Chapitre 11 :

Professeur

Ce fut finalement au printemps suivant la révélation que les Uizado qu'ils firent leur retour dans le monde magique. Ce ne fut pas fait de manière fracassante. Rengu et Yuma commencèrent par se rendre simplement au Gringotts de Tokyo qui avait gardé son nom ancien, Edo, dans le monde magique. Rengu avait donné son nom, expliquant qu'il venait faire le point sur les affaires de sa famille, présentant son sceau traditionnel donné par Rui et qui n'était rien de moins que l'homologue japonais des chevalières de Lord anglais. Parce que c'était bien ce qu'était Rengu en tant que chef de famille des Uizado, un Seigneur magique japonais équivalent des Lords britanniques. Depuis l'instant où Rui avait levé sa magie sur la lignée, tout ce qui empêchait le monde magique de les retrouver avait disparu mais cela faisait si longtemps que personne ne s'en était rendu compte. Le gobelin qui les reçu donc le premier afficha une mine profondément choquée en entendant ce nom depuis si longtemps perdu. Si Rengu avait gardé son visage de marbre d'homme d'affaire, il en avait été très amusé intérieurement.

Les Gobelins avaient donc été très surpris et le couple, bien que n'en montrant rien, s'était beaucoup amusé. Grâce à Rui et à sa transmission de savoir, les créatures ne se doutèrent pas un instant qu'ils débarquaient dans le monde magique, au contraire, les traitant comme les anciens nobles. Malgré de subtiles questions qui ne trouvèrent pas de réponse, les banquiers n'insistèrent pas vraiment pour savoir pourquoi ils avaient disparus si longtemps. Le couple passa une bonne partie de la journée à Gringotts, Rengu faisant le point en homme d'affaire avisé. Cela fait plus un peu de shopping avec leur nom glissé subtilement aux bonnes personnes avaient suffi à répandre très rapidement la rumeur qui avait beaucoup fait parler en très peu de temps. Les Uizado était une famille historique et emblématique du Japon. Les voir revenir avait l'effet d'un tsunami sur la population du pays. Très vite, ils avaient commencé à recevoir des lettres de la noblesse et du gouvernement.

Ils avaient alors organisé une grande réception mondaine chez eux, introduisant toute la famille à la société actuelle. Tout c'était passé en douceur, tous plus ou moins agréablement surpris par cette réapparition. Rui, emblème très connu de la famille avait fait une petite apparition, appuyant un peu plus l'événement qui avait fait grand bruit. Toute la famille s'était amusée à y jouer son rôle. Le secret de leur éloignement serait gardé pour eux comme les particularités de Kirarin qui avait cependant eu un rôle un peu particulier. Rengu était le Seigneur de famille, Akifumi, son premier fils, était logiquement son héritier et Kira, en temps que fils d'Akifumi, était dans la même ligne. Cela faisait de lui le numéros trois de la famille, attirant tout les regards sur lui, son père et son grand-père. Il géra pourtant l'épreuve avec brio. Yoite avait pris l'habitude de s'enrouler autour de son cou tel une longue écharpe, ses serres encadrant ses épaules devant et derrière, sa queue pendant dans son dos et sa tête posée sur sa poitrine. Très léger, il ne gênait absolument pas Kira qui s'était très vite fait à sa présence rassurante pour lui. Comme Katsuo, le spirit ne quittait presque jamais le jeune homme. Les dragons japonais étant l'emblème des Uizado depuis toujours, on pensa tout d'abord que Yoite était en effet une écharpe stylisée, un ornement que Kira arborait comme symbole de sa famille. Il fut amusant de voir les réactions des gens lorsque le dragon parfaitement immobile s'était animé pour montrer qu'il était bien réel. Cela avait été une des pièces qui avait alimenté le mystère de Kirarin. Cela plus le fait qu'il était visiblement métisse ainsi que son attitude discrète. On y ajoutait son aura de magie si particulière, intense, sereine, forte, agréable et belle et il devenait une énigme intriguant beaucoup de monde.

Le retour dans le monde magique fut un véritable jeu pour eux. Le tout était de revenir, de reprendre la place des Uizado, de ne pas montrer qu'ils débarquaient dans ce monde, de garder leur secret, d'être aussi impressionnant que l'étaient leurs ancêtres et de marquer les esprits. Les mois qui suivirent furent donc emplis d'instant test pour tout le monde, de défis et de mises à l'épreuve qu'ils passèrent tous ensemble sans rencontrer de réelle difficulté. Tous furent étonnés de se rendre compte qu'ils glissaient facilement dans ce monde, regagnant la place de leurs ancêtres comme si la famille n'avait jamais disparu. Avoir été des hommes d'affaires moldus tenaces, déterminés, puissants et implacables fut d'une aide immense à Akifumi et Rengu qui reprirent et dépoussiérèrent les affaires des Uizado avec une efficacité qui laissa les Gobelins sans voix, usant de leur expérience des nouvelles gestions moldues qui concurrençaient aisément les très anciens concepts sorciers qui n'avaient pas bougé depuis longtemps. Le père et le fils montaient déjà des projets, se faisant véritables requins sur ce terrain qui ouvraient grand les bras à leur expérience. Leur efficacité et leur expérience ne tarda d'ailleurs pas à être remarqué par les autres hommes d'affaires du Japon magique et autres Seigneurs de famille gravitant dans ce monde d'argent.

Toute la famille avait ses projets et tous revirent leur projet de vie pour l'intégrer au monde magique qui les fascinait profondément. Rui était ravi. En apparence, la famille avait tout d'une très ancienne maison noble. Dans leur comportement public, leur gestion des affaires familiales, leurs relations sociales... mais derrière cela, ils avaient un immense respect pour la magie et pour ce monde et ses merveilles. Ils avaient de bonnes intentions, de beaux projets et étaient largement à la hauteur de leurs lointains ancêtres qui avaient été si brillants. Cette année là malgré les efforts d'isolement de Kirarin, le morceau d'âme de Voldemort lui fit une fois de plus vivre une semaine difficile à Samain. Il avait réussi à le sceller pour que le lien n'ait plus aucun effet au jour le jour, que Voldemort ne puisse pas violer son esprit ou le tracer mais à Samain, cela continuait à le rendre franchement malade de manière très inquiétante et il sembla que les limitations posées par le jeune homme avaient eu pour effet d'amplifier le phénomène. Rui disait que cette chose se débattait pour se défendre.

L'année suivante, un an après le retour de la famille dans le monde magique, ils y avaient gagné une très grande place. Ils avaient retrouvé leur statu noble sans mal, pris une belle part dans les affaires, ils avaient su se créer une certaine popularité. Ils étaient très sociables, ouvert à tous et très polis sans pour autant se laisser une seule fois marcher sur les pieds, se montrer naïf ou manipulable. Cela avait été un défi mais l'éducation stricte et traditionnelle de leur famille voyait ses effets. Il avait été décidé que personne n'irait dans une école magique. Setsuna et Hayate auraient au mieux fait leur dernière année quant à Kirarin, il n'avait rien à apprendre dans une école classique pour les jeunes sorciers. Il avait sa propre pratique de la magie et Rui lui avait transmis beaucoup plus de connaissances que ce que des années d'écoles lui auraient apporté. Les plus jeunes passèrent tout de même BUSE et ASPIC en candidats libres. Kirarin les passa également tout deux à presque quinze ans, créant la surprise lorsque cela fut connu. Si Setsuna et Hayate qui en avaient quasiment l'âge pour les ASPIC, les obtinrent de manière correcte, Kira les obtint avec des notes exemplaires dans tout les domaines. Cela ne fit que susciter davantage une curiosité qu'il attirait déjà.

