Chapitre 9 :

L'homme aux yeux rouges

Dans les trois jours qui suivirent le réveil soudain de Rengu et avec de nombreux examens supplémentaires, la chose se confirma : le père de famille était en pleine forme, miraculeusement complètement guéris. Mais la joie qu'aurait dû apporter ce revirement improbable de situation était terni par l'état de Kirarin. Tombé dans le coma et atrocement faible, le petit garçon semblait avoir payé cher son sauvetage. Il fallut cinq jours avant qu'il ne se réveille enfin. Les plus jeunes étaient retournés à l'école sur ordre des parents mais Rengu, Yuma, Hideaki, Satoshi, Suzumi et bien sûr Akifumi restaient au chevet de l'enfant. Le médecin fut donc bien là pour surveiller son réveil très difficile. Il lui fallut deux bonnes heures pour émerger vraiment et parvenir à garder les yeux ouverts, tournant faiblement la tête vers les caresses que son père faisait courir dans ses cheveux et sur sa joue. Retrouvant péniblement ses esprits, il s'agita un peu :

- Papy, bredouilla-t-il.

- Je suis là mon grand, assura immédiatement Rengu en prenant sa main. Je suis là reste tranquille, pria-t-il.

L'enfant cessa de remuer, le cherchant du regard. Il le trouva finalement, se concentrant sur lui avec difficulté :

- Tu vas mieux ? demanda-t-il faiblement.

- Je vais mieux que jamais, sourit l'homme. Je suis complètement guéri maintenant. Tout va bien. Grâce à toi, dit-il convaincu de ce fait.

- Je savais que ça marcherait, murmura-t-il en se détendant et en refermant les yeux.

- Qu'est-ce que tu as fait Kira ? demanda Satoshi avec douceur.

- Je... ma magie a toujours fait des miracles pour moi, commença-t-il doucement en cherchant ses mots. Je... j'ai pensé qu'elle pouvait peut-être soigner papy. Je voulais pas qu'il parte, dit-il tout bas. Je savais qu'elle pouvait le faire, je le savais. J'ai compris aussi que je pouvais m'en servir moi même. Je n'avais jamais essayé mais... mais je voulais soigner papy pour qu'il aille mieux. Alors... alors j'ai essayé de le faire. Est-ce que ça a marché ? redemanda-t-il l'air confus.

- Oui mon bonhomme, acquiesça Rengu en venant embrasser son front avec les larmes aux yeux. Tu m'as sauvé la vie. Merci.

- Alors... tu vas rester avec nous... et sourire encore ? questionna péniblement le petit garçon.

- Autant que tu voudras Kirarin, répondit-il aussi ému que tous autour de lui.

L'enfant sourit alors, toussotant un peu. Akifumi le calma de quelques caresses, le priant de ne plus parler et de se reposer. Hideaki l'aida à boire un peu, lui assurant que tout allait bien et qu'on s'occupait de lui.

Tous furent soulagés par son réveil mais il fallut bien des jours pour qu'il reprenne un peu de force. La bonne humeur se mit alors à régner comme jamais sur la demeure. Le miracle incroyable de Kira émerveillant tout le monde. Bien sûr, tout ce qu'il se passait d'extraordinaire autour du petit garçon restait un secret que tous gardaient jalousement, n'en parlant jamais à l'extérieur ou en présence d'étrangers. Même les plus jeunes, Hayate et Setsuna respectaient cette règle qui s'était installée d'elle même, tous soucieux de protéger leur petite perle. C'était un secret de famille. Il fut donc amusant de voir l'incompréhension totale du corps médical qui avait suivi Rengu et qui ne pouvait que constater sa rémission complète et parfaite du jour au lendemain alors qu'il était sur le point de mourir. Kira s'était vu couvert de remerciement pour ce qu'il avait fait, semblant ne pas comprendre pourquoi on le remerciait, disant que c'était normal. Cela ne rendait son raisonnement et son geste que plus beau.

La chose avait pourtant complètement vidé l'enfant de ses forces et il ne fit que se reposer dans les deux semaines qui suivirent, entouré de l'attention de sa famille et particulièrement de son grand père. Seulement, le bonheur ambiant fut ternis le vingt neuf Octobre lorsque Kira qui retrouvait à peine ses forces se réveilla malade. Ce jour là, il ne parvint pas à garder ses repas, prit de fièvre, de migraine et de maux de ventre. Son état empira lentement dans la journée, Hideaki qui le surveillait quotidiennement depuis la guérison de Rengu réagissant immédiatement pour le soigner. Seulement, le lendemain, son état avait empiré, les médicaments n'ayant aucun effet. Cela les ramena tous un an plus tôt lorsque, exactement à la même date, Kirarin avait été pris d'un mal semblable. Rapidement, ils constatèrent qu'il se passait exactement la même chose que l'année précédente. La santé du petit garçon chuta sans s'arrêter et sans que les médicaments n'aient le moindre effet. Les examens très vites mis en œuvre par Hideaki revenant complètement négatifs. Très intrigués par cette correspondance exacte de date et de déroulement par rapport à la première fois, tous tentèrent de comprendre. Akifumi se rendit alors compte que le phénomène tournait autour de la date de la mort des parents biologiques de son fils. Ils s'étaient demandés si cela avait un rapport, si un quelconque traumatisme dû à l'événement pouvait être à l'origine de cela. Cependant, Suzumi assurait que c'était peu probable. Kira était bien trop jeune lors du décès de ses parents pour s'en souvenir et même s'il en avait gardé des traces malgré la probabilité très mince, il était inconcevable à ses yeux que cela provoque un phénomène si violent. De plus, en questionnant Kira, il s'avérait que cela ne lui était jamais arrivé avant d'être au Japon.

Cela restait un mystère et toute la maison fut sous le coup d'une immense inquiétude alors que le petit cadet encore très faible après son miracle était malade. Au premier novembre, comme l'année passée, Kira était dans un état très inquiétant. Et comme l'année précédente, le lendemain la fièvre commença à baisser lentement, son état s'améliorant et laissant une fois de plus Hideaki complètement perdu. Récupérer de tout cela ensuite fut pourtant long pour le petit garçon qui ne se plaignait jamais et ce ne fut qu'au début décembre que tout revint à la normale dans leur maison, la vie reprenant son cour.

Kira reprit toute ses activités avec application. Avec sa magie cependant, il avança. Désormais certain qu'il pouvait se servir de sa magie, il était décidé à apprendre. Il avait promis à son père de ne rien faire seul sans surveillance et d'être très prudent dans ses expérimentations, s'y tenant à la lettre. En général, c'était son arrière-grand-père qui veillait alors que la méditation semblait être une des clefs de la maîtrise des dons du petit garçon. Le vieil homme était émerveillé par l'enfant, tentant de l'aider à comprendre son don. Mais en réalité, il savait bien qu'il ne pouvait pas vraiment le guider pour cela. En revanche, il travaillait la méditation avec lui, se contentant ensuite de le surveiller. Cela ne dérangeait pas Kira qui préférait souvent se débrouiller seul avec la magie, avançant à l'instinct, à l'observation, à la réflexion, à l'expérimentation. Il avait l'esprit très ouvert, examinant les choses avec calme et méthode comme son arrière-grand-père, Yuma et Haiko lui avait appris dans leurs divers enseignements. Il prenait son temps, patient, qualité une fois de plus apprise grâce à ses professeurs.

Il progressait doucement mais merveilleusement. Satoshi lui avait proposé des choses simples pour commencer à essayer d'utiliser sa magie : faire bouger une feuille de papier ou des petits objets, allumer ou éteindre une bougie,... et s'il eut du mal au début, l'enfant y parvint à son grand enthousiasme et à l'enthousiasme de tous à la maison. Il émerveillait tout le monde, acceptant de leur montrer sans rechigner. S'il avait craint qu'on ait peur de lui et qu'on le prenne pour un monstre, ce ne fut jamais le cas, tous l'encourageant dans ses efforts qu'ils suivaient avec stupéfaction, chaque jour un peu plus ébahis par les dons miraculeux du petit garçon qui rayonnait de bonheur. On constata très vite que faire de la magie fatiguait Kira autant que l'exercice physique mais aussi qu'il gagnait en endurance avec l'entraînement. L'enfant s'était alors mis à prendre exemple sur son entraînement avec Haiko pour monter doucement la difficulté de ce qu'il faisait, la durée et l'intensité des exercices, laissant à son corps le temps de s'y faire.

