Chapitre 12 :
Révélation
On était au lendemain de la soirée pour l'école italienne et Akifumi était inquiet. Kirarin s'était plongé dans un état méditatif dans le jardin peu après leur retour et il n'en n'était pas sorti depuis. Cela arrivait de temps en temps qu'il se plonge dans de longues méditations et en général, c'était pour réfléchir à des sujets très sérieux. Aujourd'hui, Akifumi ne manquait plus d'être attentif au lien qu'il avait avec son fils et il le sentait très grave, très concentré mais aussi appréhensif et un peu sombre. Cela ne lui plaisait pas alors que Kira était maintenant plus souvent calme, serein, assuré et joyeux que dans cet état. Il ne l'était que lorsqu'il se passait quelque chose de grave ou de très important. Il se décida donc finalement à aller lui parler, voulant savoir ce qui le préoccupait ainsi alors qu'il venait enfin de terminer d'obtenir ses qualifications et que des semaines de repos s'annonçaient pour lui. Il le rejoignit dans le recoin calme des jardins où il s'était installé au soleil, le trouvant agenouillé dans l'herbe, vêtu d'un simple kimono saphir. Il se tenait parfaitement droit, les mains posées sur les cuisses et les yeux clos. Il se dégageait de lui une quiétude très apaisante. Yoite n'était pas loin, enroulé sur une pierre, Katsuo allongé à quelques centimètres de son maître. Il avait la tête posée sur ses pattes avant, observant les alentours en garde attentif. Silencieusement, il vint s'agenouiller devant lui, sachant parfaitement qu'il sentirait sa présence.
Patiemment, il attendit que l'adolescent sorte de sa méditation tranquillement, l'observant simplement. Après quelques minutes, sa respiration devenue quasi invisible dans sa concentration reprit un peu plus de force alors qu'il inspirait profondément. Il souffla doucement et ouvrit les yeux, souriant doucement à son père devant lui. Akifumi lui rendit, le regardant aller poser une main douce sur la tête de Katsuo pour le caresser.
- Tu es étrange depuis que nous sommes revenus d'Italie, remarqua doucement le père. Je n'arrive pas à comprendre ce qui peut te préoccuper ainsi.
Kira garda un moment de silence. Il voulait en parler à son père mais il savait qu'il s'inquiéterait pour lui atrocement même s'il comprendrait. Il se demandait s'il cesserait de lui causer des problèmes un jour. Il devait pourtant lui dire et il s'y décida finalement :
- Tu te souviens du vieil homme avec la longue barbe blanche à la réception ? demanda-t-il.
- Oui. Cet homme et son regard faux ne m'inspirait aucune confiance. Je ne lui ai pas parlé mais je t'ai vu discuter avec lui. Tu étais tendu d'ailleurs. T'a-t-il dit quelque chose ?
- Cet homme était Albus Dumbledore, lâcha-t-il en choquant profondément son père.
Akifumi resta un moment figé, intégrant l'information.
- Pourquoi ne m'as-tu pas appelé sur le champs ? questionna-t-il doucement.
- Parce que je ne voulais pas que cela paraisse étrange et je ne voulais pas que tu t'énerves contre lui.
- Je l'aurais descendu sans concession, concéda-t-il avec amusement en le faisant sourire. Est-ce cette rencontre qui te préoccupe ?
- Pas vraiment. Cet homme n'est rien pour moi. Je ne changerai pas le passé et la vengeance ne sert à rien. Je n'ai aucun moyen pour le moment de le faire punir pour ses actes et je n'ai aucune preuve de rien pas plus que je ne connais les véritables détails de toute cette histoire. Dumbledore n'est rien d'autre pour moi qu'un homme à surveiller. L'avoir rencontré n'a fait que me certifier qu'il n'est pas quelqu'un de bien.
- Alors à quoi penses-tu ?
- Il m'a proposé un poste à Poudlard, dit-il en ahurissant un peu plus son père. Je l'intéresse pour bien des raisons : pour ma puissance, pour la magie que je maîtrise, pour ce que je peux enseigner à des élèves qui pour une part sont sous son influence par ce qu'il représente en Angleterre, par l'ouverture sur le monde que je peux lui donner et sur le Japon en terme d'alliance, pour ma popularité actuelle, pour mon jeune âge aussi alors qu'il me pense manipulable et enfin parce qu'il pense que je ne sais rien de ce qu'il se passe en Angleterre et de leur réelle situation. Je serais une bonne pièce en tout cas c'est ce qu'il semble penser. J'ai analysé toutes ses émotions durant notre discussion et il a même tenté la légilimancie sur moi. Mes protections n'ont pas dû passer inaperçu.
Akifumi resta un instant silencieux mais il avait déjà compris ce que son fils avait décidé. Il le sentait et il le connaissait bien assez pour deviner.
- Tu comptes y aller n'est-ce pas ? remarqua-t-il simplement. Le directeur de Mahotokoro t'a aussi proposé un poste. Tu pourrais l'accepter et rester au Japon, tenta-t-il. Tu n'es pas obligé de prendre part à cette histoire. Puisque évidemment, ce n'est pas pour Poudlard que tu accepterais.
- Ce serait un moyen d'aller en Angleterre sans éveiller le moindre soupçon. Poudlard reste une école mondialement connue, remarqua Kira. Même si on juge qu'elle doit faire peau neuve. Personne ne trouverait ça étrange au contraire, ce serait un bon moyen d'aller voir ce qu'il se passe là bas de plus près et ça me permettrait de surveiller Dumbledore. Je sais que tu penses que je devrais rester en dehors de ça mais je ne peux pas. Voldemort ne va pas tarder à réapparaître d'une façon ou d'une autre. Je suis mêlé à cela que je le veuille ou non. Quoi qu'il se passe, j'ai un morceau de l'âme de Voldemort en moi et donc sa vie dépend de la mienne. Je le sais déjà depuis longtemps. Dumbledore me cherche encore. Cette histoire me concerne, c'est un fait et je ne pourrais pas l'ignorer toute ma vie. Voldemort va revenir et même s'il est abattu, il survivra par le morceau d'âme que je possède. Il pourra toujours revenir. Et s'il parvient à son but pour prendre le pouvoir, il finira par me rechercher pour récupérer son âme. Cela aussi est certain. Cela prendra peut-être du temps mais je devrais y revenir un jour ou l'autre.
Akifumi resta silencieux, sachant qu'il avait raison. Rui lui même le disait : sa vie était liée à cette histoire. Il ne tenait qu'à lui de décider quoi faire.
- Ne crois pas que je décide de prendre part à cette affaire par obligation. En fait, s'il n'y avait pas eu ce morceau d'âme, j'aurais probablement oublié tout cela. Mais j'ai cette âme et je la vois atrocement souffrir tout les jours. Je ne sais pas ce qui est arrivé à Tom Riddle pour qu'il en arrive là. J'avoue que j'aimerais savoir ce qu'il s'est passé pour lui. Ce n'est pas humain d'avoir une âme dans un tel état. Je sens sa magie détraquée et viciée, je la sens pourrir sans pouvoir l'aider. Je ne sais pas qui est Voldemort et ce qu'il a pu faire exactement, je sais qu'il a tué James et Lily mais j'aimerais savoir ce qui lui est arrivé exactement, ce qu'il s'est passé et j'aimerais pouvoir aider cette âme. Jamais il ne trouvera de repos ainsi et ce sera des souffrances éternelles. Je ne souhaite ça à personne pas même au pire des personnage de cet univers. Il était à Poudlard et il est en Angleterre. Toute sa vie est là bas. Si je veux apprendre l'histoire réelle pour espérer guérir cette âme et me la retirer, je dois aller là bas.
Akifumi l'observa un instant, sentant qu'il était décidé. Ce n'était pas la première fois qu'ils discutaient de cela et il savait qu'avoir cette âme en lui l'avait rapproché de Voldemort d'une certaine manière. Il avait passé tellement de temps concentré sur elle qu'il avait maintenant une certaine empathie pour elle. Il savait ce qu'on disait de Voldemort, se souvenant bien que c'était lui qui avait tué James et Lily, qu'il avait provoqué une guerre et bien des malheurs, à ce qu'on disait. Mais il voulait comprendre ce qu'il s'était passé exactement. Ses années de méditation pour comprendre sa magie lui avaient donné ce petit côté à vouloir décortiquer et comprendre tout ce qui lui tenait à cœur et cette histoire étroitement mêlée à la sienne était de cette catégorie. Il savait qu'il ne changerait pas d'avis et qu'il en avait aussi besoin pour tourner définitivement la page sur tout cela.
