Chapitre 10 :

Rui et les Uizado

- Comment oses tu penser pouvoir toucher mes protéger monstre sans âme ?! gronda Rui en fusillant l'étranger du regard.

à la stupéfaction générale, en face de l'immense créature de légende, l'intrus ne semblait pas particulièrement déstabilisé. Il s'était pourtant un peu plus redressé, le visage bien plus grave et sérieux, ses yeux posés sur la créature le dominant de toute sa taille.

- Qui es-tu, dragon ? demanda-t-il platement. Qui t'envoie ?

- Qui m'envoie ? ricana le dragon. Pauvre créature ignorante, dit-il en tendant l'inconnu qui tenta de lui envoyer un éclair rouge qui s'évapora bien avant de toucher sa cible. Tu es impuissant ici face à moi, fit-il remarquer. Je suis le Kami Rui, larme de magie, Ryujin, dieu dragon et tu es ici sur mon domaine Voldemort.

- Ainsi tu sais qui je suis ? sourit dangereusement l'inconnu.

- Je sais qui tu es âme déchirée, répondit Rui en le tendant très visiblement.

- Si tu sais qui je suis, tu sais ce dont je suis capable. Livre moi ma proie, ordonna-t-il.

- Tu n'es capable de rien en ces terres, rétorqua Rui. Et jamais je ne te permettrais de toucher à ma petite âme gardienne. Tu n'es même pas digne de respirer le même air que lui. Tu ne t'approcheras pas de lui ou de mes protéger. Maintenant disparaît de mon domaine ! ordonna-t-il.

Rui poussa un rugissement tonitruant vers l'intrus, une puissante lumière blanche sortant de sa gueule et inondant l'étranger qui leva les bras devant lui pour se protéger. Il hurla de fureur lorsqu'il se mit à disparaître comme un raie de brume dans le vent suivi de son serpent. Bientôt, il fut parti, l'air baigné du puissant pouvoir du dragon qui referma la gueule. Le silence retomba progressivement alors que l'écho du rugissement de Rui s'éteignait lentement. L'immense créature regarda la porte explosée qui se reconstitua soudain, ses morceaux se déplaçant d'eux mêmes pour retrouver leur place. Le mur d'enceinte abîmé fut réparé comme par enchantement et un dôme de lumière semblant couvrir tout le domaine s'éleva soudain, brillant avant de disparaître, devenant invisible et baignant les alentours d'une puissante sensation de protection. Ce fut Akifumi qui brisa la stupéfaction ambiante :

- Kira ? appela-t-il l'air très inquiet.

Il était focalisé sur son garçon qu'il tenait dans ses bras contre lui. L'adolescent tremblait terriblement, respirant très mal, atrocement pâle, bouillant de fièvre, son front ensanglanté. Ses yeux voilés étaient empli de larmes, ses traits crispés par la douleur alors qu'il serrait les dents en gémissant. Il le redressa délicatement, écartant une mèche de cheveux de son visage :

- Kira ? répéta-t-il fébrilement sans avoir de réponse alors que toute la famille accourait.

Katsuo revint lui aussi auprès de son maître, les crocs tachés du sang du serpent qu'il avait plus que malmené. Malgré les appels, Kira ne répondit pas, émettant de plus en plus de plaintes de douleur à leur immense angoisse.

- Laissez moi le voir, fit soudain la voix de Rui.

L'immense dragon avait baissé sa tête vers eux, irradiant désormais d'une énergie bien plus douce mais toujours aussi puissante. Sans hésiter, Akifumi prit délicatement son enfant, se relevant en le portant et se tournant vers le dragon. Celui-ci approcha son immense nez pour venir effleurer Kira avec une délicatesse incroyable pour sa taille, la hauteur de sa gueule fermée approchant celle d'Akifumi. Il souffla doucement, l'air chargé de paillettes brillantes qui tombèrent sur l'adolescent mal en point. Celui-ci s'apaisa alors doucement, respirant un peu mieux, ses tremblements se calmant. Il sembla s'endormir, ses traits se détendant. Voir cela fit soupirer tout le monde de soulagement. Akifumi tomba à genoux, serrant son fils contre lui et embrassant son front, quelques larmes traversant ses joues. Il avait eu si peur, si peur de le perdre. Il tremblait maintenant que la tension retombait. Il vit son père s'accroupir près de lui et poser une main réconfortante sur son épaule, la serrant doucement.

- Tu peux te rassurer Akifumi, intervint le dragon la voix douce. Vous êtes en sécurité et il ira bien.

- Merci Rui-sama, merci, sourit le père en relevant le regard vers lui.

- C'est moi qui te remercie. Ces dernières années vous avez tous commencé à me montrer que je pourrais me réveiller et revenir parmi vous. Aujourd'hui Akifumi, tu viens de me prouver que vous méritiez largement que je vous rende ce que je vous ai autrefois retiré et qu'une nouvelle ère pouvait commencer.

- Comment ça ? demanda Satoshi.

- Allons ailleurs, répondit le dragon.

Une puissante lumière blanche vint les entourer et ils fermèrent les yeux pour ne pas être éblouis. Tous eurent l'impression d'être prit dans une étreinte forte et chaleureuse pour être porté et déplacé. Lorsque le phénomène s'arrêta et qu'ils rouvrirent les yeux, ils étaient au temple de Rui. La grande statue avait été remplacée par le dragon, tranquillement enroulé sur lui même. Akifumi se retrouva installé contre lui avec son fils dont le visage avait été nettoyé du sang qui y avait coulé, une couverture douce et chaude l'entourant. Il s'empressa d'ailleurs de mieux l'ajuster autour de lui avec attention, le calant aussi confortablement que possible dans ses bras. Il était lui même assis entre les pattes avant du dragon croisées autour de lui, logé au creux de l'une d'entre elle. Le reste des habitants du domaine était un peu plus loin devant eux, déstabilisés. Katsuo lui, n'attendit pas un instant pour accourir vers son maître. Il s'arrêta devant Rui, s'asseyant et le regardant la tête penchée sur le côté, totalement calme. Le dragon baissa son immense museau vers lui :

- Tu as été un merveilleux compagnon pour mon petit gardien. Ta loyauté et ton courage sont admirables. Pour cela, je te béni Katsuo, dit-il en le touchant délicatement.

Il y eut une vive lumière avant que le dragon ne recule un peu :

- Veille bien sur lui, dit-il alors avant de se détourner.

Le chien sauta alors par dessus ses pattes, rejoignant Akifumi. Il s'allongea contre ses jambes, posant sa tête près de Kira qu'il ne lâchait pas des yeux. Rui tourna le regard vers les japonais qui peinaient à se reprendre. Rengu fut le premier à y parvenir, se redressant avant de s'incliner respectueusement devant le Kami :

- Merci de tout cœur d'être venu à notre secours, Rui-sama, remercia-t-il.

Se réveillant, tous suivirent le mouvement, impressionnés et émerveillés par la magnifique créature de légende.

- Vous m'avez prouvé que vous le méritiez, répondit le dragon. Sans cela, j'aurais bien sûr protégé mon petit gardien, mais je vous aurais laissé à votre sort, dit-il simplement. Redressez vous et asseyez vous, pria-t-il alors que des coussins apparaissaient au sol. J'ai beaucoup à vous dire mes enfants.

Tous s'exécutèrent et il y eut un moment de silence, tous reprenant leurs esprits en admirant le dragon.

- Kira va bien ? demanda finalement Setsuna l'air très inquiet.

- Il va lui falloir beaucoup de repos et de calme pour s'en remettre mais il ira bien. Je l'ai plongé dans un sommeil magique qui lui épargne la douleur. Il y restera jusqu'à la fin des sept jours de Samain. Malheureusement, je ne peux rien faire de plus pour le préserver de cette torture, dit-il en posant un regard triste sur l'adolescent inconscient. C'est une magie profondément néfaste qui est incrustée en lui et qui le fait souffrir ainsi.

- L'homme de tout à l'heure a dit que c'était de sa faute, remarqua Akifumi. Qui est-il Rui-sama ?

- Cette chose n'a d'homme que l'apparence, répondit le dragon. Cette créature à l'âme déchirée n'a pas de nom pour être nommé. C'est un être comme jamais il n'en n'a existé. Mais dans le monde Magique, on le nomme Voldemort. Il est anglais. Comme il l'a dit, il est le meurtrier des parents biologiques de Kirarin. Il a tué Lily et James Potter il y a douze ans mais sa véritable cible était Kirarin.

- Pourquoi ça ? Pourquoi vouloir tuer un enfant ? demanda Akifumi. Pour ses dons ?

- Cela est beaucoup plus complexe que vous ne l'imaginez. Avant de parler de Kirarin, il nous faut parler de nous, dit-il en les surprenant. Il sera plus simple de vous montrer directement. Je vais entrer dans vos esprits pour montrer certaines choses. Cela changera votre vision du monde à jamais.

