Chapitre 15 :

Démonstration

Le samedi de la première semaine de cours, ce fut avec une grande curiosité que toute l'école accueillit la convocation de tous par le directeur, dans la Grande Salle, une demi heure après la fin du déjeuner. Les yeux pétillants d'amusement, le vieil homme ne daigna pas donner la raison de ceci à quiconque, intriguant tout le monde. Ce fut donc un sujet de discussion pour tous ce jour là, la chose provoquant le questionnement général. Lorsqu'il fut l'heure, tous se dirigèrent vers la Grande Salle qui avait été vidée de présence et fermée à la fin du déjeuner et tous furent surpris en la trouvant réaménagée. Une longue et large estrade ressemblant à celle des duels traversait la pièce presque entièrement dans la longueur. Les tables et les bancs avaient disparu, laissant place à des gradins de part et d'autre de cette scène. La table des professeurs elle, n'avait pas bougé. Les premiers à arriver y trouvèrent le directeur accompagné des deux japonais, discutant. Dumbledore souriait l'air ravi. Il demanda aux élèves de s'installer dans les gradins, les adultes prenant leurs places habituelles dans l'attente de voir ce que leur réservait leur très cher directeur.

Il fallut un petit moment mais tous furent bientôt là, installés. Akifumi alla s'asseoir, suivit du vieil homme et laissant Kira seul au pied de l'estrade. Il étonna tout le monde lorsqu'il y monta lui même, Dumbledore ne semblant pas vouloir intervenir. Il monta tranquillement, faisant signe à son chien de rester au pied des marches y menant et Katsuo obéit sagement, s'asseyant sans le quitter des yeux. Kirarin s'avança avec une démarche lente et mesurée, envoûtante comme à son habitude. Il avait l'air fier et assuré, détendu. Il gagna le centre de l'estrade alors que le silence se faisait. Il balaya la salle sur regard, ne manquant pas le sourire déjà amusé d'Akifumi qui l'observait avec fierté.

- Je vous remercie d'être venu, commença-t-il en prenant la parole sans hésiter. C'est à ma demande que le directeur Dumbledore à bien voulu organiser ceci, expliqua-t-il en les surprenant. Si j'ai souhaité tous vous réunir aujourd'hui, c'est dans le but de mettre les choses au clair. Je sais fort bien que mon jeune âge, le fait que je n'ai pas encore fait mes preuves auprès de vous ou le secret qui entoure encore mes cours ne vous a pas aidé à pouvoir estimer le bien fondé de ma présence au poste de professeur, dit-il tranquillement. Je sais que beaucoup de monde ici, si ce n'est tout le monde hormis mon père et le directeur, se pose nombre de questions sur ce que je pourrais enseigner et sur ma capacité à le faire. Que cela soit parmi les élèves ou le cadre éducatif, je sais que la majorité ici estime que je ne suis pas à ma place et les rumeurs que nous avons entendu à tout va cette semaine le prouvent. J'avais mes raisons pour attendre jusqu'à maintenant et cela fut dans le but de voir mes cours à venir se dérouler dans de bonnes conditions. Je souhaite aujourd'hui couper court à tout cela afin de pouvoir enseigner tranquillement. Je voulais donc vous donner à tous un peu plus d'explications sur ce que j'ai à offrir et vous donner l'occasion de me questionner ou de me mettre à l'épreuve si vous le souhaitez.

Il garda un moment le silence, balayant la pièce du regard alors que tous le regardaient en attendant visiblement la suite, intrigués et l'air ennuyé pour quelques-uns.

- En présentant ma matière cette semaine, j'ai demandé à tous ce que vous imaginiez apprendre avec moi. On m'a alors parlé de transplanage, de magie élémentaire, de magie d'illusion, d'invocation, de médicomagie, de magie domestique, de rituel, de fabrication d'objets magiques, de magie de construction, de protection, de piège aussi, de désenvoûtement, de transformation animagus, de magie ancienne, de sports magiques, de magie naturelle, de création de sort... Je pense que l'on m'a cité la majorité des grandes pratiques magiques connues. Je vous ai répondu que ce que j'ai à vous enseigner ne serait rien de cela et tout à la fois. On pourra d'ailleurs ajouter à la liste : métamorphose, combat, vol, botanique, astronomie, divination, créature magique, défense, potion,..., dit-il en tendant un peu les professeurs concernés qui n'avaient pas l'air d'apprécier. Je vous ai dis que je vous enseignerai à faire de la magie et cela pour la simple et bonne raison que ma matière couvre absolument toutes les pratiques magiques que l'on peut imaginer.

Cette annonce fit courir un silence dubitatif, certains riant légèrement en se disant qu'il était prétentieux ou qu'il se fichait d'eux, personne ne pensant cela possible. Tous étaient confus, ne voyant pas plus ce qu'il enseignerait exactement. Kirarin n'en tint pas compte, continuant :

- Je vais vous enseigner toute les magies à la fois, mais cela d'une manière extrêmement différente de tout ce que vous avez connu jusque là. Je ne vais pas vous apprendre une pratique magique mais toute. Cela vient cependant en second plan parce que ce que j'ai réellement à vous enseigner est une vision de la magie différente, une manière de l'aborder et de la pratiquer différente.

Il se tut le temps de sortir sa baguette dont-il ne se servait jamais, l'exposant aux regards alors que tous s'attendaient à une démonstration. Mais il n'en fit rien :

- Qu'est-ce que ceci ? demanda-t-il en s'attirant les regard surpris ou moqueurs de l'assemblée.

- Votre baguette, répondit finalement un élève comme s'il les prenait tous pour des imbéciles.

Kirarin acquiesça et d'un geste vif qui fit sursauter toute la salle hormis son père qui souriait d'amusement, il brisa la baguette, en laissant tomber les morceaux à ses pieds. Un silence choqué tomba lourdement, avant que quelqu'un ne murmure qu'il était fou.

- Je ne suis pas fou, rit-il doucement en reprenant. De ma naissance à aujourd'hui, je ne me suis jamais servi d'une baguette, dit-il en provoquant l'ébahissement général. La magie que j'ai à vous enseigner se pratique sans baguette, sans formule et sans geste particulier, expliqua-t-il alors que personne ne semblait y croire. Je n'aime pas vraiment les baguettes.

- Il est impossible de faire de la magie sans cela, remarqua un septième année. Seul quelques personnes très puissantes peuvent faire de la magie sans baguette et peu peuvent utiliser les informulés.

- Sans parler du fait de passer par toutes les magies existantes de cette façon, ajouta l'un de ses camarades avec moquerie.

- Place aux démonstrations et mises à l'épreuve alors, sourit Kira en attirant de nouveau l'attention. Yoite, tu veux bien rejoindre mon père le temps de ce petit épisode s'il te plaît ?

Tous se demandèrent à qui il pouvait bien parler, personne n'ayant encore deviner la présence d'un véritable dragon sur ses épaules. Aussi tous furent très surpris lorsqu'une voix mélodieuse s'éleva :

- Est-ce vraiment nécessaire ? demanda-t-elle. Je n'aime pas m'éloigner.

- Je suis désolé mon ami, je n'en n'ai pas pour longtemps, rassura-t-il alors.

Un soupir retenti alors avant que la voix masculine ne s'exprime de nouveau :

- Tu ne fais que trop d'honneur à cette bande d'ignorants irrespectueux en voulant leur montrer et leur apprendre ta magie si belle, dit-elle.

- Tu sais pourquoi je le fais, sourit le jeune professeur avec douceur, ma magie n'est pas un secret à garder mais à enseigner.