- Je comprend, répondit le père. Je ne te dicterai pas ta vie Kirarin, tu le sais et je sais que tout cela fait partie de toi. Je préférerais que tu restes loin de cette histoire. C'est dangereux et je sais que tu en es conscient mais je suis ton père et j'ai peur pour toi, dit-il en le faisant sourire doucement. Cependant, je sais aussi que tu en as besoin et que c'est important pour toi alors je ne m'y opposerai pas si tu es sûr de toi.
- Merci papa, sourit-il en se sentant une fois de plus soutenu par son père.
- Seulement, ne compte pas sur moi pour te laisser y aller seul, ajouta Akifumi. Je viendrai avec toi. Tu n'es pas majeur alors ça ne sera étrange pour personne.
- Tu n'es pas obligé, répondit l'adolescent pourtant rassuré de l'avoir entendu dire ça.
- Tu es ce que j'ai de plus cher au monde Kira, je ne cesse de te le dire. Je suis incapable de te laisser aller là bas seul avec ce vieux fou en sachant que c'est très dangereux. Je viendrai avec toi et je serai là pour toi si tu en as besoin. Avec la magie, travailler de l'Angleterre ne sera pas difficile donc ça ne posera pas de problème. Je viendrai avec toi et ce n'est pas négociable.
- Merci papa, sourit-il avec émotion.
- Bien. Comment ça se passe ? demanda-t-il plus légèrement.
- Je vais écrire à Dumbledore pour lui dire que je suis intéressé et pour prendre rendez-vous afin de discuter les détails. On verra ensuite si on doit trouver un logement près de l'école et comment on va faire. Je ne suis pas très inquiet pour cela.
- Et pour ta première identité ?
- Personne ne saura. Harry Potter est mort. Je ne suis plus lui. Je suis Kirarin Uizado maintenant et ça ne changera plus jamais, dit-il avec force en faisant sourire son père. Je n'ai pas l'intention de révéler la vérité. Ma vie est ici maintenant et je ne la laisserai pour rien au monde. Grâce à Rui et à ton adoption, au lien de sang, personne ne pourra savoir qui j'étais avant. Personne ne sait et personne ne saura. Dumbledore ne saura rien.
- C'est mieux en effet, acquiesça-t-il.
- J'ai appris autre chose aussi, annonça-t-il. Il semblerait que j'ai un parrain, lâcha-t-il en choquant une fois de plus son père.
Il raconta alors ce qu'il avait appris sur Sirius Black et son histoire. Il y eut ensuite un moment de silence avant qu'Akifumi ne le brise :
- Est-ce que tu aimerais rencontrer cet homme ? questionna-t-il en sentant que son fils hésitait sur la question.
- Je ne sais pas. Visiblement ce soir là, il n'a pas hésité à m'abandonner avec Lily et James morts pour aller chercher vengeance. Si c'est vrai, ce n'est pas vraiment le comportement qu'on attendrait d'un parrain. Seulement, ce n'est peut-être pas la vérité et je ne le connais pas. Alors je ne sais pas. Quoi qu'il en soit, je vais le rencontrer à Poudlard. J'aviserai lorsque j'y serai pour savoir quoi faire. Je vais déjà apprendre à le connaître simplement, on verra ensuite.
- D'accord, approuva-t-il. Maintenant, il ne nous reste plus qu'à annoncer ça à tout le monde, soupira dramatiquement le père en amusant son fils qui rit légèrement.
- à quoi crois-tu que je réfléchissai exactement ? répondit-il en le faisant rire à son tour.
Tranquillement, ils discutèrent encore un moment, Akifumi assurant à son fils qu'il le soutenait et qu'il serait avec lui pour tout traverser. Kirarin parût alors grandement apaisé, comme toujours lorsqu'il avait le soutient et l'approbation de son père. Ce soir là au dîner, Kira prit son courage à deux mains pour annoncer au reste de la famille qu'il avait pris la décision d'aller en Angleterre et de mettre au clair toute cette histoire qui lui avait gâché les premières années de sa vie. Il leur expliqua ce qu'il s'était passé à la soirée en Italie, parlant de la proposition faîte par Dumbledore Immédiatement, tous protestèrent, ne voulant pour rien au monde voir leur petit dernier adoré aller se mettre en danger auprès de cet homme qui lui avait déjà tant fait de mal. Il fallut que son père ramène le calme pour qu'il puisse s'expliquer et expliquer ses motivations. Tous comprirent sans mal mais cela ne les empêcha pas de protester contre cette idée. Kira leur parla alors du pourquoi il avait besoin de faire cela et Akifumi appuya qu'il irait en Angleterre avec lui. Cela ne plu à personne mais ils comprirent que c'était important pour lui, le soutenant tout de même.
La discussion sérieuse terminée, tous avaient commencé avec les multiples recommandations de toutes sortes parfois farfelues, commandant de les appeler à la moindre ombre de soucis. Kirarin n'avait aucun doute qu'un seul mot de lui suffirait à faire débarquer tout les Uizado en quelques instants. Tous s'inquiétaient beaucoup pour lui et cela le touchait. Il savait que tous seraient là pour lui s'il en avait besoin et cela était immensément rassurant, lui donnant du courage. Une fois la chose annoncée à sa famille, il gagna sa chambre, écrivant une lettre à Dumbledore pour convenir d'un rendez-vous. Il n'utilisa ni hibou ni portoloin postal, l'envoyant purement et simplement instantanément par sa magie. Le lendemain, on oublia un peu tout cela pour fêter les seize ans du jeune homme dans une grande fête comme ils en avaient l'habitude. Il fallut deux jours pour que la réponse lui parvienne par portoloin, lui proposant de venir à Poudlard quand bon lui semblerait alors que le directeur s'y trouvait le mois d'Août entier pour préparer la rentrée. Il lui répondit dans la foulée qu'il serait là le jour suivant sachant que sa missive arriverait instantanément et qu'il avait un peu de marge grâce au décalage horaire.
Le jour suivant donc, Kira se prépara pour se rendre à Poudlard. Il avait mis un pantalon de toile noire et une paire de tabi et de zori. Il portait un vêtement inspiré des kimonos comme souvent, identique mais s'arrêtant à mi-cuisse. Il était blanc, comme sa doublure, les manches amples et les pourtours décorés de broderies argentés. Une ceinture de soie d'argent le fermait, cintrant sa taille. Il avait terminé avec un haori noir et simple, son pendentif et son katana en place. Par précaution, il avait caché ce qu'il restait de sa cicatrice en éclair. Désormais, depuis qu'il avait scellé le horcruxe et que le lien de sang avec son père avait été fait, elle était devenue quasi invisible. Il fallait vraiment s'y coller, savoir quoi chercher et regarder attentivement pour la voir. Cela plus le fait que de nombreuses mèches cachaient son front, tombant juste au dessus de ses yeux et sur ses tempes et cette marque distinctive devenait presque indétectable. Cependant, d'une nature prudente aujourd'hui, Kira avait préféré s'assurer que personne ne pourrait l'apercevoir une seconde, ne voulant pas risquer bêtement de révéler qui il avait été autrefois. Son père avait lui passé un costume moldu classique. Pour une fois, il laissa Yoite et Katsuo, préférant y aller sans eux pour commencer. Ce fut donc uniquement en compagnie de son père qu'il prit la direction de l'Angleterre et de Poudlard. Ce fut devant les grilles de l'école qu'ils réapparurent, dans le soleil d'été. Ils regardèrent autour d'eux, le visage de marbre. Ils constatèrent rapidement qu'ils étaient complètement seuls et qu'on apercevait le château au loin.
- La magie présente ici est très lourde, constata immédiatement Kira. Lourde, sombre, bafouée...
- Les anglais ne sont pas connus comme étant les plus respectueux de la magie, remarqua Akifumi, bien au contraire. S'il y a bien un endroit au monde où les gens devraient apprendre ta magie, c'est ici.
- C'est ce que je vois. Elle pleure tellement, déplora-t-il doucement.
- Est-ce que ça ira pour toi ? demanda le père sachant à quel point il était sensible à ce genre de chose.
- Cela m'attriste et me met en colère mais je sais me détacher de mes perceptions alors cela ne m'atteindra pas physiquement ne t'en fait pas, lui assura-t-il avec un petit sourire. C'est juste que ce n'est pas ce que je préfère contempler en matière de paysage d'énergie magique.