Kirarin avançait très vite. Il faisait des progrès avec sa magie, impressionnait Satoshi par ses capacités en méditation et en travail de l'esprit, toujours avides de tout ce que le vieil homme pouvait lui apprendre sur les légendes, les Kami, les traditions... sur le Japon mais aussi sur le monde entier. Il était un élève assidu avec Yuma, très appliqué et studieux. Très curieux et intelligent, il apprenait vite toute sorte de choses. Il y avait bien sûr les matières générales nécessaires à son éducation mais Yuma n'hésitait pas à faire des recherches avec lui ou à l'instruire sur tout ce qui l'intéressait. Haiko le voyait s'améliorer très rapidement aussi, le petit garçon sérieux dans son entraînement. Il commençait d'ailleurs à sculpter son corps grâce aux arts martiaux, lui donnant belle allure. Mais cela l'aidait aussi à gagner en confiance et en assurance. Il avait tellement pris de l'assurance qu'il s'entraînait parfois avec ses oncles et tantes ravis de l'aider, s'émerveillant de ses capacités.

Mentalement, la différence avec le jour de son arrivée était nette. Il était bien moins craintif et n'avait plus peur de sa famille ou du monde gravitant autour d'eux. Il parlait sans peur maintenant, il ne faisait plus de crise de panique au moindre geste, il se séparait d'Akifumi sans appréhension... Ses traumatismes guérissaient tranquillement, un peu plus chaque jour sous l'attention de sa famille. Il ne redoutait plus d'aller voir son père quand quelque chose n'allait pas ou qu'il avait besoin d'aide. Ses cauchemars se calmaient beaucoup et il dormait seul. Suzumi continuait son travail avec lui, cela facilité par la confiance que l'enfant avait désormais pour elle comme pour toute la famille. Le petit garçon avait aussi compris que parler avec elle lui faisait du bien et qu'elle voulait l'aider. Il se faisait donc plutôt coopératif, voulant se sortir de son passé et suscitant l'admiration autour de lui par ses efforts. Il changeait et guérissait visiblement au fil des semaines, se révélant alors véritablement. Kira était un enfant calme et paisible, naturellement discret et silencieux comme on pouvait s'y attendre avec son passif. Seulement aujourd'hui, ce n'était plus par peur qu'il était ainsi. Il montrait beaucoup de courage et de détermination. Il était plein d'attention pour les siens, généreux. Il était très intelligent et studieux, appliqué et sérieux, passionné et ouvert d'esprit, tolérant et compréhensif. Il était doux et respectueux. Il gardait cependant des traces de son passé. Il était mal à l'aise lorsqu'on élevait la voix, se tendant et sursautant encore régulièrement aux bruits soudains ou aux gestes brusques. Il était soucieux de rendre sa famille fier, très obéissant et évitant tout ce qui pourrait mettre les adultes en colère contre lui. Il ne se plaignait jamais, ne désobéissait jamais, ne demandait rien, se contentait de ce qu'on lui donnait et faisait en sorte de ne jamais gêner. Mais il prenait aussi de l'assurance, osant plus de choses.

Au mois d'avril suivant, la rentrée des classes se fit cette fois-ci avec Kirarin qui avait été inscrit dans un établissement privé qui avait accueillis toute la famille et qui accueillait toujours Hayate et Setsuna pour les années de primaires. Il parlait désormais un japonais parfait et très beau, ayant perdu son accent britannique. Suzumi disait qu'il était prêt et qu'il était temps qu'il se socialise de nouveau pour continuer à avancer. Le jeune garçon était à la fois emballé et terrorisé par cela mais il voulait essayer, il voulait rendre son père fier de lui. La décision avait donc été prise. Akifumi avait très soigneusement préparé la chose pour que tout se passe au mieux. Il avait pris rendez vous avec la directrice et le corps enseignant afin de discuter avec eux. Comme cela faisait presque deux ans qu'il n'avait pas été à l'école et qu'il venait d'Angleterre, Kira avait dû passer des épreuves pour vérifier son niveau. Et tous furent agréablement surpris de voir son apprentissage parfait de la langue et son niveau bien au dessus des enfants de son âge. Grâce à Yuma, il avait pu apprendre à son rythme et il avait pris de l'avance alors qu'il apprenait vite, très intéressé et impliqué. Akifumi n'avait jamais été inquiet à ce sujet et il en était même heureux. Cela permettrait à Kira de se concentrer sur une chose à la fois. Au début, l'école serait surtout un apprentissage social et une difficile étape supplémentaire de sa reconstruction. Ne pas avoir à s'en faire pour ses résultats serait un stress de moins.

L'équipe de l'école avait été très agréablement surprise par ses capacités, seulement, apprendre son vécu fut bien moins réjouissant. Akifumi avait tenu à leur parler. Il avait expliqué qu'il avait rencontré Kira en Angleterre alors qu'il s'était sauvé de chez lui, très gravement blessé. Il expliqua comment il l'avait secouru, sorti de son enfer et finalement adopté. Il leur raconta la maltraitance extrême qu'il avait subi et tout les soins dont-il avait eu besoin suite à cela, parlant des opérations de ses mains et de son dos. Il leur décrivit le combat quotidien du petit garçon pour guérir, expliquant qu'il était suivi par sa sœur, psychologue pour enfant. Il leur parla de son vécu de l'école, de la manière dont ses anciens professeurs avaient préféré ignorer l'évidence pour croire les mensonges de sa famille, de la manière dont-ils avaient ignoré le harcèlement dont-il avait été victime, l'abandonnant complètement à son sort. Il expliqua le travail qui avait été nécessaire à Yuma et Suzumi pour qu'il comprenne qu'il avait le droit de montrer qu'il était intelligent et qu'il pouvait avoir de bons résultats, pour qu'il sache qu'il avait le droit d'apprendre aussi. Il leur parla des traumatismes du petit garçon. C'était une excellente école haut de gamme et Akifumi savait qu'il avait une équipe très compétente capable d'aider son fils en face de lui mais ils devaient savoir pour cela. Il fut d'ailleurs ravi de voir la directrice et les futurs professeurs de son fils l'écouter avec une grande attention, prenant des notes.

Ils en discutèrent longuement, Akifumi voulant s'assurer qu'ils pourraient comprendre si Kira réagissait mal à certaines choses où s'il avait un comportement qui aurait pu les interpeller. Tous convinrent d'ailleurs que cela était beaucoup mieux alors qu'ils auraient pu confondre certains traumatismes du petit garçon avec des caprices que d'autres enfants pouvaient faire. En sachant, ils pourraient le comprendre et l'aborder d'une manière adéquat pour l'aider. Ils se mirent d'accord pour suivre particulièrement Kira en restant discret pour ne pas le stresser. Il fut aussi convenu avec le professeur de sport que l'on ferait en sorte que le petit garçon puisse se changer à l'écart des autres s'il le souhaitait. Kirarin détestait montrer ses cicatrices, supportant déjà très mal la chose avec sa famille alors avec des enfants qu'ils ne connaissaient pas et qui ne manqueraient pas de le bombarder de questions... il pourrait donc se changer à l'écart s'il le voulait. Ils discutèrent ainsi de nombreux détails afin de permettre à l'enfant de vivre au mieux son retour à l'école. Akifumi avait ensuite amené Kira pour lui faire visiter sa futur école. Il avait aussi rencontré la directrice et ses futurs professeurs, tous charmés par l'adorable petit garçon aux yeux d'émeraudes extrêmement poli mais visiblement craintif devant eux.

Les deux semaines précédant la rentrée furent d'un immense stress pour Kira qui se remit à faire des cauchemars plus violents dans son angoisse, se mettant à moins manger. Tous comprenaient, tentant de le rassurer au mieux bien qu'il ne se plaigne pas du tout. Le jour de la rentrée fut un événement dans la maison et ce fut avec Hayate qui était un an au dessus de lui, Setsuna qui était deux ans au dessus de lui et bien sûr son père que Kira prit le chemin de l'école, tremblant comme une feuille mais prenant son courage à deux mains. Ils furent accueillis par les professeurs et la directrice, Akifumi resta un moment et s'il était aussi anxieux que son fils, il ne le montrait pas, affichant calme et assurance pour rassurer son garçon. Il s'était finalement baissé pour l'embrasser et lui assurer que tout irait bien, s'en allant ensuite. La première journée fut une épreuve terrible pour Kira qui ne savait visiblement pas quoi faire, apeuré et sur le qui vive, sursautant à la moindre chose et tentant de se faire tout petit, n'osant parler à personne. Les professeurs veillèrent pourtant sur lui, tentant de le rassurer. Le fait que Kira soit d'origine étrangère fut un sujet de curiosité pour ses camarades d'autant plus qu'il était nouveau dans une classe où tous se connaissaient. Tout se passa pourtant bien. Au soir, Akifumi fut ravi de venir le récupérer, le trouvant extrêmement tendu et stressé, fatigué. Les professeurs le rassurèrent pourtant en lui expliquant que tout s'était bien passé mais qu'il faudrait du temps pour que le petit garçon se tranquillise vraiment.

