Chapitre 8 : La légende des amants maudits

Note : le chapitre 8 est désormais disponible. Une petite legende à savourer au coin du feu. Nhésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Bonne lecture.

Résumé : Jarod et Mlle Parker, tous deux prisonniers dans le manoir hanté tentent de faire face aux phénomènes surnaturels qui s'y produisent. Le caméléon avoue alors à son amie que sa présence sur les lieux n'est pas dû à une coïncidence et qu'il est venu à Grimwood dans le seul but de vérifier si le mythe était vrai. Et c'est ainsi que, au coin du feu, Jarod raconte à la jeune femme, la légende des amants maudits. Une parallèle avec leur propre histoire.

Au Manoir Grimwood (adresse connue seulement de Mlle Parker et Jarod.)

L'atmosphère écrasante du manoir Grimwood étouffait Jarod et Mlle Parker. Le claquement de leurs pas sur le sol résonnait comme un écho dans le corridor tandis qu'ensemble, ils avançaient, main dans la main, en direction de la pièce principale. Les contours des meubles dataient d'une certaine époque, les murs comme les plafonds étaient décrépis, les vieux portraits se mêler à l'obscurité d'une scène funèbre. Quand soudain une rafale d'air secoua entièrement le salon, faisant tourbillonner des objets en tous genres dans un ballet éthéré où des fauteuils se déplaçaient d'un côté à l'autre jusqu'à eux pour revenir à leur place d'origine, où des livres volaient en éclats, échouant sur le plancher, des ombres noires, hostiles bougeaient à la lueur des chandelles. Mlle Parker et Jarod, les deux otages de Grimwood étaient figés, observant les phénomènes avec fascination et une petite pointe d'appréhension. Des secousses suivis de sueurs froides sillonnaient leurs corps. Des cris aigus et des coups portaient à l'étage les terrorisaient tant cela leur paraissait si irréel. Inquiets pour leur devenir et se sentant en danger, ils commencèrent à décrypter les moindres signes, les moindres secrets que renfermaient ces manifestations inexplicables et où des récits anciens étaient oubliés bien enfouis dans ses pierres. Le domaine tremblait. C'était comme si le manoir, lui-même, capturé dans une boucle ou une dimension intemporelle, tentait de leur transmettre le message dont ils avaient du mal à déchiffrer.

« Parker, essayons de garder la tête froide, tu veux ? Ces phénomènes surnaturels doivent avoir une raison logique, fit-il remarquer.

- Logique ? Dans un manoir vivant ? Je ne sais pas comment garder la tête froide, Jarod, elle releva son sourcil, perplexe.

- Admettons. Mais si nous voulons comprendre ce qu'il se passe, il faut penser rationnellement. Ces objets volants, à mon avis, il doit y avoir une explication physique.

- Physique, comme la porte tout à l'heure ? ils observaient les objets en suspension. Peut-on vraiment expliquer ça par la physique, Jarod ? C'est comme si le manoir lui-même respirait.

- Hum, voyons voir, réfléchissait-il. Tu sais, sans doute que ces poutres ou ces mécanismes sont défaillants. Je dirais même qu'il pourrait y avoir des courants d'air assez bizarres, ici.

- Tu es sérieux, Jarod ? Des courants d'air qui font déplacer des fauteuils et envoient des livres voler ? Tu me demandes de croire à une explication rationnelle pour quelque chose d'irrationnel.

- Parker, chacun de ces phénomènes surnaturels a son explication. Il faut juste la trouver. Peut-être y a-t-il des systèmes cachés dans le manoir, ses prunelles papillonnèrent dans les alentours.

- Et si c'était des esprits, Jarod ? Des fantômes qui veulent communiquer avec nous.

- Les fantômes ? Les esprits ? Parker, allons ! Ressaisis-toi, voyons. Non ! Toi et moi, nous sommes des personnes de raison. Il n'y a pas de place pour... Aide-moi plutôt a trouver des indices concrets, avait-il déclaré, sceptique.

- Jarod, je veux bien jouer au détective avec toi, seulement il y a des limites, Mlle Parker était frustrée. Je suis sûre, moi... Oh, Jarod, c'était quoi ça ? elle se serra contre lui en entendant un "boom".

- Et s'il y avait des passages secrets ?

- Des passages secrets ? Tu ne crois pas que c'est un peu cliché, Jarod ? son ton devenait ironique.