Il les observa et tous finirent par acquiescer très intrigués et en confiance avec la légendaire entité protectrice des Uizado. Un instant plus tard, tous eurent l'étrange impression de sentir une présence étrangère en eux. C'était une sensation inédite mais pas désagréable. Tous sentirent la puissance du Kami, son pouvoir. Pour eux, c'était chaleureux et doux, protecteur. Soudain, un flot d'images, de sensations, de sons, de connaissances se déversèrent en eux, les secouant tel un seau d'eau glacé. Quelques secondes plus tard, tous savaient. Tous savaient qu'il existait un vaste monde magique caché du reste du monde, ayant tout à coup connaissance de son existence mais aussi de son fonctionnement général, de ses termes, de ses particularités, de ce qui y vivait... Il fallut un moment pour que tous parviennent à assimiler et à se reprendre, se regardant les uns les autres en se demandant si tout cela était bien réel.

- ça l'est, assura Rui avec douceur.

- Alors Kira n'est pas le seul ? bredouilla Natsuki.

- Loin de là mais Kirarin est un cas très particulier, vous le découvrirez, répondit-il.

Tous comprenaient désormais, tentant d'intégrer la chose.

- Cela n'est que le début de l'histoire, intervint le dragon. Vous savez maintenant que chaque pays compte sa nation magique et que chacun compte de très veilles lignées magiques. Il se trouve qu'au Japon, la plus ancienne et la plus noble de ces familles, sont les Uizado, lâcha-t-il en les laissant sans voix et choqué.

Tous restèrent longuement atterrés, confus et n'y comprenant rien.

- Nous ne sommes pas magiques, bredouilla finalement Masao.

- Vous ne l'étiez plus en effet. Sur ma volonté, révéla le Dragon. La véritable histoire me liant à vous vous est inconnue, je vais donc vous la conter. Il y a de cela bien des siècles, le Japon magique a connu l'une des plus grande guerre de son histoire. Un régime de dictature très dur et cruel était en place depuis un moment. Une coalition rebelle s'est formée pour tenter de renverser ce régime et la guerre a débuté. Les Uizado, vos ancêtres étaient alors une famille noble puissante et écoutée. Ils ont pris la tête de cette rébellion. Ils défendaient la liberté et la paix, ils voulaient défendre les peuples magiques opprimés et protéger la magie elle même. La guerre fut longue et terrible. Les Uizado ont été pour beaucoup dans la victoire qu'obtinrent les rebelles après des années. Vos ancêtres étaient alors considérés comme des héros historiques et légendaires, s'étant battu en première ligne et ayant remporté bien des victoires. C'est durant cette guerre que nos destins se sont liés. Sur sa fin, sentant sa défaite arriver, les décisionnaires du régime en place se sont mis en tête d'emprisonner les Kamis afin de les asservir et de se servir de leur puissance. J'ai été chassé longuement et un jour, j'ai été pris au piège, raconta-t-il la voix lourde. J'étais incapable de m'échapper ou de me défendre. Vos ancêtres sont venus à mon secours. Ils sont venus, ils m'ont libéré et ils m'ont protégé. Par la suite, ils m'ont aidé à secourir les Kami en difficulté. Ils ne m'ont jamais rien demandé en retour. La guerre terminée, je me suis lié d'amitié avec eux, j'ai appris à les connaître. Le pouvoir renversé, les Uizado de l'époque, aidés d'autres puissants qu'ils entraînaient dans leur sillage, ont réorganisé le gouvernement japonais et sa société. Ils ont instauré une ère de paix, de prospérité et de grandeur qui dure aujourd'hui encore pour le Japon. Pour cela, les Uizado sont une lignée très connue en nos terres, très respectée.

- Que s'est-il passé alors ? demanda Satoshi qui comme tous était pris dans l'histoire de leur famille.

- Après quelque temps, je me suis pris d'une très grande affection pour votre famille. Les Uizado avaient une vision très belle de la magie. Ils la respectaient énormément, ils la chérissaient et malgré le pouvoir qui était leur, ils n'étaient ni arrogants ni orgueilleux. Ils ne profitaient pas de leur puissance, restaient honorables et sans tache, soucieux des autres et du bien être de la société. Ils veillaient mais cela ne leur attirait pas que la sympathie. Ils avaient de nombreux ennemis. Les opposants, ceux que la dictature arrangeaient, ceux qui les jalousaient... Un jour, le domaine Uizado fut attaqué brusquement, en puissance. Certains de leurs alliés les avaient trahis et vendus. Ils ont faillis tomber ce jour là, mais je suis intervenu. Il faut savoir que les Kami ne font pas ce qu'ils veulent comme ils veulent. Je ne pouvais pas intervenir moi même. Alors j'ai envoyé mon âme gardienne. Une âme liée à la mienne, mon protéger, ma perle. Une âme qu'il m'a été donné de protéger et de chérir et qui pouvait être ma voix sur terre. J'ai envoyé mon gardien qui est intervenu pour sauver vos ancêtres. Le domaine de l'époque des Uizado fut cependant complètement détruit. Je les ai pris sous ma protection et une nouvelle demeure fut bâti sur mon domaine. C'est cette maison où vous vivez encore aujourd'hui.

Il marqua une pause, regardant avec douceur les humains qui l'écoutaient avec une très grande attention, l'air fasciné.

- Par la suite mon pouvoir leur profita beaucoup, ma protection et mon gardien les préservant de leurs ennemis. Mon gardien vécu alors parmi eux comme faisant parti de la famille. Lorsque l'incarnation humaine de mon gardien mourrait, arrivant au terme de sa vie, il se réincarnait. Nous étions tellement liés qu'il renaissait souvent en temps que Uizado. Lorsque ce n'était pas le cas et qu'il renaissait ailleurs, les Uizado allaient le chercher, le prenant lui et sa famille du moment sous leur protection et le ramenant auprès de moi. Longtemps, nous avons ainsi vécu heureux malgré les hauts ou les bas du monde autour de nous. Je n'avais jamais regretté mon choix de me lier à votre famille. Malheureusement, les choses ont changé avec le temps.

Il marqua une pause, tous attendant impatiemment la suite.

- Certains de vos ancêtres sont devenus arrogants et assoiffés de pouvoir. Doucement, ils ont commencé à profiter de leur position, de mon pouvoir, de mon gardien. Pour s'enrichir, pour soumettre d'autres... Ils devenaient des êtres d'une laideur qui m'exaspérait. Je suis pourtant resté. Je me disais qu'ils finiraient par entendre raison, que ce n'était qu'une passade. Je connaissais la famille depuis des siècles, elle avait toujours été admirable alors je n'ai pas voulu la condamner pour les erreurs de quelques uns. Mais les choses ont empiré. Ils se sont servi de mon gardien pour leurs seuls intérêts et il en a beaucoup souffert comme moi à travers lui. Je ne les reconnaissais plus. Et puis un jour, ils ont été attaqué en force par une famille rivale. L'attaque fut d'une grande violence. Mon gardien est allé les défendre, se battre pour eux, il est allé à leur secours sans hésiter. Mais ce jour là, les Uizado nous ont tourné le dos. Ils se sont cachés derrière mon gardien, le laissant se battre seul. Ils ont profité de sa protection. Rapidement, il s'est retrouvé débordé. Auparavant, la famille se battait avec lui, ce jour là, ils l'ont laissé seul et en voyant qu'ils allaient perdre, ils ont fuis, ils l'ont abandonné à son sort. Mon gardien est mort dans d'atroces souffrances ce jour là.

Le dragon garda un moment le silence, chacun sentant que ce souvenir lui était pénible. Et les Uizado ne purent s'empêcher de se sentir horriblement honteux que leurs ancêtres aient pu faire une telle chose. Ils attendirent patiemment et Rui reprit finalement après avoir regardé Kira un moment.

- J'étais hors de moi. Mais mon gardien avait sacrifié sa vie pour eux alors je n'ai pas voulu les détruire. Non, j'ai fais autre chose. Je les ai privé de leur magie, j'en ai fait des moldus en les privant de tout savoir ou de tout souvenir magique. Je les ai introduit au monde moldu et je les ai laissé se débrouiller. Pour le monde magique, les Uizado ont mystérieusement disparu, à cause des menaces qui pesaient alors sur eux pense-t-on. J'ai fait en sorte que le monde magique ne puisse jamais vous retrouver. Et puis je me suis endormi, j'ai pleuré mon gardien. Après cela, j'ai mis longtemps à retrouver son âme. Il était si triste. Il est resté auprès de moi sans se réincarner sur terre. Il a mis longtemps à s'en remettre mais il n'a jamais cessé de croire en vous. Il faut savoir que lorsqu'il s'incarne physiquement, mon gardien n'a aucun souvenir de ses vies précédentes ou de son temps passé avec moi dans les plans des âmes. Il est un enfant comme les autres. Mais sur les plans des âmes, il se souvient de tout ce que son âme à vécu. Il a continué de croire en vous sans jamais faillir. Des siècles durant, nous avons suivi votre évolution loin de toute magie croyant pourtant toujours en ma légende.