Le cadet des Uizado était en effet un sujet de curiosité dans la haute société qu'ils côtoyaient presque quotidiennement maintenant, pour la presse mondaine et autres groupes qui le voyaient plus ou moins souvent. Pour commencer, il avait beaucoup d'allure, toujours. Yoite était toujours sur ses épaules et Katsuo, son fidèle compagnon à quatre pattes désormais bien adulte et impressionnant, était toujours là près de ses jambes, veillant et grognant sur quiconque n'était pas de la famille. Cela mis à part, l'adolescent était très beau, ses incroyables yeux d'émeraudes faisant tourner les têtes des jeunes filles qui lui trouvaient un air exotique dans son métissage. Il n'avait plus de lunettes alors qu'Hideaki avait magiquement corrigé sa vue. Il gardait ses cheveux noirs et luisant sur les épaules, ébouriffés comme toujours, des mèches plus courtes couvrant en grande partie son front, sa cicatrice et encadrant son visage. Il se tenait toujours parfaitement, sa sérénité transparaissant constamment dans ses gestes lents et élégants, dans son calme et sa maîtrise de lui même. Cela faisait sept ans maintenant qu'il avait été adopté et il n'avait plus rien à voir avec le petit garçon profondément traumatisé qu'il avait été. Il était devenu un très beau jeune homme à l'air noble, toujours illisible mais avec une constante expression douce et tranquille. Il était d'un calme et d'une patience olympienne, très discret et peu bavard. Cela n'empêchait pas une seconde qu'il puisse être tranchant et percutant dans une discussion ou une joute verbale. Il avait gagné beaucoup d'assurance et de caractère, n'hésitant plus devant personne, n'ayant pas peur de s'affirmer, de donner son point de vue et de le défendre. Il était simplement d'un naturel réservé. Il était aussi très attentif, très observateur. Il était ouvert à tout, curieux de tout, tolérant et vif d'esprit. Il était pourtant impossible de savoir ce qu'il pensait réellement, ce qu'il appréciait ou non, ce qui le dérangeait ou non. Il était intelligent et il avait une culture magique gigantesque grâce à Rui. Si Rengu et Akifumi étaient souvent en avant, le reste de la famille l'étant aussi plus ou moins, Kira était toujours en retrait, beaucoup plus discret mais pourtant aussi très présent dans un paradoxe étonnant. Il intriguait et charmait tout ceux qui le rencontraient mais personne n'arrivait à avoir de détail sur lui.

Indéniablement, le sujet principal de questionnement autour de Kira était sa magie. Tous avaient remarqué que les Uizado étaient tous relativement puissants. Akifumi l'était particulièrement comme son plus jeune frère. Mais pour Kirarin, c'était un mystère. Pour les quelques rares parvenant à sentir les auras magiques, on la trouvait pure, très maîtrisée, très calme avec une énergie jamais vu mais sa puissance restait un mystère, cet aspect indétectable pour quiconque. L'adolescent avait une théorie parfaite mais personne ne l'avait jamais vu faire de la magie ou sortir sa baguette. Le jeune homme en portait une quelconque pour faire illusion mais il ne s'en servait que pour faire semblant si c'était nécessaire. Kira détestait les baguettes et ne s'en était jamais servi. Le cadet de la famille était un immense mystère, intriguant et ne cessant d'attirer les regards. Beaucoup de monde gravitait autour de lui. Les nobles et les politiques avaient vite appris qu'il était très intéressant de parler avec cet adolescent extrêmement mature et cultivé. Il parlait comme un adulte, peu intéressé par la compagnie des gens de son âge en soirée mondaine. Des adolescents tentaient d'ailleurs pour beaucoup d'attirer le jeune héritier dans leur groupe d'amis sans trop y parvenir. Kirarin attisait les convoitises de nombreuses jeunes filles, froid devant cela. De ce fait cependant, il suscitait aussi les jalousies de bien d'autres, jalousie qui mit finalement au jour ses compétences magiques.

Un soir, lors d'une réception, un jeune homme d'une vingtaine d'années agacé d'entendre sa fiancée faire une éloge constante du cadet des Uizado, avait défié Kirarin en duel. Il s'agissait d'un jeune homme de bonne famille mais qui était aussi un très bon duelliste professionnel parmi les meilleurs de sa génération au Japon où le combat et les arts martiaux avaient une place importante. Le jeune homme pensait alors se montrer supérieur à Kira, certain de sa victoire alors que tous avaient été intrigué de voir cela, donnant pourtant l'avantage au provocateur. Tranquillement, simplement, sans paraître dérangé, Kirarin avait relevé le défi sous les yeux de sa famille qui le laissait faire. On avait alors rapidement aménagé un espace de duel et les deux jeunes hommes s'étaient fait face, le premier sortant katana et baguette. Kirarin lui, avait refusé de sortir sa baguette, étonnant tout le monde. Sans un mot, il avait fait apparaître son propre katana, tous impressionnés par ce qu'ils qualifièrent de magie informulée et sans baguette. Kira n'avait jamais arrêté son entraînement avec Haiko et après des années de pratique dans toutes sortes de disciplines, il était devenu un pratiquant redoutable. Le combat avait été lancé et il n'avait duré que quelques minutes, se terminant sur une victoire écrasante du Uizado. Il avait débuté par un combat au katana, remporté par Kira lorsqu'il eut rapidement désarmé son adversaire. Celui-ci avait enchaîné sur un affrontement à main nue qu'il avait rapidement perdu aussi. Cela s'était terminé en affrontement magique et là, Kira avait plus que dominé. Tous pensèrent qu'il avait usé de magie informulée et sans baguette pour se protéger des sorts de son ennemi qu'il n'avait pas cherché à esquiver. Personne n'en n'avait été certain mais il semblait qu'il avait mis son provocateur au tapis d'une sorte d'expelliarmus. Après cet affrontement, l'intérêt autour de lui n'avait fait que grandir alors qu'il avait été évident qu'il était puissant et très habile. Cela avait été flagrant pour tout le monde. Pourtant, l'adolescent ne faisait jamais étalage de son pouvoir.

Cet épisode avait fait grand bruit mais Kira n'en n'avait pas vraiment tenu compte, continuant sa vie comme il le désirait. Kahei avait terminé ses années de lycée et malgré tout, Hayate, Setsuna et Kirarin continuait les cours moldu par correspondance au moins jusqu'à terminer le lycée. Kira avait ses propres projets. Il voulait toujours faire des recherches sur la magie et tout ce qui l'entourait et il voulait aussi enseigner. Il voulait enseigner son propre art de la magie, à sa manière et sa famille ainsi que Rui l'y encourageait fortement alors qu'ils trouvaient cela magnifique. Kira s'était donc rapidement décidé à s'orienter vers cela juste après avoir passé BUSE et ASPIC à ses quinze ans. L'enseignement au Japon étant prit très au sérieux, il fallait passer de difficiles épreuves et les réussir avec de bons résultats pour obtenir le droit d'enseigner ou de devenir maître dans les écoles. Bien sûr, sans avoir ce titre il pouvait être engagé pour des cours particuliers en dehors des structures éducatives mais son projet était beaucoup plus grand que cela.

Il passa cinq mois à préparer les épreuves et en Janvier 96, il les passa. Grâce à la transmission de connaissance de Rui, il avait largement le savoir nécessaire. Il avait en revanche d'autres problèmes. Kira voulait pouvoir tout enseigner parce que sa magie couvrait toutes les pratiques. Seulement, les épreuves qu'il devait passer dans chaque domaine d'enseignement impliquaient principalement d'apprendre aux élèves à user d'une magie traditionnelle qu'il n'aimait pas et de leur apprendre à utiliser une baguette. Pour lui qui n'y touchait pas cela s'annonçait compliqué. Il y travaillait donc, sachant qu'une fois qu'il aurait sa qualification, il pourrait enseigner comme il le voulait. Ces épreuves étaient là pour évaluer son niveau de connaissance, de culture, de savoir pédagogique et sa manière d'enseigner. Il travailla donc les enseignements classiques et l'enseignement classique. Avec cela, il prépara aussi son projet personnel qu'il devrait présenter également s'il voulait être approuvé pour transmettre la magie à sa manière. C'était une chose rare que de se présenter pour un projet d'enseignement personnel alors que bien des matières existaient déjà. En général, il s'agissait de gens voulant enseigner une certaine pratique particulière regroupant plusieurs domaines. Pour Kira, il s'agissait d'enseigner une autre manière de faire de la magie dans son entièreté et il s'appliquait à mettre en place un projet qu'il pourrait expliquer facilement pour se faire comprendre et pour convaincre.

Il y avait travaillé avec une grande application, y consacrant tout son temps libre. Passer les examens fut éprouvant pour lui qui se présentait à tout les domaines. Cela se déroulait en vingt jours ininterrompus où on testait les candidats en tout sens dans leur domaine. Pour la plus part, il n'y avait qu'un ou deux jours d'évaluations sur les matières qu'ils avaient choisi. Kirarin lui, passa les vingt jours en examen, les trois derniers consacrés à présenter son projet à un jury de trois sorciers très reconnus au Japon. Pour cette session, il était le seul à se présenter pour un tel projet. Ce genre de chose comportait parfois des enseignements de pratiques magiques très particulières souvent exclusives au sorcier qui les enseignait et qui faisait des recherches sur le sujet. Cela plus le fait que certains professeurs transmettant des magies rares, novatrices ou spéciales étaient très demandés et reconnus et donc parfois copiés dans leurs savoirs et leurs techniques, avait motivé depuis longtemps un serment. Le jury jugeant le candidat était assermenté durement pour ne pas révéler ce qui leur était présenté et ne pas s'approprier un projet pour leur propre compte. Les résultats et les appréciations du jury sur toutes les épreuves étaient rendus publics pour que tous puissent juger et connaître les professeurs. Au Japon, un bon professeur pouvait avoir un excellent statu et être très reconnu. Ils étaient très suivis et les résultat de ces examens étaient donc importants, un petit événement qui avait lieu deux fois par an.