- Cliché sans aucun doute, mais la réalité dépasse de loin la fiction. Nous devons découvrir ce qu'il se trame ici.

- D'accord, Caméléon. Cherchons des indices. Cependant, Jarod, attention, je te préviens, si on tombe sur des fantômes, tu devras alors accepter l'éventualité qu'ils existent.

- Qui sait, Parker sur quoi on peut tomber ? »

Jarod attrapa la main de sa partenaire avec qui il monta, en hâte l'escaliers, traversant le couloir pour atteindre l'autre aile du manoir, l'entraînant dans un endroit encore plus lugubre que les autres : la bibliothèque. Cette dernière s'étendait majestueusement devant eux, une pièce vaste et imposante, où les murs tapissés s'élevaient jusqu'à toucher l'immense plafond totalement voûté. Des rayonnages de bois étaient alignés avec une symétrie presque obsessionnelle formant une floraison de connaissances. Les étagères, elles, chargées de volumes poussiéreux, respiraient la vie passée de ces lieux. Des chandeliers en laiton, suspendus, projetaient des faisceaux de lumière tamisée qui se jouaient sur les reliures des bouquins. Des tapis persans, jadis riches et colorés, étaient désormais abîmés, recouvrant ainsi le parquet de motifs effacés. Les fibres, usées,.eux, témoignaient du passage incessant au fil des années et des saisons. Mlle Parker, curieuse y pénétra à l'intérieur. Archives, dossiers, parchemins et des cartes détaillées, mais jaunis, étaient posés sur un bureau. De purs trésors. « Wow ! C'est une véritable merveille ! Regarde-moi ça, Jarod ! » Un savoir, acquis tout au long des siècles, qui serait dévoilé, à ceux qui prendraient alors le temps de les examiner. Des ouvrages sur la magie, l'occultisme ainsi que des histoires de familles et de malédiction attirait l'attention de la jeune femme, qui face à l'état de la pièce fit une moue de dégoût : « Quelle odeur, ça empeste ! Cette bibliothèque est sur le déclin, ma parole. Berk ! Ah, des toiles d'araignée. De la poussière, c'est dégoûtant. » Des livres avaient été affectés par l'humidité, leurs pages gondolées avaient perdu toute leur jeunesse. Des fissures apparaissaient dans les murs, révélant l'âge vénérable du manoir. Le caméléon avait un autre point de vue : « Moi, je trouve que ça a un côté nostalgique. Ça a du charme… Hum ! Tu sens, Parker ? » Des odeurs de vieux cuir et de papier très ancien l'envahissait et à travers le coup d'œil averti du prodige elle comprit que la clé pour percer l'énigme résidait ici et qu'il le savait !

« Hum, hum ! Jarod, tu comptais me le dire un jour que tu avais une fascination particulière pour ce genre de phénomènes ? elle faisait tourner son index devant lui.

- Parker, c'est un peu plus compliqué que ça, rétorqua-t-il, mal à l'aise.

- Oh, vraiment, Jarod ? Parce que vois-tu pour moi, c'est juste un endroit qui semble avoir des problèmes avec les lois de la physique.

- Tu n'as pas tort. En fait si tu veux tout savoir, il y a une légende associée à Grimwood. Une histoire passionnée et dramatique.

- Raconte-moi, Jarod. Je suis toute ouïe, elle pencha sa tête sur le côté.

- C'est l'histoire d'un couple condamné par le destin. Ils vécurent ici, dans ce manoir. Leur amour était si fort qu'il en est devenu légendaire. Ils ont été séparés de manière cruelle, il baissa les paupières, évitant son regard. Ils sont morts tous les deux dans de terribles circonstances.

- Un couple maudit ?

- Oui. Ce sont deux âmes liées par un amour qui transcende la mort. Ils hantent ces lieux, cherchant le repos éternel.

- Et tu es donc venu ici pour jouer le détective de l'au-delà, c'est ça ? Résoudre les problèmes relationnels des esprits ? demanda-t-elle.

- Non, Parker. Je suis là pour trouver la vérité. Il doit y avoir quelque chose qui pourrait nous aider.

- Et quel rapport cela a-t-il avec nous ?

- Je ne sais pas. En revanche notre présence pourrait être le catalyseur dont ils ont besoin pour trouver la paix, il toussa s'éclaircissant la gorge.