- Je le sais mais ce n'est pas pour cela que j'estime que ces gens méritent d'avoir une telle chance. Seulement, j'ai confiance en toi et tu sais ce que tu fais mieux que personne alors j'attendrais de voir ce que cela donnera, souffla-t-elle avec optimisme. Très bien, prend ton temps Kirarin et montre leur à quel point ils ont été imbéciles en te sous-estimant et en t'insultant ainsi ces derniers temps.

L'adolescent sourit avec amusement, sachant que le spirit n'aimait pas du tout qu'on le rabaisse ou qu'on se moque de lui comme ils ne l'avaient que trop entendu cette semaine. Autour d'eux, certains s'étaient vexés à l'entente de telles paroles mais tous se demandaient surtout à qui appartenait cette voix. Et tous se figèrent de surprise lorsque soudain, le dragon que tous avaient pris pour une écharpe ornementale se mit à bouger. Il ouvrit ses yeux d'ors, bougeant lentement avec une grâce envoûtante pour se redresser sur ses pattes, restant perché sur les épaules du jeune professeur. Tous virent Akifumi se lever de sa chaise, tendant un bras vers le dragon. Celui-ci alla rapidement frotter sa tête contre la joue de Kira, grondant tout bas comme un ronronnement et obtenant une légère caresse et un sourire. Il prit ensuite une impulsion silencieuse, décollant avec la légèreté d'une plume et s'élevant dans les airs sans un bruit. Il vola avec élégance, ondulant dans le vide comme galopant sur des appuis invisibles. Il rejoignit Akifumi, se posant sur son bras sans brusquerie, allant s'enrouler autour de son cou pour s'y installer confortablement, recevant une caresse réconfortante qu'il apprécia, se détendant. Le père se réinstalla alors, tous observant avec ébahissement le dragon.

- C'était un véritable dragon ? bredouilla Slughorn.

- Et bien oui, s'amusa Kirarin. Yoite est un véritable dragon, un dragon japonais qui m'accompagne toujours, expliqua-t-il. Il me semble que seul le professeur Hagrid et certainement mademoiselle Lovegood avaient réalisé qu'il était bien réel, dit-il en regardant la jeune blonde qui sourit avec innocence. Yoite sera d'ailleurs une aide pour mes cours et nous parlerons de lui et de ses particularités. Mais revenons en à ma petite démonstration. Je vous invite à me tester si vous le désirez et je vous montrerais quelle magie je vous enseignerais.

Il y eut un moment de silence, les élèves échangeant des regards alors que Kirarin les observait dans l'attente d'un défi. Personne n'osa commencer et il se tourna finalement vers Dumbledore :

- Directeur ? Souhaitez vous commencer ? demanda-t-il.

Le vieil homme sourit, les yeux pétillants en sachant déjà l'effet que cette démonstration provoquerait. Il savait donc que découvrir un tel enseignement dans son école ne pouvait que lui être profitable et cela lui permettrait aussi d'en voir davantage sur les capacités du jeune professeur.

- Sortilège du patronus ? proposa-t-il innocemment.

- Le sortilège du patronus, acquiesça-t-il. Pour ceux qui ignorent ce dont-il s'agit, commença-t-il d'un ton professoral, le sortilège du patronus est un sort considéré de niveau élevé. C'est en premier lieu un moyen de défense constitué de la plus pure des énergie positive. Son utilisation la plus connue est un moyen de se protéger et de repousser les Détraqueurs. Mais il peut aussi servir à d'autres choses. C'est un sort reposant en grande partie sur le mental. Il peut servir de protection contre une énergie sombre et contre certains maléfices ou créatures, il peut aussi servir à calmer la magie agitée d'une personne et à son plus haut niveau de maîtrise, il peut-être envoyé vers d'autre pour servir de défense ou pour transmettre un message. Pour le faire apparaître, il faut se servir de ses souvenirs les plus heureux. Dans sa forme la plus basique, il s'agit d'une simple brume blanche lumineuse. Dans sa forme complète, cette brume prend la forme d'un animal ou d'une créature qui vous représente ou qui représente ce qui vous tient le plus à cœur. Ais-je tout bon jusque là ? demanda-t-il au directeur en souriant.

- Tout à fait, s'amusa celui-ci.

- Bien, dans ce cas...

Il se tut alors et sans qu'il n'ait fait un seul geste ou dit un seul mot une brume lumineuse blanche commença à émaner de lui, surprenant tout le monde. Elle le nimba quelques instants et brusquement, un immense dragon asiatique sembla fuser de son corps, fait de cette même brume. Il s'envola vers le plafond, voyageant dans l'air rapidement en ondulant gracieusement. Tous sursautèrent brutalement, se tassant dans les gradins ou leur siège lorsque la créature immense les survola de près. Elle s'immobilisa finalement au dessus de Kira, occupant la presque totalité des voûtes de la Grande Salle. Elle était splendide et Akifumi ne put que noter la grande ressemblance entre le patronus de son fils et Rui. Le dragon sembla rugir sans émettre un son, s'évaporant ensuite en faisant tomber un silence ébahi dans la pièce.

- Ceci était mon patronus, expliqua tranquillement Kirarin sans s'arrêter à leur surprise générale. Le mien est un peu particulier par sa taille. Un patronus est en général bien plus petit mais vous pouvez le faire grossir et le faire durer plus longtemps en lui insufflant plus de puissance. Une autre proposition ? Professeur McGonagall peut-être ?

- Métamorphose humaine, dit-elle l'air encore surprise.

Kirarin sentait pourtant qu'elle revoyait son avis sur lui, impressionnée par son patronus. Il était évident qu'elle voulait le tester en lui donnant l'exercice le plus complexe de la Métamorphose. Il acquiesça et sourit et ce fut une fois de plus sans un mot et sans un geste qu'il commença à changer. Autant dire que tous ne furent que plus surpris encore quand ils se retrouvèrent soudainement avec une copie conforme de la sous-directrice sur l'estrade.

- La métamorphose humaine, commença alors Kira avec désormais l'apparence et la voix de Minerva, l'exercice le plus complexe de cette matière. Changer l'apparence humaine d'autrui ou la sienne est très difficile. La transformation peut-être partielle ou totale, définitive ou temporaire. Imiter l'apparence d'une autre personne reste le plus complexe, dit-il alors qu'il en faisait la démonstration sous leurs yeux. Il existe multitude de sorts, d'enchantement et de potions pour ce faire mais c'est un exercice délicat. La moindre erreur fausse complètement le résultat.

Il fit quelques pas et reprit son apparence d'origine sans mal, tous encore surpris par ce qu'ils venaient de voir. Il poursuivit par une démonstration de magie semblable à celle qu'il avait donné à Dumbledore le jour de leur rencontre, faisant cependant apparaître un arbre cette fois au milieu de la pièce. Il enchaîna en donnant carrément vie à la plante, le petit chêne se mettant à remuer et à se déplacer sur ses racines, laissant tout le monde sans voix. Il le fit finalement disparaître, laissant un moment à tous pour se remettre alors qu'il n'avait toujours utilisé aucune formule, aucun geste et qu'aucune nouvelle baguette n'était apparue.

- Nous parlions aussi tout à l'heure de magie élémentaire, remarqua-t-il.

Dans la foulé, une flamme apparut devant lui, lévitant dans l'air et dans les secondes qui suivirent une sphère d'eau s'ajouta avec une petite tornade miniature, une boule de terre, une bille de laquelle partait de petits éclairs crépitant et un cristal de glace. Les éléments formèrent un cercle autour de lui et il reprit :

- On dit que la magie élémentaire est réservée à quelques élus et qu'elle est extrêmement difficile à assimiler, remarqua-t-il. Je ne suis pas de cet avis. C'est une magie accessible à tous si elle est abordée de la bonne manière, assura-t-il.

