentir la présence faible de cette nouvelle énergie qu'il avait senti autour de lui le jour où il avait parlé de la magie à son papa pour la première fois. Après en avoir discuté avec son père d'adoption, il avait identifié cette énergie comme étant celle de Rui. Et là, il la sentait faiblement un peu partout autour de lui, comme si elle était là sans l'être. Mais malgré qu'il ne la percevait pas beaucoup, il s'en sentait rassuré, il se sentait un peu mieux avec cela.
Il porta ensuite son attention sur ce qui l'entourait, analysant la décoration traditionnelle. Il regarda le futon posé sur les tatamis et sur lequel il avait visiblement dormi. C'était étonnamment confortable. Il continua à observer, blotti contre Akifumi. Il aimait bien la simplicité qui régnait là. Il n'y avait pas beaucoup de meubles et tout était dans des teintes de bois du beige clair au brun sombre. Le soleil entrait par les vitres opaques et quadrillées de fines tiges de bois. Un placard aux portes de papier de riz était orné d'un dragon peint à l'encre avec finesse. Il y avait aussi des calligraphies japonaises aux murs et un bouquet de fleur. C'était agréable et paisible, il s'y sentait bien.
- Alors, tu aimes ma chambre ? Demanda Akifumi en regardant son visage.
Le petit garçon acquiesça d'un simple signe de tête, tenant encore sa peluche contre lui précieusement. Il y faisait très attention et la gardait toujours avec lui, caressant parfois la fourrure douce du jouet qui semblait le fasciner.
- On va aller s'habiller et se laver, annonça ensuite tranquillement l'adulte. Ensuite, on ira prendre le petit déjeuner et je te présenterais ta nouvelle famille mon bébé.
L'enfant approuva sagement, se tendant néanmoins très visiblement.
- Ne t'inquiète pas mon ange, je te garde toujours avec moi et tout ira bien, rassura-t-il immédiatement.
Encore une fois, Kirarin acquiesça docilement, ne se détendant pourtant pas vraiment. L'adulte finit par se lever, agissant automatiquement avec douceur, lenteur et calme. Il emmena son fils dans la salle de bain attenante à sa chambre, attrapant au passage son petit bagage qu'il avait déposé dans la pièce la veille. Et tranquillement, Akifumi aida son fils à faire sa toilette, faisant la sienne rapidement avant de les habiller tout les deux confortablement. Assis sur le meuble à côté d'un lavabo, Kirarin regarda son père lui remettre soigneusement son écharpe médicale pour soutenir son bras plâtré.
- On y va mon cœur ? Demanda-t-il ensuite.
Le petit garçon approuva et l'adulte le reprit dans ses bras, le calant contre lui alors que l'enfant se blottissait craintivement contre lui. Et Kirarin se cacha contre lui en quittant la pièce, clairement apeuré de rencontrer les autres. Akifumi le serra tendrement, lui caressant le dos pour essayer de le rassurer. Il comprenait la peur du petit garçon mais au plus vite il rencontrerait et apprendrait à connaître sa nouvelle famille, au plus vite il pourrait se rendre compte que sa vie avait changé et qu'il ne serait plus battu, affamé ou quoi que ce soit d'autre.
Il était déjà assez tard et le jeune homme savait que la plus part de la famille avait déjà dû quitter la table du petit déjeuner depuis un moment. D'un côté, ce n'était pas plus mal, il préférait présenter sa mère, ses frères et sœurs de manière progressive. Il sourit lorsqu'il entra dans la salle à manger où une table basse était placée sur les tatamis, y trouvant seulement ses parents et un petit déjeuner qui l'attendait lui et son fils. Il s'avança, ses parents le saluant et souriant en voyant l'enfant blotti dans ses bras. Mais ils perdirent leurs expression en voyant que le petit garçon tremblait, s'accrochant à son père. Rengu se leva alors, s'approchant doucement :
- Bonjour mon bonhomme, salua-t-il la voix souriante.
Reconnaissant la voix, Kirarin sortit son visage des vêtements de son père. Un très léger sourire s'étira sur ses lèvres lorsqu'il reconnu l'homme.
- Ohayou ojichan, dit-il très poliment et d'une petite voix tremblante.
- Coucou, répondit le dit papy en souriant. Alors tu as vu, c'est passé vite une semaine non ?
Le petit garçon acquiesça docilement, regardant son papy avec un petit éclat de joie alors qu'il avait cessé de trembler en le retrouvant. Rengu tendit doucement une main pour toucher la sienne délicatement et l'enfant se crispa très visiblement, mâchouillant sa lèvre. Mais l'homme poursuivit et finalement, lorsqu'il eut sa petite main dans la sienne, l'enfant lui rendit timidement le geste, regardant leurs doigts comme pour s'assurer qu'il ne rêvait pas.