- Jarod, mon petit génie... Et si cette légende n'était qu'une histoire inventée pour faire peur aux enfants ? En quoi Grimwood, serait-il si différent des autres manoirs ?

- Parce que... Parce que Parker, j'ai eu cette étrange impression en arrivant ici, et ça va bien au-delà des simples superstitions, il jeta un œil sur un livre.

- Et tu comptes vraiment rester ici, jouer au médiateur entre le monde des vivants et celui des morts ? elle croisa les bras sur sa poitrine.

- Si cela peut leur apporter la paix, oui, Parker, je resterai et toi aussi !

- Eh bien, Caméléon, je suis impatiente de savoir comment tu vas m'expliquer tout ça, elle lui referma le bouquin.

- C'est ce que je viens de faire, Milady !

- Non, je veux tout savoir et tu vas me le dire maintenant... Tout de suite ! » elle frappa son poing sur le bureau.

Le crépitement du feu s'élevait peu à peu dans le grand salon accompagné par les flammes qui, avides de dévorer la boiserie, dansaient gaiement avec grâce. Jarod, quelques minutes plus tôt, s'était attelé à la tâche de réveiller la petite cheminée encore endormie, manipulant le bois sec et plaçant de façon habile les bûches, garantissant une combustion régulière. Pendant ce temps-là, Mlle Parker, elle, scrutait les nuances d'orange, de rouge, de jaune fusionnaient entre elles. Les mains agiles du beau caméléon, avaient su maîtriser le feu, lui insufflant la vie et la chaleur réconfortante qui entourait les deux amis, instaurée un cocon de bien-être. Aux pieds de Mlle Parker, qui assise près de la cheminée, ses iris rivés sur les allers-retours de Jarod, se réjouissait devant un plateau qui avait été préparé spécialement pour eux. Où deux verres étiquetés à leurs noms y trônaient, contenant un élixir de sorcière, la boisson enchanteresse : un mélange de rhum épicé, de jus de citron vert et de liqueur de châtaigne. « C'est affreusement divin. » Et sur un deuxième plateau, un festin composé de divers desserts, les attendait dans leur plat. Tartes à la citrouille maudite parfumées à la cannelle et ornées de crème fouettée, une dégustation des plus ensorcelantes pour les affamés. Des Toiles d'Araignée en chocolat noir avec des bestioles croquantes tissées, ajoutaient une touche délicieuse à la scène. Des yeux de monstre globuleux brillaient dans leur assiette, une gelée aux fruits dont leurs formes variées, quoique colorées, étaient beaucoup trop belles pour être mangées. La jolie brune souriait. Enfin, le dessert le plus succulent de cette soirée fantasque : les pommes d'amour maléfique dans leur somptueuse robe d'un caramel rouge vif, cachait sa douceur tentatrice. Un classique d'halloween. Jarod, satisfait, rejoignit Mlle Parker.

« À nous Jarod, encore une fois, elle leva son verre. Cette soirée est très étrange, cela dit, au moins, on peut se réchauffer un peu près de cette cheminée.

- À nous, levant son verre à son tour, et à cette soirée, il avala une gorgée.

- Tu as parlé de légende. Qu'est-ce que c'est, Jarod ?

- Parker, je préférerais qu'on parle de nous.

- Non, Caméléon ! Pas de secrets. Pas cette fois, elle le coupa dans son refus. Tu vas me dire ce que je veux savoir.

- Tu sais, Parker, je dois bien l'avouer, tu es incroyablement belle ce soir.

- Jarod, ne change pas de sujet. Je veux des réponses, s'exclama-t-elle.

- Je ne change pas de sujet, Parker. Je constate simplement la réalité. Tu es magnifique.

- Jarod, mon ami, tu es un parfait idiot si tu t'imagines que je vais tomber dans le panneau. Sache que ce n'est pas le moment pour tes compliments. Je veux que tu m'expliques.

- Tu es si sublime quand tu fais cette tête... Et cette lumière qui éclaire la beauté de ton visage. C'est incroyable.

- Arrête ! C'est agaçant, elle ne pouvait s'empêcher de rougir à ses flatteries. Tu m'as demandé de rester sans me dire pourquoi, et maintenant, tu essaies de détourner mon attention avec des compliments.

- Je ne voulais pas te vexer, Parker. Je croyais que tu appréciais ce genre de soirée. Le genre mystérieux, il haussa d'épaules.