Il joua un instant avec les éléments avant de les faire disparaître, poursuivant sa démonstration avec toutes sortes de magies, répondant aux petits défis que certains lançaient. Et il réussissait toujours sans aucun mal apparent. Il ne semblait pas non plus se fatiguer alors que la magie sans baguette était réputée épuisante surtout dans le cas d'utilisation de magie aussi puissante qu'il en faisait la démonstration. Pour Kira, ce qu'il montrait était impressionnant mais c'était encore très loin de sa véritable magie. Cela ne donnait qu'un aperçut mais cela suffirait largement à ce que tous comprennent qu'il avait bien quelque chose à enseigner et qu'il n'était pas un amateur. Si cela pouvait détendre l'atmosphère autour de lui et de ses élèves, c'était bon à prendre pour que ses cours se passent bien. Pour chaque démonstration il faisait une petite leçon sur le sujet, se comportant comme un professeur parfait. Tous ne purent que se rendre à l'évidence, il était impressionnant et il connaissait parfaitement son sujet, semblant connaître toute les magies et tout les sorts, se mettant rapidement à émerveiller son public qu'il s'agisse des élèves ou des adultes. Parmi les adolescents, ceux qui s'étaient inscris à son cours semblaient maintenant tout excités à l'idée d'y assister, ceux ne l'ayant pas fait regrettant. Quant aux professeurs, tous ne pouvaient que revoir leur avis sur le jeune homme, se disant que finalement, le directeur n'était pas si fou que ça. Aucun d'entre eux n'était capable d'expliquer comment faisait le japonais ni comment ce qu'il montrait était possible, forcé d'avouer qu'il avait en effet des choses à apprendre à tous. Cela plus le fait que les petites leçons qu'il donnait sur tout les sujets étaient plus que pertinentes et précises.

Kirarin continua un moment, appréciant le changement d'opinion à son égard. Il sentait maintenant de la curiosité, de l'admiration, de l'étonnement, de l'intérêt... Il n'était pas forcément plus à l'aise avec cela, trouvant déplorable que cela vienne de sa démonstration impressionnante et non de sa propre personne mais au moins, cela lui permettrait de vivre à l'école et de faire cours dans de meilleures conditions. Il capta sans mal le regard de convoitise pure de Dumbledore posé sur lui et son père observant gravement le vieil homme semblait l'avoir vu lui aussi. Il ne fallait pas être devin pour comprendre que le directeur en avait après son pouvoir et sa force, cela se lisait aisément en lui à cet instant et Kira se promit d'être extrêmement vigilent avec lui. Mais un autre regard attira son attention : celui de son âme sœur. Si Lucius restait d'apparence complètement neutre, ses yeux d'orages eux, étaient bien plus expressifs. Ils étaient fixés sur lui, brillants, émerveillés et envoûtés. Il ne put s'empêcher d'user de son empathie, sentant de l'admiration et une sorte de fascination provenir de lui comme s'il regardait une merveille. Et cela lui réchauffa le cœur, le faisant sourire légèrement alors que voir sa moitié le regarder de la sorte n'était pas sans effet sur lui.

Après un long moment, il mit fin à la démonstration, estimant que cela était assez :

- Ne vous fiez pas aux apparences, dit-il en balayant l'assemblée des yeux, j'ai moi aussi des choses à vous apprendre. Avec moi, vous apprendrez à faire de la magie mais aussi bien plus encore. J'apprécierais donc de ne plus entendre de stupides préjugés sur un travail qu'aucun d'entre vous ne peut encore juger, remarqua-t-il doucement. Ma matière requiert un grand engagement, beaucoup de travail, de la patience, de la volonté... J'ai attendu jusqu'à aujourd'hui pour être vraiment clair sur le sujet parce que je voulais constituer les premiers groupes avec les élèves les plus curieux d'apprendre et les plus ouverts. Ce sont là des qualités que j'apprécie. Mon cours n'est pas obligatoire car il exige une réelle volonté d'y travailler de la part des élèves. Une personne obligée d'y participer n'arrivera à rien, cela doit-être voulu pour que cela fonctionne. Sachez aussi que rien ne se fera en un seul jour, c'est un apprentissage de longue haleine qui nécessite d'être persévérant. Je ne mettrais pas de note pour la simple et bonne raison que ce n'est pas un travail qui peut-être noté. L'évolution et les difficultés seront différentes pour chacun, les réussites et les échecs différents. Je ne mettrais que des appréciations qui dépendront surtout de votre comportement, dit-il en surprenant les élèves. Vous comprendrez lorsque nous commencerons. Pour terminer, sachez que mes cours ne se feront pas dans la salle que nous avons utilisé cette semaine. Ils se feront dans un nouvel espace appelé Dojo. Au japon, un dojo est un lieu dédié à l'entraînement. Son entrée n'est pas très loin de la Grande Salle et vous sera accessible dés demain matin. Il ne sera ouvert que lorsque je m'y trouverais. Je vous l'ai déjà dis mais je le répète, il sera ouvert aux élèves qui se sont inscrit de treize heures à dix neuf heures du lundi au vendredi. Nous verrons plus tard s'il est utile de l'ouvrir davantage. Je vous remercie d'avoir assisté à cette petite mise au point, termina-t-il finalement.

Il s'inclina pour les saluer comme on lui avait appris puis il s'avança pour descendre de l'estrade. Il fut surpris lorsqu'il entendit quelqu'un l'applaudir. Pour son plus grand bonheur, il s'agissait de son âme sœur qui avait toujours ce même regard bien que l'allure complètement neutre et noble. Il l'applaudissait doucement avec élégance et bientôt, tous suivirent le geste. Kirarin ne laissa rien paraître bien qu'agréablement surpris. Il se tint droit et digne, regardant Yoite le rejoindre de nouveau rapidement, s'enroulant autour de son cou pour se réinstaller et se détendre, s'immobilisant. Il descendit, retrouvant Katsuo qui l'attendait toujours sagement assis, sa queue remuant lorsqu'il vit son maître revenir vers lui. Les applaudissement s'éteignirent et Dumbledore prit la parole, autorisant tout le monde à retourner à ses occupations. Ce fut dans les bruits de discussions sur ce qu'il venait de se passer que tous commencèrent à s'en aller, le vieux directeur s'avançant vers Kira :

- Très belle démonstration professeur, remarqua-t-il en souriant. Je dois dire que votre magie m'émerveille autant que la première fois que je l'ai vu.

- Merci Directeur, répondit-il sobrement. Je déplore d'avoir dû en arriver là pour mettre les choses au clair, soupira-t-il l'air déçu. Ce genre d'étalage public n'est pas une chose que j'apprécie, dit-il en grinçant des dents alors que d'autres professeurs les rejoignaient.

- Pouvez-vous réellement couvrir toutes les pratiques magiques ? demanda le professeur Flitwick.

- Je n'ai pas pour habitude de mentir professeur, répondit-il simplement. Mais comme je l'ai dit aux élèves, ce ne sont pas principalement des pratiques magiques que j'enseigne, c'est une manière différentes d'aborder la magie. Et c'est cette vision de la magie qui permet ensuite, lorsqu'elle est comprise et assimilé, de pratiquer toute sorte de domaines différents.

- En quoi cela consiste exactement ? questionna Pomona.

- Ce n'est pas une chose que je peux décrire en quelques mots. Cela nécessite d'y travailler déjà longuement ne serait-ce que pour en comprendre le principe et l'essence. Et il faut tout reprendre de zéro. Je ne peux pas vous expliquer cela clairement ainsi, répondit-il avec l'intention nette de garder ses secrets pour lui.