Le jour où les résultats parurent et furent envoyés aux candidats, toute la maison Uizado s'était levée à l'aube pour découvrir le verdict dés que Kira le recevrait. Il ne fallut pas attendre longtemps alors que le hiboux arrivait à la première heure. Ce fut seul dans sa chambre, avec son père uniquement que Kirarin avait ouvert l'épais courrier dans un calme complet et il avait rapidement sourit, Yoite sur ses épaules le félicitant en lisant ses résultats. Ce fut avec une immense fierté qu'il les tendit à son père pour qu'il puisse les lire. Akifumi sourit bientôt largement en découvrant. Kira avait obtenu d'excellents résultats dans tout les domaines avec une constance impressionnante et de belles appréciations des jurés qui l'avaient évalué. Mais le mieux était son résultat pour son projet personnel. En tant que candidat, Kirarin recevait les résultats qui seraient publiés mais aussi la critique complète des jurés sur son projet. Et son jury était très enthousiaste devant ce qu'il avait exposé. Ils ne tarissaient pas d'éloge sur son incroyable maîtrise de la magie d'une manière très particulière, le félicitant pour son envie manifeste de transmettre son savoir au plus grand nombre et son espoir de changer la vision que tous avaient de la magie. La critique officielle était très élogieuse sans pour autant révéler quoi que ce soit sur ce qu'il voulait enseigner et comment. Elle parlait de magie novatrice et pourtant très respectueuse de la magie dans sa globalité. Elle décrivait une pratique variée et puissante, accessible à tous, incroyable et jamais vue. Les jurés donnaient aussi leur avis sur Kira en temps que professeur. Ils le disaient très patient, très calme, clair et précis dans ses explications, simple et pédagogue. Le résultat était parfait et il ne faisait nul doute que Kira serait très vite demandé pour enseigner.

Ce jour là, ce fut la fête dans la maison Uizado et dés l'après midi, Kira commença à recevoir des lettres de félicitations de nombreuses personnes. Akifumi prit un moment avec lui pour lui faire un cadeau à l'occasion de cette réussite. Il lui avait fait faire un très beau katana traditionnel. Kira adorait les arts martiaux qu'il pratiquait chaque jour et il adorait le iaïdo et le kendo particulièrement. Il avait déjà plusieurs sabres mais Akifumi avait voulu lui en offrir un exceptionnel. Sachant que son fils n'aimait pas la magie classique d'aujourd'hui, il avait préféré s'adresser à un artisan moldu. Il ne voulait pas d'un katana magique dont l'énergie et la nature déplairait à son fils. Il en avait donc fait faire un sans aucune magie. Il n'était pas très complexe. La same kawa, la peau de raie de la poignée était dorée à l'or. La tsuka ito, le laçage la couvrant partiellement et donnant les caractéristiques losanges, était d'un noir profond. La kashira, le bout du pommeau, était d'or et ciselé des kanji de son prénom et de son nom. La garde ou tsuba était d'or elle aussi, ajourée de la silhouette d'un dragon asiatique ressemblant à Yoite. La saya, le fourreau, était de bois laqué ébène orné d'une cordelette dorée, la sageo. La lame d'environ un mètre était ultra fine, brillante. La hamon ondulait sur elle, délimitant la partie trempée de la lame, la yakiba, plus claire que le reste. C'était une arme splendide dont la grande particularité se trouvait dans sa qualité. Akifumi avait réussi à obtenir les services de l'un des derniers grand forgeron traditionnel et il était ravi. Kirarin le fut tout autant et à partir de ce jour, il arborait son katana la plus part du temps, l'ayant lui même protégé de sa magie pour qu'il ne lui arrive rien.

Très vite et comme on pouvait s'y attendre, Kira fut sollicité pour enseigner. Tous voulaient savoir en quoi pouvait consister la magie qu'il voulait enseigner et qui avait suscité les éloges de trois des sorciers les plus reconnus du pays et qui continuaient d'ailleurs depuis à parler de l'admiration qu'ils avaient pour le travail du jeune homme bien qu'ils ne puissent en parler vraiment. Tous se concentraient alors sur Kirarin. Pourtant, l'adolescent refusa les propositions et ne parla pas de son travail qu'il continuait à perfectionner chaque jour. Il s'était déjà concentré sur l'étape suivante de son projet : passer les concours d'enseignement de niveau mondial. Il ne voulait pas se contenter du Japon et il voulait aussi étudier les magies du monde entier. En passant ces épreuves, il aurait une reconnaissance mondiale, une crédibilité qui lui permettrait d'avoir une chance de travailler dans n'importe quelle école à l'étranger. Ainsi, il pourrait non seulement faire un métier qu'il aimait mais aussi découvrir les magies spécifiques au pays ou à la région dans laquelle il serait. Il visait donc cette nouvelle étape à laquelle il ne pouvait prétendre, étant japonais, qu'après avoir obtenu les qualifications dans son pays.

Il entra alors dans cinq autres mois de préparation alors que cela faisait un moment qu'il avait commencé les démarches auprès de la section éducative de la confédération internationale des sorciers et sorcières. Son très jeune âge avait immédiatement intrigué les responsables de ses examens qui s'étaient penchés sur son cas. En dehors du Japon, le retour des Uizado n'avait fait que peu de bruit. Elle avait marquée presque uniquement les cercles nobles et politiques en Asie, leur retour ayant une implication pour eux. Mais en dehors cela, les Uizado n'avaient attiré l'attention que de ceux ayant une relation avec le Japon ou s'intéressant à leur pays. Aussi, peu avaient entendu parler de cette famille qui avait longtemps disparu en dehors de l'Asie, et encore moins de son cadet. Les gens de la confédération s'étaient donc renseignés, découvrant qui il était et son parcours. Autant dire qu'ils furent aussi impressionnés que dubitatifs. Certains connaissant les sorciers qui l'avaient évalué et leurs réputations ou la dureté du recrutement de l'enseignement japonais disaient qu'il devait être un petit génie pour avoir eu ses qualifications avec de tels résultats. D'autres disaient qu'il ne le méritait pas et qu'il avait acheté ses jury. Tout cela importait peu Kira. Il remplissait toutes les conditions et donc, ce que pensaient l'un ou l'autre ne l'empêcherait pas de se présenter aux examens. Cela avait été confirmé lorsqu'il avait reçu la confirmation de son inscription aux examens internationaux de juillet.

Il travailla alors doublement pour s'y préparer, Akifumi et toute la famille devant se mettre à veiller qu'il pense à dormir, à manger, à boire et à s'occuper un peu de lui. Entre son travail journalier de méditation, de magie, d'entraînement et sa vie sociale de noble et d'héritier potentiel, il consacrait tout son temps à la préparation de ces épreuves. Une sorcière et un sorcier Japonais ayant eux mêmes obtenus ces qualifications respectivement en sortilèges et en créatures magiques, lui avaient proposé leur aide qu'il avait accepté. Les deux professeurs d'un certain âge avaient voulu saluer son niveau alors qu'il était adolescent, déplorant que les jeunes gens actuels se détournaient des recherches magiques et de l'enseignement. Ils ne savaient rien de ce qu'ils désiraient enseigner mais ils connaissaient ceux qui l'avaient évalué et avaient confiance en leur jugement. Ils avaient alors souhaité l'aider à se préparer. Ils l'avaient aidé à passer en revu ses connaissances pour les épreuves de magie générale. Les choses se passeraient un peu comme l'examen japonais mais avec plus de disciplines et un niveau plus élevé. Ils lui avaient parlé du déroulé des examens et lui avaient donné des conseils pour présenter son propre projet, convaincre qu'il y avait un intérêt à l'enseigner et démontrer qu'il avait les capacités pour l'enseigner.

Ces mois passèrent à toute vitesse pour Kirarin qui était focalisé sur ses examens, sa famille le soutenant et l'encourageant alors qu'il semblait très épanouis, excité à l'idée de transmettre sa manière de voir la magie alors qu'il détestait les pratiques traditionnelles, les qualifiant de torture à la magie, d'esclavage et de maltraitance. Tous chez lui savaient qu'il n'était pas du genre à utiliser ces mots à la légère. Il savait qu'il ne changerait pas le monde mais il voulait donner à réfléchir et montrer autre chose, apprendre à ceux qui voudraient bien l'écouter. Il enseignait déjà à sa famille qui y travaillait régulièrement bien qu'avançant très lentement mais tous convenaient que c'était extraordinaire.