Il marqua une pause, observant Kira dormant profondément avant de reprendre :

- Et puis mon petit gardien est redevenu plus enthousiaste à votre égard. Il disait que vous retrouviez votre grandeur. C'était vrai. Vous retrouviez toutes vos qualités qui m'avaient tant plu autrefois. Vous avez aussi retrouvé votre respect de l'extraordinaire à travers moi et cette fois, cela fut une chose bien plus belle et importante pour moi parce que cette fois, vous ne saviez pas que la magie existait. Vous aviez simplement la foi et cela n'en n'était que plus fort. Vous retrouviez votre générosité, votre gentillesse, votre droiture, votre honneur. Mon gardien disait que vous méritiez de retrouver la magie. Il disait que vous étiez prêt, qu'il voulait retourner auprès de vous et que plus jamais cette nouvelle génération ne reproduirait les erreurs de vos ancêtres. Mais je n'étais pas convaincu et j'avais peur pour mon âme gardienne. Alors il a attendu.

Avec une immense douceur, il baissa le regard vers Kira et Akifumi avant de continuer.

- Lorsque tu es né Akifumi, il t'a adoré dans l'instant, dit-il en surprenant l'homme. Il disait que tu avais une âme brillante, un grand cœur. Il a suivi chacun de tes pas et il était chaque jour plus enthousiaste. Quand à moi, j'ai senti toute la foi que tu me portais et j'ai été touché. Lorsque mon âme gardienne a décidé de renaître pour te rejoindre, je ne l'ai pas empêché de le faire, lui promettant de tout faire pour vite trouver où il renaîtrait et faire en sorte de le ramener ici. Ni lui ni moi ne nous attendions à ce qu'il s'est passé. Il s'est réincarné avec une mémoire et un esprit neuf. Si l'âme, la page blanche, est toujours la même, son esprit, son cœur, son corps, sa mémoire, ses pouvoirs et sa puissance change à chaque nouvelle vie. Et bien sûr, il ignorait ce qu'il était tel un nouveau né. Il est venu au monde dans la peau d'un sorcier anglais extrêmement puissant, il avait une très bonne famille et situation, promis à une belle vie. Mais tout a dérapé et cela l'a amené à se retrouver chez les Dursley et a recevoir le traitement que vous connaissez, dit-il tristement. Il avait cru en toi Akifumi et tu croyais en moi sans flancher. J'espérais que tu aies le cœur et l'esprit pour entendre et voir mes signes. J'avais essayé d'en envoyer à d'autres Uizado avant toi mais jamais aucun n'avait retrouvé ce qu'il fallait pour m'entendre. Aucun n'avait l'esprit suffisamment ouvert, aucun ne croyait assez en moi et en la magie, aucun n'avait le cœur pour répondre. J'ai eu peur que tu ne m'entendes pas. Mais je me suis inquiété pour rien, dit-il avec un sourire dans la voix.

Il adressa un regard tendre au jeune père qui caressait les cheveux de son fils calé dans ses bras protecteurs :

- Tu n'as pas résisté à cette envie que je t'aie insufflé d'aller en Angleterre ce jour là, ni d'aller te promener en pleine nuit ce fameux soir. Tu as eu l'esprit assez aiguisé pour accepter ma présence et ma magie, me permettant de faire bouger ton pendentif pour te guider et tu m'as suivis. Ensuite, et bien tu as réagi comme je l'espérais pour aider mon petit gardien. Je t'en serais toujours reconnaissant. Tu l'as aimé, tu l'as chéri, tu l'as sauvé, tu l'as guéri, tu lui as donné une famille. J'ai été moi même surpris lorsque j'ai découvert un lien d'âme entre vous le jour de votre première rencontre physique. Les liens entre les âmes sont nombreux mais encore faut-il qu'elles se rencontre lorsqu'elles s'incarnent physiquement et se rendent compte de leur lien, là est la véritable difficulté. Lorsque j'ai dis que tu étais son père par l'âme, j'étais parfaitement sérieux. Lorsqu'il t'a vu la première fois lorsque nous t'observions, il a dû le sentir. J'étais très heureux qu'il t'ait trouvé et j'espérais que tu serais à la hauteur. Tu as dépassé toute mes espérances, comme vous tous, dit-il en regardant les autres. Vous avez été formidables avec lui. Vos âmes sont plus belles et fortes que celles de tout vos ancêtres. Vous l'avez soigné, vous l'avez accepté dans votre famille, vous l'avez protégé. Vous voir avec lui me poussait un peu plus chaque jour à me dire qu'il avait raison et que vous méritiez que je me réveille et que je réveille votre magie.

- Aujourd'hui était un dernier test n'est-ce pas? comprit Akifumi.

- Oui. Je savais que Voldemort viendrait. Il cherchait Kirarin depuis un moment et ce n'était qu'une question de temps avant que cela n'arrive. Je ne pouvais pas l'empêcher de le trouver. Jamais je ne l'aurais laissé toucher mon petit gardien mais je voulais voir ce que vous feriez. J'avais encore la crainte de voir le passé se reproduire. Il vous aime tellement que je savais qu'il voudrait vous protéger. Cela n'a pas raté. J'ai dissimulé ma présence à Voldemort pour qu'il ne se doute pas que j'étais là. Avec mon temps de sommeil de plusieurs siècles, mes protections autour du domaine étaient faibles. Il n'a pas eu de mal à entrer et Kirarin n'a pas tardé à intervenir pour vous protéger. Je l'ai laissé faire afin de voir ce que vous feriez. J'ai eu peur de vous voir rester sagement derrière lui ou même de vous voir l'abandonner. J'étais terrifié à l'idée de le voir revivre ce cauchemar. Si vous n'aviez rien fait, je l'aurais secouru mais je vous aurais laissé à votre sort, je ne vous le cacherais pas. Vous étiez face à une chose complètement inconnu mais vous saviez pourtant que vous ne pouviez pas le combattre, que vous n'aviez aucune chance contre Voldemort et sa magie. Pourtant, pas un seul d'entre vous n'a imaginé ne serait-ce qu'une seconde à s'enfuir sans Kirarin. Lorsqu'il vous a protégé, vous avez tous cherché férocement à le rejoindre quitte à vous mettre en danger. Et toi Akifumi, ta volonté était telle que tu es parvenu à passer sa barrière. Tu n'imagines même pas toute la force mentale, tout l'amour qu'il faut que tu ressentes pour lui pour y parvenir. Tu es passé, tu t'es interposé, tu as refusé de le laisser, tu n'as pas hésité à le protéger de ta vie et même lorsque cette magie de mort allait te toucher, tu ne pensais qu'à lui, priant pour que je vienne le sauver lui sans égard pour ton propre bien être. J'ai alors su qu'il était temps que je revienne, que vous étiez prêt et que vous méritiez de récupérer ce que je vous avais retiré.

Rui se tut ensuite, les laissant assimiler toute cette histoire, ceux qui n'étaient pas des Uizado de sang restant stupéfaits par tout ceci. Le silence perdu longuement avant d'être brisé par Setsuna :

- Rui-sama, pourquoi ce Voldemort veut tuer Kira ? demanda-t-il en attirant de nouveau l'intérêt général.

- Kirarin est très particulier et dans cette vie, il semble que sa vie ne se résumera pas à moi et aux Uizado. Son âme est restée très longtemps auprès de moi sans se réincarner. Cela n'arrive jamais en temps normal. Il a passé beaucoup de temps baigné dans un monde de magie pure et lorsqu'il s'est réincarné, il est né extrêmement puissant pour un sorcier, plus que je ne l'ai jamais vu. Cela a en partie façonné sa vie. Mais ce n'est qu'un morceau du puzzle. Je ne connais pas tout les détails de ce qui a engendré cette situation, mais je vais vous dire ce que je sais. Kirarin est né dans le monde magique britannique d'un père sang pur, James Potter et d'une mère née moldue, Lily Potter. Mais ce fut bien avant sa naissance que cela commença. Il y a quelques dizaines d'années maintenant, un sang mêlé puissant est né en Angleterre. Il s'appelait Tom Marvolo Riddle. De ce que je sais, son enfance ressemblait à celle de Kira. Il a grandi dans un orphelinat moldu, maltraité pour sa magie accidentelle, haït pour sa différence jusqu'à découvrir le monde magique en entrant à l'école à onze ans. Il fut un élève prodigieux, un véritable génie. Lorsqu'il est sorti de l'école, il a voyagé avant de revenir en Angleterre et de devenir politicien.