- En tout cas, il me semble clair maintenant que vous avez réussi à intéresser l'école entière, sourit Dumbledore. J'espère que tout se passera bien désormais.

- Je l'espère également. Cette ambiance m'est détestable, remarqua-t-il. C'est une perte de temps considérable et d'une inutilité totale.

- Il est normal d'avoir des doutes lorsque l'on vous voit arriver, grinça Sirius.

- Des doutes je l'admet, concéda Kira, mais pour ma part, je ne me serais permis d'insulter ou de rabaisser aucun d'entre vous malgré que je ne sache pas du tout ce que vous valez comme professeurs, remarqua-t-il platement en tendant ceux qui se savaient fautifs. Et je pense être le seul ici à avoir passé brillamment les examens internationaux. Si cela n'est en rien une preuve formelle de mes capacités mais j'aurais tout ce même eu droit au bénéfice du doute, à un peu de politesse et à une chance de faire mes preuves sans être obligé de me donner en spectacle de la sorte. Sur ce, si vous voulez bien m'excuser, dit-il en s'inclinant poliment pour ensuite se détourner et les planter là.

Et tous sentirent alors nettement à quel point tout ce tapage l'avait agacé alors qu'il ne s'était jamais montré aussi sec jusque là. Akifumi le suivit sans un mot, venant marcher au côté de son fils alors qu'ils quittaient la salle, les élèves s'écartant de leur passage. Ce fut en silence que le père et le fils regagnèrent leurs appartements, Kira ne se détendant qu'une fois enfermé dans leur espace privé. Cette semaine éprouvante l'avait prodigieusement énervé. Cela plus sa lutte contre les instincts que son lien avec Lucius éveillait de plus en plus et son acclimatation difficile à la magie de Poudlard et de son domaine l'avait fatigué. Il soupira, souriant légèrement quand son père posa une main sur son épaule, la serrant doucement et attirant son attention.

- Est-ce que ça va Kira ? demanda-t-il avec inquiétude alors qu'il sentait son fils trop tendu.

- Je suis fatigué, répondit-il alors que Yoite relevait la tête pour effleurer sa joue de son museau. Je crois que je vais dormir au dojo cette nuit. J'ai besoin d'un peu d'air.

Akifumi savait parfaitement qu'il faisait référence à l'ambiance magique du château et à toute cette agitation autour de lui. Il savait que tout cela n'était pas facile pour lui. Il y avait bien sûr tout ce qui avait avoir avec sa première identité mais aussi le reste. Il y avait l'ambiance magique de cet endroit trop lourde et oppressante pour lui. Lui même était loin d'être aussi sensible que Kira à la chose et pourtant, il sentait la différence avec leur maison au Japon et cela l'indisposait fortement. Il n'osait donc imaginer ce que cela était pour Kira. Son fils devait aussi faire face au stress de quitter sa maison pour une longue période, la chose complexe pour lui, et revenir dans un pays qui ne lui rappelait que de terribles choses. Il fallait ajouter à cela l'intégration difficile avec ses collègues et les élèves et pour couronner le tout, il y avait son lien avec Lucius. Akifumi savait qu'il devait certainement mettre beaucoup d'énergie à résister aux envies et réflexes que son lien d'âme sœur lui insufflait. Il savait qu'il n'avait qu'une envie : passer tout son temps avec Lucius, ne se concentrer que sur lui et se mettre à le courtiser ouvertement. Mais Kira se contenait parfaitement et admirablement. Cependant, Akifumi savait que cela devait être éprouvant pour lui et il savait que ça ne s'arrangerait pas avec le temps. Mais il n'avait pas le choix s'il ne voulait pas risquer un rejet violent qui le tuerait. Il devait avouer qu'il n'était toujours pas très heureux que son fils ait trouvé son âme sœur, redoutant de le voir endurer un épisode trop difficile et ce en espérant que Lucius finirait par se rendre compte de ce qu'il se passait. Et il ne pouvait même pas emmener Kira loin d'ici ne serait-ce qu'un jour pour lui changer les idées, ne pouvant plus trop l'éloigner de son Veela.

- Est-ce que je peux faire quelque chose ? questionna l'aîné angoissé.

- Non, ça va aller. Merci papa. Je vais juste aller m'isoler un peu. Un entraînement et un peu de méditation devraient me faire du bien, comme une bonne nuit de sommeil au calme, dit-il en souriant doucement.

Akifumi acquiesça et le regarda repartir avec inquiétude, espérant que tout s'arrangerait rapidement. Si seulement Lucius pouvait vite réaliser, cela serait certainement ce qui pourrait le plus aider son enfant à se sentir mieux. Kirarin lui, rejoignit rapidement son dojo, y passant le reste de la journée, ainsi que sa soirée, y mangeant seul dans le silence. Lorsque la nuit fut tombée, il entreprit une médiation sur la terrasse extérieure donnant sur le lac. Il se détendit dans la pénombre, les lanternes irradiant doucement de leurs flammes d'argent dans un éclairage doux. Il se lança cette fois dans une méditation en mouvement, une sorte de dérivé du Tai-chi chinois qu'il avait lui-même adapté pour travailler la circulation de sa magie dans son corps. Fermant les yeux, respirant profondément et se détendant avant d'entamer de longs mouvements lents et souples. Bientôt, de petites billes de lumières apparaissaient dans ses paumes ouvertes, planant au dessus d'elle et suivant ses mouvements. Il se perdit dans cet exercice qu'il appréciait, tentant d'oublier le reste. Pourtant, le visage de Lucius ne quitta jamais ses pensées, désormais encré en lui.

Il passa la nuit au dojo avec Katsuo et Yoite, se reposant mieux dans les énergies calmes et claires qu'il y avait là. Il y prit également son petit-déjeuner après un entraînement intensif de bonne heure qui l'avait réveillé. Il décida d'y passer la matinée et ce ne fut qu'au déjeuner qu'il se décida à rejoindre le château pour le repas. Changement notable, l'entrée du dojo était désormais visible pour les élèves et quelques uns l'observaient justement lorsqu'il en émergea. Cette fois, les élèves de troisième année le saluèrent plus respectueusement et il leur rendit, rejoignant la Grande Salle avec Kastuo sur les talons. Il perçut nettement le soulagement de son père lorsqu'il le vit apparaître, lui même déjà assis avec le professeur Sinistra. Il le rejoignit, saluant ses collègues avec politesse, ceux-ci lui rendant. Il fut heureux de se retrouver près de Lucius qu'il observa discrètement comme souvent alors que celui-ci discutait avec Severus. Il mangea en silence, ignorant tout autour de lui si ce n'était son père qui le surveillait d'un œil inquiet. Le repas terminé, il regagna ses appartements avec son père, se mettant à son bureau pour travailler à son livre. Il dîna en privé avec Akifumi ce soir là, son père lui proposant un repas simplement à deux qui eut le mérite de le détendre et de lui faire du bien.

Le lendemain, ce fut en meilleure forme que Kira se leva, allant s'entraîner un peu avant de rejoindre son père à la table du petit déjeuner. Il se plut à observer un moment son âme sœur qui discutait avec Flitwick mais n'accorda de parole qu'à son père, s'intéressant aussi un moment aux élèves qui mangeaient calmement en se réveillant. Son petit déjeuner terminé, il glissa un mot à son père pour le prévenir de ce qu'il allait faire puis il s'en alla. Il se dirigea vers la forêt interdite dans laquelle il s'enfonça sans hésiter. Il y marcha longuement dans un silence serein et parfait, avançant toujours plus loin entre les arbres sans crainte. Il y rencontra un troupeau de licornes blanches, souriant en trouvant ces créatures splendides qu'il n'avait jamais vu en face à face réel. Elles le laissèrent approcher sans aucune réticence, les poulains venant même le voir d'eux mêmes avec curiosité. Il passa un bon moment avec elles, savourant leur magie pure et belle. Elles le suivirent d'ailleurs un peu lorsqu'il se remit en route avant de disparaître entre les troncs. Il rencontra bien d'autres créatures sur son chemin, toutes calmes et curieuses à son égard. Il n'avait jamais été attaqué par une créature magique, celles-ci venant souvent le voir sans crainte et sans agressivité. Il savait bien pourquoi. Les créatures magiques étaient un véritable reflet de la Magie elle même et elles réagissaient à la manière de chacun de traiter la Magie. Alors aucune d'entre elle n'était un danger pour lui et elles venaient volontiers le voir.