- Tu m'as manqué mon bonhomme, sourit doucement l'adulte.
Le petit garçon releva vivement le regard vers lui, l'air ému, puis il répondit d'une petite voix :
- Tu m'as manqué aussi, dit-il.
Rengu lui sourit de toute ses dents, touché d'entendre cela.
- Bienvenu dans ta nouvelle maison Kirarin, dit-il ensuite.
L'enfant lui offrit un maigre sourire, la tête posée contre l'épaule de son père qui l'observait avec un léger sourire.
- J'ai quelqu'un à te présenter mon cœur, intervint doucement Akifumi alors que son père lâchait la main du petit garçon.
Et inévitablement, l'enfant se tendit un peu plus, se serrant contre lui avec crainte. Le jeune papa le serra avec protection, jetant ensuite un regard à sa mère pour lui demander de venir. Yuma s'était levée mais elle était restée tranquillement à l'écart pour ne pas effrayer le petit garçon qu'elle voyait déjà apeuré. Et elle avait suivi toute la scène avec attendrissement, trouvant l'enfant des plus adorable mais s'attristant de le voir si craintif et hésitant. Lorsque son fils la regarda, la priant silencieusement de venir, elle s'avança doucement, rejoignant son mari de façon à ce que le petit garçon puisse la voir. Seulement, celui-ci n'osa pas la regarder, se tournant vers Akifumi le corps tendu à l'extrême. Le jeune homme ne s'en formalisa pourtant aucunement, se contentant de serrer délicatement l'enfant pour le rassurer.
- Kirarin, appela-t-il ensuite d'une voix douce et chantante. Tu veux bien regarder la dame s'il te plaît ? Demanda-t-il avec calme.
Le jeune garçon recula alors son visage de ses vêtements pour lever le regard vers lui et lorsque son papa lui offrit un sourire rassurant, il tourna le regard vers Yuma avec timidité et angoisse. Il l'observa en partant de ses pieds pour remonter vers son visage. Et il fut un peu rassuré lorsqu'il tomba sur son visage calme et doux, souriant. Il la trouvait très jolie, elle ressemblait aux belles dame de son livre de conte sur le japon avec ces vêtements japonais, les kimono. Elle avait l'air gentille.
- Je te présente ma maman, annonça Akifumi.
- Ohayou, salua poliment le petit garçon sans vraiment oser la regarder.
- Ohayou Kirarin, répondit doucement la dame en lui souriant. Je suis très heureuse de te rencontrer mon ange, dit-elle dans un anglais parfait. Je m'appelle Yuma mais tu peux m'appeler mamie si tu veux.
- Je peux ? Demanda le petit garçon l'air très surpris.
- Bien sûr que tu peux, confirma Yuma. Je suis ta mamie à partir d'aujourd'hui, dit-elle en le faisant sourire discrètement.
- Tu te souviens comment on dit mamie en japonais ? Demanda Akifumi.
L'enfant réfléchit quelques secondes avant de répondre, regardant son père avec appréhension :
- O bachan? Dit-il avec hésitation en attendant la réaction de son père.
- C'est ça mon cœur, bravo, félicita-t-il en déposant un bisou sur sa tempe.
Kirarin sourit, heureux d'avoir bien répondu, puis il regarda timidement Yuma.
- Tu peux m'appeler comme ça si tu veux, annonça la dame.
L'enfant approuva en silence, montrant qu'il avait compris.
- Elle est très gentille tu verras mon cœur, lui assura Akifumi. Tu as faim ? Demanda-t-il ensuite.
Kirarin acquiesça timidement et le jeune homme s'assit sur une chaise à tatami. Il installa le petit garçon entre ses jambes croisées alors que Rengu et sa femme s'installaient face à eux tranquillement. Et ils entamèrent le petit déjeuner, l'enfant se faisant comme toujours un plaisir de manger. Régulièrement, il jetait un coup d'œil sur les deux adultes face à lui. Il observait souvent Yuma, semblant l'analyser craintivement. Et elle se laissait observer, évitant de regarder le petit garçon pour ne pas le mettre mal à l'aise. Mais lorsqu'elle le faisait, elle lui souriait doucement, espérant le rassurer. Bientôt, les trois adultes commencèrent à discuter et bien qu'ils tentèrent d'intégrer le petit garçon dans leurs discussions, celui-ci ne répondait pas toujours ou seulement de manière très courte. Mais aucun d'entre eux ne s'en formalisa, se satisfaisant du fait qu'il se détendait légèrement.