Il marqua une pause, semblant réfléchir un instant avant de reprendre en soupirant :

- L'Angleterre connaissait alors et connaît toujours des problèmes de société profonds et de plus en plus graves bien que cela ne dérange pas grand monde là bas. Riddle voulait, ou affichait néanmoins l'ambition de combattre ces problèmes et de changer le monde magique britannique, de le pousser vers le haut. Très vite, il a rassemblé une bonne partie de la noblesse autour de lui et de sa cause. Beaucoup de monde s'est mis à le suivre devant son discours très pertinent et les véritables problèmes qu'il soulevait. Il proposait des solutions qui pouvaient parfois sembler radicale mais il parvenait à convaincre que c'était justifié et cela l'était. Il fallait juste un dirigeant ayant le courage de bousculer les choses. En face de lui, l'opposition était principalement incarnée en un homme, un sorcier nommé Albus Dumbledore très puissant en Angleterre. Un homme héros de guerre, considéré comme un sage et un guide, comme le bien incarné, dit-il d'un air moqueur, et qui se targue de se battre pour « le plus grand bien ».

Il s'arrêta un instant, l'air s'alourdissant autour de lui :

- Il est certain que cet homme n'est pas celui qu'il prétend et que beaucoup croient qu'il est. Il est responsable des souffrances de Kirarin, grogna-t-il. Il est très influent en Angleterre et il l'est depuis longtemps. Il était le principal opposant à Riddle avec le gouvernement en place et une bonne partie de la population qui n'était pas vraiment apte à juger de mon avis. Ce fut alors une bataille de politicien, d'idées et de convictions. Puis Riddle a commencé à changer. Certain diront qu'il se révélait vraiment, d'autres qu'il s'était perdu dans le pouvoir, d'autres qu'il s'était passé une chose que personne ne saurait définir. Quoi qu'il en soit, il s'est fait plus brutal, plus radical, plus violent. Cela jusqu'à déclencher une véritable guerre. Les deux camps ce sont affrontés de manière de plus en plus sanglante. Les discours se sont radicalisés et bientôt, Riddle devenait aux yeux de tous, un monstre assoiffé de sang et de torture appelé Voldemort. Dumbledore devenait lui, le chevalier blanc le combattant. Les parents biologiques de Kirarin suivaient Dumbledore, James se battait avec lui. Kirarin est né et je ne sais pourquoi mais Voldemort s'est mis en tête de détruire les Potter. Beaucoup pensent que c'est parce que James était une figure de l'opposition face à lui et qu'il voulait porter un coup à ses ennemis. Il voulait peut-être tuer Kirarin pour désespérer James. Je ne saurais le dire.

Il marqua un nouvel arrêt, vérifiant que tous suivaient avant de poursuivre :

- Les Potter ce sont cachés, Dumbledore leur disait qu'ils étaient en sécurité, mais il a fini par les trouver. Il les a attaqué la nuit du trente et un octobre 1981. James a tenté de s'interposer pour laisser sa femme et son fils s'enfuir. Mais il n'a pas tenu longtemps et Voldemort l'a tué avant de poursuivre Lily. Elle a tenté de protéger son fils en s'interposant devant lui. Elle a refusé de s'écarter et a sacrifié sa vie pour lui. Lily morte, Voldemort s'est tourné vers Kirarin et il a tenté de le tuer. Seulement Lily, adepte de veilles magies et sorcière très douée, avait dressé de très veilles protections puissante autour de son enfant. En sacrifiant sa vie par amour pour lui, elle a activé ses protections qui interdisaient à Voldemort de toucher Kirarin. Alors quand il a lancé son sortilège de mort pour le tuer cette nuit là, le sort a ricoché sur les barrières de Lily et il a frappé Voldemort lui même, le détruisant presque, le réduisant à l'état de spectre. La violence magique fut telle qu'une partie de l'âme de Voldemort s'est déchirée et s'est profondément accrochée au seul être vivant présent : Kirarin, le marquant de cette cicatrice. Peu de personnes savaient ce qu'il s'était réellement passé chez les Potter cette nuit là. Dumbledore faisait parti de ceux là. Il fut un des premiers à arriver chez eux après le désastre. Pourtant ce soir là, il a fait croire à tous que Kirarin avait vaincu Voldemort et que celui-ci avait été détruit.

- Il a menti, constata Rengu. Pourquoi ?

- Pour manipuler les autres à sa guise et surtout pour se servir de Kirarin, révéla le dragon. Kirarin fut élevé en héros ce soir là. Le Survivant, Celui-qui-a-survécu, c'est ainsi qu'on l'appel en Angleterre. La guerre prit fin, le camps de Dumbledore vainqueur, les partisans de Voldemort mis en déroute. Et la paix revint, la situation étant la même sinon pire qu'avant la guerre. Kirarin n'avait plus de famille et de son influence, Dumbledore a obtenu le droit de décider de son avenir. Tous savaient que James avait confiance en lui et le prenait comme un mentor et presque comme un grand père. Cela n'a choqué personne. Il y avait deux possibilités : soit la tutelle de Kirarin était donnée à une famille d'accueil sorcière, soit elle revenait à la seule famille de sang qui lui restait, la sœur de Lily, Pétunia Dursley. Sous prétexte que les protections de Lily ne fonctionneraient plus s'il n'était pas avec sa famille de sang, sous prétexte de le protéger des partisans de Voldemort toujours libres cherchant vengeance et sous prétexte de lui donner une enfance tranquille loin de sa célébrité dans le monde magique, il confia Kirarin aux Dursley qui savaient quelle était sa nature. Mais cela n'était qu'un écran de fumée. Les protections de Lily ne fonctionnaient pas ainsi, elles protégeaient Kira de Voldemort uniquement. Il le savait et il savait aussi que les Dursley haïssaient James et Lily, qu'ils haïssaient la magie. Il savait que Kirarin vivrait un enfer chez eux.

- Il savait ?! s'exclama Akifumi en rage. Il savait et il l'a fait ?!

- Oui, parce que c'était ce qu'il voulait. Je ne sais pas tout de ce qu'il s'est passé parce que je n'ai pu voir que certaines des choses qui entouraient mon petit gardien, il m'a pourtant été donné d'en voir assez sur Dumbledore pour comprendre ce qu'il voulait. Dumbledore voulait se servir de Kirarin. Il savait qu'il était extrêmement puissant et héritier de la lignée des Potter. Il l'a élevé en héros très populaire. Mais parallèlement, il l'a envoyé en enfer volontairement pour le briser. Personne ne s'est jamais inquiété de son sort, ayant toute confiance en Dumbledore. Il voulait briser Kirarin.

- Pourquoi ? demanda Kahei aussi horrifié que tous.

- Parce que lorsqu'il aurait eu onze ans, Kirarin aurait enfin appris ce qu'il était et il serait entré, comme tout les sorciers de son âge, dans une école de magie, Poudlard, dirigée par Albus Dumbledore, révéla-t-il. Kirarin aurait eu l'impression d'être sauvé de son enfer avec certainement l'espoir d'une meilleure vie. Traumatisé comme il l'aurait été, il aurait été très fragile. Dumbledore, qui adore se faire passer pour un gentil grand-père aimant et soucieux du bien être de ses élèves, n'aurait alors eu aucun mal à se placer en tant que mentor pour lui, pour l'orphelin qu'il était. Tout le monde savait qu'il était un ami proche des Potter. Cela aurait stimulé la confiance de Kira. Dans son état, il serait certainement tombé dans le piège. Dumbledore aurait pu le manipuler pour le mettre lui et sa puissance dans sa poche et s'en servir pour son propre profit, pour sa popularité et son pouvoir. Il ne fait aucun doute pour moi que c'était là le but recherché même si je ne sais comment il s'y serait pris exactement.

- Cet homme est fou, murmura Yuma scandalisée.

- En effet. Il est dangereux, appuya le dragon. Seulement, nous sommes intervenu. Dés l'instant où Akifumi a passé son pendentif à Kirarin, j'ai pu étendre mon pouvoir autour de lui pour le faire disparaître de toute perception du monde magique que je n'aurais pas approuvé. Je l'ai caché, dissimulé. Dumbledore et le monde magique ne se sont rendu compte de sa disparition que lorsqu'il s'est fait introuvable pour entrer à Poudlard à ses onze ans. Dumbledore a découvert que les Dursley l'avaient vendu et il l'a cherché. L'habilité de votre homme de main, ce cher Seigi et ma magie ont fais que jamais il n'a trouvé la moindre piste. Mon pendentif autour du cou ou à l'abri ici sur mes terres, je pouvais le préserver de toute détection magique et le garder caché. Cela a quelque peu agacé Dumbledore. Il le cherche encore d'ailleurs alors que la disparition de Kirarin lui a porté un coup. Mais il ne le trouvera pas.

- Et Voldemort ? Comment est-il revenu ? demanda Tsukiyo.

- J'y viens. Le soir de la mort des Potter, il ne fut pas détruit, seulement grandement affaibli. Au fil des ans, il a repris des forces. Je ne sais comment il a fait mais il a trouvé un moyen de revenir à la vie véritablement. Kirarin en a rêvé mais nous n'avons pas assez d'informations pour savoir comment il a fait. En juin, lorsqu'il s'est réveillé en hurlant de douleur avant de tomber longuement inconscient, c'est cette nuit là que Voldemort est revenu.