Alors qu'il se préparait, il devenait aussi un petit phénomène au Japon alors que sa candidature avait été rendue publique. On suivait son parcourt. Il faisait la fierté de sa famille, de la noblesse et même du pays qui espérait qu'il pourrait représenter le Japon et l'élitisme de son éducation dans le monde. Il devenait une vrai star, invité à toutes les soirées, tous voulant le connaître. Akifumi et toute la maison était amusée de voir le père recevoir de plus en plus de propositions de mariage pour lui. Il déclinait toujours poliment sachant que cela n'intéressait pas du tout son fils pour le moment. Kira ne regardait jamais personne de cette façon, il ne recherchait même pas quelqu'un pour partager sa vie. Il était concentré sur ses propres projets, sur sa vie qu'il construisait après être sorti des traumatismes de son enfance. Et de toute manière, Akifumi n'avait certainement pas l'intention de décider qui partagerait sa vie, contre un mariage arrangé pour son précieux petit ange. Mais il n'y avait pas qu'au Japon qu'on parlait de lui. Quelques journalistes à travers le monde avaient repéré sa candidature, l'information étant publique, et ils avaient surtout remarqué son âge. Automatiquement, ils avaient été intéressés. Ils avaient fait des recherches sur lui et avaient écris des articles. Ils n'avaient pas été très suivi mais on avait parlé de lui un peu partout.

Kirarin ne se laissait pourtant pas distraire un instant, peu intéressé par la popularité, concentré sur son objectif, distant de toute l'agitation qu'il pouvait provoquer chez certains. Et la date fatidique arriva finalement. Kirarin fut convié à se rendre aux États-Unis et plus particulièrement en Louisiane où se déroulait les épreuves internationales cette année là. Encore une fois, il y en avait pour bien des jours d'examens et à cette occasion, Akifumi décida de lui organiser une surprise. Pendant une vingtaine de jours, son fils aurait de lourdes épreuves à passer chaque jour mais cela ne lui prendrait qu'une partie de son temps. Il avait évidemment décidé de l'accompagner en personne, n'imaginant pas une seconde laisser Kira seul pour passer cette étape très importante pour lui et qui plus est à l'étranger à l'autre bout du monde. Il avait aussi voulu profiter que cela se passait en Louisiane, riche d'une culture magique très particulière. Kira travaillait comme un acharné depuis des mois et il estimait qu'il avait besoin de se détendre. Il avait donc préparé tout un programme de visite et de rencontre dans le Bayou pour son fils très friands de ce genre de choses, se disant que cela le détendrait entre les examens. Setsuna et Hayate, très proches de Kirarin avaient décidé de l'accompagner aussi, se séparant rarement de lui plus de quelques heures. Haiko était aussi du voyage. Yuma venait également, voulant soutenir son petit fils qu'elle adorait et veiller sur les garçons.

C'était ainsi qu'ils avaient pris le chemin de l'Amérique tous ensemble. La première surprise d'Akifumi qui ravi Kira fut qu'ils furent reçus dans une très belle maison sorcière de style coloniale, dans le Bayou magique tenue par une veille sorcière vaudou spécialiste du genre. Le père avait découvert la dame à force de recherche. Elle était une pratiquante vaudou pure et dure, très cultivée sur le sujet. Il l'avait contacté, il avait expliqué pourquoi il venait avec son fils en Amérique, lui parlant de la profonde passion de son enfant pour toutes les magies. Il lui avait demandé si elle accepterait de lui parler pendant leur séjour et à sa surprise, elle les avait invité à venir passer le temps des examens chez elle. Kirarin fut ravi de la rencontrer, confiant plus tard à sa famille qu'elle avait une très belle aura de magie. C'était ainsi que le séjour avait commencé et dés le lendemain, Kira voyaient le début de ses épreuves.

Ces jours furent chargés pour lui mais il souriait tout le temps. Les examens se passaient bien et le jeune homme avait été ravi de découvrir les différentes surprises que son père lui avait réservé chaque jour. Le jeune homme avait adoré découvrir le Bayou, le vaudou et tout ce qu'il y avait dans cette région. Grâce à Rui il avait des connaissances générale sur le domaine mais avoir plus de détails le ravissait. Il avait passé beaucoup de temps avec la vieille sorcière qui les accueillait pour discuter. Le soir, il allait se promener seul avec elle dans le Bayou, Yoite sur les épaules et Katsuo marchant près de lui. Ces promenades avaient émerveillé l'un et l'autre. Kirarin pour tout ce qu'il put découvrir de ses yeux et la dame parce qu'elle put voir le japonais parvenir à faire venir à lui les créatures les plus rares, timides et craintives qu'elle n'avait elle même aperçus que de rares fois. L'adolescent semblait comprendre mieux qu'elle tout ce qu'elle lui expliquait et il l'époustouflait. Le jeune homme passa ses épreuves sans trop de mal, bien préparé et finalement vinrent les derniers jours et le dernier passage : celui de son propre projet. La veille de cette dernière étape, il avait montré sa particularité à leur hôte pour la remercier de tout ce qu'elle lui avait appris et elle avait été incroyablement émue, disant qu'elle n'avait jamais vu si belle magie, le félicitant pour son travail.

Kirarin s'était très vite lié d'amitié avec la vieille dame attachante. Elle avait pu lui apprendre beaucoup de choses sur un sujet particulier : les âmes. Le vaudou étant étroitement lié à la mort, cela avait été un sujet de discussion entre eux. Très peu de savoir magique existait sur la mort et les âmes. C'était quasiment un tabou de la magie et Kira lui même n'avait quasiment pas d'information sur le sujet. La sorcière vaudou avait pu lui offrir beaucoup plus d'information qu'il ne l'aurait jamais espéré, sa magie mêlée à ce monde inconnu de la mort. Ils en avaient beaucoup discuté sans que Kira ne dévoile ce pourquoi il était particulièrement intéressé. Depuis la venue de Voldemort, il n'avait cessé d'étudier le morceau d'âme en lui et toute la magie chaotique qui l'entourait. La tâche était complexe et il avançait très lentement. Il cherchait à comprendre.

Il avait demandé à la dame si elle savait comment et pourquoi une âme pouvait se déchirer. Elle avait d'abord dit que la croyance générale voulait que l'acte de tuer une personne déchirait l'âme. Elle avait été surprise lorsque Kirarin avait immédiatement rejeté cette possibilité. Il savait, il avait compris depuis longtemps que toute vie était égale pour la magie. Celle d'une personne était égale à celle d'une fleur ou d'un insecte sur le plan magique. Alors cette théorie était invraisemblable. Parce d'un point de vu magique, si tuer une personne déchirait l'âme, tuer tout court devait le faire. Si c'était le cas, lui même aurait eu l'âme déchiré comme tous alors qu'il avait forcément déjà tué un insecte ou une plante. Il trouvait toujours les êtres à intelligence humaine d'une extrême arrogance en croyant que leur vie valait plus que celle d'un animal ou de tout autre. Il savait bien que ce n'était pas du tout le cas et qu'en conséquence, cette théorie était absurde. Il réfuta donc en expliquant son point de vue. La dame avait été très agréablement surprise de sa réaction. Elle avait approuvé son raisonnement, ajoutant que même si on considérait que cette possibilité était la bonne, beaucoup de personnes, ancien combattant, auror ou meurtrier auraient l'âme déchirée et ce n'était pas le cas.

Elle avait dit que pour déchirer une âme, il fallait user d'une magie violente et pervertie. Elle ne connaissait pas l'exact procédé, cela relevant d'une magie perdue et oubliée de par sa nature viciée, mais elle avait pu vaguement lui exposer une théorie que Kira avait attentivement écouté. Lorsqu'il lui avait demandé ce à quoi cela pouvait servir, elle avait dit que ce procédé avait été imaginé pour fractionner une âme afin d'emprisonner chaque morceau séparément et de totalement neutraliser des créatures très puissantes ou dîtes immortelles. Mais cela avait rapidement été abandonné et rejeté tellement c'était néfaste. Elle avait entendu dire que certains s'étaient entêtés, pensant se rendre immortel en fractionnant leur propre âme mais la seule tentative réussie connu de cela avait rendu le sujet tellement fou qu'il avait fallu l'abattre. Kirarin avait alors commencé à se demander si le changement qui avait été constaté dans le comportement de Tom Riddle pouvait avoir un rapport avec le déchirement de son âme. Longuement, ils avaient discuté du sujet et il ressortait qu'il n'y avait aucun intérêt pour une personne à morceler son âme, très loin de là. Un être extérieur pouvait le faire s'il avait les connaissances et la puissance adéquate mais c'était un sacrilège magique, une abomination et c'était infliger une torture immonde à sa cible. La vieille dame doutait cependant que cela soit possible, la chose trop rare, trop ancienne et trop oubliée pour que quelqu'un trouve une façon de faire, sans parler de la puissance que cela devait demandé. Kirarin lui, savait bien que c'était possible et que cela avait été fait. Il se demandait vraiment ce qu'il s'était passé pour que Riddle se retrouve avec une âme dans cet état.