Les premiers temps furent très difficiles pour Kira mais il était aussi évident que l'école lui plaisait alors que rien de négatif ne sortait de sa bouche lorsqu'il racontait sa journée le soir. Il était un peu aidé alors qu'il retrouvait Setsuna et Hayate aux récréations les deux garçons se faisant mission de veiller sur lui et de le protéger, surveillant quiconque s'approchait de lui en leur présence. Leur comportement protecteur touchait tout le monde. Le premier trimestre fut une épreuve gigantesque pour Kira qui la surmonta pourtant. Il ne se plaignait jamais. Il faisait le bonheur de ses professeurs. Il se montrait très studieux, très appliqué, obtenant d'excellents résultats. Il restait cependant très discret à l'école, silencieux et calme, très poli et obéissant. S'il apprenait à se socialiser doucement, il n'était pas friand de bande d'amis. Si au début on cru que c'était par crainte, on se rendit ensuite compte qu'en dehors de cela, Kira était beaucoup plus mature que les enfants de son âge. Cela additionné d'un tempérament plutôt solitaire faisait qu'il préférait souvent lire tranquillement plutôt que de jouer durant les pauses. Il se laissait pourtant entraîner régulièrement par ses camarades. Kirarin s'entendait avec presque tout le monde, doux et gentil. Les autres enfants se montraient curieux à son égard mais pas du tout réticents à l'accueillir. Cela ne l'empêcha pourtant pas d'avoir quelques soucis avec certains élèves n'acceptant pas ses origines étrangères et tentant de l'intimider. Kira avait été terrorisé, n'osant pas en parler ou aller voir les adultes. Il avait donc été immensément surpris lorsque rapidement, il avait vu ses professeurs intervenir. Ils avaient remarqué son problème et avait tout de suite remis les choses en ordre, stupéfiant le petit garçon. Cet épisode qui l'avait profondément touché avait un peu plus motivé la confiance entre lui et le corps enseignant, le détendant un peu plus.

Les choses avançaient donc pour lui bien que chaque nouveau pas était un combat pour lui. Il progressait pourtant à vu d'œil, toute sa famille le félicitant pour ses progrès, s'amusant aussi à embêter Akifumi qui se montrait aussi angoissé que son fils lorsqu'il était à l'école, se détendant aussi lentement que lui. Le retour à l'école toucha aussi profondément un autre membre de la famille : Katsuo, le chien de Kira. L'animal qui ne quittait jamais son maître, extrêmement fidèle et loyal, semblait entrer en profonde dépression le matin lorsque son petit maître partait. Il passait sa journée devant la porte à l'attendre et faisait la fête comme jamais chaque soir lorsqu'il rentrait, amusant tout le monde. En parallèle, Kirarin continuait bien sûr son apprentissage de magie, travaillant la méditation avec son arrière-grand-père. Il s'entraînait tout les jours aux arts martiaux avec et sans Haiko. Il continuait aussi à passer du temps avec Yuma, adorant sa grand mère qui continuait à l'aider à apprendre des choses sur tout ce qui l'intéressait, ne refusant jamais de l'aider à faire ses devoirs. Rengu, Yuma et Eirin, la mère d'Hayate, avaient été ravis de voir que son assiduité avait motivé Setsuna et Hayate pour travailler davantage, le petit trio faisant leur devoir ensemble le soir.

Le temps se mit à passer tranquillement, Kira avançant un peu plus chaque jour. Il progressait à vue d'œil dans tout ce qu'il faisait, s'apaisant et se révélant véritablement. Il faisait la fierté de son père et de sa famille toute entière, tous admirant sa force de caractère. Il les faisait aussi rêver alors qu'il faisait des pas de géants avec sa magie, réalisant de véritables miracles. Régulièrement, il allait visiter des musées avec son père et d'autres, souvent avec Satoshi. Il aimait aussi aller visiter d'autres temples shinto et parfois, il disait qu'il y percevait la présence des Kami. Il voulait alors souvent s'y attarder plus longtemps et même y revenir lorsque s'était possible. Les moines, prêtres et Miko étaient souvent réquisitionnés pour répondre à ses questions, les plus spirituels sentant invariablement que l'enfant était particulier même s'ils ne savaient pas en quoi. Kira adorait visiter les endroits dit magiques et souvent, il confirmait cela. Lors de certaines de leurs visites en forêt, en montagne ou au bord des lacs, quand personne ne regardait, Kira arrivait parfois à leur montrer d'étranges petites créatures habitants les lieux qu'ils visitaient ou où ils se promenaient. Après le Kitsune de la demeure, la famille avait eu droit à d'autres rencontres extraordinaires. Il s'agissait souvent de yokai, de créatures de leur folklore. Kira ne faisait venir que ceux qu'il qualifiait de gentils, disant que d'autres moins agréables les entouraient parfois. Ils purent ainsi découvrir des Kappa, petits yokai des eaux, des Ningyo, des sirènes lors d'un week-end au bord d'un lac. Bien d'autres étranges petits êtres parfois complètements inconnus se montraient timidement sous les appels de Kira qui sentait leur présence, leur ouvrant un monde merveilleux.

Ils allèrent aussi visiter des temples dédiés aux dragons et par deux fois, les créatures magnifiques leurs apparurent. Ils étaient bien moins impressionnants que Rui mais cela les laissa tout de même sans voix et rêveur. Dans le même registre, à la maison, Kira se mit en tête de voir les Kami qu'il tenta d'invoquer par la prière additionnée de sa magie, leur demandant gentiment. Il n'eut d'abord aucun résultat mais il persévéra et un jour, alors qu'il essayait avec Yashiro, le Kitsune, lové sur ses genoux, il réussit. Ce fut Inari qui apparut, simplement assit devant lui alors que comme souvent, Kira était installé face à la statu de Rui pour faire de la magie. Il avait été ravi, Satoshi qui veillait sur lui complètement ébahis et stupéfait par ce qu'il vit ce jour là. Comme si tout était normal, il avait discuté avec le Kami apparut sous la forme d'un grand homme assez âgé, vêtu traditionnellement, doté d'oreilles et d'une queue de renard. Souriant avec douceur, entouré d'une puissante aura, le personnage avait réceptionné son Kitsune qui lui avait sauté dessus, n'accordant d'attention qu'au jeune garçon en ignorant Satoshi qui regardait de loin. Celui-ci, bien qu'il vit le dieu remuer les lèvres, n'entendit aucune de ses paroles. Il avait écouté Kira commencer par le remercier très respectueusement d'être venu, puis le remercier de leur avoir envoyé un gardien pour protéger sa maison. Plus tard, il apprit de l'enfant que le Kami avait été très gentil avec lui, lui expliquant qu'il avait plus de chance de voir d'autres répondre s'il les invitait lorsqu'il était complètement seul, les dieux ne voulant pas se montrer aux autres. Il lui avait visiblement dit qu'il était un petit garçon très particulier et que Rui le protégeait, qu'il n'y avait qu'avec l'autorisation du Dragon qu'il pouvait apparaître chez lui et venir lui parler. Inari avait passé un moment avec l'enfant, répondant à ses questions sur lui et sur son histoire avant de disparaître, laissant un Kira radieux et très heureux.

Après cela, le petit garçon avait de temps en temps tenté d'autres invocations, restant alors seul dans le temple de Rui pour le faire. Il avait souvent réussi et passait donc des moments à découvrir les divers dieux lui répondant. Il avait commencé par des Kami japonais pour ensuite essayer avec des dieux étrangers. Cela ne fonctionnait pas toujours mais il y était parvenu aussi, s'instruisant à travers les êtres de légendes qui n'acceptaient pas de se montrer au reste de la famille. Chaque semaine voyait d'incroyable progrès en magie pour lui. Il comprenait de plus en plus son pouvoir et comment il fonctionnait.

Cette année là, lorsque la fin Octobre arriva, Kira tomba une nouvelle fois malade inexplicablement exactement à la même date et de la même façon. Cela ne fut alors officiellement plus une coïncidence pour personne à la maison bien que nul ne puisse l'expliquer. Cette semaine très éprouvante pour l'enfant inquiétait tout le monde qui l'entourait alors de soins pour tenter de l'aider. L'année suivante, l'année de ses onze ans, le phénomène se reproduit avec plus de violence, paniquant un peu tout le monde. Kira s'était affaibli bien plus vite et brusquement. Sa cicatrice qui ne saignait normalement que le premier novembre l'avait cette fois-ci fait trois jours durant. Ses cauchemars s'étaient fait beaucoup plus violents, le faisant physiquement souffrir. Il avait parlé de licornes mortes dans une forêt sombre et d'une créature semblable à un spectre buvant leur sang. Parler de cette chose l'avait terrorisé, se réveillant pris d'une panique terrible que sa famille avait eu beaucoup de mal à calmer. Lorsque la semaine s'était enfin terminée, laissant Kira dans un état déplorable, tous avaient été soulagés. Reprenant ses esprits, l'enfant avait révélé qu'il croyait que cet épisode annuel avait une cause magique alors que cette fois-ci, il avait clairement senti l'origine magique de ses souffrances. Il avait cependant dit qu'il sentait cette magie là très mauvaise au contraire de celle qu'il connaissait avec lui même, avec Rui, avec les temples qu'il avait vu ou les créatures qu'il avait rencontré. Cela l'avait beaucoup angoissé.