- Le fait qu'il ait tant souffert et qu'il soit malade à l'anniversaire de la mort de James et Lily, c'est à cause de Voldemort ? demanda Akifumi.

- Oui. Voldemort a une âme déchirée, chargée d'une puissante magie viciée et néfaste, destructrice. Il ne se servait presque exclusivement que de magie noire à tel point qu'il avait déséquilibré son pouvoir pour le rendre seulement noir. Ce fameux soir d'Halloween, un morceau de son âme s'est accrochée à Kirarin, profondément. Cela a créé un lien entre eux. La présence de cette énergie est un mal pour lui mais cela n'a pas trop d'effet la plus part du temps. En revanche, entre le vingt neuf Octobre et le quatre Novembre, c'est Samain, une semaine où naturellement, la magie noire naturelle s'accentue terriblement partout dans le monde. Le morceau d'âme de Voldemort étant gorgé de magie noire, il s'agite durement en réaction à Samain, mettant Kirarin dans cet état, dit-il en baissant les yeux sur lui. Les trois premiers jours, l'énergie monte, elle atteint son pique le premier puis redescend. Kirarin suit cette évolution. Il y a cela et le fait qu'en présence de Voldemort, ce morceau d'âme s'agite, réagissant à la présence et au pouvoir de son propriétaire d'origine, faisant souffrir son hôte.

- Je vois, mais pourquoi Kira n'avait jamais vécu cela avant d'arriver chez nous ? questionna le jeune père.

- C'est à cause de moi malheureusement, déplora Rui. Auparavant, à Samain, Kirarin était pris de violentes migraines et de fièvre mais pas comme maintenant. Voldemort était faible, cela amoindrissait le phénomène. Mais je suis involontairement responsable de son aggravation. J'ai entouré Kirarin de mon pouvoir pour le protéger et le cacher, le garder en sécurité. Seulement, cette chose en lui déteste mon pouvoir et se débat d'autant plus en sa présence pour se défendre contre ma magie qui ne lui est pas du tout agréable. C'est pour cela que Kirarin subit cela mais je ne pouvais pas faire cesser ma magie autour de lui de peur de voir le monde magique le repérer. Vous savez maintenant que le monde magique repère tout moldu assistant à un phénomène de magie, en jeune enfant faisant de la magie avant sa majorité et hors d'une école ou un être magique faisant de la magie ou montrant des choses magiques à des moldus. Pour empêcher que cela arrive, pour protéger Kirarin, pour empêcher que l'on tente de vous effacer la mémoire et de vous enlever mon gardien et pour lui permettre de continuer à faire de la magie et à vous la montrer, je n'ai pas pu faire cesser mon pouvoir une seconde autour de lui et de vous. Si les sorciers vous avez découvert, ils n'auraient pas reconnu les Uizado comme je l'ai voulu pour vous garder dans le monde moldu. Ils auraient voulu vous effacer la mémoire et compte tenu de la puissance de Kirarin et de qui il est en Angleterre, on aurait pu vous le retirer de force. Dumbledore aurait pu le retrouver. Ce n'était pas acceptable.

Il garda le silence un instant, tous ne pouvant que suivre son raisonnement malgré que cela fasse vivre un calvaire à leur cadet chaque année.

- Alors comment Voldemort l'a retrouvé ? demanda Rengu.

- Depuis qu'il est revenu, il n'a qu'une obsession : se venger de Kirarin. Il veut le faire souffrir, le tuer et s'en vanter auprès de tous pour montrer que personne ne peut le vaincre. C'est pour ça qu'il l'a cherché. C'est grâce à son morceau d'âme et au lien qu'il crée entre eux qu'il a pu le retrouver sans que je puisse l'empêcher.

Une nouvelle fois, le silence retomba lourdement, tous assimilant et réfléchissant mais très vite, il y eut une constatation générale et Akifumi reprit la parole :

- Il est certain que Voldemort n'en restera pas là. Il va chasser Kira. Que doit-on faire maintenant ? demanda-t-il avec inquiétude.

- Plusieurs choix s'offrent à vous. Tout d'abord, sachez que Voldemort ne reviendra pas de si tôt. Les Kami ne peuvent pas utiliser leur pouvoir comme ils le veulent et ne peuvent faire ce qu'ils veulent. Comme toutes les créatures magiques, nous sommes soumis à certaines lois. Cependant, en venant sur mes terres, Voldemort m'a permis d'user de toute ma puissance contre lui. Je ne peux pas le détruire. L'être qu'il est devenu sera très difficile à éliminer. Mais j'ai pu faire autre chose. Je l'ai attaqué de toute ma puissance, cela va grandement l'affaiblir pour un bon bout de temps. Il va mettre des années à s'en remettre. Ensuite, je lui ai fait oublier qu'il avait retrouvé Kirarin. Il oubliera qu'il l'avait trouvé, où et avec qui. Pour lui, ce sera comme s'il ne l'avait pas trouvé, qu'il n'était jamais venu et qu'il ne s'était rien passé. Il se demandera sûrement ce qui l'a affaibli de la sorte mais il sera incapable de s'en souvenir. Lui ou son serpent. Je l'ai renvoyé en Angleterre. D'ici à ce qu'il retrouve suffisamment de force pour se remettre à la recherche de Kirarin, je sais que mon petit gardien pourra trouver en moyen de bloquer le lien qui l'uni à lui, de le brider pour l'empêcher d'être retrouvé.

- Nous avons donc du temps, remarqua Satoshi.

- Oui. Il y a une chose que j'aimerais faire, posa le dragon en baissant les yeux sur Akifumi. Grâce à la magie, je peux tisser entre vous un lien de sang véritable, comme s'il était véritablement ton fils de sang, expliqua-t-il en ébahissant tout le monde. Il gardera le sang de ses parents d'origines mais son influence sera amoindri au profit du tient. Ce sera comme si tu étais vraiment son père dans tout les sens du terme. Comme tu es seul et que je ne change pas sa mère, il gardera des traits de Lily mais il changera aussi d'apparence pour te ressembler. Cela ne fera que le cacher davantage aux yeux de Voldemort et de Dumbledore en plus de le protéger légalement en faisant de toi son père. C'est important pour le monde magique. Il deviendra alors quasiment impossible de faire le lien entre lui et Harry Potter. Pour les moldu, ce sera comme s'il avait toujours été ainsi et je ferais en sorte que tous oublient son ancienne apparence au profit de celle-ci. Lui est entièrement d'accord avec cette possibilité. Qu'en penses-tu Akifumi ?

- La question ne se pose même pas, répondit le jeune homme en faisant sourire tout le monde. Kira est mon fils aujourd'hui et pour toujours. Si la magie peut me permettre de faire cela et si c'est là ce qu'il veut, ce sera avec une grande joie. Surtout si cela peut le protéger davantage.

- Je posais la question par acquis de conscience, s'amusa le Kami en faisant sourire tout le monde. Ensuite, parlons de vous. Aujourd'hui, vous avez mérité de retrouver votre Magie. Je vais donc vous rendre vos pouvoirs et votre nature d'origine, dit-il en les ébahissant. Vous qui travaillez pour la famille, continua-t-il en regardant les employés de la maison ainsi que Haiko et Hideaki, vous qui faîte partie de la famille par le cœur, vous qui avez choyé mon petit gardien, vous qui n'auriez pas hésité à risquer vos vie pour lui, je vous ferais également don de la magie comme à ce cher Seigi et à Soren aussi précieux à la famille. Vous deviendrez ou redeviendrez des êtres magiques. Si vous le voulez bien.

Il les balaya du regard en leur laissant un moment et tous se regardèrent ébahis et déstabilisés. Il ne fallut pourtant pas une seconde à Akifumi pour accepter, vite suivi de Setsuna, Hayate, Kahei, Haiko, Satoshi puis tout les autres sans exception.

- Bien, acquiesça Rui la voix douce. Je vais lever toute la magie que j'avais posé sur votre lignée. Vous pourrez reprendre votre place dans le monde magique. Je vais également vous transmettre à chacun, les connaissances et savoirs que vous auriez eu à votre âge en grandissant dans le monde magique. Je vous transmettrais tout ce que vous devez savoir pour entrer dans ce monde sans mal et y retrouver votre place. Ainsi vous ne serez pas perdus et vous pourrez vous débrouiller. Je serais avec vous de toute manière, j'ai bien assez dormi maintenant, s'amusa-t-il. Ensuite, ce sera à vous de décider ce que vous voulez faire et comment vous voulez vivre.

- Et Kira ? demanda son père.

- Il va rester endormi encore quatre jours. Lorsqu'il se réveillera, il aura besoin de repos et de soin. Je lui transmettrais également certaines choses sur la magie et le monde magique. Je lui raconterais ce que je viens de vous raconter. Avec ce que je vous ai déjà montré, vous vous êtes aperçu que Kirarin n'était pas un sorcier ordinaire.