Toute les discussions qu'ils avaient eu à ce sujet restaient très théoriques alors que les pratiques de magie de mort et d'âme à la fois ultra complexes et profondément néfastes n'étaient, heureusement, que très rares à travers toute l'histoire magique. Mais même si beaucoup de leurs théorie n'avaient pas vraiment de preuve pour les appuyer, Kirarin pensait qu'il s'agissait de bonnes pistes en la matière, y réfléchissant. Finalement cependant, il fallut se concentrer sur son épreuve terminale de présentation de son projet personnel et ses nombreuses heures d'examens. Comme pour le Japon, le jury était assermenté au plus strict secret, certains professeurs se présentant à cette épreuve menant des recherches à valeur aussi bien culturelle qu'économique dans certain cas. Pendant des heures étalées sur plusieurs jours, il parla de son projet à un jury de sept sorciers reconnus dans le monde. Il leur décrivit ce qu'il voulait enseigner, comment il voulait l'enseigner, parlant du principe de sa magie, faisant des démonstrations, répondant à leurs questions. Si ses examinateurs avaient été franchement dubitatifs et un peu moqueurs pour certains en le voyant arriver, habitués à des gens beaucoup plus âgés, ils avaient vite repris leur sérieux devant son exposé. Au fur et à mesure qu'il avait avancé dans son discours, Kirarin avait vu qu'il avait piqué l'intérêt du jury, puis sa curiosité, son engouement et finalement son enthousiasme et son respect. Il avait présenté sa magie, sa conception de la magie, sa manière de l'enseigner, pourquoi il voulait l'enseigner, ses intérêts... Il avait réussi à présenter sa magie et à faire ses démonstrations exactement comme il l'avait prévu, cela le rassurant mais son examen avait bien débordé en temps, son jury intarissable en question. Il répondit patiemment, heureux de pouvoir constater que jusqu'à aujourd'hui, sa magie avait emballé et émerveillé tout ceux à qui il l'avait montré.

Depuis qu'il avait découvert le monde magique et ses pratiques, il était très heureux d'avoir découvert et appris la magie par lui même. Il n'aimait pas les façons de faire existantes. Elles ne respectaient pas la magie, elles ne la comprenaient pas, ne l'entendaient pas, ne lui parlaient pas... Ce n'était ni plus ni moins que de la soumission et de la contrainte pour lui et il aimait beaucoup trop la magie pour ne rien faire. Il voulait tenter de montrer une autre voie possible et il était heureux de voir que cela intéressait des sorciers aussi reconnus que ceux qui lui avaient fait face lors de ses passages d'examens. Ses épreuves se terminèrent finalement et ce fut épuisé qu'il rentra chez son hôtesse ce soir là découvrant qu'on l'attendait avec un bon repas et une soirée tranquille alors que commençait l'attente stressante des résultats le lendemain soir. Kirarin avait beau avoir presque seize ans maintenant et se comporter comme un adulte lorsqu'il était en public, cela ne l'empêcha pas de passer la soirée allongé dans un canapé, la tête sur les genoux de son père qui caressait ses cheveux. Aujourd'hui, on pouvait dire qu'il s'était remis autant que possible de son enfance traumatisante même s'il en garderait des traces toutes sa vie. Il restait cependant toujours aussi proche de son père dont-il recherchait toujours l'approbation et le soutient autant qu'il avait besoin de sa présence. Il n'était pas rare du tout de voir des scènes douces entre eux, Akifumi ne se lassant jamais de lui donner toute cette affection dont-il avait tant manqué enfant. Kirarin la recherchait et tous avaient constaté avec le temps qu'il était devenu très tactile avec ses proches. Les contacts affectifs avec sa famille le rassuraient toujours comme si leur amour était son remède à toute douleur ou a tout stress. Cependant, seul les membres de sa famille pouvaient vraiment le toucher alors qu'il avait gardé une méfiance et une certaine répulsion du contact physique avec tout autre.

Ce fut donc une soirée calme pour Kira qui était maintenant épuisé par ses jours d'évaluations. Le lendemain fut aussi tranquille, l'adolescent passant de nombreuses heures à dormir alors que la tension du passage était retombée. Tous allèrent ensuite profiter d'une dernière balade instructive dans le Bayou avec leur hôtesse qu'ils quitteraient le lendemain matin pour retourner vers le Japon. Ils étaient pourtant certains de garder un contact avec le vieille dame, Kira, Setsuna et Hayate l'affectionnant particulièrement alors qu'elle avait pris les trois adolescents en affection. Et finalement, en fin d'après-midi, Kirarin et son père gagnèrent le centre d'examen pour obtenir les résultats qui seraient rendus public le lendemain. Ce fut le président du jury qui l'avait évalué qui vint en personne lui donner ses résultats. Tout sourire, l'homme lui annonça qu'il avait réussi, le félicitant non sans une pointe d'admiration. Il lui souhaita d'aller loin et de parvenir à transmettre sa passion de la magie si particulière. Extrêmement fier, Akifumi l'avait félicité avant qu'ils ne décachettent l'enveloppe contenant les résultats détaillés de chaque épreuve. Encore une fois, ils furent louables pour l'adolescent et les meilleures appréciations se retrouvaient une fois de plus sur son propre projet. Comme au Japon, pas un mot n'était donné sur ce qu'il voulait enseigner mais les mêmes mots revenaient pour la qualifiée : novatrice, jamais vue, puissante, variée, belle... Ce fut donc un repas de fête ce soir là.

Le lendemain matin, ce fut une séparation émouvante avec leur hôtesse et un retour en fanfare à la maison où toute la famille les attendaient. Une fois de plus, apprendre la réussite de Kira fut l'occasion de faire la fête et de le féliciter pour cette nouvelle réussite. Rapidement, Kirarin reçut les félicitations de rigueur de ses connaissances et relations une fois les résultats publiés. Mais cette fois-ci, cela ne s'arrêta pas là. Il reçut également une invitation pour une réception donnée en l'honneur de sa réussite par la noblesse et par l'élite enseignante du pays. Ceux qui obtenait la qualification qu'il venait de passer en se faisant en plus évaluer sur tout les domaines d'enseignement étaient très rares et à son âge, c'était exceptionnel. Alors c'était un petit événement qu'ils voulaient saluer. Cela se faisait d'ailleurs remarquer dans le monde entier maintenant qu'il avait passé cet examen et il reçut nombre de demande d'interview d'un peu partout. Il n'avait cependant aucune intention d'y répondre pour le moment alors que ce n'était pas du tout ce qu'il recherchait.

Il se rendit néanmoins à la réception, touché qu'on ait une telle attention à son égard même s'il savait que c'était surtout parce qu'il faisait bon être dans ses relations. Il était un héritier des Uizado, un mage puissant et maintenant un enseignant de niveau mondial. Mais il avait aussi parmi la haute société, politique et autres, des gens qu'il appréciait vraiment et qu'il savait désintéressés. Il prenait donc aussi plaisir à passer ces soirées avec eux. Ce fut une belle réception où on le félicita pour son parcourt à son jeune âge. Même le ministre japonais était présent ce soir là, sobre mais aussi impressionné que tous par le jeune homme. Ce soir là, il fut présenté à un sorcier Italien un peu excentrique ami avec l'une de ses connaissances proche de la noblesse. L'homme lui même de la haute société Italienne l'avait invité à une réception qu'il donnait et qui regrouperait des artistes et gens de savoir européens. Bien sûr, il y en aurait d'autres mais c'était là le principal public rassemblé à l'occasion de l'ouverture d'une petite académie de magie supérieure, faisant suite aux sept années obligatoires, et dont l'enseignement était accès sur l'art magique et les cultures magiques mondiales. Très intéressé, Kirarin avait immédiatement accepté de venir, curieux de voir cela.