L'année suivante, alors que Kira avait douze ans maintenant, cette semaine noire fut pire encore. Cette fois, Kira parla de serpent géant, de vieux château occidental, de fantôme, d'adolescents vêtus étrangement, d'une jeune rousse, de sentiment de mort... Le jeune garçon disait qu'il avait un très mauvais pré-sentiment, peinant à se détendre et à se calmer malgré les efforts de sa famille qui loua une fois de plus la fin de cette semaine que tous redoutaient maintenant chaque année. Cependant, cette fois là, Kirarin ne retrouva jamais son attitude normale après cette semaine, il resta beaucoup plus stressé qu'à l'habitude, sursautant pour un rien alors que cette réaction l'avait quitté depuis un moment. Il faisait plus de cauchemars après un épisode de calme et il se faisait un peu sombre, inquiétant tout le monde malgré qu'il tente de le cacher.

Malgré tout, la vie reprit son cour. Cela faisait maintenant plus de quatre ans que Kira avait été adopté par Akifumi et qu'il vivait au Japon. Il avait énormément changé dans le cocon d'amour qui l'entourait. Il était très proche de sa famille et de chacun de ses membres qu'il choyait comme son plus grand trésor. Ses traumatismes s'étaient grandement effacés, presque entièrement d'ailleurs, seulement rappelé par ses cicatrices, ses cauchemars devenus occasionnels et cette semaine maudite d'Halloween. Il avait gagné beaucoup d'assurance et de confiance en lui comme en sa famille et leur entourage. Il s'était apaisé et ouvert. Il n'avait plus peur des autres, il n'avait plus peur de parler, de questionner, de protester, de demander. Il s'était fait bien plus joyeux et curieux. Il n'avait plus peur de sortir de la maison et de côtoyer du monde, il n'avait plus peur de l'école, de ses camarades et de ses professeurs qui avaient fait un travail merveilleux avec lui. Il s'était reconstruit et il avait guéri.

Cependant, jamais il n'avait ressemblé à un enfant de son âge, démontrant que ce qu'il avait vécu avait laissé des marques. Il était beaucoup plus mature que son âge pouvait le laisser supposer. C'était un garçon très calme, discret et réservé. Il aimait la quiétude, recherchant souvent la solitude bien qu'il soit également sociable et ouvert aux autres. La famille ne doutait pas qu'il avait gagné sa grande patience et sa sérénité parfaite dans les années de méditations, pratique qu'il menait chaque jour sans faute. Satoshi disait d'ailleurs qu'il passerait maître en la matière avant d'avoir quinze ans, cela excitant énormément le vieil homme très fier de l'enfant. Voir Kira méditer avait motivé Hayate, Setsuna et Kahei pour apprendre eux aussi mais ils restaient tous très loin de leur cadet. Kirarin avait une capacité de concentration profonde extraordinaire. Il pouvait rester des heures assis sans bouger un cil, ce qui était très loin d'être le cas de ses oncles et de son ami. C'était un enfant très sérieux, très appliqué, toujours motivé par le fait de rendre son père fier de lui plus que tout autre chose. Mais au delà de cela, il avait aussi appris à le faire pour se faire plaisir également, à apprendre parce qu'il en avait envie. Il était très impliqué dans tout ce qu'il faisait et Suzumi qui le suivait toujours bien qu'avec des séances beaucoup plus rares, disait que c'était une manière aussi pour lui de prendre sa revanche sur les Dursley qui l'avaient toujours qualifié d'imbécile, bon à rien, incapable et stupide. Et c'était aussi une manière de se prouver à lui même qu'il pouvait le faire.

Kira était curieux de tout les sujets et avait accumulé une quantité de livre en tout genre impressionnante pour son âge. Impressionnante par le nombre mais aussi par les sujets très loin de ce qu'on aurait pu trouver dans une bibliothèque d'enfant de son âge. Il voulait tout découvrir du monde et surtout des légendes et des mythes de toutes cultures. Il disait que plus tard, il voulait faire un métier pour étudier tout ça, pour l'enseigner aux autres aussi. Il voulait voyager pour dénicher toutes les magies et toutes les créatures qu'il pourrait. Il était très intelligent, sa mémoire améliorée par ses méditations.

Si sa famille s'amusait à le taquiner en le qualifiant de rat de bibliothèque ou d'intello dans une ambiance toujours bon enfant qui faisait rire le garçon qui leur donnait raison, Kirarin était aussi un adepte de l'extérieur et du sport. En quatre ans, il avait fait des progrès phénoménaux avec Haiko. Il n'hésitait plus dans ses combats maintenant, il ne cillait plus lorsqu'un coup lui était adressé. Il pratiquait plusieurs arts martiaux et son maître qu'on qualifiait déjà de très doué, disait qu'il le serait encore plus que lui d'ici quelques années. Kirarin était un très bon combattant. Il n'avait pas une force physique extraordinaire mais il était très bon technicien, rusé. Il usait de souplesse et d'habilité, de vivacité, jouant de l'équilibre et de la rapidité pour palier son manque de puissance brute. Il n'hésitait jamais, vif alors que sa détermination faisait de lui un adversaire redoutable. Il s'entraînait quotidiennement et cela avait façonné son corps. Il n'était pas très grand alors que son passé s'en ressentait. Il savait qu'il ne serait jamais très impressionnant physiquement mais cela ne le dérangeait pas, jouant de son petit gabarit avec aisance. Il était aussi resté mince naturellement. Toutefois, il s'était finement musclé, ses épaules s'étaient faîtes plus droites et solides, sa silhouette y gagnant d'agréables courbes et formes harmonieuses. Sa santé s'était beaucoup amélioré pourtant, il restait de constitution un peu faible sans que cela ne le dérange vraiment. Il avait juste appris à faire attention l'hiver, à manger correctement et à s'entretenir, cela suffisant à lui éviter des problèmes. Il avait gagné un beau teint, ses cheveux ayant poussé pour couvrir ses épaules.

Côté magie, Kira était devenu un véritable phénomène éblouissant un peu plus chaque jour ceux qui connaissaient son secret très bien gardé et qui avaient la chance de pouvoir le voir faire. Il faisait des miracles. Il arrivait maintenant à leur parler par la pensée, à entendre leurs pensées bien qu'il ne le fasse jamais sans permission. Il percevait les émotions des autres sur commande. Il jouait avec l'eau, le feu, l'air, la terre, la foudre, les nuages, la glace... avec toute la nature l'entourant. Il savait faire pousser des plantes ou leur rendre leur vitalité. Il savait faire bouger toute sorte d'objets sans les toucher. Il savait transformer des objets. Il savait en faire apparaître et disparaître. Il invoquait Kami et Dieu avec aisance mais il savait aussi appeler des esprits de la nature et des créatures de toutes sortes. Il avait prouvé plus d'une fois sa capacité à parler avec les serpents. Il savait lever des protections autour de lui ou des autres. Il savait amplifier ses sens d'une manière incroyable. Il savait produire de la lumière ou la faire disparaître. Il savait enchanter des objets comme il voulait. Il savait nettoyer et ranger une pièce qu'un claquement de doigt. Il savait changer d'apparence et changer celle des autres. Il sentait les énergies des gens, des animaux, des objets et de tout ce qui existait autour de lui. Il savait déverrouiller toutes les serrures. Il savait aussi guérir les blessures, les maladies. Très récemment, il avait réussi à se téléporter sur quelques mètres.

Tout cela parmi bien d'autres choses. Tout ce qu'il imaginait, il arrivait à le faire avec sa magie, en repoussant chaque jour les limites. Il avait rapidement gagné en endurance, se fatiguant de moins en moins vite. Il faisait généralement de la magie au temple de Rui mais il en faisait aussi un peu partout sur le domaine et dans la maison, aidant les domestiques tout en s'exerçant, jouant avec Setsuna, Hayate et Kahei leur faisant parfois des blagues en changeant la couleur de leurs cheveux ou de leurs vêtements, les transformant parfois momentanément. Haiko l'avait motivé pour essayer de s'en servir en combat, s'amusant énormément à essayer des choses avec son élève. Sa capacité à guérir émerveillait Hideaki alors que depuis qu'il avait sauvé Rengu, l'homme n'était plus jamais tombé malade, plus énergique que jamais. Il était simplement incroyable. Setsuna et Hayate étaient passionnés parce qu'il faisait encore plus que le reste de la famille, assistant le plus possible à ses expériences. Tout cela faisait que le garçon avait énormément changé en quatre ans, plus épanouis que jamais.