Il passa la matinée dans la forêt, Katsuo s'amusant comme un petit fou entre les arbres, jouant et sautant partout, trifouillant dans les racines pour parfois dégotter de petites créatures qui s'enfuyaient à toute patte une fois débusquée. L'Akita s'amusait alors à les poursuivre mais il n'allait jamais bien loin et ne faisait aucun mal à ses proies, l'air de simplement s'amuser à les effrayer. Yoite appréciait aussi la balade, quittant parfois ses épaules pour aller voler un peu et voir certaines choses lui même. Au contraire du chien et à l'image de Kira, il n'effrayait aucun animal, ceux-ci venant le voir et le scruter timidement. Ces quelques heures lui permirent aussi de mieux cerner ce lieu dont la magie sombre et froide, brutale et hostile l'avait interpellé. Il y avait longtemps, avant que la Magie ne soit bafouée et qu'elle se mette à mal réagir à cela, cette forêt devait certainement être splendide et accueillante. Il devait faire bon s'y promener. Il l'imaginait sans mal baigné d'une lumière tamisée par les branches, pleine de vie, les ruisseaux chantant. Il ne savait pas pourquoi mais il avait l'image de nuées de fées butinant des fleurs colorées, d'élémentaires animant les bois de leur pouvoirs et stimulant la nature environnante, d'arbres et de plantes se déplaçant,... Il avait de multiples images de la sorte qui pourtant n'existaient pas ou peut-être, n'existaient plus autour de lui. Cet endroit devait être incroyable autrefois. Mais aujourd'hui, il fallait chercher pour trouver les créatures cachées, la végétation rare si on excluait les arbres et l'ambiance lourde et étouffante, comme torturé et défensive.

Il ne regagna le château que pour le déjeuner où il retrouva son père une fois encore. Son repas terminé, il gagna son dojo, partant dans une séance de méditation. Lorsqu'il en ressortit un peu plus tard, il ne restait plus que quelques instants avant le début de son premier vrai cours avec les sixièmes années. Il resta agenouillé au milieu des tatami sur un coussin, son katana posé près de lui. Yoite était allé s'installer dans la charpente, dormant et Katsuo était étalé sur la terrasse au soleil, piquant lui aussi une petite sieste. Il ouvrit tout les panneaux du dojo, l'air restant pourtant agréablement tiède à l'intérieur. L'air y était bien plus léger que dans le château, chargé d'une douce odeur de forêt apaisante. On changeait vraiment de monde entre la forteresse et le dojo et cela était une vraie fierté pour lui. Il vérifia que tout était en place, restant tranquillement à sa place puis il étendit sa conscience jusqu'à l'entrée de son domaine pour voir ses élèves arriver. Il avait huit élèves en sixième année, le plus gros groupe pour ce trimestre et il savait que c'était dû au fait qu'ils avaient été les premiers à s'inscrire, non influencé par tout les on-dit qu'on avait entendu ensuite la semaine précédente. Il ne tarda pas à les voir arriver devant la porte menant au dojo, les observant à distance de son esprit affûté. Lorsqu'ils furent tous présents, il usa de sa magie pour leur ouvrir la porte, sentant leur surprise avec amusement.

« Entrez. » poussa-t-il.

Les adolescents sursautèrent en entendant sa voix dans leurs têtes, regardant autour d'eux avant de finalement s'engager sur le chemin pavé. Il sentait leur curiosité grandissante, leur surprise et leur ébahissement alors qu'ils avançaient sous les torii, l'entrée se refermant derrière eux. Il les laissa venir tranquillement sans les presser, les suivant de loin de ses perceptions alors qu'ils regardaient tous autour d'eux avec une certaine stupeur, l'air aussi un peu perdus certainement à cause de ce qu'ils ressentaient sans le comprendre. Ils descendirent jusqu'au dojo en silence, la construction japonaise attirant toute leur attention. Kira sentit leur surprise et leur émerveillement, les laissant regarder avec patience. Ils se décidèrent finalement à monter les quelques marches menant à l'entrée dans laquelle Kira les arrêta.

« Déposez vos affaires dans les casiers et ôtez vos chaussures. » demanda-t-il.

Ils hésitèrent mais ils s'exécutèrent, perplexes. Lorsqu'ils eurent terminé, Kira leur ouvrit le panneau menant à lui et ils découvrirent leur professeur agenouillé sur les tatami et les attendant sereinement. Il les invita à entrer et ils avancèrent en regardant autour d'eux. Lorsqu'ils passèrent la limite de l'entrée, leurs vêtements se métamorphosèrent, les surprenant. Tous se retrouvèrent vêtu d'un hakama-shita blanc et d'un hakama gris sombre. Ils se regardèrent entre eux, Kira sentant nettement qu'aucun n'avait jamais porté ce genre de tenue typiquement japonaise.

- Venez vous asseoir, demanda-t-il alors que des coussins venaient d'apparaître en arc de cercle devant lui.

Ils vinrent s'installer, Kira souriant d'amusement en les voyant marcher étrangement avec leur nouvelle tenue. Ils prirent place et reportèrent leur attention sur lui :

- Bonjour et bienvenu, salua-t-il tout d'abord en recevant une réponse polie de leur part. Comme vous pouvez le voir nous ne travaillerons pas dans le château. Tout les cours se dérouleront ici désormais. Ce lieu est particulier et il a ses règles, commença-t-il sérieusement. Ici, je ne tolérerais pas la moindre violence aussi petite soit-elle. Physique ou morale. Je ne suis déjà pas prêt à le tolérer n'importe où ailleurs mais sachez qu'ici, rien ne m'échappera. Sur la zone du dojo, une fois la porte y menant à partir du château passée, rien ne m'échappera alors je vous déconseille de tester mon indulgence sur ce point, je n'en n'ai guère. Je ne veux ni insulte, ni petite guéguerre de maison ici. Pour cette raison, vos tenues se métamorphoseront toute de la sorte lorsque vous entrez ici. Avec moi, et comme je vous l'ai déjà dit la semaine dernière, il n'y aura ni maison, ni nom, ni statu de sang ou rang social. Je me fiche de vos résultats dans les autres cours, je me fiche de votre passé, je me fiche de votre puissance. Vos tenues symbolisent désormais ceci, tous égaux. Ces tenues sont des habits traditionnels du japon qui sont principalement portés par les pratiquant d'arts-martiaux pour l'entraînement. Vous vous y ferez rapidement. Vous retrouverez vos uniformes en quittant le cours.