Ainsi, quelques jours avant son seizième anniversaire, il se retrouva à se préparer pour aller à cette réception. Son père l'accompagnait et Haiko venait aussi en tant que garde du corps. Comme cela était devenu une habitude pour lui, il s'habilla dans un style mélangeant moderne et traditionnel. Il mit un pantalon de cuir noir enfoncé dans une paire de bottes hautes et moulantes de cuir noir elles aussi. Son torse était couvert d'une chemise noire dont le col mao était brodé de branches de cerisiers dorées. Par dessus, il portait un kimono stylisé aux manches amples et s'arrêtant à mi-cuisse. Noir ébène, il était doté d'une doublure de soie d'or dépassant légèrement comme toujours. Une obi, une longue ceinture de soie charbon fermait le vêtement, laissant le col un peu lâche. Elle était nouée sur sa hanche droite, ses extrémités brodée des mêmes motifs que le col de sa chemise pendaient le long de sa jambe jusqu'à mi-mollet. Un haori vert émeraude complétait la tenue, tombant un peu de ses épaules. Le nom des Uizado était inscrit d'or dans le dos. Il ajoutait à cela son pendentif de Rui pendant sur sa poitrine et son katana sur sa hanche gauche. Ses cheveux de ténèbres encadraient merveilleusement son visage, ébouriffés comme toujours, couvrant son front, dissimulant ses oreilles, tombant un peu sur ses yeux et reposant sur ses épaules. Lorsqu'il jugea sa tenue correcte, il quitta sa chambre, Yoite venant prendre sa place sur ses épaules. Il accrocha des pattes arrières à son épaule gauche et ses pattes avant à son épaule droite, laissant pendre son corps dans son dos alors que sa tête et sa queue étaient devant. Katsuo quant à lui marchait à sa droite, se tenant droit comme à l'habitude.

Il rejoignit finalement son père vêtu d'un kimono et Haiko d'un costume moderne. L'heure arrivée, ce fut Kira qui les fit transplaner jusqu'en Italie, désormais passé maître en la matière alors qu'il parvenait à se rendre dans des endroits très précis même à l'autre bout du monde sans plus se fatiguer que cela. Lorsqu'ils réapparurent, ils étaient devant un magnifique petit palais vénitien. Ce fut avec un sourire doux que Kira observa l'endroit, émerveillé. Il avait l'habitude des constructions japonaises et s'il avait déjà vu des photos d'autres architectures, les voir de ses yeux était différent. Cet endroit était splendide et exotique pour lui. D'autres personnes arrivaient aussi tranquillement dans l'aire de transplanage, vêtus richement.

- Ma ! Kirarin ! s'écria une voix en anglais avec un fort accent italien.

Kira sourit avec amusement en regardant Don Ulgaro, son hôte excentrique, arriver vers lui les bras grands ouverts avec un petit air théâtral. L'homme d'une cinquantaine d'années était assez grand, ses cheveux bruns coupés courts encadrant un visage au large sourire surmonté d'une incroyable moustache. Il était vêtu d'un riche costume sorcier italien. Il les rejoignit, s'arrêtant devant eux alors que Kira s'inclinait légèrement pour le saluer selon ses manières, des manières japonaises :

- Bonsoir Ulgaro-san, salua-t-il dans un anglais désormais marqué d'un accent japonais.

L'homme lui sourit, saluant son père et Haiko qui l'accompagnaient.

- Je suis très heureux que vous ayez accepté de venir mon cher, dit-il ensuite l'air tout excité en se tournant vers l'adolescent. Beaucoup de monde ici à entendu parler de vous depuis votre réussite de la semaine dernière. J'ai beaucoup de monde à vous présenter ! s'extasia-t-il.

Souriant aimablement, marchant près de son père, Kira suivit l'homme qui se fit une joie de lui décrire le palais vénitien qui accueillerait la première promotion en septembre. L'adolescent l'écouta avec joie, l'interrogeant aussi sur les œuvres d'arts exposées qui l'intriguaient. Son hôte eut l'air ravi qu'il soit intéressé malgré que l'art ne soit pas son domaine, s'arrêtant sans rechigner pour lui décrire et lui expliquer ce qu'il voyait. Akifumi lui, ne pouvait qu'être amusé en voyant le Don extasié par la présence de son fils. Kirarin n'avait vraiment pas conscience de l'effet qu'il pouvait produire autour de lui par sa gentillesse, sa douceur, son intérêt de tout ce qui l'entourait, son ouverture d'esprit... En général, pour ceux qui n'étaient pas jaloux ou opposés à lui sur un point ou un autre, les gens l'appréciaient. Abelarto Ulgaro, leur hôte, semblait le prendre pour un trésor. L'homme d'art et de culture était émerveillé par son savoir, par son allure et ses attitudes élégantes, mais aussi par son physique qu'il trouvait magnifique. Il lui avait d'ailleurs déjà demandé s'il pourrait peindre un tableau magique de lui. Flatté et un peu déstabilisé que l'italien le veuille pour modèle, Kira avait accepté, le faisant sauter de joie.

Finalement, ils entrèrent dans la grande salle de réception et Abelarto se mit à présenter Kira à ses connaissances et à tout ceux qu'il pouvait. L'adolescent fut un peu surpris de voir que beaucoup avaient entendu parler de lui depuis une semaine et qu'ils étaient intrigués de rencontrer ce jeune homme qui avait déjà obtenu l'accréditation de professeur international. Kira ne laissait pourtant rien paraître, aussi maîtrisé qu'à son habitude, une expression douce, patiente et sereine au visage. Il se prêta au jeu des présentations et des discussions mondaines avec une aisance qu'il avait acquise relativement rapidement depuis le retour des Uizado dans le monde magique il y avait plus de deux ans maintenant. Akifumi le laissa faire, comme toujours, très fier de ce que Kira était devenu aujourd'hui. Après un moment, il resta avec le futur directeur de l'école qui allait ouvrir avec Haiko, plongé dans une discussion sur comment se passait l'ouverture d'un tel établissement.

Kirarin lui, était un peu plus loin en compagnie de quelques professeurs, artistes et invités venus parfois des quatre coins de l'Europe pour l'occasion. Il discutait enseignement avec eux, tous curieux de le connaître au vu de son parcourt récent. Après un moment, Kira repéra un homme qui avançait vers eux, se dirigeant vers une sorcière française. Et immédiatement, il sut qu'il ne l'aimait pas, une impression dérangeante se dégageant de sa magie qu'il sentait nettement. Il était européen et âgé, habillé d'une robe de sorcier plutôt excentrique. Il avait une longue barbe blanche comme ses cheveux. Un chapeau sorcier trônait sur sa tête et une paire de lunettes demi lune sur son nez. Il avait le regard pétillant, un sourire aimable au visage pourtant, il était franchement dérangeant pour Kirarin qui n'en montra rien, ne le regardant qu'une seconde. Il se détourna ensuite alors que l'homme interpellait celle qu'il était venu voir, se désintéressant. Pourtant, très vite, il recentra son attention sur ce vieil homme lorsque son voisin, un professeur de sortilèges, l'interpella, dévoilant son nom :

- Directeur Dumbledore ! Cela faisait longtemps, dit-il.

Bien que restant froid extérieurement, Kirarin fut choqué un instant. Il y avait peut-être plusieurs personnes portant le nom des Dumbledore mais un seul qui pouvait être qualifié de directeur. Cet homme était visiblement celui à qui il devait son enfer chez les Dursley. Il l'observa un peu plus, se secouant pour se reprendre au plus vite alors que les autres discutaient avec l'anglais qui se tourna finalement vers lui :

- Je ne crois pas vous connaître mon garçon, dit-il en faisant tiquer l'adolescent habitué à la formalité extrême de son pays. Un futur élève de cet établissement peut-être ? supposa-t-il en faisant ricaner les autres autour d'eux.

- Certes non ! s'offusqua Don Ulgaro qui ne l'avait pas quitté. Directeur Dumbledore, permettez moi de vous présenter le professeur Kirarin Uizado, dit-il en surprenant le vieil homme. Vous avez certainement entendu parler de lui dernièrement. Professeurs Uizado, je vous présente le Directeur de Poudlard, Albus Dumbledore.

Kirarin s'inclina légèrement comme on le faisait au Japon pour saluer et l'homme lui répondit d'un signe de tête, reportant toute son attention sur lui.

- C'est un plaisir professeur Uizado, dit-il. J'ai énormément entendu parler de vous. Excusez ma méprise, je ne m'attendais pas à vous voir ce soir.

- Ce n'est rien directeur, répondit-il platement.

- J'ai été impressionné d'entendre qu'un jeune homme de votre âge avait obtenu cette qualification, enchaîna-t-il. Vous avez seize ans c'est cela ?

- En effet, acquiesça-t-il.

- Professeur à cet âge, c'est extraordinaire, apprécia l'homme. Et dire que la plus part de mes élèves ne pensent qu'au Quidditch à votre âge, s'amusa-t-il en faisant sourire tout le monde.