Après le dernier Halloween suivant ses douze ans, il s'était pourtant fait plus sombre, plus tendu, plus silencieux. Ses cauchemars se faisaient plus fréquents et il recherchait bien plus les bras de son père pour calmer une agitation qu'il n'avait plus ressenti depuis longtemps. Son comportement inquiétait la maison qui tentait cependant de se dire que ce n'était qu'une mauvaise passe et que les choses iraient bientôt mieux. Cependant, ce ne fut pas le cas. En juin, Kira s'était de nouveau mis à faire des cauchemars à propos d'un serpent géant, d'une fille rousse, d'un vieux château, d'un journal et d'un jeune homme brun aux yeux rouges. Il se réveillait alors souvent en sueur, la respiration erratique, tremblant et la tête battant de migraine. Après plusieurs expériences de ce genre, il s'était réfugié auprès de son père pour dormir, Akifumi l'accueillant avec joie mais s'inquiétant beaucoup de le voir faire. Cela faisait très longtemps qu'il ne venait plus dormir avec lui par peur des cauchemars sauf durant la semaine d'Halloween.

Puis une nuit, Kira s'était soudain agité dans son sommeil avec brutalité, le réveillant. Rapidement, il s'était mis à hurler de douleur, réveillant toute la maison alors qu'il portait ses mains à son front. Tout le monde avait accouru pour trouver Akifumi contenant avec mal sa panique, tentant de maintenir son fils dans ses bras alors qu'il se débattait comme un diable. Tous avaient d'ailleurs commencé à paniquer en voyant ses mains sur sa cicatrices se couvrir de sang sans explication. Hideaki avait accouru mais l'agitation de Kira l'avait empêché de regarder. Pendant de longues minutes, Kirarin s'était débattu, criant de souffrance à s'en briser les cordes vocales. Malgré leurs tentatives, personne ne parvint à le réveiller, Katsuo alternant entre couinement et grognements féroces, couché prés de son maître. Et soudain, Kira s'était immobilisé, se faisant complètement mou dans les bras de son père. Ses mains avaient glissé, révélant une cicatrices enflammée saignant encore un peu, son visage taché de rouge. Il avait entrouvert ses yeux voilés pour murmurer tout bas qu'elle était morte, qu'il l'avait tué et qu'il était revenu, laissant tout le monde confus. Il était ensuite tombé inconscient.

Il avait fallu plusieurs jours pour qu'il se réveille. Il avait alors raconté qu'il avait fait un cauchemar mais qu'il avait l'impression que c'était bien réel. Il avait vu la fille rousse dont-il avait déjà rêvé, morte près d'un serpent géant dans une vaste salle étrange et humide. Il avait vu ce jeune homme brun aux yeux rouges, tenant un bout de bois, souriant froidement et sadiquement en regardant la fille. Kira était certain que c'était lui qui l'avait tué. Il avait ensuite eu l'impression qu'il l'avait regardé lui de ses yeux de sang. Cela l'avait terrifié. Et il avait entendu l'homme dire « Je vais te trouver Harry Potter, et te tuer. ». Personne ne savait comment prendre ce rêve. Kira semblait certain que c'était réel et ils avaient confiance en lui et en ses dires mais cela ne leur disait pas quoi faire. Kirarin avait mis un moment à se reprendre après cet épisode, se faisant encore plus tendu. Les cauchemars avaient continué à hanter ses nuits ensuite. Tous s'étaient tendus en sentant le stress de Kira. Lui qui s'était fait si calme et serein depuis un bon moment se faisait de nouveau angoissé et agité, cela se ressentant chez tous. Akifumi était inquiet pour lui, veillant étroitement.

Kirarin eut treize ans cette année là, une année qui vit un bouleversement titanesque dans la maison Uizado. Malgré le temps passant, Kira ne s'était pas apaisé, cauchemardant souvent et parlant d'yeux rouges, de ténèbres. Il n'y avait qu'auprès de Rui ou d'Akifumi qu'il arrivait à se reposer. C'était avec appréhension que tous avaient vu approcher la semaine maudite de l'année pour Kira. L'adolescent s'était montré particulièrement anxieux et agité mais rien n'évita le fait qu'il tomba malade le vingt neuf Octobre comme chaque année depuis son arrivée. Son état se dégrada très vite, sa cicatrice saignant dés le premier jour alors qu'il se vidait de ses forces à vu d'œil. Le premier Novembre, l'ambiance était très sombre, le ciel très couvert. Mais cela n'était pas qu'une question de météo. Il régnait une ambiance lourde dans la demeure Uizado, tous très tendus et aux aguets sans savoir pourquoi. Personne n'était allé à l'école ou n'était parti travailler à l'extérieur, restant auprès de Kira au plus mal comme s'il ne fallait surtout pas le quitter. Tous se sentaient fébriles et sentaient l'agitation des autres. Le temple de Rui rayonnait d'une énergie étrange que tous sentaient. Yashiro, le Kitsune, s'était fait exceptionnellement visible, voyageant partout le regard attentif comme guettant quelque chose. Katsuo qui ne quittait pas son maître, très protecteur avec lui, était sur ses gardes surveillant la porte de la chambre de Kira sans jamais la lâcher des yeux. Tous savaient d'instinct que quelque chose n'était pas normal ce jour là. Il faisait étrangement lourd comme avant un orage malgré la saison. Rengu ne pouvait s'empêcher de s'arrêter régulièrement à la porte d'entrée, ouvrant les panneaux pour scruter la longue allée pavée menant à la grande et massive porte de bois perçant le mur d'enceinte blanc du domaine. Il ne sut pas pourquoi mais il demanda à faire fermer l'immense porte ce jour là, comme pour protéger sa maison. Satoshi aussi avait perdu de son calme légendaire, sentant des énergies qu'il n'aimait pas. Tous s'étaient fait sensibles à l'extraordinaire avec Kira et ils écoutaient bien plus leur instinct et leur esprit. Qu'ils ressentent tous cette ambiance dérangeante en même temps n'était pas pour les rassurer.

Kirarin avait été installé dans la chambre médicalisée de la demeure, sous étroite surveillance, vêtu d'un yukata blanc. Il était inconscient depuis la veille, extrêmement faible. Cela ne l'empêchait pourtant pas de cauchemarder et d'émettre des plaintes et des cris de douleurs. Rien ne le soulageait. Sa cicatrice saignait depuis trois jours au point de le mettre en état d'anémie légère. Il était pris d'une fièvre incontrôlable, respirant très mal, tremblant constamment. On avait placé des perfusions pour l'alimenter et l'hydrater alors que son estomac n'acceptait rien. Hideaki avait laissé tomber les antidouleurs. L'année précédente, il avait été jusqu'à tester la morphine mais elle n'avait eu aucun effet, le rendant plus malade qu'autre chose. On avait donc abandonné, tentant cependant de lui apporter autant de confort que possible. Il était aussi sous oxygène. Sur sa poitrine, son pendentif de Rui qui ne le quittait jamais reluisait étrangement. Akifumi et Hideaki ne quittaient pas son chevet comme Setsuna, Hayate et Kahei extrêmement proches de lui et liés à lui. Tous venaient régulièrement passer un moment avec lui, caressant ses cheveux, lui parlant, embrassant son front. Hayate et Setsuna l'encadraient, allongés près de lui. Ce jour là, Kira semblait particulièrement mal.

Ce fut en début d'après-midi que tout changea soudainement. Une impression malsaine puissante balaya le domaine, interpellant tout le monde. Katsuo se mit à grogner comme jamais, le poil hérissé alors qu'il prenait désormais des airs de loup imposant. Tout sembla s'assombrir encore plus avant qu'un bruit tonitruant ne fasse trembler toute la demeure. Tous comprirent rapidement que cela venait de l'entrée. Akifumi demanda immédiatement à Setsuna et Hayate de rester avec Kira, partant avec Hideaki voir ce qu'il se passait. Tous se dirigeaient d'ailleurs en courant vers l'entrée. Lorsqu'ils l'ouvrirent, ce fut avec stupeur qu'ils constatèrent qu'un peu plus loin, la très massive porte de bois de l'enceinte avait littéralement explosée, les laissant sans voix. Ils se rendirent soudain compte qu'un homme se tenait dans l'encadrement écorché. Il semblait assez jeune, peut-être vingt cinq ans au plus. Il était assez grand, les épaules droites. On devinait à peine sa silhouette sous les étranges vêtements qu'il portait, des sortes de robes entièrement noires. Il était brun, les cheveux courts encadrant un visage princier typé européen. Il avait le teint pâle. Mais le plus marquant était son sourire sadique et dangereux, son regard sanguin cruel. Il émanait de lui une impression de danger terrible, comme un chasseur assoiffé de sang cherchant une proie. Il tenait un étrange bout de bois à la main. Autour de ses pieds, un énorme serpent ondulait sifflant dangereusement et leur faisant courir un violent frisson dans le dos.