- Mystérieux ? C'est un euphémisme. Et en plus, tu joues encore à ce jeu, à te moquer de moi. Jarod. Tu savais tout depuis le début et tu ne m'as rien dit, j'en ai assez. Assez de tes jeux, de tes manigances. Soit tu me dis ce qui se passe réellement, soit je m'en vais !

- D'accord, tu as gagné. » soupira-t-il.

Le caméléon se leva brusquement du sol. Sur le canapé, à portée de main, reposait un plaid plié, il s'en saisit, le tenant fermement, il récupéra par la même occasion une grande coupelle de friandises. « Que serait Halloween sans sucreries ? » Revenant vers la jeune femme, Jarod se rassit en face d'elle. D'un geste tendre, il déploya le plaid, enveloppant les épaules de Mlle Parker dans une douce étreinte. Le fin contact des doigts de Jarod effleurant sa peau, lui provoqua la chair de poule, éveillant chez elle son désir insatiable de s'abandonner littéralement dans les bras du beau brun. « Oh, Jarod ! » Elle se rapprocha de lui volontairement en sollicitant une chaleur, une proximité plus intime avec lui. Conscient de l'effet que procurait son geste sur elle, Jarod était prêt à partager beaucoup plus que des confiseries avec elle. Et les bonbons, la couverture, le décor créaient un cadre idyllique pour une révélation qui allait changer le cours de leur vie.

« Il y eut de cela bien longtemps, au cœur de cette vieille demeure, deux jeunes âmes tourmentées, Wendy et William. Ils s'éprirent d'un amour si ardent que même les cieux conspirèrent contre eux. Une malédiction ancestrale pesa sur leurs lignées, rendant leur union impossible. Ces familles que tout opposaient étaient enchaînées par des devoirs sacrés et moraux, les forçant à sacrifier leur bonheur au nom des conventions intransigeantes. Leur histoire se déroula dans la souffrance, une vraie tragédie en gestation. Pour échapper aux contraintes cruelles des traditions, Wendy et William choisirent ce manoir isolé comme refuge. C'est là qu'ils partagèrent leur amour dans le secret le plus absolu, bravant les serments familiaux. Mais lors d'une nuit d'Halloween, alors que la lune se drapait d'une teinte rouge écarlate et que le vent hurlait comme le chœur des démons à travers les arbres, le destin prit une tournure sinistre. Wendy fut découverte pendue dans l'obscurité de son salon, son corps atrocement mutilé, gisant dans une mare de sang sombre. On raconte que ce soir-là, William, accablé par la perte de son grand amour, sombra dans la folie la plus noire. Il se donna la mort. Et avec son arme, il mit fin lui-même à ses jours d'une balle dans la tête. Son corps reposa près du sien, allongé près d'elle, les doigts entrelacés. « À toi pour toujours. » Ce furent ses derniers mots pour elle. Depuis ce jour fatal, ce domaine est devenu le sanctuaire de l'horreur, habité par les âmes de Wendy et William. Leurs esprits pris au piège, incapables de trouver le repos, étaient condamnés à revivre éternellement leur fin tragique. Cela survint invariablement chaque année, à la même heure, le soir d'Halloween, lorsque les ténèbres atteignirent leur apogée. La légende raconte que, durant cette triste nuit, le couple se réunit ici, dans ce manoir damné, pour rejouer ensemble leurs derniers instants. Leurs ombres surgirent, l'une maculée de sang, l'autre pleurant le destin funeste qui les liait. Les murs de la demeure portaient en eux les stigmates du désespoir. Les voix susurrèrent des avertissements aux esprits téméraires qui explorèrent les lieux-dits. Des objets tournoyèrent dans les airs, semant la terreur parmi les visiteurs intimidés, avant de retomber brusquement. Les cris déchirants et les lamentations des amants remplirent chaque recoin de cette maison. À la veille de la Toussaint, le sol se gorgea de sang, une illusion terrifiante qui rappela la nuit où la pauvre malheureuse fut retrouvée mutilée. Les apparitions de Wendy et William errèrent dans cette marée rouge, cherchant désespérément une issue à leur cauchemar, en vain. Nul n'ose s'approcher de ce manoir le soir de la fête des morts, car il est hanté, dit-on, par la terreur, les fantômes et le souvenir du sang versé. La légende est devenue, pour ceux qui y croient, un récit épouvantable, transmis de génération en génération, afin de dissuader les curieux d'affronter les ténèbres lorsque les esprits errants des amants maudits s'éveillent pour effrayer ceux qui veulent s'y aventurer. C'est ainsi que fini tristement l'histoire de Wendy et William, mort par amour l'un pour l'autre. »

« Jarod, cette histoire est une véritable tragédie, Mlle Parker, émue, se retenait malgré elle de pleurer.