- Si tu veux rester en Angleterre, tu ne verras que cela pendant un moment j'en ai peur. Es-tu certain que c'est ce que tu veux Kira ? On ne sait pas combien de temps cette histoire pourra prendre. Cela pourrait t'être bien plus pénible que tu ne le penses. On pourrait peut-être agir du Japon ? proposa-t-il.
Akifumi ne cherchait pas vraiment à dissuader son fils bien qu'il aurait nettement préféré qu'il ne se mêle pas de tout ça. Seulement, il voulait être certain qu'il ne regretterait pas son choix. Il savait qu'il avait besoin de tirer son passé au clair pour avancer vraiment. Aujourd'hui, il avait surmonté ses traumatismes et ses peurs en grande partie bien que certaines choses restent tenaces. Cela n'était pourtant plus une gêne dans la vie quotidienne comme autrefois. Kirarin était désormais un jeune homme sûr de lui et équilibré avec des cicatrices se rappelant parfois à son bon souvenir lorsque le temps faisait des siennes. Cependant, le père avait peur que toute cette histoire ne soit une nouvelle blessure pour lui et il craignait qu'une catastrophe arrive. Il ne l'empêcherait pas de faire ce qu'il voulait et ce dont-il avait besoin pour terminer de se reconstruire mais il s'assurerait que cela se passerait au mieux pour lui.
- Je sais que ce qui m'attend ici ne sera pas facile tout les jours, concéda l'adolescent en regardant le château au loin. Mais j'en ai besoin et je veux savoir. Savoir pourquoi j'ai dû endurer tout ça, pourquoi on m'a volé mon enfance, pourquoi Lily et James sont morts. Et j'ai besoin de savoir qui était Tom Riddle. Je sais que c'est étrange mais malgré tout ce qu'il a supposément fait, avoir une partie de son âme en moi me permet de le voir autrement. Elle est en trop mauvais état pour que je puisse le voir vraiment à travers elle mais je suis sûr d'une chose : il ne mérite pas de subir une telle atrocité, comme rien ni personne. Je ne sais pas ce qui a fait qu'il en est arrivé à ça mais je veux savoir. Je sens que c'est important. J'ai besoin de faire ça papa, réaffirma-t-il en le regardant, je suis désolé de t'entraîner avec moi dans cette histoire.
- Tu n'as pas à t'excuser mon ange, sourit l'adulte, je serai toujours là pour toi et dans toutes les épreuves que tu auras à traverser. Il n'y a que lorsque tu seras apaisé que je le serai aussi. Si tu es sûr, allons-y, dit-il alors.
Lui souriant, Kira acquiesça et ils s'engagèrent sur le chemin conduisant à l'école, passant enfin les grilles et les protections du domaine. Ce fut en silence qu'ils marchèrent tranquillement, observant autour d'eux le visage neutre. Après un moment, ils arrivèrent sur un chemin de pierre traversant un ravin profond. Et de l'autre côté, ils entrèrent dans une petite cour en face de la grande double porte de l'école. Là, un homme à l'allure peu engageante, l'air renfrogné, le dos courbé, ses longs cheveux bruns grisonnant clairsemés et un chat dans les bras semblait les attendre. Illisibles et droits, ils s'avancèrent vers lui, le saluant poliment et se présentant. Abruptement et sans la moindre politesse, l'homme expliqua qu'il était le concierge de l'établissement et qu'il les conduirait au bureau du directeur. Ils le suivirent donc, regardant rapidement l'école autour d'eux lui trouvant une ambiance froide et un peu sombre, loin, très loin des constructions japonaises qui leur étaient coutumières. C'était le jour et la nuit, l'ombre et la pierre froide remplaçant bois, papier de riz et lumière. Mais il fallait tout de même avouer que le château était grandiose et majestueux, seul son ambiance et sa magie venant le ternir à leurs yeux.
Il ne fallut pas très longtemps pour qu'ils arrivent devant une gargouille de pierre. L'homme donna le mot de passe et l'escalier se déploya lentement. Le concierge leur dit de monter et de frapper à la porte, partant sans plus de cérémonie. Le père et le fils échangèrent un regard, désappointés devant ce comportement fort peu convenable. Après un instant, ils s'engagèrent dans les marches de pierres, grimpant tranquillement. Une fois en haut, ils n'eurent pas le temps de frapper que la porte s'ouvrait, les laissant froids et pas surpris une seconde. Kira avait tellement l'habitude de faire ça depuis des années à la maison, ouvrant magiquement les portes d'avance à ceux qui voulaient le rejoindre dans les pièces où il se trouvait.
- Professeur Uizado, fit une voix joyeuse à l'intérieur, entrez entrez, je vous en prie.
Kirarin pénétra alors dans le bureau avec son père, trouvant Dumbledore avançant vers eux. Une chose était sûre, cette pièce emplie de la magie du directeur ne lui plaisait pas du tout et il s'y sentait mal à l'aise. Ce n'était pas les tableaux des prédécesseurs l'observant ou la pénombre dans un bazar sans nom qui lui donnait cette impression. Cela venait purement et simplement de l'énergie du lieu, lourde et oppressante. Il n'en montra pourtant rien, s'avançant avec son père et stoppant devant le vieil homme alors que la porte se refermait. Il le salua, s'inclinant légèrement comme le voulait les manières japonaises et près de lui, il sentait son père analyser scrupuleusement cet homme qui avait fait le malheur de son enfant. Kirarin pouvait sentir sa fureur et sa haine pour lui sous son apparence parfaitement neutre et tranquille. Il savait que son père ne ferait rien de stupide mais il savait aussi que dés lors que cela serait possible, il ne raterait pas sa chance si Dumbledore lui donnait la moindre occasion de se venger.
- Soyez le bienvenu à Poudlard, souhaita l'homme tout sourire.
- Merci directeur, répondit Kira dans un anglais marqué d'un accent japonais. Permettez que je vous présente mon père, Akifumi Uizado, présenta-t-il ensuite.
- Enchanté monsieur Uizado, salua l'anglais joyeux. C'est un plaisir.
- Partagé, répondit aimablement Akifumi en se forçant à une façade polie. Mon fils étant encore mineur, je l'accompagnerai, expliqua-t-il.
- Bien sûr, bien sûr. Je suis très heureux que vous ayez accepté ce poste, dit-il ensuite en se tournant vers l'adolescent. Venez, allons nous asseoir, invita-t-il en désignant son bureau.
Ils allèrent donc s'y installer, le directeur prenant place. Rapidement, ils se mirent à discuter de ce que Dumbledore pensait mettre en place avec son cours. Il s'agirait d'un cours qui n'entrerait pas en compte pour les examens, n'étant pas une discipline officielle et très vite, Kirarin annonça qu'il n'y aurait pas de notation traditionnelle comme dans les autres domaines, son enseignement et sa progression dépendant de chacun. Il mettrait cependant une appréciation sur le travail de chaque élève dans sa matière. Alors qu'il discutait, Akifumi restait en retrait, laissant son fils gérer la situation. Il veillait et écoutait attentivement mais il n'intervenait pas, marquant davantage auprès du vieil homme que son fils était parfaitement capable de se débrouiller tout seul et qu'il n'intervenait pas dans son travail. Il restait donc assis dans le fond de son siège, silencieux et effacé, en profitant pour analyser un peu l'anglais. Celui-ci semblait emballé par le fait que son fils enseignerait à Poudlard. Il savait bien pourquoi : Kirarin était puissant et il pouvait apprendre une puissante magie à ses élèves. Cela plus le fait qu'il attirait une attention internationale sur lui et donc sur l'école, le directeur voulant sûrement jouer de cet atout. Il fallait y ajouter le fait que Kira venait d'une noble famille étrangère et qu'il ouvrait sur l'Asie qui n'avait que peu de contact avec l'Angleterre. Il n'était pas difficile de voir que la présence de Kirarin à Poudlard n'avait pas qu'un but éducatif.
Alors qu'Akifumi analysait le directeur, celui-ci conversait joyeusement avec son fils bien plus maîtrisé et neutre, avec cependant son expression douce habituelle. L'adolescent demanda à ce que son cours se passe sur base de volontariat de la part des élèves, expliquant que son enseignement demandait un réel investissement qu'il ne pouvait forcer. L'anglais approuva, proposant que l'on puisse peut-être changer d'avis au début de chaque trimestre si des élèves voulaient intégrer ou quitter le cours. Le jeune professeur n'y vit aucun inconvénient et il fut donc décidé que seul le premier cours de découverte et d'explication serait obligatoire. Dumbledore lui proposa une plage de deux heures de cours par semaines avec chaque classe, ne pouvant donner plus à une matière mineure. Kirarin acquiesça, demandant s'il serait possible d'ouvrir sa classe entre la fin des cours et le dîner le soir, à tout ceux qui auraient choisis son cours et qui souhaiteraient venir travailler un peu avec lui, cela ne se faisant que sur l'envie des élèves et n'ayant rien d'obligatoire. Le directeur l'autorisa, n'y trouvant aucun problème.