Tous restèrent figés, la peur s'insinuant vicieusement entre eux, sentant le danger comme un instinct primaire. Le personnage les balaya du regard, affichant une mine dégoûtée, pas impressionné pour un sou devant les quelques seize personnes présentes devant lui. Il y avait toute la famille, le personnel additionné d'Haiko vivant avec eux. Il se mit soudain à avancer, les faisant sursauter.

- Les protections de cette maison sont d'un futile, ricana-t-il en anglais. Des moldus partout, cracha-t-il. Pathétique, se moqua-t-il avec condescendance. Qui a bien pu avoir l'idée de le cacher ici ? se demanda-t-il.

Il stoppa pourtant son avancée lorsqu'un éclair blanc se manifesta soudain juste devant la famille au bas des marches. Yashiro, le Kitsune, apparut alors dans un éclat de lumière. Il était cependant beaucoup plus grand qu'à l'habitude, avoisinant les un mètre trente au dos. Il faisait face à l'inconnu, en position d'attaque, grognant tout crocs dehors, ses neuf queues s'agitant furieusement derrière lui. Il était impressionnant cependant, cela ne déstabilisa pas le moins du monde l'étranger qui se mit à rire :

- Qu'est-ce que ceci ? s'amusa-t-il. Si vous croyez que cette bestiole vous protégera de moi, ricana-t-il.

Yashiro bondit alors sur lui, chargeant à une vitesse folle l'air déterminé à dévorer l'intrus, surprenant la famille qui ne l'avait jamais vu ainsi. Mais cela ne faisait que confirmer le fait que cet homme était un danger pour eux sans quoi le gardien ne se serait certainement pas montré et aurait encore moins attaqué de la sorte sans préambule. L'homme eut l'air amusé par l'attaque féroce et agressive de la créature qui aurait pourtant fait hurler de peur une personne normale. Il ne bougea pas et lorsque Yashiro bondit, il s'écrasa sur une barrière invisible autour de l'étranger qui riait. Il recula ensuite en titubant un peu et secouant la tête. L'homme s'arrêta soudain de rire, prenant un visage d'une froideur sans pareille :

- Insolant ! cracha-t-il. Comment oses-tu te dresser contre moi insecte ?! s'écria-t-il en levant sa main tenant son bout de bois vers le Kitsune.

Un éclair en fusa, frappant brusquement leur gardien qui tenta en vain de l'éviter et les faisant tous sursauter. Yashiro vola sur quelques mètres, roulant au sol avec un grognement furieux. Lorsqu'il tenta de se relever, un autre éclair le frappa, des chaînes apparaissant pour l'entraver et le plaquer au sol, l'empêchant de bouger. Le Kitsune commença à se débattre furieusement sans parvenir à se libérer, grognant sur l'étranger.

- Quel dommage que l'Avada ne fonctionne pas sur des créatures divines comme toi, soupira l'homme en surprenant une nouvelle fois les autres. Mais tu vas gentiment rester couché chien chien ou je trouverais un autre moyen de te détruire sans problème.

Yashiro rétrécit soudain dans une tentative de se libérer mais ses chaînes s'adaptèrent sur le champs, l'emprisonnant toujours et l'empêchant même de grandir de nouveau, amusant l'inconnu qui cessa de rire brusquement, tournant un regard tranchant vers les autres.

- Trêve d'amusement, dit-il, je n'ai pas de temps à perdre avec la vermine.

- Qui êtes vous et que voulez vous ? demanda Rengu qui se dressait devant sa famille alors que les plus âgés avaient eu le temps de se reprendre.

- Tu apprendras à me parler sur un autre ton, moldu, rétorqua l'étranger avec froideur. Maintenant, dégagez de mon chemin. J'ai une proie qui m'attend depuis trop longtemps déjà, dit-il avec un air fou et sadique.

Akifumi fut le premier à comprendre, faisant le lien entre l'homme et les cauchemars de son fils. Il le sentait en lui, il savait. Son instinct de père sentait le danger pour son enfant.

- Vous ne toucherez pas un seul de ses cheveux, grogna-t-il en s'avançant près de son père et en interpellant sa famille qui n'avait pas saisi.

- Alors tu sais de qui je parle. Harry Potter, dit-il en faisant sursauter les autre connaissant le nom d'origine de Kira. C'est ce gamin que je veux. Je n'ai attendu que trop longtemps. Vous viendrez tous ensuite ne vous en faîte pas, susurra-t-il, mais je le veux lui avant tout.

- Jamais vous ne l'approcherez, répondit Akifumi déterminé.

- Et tu crois m'en empêcher insecte ? rit-il. Les moldus, aussi stupides que les cafards, soupira-t-il.

Il leva de nouveau son bout de bois vers Akifumi, tous se tendant. Un éclair rouge fusa vers lui et il le regarda venir, déterminé à ne pas bouger. Jamais il ne laisserait cet homme entrer et s'approcher de son enfant. Il sentait le danger pour Kirarin. Cet inconnu l'avait désigné comme sa proie. Il ne savait pas qui il était ni pourquoi il en voulait à son fils mais jamais il ne le laisserait passer, prêt à tout affronter. L'étranger était un tueur, cela se voyait dans ses yeux fous. L'éclair s'approcha en une fraction de seconde pourtant, jamais il ne le toucha. Un craquement qu'il connaissait raisonna et une protection blanche les entoura.

- Kira ! s'écria-t-il en comprenant immédiatement.

Quelques instants après le départ d'Akifumi et d'Hideaki, dans la chambre médicalisée Setsuna et Hayate avaient vu Kirarin se mettre à remuer. Ils se penchèrent vers lui alors qu'il gémissait de douleur, voyant sa cicatrice se remettre à saigner brusquement. Immédiatement, Setsuna attrapa des compresses pour tenter d'arrêter le saignement, très inquiet pour son petit frère de cœur qu'il se faisait un devoir de protéger. Il aimait tellement Kira aujourd'hui. Maintenant qu'il avait grandi, de ses quinze ans, il comprenait beaucoup mieux le calvaire qu'avait été son enfance et son combat pour s'en sortir. Pourtant, il était si gentil, si doux et ses merveilles de magie étaient des trésors. Il adorait son cadet. Le voir dans cet état le terrifiait et il faisait donc tout ce qu'il pouvait pour tenter de le soulager. Il sursauta lorsque soudain, Kira ouvrit les yeux dans un sursaut, s'agitant :

- Kira, appela-t-il calmement, Kira, reste tranquille. Tu dois te reposer.

Il tenta vainement d'apaiser son cadet qui semblait paniqué, tentant de s'asseoir malgré sa faiblesse extrême. Voyant qu'ils n'arriveraient pas à l'arrêter, Setsuna et Hayate l'aidèrent à s'asseoir, le premier s'asseyant derrière lui pour le soutenir alors que le deuxième lui retirait son masque à oxygène qu'il tentait en vint d'enlever. Il se mit à tousser durement, Setsuna lui frottant le dos en le poussant à s'appuyer contre lui. Il posa une main sur son front, se tendant affreusement :

- Bon sang Kira, tu es bouillant, constata-t-il. Respire doucement et repose toi.

- Il faut rester tranquille Kira, poussa Hayate en remontant la couverture sur lui.

- Il est là, bredouilla alors le cadet en gémissant de douleur et en portant ses mains à sa cicatrice saignant encore.

- Qui est là ? demanda Setsuna.

- L'homme au yeux rouges... Yashiro ! appela-t-il ensuite avec panique.

Il percevait la présence sombre de l'homme aux yeux rouges dont l'arrivée l'avait tiré de son inconscience. Il savait qu'il était dangereux, qu'il voulait faire souffrir, tuer. Et maintenant qu'il était là, il sentait sa magie. Une magie mauvaise et pervertie qui l'horrifiait. Il était très dangereux, il le savait et il savait que sa maison et ses habitants étaient en danger, le paniquant. De ses perceptions extraordinaires il sentit que tous étaient sortis au devant de l'inconnu, l'affolant. Comme une vision dont-il avait maintenant l'habitude, il vit Yashiro intervenir, attaquer et se faire repousser sans mal. La magie du Kitsune était forte mais celle de l'homme l'était bien plus, assombrissant le ciel et la terre. Il était vicié mais puissant, ses intentions ne faisant aucun mystère pour l'adolescent les devinant aisément. Il paniqua un peu plus en assistant à l'enchaînement du Kitsune. Il se sentait terriblement mal à cet instant mais tout cela n'avait pas d'importance face à la peur qu'il ressentait pour sa famille qu'il sentait en grand danger devant cet intrus. Il l'entendit lorsqu'il annonça que c'était lui qu'il voulait mais ça il le savait déjà. Il l'avait vu dans ses cauchemars. Il fut touché lorsque son père chercha à le protéger férocement sans savoir à quoi il avait à faire.