- Parker, tu pleures ? Oh, si j'avais su, avec son pouce, il effaça ses larmes.

- Non... Oui... C'est si...

- Nous ?

- Nous ? Comment ça ?

- Les parallèles sont si évidentes. William et Wendy, prisonniers de leur amour qui les a conduits à la fatalité. Nous, liés par le destin depuis notre enfance au Centre et poursuivis par la malédiction des Parker. Ça sonne plutôt familier, tu ne trouves pas ? avait dit le caméléon amèrement.

- Non, Jarod, notre situation n'est pas la même. Nous avons le contrôle sur nos vies.

- Vraiment ? Regarde notre histoire. Toi, la chasseuse, toujours à mes trousses. Moi, la proie, te fuyant sans relâche.

- Ce n'est pas une malédiction, Jarod. C'est un choix. Un choix que tu as fait en te dressant contre le Centre, elle détourna les yeux.

- Et toi, Parker, hein ? Tu refuses toujours de prendre ce tournant. Qu'est-ce que cela nous a apporté jusqu'à présent ?

- Je ne veux pas finir comme Wendy, morte suspendue à une corde, Jarod. Je ne veux pas que notre histoire se termine dans le sang et la folie, elle secoua la tête.

- Et moi, Parker, je ne veux pas être consumé par la folie, errant sans but telle une ombre de moi-même comme William. Pourtant, c'est ce que j'ai fait ces derniers mois, il embrassa le creux de sa main.

- Nous ne sommes pas des victimes du destin, Jarod. Nous pouvons changer notre avenir.

- Notre passé, nos choix et nos erreurs, c'est ce que nous sommes, c'est là en nous. Et la malédiction des Parker plane sur nous comme une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Oui, nous sommes bien des victimes.

- Faisons en sorte que ça n'arrive pas, Jarod. Nous devons choisir notre destinée, pas la subir. Sinon, nous serons condamnés à répéter l'histoire de William et Wendy, elle esquissa un sourire.

- Ils étaient prêts à tout pour être ensemble, alors qu'ils savaient que le monde entier était contre eux.

- Et à la fin, ils l'ont payé de leurs vies. Est-ce que ça vaut vraiment la peine de lutter contre tout et tous pour l'amour ? elle fronça les sourcils.

- Je crois que l'amour vaut toutes les batailles, toutes les guerres.

- Mais comment savoir si ça vaut la peine de risquer son cœur ?

- Il faut se perdre pour se trouver, il dessina le contour de ses lèvres d'un doigt. Peut-être, juste peut-être, cela pourrait être notre histoire à nous, dans ce manoir là où les destins s'entrelacent.

- Peut-être, Jarod. Peut-être… »

Le visage de Mlle Parker était illuminé par les flammes, le crépitement du feu, lui, servait de fond sonore à l'instant propice à la passion. Et l'odeur du bois brûlé s'invitait jusqu'à leurs narines. Les yeux de Jarod fixaient les lèvres de Mlle Parker. Désirables et tremblantes. Le désir bouillonnait en lui. Lentement, il tendit les mains vers elle, les laissant effleurer délicatement ses joues. Un frisson parcourut la peau de la jeune femme. À ce frôlement, une sensation électrique annonçait le moment tant attendu. Leurs lèvres s'avançant l'une vers l'autre petit à petit, comme attirées par des aimants. Bercés par un souffle chaud, mêlé à une tension agréable, leurs bouches se rencontrèrent, enfin, ce fut doux mais intense. Le goût sucré des friandises imprégnait leurs baisers d'une saveur de mystère et de fougue dont ils prenaient plaisir à explorer les yeux fermés. Les phalanges du caméléon se hissèrent doucement dans la chevelure de Mlle Parker, tandis que les siennes trouvaient le chemin de son torse. C'est alors qu'il l'allongea sur le dos. Ses yeux bruns plongeant dans les siens. Jarod avait raison, cela pourrait être leur histoire…