Ils commencèrent ensuite à parler de son cours en lui même, de ce qu'il enseignerait, de ses méthodes, des buts à atteindre, des exercices qu'il mènerait... Akifumi admira alors avec quel brio son fils exposa son travail et son enseignement sans vraiment donner d'information exploitable à l'homme auquel il ne voulait pas enseigner son art. Il parla méditation, touché magique, perception des énergies, exercice avec des créatures magiques... Il expliqua comment il enseignait, quels étaient les divers objectifs à atteindre et dans quel ordre pour les élèves, exposant son projet pédagogique avec un professionnalisme qui rendit fier son père. Dumbledore se fit grandement intéressé, écoutant attentivement mais il fut aussi évident qu'il se rendit compte que cette simple discussion ne lui révélerait aucun des secrets de la puissante magie du jeune japonais.
Les détails du cours en lui même réglés, ils parlèrent locaux. Kira demanda s'il serait possible d'aménager un espace en bordure du lac noir, près de la forêt. Cette demande surprit le directeur et l'adolescent expliqua que cela faciliterait grandement le travail des élèves. Il revint sur la méditation qui leur serait indispensable pour appréhender la magie, relevant que les énergies, lourdes, puissantes et très anciennes du château leur causerait beaucoup de mal pour percevoir leur propre magie sans expérience. Il avait alors dit qu'un espace au bord du lac et de la forêt à la magie naturelle faciliterait grandement les choses, apportant aussi une ambiance parfaitement calme propice à la méditation. Il assura qu'il y poserait les protections nécessaires pour ne pas être dérangé par les créatures de la forêt et qu'il enchanterait le chemin y menant pour garder un œil sur les élèves qui venaient ou partaient de son cours. Après un moment, Dumbledore accepta, expliquant qu'il lui trouverait l'endroit adéquat.
Encore un moment de discussion et ils passèrent sur les formalités du contrat du jeune homme, parlant salaire et engagement. Cela faisant, Akifumi intervint, annonçant qu'il désirait rester auprès de son fils qui n'était pas majeur. Il parla alors, argumentant qu'il n'était pas prêt à laisser son fils seul à l'autre bout du monde dans un endroit qu'il ne connaissait pas alors qu'il était mineur malgré son statu. Il expliqua qu'il voulait rester auprès de lui comme son devoir de père l'imposait, disant qu'il pouvait parfaitement assumer son propre travail à distance et qu'il ne gênerait en rien l'école ou le travail de son enfant. Il dit alors qu'ils avaient prévus de trouver un logement au plus près et Dumbledore intervint. Kirarin avait parfaitement senti qu'il était pincé par la présence du père, pensant certainement qu'il pourrait manipuler l'adolescent qu'il était mais que l'adulte serait un autre problème. Il ne pouvait pourtant s'opposer à sa présence étant donné son âge. Il ne montra pourtant pas sa gêne, s'empressant plutôt de leur dire qu'il était inutile de chercher un logement et qu'ils disposeraient d'un appartement privé dans l'école, cela faisant partie du contrat de professeur. Ne pouvant s'opposer à la présence du père, il préféra faire croire que cela ne le dérangeait pas le moins du monde au contraire.
Et très vite, Kira le senti reprendre assurance à ce sujet. Après tout, avoir Akifumi à l'école signifiait avoir un sorcier japonais d'influence sous la main à se mettre dans la poche. Il expliqua que le logement et les repas étaient pris en charge par l'école et qu'ils pouvaient profiter des installations comme ils le voulaient. Cela fait, ils discutèrent formalités administratives alors qu'il faudrait des visa aux deux japonais, Dumbledore assurant que cela ne poserait aucun problème avec le Ministère s'il enseignait dans son école. Akifumi, annonça qu'il chargerait Seigi de régler les procédures pour eux, Kirarin acquiesçant avec soulagement. Il savait bien qu'il pouvait avoir une entière confiance en l'homme de main de son père pour ce genre de chose. Seigi s'était très vite fait au monde magique et Rui avait jugé utile de lui donner nombre de connaissance en droit et procédures magiques, domaine où il s'illustrait déjà chez les moldus.
Le sujet suivant fut la rentrée. Le directeur annonça que le personnel dans son entièreté était convoqué environ une semaine avant celle-ci pour tout préparer. Il expliqua qu'il les présenterait alors officiellement, qu'ils rencontreraient le reste des professeurs et qu'il leur ferait visiter l'école. Ils prendraient alors possession de leur appartement et il promit que Kira aurait l'espace qu'il avait demandé pour sa classe. Ce fut alors après près de trois heures d'entretien qu'ils en arrivèrent finalement à la signature du contrat de Kirarin, celui-ci lisant attentivement les documents. Ils réglèrent les formalités et le directeur assura qu'il enverrait tout les renseignement nécessaires à son nouveau professeur, le priant de le joindre s'il avait le moindre problème. Ce fut tout sourire que le vieil homme les raccompagna jusqu'à la grande porte, leur souhaitant bon retour alors que Kira le sentait très confiant et vainqueur, comme sûr d'une victoire qu'il voyait arriver sans aucun doute. Si seulement il avait su que ni le jeune homme ni son père ne lui apporterait jamais ce qu'il convoitait chez eux.
Lorsqu'ils étaient rentrés ils étaient attendus de pied ferme par toute la famille inquiète. Si tous avaient accepté le choix de Kirarin, tous restaient terrorisés à l'idée qu'il soit en contact si proche avec celui qui lui avait déjà fait tant de mal. Cela plus le fait qu'il risquait aussi de se retrouver de nouveau face à Voldemort en restant en Angleterre ne les aidait pas à se rassurer. Il était l'heure du dîner aussi, la famille se rassembla à table, écoutant le récit de l'entrevue. Si tous avaient eu peur que le vieil homme puisse retrouver Harry Potter en Kira, leurs craintes s'avéraient visiblement infondées. En y réfléchissant de toute façon, il n'y avait quasiment aucune chance pour que qui que ce soit ne découvre la vérité, tout était trop bien caché et déjà trop ancien. Personne en Angleterre ne pouvait se douter que Kirarin Uizado n'avait pas toujours été Kirarin Uizado. Qui pouvait ne serait-ce qu'envisager qu'il avait été emmené à l'autre bout du monde dans une telle famille ? Surtout qu'aujourd'hui, Kira était définitivement japonais. Dans ses manières, dans ses habitudes, dans ses paroles... il avait des habitudes purement japonaises et il avait complètement adopté et absorbé cette culture désormais sienne. Son japonais était parfait et cela en était au point qu'il avait complètement perdu son accent anglais et qu'il avait même un accent japonais lorsqu'il parlait une autre langue.
Bien qu'un peu rassuré sur ce point, personne ne fut enchanté de comprendre que pour Dumbledore, la présence de Kira à Poudlard n'était pas désintéressée et qu'il chercherait probablement à profiter de lui et de ce qu'il pouvait lui apporter. Ils furent aussi pincés en apprenant que la présence d'Akifumi le dérangeait. Même s'il ne l'avait pas montré, Kira l'avait perçu sans mal. Le père avait alors promis qu'il veillerait très attentivement. Au fur et à mesure de la discussion cependant, tous constatèrent que cela c'était bien passé et d'un œil extérieur, on pouvait dire que ça avait été un véritable entretient entre un patron et son nouvel employé, ni plus, ni moins.
Dans les jours qui suivirent, Kira profita pleinement de sa famille, des siens et de sa maison mais aussi de Rui. Il avait trois semaines avant de partir pour l'Angleterre, sachant qu'il ne reviendrait pas avant un moment. Alors il profitait de son nid et de sa famille qu'il n'avait pas quitté plus de quelques jours de suite depuis son adoption. Il se mit aussi au travail pour préparer ses cours. Seigi avait pris les choses en mains pour régler les formalités de leur séjour en Angleterre et il ne lui avait fallu que quelques jours pour que tout soit en ordre. Les Ministères Japonais et Anglais n'avaient posé aucun soucis et le Gringotts de Tokyo se chargeait de contacter celui de Londres pour ouvrir un coffre anglais pour Kira qui pourrait y recevoir ses salaires et pour mettre en place un coffre de transfert international afin de permettre au père et au fils d'accéder à leur argent placé au Japon. Kirarin avait vite reçu les informations promises par Dumbledore sur la rentrée et ses détails. Il passa donc trois semaines entre travail, préparation et moment avec sa famille. Ceux qui avaient incontestablement le plus de mal avec son départ étaient Setsuna, Hayate et Kahei dont-il était extrêmement proche. Il n'y avait pas un jour où ils ne passaient pas du temps ensemble alors se voir séparés n'était agréable pour aucun d'eux, pas plus que cela ne l'était pour les aînés de ne pas pouvoir veiller sur leur cadet.