- Comment va Poudlard ? demanda Abelarto en sirotant son verre.

- Ma foi bien, répondit Dumbledore.

Kirarin savait que pour le moment, tout allait encore relativement bien en Angleterre si on excluait les problèmes récurrent du pays. Discrètement, lui et sa famille suivaient attentivement ce qu'il se passait dans les îles britanniques depuis qu'ils avaient tout appris. Voldemort avait été grandement affaibli par l'attaque de Rui alors qu'il venait à peine de revenir à la vie. Kira pensait que c'était pour ça qu'on n'avait pas entendu parler de lui depuis. Il imaginait pourtant sans mal qu'il devait être en train de travailler dans l'ombre et de préparer son retour. Il n'en doutait pas un instant et il se demandait même si Dumbledore et d'autres encore n'étaient pas au courant. Dans tout les cas, il était certain que ça ne tarderait pas à changer. Il sentait de plus en plus le morceau d'âme en lui s'animer, signe que son propriétaire avait repris ses forces. Il savait que Voldemort réapparaîtrait bientôt et que cela ne se ferait pas dans la joie et la bonne humeur. Il avait passé beaucoup de temps à y réfléchir depuis l'attaque chez lui. Réfléchir à tout ça, à sa propre position, à comment se comporter, rester loin ou s'impliquer. Sa décision était d'ailleurs déjà prise, surtout depuis son voyage en Louisiane et ce qu'il avait appris sur les âmes.

- Comment se profile la rentrée ? demanda un autre. On dit que le ministère anglais fait beaucoup de critiques sur votre niveau et le programme vieillissant de Poudlard.

- Il est vrai qu'il n'a pas été modifié depuis longtemps mais c'est le cas de toute les écoles magiques des sept années, remarqua un autre.

- Je pense à peut-être revoir un peu le programme, répondit le directeur en regardant furtivement Kira avec intérêt. Nous ajoutons déjà un cours de Duel à la rentrée, annonça-t-il.

- De duel ? s'étonna quelqu'un. Qui sera professeur ?

- Sirius Black, répondit-il.

- Sirius Black ? Celui qui s'est échappé d'Azkaban après treize ans d'enfermement ? demanda Don Ulgaro.

- Échappé d'Azkaban, releva Kirarin. Qui est cet homme ?

- Il est vrai que vous ne devez pas connaître professeur Uizado, se rappela Abelardo.

- Nous ne suivons pas beaucoup ce qu'il se passe en Europe au Japon, expliqua l'adolescent observé attentivement par le vieux directeur.

- Sirius Black avait été accusé d'avoir vendu les Potter, commença l'italien. Vous connaissez les Potter et le Survivant, Harry Potter ?

- J'en ai vaguement entendu parlé, dit-il l'air de ne rien en savoir. Cela à avoir avec la guerre Anglaise d'il y a une quinzaine d'années c'est cela ?

- Oui. Vous-savez-qui a..., commença-t-il.

- Vous-savez-qui ? releva-t-il.

Il savait parfaitement que ce nom terrorisait tout le monde en Europe et que personne n'osait le prononcer mais il trouvait cela très stupide, ça ne faisait que renforcer la terreur.

- Vous parlez de Voldemort c'est cela ? demanda-t-il innocemment alors que tous tremblaient au nom et que Dumbledore le regardait plus intensément encore.

- C'est ça, reprit l'italien un peu mal à l'aise, il en voulait au couple Potter et à leur fils, probablement parce que James Potter qui était auror, était une figure de l'opposition face à lui. Les Potter se sont cachés. On disait que Sirius Black, le meilleur ami de James Potter, les avait vendu à Vous-savez-qui et qu'il avait tué leur ami Peter Pettigrow. Il a passé treize ans à Azkaban à cause de cela. Il s'est échappé et a été en cavale pendant un moment. Il a récemment été innocenté. Il s'est avéré que c'était Pettigrow qui avait trahis les Potter. Le soir de leur mort, Black est allé chez les Potter. On dit qu'il est arrivé le premier, il a trouvé les parents morts et le fils seul survivant. Il a su que seul Pettigrow avait pu les trahir parce qu'il était leur gardien du secret. Tout le monde croyait que c'était Black d'ailleurs. Il était fou de colère et il est parti immédiatement à la poursuite de Pettigrow. Il l'a retrouvé et Pettigrow l'a piégé en se coupant un doigt. Il a fait croire à tous que Black l'avait tué. Il a aussi tué plusieurs personnes au passage et l'a fait accusé par la même occasion. Black a été arrêté et enfermé à Azkaban.

- Comment une telle chose a pu se produire ? s'étonna Kira. Une enquête et un procès auraient largement dû et pu mettre la vérité en évidence. Un simple interrogatoire au veritaserum aurait pu le faire, posa-t-il ahuris qu'une telle erreur ait pu être commise.

- La fin de la guerre fut chaotique, déplora Dumbledore en soupirant. La justice de l'époque n'a pas donné de procès à Sirius, révéla-t-il en choquant davantage le jeune homme.

- Cela est grotesque, remarqua-t-il le visage dur.

- Les contextes de guerre sont particuliers, tenta un autre comme si c'était une excuse.

- Justement, répondit Kirarin. C'est parce que c'est un contexte particulier et difficile que le pouvoir en place doit montrer plus que jamais qu'il est capable de tenir les rênes et de garantir les droits de tous. Et je m'étonne qu'après tant d'années à Azkaban, son dossier n'est pas été révisé. N'a-t-il pas fait appel ou autre ?

Tous restèrent silencieux autour de lui, ne sachant que répondre à cette évidence qui aurait dû être logique.

- On ne peut pas dire que le gouvernement anglais ait géré la situation sur cette affaire, convint finalement un professeur.

- Quoi qu'il en soit, Black s'est échappé et a fini par retrouver lui même Pettigrow que l'on croyait mort. Il l'a livré à la justice pour prouver son innocence, expliqua Abelarto. Ainsi, il sera professeur ?

- Oui, confirma Dumbledore. Sirius est un ancien auror de haut niveau, il sera un très bon professeur de duel. Je dois avouer que je me suis senti coupable de ne pas avoir vu qu'il était innocent, dit-il avec un air faux qui fit tiquer Kira. J'étais très proche des Potter, poursuivit-il avec une tristesse fausse pour qui savait le voir, et je connaissais bien Sirius. J'aurais dû savoir qu'il ne les aurait jamais trahis.

- Ce n'est pas de votre faute, plaida une femme visiblement émue par l'émotion simulée qu'il affichait. Les preuves contre Sirius Black étaient flagrantes. Il a été arrêté au milieu des victimes.

- Je vous remercie, sourit doucement le vieil homme. J'aide Sirius a reconstruire sa vie. Je connais ses capacités et je sais qu'il sera un excellent professeur. Le cours de Duel est une chose demandée depuis quelques années.

- On dit qu'il recherche son filleul, Harry Potter, remarqua quelqu'un.

Kirarin resta ahuris intérieurement en entendant cela. Il avait un parrain ?! Il se secoua pourtant. Il était resté de marbre extérieurement mais il avait été choqué un moment. Il se reprit pourtant rapidement, écoutant.

- Oui, acquiesça Dumbledore. Harry a disparu depuis des années maintenant. Nous ne savons pas ce qu'il lui est arrivé, c'est inexplicable. Aucune magie n'a pu le localiser malgré les nombreux essais. Les Gobelins sont pourtant formels : il est en vie mais eux non plus ne savent rien. Nous le recherchons encore mais nous n'avons plus la moindre piste. Il a été enlevé chez sa famille moldu mais ils ne se souviennent de rien. Je suppose qu'on leur a lancé un oubliette. Seulement, c'est impossible à vérifier et encore moins possible de récupérer les informations qu'ils auraient pu avoir. Sirius est son parrain et il aime énormément Harry. Alors il le recherche sans relâche, sans succès pour le moment, déplora-t-il l'air abattu. Mais nous gardons l'espoir.

- J'espère de tout cœur que l'on retrouvera cet enfant, soupira quelqu'un. Espérons seulement qu'il est heureux et en bonne santé là où il est même si cela paraît difficile à imaginer.

Il y eut un moment de silence comme si tous tentaient de s'imaginer ce qui avait pu arriver sans se douter un seul instant qu'ils étaient en présence d'Harry Potter. Don Ulgaro reprit finalement la parole pour revenir au sujet premier :

- Un cours de duel donc, releva-t-il. Avez-vous prévu autre chose ?

- Et bien je cherche encore ce que je pourrais mettre en œuvre, répondit-il. Les familles réclament un cours innovant et aux perspectives ouvertes mais une telle chose est difficile à trouver dans le cadre des études de magie générale que nous devons donner. Je me suis dit que je pourrais peut-être trouver une inspiration ici ce soir, s'amusa-t-il.