Il marqua une pause, vérifiant que tous écoutaient puis il reprit :

- Je suis japonais et très attaché à mon pays aussi, j'ai quelques habitudes que j'aimerais vous voir respecter. En entrant ici, vous retirez vos chaussures systématiquement, vous déposerez vos affaires dans les casiers et vous me rejoindrez sur les tatami. On respecte les lieux et on respecte les autres. De la ponctualité s'il vous plaît. On ne crie pas ici. On ne coupe la parole à personne et on écoute ce qui est dit. Pas de moquerie. Si vous avez une question ou une remarque, vous n'avez qu'à demander la parole. Pour moi, aucune question et aucune réflexion n'est stupide alors n'hésitez pas. La magie de cet endroit est particulière. Sachez que vous ne pourrez parler à personne de ce que vous apprendrez ici et je vous demanderais de ne pas essayer, vous n'y parviendrez pas de toute manière et je le saurais. Tout cela étant dis, après ce qu'il s'est passé la semaine dernière et ce que vous avez déjà vu en arrivant, j'imagine que vous avez des questions. Je vous écoute.

Il y eut un moment de silence, tous l'observant et ce fut finalement Hermione qui leva une main timide :

- Mademoiselle Granger, invita-t-il avec un sourire doux.

- Est-ce que vous avez utilisé la... la légilimancie tout à l'heure pour nous parler ? demanda-t-elle.

- Non, répondit-il. La légilimancie ne peut se faire à une telle distance et elle nécessite un contact visuel avec la cible si ce n'est un contact visuel direct. De plus, la légilimancie inclue une intrusion mentale dans l'esprit de la personne visée. Ce n'était pas le cas présentement. Jamais je ne me permettrais de m'introduire sans permission dans l'esprit d'une autre personne de la sorte et ce n'est pas une chose que je pourrais approuver. L'esprit est un domaine privé extrêmement précieux, le violer est un crime très grave à mes yeux. Ce qui ont la capacité de s'introduire dans l'esprit des autres ont une grande responsabilité. C'est une pratique qui peut-être dangereuse et qui est sujette à de nombreux débats étiques. Mais nous aurons l'occasion de reparler de cela. Pour ma part, je me suis contenté de projeter mes pensées vers vous pour communiquer. Il n'y a pas eu d'intrusion dans vos esprits, vous avez simplement entendu une projection de pensée.

Tous eurent l'air perplexes devant ce phénomène dont-ils n'avaient probablement jamais entendu parler et il leur sourit avec indulgence.

- Je vous expliquerais tout ça, assura-t-il. Oui mademoiselle Greengrass.

- Alors vous n'avez vraiment pas de baguette ? demanda-t-elle.

- Je n'ai pas de baguette en effet, acquiesça-t-il. Je n'en n'ai jamais utilisé et je n'en n'utiliserais jamais.

- Comment faîte vous ça ? questionna Blaise.

- Je vous apprendrais, sourit-il. Je vous l'avais dit la semaine dernière. Je vais vous apprendre à faire de la Magie et pour cela, nous allons tout reprendre à zéro. Ce que j'ai montré samedi n'était que de l'esbroufe, dit-il en les surprenant. Cela n'explique en rien ce que je vous apprendrais. Ce n'était que du spectacle pour que je puisse enfin avoir un peu la paix. Mais cela n'était pas représentatif de ce que je vais vous enseigner. Avez vous une idée de la manière dont j'ai pu m'y prendre ? questionna-t-il.

- C'était de la magie sans baguette ? demanda Susan.

- Non, très loin de là, répondit-il. La magie que je pratique n'a rien à voir avec ce qui est communément nommée « magie sans baguette ». C'est profondément différent. Oui mademoiselle Granger ?

- Je n'ai rien trouvé à la bibliothèque sur une telle chose, remarqua-t-elle.

- Je vous l'avais dit. Il n'y a pas un seul livre sur ce que j'ai à enseigner. Je suis en train de remédier à cela en écrivant le premier, dit-il en les étonnant de nouveau, mais il n'y a aucun livre ni personne d'autre pour vous en parler.

- Vous êtes le seul au monde à faire cela ? demanda Daphné aussi surprise que les autres.

- Le seul qui se soit fait connaître tout du moins, répondit-il. Si d'autres existent, ils ne se sont jamais révélés. Je doute franchement qu'il existe quelqu'un d'autre.

- Pourquoi ? demanda Sue.

- Parce que j'ai l'intime conviction qu'une personne pratiquant la magie comme moi, n'aurait pas pu s'empêcher de tenter de transmettre son savoir. Peut-être comprendrez vous pourquoi au fur et à mesure du temps. Je ne vais pas vous apprendre des sorts, des charmes, des envoûtements... Je vais vous apprendre à voir, à entendre, à sentir, à écouter, à communiquer, dit-il en les laissant perplexe. Pour vous, qu'est-ce que la Magie ? demanda-t-il.

Il y eut un moment de silence, tous se regardant entre eux avant que Draco ne lève la main, obtenant la parole d'un signe de tête de son professeur :

- C'est un pouvoir dont nous sommes dotés, dit-il. Un privilège et une force.

- Hum, une autre suggestion ? questionna-t-il sans laisser paraître ce qu'il pensait de cette réponse.

- C'est une énergie héréditaire qui affecte le tissu de la réalité et qui la modifie, tenta Hermione en donnant la définition scolaire de la magie un peu partout dans le monde.

- Un pouvoir héréditaire permettant donc de modifier les choses, résuma-t-il. Autre chose ?

- Les sorciers et les créatures magiques l'utilisent, ajouta Neville.

Kira acquiesça d'un signe de tête pour montrer qu'il l'avait bien entendu, les balayant du regard pour attendre d'autres suggestions qui ne vinrent pas.

- D'où vient la Magie ? demanda-t-il alors en les laissant confus.

- De nous ? tenta Théo.

- De vous. Vous en êtes certains ?

Tous restèrent silencieux, ne sachant que répondre alors qu'ils ne s'étaient jamais posé de telles questions.

- Qu'est-ce que la Magie ? redemanda-t-il. Cela sera notre première leçon. Vous ne prendrez pas de note et je ne veux pas voir de baguette que ce soit maintenant ou jamais ici. Pas de baguette ici, j'y tiens. Donc, la Magie. Je vous demande d'oublier complètement tous ce que vous savez ou tout ce que vous croyez savoir sur la Magie. Ma réponse, sera fort différente de la vôtre. Alors oui, l'utilisation de la magie est une capacité héréditaire, génétique. Tout les nés moldus ont des ancêtres magiques dont les gènes se sont effacés pour refaire finalement surface au bout de plusieurs générations. Mais cela n'a pas la moindre importance pour nous. Un pouvoir ? Oui mais je déteste cette qualification. Une force ? Je dirais que oui mais pas en tout, dit-il sans que ses élèves ne semblent comprendre. Un privilège ? Assurément, approuva-t-il. Elle modifie les choses ? Oui et non. Utilisée par les sorciers et les créatures magiques ? Oui mais pas que. Venant de nous ? Certainement pas, posa-t-il fermement en les surprenant. Qu'est-ce que la Magie ? Pour la grande majorité du monde magique aujourd'hui, la Magie est un pouvoir, une énergie, une force, un outil. Elle n'est rien de tout cela pour moi. Pour moi, elle est avant tout mon amie la plus précieuse.

Il se tut ensuite pour les observer alors que les jeunes gens le regardaient étrangement sans comprendre.

- Vous voulez dire comme que quelque chose que vous aimez bien ? demanda Sue. Comment on pourrait dire que les livres sont nos amis ?

- Non, pas comme quelque chose, comme quelqu'un, corrigea-t-il en les surprenant encore. Avez vous déjà imaginé la Magie non pas comme une simple énergie régie par des lois mais comme une personne pensante et consciente ?

- C'est impossible. La magie n'est pas une personne, répondit Hermione en fronçant les sourcils.