Le temps passa très rapidement pour Kira et pour son père qui avaient tout réglé pour pouvoir travailler de l'Angleterre. Avec Rengu, ils avaient convenus que c'était l'occasion de donner un peu plus de responsabilité à Masao, son premier petit frère qui travaillait maintenant avec eux. Ce serait pour lui un bon moyen de faire un peu ses preuves. Akifumi garderait les tâches les plus importantes mais Masao le déchargerait en partie, lui donnant le temps de veiller sur Kira et sur ce qu'il se passerait autour de lui. Ce fut donc très vite que le jour du départ arriva.
On était dimanche, une semaine avant la rentrée. Dans sa chambre, Kirarin terminait de se préparer. Il avait mis un pantalon noir ainsi qu'une chemise au col mao de la même teinte. Un kimono les couvrait, d'un beau gris anthracite brodé d'argent sur des pourtours. Il restait un peu ouvert sur sa tenue, une obi couleur de pierre le maintenant à la taille qu'elle cintrait parfaitement. Une robe de sorcier ébène légère venait parfaire le tout, largement ouverte et laissant les bords des manches du kimono visibles. Il était avait passé tobi et zori traditionnelles dont il avait l'habitude. Et comme toujours, il terminait en sortant son pendentif de Rui, en plaçant son katana à sa hanche gauche et sa baguette leurre à son avant bras. Il n'avait pas cherché à se coiffer, laissant ses mèches tombant à peine sur ses épaules ébouriffées et désordonnées, encadrant parfaitement ses traits. Il avait déjà préparé et rétrécit ses affaires qu'il attrapa et fourra dans sa poche. Il invita ensuite Yoite à venir prendre place sur ses épaules, s'enroulant une fois autour de son cou de manière lâche et posant sa tête sur sa poitrine. Souriant, Kira le caressa un instant, se demandant si quelqu'un se rendrait compte qu'il s'agissait d'un véritable dragon. Yoite était toujours d'une immobilité et d'une détente parfaite et on le prenait toujours pour un simple ornement. Personne n'avait jamais deviné qu'il s'agissait d'une véritable créature et Kira avait toujours dû le révéler lui même. Il se demandait si quelqu'un le verrait bien qu'il en doute fortement. Katsuo assis près de sa jambe, l'observant, il jeta un dernier coup d'œil à sa chambre parfaitement rangée, souriant doucement à tout le bien être qu'elle renfermait. Il doutait que Poudlard soit aussi reposant pour lui.
Il sortit finalement avec son fidèle compagnon qui ne le quittait jamais, allant vers le temple de Rui. Il passa un long moment blotti contre le dragon qu'il ne reverrait pas avant un moment, celui-ci le priant mille fois d'être très prudent. Kira sentait aisément toute l'inquiétude qu'il avait pour lui. Il le rassura, lui demandant de bien veiller sur la maison et la famille en son absence, ce que le dragon ne manqua pas de lui assurer. Il regagna ensuite la demeure à l'heure du départ, y retrouvant les autres. Il échangea une longue étreinte avec chacun, promettant d'être prudent et de leur donner des nouvelles souvent. Il termina par Setsuna qui le tint longuement en silence, avec force et peinant visiblement à le lâcher. Lorsqu'il recula enfin, il attrapa doucement son pendentif de Rui où pendait aussi son étoile d'émeraude. Il vint alors y ajouter une sorte de petit miroir rond de la taille d'un grand verre de montre, sertit dans un simple anneau d'argent. Il montra ensuite une pièce identique sur son propre collier. Il expliqua alors que c'était un miroir à double sens qu'il avait ensorcelé lui même pour qu'il puisse fonctionner malgré la très grande distance qui les séparerait. Il le pria alors de lui donner des nouvelles tout les jours et de l'appeler à n'importe quel moment s'il avait besoin de quoi que ce soit. Kirarin l'étreignit de nouveau, Hayate et Kahei se joignant au geste alors qu'Akifumi terminait ses au revoir lui aussi, assurant qu'il veillerait et que tout irait bien.
Le père et le fils partirent finalement le cœur un peu lourd, peu habitués à se séparer de leur famille qui restait extrêmement soudée. Kirarin les transporta et ce fut devant les grilles de l'école qu'ils apparurent, s'engageant tranquillement sur le chemin pour entrer. On était en début d'après-midi avec le décalage horaire. D'après les informations de Dumbledore, ils auraient l'après-midi pour s'installer dans leur appartement et il y aurait un dîner de retour au soir avec le reste du personnel. Les élèves arriveraient le dimanche suivant au soir et les cours commenceraient le lendemain. Il fallut un petit moment pour arriver à la grande porte et ils y trouvèrent le directeur qui semblait les attendre. Il leur sourit largement lorsqu'ils s'arrêtèrent devant lui, jetant un coup d'œil à Katsuo qui ne quittait pas son maître qui l'avait prévenu de la présence du chien.
- Bonjour professeur, monsieur Uizado, salua-t-il gaiement.
- Bonjour directeur Dumbledore, saluèrent-ils en s'inclinant légèrement.
- Comment allez vous dîtes moi ? Fin prêt pour la rentrée ? demanda-t-il.
- Aussi prêt qu'il est possible, répondit le jeune homme avec un léger sourire. Je dois avouer que j'ai hâte de commencer.
- J'en suis ravi. Venez, je vais vous conduire à vos appartements.
Ils acquiescèrent et le suivirent dans le vaste château.
- Nous vous ferons visiter demain matin, assura le vieil homme. Avez-vous eu le temps d'étudier un peu le plan que je vous ai envoyé ?
- Oui, assura Kira. Je pense être capable de trouver mon chemin mais une visite ne sera pas de trop, remarqua-t-il.
- Et c'est la même chose pour moi, ajouta Akifumi.
- Ne vous en faîte pas. Cela paraît compliqué mais il y a tout un tas de points de repères faciles à prendre pour s'y retrouver, assura Dumbledore en souriant.
Ils marchèrent un moment sans rencontrer personne arrivant finalement devant un tableau de deux mètres de haut représentant un paysage japonais. On y voyait un palais d'architecture japonaise entouré de jardins traditionnels avec une fontaine en bambou doucement animée par l'eau. Il y avait des cerisiers en fleurs dont les pétales faisaient tomber une belle pluie enchanteresse. Le directeur leur expliqua qu'il s'agissait de l'entrée de leur appartement, donnant le mot de passe en leur expliquant comment le changer à leur guise. Ils entrèrent et découvrirent tout d'abord une grande pièce de vie comportant un salon disposé autour d'une grande cheminée et un espace salle à manger. Tout était décoré simplement dans un style anglais commun au château mais très loin des goûts du duo. Le père et le fils apprécièrent pourtant l'espace et les grandes fenêtres donnant une très belle vue sur le lac et la forêt mais aussi sur le château. Dumbledore leur expliqua qu'ils étaient au derniers étage d'une petite tour qui en comportait quatre, dans l'aile ouest et qu'ils seraient tranquilles ici. Les appartements des autres professeurs n'étaient pas loin et il avait ajouté celui-ci pour eux. Depuis la pièce principale, on pouvait accéder par plusieurs portes à deux chambres munie chacune d'une salle de bain privée et à deux bureaux. Le premier était pour le professeur, le deuxième pour permettre à Akifumi de travailler. Tout était confortable et lumineux contrairement à la majorité de ce qu'ils avaient vu jusqu'ici. La hauteur et la vue dégagée n'y était sûrement pas pour rien.
- J'espère que cela vous conviendra, remarqua le vieil homme. Je me doute que cette décoration n'est peut-être pas à votre goût mais vous pouvez la changer et l'adapter comme vous le souhaitez. La cheminée est reliée au réseau mais elle est fermée par mot de passe pour des questions de sécurité. Vous pourrez le changer comme bon vous semble je vous demanderai juste de ne pas le donner à n'importe qui, dit-il alors qu'ils acquiesçaient. Vous êtes libres de recevoir votre famille ici de temps en temps si vous le souhaitez mais cela ne doit pas gêner la vie de l'école.