- Il n'utilise ni baguette, ni geste, ni incantation, remarqua Setsuna. Il utilise des magies rares à un très jeune âge.

- Cela parmi bien d'autres choses, acquiesça le Kami. Sa manière d'utiliser la magie est totalement inédite pour moi. Inédite mais totalement fantastique et très belle. La vie qu'il a eu aura eu le mérite de lui faire aborder la magie d'une manière très différente de ce qui est connu, sans préconçu ou formatage d'un professeur. Ironiquement, c'est loin du monde magique et avec une vie moldu qu'il aura appris la plus belle manière de faire de la magie que je n'ai jamais vu. Lorsque je vous aurais transmis le savoir, vous vous rendrez encore plus compte que ce qu'il fait est formidable et extraordinaire. Je vais lui transmettre tout ce que je peux mais sa pratique de la magie restera unique et très différente. C'est une très bonne chose, ce qu'il fait est magnifique. Avec ce que je vais vous apprendre, vous saurez vous servir de baguettes comme tout les sorciers. Il pourra peut-être vous apprendre comment il fait mais votre pratique sera celle de tout les sorciers dans un premier temps. Il se réveillera donc avec beaucoup de savoir supplémentaire. Ensuite, nous verrons ce qu'il se passera, ce que vous déciderez de faire. Cependant, je doute que l'on puisse garder Kirarin loin de Voldemort, de Dumbledore et de l'Angleterre. Malheureusement, son destin est lié à tout cela maintenant. Il aura besoin de nous pour l'aider, de nous tous. Nous avons le temps et nous ne pouvons dire ce qu'il se passera mais il faudra se préparer à l'éventualité de voir Voldemort revenir.

- On sera prêt si cela devait arriver, assura Akifumi en serrant son fils avec protection.

- Je n'en doute pas, répondit le dragon. Il va certainement vous falloir du temps pour vous faire à tout cela alors dans un premier temps, je suggère un peu de repos et de réflexion pour tous. Vous pouvez venir me voir et me poser vos questions quand bon vous semblera, je serais avec vous, dit-il avec douceur. Je suis ravi d'avoir retrouvé la famille que j'ai tant aimé et que j'aime de nouveau aujourd'hui. Maintenant, vous allez dormir. Lorsque vous vous réveillerez, vous aurez le savoir dont je vous ai parlé et toute les cartes en mains pour vraiment réfléchir à tout cela.

Il les balaya d'un regard tranquille, les trouvant secoués et fatigués sans surprise. Il se servit alors de sa magie, irradiant d'une lumière blanche intense. Lorsqu'elle s'éteignit, tous étaient profondément endormis. Rui porta un regard protecteur sur eux. Finalement, les Uizado étaient redevenus ceux aux côtés desquels il s'était battu. Ils étaient redevenus aussi brillants et beaux que par le passé et peut-être mieux encore. Son petit gardien avait eu raison : une nouvelle ère commençait pour eux et il se promit de mieux veiller sur cette famille qui était aussi la sienne depuis tant de millénaires.

Lorsqu'il se réveilla, la première chose qui frappa Akifumi bien avant d'ouvrir les yeux était qu'il avait mal à la tête. Une seconde plus tard, il se rendit soudain compte qu'il savait des choses qu'il ignorait auparavant. C'était comme si une vie d'expérience et de connaissances s'étaient imprimées en lui. Il savait désormais tout ce qu'il y avait à savoir sur le monde magique, sur son fonctionnement, sur ses traditions, son histoire... tout. Et il savait comment faire de la magie et lancer des sorts. C'était incroyable. Et très vite, il se souvint de ce qu'il s'était passé, se réveillant alors brusquement, cherchant immédiatement Kira. Il s'apaisa pourtant très vite en le trouvant dés qu'il ouvrit les yeux. Ils étaient dans la chambre médicalisée de la demeure. Il était allongé dans le lit avec Kirarin qui dormait profondément, un masque à oxygène sur le nez l'aidant à respirer et des perfusions de nouveau en place. Pourtant, une chose avait changé et non des moindres. Visiblement, Rui n'avait pas traîné pour former leur lien de sang. Kira avait changé d'apparence et le père se mit à sourire largement en le découvrant et en découvrant qu'il lui ressemblait beaucoup. Il était tellement beau. Il semblait être métisse japonais européen. Son teint avait pris des couleurs, restant toutefois plus clair que celui du japonais moyen. Ses cheveux restaient indomptables mais ils étaient passés au même noir profond que lui. Sa cicatrice en forme d'éclair s'était faite pratiquement invisible. Ses yeux n'avaient pas cette forme caractéristique des japonais mais ils avaient pris une belle forme en amande lui donnant un regard doux. Et ses traits avaient changé pour lui donner une ressemblance flagrante avec son père. Le regardant, Akifumi fut profondément ému. Délicatement, il l'avait pris dans ses bras, se rapprochant de lui et se reposant avec lui, se promettant de veiller sur son fils adoré et de le protéger de sa vie s'il le fallait.

Tous se réveillèrent progressivement après lui, rendus très confus par toutes les connaissances que Rui leur avait transmis. Mais maintenant, c'était comme s'ils avaient toujours vécu dans le monde magique. La majorité eurent bien du mal à retrouver leurs esprits. Seul quelques personnes n'eurent que peu de difficultés : Akifumi, proche de Rui et de la magie à travers son fils depuis des années, Setsuna, Hayate et Kahei qui étaient fascinés par le sujet depuis l'arrivée de Kira qu'ils suivaient attentivement, lui posant montagne de questions chaque jour. Les trois garçons se réveillèrent d'ailleurs surexcités par tout ce qu'ils savaient désormais, se transformant en moulin à parole sautant partout. Ils s'étaient cependant très vite calmés, revenant aussitôt au chevet de Kira dont l'état les inquiétait beaucoup. Dans les quatre jours qui suivirent et où Kira resta endormi, tous restèrent tranquilles à son chevet, assimilant tout ce qu'ils avaient appris et en discutant entre eux. Ils s'émerveillaient sur le monde magique, comprenant aussi quelle y était leur place alors qu'ils se souvenaient maintenant de toute l'histoire de leur famille, de leur pouvoir, de leur rôle. Mais ce qui les inquiétait le plus était Voldemort. Tous étaient choqués par ce qu'il s'était passé et par la peur qu'ils avaient eu en voyant Kira l'affronter pour les protéger. Ils comprenaient aussi pourquoi Rui avait agi comme il l'avait fait, honteux que leurs ancêtres aient tourné le dos au dragon et à son envoyé mais ils étaient maintenant très fiers d'avoir de nouveau sa confiance.

Ils prirent donc quelques jours pour se remettre de tout ça et mettre de l'ordre dans leurs têtes. Très rapidement, Seigi, l'ami et homme de main d'Akifumi et Soren, le garde et ami de Rengu avaient débarqué en catastrophe, eux aussi inclus dans l'opération en tant que proches amis de la famille. Ils ne vivaient pas sur le domaine comme les autres mais ils étaient tout de même de la maison par le cœur. Kira adorait d'ailleurs Seigi qu'il avait remercié de nombreuses fois d'avoir fait en sorte que son papa puisse l'adopter sans problème. Et l'homme s'était aussi chargé des Dursley même si Kira n'était pas vraiment au courant. Une fois Kira définitivement à l'abri, il s'était chargé de leur cas. En quelques années, l'entreprise de Vernon avait fait faillite, il avait perdu son travail et n'en n'avait jamais retrouvé. Ils avaient eu droit à nombres d'arnaques en tout genre. Bien sûr, ils n'avaient jamais vu la couleur de l'argent qu'ils croyaient avoir reçu pour céder Kirarin et par dessus le marché, ils avaient eu des déboires avec la justice pour ces énormes faux gros chèques. En grandissant, Dudley n'avait pas manqué de devenir un véritable petit délinquant qui n'échappa pas aux conséquences de ses actes. La famille s'était peu à peu détruite, ruinée et sans ressource, les problèmes ne cessant de leur tomber dessus. Le couple avait divorcé, tout les deux au fond du trou. Vernon était tombé dans l'alcool, allant lentement vers le suicide, Pétunia pensait à partir loin ou personne ne la connaissait, devenue la risée de son quartier, et Dudley multipliait les bêtises, s'attirant les problèmes qui allaient avec. Akifumi avait tout suivi avec son homme de main, ravi et ne se sentant pas une seconde mal de faire payer ainsi à ces gens qui avaient fait tant de mal à son fils.