- Elle n'est pas une personne, cela est certain, concéda-t-il. Cependant, la magie n'est pas une chose sans vie, inerte et sans émotion. La Magie a une conscience, un esprit. Elle a des émotions et elle pense. Je sais ce que vous allez dire, dit-il en levant une main pour stopper Hermione qui allait protester. C'est impossible, ça ne s'est jamais vu, on le saurait depuis longtemps... Tout le monde me dit ça. Oubliez un peu tout ce que vous savez et réfléchissez. Ouvrez votre pensée à d'autres possibilités. Êtes vous d'accord si je vous dis que les magies les plus puissantes, réagissent à vos émotions ?

Ils acquiescèrent tous les uns après les autres.

- Les magies les plus puissantes ont besoin de vos émotions pour fonctionner et pour avoir de la force, reprit-il. Maintenant, citez moi une seule chose, une seule chose non vivante, magie exclue, qui réagisse aux émotions des êtres, demanda-t-il.

Il regarda ses élèves qui réfléchissaient, ouvrant et refermant la bouche sans rien dire. Ils cherchèrent un moment, se regardant entre eux sans trouver de réponse, reportant leur attention sur leur professeur.

- Rien qui n'ait pas de vie ne réagit aux émotions, posa-t-il. Les énergies comme le feu, la chaleur, l'électricité, la foudre, le vent... Elles ne réagissent pas aux émotions. Les choses inertes ne réagissent pas aux sentiments. On peut donc considérer raisonnablement que la Magie est vivante. Êtes vous d'accord ?

Tous approuvèrent devant lui, se rendant à cette évidence et il poursuivit :

- Maintenant, est-ce une vie semblable à une plante ? À un animal ? À une personne ? Est-elle douée de conscience ? La conscience d'un être ou d'un animal peut se définir, en gros, par la capacité à prendre des décisions, a comprendre son environnement et à le prendre en considération, à se rendre compte de sa propre existence, à avoir des émotions, à savoir se juger et juger les autres... Croyez vous que la Magie, si elle est vivante, peut-être consciente ?

Il laissa une nouvelle fois le temps à ses élèves de réfléchir mais ils avaient l'air tellement perdus qu'il décida de les aider un peu :

- Y-a-t-il des phénomènes ou des réactions magiques qui pourraient vous faire penser ou non, que la magie puisse avoir la réflexion d'une personne ? demanda-t-il. Sans que cela vienne d'une décision du lanceur bien sûr.

Il y eut un moment de silence et d'intense réflexion pour tous avant que Théo ne lève la main, Kira lui donnant la parole d'un geste :

- Les serments ? hésita-t-il.

- Développez, demanda son professeur.

- Et bien, lorsque l'on fait un serment magique, par exemple en promettant de dire la vérité, si on est ambiguë et que l'on parle en sous-entendu, c'est la magie qui juge si on dit la vérité ou non. Lorsque l'on prête un serment magique, c'est la magie qui juge si on l'a ou non respecté, c'est pour ça qu'il faut être très précis dans la formulation d'un serment parce qu'un flou est laissé au jugement de la magie.

- Donc on pourrait dire que la Magie est capable de juger n'est-ce pas ? dit-il approuvé par tous. Autre chose ?

- Les âmes sœurs, intervint Draco en le faisant sourire.

Évidemment, le jeune homme devait être conscient de sa partie veela et donc, les âmes sœurs revêtaient une importance particulière pour lui et Kira n'était pas mécontent que le sujet sois abordé, étant un exemple parfait.

- Développez, demanda-t-il encore une fois.

- Et bien, les âmes sœurs sont désignées par la magie, reprit le blond. Elle désigne la personne qui conviendra parfaitement à une autre sous tout les aspect.

- Exact. Et qu'est-ce que cela implique ? demanda-t-il en regardant tout le monde.

- Qu'elle est capable d'analyser une personne en totalité, répondit Sue.

- Qu'elle est capable de prendre une décision et de mettre en œuvre une action, ajouta Daphnée.

- Qu'elle peut prendre en considération une personnalité, dit Hermione.

- Qu'elle prend en compte le bien des autres et veut les y mener, intervint Draco que Kira sentait particulièrement concerné.

- Oui. Le sujet des âmes sœurs est très particulier, reprit le professeur. C'est en réalité l'interaction entre la Magie et l'âme d'une personne qui le crée. La Magie désigne deux âmes compatibles et instaure le lien et l'âme doit l'accepter. C'est un lien particulier car extrêmement profond mais il existe beaucoup d'autres liens d'âmes créé par la Magie. Ces liens sont l'exemple parfait. La Magie les créés par elle même. Elle regarde une personne entièrement, prend en compte toute sa personnalité, tout ses besoins, tout ce qu'elle a à donner pour lui trouver celle qui lui conviendra le mieux. Cela dans un but d'offrir le bonheur, l'équilibre et le meilleure aux âmes concernées. Cela inclus qu'elle est capable de raisonner, d'analyser, de chercher, de prendre une décision, de prendre en compte les émotions, de créer de l'émotion, de construire des liens, de chercher un aboutissement... Est-ce qu'une chose inconsciente pourrait faire tout cela ?

- Non, trancha Blaise suivit de signes de têtes de tous.

- En effet, il faut une conscience surtout que la Magie ne se trompe jamais dans ses décisions. Encore faut-il savoir les comprendre et les accepter. Si l'on va contre elle, ça ne marche pas, remarqua-t-il. Tout cela est très général bien sûr mais le principe est là. Nous pouvons donc envisager que la Magie est vivante et consciente à la hauteur d'un esprit humain.

- Dans ce cas, intervint Hermione, pourquoi personne ne s'en est jamais rendu compte ? demanda-t-elle.

- À votre avis ? demanda-t-il. Que faut-il faire pour se rendre compte d'une telle chose ?

Il observa ses élèves réfléchir de nouveau, appréciant de les voir immergé dans le sujet. Pour lui, ses cours passeraient énormément par la discussion et le débat. Il était important pour lui qu'ils se rendent compte des choses au maximum par eux même. Il voulait qu'ils réfléchissent et il ne voulait pas leur donner les réponses sur un plateau. Il savait cependant aussi qu'ils avaient besoin d'aide pour trouver les réponses ou tout du moins, des ouvertures sur ces réponses, la mentalité sorcière trop encrée depuis longtemps pour qu'ils arrivent à la remettre en question sans un peu d'aide. Certains esprits ouverts le pouvaient mais ils étaient rares. C'était son devoir de professeurs de mettre ses élèves sur la bonne voie et de les faire réfléchir et comprendre, de leur montrer. Il aimait la philosophie selon laquelle un professeur était celui qui montrait la direction dans laquelle regarder sans jamais dire ce qu'il fallait voir et il s'efforcerait de faire ainsi. Il attendit donc patiemment que quelqu'un trouve une idée et ce fut Neville qui leva timidement la main :

- Il faut la regarder, hésita-t-il.

- Développez monsieur Longdubat, poussa-t-il une fois encore.

- Il faut lui prêter attention, reprit-il alors rassuré par son sourire. Il faut passer du temps à la regarder, à lui parler, à l'écouter, à la comprendre pour voir ce qu'elle est.

- Êtes-vous d'accord avec cela ? demanda-t-il aux autres qui acquiescèrent rapidement. Maintenant dîtes moi, est-ce que vous avez déjà regardé, observé, écouté la magie ?

Il fallut un moment et quelques regards échangés mais tous admirent que non.

- Dans ce cas, comment auriez vous pu vous rendre compte que ce n'était pas une chose mais bien une conscience pensante ? remarqua-t-il. Les choses se dévoilent rarement à nous si on ne leur montre pas le moindre intérêt. Il faut faire des efforts pour découvrir des trésors, se montrer curieux et cela est valable en tout. Pour la Magie, il faut accepter de se dire que ce qui est fait depuis toujours n'est pas forcément à faire et n'est pas forcément la seule voie à prendre. Il faut s'ouvrir et essayer d'être un peu original. Si cela n'a pas été remarqué avant, c'est peut-être parce que personne n'a pris le temps d'écouter.