- Bien sûr directeur, approuva Kira.
- Cet appartement est à vous, faîtes en ce que vous voulez, dit-il. Les elfes se changeront du ménage et du linge. Vous pouvez prendre vos repas ici si vous le désirez mais j'encourage tout de même les professeurs à être dans la Grande Salle avec les élèves pour les repas.
- Cela va de soit à mes yeux. J'y serai ne vous en faîte pas.
Dumbledore approuva en souriant :
- Bien, je vais vous laisser prendre possession des lieux. Le cocktail de bienvenu du personnel débute à dix-huit heure dans la Grande Salle, puis nous dînerons ensemble. Vous êtes bien sûr le bienvenu monsieur Uizado, dit-il à Akifumi. Saurez vous trouver le chemin ?
- Oui, répondit Kirarin. Nous trouverons. Merci directeur.
- Mais de rien. N'hésitez pas à le faire savoir s'il vous manque quelque chose, dit-il ensuite.
Ils approuvèrent et le vieil homme partit. Le tableau se referma derrière lui et ils soupirèrent de concert.
- Le sourire faux de cet homme m'horripile, souffla Akifumi.
- Moi aussi. Il n'est que mensonge, je le sens.
- Il transpire tout ce qu'il y a de mauvais chez l'humain, commenta Yoite de sa belle voix.
- Nous sommes tous d'accord, soupira le jeune homme en s'agenouillant devant Katsuo qui le regardait. N'est-ce pas mon grand ?
Le chien jappa comme pour acquiescer et Kira sourit. Il avait bien entendu son compagnon grogner légèrement contre le directeur et il avait parfaitement remarqué qu'il se tenait toujours entre lui et le vieil homme en bon garde, attentif. Dumbledore ne lui avait pas prêté attention mais Katsuo lui, avait déjà bien compris que cet homme n'était pas l'ami de son maître. L'adolescent le caressa un moment, souriant avant de se redresser et de regarder son père :
- Je m'occupe de la déco de cet endroit. Qu'est-ce que tu en dis ?
- Avec plaisir. Le goût des anglais n'est pas le mien, remarqua son père.
Riant un peu, Kirarin s'attela à la tâche, usant de sa magie pour transformer complètement l'endroit. Il commença par faire disparaître tout ce qui se trouvait là, laissant des pièces vides. Il aménagea ensuite un petit espace à l'entrée avec une petite armoire où ranger les chaussures qu'ils ne manquaient jamais de retirer en entrant chez eux comme dans beaucoup de lieux au japon. Il s'attaqua ensuite à la pièce de vie. Le sol se couvrit de tatamis, la cheminée se lissa pour se faire plus simple, sans sculpture quelconque et de pierre lisse. Elle fut entourée d'un U de canapé de cuir bas et simples, une table basse de bois laqué noir au centre. Côté salle à manger, une autre grande table basse identique en couleur et matière apparut, entouré de coussins où prendre place. Quelques meubles ébènes, bas et sobres longèrent les murs où de belles estampes japonaises et autres calligraphies vinrent s'accrocher. Toutes magiques, elles bougeaient doucement suivant ce qu'elles représentaient. L'une d'entre elle, imposante, représentait Rui finement dessiné à l'encre noire, enroulé et dormant sous un cerisier en fleur. Un portrait magique vint prendre place au dessus de l'âtre, représentant leur famille entièrement.
La pièce de vie terminée, Kira s'attaqua aux autres, décorant le tout dans une ambiance japonaise sobre, élégante et épurée. Les bureaux étaient simples et peu encombrés, le sol de tatami comme partout dans l'appartement. Les chambres suivaient le même chemin avec de grands futons installés au sol, quelques armoires basses agrémentant. Il ne mit pas de rideaux, installant plutôt dans chaque pièce, des panneaux de bois et de papier de riz à faire glisser devant. Il avait choisi des cadres de la même couleur que la pierre sable du château, les fondant parfaitement dans le décor. Le mélange entre style japonais et pierre dont-ils n'avaient pas l'habitude était peu commun mais tout à fait esthétique à leurs yeux. Les portes furent elles aussi toutes remplacées par ces mêmes panneaux. L'adolescent passa un bon moment là dessus, décidant avec son père des changements à faire, plaçant quelques plantes et lumières supplémentaires, enchantant les tatamis autour de la cheminée pour qu'ils ne s'enflamment pas, faisant subir le même sort à l'entièreté du sol par précaution. Kirarin usa de sa magie pour que l'air un peu humide et lourd commun dans le château soit plus frais et sain, plein d'une chaleur légère et chargé d'une douce odeur de bambou. La même odeur planait naturellement dans leur maison dont le jardin recelait beaucoup de ces plantes, ce fut donc sans même y penser que Kira l'avait choisi.
Tout cela fait, Kirarin s'agenouilla au centre de la pièce, fermant les yeux pour une étape plus sérieuse. Il usa de nouveau de sa magie pour protéger puissamment l'appartement. Il fut heureux de n'y trouver aucun sort de surveillance ou autre, ne sentant que les protections classiques et anciennes de l'école. Il fit en sorte que leur intimité soit totale et que personne ne puisse les espionner, le redoutant un peu de la part de Dumbledore. Il posa de très puissantes barrières ainsi que des alarmes qui les préviendraient lui et son père si un indésirable s'invitait. Mais pour cela, il faudrait déjà qu'il force l'entrée que Kira prit soin de sécuriser. L'adolescent s'affaira un moment et ce ne fut qu'une fois pleinement satisfait qu'il s'arrêta. L'appartement n'avait alors plus rien à voir autant en apparence qu'en énergie, désormais chargée de la magie de Kirarin qui fit sourire Akifumi. Ils s'attelèrent alors à leur installation, déballant et rangeant leurs affaires tranquillement. Kira ne manqua pas de sortir et d'installer le grand panier d'osier de Katsuo, en faisant de même avec la couche de Yoite. Il s'agissait d'un tapis ovale fait de galet polis tirés d'une rivière magique et chargés du pouvoir de Kira sur lesquels le dragon adorait se prélasser. Ils disposèrent leurs quelques affaires, rangeant leurs vêtements et leurs livres, déposant quelques souvenirs et bibelots importants pour eux et donnant un peu d'âme à cet endroit loin de chez eux.
Tout cela terminé, il était déjà presque l'heure du cocktail. Ils s'installèrent tout deux dans leur salon, discutant un peu et se posant mille questions sur les autres professeurs qu'ils ne connaissaient pas le moins du monde. Si Akifumi avait eu peur que son fils redoute la rencontre avec ce fameux Sirius Black, il n'en n'était rien. Kira n'avait pas le moindre à priori. Il n'était ni impatient ni réticent, attendant juste de voir et considérant pour le moment l'homme comme tout autre. L'heure approchant, ils se mirent finalement en route, Yoite sur les épaules de Kira qui était fidèlement suivi de Katsuo comme toujours. Ce fut finalement sans trop de mal qu'ils trouvèrent leur chemin jusqu'à la Grande Salle, évoluant sans se presser pour ne pas se perdre. Les grandes portes étaient largement ouvertes et quelques personnes étaient déjà. Il y avait Dumbledore et trois autres personnes. La première à les voir fut une dame d'un certain âge au chignon strict et aux traits à la fois sévères et indulgents. Elle portait un chapeau pointu et une robe ancienne sombre. Elle eut l'air extrêmement surprise en les voyant, se tournant alors vers le directeur :
- Albus, qui est-ce ? demanda-t-elle alors qu'ils approchaient.
Tous se tournèrent alors vers eux, les inconnus l'air étonnés alors que Dumbledore souriait.
- Ah, s'exclama-t-il. J'avais peur que vous vous perdiez, s'amusa-t-il. Venez, venez.
Le père et le fils rejoignirent le petit groupe, s'arrêtant près d'eux.
- Permettez moi de vous présenter trois de nos directeurs de maisons, commença-t-il alors. Voici Pomona Chourave directrice de la maison Poufsouffle, aussi professeur de botanique. Filius Flitwick, professeur de sortilèges et directeur de Serdaigle et Minerva McGonagall, professeur de métamorphose, directrice de Gryffondor et sous-directrice de l'école.
- C'est un grand honneur, répondit Kira de sa voix chargée de son accent et saluant les professeurs.