Les deux hommes les rejoignirent donc, s'empressant de venir voir Kira toujours profondément endormi, cela lui épargnant la douleur. Une autre découverte tranquille en ces jours de repos fut d'explorer leur maison redevenue magique. Elle restait la même d'apparence, pleine de la tradition japonaise mais certaines pièces étaient rendues plus grandes par magie, un laboratoire de potion et sa réserve étaient apparus, une bibliothèque gigantesque était ouverte, le dojo était beaucoup plus vaste, une armurerie magie s'était ajoutée, comme de vastes espaces de réception... Plusieurs pièces apparurent de la sorte, les dimensions intérieure magiquement modifiées bien que la demeure reste la même de l'extérieur. Bien des objets avaient également fait leur apparition, issu de leur histoire, de la magie. La famille avait aussi pris soin de Yashiro qui avait été blessé par Voldemort. Suzumi, Natsuki et Tsukiyo s'étaient occupées de lui, le Kitsune ayant retrouvé sa petite taille. Elles l'avaient soigné et finalement installé près de Kira que la petite créature avait manifestement voulu rejoindre. Katsuo quand à lui, ne quitta pas son maître un instant, allongé au pied de son lit.

Ces jours ne furent superflus pour personne, tous en profitant pour parvenir à reprendre complètement leurs esprits et s'habituer à toutes les nouvelles connaissances que Rui leur avait donné. Kirarin se réveilla finalement au bout de cinq jours, très faible et épuisé mais son état revenu à la normale. Il fut d'abord un peu paniqué en ouvrant les yeux, cherchant son père avec agitation. Il fallut un long câlin serré dans les bras d'Akifumi pour qu'il se calme et s'aperçoivent que son père allait bien et était en pleine forme, l'adolescent encore paniqué qu'il ait été touché par Voldemort. Il s'était apaisé dans les bras de son père, épuisé et confus. Il avait eu du mal à se reprendre mais la première chose qu'il avait alors voulu avait été de voir à quoi il ressemblait, l'air tout à fait au courant du lien de sang établi par Rui. Tous avaient d'ailleurs admiré le changement chez lui. On avait amené un miroir pour l'adolescent assis avec son père dans son lit. Kirarin avait semblé fasciné par son visage qui n'avait plus rien à voir avec l'ancien mais qui ressemblait à son père. Il n'avait gardé que ses yeux d'émeraudes. Il s'était longuement observé, blotti contre Akifumi, tout deux très émus par ce changement faisant définitivement d'eux un père et son fils sous tout les aspects.

Les jours suivants, Kirarin avait été cloué au lit, très affaibli mais désormais sortit de la maladie et de la souffrance. Il s'était lui aussi réveillé avec de nouvelles connaissances qui semblaient cependant bien plus vastes que pour les autres. Cela passa pourtant un peu au second plan pour lui alors qu'il avait désormais appris ce qui avait réellement fait sa vie, pourquoi il avait souffert ainsi. Cela fut difficile à avaler pour lui et il eut besoin de son père et de sa famille pour en parler. La semaine suivante, tous décidèrent de commencer par reprendre le cour de leur vie normalement et de prendre le temps de réfléchir avant de faire quoi que ce soit. Kira put regagner sa propre chambre pour se reposer, les plus jeunes retournèrent en cours, les adultes au travail alors que tous assimilaient encore ce qu'il s'était passé.

Le week-end suivant, Kira parvint enfin à se tenir debout et à marcher un peu. Ce fut alors tous ensemble qu'ils se rendirent au temple de Rui où le dragon dormait en lieu et place de la statu qu'il y avait là auparavant. Le Kami fut ravi de voir Kira, l'accueillant entre ses pattes pour le faire asseoir. Le dragon prit la direction de la discussion, annonçant à son gardien qu'il avait une surprise pour lui. Ce fut très curieux que tous virent alors une forme ondulante arriver de l'arrière de la vaste salle. Rapidement, ils comprirent ce dont-il s'agissait : un petit dragon. Un dragon japonais entièrement noir d'environ deux mètres de long. Dans son allure générale, il ressemblait à Rui et à tout les dragon pourtant, lorsqu'il fut plus près, les différences avec les dragons qu'ils avaient déjà vu sautèrent aux yeux. Il avait une tête beaucoup plus douce, avec un petit air de loup. Il avait un long museau avec un nez ressemblant à celui des cerfs. On ne voyait aucune dent dépassant de ses fines babines. Il avait des traits délicats, de beaux yeux en amandes couleur d'or intense. Des moustaches fines aussi longues que son corps encadraient sa gueule, ondulant autour de lui comme flottant dans l'eau. Il avait des oreilles comme celles des chevaux néanmoins plus longues et se couchant vers l'arrière de sa tête. Elles étaient couvertes d'un doux duvet noir. Il avait une belle crinière fine et légère courant sur toute la longueur de son corps, ornant le bout de sa queue de mèches plus longues et fournies. En regardant bien, quelques crins d'ors couraient parmi les noirs. Il avait de minces pattes délicates ornées de griffes d'ors, ses coudes et ses jarrets habillés de fanons semblables à ses crins. Ses écailles luisaient doucement et il n'avait pas de cornes.

La créature avança, ondulant dans l'air juste au dessus du sol. Une impression de grande délicatesse et de grâce émanait d'elle alors qu'elle était totalement silencieuse, évoluant avec une lenteur envoûtante. Le dragon alla directement vers Kirarin, se posant devant lui et le regardant avec une grande bienveillance. L'adolescent l'observa l'air de parfaitement comprendre pourquoi il était là et ce qu'il était. Il sourit avant de tendre une main vers lui pour caresser sa joue, la créature émettant un doux grondement.

- Comment t'appelles-tu ? demanda-t-il.

- Yoite, répondit le dragon dont la voix enchanteresse raisonna dans l'air sans qu'il ne remue la bouche.

- Il est magnifique, murmura Setsuna.

- Il l'est parce que Kirarin l'est, fit remarquer Rui. Yoite est très spécial. Il est un dragon spirit. Un dragon qui ne vit qu'à l'état spirituel et immatériel dans les plans de magie pure. Lorsqu'il prend forme physique, il doit se lier à un être magique. Son pouvoir dépend en grande partie de la puissance de celui qu'il choisit. Et son apparence, son aura, sa magie,... tout en lui reflète les traits prédominants de son lié. Parce que son lié lui permet de venir sur terre physiquement, en échange, le spirit veille sur celui qu'il a choisi, l'assiste et reste à ses côtés.

- C'est un ami, ajouta Kirarin avec émotion alors qu'il caressait le dragon ronronnant. Tu es venu de toi même, remarqua-t-il en le regardant. Pourquoi moi ?

- Parce que tu m'as émerveillé par la manière dont tu fais de la magie, dont tu l'as comprend et la sublime. Je vis depuis des siècles baigné dans une magie pure et pourtant, je n'ai jamais vu une telle merveille et je prétend encore moins pouvoir en faire de même. Je voulais venir t'accompagner pour en voir plus et j'aimerais pouvoir te suivre. J'ai vu ce qu'il s'est passé et j'ai demandé à Rui de me laisser venir auprès de toi afin de t'aider autant que tu en auras besoin. Ne serait-ce que pour te remercier des perles de magie que j'ai pu voir grâce à toi. Tu m'as accepté inconsciemment quand j'ai initié le lien lorsque tu étais endormis mais, m'acceptes tu maintenant que tu sais ?

- C'est un immense honneur et un très grand plaisir, répondit Kira l'air très touché.

- Yoite va rester avec Kira maintenant, informa Rui. Il veillera sur lui en tout temps.

Il y eut un moment de silence alors que tous observaient Kira caresser Yoite qui finit par s'enrouler près de lui, posant sa tête sur ses genoux. Et tous ne purent que convenir que le dragon reflétait en effet Kirarin. Il était beau et délicat, paisible, silencieux et discret, l'air doux. Il était envoûtant dans l'aura qu'il dégageait, comme Kira. Finalement, Rui reprit la parole, annonçant qu'il avait des cadeaux pour eux. Ce fut des baguettes qu'il leur donna, avançant que maintenant que toute les connaissances qu'il avait transmise étaient bien assimilées et qu'ils avaient repris leurs esprits, ils pourraient se mettre à la magie. Le savoir sur les sorts et leur mise en pratique était en eux mais l'entraînement serait nécessaire. Les baguettes contenaient ses crins, ses écailles, des morceaux de corne, son sang pour certaine et pour Akifumi, elle contenait bien plus précieux encore. Chacune était faite d'un bois différent, le dragon assurant qu'elles conviendraient toute parfaitement. Et ce fut en effet le cas lorsque chacun saisi la sienne.