- Professeur, comment vous en êtes vous rendu compte ? demanda Sue curieuse.

Kira eu un sourire un peu triste, les interpellant un peu. Il garda le silence un moment avant de reprendre la parole :

- Quand j'étais enfant, j'étais sujet à pas mal de manifestations que l'on qualifierait de magie accidentelle dans la norme actuelle. J'étais un enfant très curieux et rêveur, imaginatif. Cette magie m'émerveillait. Et puis je me suis aperçu que cette magie réagissait à mes émotions. Elle se manifestait quand j'avais peur, quand j'étais en colère, elle réagissait lorsque j'étais en danger ou que je me blessais... Comme pour tout les enfants magiques d'ailleurs. J'étais très jeune et encore étrangers aux concepts qui sont ceux des sorciers aujourd'hui. Dans mon monde d'enfant, je me suis mis à voir ma magie comme une « amie invisible ». C'était comme ça que je l'appelais. Je lui parlais en pensée, j'observais ses réactions, je me confiais à elle comme on le ferait avec un ami imaginaire. Sauf qu'elle, elle n'était pas imaginaire et je me suis rendu compte qu'elle me répondait, qu'elle répondait à mes sentiments. En grandissant, j'ai continué à la voir ainsi et à entretenir ce contact qui s'est amplifié. Cela m'a donné une toute autre vision de la magie. Je ne l'ai jamais vu comme quelque chose d'inerte. Pour moi, il était évident qu'elle était vivante, qu'elle pensait, qu'elle avait des émotions. C'est ce fondement qui a changé mon approche et mon refus d'être conventionnel aussi. J'ai travaillé des années durant, quotidiennement et cela a abouti à ce que je fais aujourd'hui, à une manière de voir la Magie très différente des autres. C'est cette vision que je voudrais vous enseigner.

- Comment ça peut permettre de faire ce que vous faîte ? demanda Hermione.

- Vous n'avez pas une idée sur la question ? demanda-t-il avant de laisser réfléchir une fois de plus.

Il y eut un long moment de silence avant qu'il ne se décide à les aider un peu :

- Imaginons que vous voulez travailler avec un être vivant doué de conscience, commença-t-il. Prenons que vous vouliez dresser un chien admettons, dit-il avec un regard pour Katsuo, pour en faire votre garde par exemple. Première possibilité : vous le voyez comme un objet, comme une chose, vous ne prenez pas en compte ses sentiments, ce qu'il peut vouloir, vous ne le regardez pas. Non, vous le cassez, vous le dressez, vous étouffez toute rebellions, vous l'enchaînez et vous en faîte ce que vous voulez. Deuxième possibilité : vous le regardez, vous le cajolez, vous y allez en douceur, vous lui parlez, vous prenez en compte ce qu'il aime en utilisant par exemple ses friandises préféré en récompense, vous tentez de le comprendre lorsqu'il se braque ou qu'il a peur, vous veillez à son bien-être, vous le regardez, vous le rassurez, vous lui apprenez, vous lui montrez et vous veillez sur lui. Quel résultat sera le plus efficace ?

- Le deuxième, répondit Susan.

- Pourquoi ? demanda-t-il.

- Parce qu'il va nous aimer alors il sera beaucoup plus fidèle, répondit-elle. Si on le traite comme une chose, il obéira sous la contrainte et la peur et il ne donnera pas le meilleure de lui même.

- Vous êtes d'accord ? questionna-t-il en se tournant vers les autres.

- On fait toujours mieux quand c'est avec quelqu'un qui prend le temps de nous parler et de nous comprendre, remarqua Neville. Quand on se sent contraint et forcé voir brutalisé, on ne donne pas le meilleure, on ne fait pas d'effort et on a envie de faire volte face à la moindre occasion pour détruire ce qui nous gêne.

Tous approuvèrent ce raisonnement, en accord et Kira reprit :

- Si je suis tout cela. Si la Magie est vivante et consciente. De votre côté, comme tout ceux utilisant la Magie aujourd'hui, vous ne l'écoutez pas, vous ne la regardez pas, vous ne lui parlez pas, vous ne la sentez pas, vous ne communiquez pas. Vous l'utilisez sans la considérer. Vous la considérez comme une chose. De mon côté, je fais tous l'inverse. J'ai un contact avec elle, je la considère comme vivante et en conséquence, je prend toutes les précautions pour prendre en compte son esprit. Je fais tout ce que je peux pour la comprendre et m'adapter à elle, pour travailler avec elle. Si la Magie est aussi vivante et consciente que vous et moi, pour qui donnera-t-elle son meilleur potentiel ?

- Pour vous, répondit Draco.

- Vous avez votre réponse. Ma Magie a toujours été une amie pour moi. Une amie très précieuse. En conséquence, je l'ai toujours écouté et regardé. J'ai appris à la connaître, à la respecter, à être en osmose avec elle. Cela m'a permis de découvrir beaucoup parce que se sentant estimé et respecté, la magie m'a appris beaucoup. Bien sûr, pour cela, il faut accepter qu'elle est vivante et conscience, qu'elle n'est pas une chose.

Il marqua un temps de silence, les scrutant alors que son empathie lui disait qu'ils réfléchissaient tous avec attention, leur intérêt piqué au vif par cette discussion.

- Mon cours, reprit-il finalement en attirant leurs regards, consistera à vous montrer la Magie autrement, à vous aider à l'entendre, à établir un contact avec elle, à la comprendre, à la sentir vraiment, à saisir ce qu'elle est vraiment... Si vous arrivez à vous attirez sa sympathie, elle vous montrera d'elle même beaucoup plus que ce que n'importe quel professeur pourrait vous apprendre. C'est un travail de très longue haleine qui demande de la persévérance mais c'est une chose magnifique croyez moi. Nous allons nous arrêter là pour aujourd'hui. Pour la semaine prochaine, j'aimerais que vous réfléchissiez à tout ce dont nous avons parlé aujourd'hui. Que vous réfléchissiez et que vous m'écriviez un parchemin pour répondre à notre question de base : qu'est-ce que la Magie ? Vous pouvez y mettre votre manière de la voir, votre réflexion sur le sujet, vos hypothèses si vous en avez, comment vous envisagez la chose... J'aimerais que vous écriviez sur cela suivant votre propre idée et votre propre avis sur la question. Sachez qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Je veux votre avis et votre cheminement sur la question. Vous pouvez faire des recherches et procéder comme vous le voulez. N'oubliez pas que ce ne sera pas noté alors inutile de vous en faire pour ça. Vous pouvez aussi y poser vos questions nous en reparlerons.

- Combien de centimètres de parchemin faut-il ? demanda Hermione.

- Autant que vous le jugerez nécessaire, répondit-il. Dix, cent ou plus, je m'en fiche. Répondez simplement à la question selon votre idée précise. Vous pouvez y aller, il est l'heure, remarqua-t-il ensuite alors que la cloche ne raisonnait pas ici.

Ce fut poliment que tous le saluèrent, se relevant en silence, tous plongés dans leur réflexion. Kira sourit en les regardant partir, heureux en sentant qu'il avait réussi à piquer leur intérêt et leur curiosité et qu'ils réfléchissaient à ce qu'ils avaient dit aujourd'hui. Il suivit leur cheminement jusqu'au château, plus que satisfait par ce premier véritable cours. Il resta au dojo jusqu'à dix neuf heure comme le laissant désormais ouvert du début d'après-midi jusqu'au dîner comme il l'avait annoncé.