- Chers amis, reprit Dumbledore tout sourire, je vous présente le professeur Kirarin Uizado. Il enseignera ici cette année. Et son père qui l'accompagne, monsieur Akifumi Uizado.
Tous eurent l'air surpris, observant le jeune homme avec étonnement. La sous directrice fut la première à se reprendre, lui souriant poliment :
- J'ai beaucoup entendu parler de vous dernièrement, remarqua-t-elle à l'attention de l'adolescent. Atteindre une telle qualification à un si jeune âge. Félicitation.
- Je vous remercie professeur, répondit-il.
- Soyez le bienvenu à Poudlard, souhaita le petit professeur de sortilège. Qu'enseignerez vous exactement ?
- Cela est encore un secret Filius, intervint joyeusement Dumbledore. Les élèves le découvriront par eux mêmes et vous aussi.
Kirarin sourit d'un air mystérieux. Il en avait été convenu ainsi sous sa demande. Il savait bien comment se passeraient ses débuts et il avait sa manière de l'aborder, il en profiterait aussi pour tester ses futurs élèves. Les adultes eurent l'air dubitatifs mais le directeur relança la discussion gaiement, décrivant à Kira et son père les cours de chacun. Rapidement, d'autres professeurs et membres du staff arrivèrent. Tous se connaissaient visiblement, faisant la connaissance des deux japonais. Autant dire que tous furent surpris de découvrir la présence de Kira que Dumbledore avait tenue secrète jusque là. Tous avaient entendu parler de ce très jeune professeur qui avait passé avec grand succès les épreuves internationales. Seulement, personne ne le connaissait vraiment et personne ne s'attendait à le voir à Poudlard. Tous l'accueillirent poliment avec le sourire mais Kirarin pouvait nettement sentir qu'ils étaient dubitatifs et sceptiques quant à son statu de professeur, regardant le directeur comme s'il était fou. Le jeune homme ne s'était pas attendu à autre chose, sachant qu'il devrait faire ses preuves et qu'il devrait faire connaître sa magie avant d'être vraiment reconnu. Akifumi lui, était relativement à l'aise, discutant avec les autres en parlant de l'école et de leur travail.
Ainsi, ils rencontrèrent l'infirmière, madame Pomfresh, madame Pince, la bibliothécaire. On leur présenta officiellement le concierge, monsieur Rusard. Un à un, ils firent la connaissance des professeurs : madame Bibine pour le vol, monsieur Slughorn pour les potions, madame Vector pour l'arithmancie, Firenze et madame Trelawney pour la divination, madame Burbage pour l'étude des moldus, madame Babbling pour l'étude des runes, monsieur Binns pour l'histoire, celui-ci se présentant d'ailleurs avec quelques uns des fantômes de l'école, madame Sinistra pour l'astronomie et monsieur Hagrid pour les soins aux créatures magiques. Le demi-géant fit d'ailleurs une excellente impression au jeune homme lorsqu'il arriva. Il le sentait spontané, vrai et profondément gentil, son aura agréable et douce sous son allure rustre. Il fut le seul à l'accueillir avec joie sans appréhension, lui souhaitant la bienvenue avec enthousiasme et lui proposant ses services s'il avait besoin d'aide. Kirarin le remercia avec gratitude, sentant sa sincérité et ce fut avec plaisir qu'il entama la discussion avec lui, parlant créatures magiques alors que le demi géant semblait passionné par le sujet. Il se baissa d'ailleurs pour regarder Katsuo sans pour autant tenter de le toucher, posant multitude de questions sur cette race de chien qu'il ne connaissait pas. Kirarin fut surpris lorsque discrètement, il lui demanda si le fait que le dragon sur ses épaules soit réel était un secret ou non. Il devait bien être le seul à avoir remarqué que Yoite était bien vivant. Kira lui avait sourit, lui confirmant que c'était un secret et lui promettant de venir le voir plus tard en privé pour qu'ils puissent parler de son compagnon draconique.
Sa discussion avec le demi-géant fut cependant interrompue lorsque son père le rejoignit avec le directeur et un autre homme qu'il ne connaissait pas encore. Il avait les cheveux bruns et bouclés mi-longs, une petite barbe et moustache soigneusement taillé et des yeux bleus emplis d'une certaine tristesse. Sous un sourire de façade, l'homme semblait triste et déprimé, les traits tirés par la fatigue et le manque de sommeil.
- Professeur Uizado, commença Dumbledore, je vous présente notre professeur de Duel, Sirius Black, Sirius, je vous présente le professeur Kirarin Uizado qui nous rejoint également cette année.
- Enchanté professeur Black, salua-t-il poliment.
L'homme resta figé un moment en observant ses yeux mais il se reprit pour le saluer poliment, s'éclipsant ensuite alors que Kira le sentait très troublé.
- Ai-je fait quelque chose ? demanda-t-il au directeur.
- Non, rassura Dumbledore.
- Il m'a regardé étrangement, posa-t-il.
- Ce n'est rien ne vous en faîte pas. Je pense que c'est à cause de vos yeux, sourit-il.
- Mes yeux ? releva Kira.
- Oui, vous avez des yeux d'une couleur semblable à ceux de Lily Potter et de son fils Harry, répondit-il en tendant le père et le fils qui n'en montrèrent pourtant rien. Comme je vous l'ai déjà expliqué, il est le parrain de Harry et il le cherche toujours alors cela a dû le troubler, excusez le.
- Ce n'est rien, je comprend, sourit-il. Cela doit en effet être étrange si mon regard ressemble aux leurs comme vous le dîtes.
- Il leur ressemble en effet. Est-ce de votre mère que vous tenez ses yeux ? demanda-t-il en jetant un coup d'œil à ceux d'Akifumi qui étaient noirs.
- Kirarin n'a pas connu sa mère, intervint le père dans une histoire qu'ils avaient inventé à l'avance par précaution. Elle nous a quitté lorsqu'il était enfant.
- J'en suis navré, excusez moi, se désola l'homme avec un air touché complètement faux.
- Ce n'est rien directeur, rassura l'adolescent.
- Votre mère n'était pas japonaise n'est-ce pas ? demanda-t-il tout de même sans discrétion.
- Je suis métisse, cela se voit, posa-t-il platement.
- La mère de Kira était américaine, répondit Akifumi. Pour répondre à votre question première et clore le sujet, Kira ne tient pas ses yeux de sa mère, elle les avait bleus clairs. Il les tient de son grand père maternel.
- Oh je vois, acquiesça-t-il visiblement heureux d'avoir satisfait sa curiosité.
Et le jeune homme le perçut aisément, comme s'il avait percé un mystère. Peut-être avait-il eu un léger doute en voyant son regard ? Mais cela restait improbable et il put presque voir Dumbledore balayer l'idée de son esprit en riant presque de sa stupidité. Il s'excusa finalement, assurant que Sirius était un homme bien et qu'ils auraient l'occasion de mieux le connaître plus tard. Il s'éloigna ensuite et Akifumi le surveilla d'un œil alors que Hagrid le suivait pour l'interpeller. Kirarin lui, tourna le regard vers la porte, se demandant si tous étaient arrivés ou non. Il eut rapidement sa réponse puisque qu'un nouvel homme apparut. Il était assez grand et carré d'épaule, entièrement habillé de noir, la peau pâle, les cheveux mi-longs ébène un peu gras. Il avait une allure froide et rigide, fermée et illisible. Il n'avait pas l'air très commode et il se demanda s'il ne faisait pas peur à certains élèves s'il affichait toujours cette image. Il s'en détourna pourtant lorsqu'une autre personne apparut à ses côtés. à l'instant même où il posa les yeux sur cette grande et belle silhouette, il sut qu'il ne regretterait jamais d'avoir pris la décision de venir ici. Une foule d'émotion l'envahirent et il senti son monde basculer, comme si le centre de gravité terrestre le maintenant au sol avait été déplacé sur ce nouvel arrivant. C'était un homme soigneusement vêtu d'une tenue sorcière chique et visiblement coûteuse. Entièrement noire, elle soulignait sa taille mince, ses épaules solides, sa musculature discrètement présente. Une robe sorcière fine et légère flottait presque autour de lui alors qu'il avançait avec mesure et noblesse, se tenant droit et fier. Il avait de longs cheveux blonds platine aux reflets d'argent, parfaitement lisses tombant dans son dos. Sa peau était pâle et délicate, ses traits aristocratiques alors qu'il affichait une expression neutre. Et si Kira ne pouvait que le qualifier d'extrêmement beau, ce n'était rien en comparaison de ses yeux d'orages dans lesquels il se perdit sur le champs en les croisant.