- Innovant et aux perspectives ouvertes ! s'exclama Abelardo. Mais c'est exactement ce qui n'a pas cessé de ressortir des comptes rendus des juges qui ont évalué le professeurs Uizado. N'est-ce pas ? dit-il en se tournant vers l'adolescent.

- C'est ainsi qu'ils ont qualifié mon travail en effet, approuva-t-il.

- Soulagez nous de ce mystère, demanda une dame curieuse. Qu'enseignerez vous exactement ? Vous avez passé tout les domaines d'enseignement alors est-ce un mélange de plusieurs disciplines ? questionna-t-elle alors que tous attendaient la réponse avec avidité.

Kirarin se décida rapidement, entrevoyant une possibilité. Sa décision était désormais prise et il se sentait plus déterminé que jamais.

- Ce n'est pas vraiment un mélange de plusieurs disciplines, dit-il alors.

- Donc, qu'enseignerez vous ? demanda la dame très intriguée.

- La Magie, répondit-il en souriant.

- La magie ? répéta-t-elle aussi confuse que tous et en l'amusant.

- Oui. Je désire enseigner une pratique de la magie différente de tout ce que l'on connaît, expliqua-t-il. J'ai eu une manière très particulière et bien à moi d'apprendre à maîtriser la magie. C'est cela que je désire enseigner.

- Cela doit être très étonnant pour avoir suscité un tel intérêt de la part des grands sorciers qui vous ont évalué, remarqua quelqu'un. Ils ne parlent plus que de vous depuis qu'ils vous ont vu, rit-il.

- Ma magie est vraiment différente, reprit alors Kira. Elle fonctionne avec toutes les pratiques magiques et permet plus encore.

Il leva une main paume vers le ciel devant lui, voulant leur montrer. Il la tint à hauteur de son ventre, attirant l'attention générale sur elle. Une lumière dorée douce apparut alors au dessus de sa paume, les émerveillant déjà par le fait qu'il n'y ait eu ni baguette ni formule ni geste. Mais ils le furent d'autant plus en voyant une jolie fleur se mettre à doucement pousser dans la lumière, quelques paillettes dorées se dégageant avant de disparaître. Un bouton s'éleva lentement au sommet d'une tige, bordée de quelques feuilles à sa base soulignée de ses racines tombant entre ses doigts. Il fleurit bientôt, laissant place à une belle fleur mauve dont une agréable odeur se dégageait. Tous restèrent sans voix alors que la lumière s'éteignait, laissant la fleur lévitant dans sa main.

- Vous l'avez fait apparaître ? demanda finalement quelqu'un.

- Non. Cette fleur vient de nul part. Je viens de lui donner naissance ici, expliqua-t-il.

- C'est impossible de créer une chose vivante ainsi à partir de rien. Il aurait au moins fallu une graine, posa quelqu'un.

- C'est impossible avec la magie traditionnelle, approuva Kirarin. Mais pas avec ma magie. De plus, elle n'est pas née de rien, elle est née de ma magie, dit-il en la faisant disparaître. Ce que je veux enseigner est une compréhension différente et plus profonde de la magie. Mieux comprendre la magie permet de faire de la magie et non de seulement l'utiliser. Cela donne une palette de résultats possibles infinie. C'est une pratique concentrée uniquement sur la magie et sur rien d'autre.

- Vous la pratiquez en informulée et sans baguette ? remarqua Abelardo.

- Oui. C'est une caractéristique de ma magie. Je n'utilise ni baguette, ni formule, juste de la magie et c'est aussi ainsi que je l'enseignerais, annonça-t-il en les surprenant une nouvelle fois.

- Et cela couvre tout les domaines enseigné dans une école générale ? demanda Dumbledore clairement très intéressé comme tout le monde.

- Tous et plus encore. Tout ce qui est fait en métamorphose, enchantement, sortilèges, charmes, défense, rituel... je peux le faire avec ma magie. Je peux aussi couvrir des domaines comme les potions, la botanique, l'astronomie, la divination, l'arithmancie, l'art, les soins aux créatures, la création magique, les liens magiques... avec une approche de leur magie, de son fonctionnement, de ce qu'elle implique et des résultats qu'elle produira. Tout cela permet ensuite de faire de la magie dans tout ces domaines d'une manière différente. Sans baguette, sans formule, sans geste particulier et avec de l'entraînement avec moins de magie, plus de rapidité et d'efficacité.

- Si tout cela est vrai, on comprend que vos juges ait été emballés, souffla quelqu'un.

- J'ai mis plusieurs sessions de dix heures d'exposés pour tout leur expliqué clairement et pour chaque domaine d'éducation mais en gros c'est en cela que ça consiste, répondit-il.

- Ces juges étaient de grands sorciers difficiles à impressionner alors je ne doute pas que tout cela doit-être plus formidable encore que ce que cela paraît ainsi, remarqua Abelardo émerveillé. C'est formidable.

- Avec cela, il s'agit de comprendre la magie elle même et non des sorts particuliers, ajouta Kira. C'est bien plus complexe mais en y parvenant, on peut arriver à mettre en œuvre tout ce qu'on imagine sans enseignement dans la discipline visée.

- Vraiment ? s'étonna une dame.

- Vraiment, acquiesça-t-il. J'ai un peu de mal avec la magie traditionnelle parce que j'ai une vision très différente. J'ai appris toute ma magie en passant par cette vision sans l'aide de professeurs. J'ai eu une éducation à domicile et j'ai acquis ma magie par moi même.

- Très impressionnant, remarqua Dumbledore focalisé sur lui.

Kirarin sentait très nettement son intérêt pour lui et il sentait la légilimancie qu'il tentait d'utiliser sur lui. Peine perdue mais cela avait le don de grandement l'irrité alors qu'il respectait l'esprit. Cet homme lui était vraiment désagréable mais il avait besoin de lui pour atteindre son but alors qu'il venait de trouver une solution pour le faire grâce à lui ce soir. Cela ne l'enchantait pas mais c'était une chance s'il y parvenait. Dumbledore était très intéressé et il ne sentait aucune méfiance venir de lui. Il semblait seulement réfléchir à toute vitesse avec optimisme et enthousiasme, l'air de monter un projet.

- Seriez vous intéressé par un poste à Poudlard ? demanda-t-il sans vraiment surprendre ceux qui les entourait au vue de la discussion.

- Poudlard est très différent de ce que le professeur Uizado connaît, remarqua Abelardo.

- Justement, cela pourrait être une occasion de découvrir, répondit quelqu'un d'autre. Et je pense que l'Angleterre a terriblement besoin de gens comme le professeur Uizado, novateurs, faisant partie de l'élite pour remonter un peu le niveau et mettre un peu d'ordre, dit-il sans que le vieil homme ne se montre ouvertement vexé.

Pourtant, Kirarin sentait vivement qu'il l'était et qu'il se retenait de rabattre le caquet de l'impoli. Cela l'amusait beaucoup. Malgré son air aimable et bienveillant, les émotions qui se dégageaient du directeur n'allaient pas avec son apparence.

- J'avoue m'intéresser à la culture magique celtique, remarqua Kirarin. Mais pourquoi moi ?

- Et bien je pense sincèrement qu'il est temps de proposer quelque chose de nouveau à nos élèves et vous me semblez bien être ce qu'il me faut. Cela serait formidable de pouvoir leur apprendre une telle magie. Je crois aussi que voir un jeune homme comme vous avec déjà une telle réussite à votre âge ne peux qu'être motivant pour leurs études. Il y a aussi toute la culture que vous pourriez leur apporter sur votre pays d'origine. Les cultures étrangères ne sont pas abordées dans le cursus général, remarqua-t-il. J'aimerais sincèrement que vous y réfléchissiez.

Un long silence s'étira, tous attendant la réponse du jeune homme qui la connaissait pourtant déjà.

- Je vais réfléchir à cette proposition, dit-il finalement. Je vous écrirais rapidement pour vous faire part de ma décision.

- Très bien, se réjouit l'homme. Je vous remercie professeur Uizado, sourit-il.

Kirarin lui adressa un signe de tête sobre, clôturant la discussion alors que cela ne se faisait pas de négocier une telle chose en publique. Ils parlèrent encore un peu et finalement, le vieil homme prit congé au moment même où son père et Haiko le rejoignaient. Ils regardèrent l'anglais partir sans avoir conscience de qui il était et de ce qu'il venait de se passer. La soirée se poursuivit sans que le sujet ne soit remis sur le tapis, Kira la terminant en observant discrètement le directeur de loin.