- Papa, bredouilla-t-il en grinçant des dents.

Il vit l'autre lever son bout de bois vers son père et utiliser sa magie qu'il envoya vers lui en un éclair porteur d'une douleur atroce. Il sentit sa colère s'embrasser comme jamais. Il ne laisserait personne s'attaquer à ceux qu'il aimait, jamais, surtout pas pour lui. Il se concentra donc et disparût pour réapparaître debout entre les siens et cet étranger, usant immédiatement de sa magie pour lever une protection. Il entendit son père l'appeler mais il resta concentré sur l'autre qui souriait largement en le voyant. Lorsqu'il posa les yeux sur lui, la douleur déjà atroce dans sa tête prit encore de l'ampleur. Il lâcha un cri de souffrance, tombant à genoux et portant une main à sa cicatrice saignant encore. Sa vue était trouble, sa respiration difficile alors qu'il était sans force.

- Kira ! s'écria Akifumi en accourant avec tous les autres.

Il se jeta au côté de son enfant, s'accroupissant et l'attirant contre sa poitrine. Hideaki les rejoignit, se baissant au côté de son jeune patient. Sestuna et Hayate débarquèrent soudain avec panique, Katsuo fusant de la maison pour venir se poster devant son maître et grogner sur l'intrus qui avait l'air des plus amusé.

- Kira ? Est-ce ainsi que l'on te nomme ici Harry Potter?demanda-t-il moqueusement.

- Je t'interdis de vouloir torturer mon père ou de toucher à ma famille, grogna férocement Kira en se tenant le front et en serrant les dents alors qu'il peinait à respirer.

- Ta famille ? rit-il. J'ai tué ta famille Potter, révéla-t-il froidement en les choquant tous. Je suis venu terminer le travail.

- Quoi ? bredouilla Kira.

- Oh tu ne sais pas, remarqua-t-il. Bien sûr tu étais si jeune lors de notre première rencontre. Tu n'avais qu'un peu plus d'un an, dit-il doucereusement. J'ai tué des parents pathétiques. C'était moi, ricana-t-il. Je me souviens encore comment ton misérable père a voulu se dresser contre moi. Il n'a pas tenu une seconde. Même pas de quoi m'amuser un peu. Et ta sang de bourbe de mère qui m'a supplié pour que je ne te touche pas. Sais-tu que jusqu'au bout, elle a refusé de s'écarter de mon chemin ? raconta-t-il avec amusement. Elle a payé de sa vie cette impudence. Si seulement j'avais su que cette chienne avait levé de vieilles protections anciennes autour de toi et que prendre sa vie signifierait que je pourrais jamais te toucher, grogna-t-il avec fureur. Mais nous allons remédier à cela. Nagini ! s'écria-t-il.

Sorti de nul part, le serpent fusa soudain vers Kira qui réagit pourtant. Il fit un geste de la main et le reptile fut repoussé vers son maître malgré qu'il eut frôlé de près son visage. Il s'affala ensuite contre son père, tremblant de tout son corps et affolant un peu plus Akifumi qui le serra contre lui avec protection, aussi choqué que tous par ce qu'il venait d'entendre.

- Tiens donc, dit l'homme l'air très intrigué. Tu fais de la magie sans baguette et sans formule à ton âge. Intéressant. Qui t'a appris ? Tu vis avec des moldus et je ne sens que ton énergie ici. Alors qui ?

- J'ai appris tout seul, murmura Kira tentant de gagner du temps.

- Seul ! s'étonna l'autre. En voilà une surprise. Se pourrait-il que tu ignores ce que tu es ? se demanda-t-il en explosant de rire devant la confusion générale. Incroyable. Un tel talent. Dommage qu'il faille l'éliminer. « Nagini, as-tu ce qu'il nous faut ma chère. »

Tous reconnurent les mêmes sifflements étranges que Kira faisait lorsqu'il parlait avec les serpents, lui seul comprenant. Cependant, tous virent l'énorme serpent rejoindre son maître et monter sur ses épaules. Il ramena sa queue devant lui, celle-ci couverte d'un peu de sang. L'homme fit un geste de son bâton et le sang se détacha de la peau écailleuse pour flotter devant lui. D'un autre geste, il fit apparaître une fiole renfermant un liquide douteux. Il l'ouvrit et y ajouta le sang, la refermant pour la secouer un peu. Il la but finalement cul sec, écœurant ceux qui entouraient Kira. Tous retournèrent cependant leur attention sur l'adolescent qui lâcha soudain un puissant cri de douleur, tenant sa tête à deux mains. Akifumi le serra contre lui alors qu'il bredouillait que sa tête allait exploser.

- On dirait que ça fait mal, s'amusa l'étranger. C'est normal. C'est grâce à moi, dit-il l'air fier de lui. Cette cicatrice sur ton front, c'est moi qui te l'aie infligé. Avec toute la magie noire qui y est infiltrée et le lien qu'elle a tissé entre nous, ma présence doit-être atrocement douloureuse pour toi. Surtout à cette date, ricana-t-il en le regardant tenter de juguler sa douleur. Je vais te tuer Harry Potter, comme cela aurait dû se passer il y a douze ans. Mais avant, dit-il en balayant les japonais du regard, ta famille c'est cela ? dit-il d'un air dégoutté. Quelle idée bizarre de te cacher chez des moldus à l'autre bout du monde. Comme si la distance avait la moindre importance pour des gens comme nous. Enfin, je suppose que je pourrais quand même m'amuser un peu en les tuant un par un devant toi, avança-t-il en les tendant tous d'horreur. Tu souffriras longuement et tu me supplieras de t'achever petit Potter. Ainsi, tout retrouvera sa place et je pourrais reprendre où j'en été resté. Tous sauront que personne ne peut se dresser contre moi et s'en sortir.

- Jamais vous ne le toucherez, rétorqua Rengu en se dressant devant les autres. Ni lui, ni personne ici.

- Et comment crois-tu m'en empêcher, moldu ? dit-il en levant sa baguette.

Un nouvel éclair rouge fusa vers le chef de famille qui ne bougea pas d'un cil, comme tous qui entouraient étroitement Kira en protection. Seulement, l'attaque n'atteignit jamais sa cible alors qu'une nouvelle protection se levait. Sans comprendre ce qu'il se passait, tout les japonais se sentirent délicatement mais fermement poussé en arrière par une force invisible et chaude, Akifumi forcé de lâcher son fils. Lorsqu'ils reprirent leurs esprits, ce fut pour constater qu'ils se trouvaient tous quelques pas derrière Kira à genoux au sol. L'adolescent tremblait de tout son corps, à bout de force, serrant férocement les dents sans parvenir à retenir ses gémissements de douleurs. Il était plus pâle qu'un mort, son visage ensanglanté à cause de sa cicatrice. Il chancela, appuyant une main au sol pour ne pas s'effondrer :

- Kira ! crièrent-t-ils alors.

Ils voulurent le rejoindre mais un mur invisible les en empêcha. Rapidement, ils comprirent, posant un regard paniqué sur leur petit cadet qui tourna le visage vers eux, leur souriant.

- Je ne le laisserais pas vous faire du mal, assura-t-il tout d'abord avec détermination. Je vous aime tellement. Vous êtes ce que j'ai de plus précieux. Il est là à cause de moi et il est très dangereux. Je ne le laisserais pas vous toucher.

- Kira, murmura Akifumi paniqué alors que Katsuo grattait désespérément le sol à ses pieds pour tenter de passer.

Kirarin tourna le regard vers le Kitsune qui se débattait toujours et soudain, les chaînes disparurent. Yashiro bondit immédiatement, reprenant sa grande taille dans un bond et atterrissant devant Kira en protection, grognant sur l'étranger.

- Je vais avoir besoin de toi Yashiro. Excuse moi, murmura l'adolescent en posant un main sur le pelage blanc. Toi et moi sommes les seuls à pouvoir lui faire face pour les protéger.

Le Kitsune se resserra autour de lui sans lâcher sa proie des yeux, lui confirmant d'une pensée qu'il était à ses ordres. Kira sourit doucement, retournant son attention sur l'homme lorsqu'il rit :

- Tu espères me combattre ?! Aussi stupide que tes parents. J'ai des dizaines d'années d'expérience et d'avance sur toi. Tu ne sais même pas ce que tu es, qui tu es.