- Kirarin ? appela soudainement son père en posant une main sur son épaule.
Brusquement, l'adolescent reprit ses esprits, se tournant vers son père qui avait l'air interloqué, le cachant aux yeux des autres de son corps. Akifumi lui, avait été très surpris lorsque soudainement, il avait senti de puissantes émotion traverser son fils. Aujourd'hui, il était très attentif au lien qui les unissait, sentant toujours les émotions de son enfant lorsqu'il se concentrait alors que ses sentiments les plus forts lui parvenaient naturellement. Aussi, il avait été très surpris lorsqu'une puissante vague de sentiments avaient soudainement déferlé sur Kira, l'atteignant dans leur lien. Une chose était sûre, il ne se souvenait pas avoir déjà ressenti quelque chose d'aussi puissant provenir de Kira mise à part l'amour qu'il ressentait pour lui. Mais cela n'avait rien à voir à l'instant. C'était très puissant et soudain, empli d'un peu de magie. Il percevait de l'excitation, du bonheur, de l'admiration, du bien-être, de l'anticipation, de la confiance, de l'affection et un autre sentiment qu'il ne se risqua pas à définir, trop surprit lui même. Et cela au milieu d'une foule d'autres sensations. Il se tourna alors vers son fils qui avait un sourire béat en regardant quelque chose derrière lui. Il posa une main sur son épaule, l'appelant et Kira sembla revenir subitement à lui, le regardant les yeux brillants.
- Puis-je savoir ce qu'il t'arrive soudainement ? demanda-t-il doucement.
Kirarin lui sourit largement, comprenant doucement ce qu'il venait de se passer. Il savait, Rui lui avait expliqué qu'en tant qu'âme gardienne d'un Kami aussi puissant que lui, il avait des particularités. Il n'était pas un sorcier ordinaire. Rui ne le qualifiait d'ailleurs jamais de sorcier mais plutôt de mage ou magicien. En tant qu'âme gardienne d'un Kami, il était une âme gardienne de la magie et cela le rendait particulier. Le dieu dragon lui avait parlé de ce qui venait de lui arriver : il venait de trouver son âme sœur. Comme tout être vivant, il avait une âme sœur mais à la différence du commun des gens, il la reconnaissait dés qu'il posait les yeux sur elle. En temps normal, on pouvait passer sa vie à côté de son âme sœur sans s'en rendre compte mais certains êtres comme quelques créatures magiques ou mages puissants comme lui avaient une révélation lorsqu'ils voyaient leur âme sœur. Cet homme splendide était visiblement sa moitié pré-destinée. Il savait déjà qu'il ne serait plus capable que d'aimer cet homme dont-il ignorait tout. Il savait aussi qu'il ne pourrait plus faire sans lui maintenant qu'il l'avait vu. Il connaissait le lien d'âme sœur par cœur, il en connaissait tout les détails et il acceptait parfaitement tout ce que cela impliquait. Il savait que sa vie venait de basculer et il en était très heureux.
- Kira ? appela de nouveau son père le faisant sortir de ses pensées.
- Je... c'est lui, dit-il en souriant. C'est lui.
- C'est lui qui et quoi ? demanda Akifumi perdu.
Heureusement, personne ne faisait attention à eux alors qu'ils se tenaient un peu en retrait des autres. Le père ne comprenait pas et le fils semblait perdu dans ses rêves.
- C'est à lui que je donnerai mon étoile d'émeraude, expliqua Kirarin.
Et brusquement, Akifumi comprit. Rui l'avait prévenu que ce moment arriverait, le dragon lui avait parlé de cette particularité de son fils. Il lui avait dit qu'un jour, il rencontrerait peut-être son âme sœur et qu'il le saurait immédiatement lorsqu'il poserait les yeux sur elle. L'âme à qui il donnerait son étoile, la représentation magique de sa propre âme. Il savait que si son fils rencontrait son âme sœur, il ne pourrait plus aimer personne d'autre, qu'il ne pourrait plus vivre loin d'elle et qu'il ne supporterait pas un rejet de sa part. Rui lui avait dit que son âme sœur serait capable de le rendre heureux et de l'aimer plus que personne et que s'il avait la chance de la rencontrer, ce serait la plus belle chose de sa vie. Mais ce qu'Akifumi avait surtout noté, c'était qu'il pouvait s'agir de n'importe qui, du mieux comme du pire, que Kira dépendrait de son bon vouloir, qu'il n'aurait pas vraiment le choix et que c'était impossible à contrer. Immédiatement, il se redressa, regardant autour de lui pour voir de qui il s'agissait. Seul deux nouvelles personnes venaient d'arriver, discutant avec Dumbledore. Deux hommes. L'âme sœur de son fils était donc un homme. Cela ne le dérangeait pas en soit mais il fallait voir les deux hommes : bien plus âgés que son fils, l'air terriblement froids et hautains et ne lui inspirant aucune confiance.
- Lequel est-ce ? demanda-t-il doucement à son enfant qui souriait en regardant dans leur direction.
- Le blond, répondit-il.
Parfait, celui qui avait l'air le plus arrogant des deux. Akifumi soupira, sachant qu'il n'y pouvait rien mais se promettant de veiller à ce que cette reine des glaces blonde ne fasse aucun mal à son fils adoré.
- Kira, dit-il ensuite en se tournant vers lui. Kira, il faut te reprendre mon ange, maintenant ! dit-il avec autorité.
Aussitôt, son fils sursauta, se tournant vers lui, peu habitué à un tel ton de sa part.
- Excuse-moi mais il faut te reprendre, remarqua son père en posant une main sur son épaule. On verra cela plus tard mais pour le moment, il faut garder ça pour nous. Nous ne savons pas qui il est et il ne vaut mieux pas que quelqu'un sache. Tu auras le temps de faire sa connaissance. S'il est ici, c'est qu'il travaille à Poudlard. Pour l'instant, il faut retrouver tes esprits mon cœur même si je sais que c'est difficile.
Kirarin acquiesça, laissant ses yeux fixés dans les siens un moment, respirant et se concentrant pour retrouver ses moyens et sortir des douces sensations de la révélation. Il ferma les yeux quelques secondes, usant de sa maîtrise de lui même pour retrouver son aplomb et son attitude neutre. Au moment où il ouvrait les yeux, Dumbledore s'avançait avec les deux derniers arrivants. Akifumi s'assura que son fils s'était repris d'un regard, très fier de voir qu'il y était parvenu, son visage illisible et son attitude maîtrisée. Il se détendit alors un peu, reportant son attention sur les deux hommes. Tout deux les balayèrent du regard, visiblement surpris à ses yeux bien qu'ils le cachent presque parfaitement. Ils eurent également l'air très curieux et intrigués, les scrutant attentivement.
- Permettez que je vous présente, commença Dumbledore en les observant. Voici le professeur Severus Snape qui dirige la maison de Serpentard et enseigne la défense contre les force du mal, expliqua-t-il. Cela fait plusieurs années qu'il travaille à Poudlard. Et enfin, le dernier membre de l'équipe. Il arrive cette année comme vous mais c'est un ancien élève de l'école. Il enseignera l'art de détecter, briser ou annuler des sorts ou enchantement. Les bases de l'art complexe des briseurs de sorts. Le professeur Lucius Malfoy. Lucius, Severus, je vous présente monsieur Akifumi Uizado et son fils, le professeur Kirarin Uizado qui va enseigner avec nous cette année. Ils viennent du japon.
Les deux hommes regardèrent brièvement le directeur avec sérieux, Akifumi et Kirarin comprenant immédiatement qu'ils savaient qu'il y avait quelque chose là dessous. Mais ils reportèrent leur attention sur eux.
- Enchanté, commença le blond.
Kirarin se sentit fondre intérieurement en entendant cette voix grave et maîtrisée, envoûtante à ses oreilles.
- C'est un plaisir pour nous également, répondit-il.
- La famille Uizado, releva alors Lucius. J'ai un peu entendu parler de vous dans les cercles nobles ces derniers temps. Et j'ai entendu parler de vous également professeur. Toutes mes félicitations pour le passage des examens internationaux. L'un de vos juges est l'une de mes connaissances et vous avez proprement époustouflé un homme que je ne pensais pas du tout impressionnable. J'ai hâte de vous voir à l'œuvre, dit-il en le faisant sourire.
Kira le remercia poliment, ravi. La discussion s'entama alors, les professeurs parlant travail et finalement, Dumbledore lança le cocktail.