Dans les jours, les semaines et les mois qui suivirent, la vie prit un nouveau tournant pour la famille et la demeure. Tous se mirent largement à la magie avec une relative aisance grâce au savoir de Rui. Si Kirarin les impressionnaient déjà alors qu'ils ignoraient tout de la magie, cela fut multiplié maintenant qu'ils savaient. Ce que Kira faisait était incroyable. Il avait commencé très jeune à utiliser sa magie à un point jamais vu. Il n'utilisait ni baguette, ni geste, ni formule ou tout autre quelconque vecteur alors que cela était normalement impossible. Il savait se servir de toute sorte de magie sans difficulté particulière. Il maîtrisait des magies très délicates et rares. Il sentait et parlait de la magie comme personne. Il était évident qu'il était très particulier. Il avait d'ailleurs son point de vue sur la magie utilisée par le reste des sorciers et des êtres magiques en général. Il détestait. Grâce à Rui, il avait désormais lui aussi tout ce savoir sur les sorts, les formules, les enchantements, les baguettes, les charmes... il comprenait comment tout ça fonctionnait parfaitement, mieux que tous d'ailleurs mais il détestait. Il disait que ce n'était pas « faire » de la magie mais « utiliser » et « soumettre » la magie sans la comprendre et sans égard, sans considération. Il n'était pas contre le fait que les autres fassent de la magie de cette façon mais il refusait de le faire lui même. Personne ne l'avait ne serait-ce qu'envisagé d'ailleurs. Tous avaient vu évoluer Kira et il était évident que son chemin était très différent d'un enseignement magique classique. Seulement pour le reste de la famille, ce fut une magie tout à fait classique qui fut utilisée sous le regard de Kirarin qui ne faisait pas de remarque.

Avec les connaissances données par Rui, certains avaient eu un savoir allant avec ses capacités individuelles. C'était le cas d'Hideaki ayant hérité d'un savoir vaste sur la médicomagie et les potions, l'homme très enthousiaste à propos de tout cela. Et encore une fois, cela avait encore mis en avant les miracles de Kira lorsqu'on se rendit compte que même la magie n'aurait pas pu sauver Rengu comme il l'avait fait. Incontestablement, les plus enthousiastes étaient Setsuna, Kahei et Hayate qui consacraient tout leur temps libre à la magie, testant tout ce qu'il pouvait alors que Rui avait assuré que la Trace du gouvernement ne marcherait pas sur leur domaine. Tout trois évoluaient souvent sous la surveillance de Kira et bientôt, les trois garçons comme Akifumi qui y travaillait aussi beaucoup, demandèrent à l'adolescent s'il voulait bien essayer de leur enseigner comment lui faisait et ce fut avec une immense joie que Kirarin accepta comme s'il attendait impatiemment qu'on lui demande. Ils furent rapidement suivi dans leur démarche par Satoshi et un peu plus tard par toute la famille. Pour Kira, il fut étrange de se retrouver professeur de ses aînés mais il fut très vite évident qu'il était très doué pour enseigner. Cela sembla d'ailleurs beaucoup lui plaire, le confortant dans l'idée qu'il avait eu de devenir professeur un jour. Seulement avec la découverte du monde magique, il remettait en question le domaine dans lequel il pourrait enseigner.

Si Kirarin s'avérait être un excellent professeur, il n'en restait pas moins que ce qu'il transmettait était une pratique extrêmement complexe et tous purent s'en rendre compte en se cassant les dents dessus. La magie que l'adolescent faisait n'était pas qu'une pratique mais un véritable mode de vie, de ligne de conduite, de pensée. C'était très complexe et subtile, c'était une vision très délicate qui demandait un travail titanesque sur le mental et sur l'endurance, sur la concentration. Il fut vite évident que Kira était vraiment particulier pour être parvenu à faire ce qu'il faisait, tous pouvant enfin véritablement éprouver la difficulté de la chose. Cela ne découragea pourtant personne alors qu'il était évident que la magie de Kira était bien plus belle et pure que celle communément utilisée. Tous se mettaient donc au travail sous ses consignes tout en continuant la magie classique, sachant qu'il leur faudrait des années pour arriver ne serait-ce qu'à parvenir mettre réellement en pratique un pouvoir comme celui de l'adolescent.

Après quelques mois d'adaptations et de remise à niveau, de réflexion et d'organisation, ils décidèrent de faire leur retour public dans le monde magique. Rengu et Akifumi avaient décidé de continuer leurs activités dans le monde moldu mais aussi de reprendre les affaires Uizado sorcières gelées depuis qu'ils étaient sortis du monde magique mais qui existaient toujours. Ils le feraient ensemble. Avant d'être sauvé par Kira, Rengu dirigeait ses entreprises assisté de son fils qui prenait les choses en main quand sa santé le clouait au lit. Depuis qu'il était guéri, Akifumi avait moins de travail. D'un commun accord, Rengu avait pris la plus grosse partie pour laisser plus de temps au jeune père, temps qu'il avait entièrement consacré à son fils. Reprendre les affaires magiques demanderait cependant énormément de travail pour tout remettre en place et les deux hommes avaient donc décidé de s'y mettre à deux. Avec les connaissances de Rui, ils savaient comment les choses fonctionnaient dans le monde magique et ils avaient constaté que quelque soit le monde, les affaires restaient les affaires dans le fonctionnement général, ne les dépaysant pas du tout malgré les nouveauté allant avec l'environnement. Masao qui avait désormais vingt trois ans et qui terminait ses études prenait lui aussi le chemin des affaires, son frère et son père le prenant sous leur aile dans les entreprises familiales.

Toute la famille faisait des projets, discutant beaucoup alors que la magie prenait chaque jour davantage de place dans leur vie à tous. Rui était toujours là pour les guider et répondre à leur question. Kira suivait tout sans faire de remarque, donnant son avis lorsqu'on lui demandait, l'air heureux de voir sa famille se passionner pour ce monde. Il les laissait évoluer librement sans imposer sa vision des choses, comme on aurait pu s'y attendre de sa part mais il était toujours là pour apporter son avis si on lui demandait. Dans toute cette effervescence, Kirarin lui, avait enfin retrouvé la sérénité qu'il avait perdu des mois plus tôt. Il s'était aussi fait plus silencieux encore. Il passait la majeure partie de son temps libre au temple de Rui agenouillé au sol au milieu de la vaste pièce faisant face à l'endroit où le dragon se reposait souvent, en lieu et place de l'ancienne statue. Il méditait beaucoup et il passait beaucoup de temps à penser au monde magique, à tout ce qu'il avait appris grâce à la montagne de connaissances transmises par Rui.

Mais son plus grand sujet de préoccupation et de travail était son lien avec Voldemort, ce morceau d'âme qu'il avait en lui. Il avait toujours senti cette chose en lui, de mieux en mieux au fur et à mesure qu'il s'était amélioré. Il avait déjà passé beaucoup de temps à l'analyser, l'observer alors que cela faisait deux ans qu'il avait compris que ce qu'il se passait à Samain avait un rapport avec la magie et peut-être avec ça. Il savait que cette choses était gorgée de magie noire, mais ce n'était pas là ce qui était dérangeant. Cela faisait longtemps qu'il avait discerné magie noire et blanche même si ce n'était pas ainsi qu'il les avait nommé de lui même. Le véritable problème était le fait que la magie la composant était profondément viciée, pervertie, empoisonnée, devenue folle... Un déchirement d'âme était une chose contre nature, abominable source d'aberration comme il l'avait déjà constaté depuis longtemps avec ce qu'il avait en lui. Mais jusqu'à présent, il n'avait pas réussi à comprendre ce dont-il s'agissait exactement, le chaos l'entourant la rendant difficilement compréhensible et visible. Mais maintenant qu'il savait qu'il s'agissait d'un morceau d'âme, il arrivait à avancer davantage, ne prenant plus cela pour un phénomène de magie naturelle ou pour une magie lancée contre lui par un autre. Non, il l'abordait comme une âme et un esprit, une entité à part entière et cela changeait radicalement les choses.

Une fois cela fait, il parvint à faire des pas de géants pour saisir cette chose, son fonctionnement et ses réactions. Il l'observa et l'analysa longuement, aussi profondément que possible. Il était souvent écœuré et malade physiquement lorsqu'il restait longuement à se concentrer sur cette pauvre âme déchiquetée. C'était une image mentale équivalente avec celle matérielle d'une personne écorchée ou atrocement mutilée pleurant d'agonie et de douleur. C'était éprouvant, très éprouvant et il sortait généralement de ses séances de travail là dessus sérieusement déprimé et fatigué. Il ne cessait de se demander quelle avait pu être la véritable histoire de Riddle pour que les choses soient ainsi, pour que son âme soit dans cet état. Et puis au plus il avançait au plus il avait l'impression qu'il y avait plus que ce morceau d'âme. Dans toute cette magie corrompue et anarchique, il était difficile de discerner les choses mais il sentait qu'il n'y avait pas que cette âme ou ce fragment d'âme, mais aussi autre chose de fermement accrochée à elle et de tout aussi perverti et destructeur. Il s'était promis de creuser la chose mais avant tout, il s'était attelé à occulter la connexion avec Voldemort pour qu'il ne puisse le retrouver une deuxième fois. Rui l'avait mis à l'abri cette fois et lui avait donné une chance de faire en sorte que cela soit comme s'il ne l'avait jamais localisé et rencontré. Il devait faire en sorte que ça n'arrive plus. Cela lui prit du temps cependant, il était parvenu à trouver un moyen d'enfermer, sceller et cacher suffisamment cette chose pour annuler la connexion. Avec de la chance, cela le soulagerait aussi de cette semaine de Samain pénible pour lui.