- Je sais parfaitement qui je suis, grogna Kira en luttant pour se reprendre. Je suis Kirarin Uizado, fils d'Akifumi Uizado, dit-il fermement en touchant son père. Il n'y a que cette vérité pour moi aujourd'hui. C'est ma maison ici et je ne te laisserais pas approcher de ma famille tant que je serais en vie, jamais tu m'entends ?! s'écria-t-il avec détermination bien que toujours cloué au sol.

- Amusant, vraiment, s'ennuya l'autre. Mais cela commence à me lasser. Avada Kedavra ! cria-t-il en pointant son bâton vers lui.

Un rayon vert fusa vers Kira, un nouveau mur invisible l'arrêtant. Une gerbe de feu apparut alors devant l'adolescent, filant vers son ennemi. Yashiro bondit dans le sillage du jet pour attaquer. D'un geste, l'homme arrêta le feu, esquivant de justesse le Kitsune sur lequel le serpent se jeta, tentant de s'enrouler autour de son cou pour l'étouffer. Un regard de Kirarin et le reptile voltigeait dans les airs :

- « Ne touche pas à mon ami serpent de malheur ! » siffla-t-il.

- Fourchelangue en plus, s'étonna l'homme. Avec une telle habilité à la magie. Tu es vraiment trop dangereux pour être laissé en vie.

Il repoussa le Kitsune qui se jetait de nouveau sur lui, celui-ci protégé de son attaque suivante par une protection de Kira. Celui-ci se mit à envoyer gerbes de flammes, pics de glaces, éclairs et lames de vents vers son adversaire, le bombardant littéralement. L'adolescent ne bougeait pas d'un cil, sa simple volonté agissant pour lui. Il peinait pourtant de plus en plus à respirer, transpirant à grosses gouttes et tremblant plus fort. Il luttait de toute ses forces pour rester concentré et ne pas s'évanouir. Derrière lui, il entendait à peine sa famille l'appeler et le supplier de les laisser le rejoindre. Mais c'était hors de question pour lui. Jamais il ne le supporterait s'ils étaient blessés par sa faute. Dans les minutes qui suivirent, ils s'envoyèrent attaque sur attaque, les spectateurs terrifiés en voyant le sol autour de Kira être lacéré, brûlé, les explosions le frôler de beaucoup trop près alors qu'il faisait une cible facile ainsi affaibli. Ses protections tenaient mais dans son état, tous savaient qu'il allait céder rapidement. Et cela arriva bien trop vite. Kira s'effondra complètement au sol, tremblant compulsivement et toussant pour trouver de l'air, les yeux voilés. Aussitôt, Yashiro revint vers lui, le surplombant pour le protéger de son corps alors qu'il portait lui même des traces de blessures.

- Kira ! cria Akifumi en frappant le mur invisible l'empêchant de rejoindre son fils. Kira ! paniqua-t-il en obtenant aucune réponse.

Autour de lui, tous étaient horrifiés, tentant de passer pour rejoindre le cadet de la famille sans succès. L'étranger se redressa, victorieux.

- Si tu avais été au mieux de ta forme, notre combat aurait vraiment pu être intéressant, remarqua-t-il. Mais aujourd'hui, il m'a suffi d'attendre que tu t'affaiblisses tout seul, rit-il. Stupide petit Potter.

Soudain, Yashiro bondit de nouveau se retrouvant bien vite enchaîné au sol sans l'appuie de Kira qui n'avait même plus la force de bouger un doigt.

- Devrais-je laisser Nagini te dévorer ? demanda l'homme en regardant son serpent à ses pieds.

- Je vous interdis de l'approcher ! cria Akifumi. Si vous touchez un seul de ses cheveux je...

- Je quoi ? s'amusa l'autre. Sa protection est si puissante qu'elle ne tombera que s'il meurt ou s'il le veut. Mais il ne le veut visiblement pas. Pauvre Gryffondor. Et quand bien même tu passerais moldu, tu n'es qu'un insecte pour moi, un nuisible que j'écraserais facilement sous ma chaussure. Comme tout tes semblables. Où en étions nous Potter ? dit-il en se concentrant sur lui. Ah oui, j'allais te tuer.

Il leva sa baguette vers l'adolescent sous les cris de sa famille tentant désespérément de passer. Il sourit d'un air fou et sadique, ses yeux luisant froidement :

- Avada..., commença-t-il.

Il s'interrompit pourtant alors qu'un éclair roux se jetait sur son bras. Il lâcha une plainte de douleur alors que tous se rendaient compte que Katsuo était passé et qu'il s'était jeté sur l'homme, mordant férocement son bras. L'étranger secoua son membre, s'en débarrassant et le chien se posta devant son maître, grognant sur celui qui menaçait sa vie. L'Akita était passé mais il n'était pas le seul, tous voyant soudain que Akifumi avait réussi à rejoindre son fils qu'il redressait précautionneusement, le tenant contre lui.

- Papa ? Comment tu … ? bredouilla Kira.

- Jamais aucun mur, magique ou non, ne pourra m'empêcher de te rejoindre Kira, répondit son père en lui souriant.

- Va-t-en, supplia l'enfant les larmes aux yeux. Il est dangereux. Laisse moi, va-t-en.

- C'est hors de question Kira, posa-t-il fermement. Tu te souviens, le jour où je t'ai proposé de devenir ton père ? Je t'ai aussi promis d'être ton papa super héros qui te protégerait des méchants, rappela-t-il avec douceur. Jamais je ne te laisserais. Jamais. C'est à moi de te protéger et non l'inverse. Je t'aime. Je ne le laisserais pas t'approcher.

Exténué, Kira se tourna faiblement contre lui, le laissant le serrer dans ses bras, s'y sentant plus en sécurité que jamais malgré la situation. Akifumi releva un regard brûlant de détermination vers l'étranger, sans aucune peur. Il ne savait pas comment, mais il protégerait son fils. Derrière lui, les autres tentaient de passer aussi sans y parvenir, ne cessant pourtant d'essayer. Le serpent se jeta soudain sur Katsuo, celui-ci en faisant de même sans aucune crainte.

- Comme c'est mignon, se moqua l'autre en les regardant. Tu dois vraiment l'aimer plus que ta vie pour être parvenu à passer. Comme cette bestiole doit lui être d'une loyauté sans pareil. Cela ne m'empêchera pas de vous tuer.

Comprenant qu'il ne servait à rien de parler, Akifumi serra simplement Kira contre lui, tournant le dos à l'intrus pour faire barrage, cachant complètement l'adolescent. Il savait qu'il ne pouvait pas fuir, qu'il ne pouvait pas affronter l'autre qui se servait visiblement de magie. Alors il fit la seule chose qu'il put : il pria Rui en pensée.

- Je n'ai que trop perdu de temps et tout ces sentiments m'écœurent, grimaça l'étranger en levant son bâton. Avada Kedavra ! cria-t-il.

Un éclair vert fila vers le père et le fils serrés l'un contre l'autre, les autres observant avec effrois. Akifumi murmura à son fils qu'il l'aimait, sentant la mort dans l'attaque qui arrivait. Kira, lui répondit de la même manière, se serrant contre lui. Ils fermèrent les yeux, attendant l'impact mais jamais celui-ci ne vint. Après quelques secondes, Akifumi releva les paupières dans un silence total et stupéfait, jetant un coup d'œil par dessus son épaule pour voir l'éclair figé à quelques centimètres de lui. Tout à coup, un rugissement tonitruant déchira l'air. Une puissante lumière s'éleva vers le ciel, provenant du temple de Rui. Une vague d'énergie titanesque baigna le domaine, chaude et protectrice. Le rayon vert disparut alors tel la poussière dans le vent. Il y eut une seconde de silence avant qu'un second rugissement ne fasse trembler la terre. Un immense dragon asiatique sembla alors sortir du temple, filant vers le ciel. Il y dansa, ondulant merveilleusement. Il redescendit rapidement vers eux, les rejoignant en une seconde. Il posa ses pattes arrière sur la maison, celles de devant venant encadrer le père et le fils qu'il surplomba. Il était gigantesque et magnifique. Ses écailles d'un blanc pur bordées de paillettes tantôt dorées tantôt argentées irradiaient de lumière, sa crinière azur méchée d'or et d'argent, ces couleurs striant aussi ses cornes nacrées. Ses griffes de diamant semblaient plus tranchantes qu'un katana, comme ses crocs d'ivoire. Ses moustaches dansaient autour de sa gueule et ses yeux de diamant, d'or et d'argent brillaient de fureur. Rui. C'était Rui dans toute sa majesté, éblouissant les japonais sentant une force protectrice implacable autour d'eux. Le dragon avait les crocs à l'air, grondant férocement contre l'étranger stupéfié, le fusillant d'un regard meurtrier. Soudain, sa voix grave et puissante fit vibrer l'air :

- Comment oses tu penser pouvoir toucher mes protéger monstre sans âme ?!